PNJ Blackpool Je vous veux dans mon équipe

Dimanche 26 juin,
Aux alentours de 14h00.


Cela faisait un peu moins d'une semaine que les vacances d'été avaient commencé. Comme prévu, Dominic avait pris le relais pour la garde de la maison familiale de Blackpool. Seul dans cette bâtisse, qui paraissait encore plus grande qu'elle ne l'était vraiment quand les disputes de ses sœurs ne se répondaient pas en échos entre les murs, l'Anglo-soudanais prenait le temps de profiter du temps – langoureux et un peu humide, comme l'était souvent l'été de Blackpool. Sa routine incluait mais ne se limitait pas à : apprécier le chant des oiseaux, s'amuser des cris enfantins qui résonnaient dans l'impasse à deux rues de la maison, méditer avec les sons du vent rendus mélodieux par le mobile en verre installé dans la cuisine.

Il se souvenait encore de la fois où Aliyah, sa sœur aînée, avait réalisé sa première manifestation de magie. Cela s'était passé dans cette même cuisine. Il avait été tellement impressionné par les vitraux qui s'étaient décomposés avec une délicatesse dont seule Aliyah avait le secret. Ils en avaient vécu des choses, ces vitraux. Cadeau d'une connaissance perdue de vue à l'occasion de la première pendaison de crémaillère de la bâtisse, ils étaient passés d'un rose bonbon quand ses parents avaient fêté la manifestation de magie d'Aliyah à une couleur qui approchait du vert-de-gris quand sa mère était tombée malade, ils étaient un des organes de l'étrange ensorcellement qui inspirait vie à la maison de Blackpool. Était-ce ce semblant d'âme qui empêchaient les parents de Dominic de s'en séparer, malgré tous les bouleversements que la famille avait connu ? Il n'aurait su le dire.

Un instant hypnotisé par les jeux de couleurs du reflet des vitraux – qui avaient adopté, depuis l'arrivée récente de Dominic, une teinte profonde de rouge poudré –, l'Anglo-Soudanais finit par se lever et s'étirer. Il était temps de se lancer dans un peu de correspondance. Passant dans le vestibule qui séparait la serre de la cuisine, il saisit sur une commode le nécessaire à papeterie de sa mère, et le sceau de Poudlard qu'il y avait laissé.

C'était une lettre bien spéciale qu'il avait à écrire ce jour-là. Bellingham ayant rendu son badge de préfet un peu avant les vacances, en prétextant qu'il avait fait le tour du rôle, et Dominic avait dû, en plus des corrections des examens, se préoccuper de la personne qui prendrait sa suite. Le directeur avait été triste de devoir laisser partir son préfet, qui formait un beau duo avec la solaire Charlotte Dwight. Mais il ne pouvait décemment pas le retenir à un poste qui ne lui plaisait plus.

Après avoir pris le temps de la réflexion, son choix s'était porté sur la jeune Kenna Murray, alors encore en deuxième année. C'était sa grande capacité d'organisation qui avait plu en premier à Dominic. Bellingham était certes inventif et ingénieux, mais se dispersait un peu par moments. La petite Kenna était curieuse, preuve d'un sens d'adaptabilité certains, et avait également le don de rester imperturbable, ce qui était un grand atout pour se montrer patient avec la nouvelle fournée de premières années, voire même avec les plus anciens qui se croyaient parfois tout permis – Dominic leva les yeux au ciel en pensant à... « Cooper, ce poème », fit l'homme en soupirant, un petit sourire aux lèvres.

Le professeur avait cependant une petite appréhension quant au caractère anxieux de la deuxième année. Il aurait sans doute à la rassurer régulièrement au sujet de son rôle, ce qu'il s'apprêtait déjà à faire dans sa lettre.

Charles, le hibou grand duc de son père, observait Dominic tandis qu'il trempait sa plume et commençait à rédiger la missive sur le parchemin.

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Kenna Murray
Tain, Écosse


Blackpool, le 26 juin 2050


Miss Murray, bonjour,

J'espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé, et plus sereine maintenant que les examens sont derrière vous. N'oubliez pas de bien profiter de vos vacances, je n'aimerais pas vous retrouver sur les rotules le jour de la rentrée. J'ai par ailleurs, en plus de votre liste de fournitures pour la troisième année que vous trouverez jointe à cette lettre, une mission à soumettre à votre appréciation : je souhaite vous proposer le rôle de préfète pour l'année à venir. Vos capacités d'organisation, d'adaptation, ainsi que votre patience et votre bienveillance font en effet de vous un profil idéal pour la préfecture. Je ne doute pas que vous saurez montrer l'exemple à suivre par votre comportement à vos cadets mais aussi à vos aînés.

