Liban Solo recueil d'OS تحت نظر العذراء | Sous le regard de la Vierge

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Hello
Comme vous avez pu le voir, ceci est un recueil d'OS qui racontent la vie d'Elam avec sa famille libanaise, à Zahlé. Les RPs sont dans l'ordre chrono dans le sommaire, mais c'est absolument pas le cas en pratique (enfin je crois pas :disguise:).
Dernière modification par Elam Thomais le 2 nov. 2025, 16:44, modifié 2 fois.

anglais : #fcff35 ✦ arabe : #a74255
et le p'tit pou de Dorian Peachey - P'tite pelote de coton - Capt'ain Obvious de la CIS - Elou - Adelaidem admiror ; dea est - P'tit saloupiaud - Leprechaun - Douceur d'Adélaïde

Liban Solo recueil d'OS تحت نظر العذراء | Sous le regard de la Vierge
29 juillet 2050
Fin de l'après-midi
Zahlé, chez les Al-Jannat
Je m'étire en baillant. Largement, langoureusement, comme un chat. La sensation du soleil s'attarde sur ma peau. La grande pierre plate que j'ai élue comme lit extérieur depuis mes 3 ans dégage une chaleur agréable. Je me sens comme un lézard. Ou un chat, justement. Passer sa journée à ne rien faire, à part dormir au soleil sur une pierre comme celle-ci. La vie de rêve. L'après-midi s'attarde lentement sur ma Plaine de la Bekaa, Madame Zahlé se découpant sur l'horizon, entourée de montagnes. Je souris. Ma famille a bien fait de choisir cette ville comme domicile. C'est le paradis. Al-Jannat. Les Jardins Célestes. Notre nom de famille. On est vraiment bien tombés.

Je descends de mon caillou en roulant sur le coté, pour savourer encore un peu de la chaleur de la fin de journée. Je souris béatement. C'est tellement satisfaisant. Tellement agréable. Une fois par terre, je me relève, encore un peu groggy de ma sieste. Raym et Rima me diraient que ça me bousille le cerveau de faire ça. Ils ont peut-être un peu raison. Après ce genre de somme, je suis toujours un peu... Ben endormi. Mais je dors debout. Un peu comme un genre d'anesthésie. Mais c'est juste trop satisfaisant pour que j'arrête comme ça. Je me dirige lentement vers le verger de ma grand-mère, en contrebas. Enfin, verger est un bien grand mot. C'est plus une petite plantation de grenadiers, mais ça fait le boulot. Malheureusement, la saison des grenades, ça commence en septembre. Ca me dégoûte un peu, mais grand-mère en a toujours en réserve, donc ça va. J'adore le goût du fruit. Les petites graines qu'on croque une par une. Je planterais un grenadier dans mon jardin, quand j'aurai ma propre maison.

Ma grand-mère est dans la cuisine, avec Tante Azraqah et Oncle Ilyas. Ils sourient tous les trois en me voyant arriver, l'air encore endormi. J'y peux rien, le soleil a cet effet sur moi. Ma tante écrase des aubergines pour faire du moutabbal. Mon oncle, lui prépare un tabbouleh et ma grand-mère prépare une mloukhiyé. J'inspire à fond en souriant. Ca sent le citron, le persil, l'ail et la viande qui cuit. L'odeur des roses que j'avais achetées pour Dorian, mais que j'ai fini par garder se mêle à tout le reste. C'est agréable. Je prends de quoi mettre la table dans les placards, et sort déposer les assiettes, les verres et les couverts sur la grande table de cèdre. Sa texture rugueuse et patinée par le temps est familière sous mes doigts, et me fait sourire elle aussi.

