23 juil. 2025, 21:02
Une demande plus explicite  Aelle Bristyle 
Le 22 mai 2050, durant la pause méridienne,
Après CE rp



Essoufflée sans avoir fait d'effort, Éli se sentait de plus en plus submergée par la glaçante apparition qu'elle venait de croiser. Jusqu'au bout, jusqu'à sa toute dernière heure, il fallait qu'elle soit dans cet état donc ?! Elle n'avait pas le droit à une seule malheureuse journée pour déprimer tranquillement ? Juste une triste journée à errer sans but dans le château, sans drama, sans révélation, sans rien d'autre qu'une normalité assommante, c'était trop demander ?!

Énervée contre quelque chose qu'elle n'arrivait même pas à définir, Éli marchait en direction des escaliers, accélérant son pas au rythme des émotions contradictoires qui s'emmêlaient en elle. Spontanément, la Poufsouffle avait envie de rejoindre son dortoir une toute dernière fois, et de s'y terrer jusqu'à l'heure de son départ, pourtant en commençant l'ascension des marches deux par deux, elle ne put s'empêcher de se sentir mal à l'aise. Quelque chose retenait ses pas, et cet obstacle sans nom la crispa de plus en plus jusqu'à stopper net sa marche. Immobile au milieu du grand escalier, le regard fixant le mur de pierre en face d'elle, Éli se mordit la joue agacée.

De quoi t'as peur ??? T'as plus rien à perdre en fait !

Voilà ce qui retenait sa fuite, elle n'avait plus rien à perdre et pourtant elle s'échapper encore au lieu d'affronter ce qui ne lui plaisait pas. La vérité, juste la vérité, elle méritait au moins ça non ? Si Aelle pouvait ignorer ses lettres sans conséquences, ne pas lui répondre en direct était déjà bien plus difficile, alors pourquoi prenait elle une fois de plus la fuite au lieu d'aller chercher la réponse qu'elle attendait ? Que ce soit le destin, ou une simple coïncidence, la présence de son ex camarade ici était son unique chance de mettre les choses à plat rapidement. Dans quelques heures, elle ne serait plus entourée de ce cocoon protecteur qu'était Poudlard, elle devrait créer ses propres remparts, et au vu du bouleversement qui commençait à grandir en elle, la jeune fille n'avait plus le temps d'hésiter. Il fallait qu'elle ose dire ce qui ne lui convenait plus, qu'elle ose aller chercher l'aide ou elle se trouvait. Elle ne pouvait plus se permettre de faire figuration dans sa propre vie.

Toujours statique, Éli ferma les yeux et les poings d'un même geste, rageant contre elle-même avant de faire volt face. Descendant les marches en sens inverse, elle foula de nouveau le sol du hall jusqu'aux portes de la grande salle. Elle ne voulait plus rentrer dans ce lieu bondé, mais elle n'avait aucune idée du temps que son ancienne camarade mettrait avant d'en sortir. Les bras croisés sur sa poitrine, la Poufsouffle savait que sa patience l'abandonnerait très vite. Cette journée avait été la goutte d'eau qui ce soir ferait déborder sa pensine, pourtant, résister encore un peu était la bonne décision, elle en était presque convaincue.

Trop impatiente, Éli se mit très vite à faire les cent pas dans le hall, lançant des coups d'œil réguliers vers les portes pour ne pas rater sa camarade, sursautant dès qu'un bruit de pas lui signalé la sortie d'un élève. Dans sa marche sans but, Éli cherchait la meilleure façon de présenter les choses, puis se trouvait si ridicule d'y penser, qu'à nouveau ses pas la menaient vers l'escalier, avant d'en redescendre aussi vite. Mais tu fais quoi sérieux !!! Tu te décides ?! Tu restes, tu pars ? Pourquoi fallait-il toujours que ce hall soit le témoin de ses chapitres les plus difficiles ? D'abord avec Lukas, puis Gideon... Est ce qu'elle allait enfin rompre cette boucle de chaos avec Aelle ? La pression du lieu ne l'aidait pas à imaginer une discussion posée et constructive ici, mais en y pensant, une évidence s'imposa à elle : si elle avait si peur, c'est qu'elle risquait d'y perdre quelques chose. Elle avait eu tort !