Plusieurs tâches sous-tendent la mission d'un ou d'une préfète : accompagner au mieux les nouveaux apprentis sorciers pour qu'ils se sentent à l'aise aussi bien à Poudlard qu'à Poufsouffle ; faire régner l'ordre et la discipline – ceci passe notamment par des rondes certains soirs de la semaine après le couvre-feu – en tant que figure d'autorité ; assurer un relais avec l'équipe pédagogique, ce qui implique une communication régulière avec les membres de cette équipe. Vous serez toujours accompagnée pour l'accomplissement de ces tâches, que ce soit par votre binôme – Charlotte Dwight –, vos camarades préfets, les Préfets-en-Chef, ou moi-même. En cas d'acceptation du rôle, je vous fournirai également un guide pour vous familiariser avec les attendus du poste.

Je reste à votre disposition en cas de questions. Vous êtes également libre de refuser ma proposition. Dans tous les cas, n'hésitez pas à prendre le temps nécessaire à votre réflexion.

Dans l'attente de votre réponse.


D. R. Khan
Directeur de la maison Poufsouffle

Une fois qu'il eut terminé, Dominic choisit une enveloppe sobre parmi les nombreuses que collectionnait son père et y apposa le sceau rouge de Poudlard. Charles continuait de le dévisager d'un air circonspect. Ce hibou n'avait jamais su apprécier Dominic, quoi que ce dernier ait pu tenter d'y faire. Il se souvenait encore amèrement de cette course-poursuite du grenier à la cave, lorsqu'il avait à peine quatre ans.

Dominic tressaillit quand Charles déploya avec brusquerie ses grandes ailes à son approche. « Le fait que nous ayons à interagir ne m'enchante pas non plus, si ça peut te rassurer », railla le professeur en accrochant la lettre à la patte du grand duc. « Va, maintenant, ouste. » Charles prit son envol avec un air suffisant, tandis que Dominic époussetait ses mains avec un soupir.

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1 050 mots.

@Kenna Murray, j'espère que ça te plaît !
@Elijah Cooper pour la mention.

#4c4b16 - Baleine gracieuse

PNJ Blackpool Je vous veux dans mon équipe
Norra Murray

La première chose que Kenna avait faite en rentrant de vacances, était d’aller voir sa jument Dairn qu’elle n’avait pas vu depuis plusieurs mois. Sa compagne équine lui avait tant manqué lors de ses mois à Poudlard. Elle pensait à elle plusieurs fois au cours d’une semaine, elle s’imaginait monter sur son dos et parcourir les côtes écossaises, les cheveux au vent. Kenna n’était jamais aussi libre que lorsqu’elle galopait sur Tairn, sans se préoccuper d’autre chose que de la vitesse et de l’air marin qui lui fouettait le visage. Elle se laissait aller, loin de Poudlard, loin des cours, loin de ses parents. Parfois même, elle criait de toutes ses forces pour libérer tout ce qu’elle n’avait pas pu dire et Tairn répondait à son appel, galopant toujours plus vite. Elle lâchait les reines et se laissait aller.

La jeune fille était en train de panser sa jument après une balade particulièrement longue lorsqu’elle vit un hibou grand duc qu’elle ne connaissait pas, effectuer de grands cercles au-dessus de leur maison, puis passer par une des fenêtres de la cuisine. La chose était tellement habituelle - ses parents entretenaient de nombreuses relations épistolaires - qu’elle n’y prêta pas attention. Cela faisait partie de ses habitudes qu’avait la maison, de ses petites choses du quotidien qui lui prouvaient qu’elle était bien rentrée. Néanmoins, quelques minutes plus tard, sa mère débarqua dans les écuries, la démarche rapide et l’air surexcité.

Kenna ! Oh mon petit billywig, tu as reçu du courrier de ton Directeur de maison, M. Khan !

Kenna laissa tomber la brosse qu’elle tenait dans la main de surprise. Un O parfait s’était formé sur sa bouche, tellement elle avait le souffle coupé de cette nouvelle. M. Khan lui avait écrit ? Cela ne présageait rien de bon… Avait-elle fait quelque chose de mal ? Quelque chose d’interdit ? Quelque chose qui méritait qu’il lui envoie une lettre en ce début d’été ? Elle sentit se mains se mettre à trembler et récupéra la brosse au sol pour les contrôler. Elle caressa Dairn et demanda à sa mère de laisser la lettre dans la sellerie :

Je la lirais plus tard, merci Maman de me l’avoir apporté.