L'heure du repas arrive. On pose tous les plats sur la table. Ca sent le hommos, le zaatar, le labné, le citron, et plein d'autres trucs qui me font me sentir bien. Ma grand-mère a posé son qanun dans un coin, et il joue de la musique. Autour de la table, on parle, on rit, on mange. Puis arrive le moment du dessert. Sur la table, on pose de fruits à coté de patisseries, plus sucrées les unes que les autres. Les mouhallabiyé, les namoura et les maamoul parfument l'air. On a servi du thé, et du café à la cardamome. Puis, ma grand-mère s'installe au qanun. Elle commence à jouer, et c'est magique. On danse et on chante tous ensemble, jusqu'au bout de la nuit, et on n'a plus aucun souci. Je donnerais n'importe quoi pour vivre ça tous les soirs de ma vie.

574 mots

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Liban Solo recueil d'OS تحت نظر العذراء | Sous le regard de la Vierge
22 juillet 2050
Zahlé
Aujourd'hui, c'est jour de fête chez les Al-Jannat : on fête l'anniversaire de Raym et Rima, les jumeaux. Ils fêtent leurs 12 ans, comme moi dans une quinzaine de jours. Je saute de mon lit. Il est 9 heures, et la journée va être chargée. Ma grand-mère va la passer à tout ordonner pour que tout soit parfait ce soir. Et tout ça dans le plus grand des calmes, évidemment. Je sais pertinemment que non. On va tous passer la journée à courir de partout, entre le souk et la maison, la cuisine et la cour, à éviter de foncer dans quelqu'un ou quelque chose. Bref, la discipline, mais chez nous quoi. Rien d'inhabituel en somme. Je m'habille tout de suite, parce que la possibilité que je sois envoyé au souk sans avoir le temps de prendre un petit-déjeuner est relativement élevée.

Je descends les escaliers qui craquent sous mon poids. Ces trucs sont vieux comme Mathusalem à mon avis. En tout cas, ça m'étonnerait pas. Je m'installe à la table de la cuisine, où Tante Nuran est en train de préparer la garniture pour les shawarma. Elle me sourit en guise de bonjour. Je me sers un verre de lait d'amande et prends quelques grains de raisin et une figue. J'entame la figue quand j'entends mon grand-père. Il me demande d'aller au marché : on a besoin de dattes, de pistaches et on a plus de zaatar. Ca c'est pas normal. D'habitude y en a toujours. Je hausse les yeux au ciel en souriant. Je vide mon verre de lait d'amande, j'embrasse mon grand-père en lui disant bonjour, puis je cours vers le souk en mordant dans ma figue. Même ça, cette organisation désorganisée et totalement aléatoire m'a manqué. Je ris. Avec les quelques livres libanaises données par mon cousin Rami, que j'ai croisé dans la cour en partant, j'achète ce qu'il nous faut. Je ne me fais pas d'illusion : je vais devoir revenir ici dans la journée. Je retourne à la maison en courant, avec trois sachets dans les mains : les dattes, les pistaches et le zaatar. Le vent sur mon visage me réveille mieux qu'autre chose. D'autant que, de ce coté du Nahr el-Berdwani, on est à l'ombre, donc il fait plus frais.

Je rentre dans la cour, haletant, mes marchandises en bon état. Je me dépêche de retourner dans la cuisine, où je trouve cette fois ma tante Azraqah avec Salsabil. Elles préparent les qatayef. J'arrive juste au bon moment avec mes pistaches et mes dattes. Elles vont servir pour les maamoul, mais aussi pour ça. Je m'installe avec elles, et je hache des pistaches. Le geste, les sons, les odeurs... Ca me fait du bien. L'heure du repas de midi arrive assez vite. Le repas, c'est sacré, mais aujourd'hui, on le saute tous. Chacun grignote un petit truc dans son coin, ou bien passe la journée à picorer dans les préparations, en veillant à ne pas se faire taper sur les doigts par grand-mère. L'anniversaire des jumeaux est plus important que la pause de midi.