Bien sûr qu'elle avait encore des choses à perdre, sinon pourquoi s'en faisait elle autant pour une simple discussion ?! Elle avait même bien plus à perdre maintenant, elle n'avait plus le droit de laisser tout ces silences la ronger. Ce dont elle avait le plus besoin, c'était de réponses claires, et l'une d'elles n'était qu'à quelques mètres. S'adossant contre le mur face aux portes, cette fois Éli ne changerait plus d'avis.

@Aelle Bristyle

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

24 juil. 2025, 22:31
Une demande plus explicite  Aelle Bristyle 
22 mai 2050
Grande Salle — Poudlard
20 ans



Je ralentis en passant les grandes portes du réfectoire. Quel drôle de sentiment que celui-ci ! Passer les grandes portes de la Grande Salle, entendre le bruit des conversations se rétracter derrière moi, quitter la luminosité du ciel magique... Pendant un instant, j'ai la sensation d'être de retour ici, d'être toujours cette collégienne qui traversait rapidement les couloirs pour atteindre son but, qui regardait droit devant elle pour ne pas à avoir à croiser le regard de ses camarades, celle qui avait toujours un lourd grimoire dans son sac et des pensées plein la tête, des idées sous le crâne, des rêves à n'en plus pouvoir.

Le sentiment passe pour ne laisser qu'une drôle de nostalgie. Un rictus aux lèvres, je reprends mon chemin. Qui qu'ait été cette fille, elle n'existe plus. J'en éprouve une douleur peu commune qui ne ressemble pas à l'exaltation pourtant ressentie moins d'une heure plus tôt quand j'étais dans la Réserve de la Bibliothèque. Pourquoi mes émotions se balancent-elles de cette manière ? Avec un petit soupir et en secouant doucement la tête, je me résigne : la réponse à cette question ne m'apportera aucun réconfort, autant faire comme si de rien n'était et poursuivre mon chemin.

Je dois aller dans le parc et retrouver Zikomo. Je ne l'ai pas vu depuis un moment, sûrement doit-il être en train de chasser l'un de ces mulots Écossais dont il raffole. Un jour, il m'a expliqué que ses goûts avaient radicalement changé quand il a retrouvé son corps en Grande Bretagne : il a dû s'habituer à un tout nouveau régime et s'est également rendu compte que certaines choses n'avaient plus le même goût que la dernière fois qu'il a eu l'occasion de les manger, soit mille ans plus tôt. Parfois, Zikomo est intarissable sur ses goût alimentaires, ce qui est étonnant venant d'une créature qui se qualifie d'elle-même comme la mémoire d'Uagadou et qui est un être très sage.

J'allais bifurquer vers les portes menant à l'extérieur lorsque mon regard tombe sur un profil que j'aurais dû m'attendre à voir, mais auquel je n'avais étonnamment pas pensé jusqu'ici. J'ai un temps d'arrêt. Élizabeth Willis. La dernière fois que j'ai pensé à elle, je me suis fait la réflexion que pour une gamine déterminée à me parler, elle avait bien vite arrêté de m'envoyer des hiboux lorsque moi j'ai cessé de le faire. Aucune déception, évidemment : il fallait s'y attendre. Ils fanfaronnent tous en arguant : « si tu veux que j'arrête, dis-moi d'arrêter sinon je continuerai », mais quand on ne répond plus sans avoir dit le moindre mot, donc sans avoir dit que l'on voulait que ça cesse, ça saute sur les conclusions et ça arrête tout. Pourtant les premiers temps, je l'ai attendu son hibou. À croire que je l'ai cru lorsqu'elle a essayé de me faire croire qu'elle était déterminée. À tort, donc.