Ce jour-là, elle s’occupa de sa jument plus que d’habitude. Sa robe fut brossée, puis pansée, sa crinière démêlée et tressée et ses sabots curés et huilés. Elle passa une bonne heure à s’occuper de son cheval, et à rassembler son courage pour ouvrir la lettre. Dégoulinante de sueur, l’odeur du cheval collé à elle, elle s’autorisa une douche avant de la lire. L’eau tiède lui rafraîchit les esprits et peut-être trouverait-elle son courage entre les gouttes d’eau.

La lettre était cachetée. L’écriture de M. Khan, si reconnaissable après avoir passé un an et demi avec lui, était sur l’enveloppe. D’une main peu sûre, Kenna ouvrit enfin le courrier. Et ce qu’elle lut la sidéra. Heureusement qu’elle s’était assise sur son lit, elle serait sûrement tombée par terre si elle n’avait pas été tenue. M. Khan voulait lui proposer le poste de préfète. Si Kenna avait pu rire aux éclats, elle l’aurait fait mais son choc était tel, qu’elle ne ressentait plus rien. Elle, préfète ? Cela sonnait comme une mauvaise blague. Et rien dans les mots de son directeur de maison ne la convainquait qu’elle était un bon choix. Elle s’étala sur son lit, dos à sa couette et regarda son plafond. Quelle folle nouvelle… Ce n’était pas une sanction mais c’était presque encore pire. Et pourtant, tout au fond d’elle, Kenna était flattée et hautement ravie d’avoir été choisie.

Ce jour-là, Kenna choisit de ne pas répondre à la lettre. Il lui fallait du temps pour réfléchir et surtout, encaisser la nouvelle. Une proposition de cette taille… ça se pesait, se soupesait, elle avait besoin de se triturer l’esprit pour peser le pour et le contre. Ce n’était pas une décision à prendre à la légère, surtout que la troisième année était une année charnière avec le choix des filières et la découverte de nouvelles options. Lors du repas avec ses parents, la lettre ne fut pas évoquée à son grand soulagement. Elle devrait se justifier plus tard, mais pas tout de suite. C’était encore trop frais pour qu’elle ne se livre.

Ce n’est que le lendemain matin, après une nuit passée à ressasser toutes les raisons de pourquoi elle devrait refuser cette proposition, que Kenna se décida à répondre à son directeur de maison :
Dominic Khan
Blackpool, Angleterre

Tain, le 29 juin 2050,


M. Khan,

Votre courrier me surprend énormément mais je vous remercie de votre proposition. Je ne suis pas sûre d’être la meilleure personne pour ce poste, je doute énormément de moi mais tenais à vous dire que je vous fais confiance.

Mon choix n’est pas encore fait mais avant de peser le pour et le contre, j’aimerais obtenir plus de détails sur les missions des préfets. D'abord, il y a la question de mon âge. Est-ce que de nombreux préfets ont 13 ans ? N’y a-t-il pas d’autres candidats plus matures pour ce poste ? Je me demande aussi si tous les Poufsouffle accepteront-ils une préfète si jeune ? Et surtout, et je m’excuse de vous poser cette question comme ça : pourquoi moi ?

Ensuite, pour les devoirs des préfets, est-ce que la charge horaire est lourde ? J'ai peur qu’avec toutes les options que je comptais prendre cette année, ça soit difficile de tout concilier. Lorsque vous parlez des rondes, jusqu’à quelle heure ont-elles lieu ?

Pardon pour cette salve de questions qui ne confirme pas mon choix. Ce n’est pas un refus mais ce n’est pas non plus une acceptation. Désolée.

Merci en tout cas pour votre confiance, cela me touche énormément.
Je vous souhaite de bonnes vacances,

Kenna Murray
Elle posa sa plume à côté de son encrier et relit sa lettre à la recherche de fautes. L’écriture de la lettre avait été compliquée et Kenna s’arrêtait presque à chaque phrase pour décider comment elle allait formuler telle ou telle chose. Mais au final, elle était plutôt satisfaite de son courrier. Elle ne tarda pas et donna l’enveloppe ainsi qu’un peu de miam’hibou à Elie, le hibou grand duc de la famille, pour qu’il vole jusqu’à M. Khan.
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J’ai adoré ton post ! C’est le début d’une grande aventure !

Troisième année RP - Promo 2048-2049 - Préfète inRP depuis le 01/09/2050
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