Dans l'après-midi, on prépare le tabbouleh, le moutabbal et le hummus. Alors que ce matin, ça sentait le sucre, le miel et les fruits, maintenant ça sent la viande qui cuit, et les épices. 18 heures, on termine les derniers préparatifs : on ajoute la dernière goutte de citron sur le tabbouleh, les dernières feuilles de menthes, les derniers fruits à coque dans les pâtisseries. Tout ça sous le regard de Tante Nuran, qui commence à paniquer, alors qu'on est prêts avec un timing parfait. La fête va durer jusqu'aux aurores, les voisins vont s'inviter pour grignoter un peu de kafta, avoir une part de gâteau ou une tasse de café. Ca sentira bon le citron, le chocolat, les figues, et la viande jusqu'à pas d'heure. Bref, un anniversaire normal chez les Al-Jannat. Et tout ça, sous le regarde de la Vierge de la Bekaa, qui veille sur nous depuis toujours.


663 mots

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Liban Solo recueil d'OS تحت نظر العذراء | Sous le regard de la Vierge
15 août 2050
Zahlé
Quelque part autour de la ville

Le soleil brille, il fait chaud, et je suis là, au milieu des vignes entourant la ville, avec Rima et Raym. On a décidé de faire une course de tapis volants. Après avoir promis à nos parents et tous les oncles et tantes qu'on ferait attention, évidemment. Donc on est là, debout tous les trois avec des tapis enroulés dans les mains. Grand-père nous a donné des petits tapis, qui vont pas trop vite, et équipés d'enchantements de protection pour éviter que les Moldus ne nous voient. Et aussi pour qu'on ne se blesse pas. Raym commence à mettre les règles en place.

-"Bon, voilà ce qu'on va faire. On part d'ici, on va jusqu'à l'arbre là-bas... Il nous montre un grand olivier aux feuilles argentées. "On en fait le tour, puis, on va jusqu'au Nahr el-Berdwani et on revient ici. Il cherche un bâton qu'il plante dans le sol pour marquer le départ et l'arrivée. "Ca vous va ?Bon, de toute manière vous avez pas le choix." Il nous dit en déroulant son tapis et en montant dessus.

Je déroule le mien. C'est un joli tapis sur lequel mon grand-père a brodé un cercle de grenadiers, et quelques djinns. Sur celui de Rima, il a représenté les membres de la famille fondatrice d'Albaldah, les Alkanat dans l'oasis de Wadi Rum. Enfin, c'est ce que tout le monde m'a dit. Et sur celui de Raym, il y a des Ocrés de l'Iran qui tournent dans le ciel avec des Oiseaux-Soleil. On sait pas trop si les dragons essaient de manger les oiseaux ou si c'est juste pour l'esthétique qu'ils se tournent autour.
Je m'assois sur mon tapis. C'est vraiment une bonne idée cette course ? Je sais pas conduire un tapis en vrai. Je hausse les épaules. Rima compte jusqu'à trois, et mes cousins s'élancent à toutes vitesse au moment où elle crie "Zéro !" Moi ? Ben moi je reste là. Stupide tapis. J'ai dit que je savais pas conduire ces trucs. La preuve : mon tapis a même démarré. Le temps que je réussisse à partir, les jumeaux ont déjà atteint l'olivier. Crotte de bique ! Je fais...quelque chose. Je saurais même pas dire quoi, puisque ça ressemble à rien de connu. Par Morgane, si Miss Tremblay me voyait. MAIS ! Je réussis à avancer. J'atteins enfin l'olivier, mais Rima et Raym ont déjà parcouru la moitié de la piste improvisée. J'essaye de donner des coups dans les flancs de mon tapis comme on le fait avec un cheval. Pendant un petit moment, j'ai l'impression que ça marche et que je regagne un peu de terrain, mais je déchante vite. Je suis toujours loin derrière. Mes cousins ont terminé, c'était à prévoir... J'essaie un truc au pif, un enchainement de mouvements qui feront peut-être avancer mon tapis plus vite. Le tapis s'élance, puis s'arrête et je me retrouve la tête dans le Nahr el-Berdwani. Je m'agite bien 2 minutes avant que Raym et Rima ne décident de venir me repêcher, en se tenant les côtes de rire.

-"Haha. Riez, riez tous les deux. Je vous jure que je vais me venger."
-"Peut-être, en attendant t'as perdu !" s'écrie Raym. Puis il se montre du pouce, en bombant le torse. "Et moi j'ai gagné !"
-"Oui, enfin calme tes ardeurs frérot. On a gagné sur un terrain qu'on maitrise. C'est pas un exploit."

Raym commence à s'énerver sur sa sœur, à grand renforts de "Comment ça on ? C'est MOI qui ai gagné !" Vaincu et trempé, je réenroule mon tapis et je rentre, laissant les jumeaux se disputant la victoire. J'ai même pas vu qui a gagné. Tu parles. Je ris. J'étais trop occupé à essayer d'avancer pour faire attention à ça.

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Reducio

- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Rima et Raym Al-Jannat (cousins)
- Lien vers la fiche du PNJ : ici !

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28 juillet 2050
Rues de Zahlé
Je prends une grande inspiration. Ces odeurs m'avaient manqué. Le café fraîchement moulu, le pain tout juste sorti du four, les épices : la menthe, le zaatar. On sent la bonne odeur des fruits bien mûrs, des pâtisseries dégoulinantes de sirop, et tellement d'autres trucs que si je m'y mets, j'en ai pour deux heures, rien qu'à décrire cet aspect du souk. Je sens dans mon dos le regard protecteur de la Vierge de la Bekaa. Madame Zahlé, Saydetna. J'ai cette sensation d'être protégé de tout grâce à elle. Demain, j'ai prévu d'aller faire un tour sur Tel Chiha. Peut-être que je vais réussir à embarquer Lamis. Sinon, j'irais avec avec tante Azraqah.

Je me balade dans le souk, ma tante Nuran et ma cousine Rima sont un peu plus loin devant. Moi, je prends mon temps. Je regarde, je sens, presque je goûte toute la nourriture qui passe à ma portée. J'ai l'impression d'être un touriste. Alors que pas du tout, mais ça fait trois ans que je n'étais pas revenu ici. Donc je savoure la sensation d'être de retour chez moi. Même si chez moi, c'est aussi en Ecosse. A cette pensée, je ressens un peu de culpabilité : je n'irais pas voir mes grands-parents là-bas cet été. On va rester ici jusqu'à la toute fin des vacances.

Ma grand-mère m'a donné un peu d'argent, pour que je puisse m'acheter quelques trucs. C'est évident, je vais m'acheter quelques sucreries. De préférences des trucs qui dégoulinent de sucre et de sirop. Je pense à Dorian. J'ai hâte de recevoir sa prochaine lettre. Misha commencerai presque à me manquer. Elle est très belle. J'ai hâte de la revoir. Parce que qui dit la voir, dit recevoir une nouvelle lettre de la part de mon ami. Je pourrais lui acheter un petit cadeau. J'aimerais bien lui acheter un bouquin, mais il sait pas lire l'arabe, donc ce serait contre-productif. Un truc à manger, ça vaut pas le coup. Ca aura le temps de se dessécher entre l'envoi et le moment où il le recevra.

Un marque-page, c'est une bonne idée. Je sais que je peux trouver des marque-pages avec des fleurs séchées aux alentours. Une fleur de lavande. Ou de grenadier. Mais plutôt quelques brins de lavande. Je lui ai déjà envoyé une fleur de grenadier. En revanche, avec le marque-page, je peux lui envoyer quelques roses. Elles sentent bon ici. Une petite odeur de miel que j'adore. Ma décision prise, je me rends compte que Tante Nuran et Rima sont loin devant. Je cours pour les rattraper. Sur le chemin du retour, je m'arrête rapidement chez le fleuriste pour acheter quelques roses. J'inspire à fond les fleurs, et sourit béatement. Ma tante et ma cousine me font une blague. Encore le chagrin d'amour. Je rougis et plante mon nez dans les roses.

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