Bah, peu importe, songé-je avec un léger haussement des épaules, de toute manière son dernier hibou ne m'avait pas plu. Je ne me souviens pas pourquoi exactement, je ne l'ai plus en tête et ça remonte à longtemps désormais. Entre temps, ma vie s'est fracassée par terre, tout comme mon crâne, et tout est complètement différent. Alors oui, peu importe les états d'âme d'Élisabeth Willis.

27 juil. 2025, 16:58
Une demande plus explicite  Aelle Bristyle 
Les bras croisés, la sensation de son dos contre le mur froid lui faisait du bien, comme s'il pouvait, en régulant sa température, tempérer aussi ses émotions. Profitant un instant de ce maigre répit pour détendre ses muscles, Éli sentit soudainement comme une présence qui figea de nouveau tout son corps. Une étrange impression résultant d'un simple regard, mais qui, porté sur elle avec intensité venait de l'atteindre de loin. Relevant rapidement la tête pour chercher l'origine de cette sensation désagréable, elle ne trouva aucun iris pour percuter les siens, pourtant ce qu'elle vit suffit à faire décoller son corps de la pierre, pour se mettre en mouvement. Comme pressée par un rendez-vous qui n'avait jamais été pris, Éli n'attendit pas d'atteindre son ex camarade pour tenter de stopper sa marche.

- Il faut poser des mots sur ce que l'on désire...mais surtout taire ce qu'on refuse pas vrai ? T'avais oublié de préciser cette partie dans ton hibou. Portant sa voix bien plus fortement qu'elle ne l'aurait fait habituellement, poussée par un besoin presque viscéral de voir sa camarade s'arrêter, la Poufsouffle accéléra son pas jusqu'à la devancer. Enfin assez proche pour discuter sans se faire entendre de toute l'école, elle se plaça en face d'Aelle, les mains sur les hanches, le regard légèrement défiant sans pour autant être agressif. Ça tombe bien j'suis là, t'aura pas à perdre ton temps pour me répondre comme ça, et j'arrêterais de perdre le mien à me demander si je dois prendre ta non-réponse comme un vrai "stop". J'peux pas compter sur toi ok, j'ai bien compris ce passage, tu veux rien avoir à faire avec moi, ok j'accepte aussi, mais j'pense que j'mérite au moins du respect. La jeune fille prit une grande respiration, bien consciente qu'elle jouait avec le feu, et qu'à tout moment son ainée pouvait choisir de la laisser là, avec sa colère et ses questions sans réponse, sans aucune culpabilité. Elle la savait capable de le faire. Que pouvait-elle craindre de plus que son silence ? Des regrets...et c'était sûrement pire, il fallait qu'elle parle. Je n'vais pas t'mentir, j'ai failli t'écrire 20 fois sans attendre ta réponse, mais j'crois qu'au fond ce qui m'a retenu, c'est que tant que tu ne me disais pas d'arrêter, c'est qu'il y avait encore un espoir que tu ne le fasses pas. J'me disais que peut-être tu étais juste trop occupée pour répondre, ou n'importe quelle excuse que j'essayais de trouver. Déglutissant difficilement, Éli lâcha sa position déterminée sans s'en rendre compte, pour adopter une posture bien plus insécure, repliant ses bras en les croisant sur elle comme pour protéger son secret, qui pourtant restait imperceptible pour ceux qui l'ignoraient. mais j'ai plus le temps d'attendre maintenant, j'ai besoin... d'avancer vraiment. Je sais que j'suis un peu perdue et que j'arrive pas vraiment à t'expliquer pourquoi, mais je suis sûr de moi, je suis sûr que nos échanges pourraient beaucoup m'apporter. T'en as sûrement rien à faire, mais parler avec la vraie toi, c'est tout c'que j'demande. Est-ce qu'il y a un monde où tu pourrais tolérer ça ? Moi, mes hiboux, et juste être sincère dans tes réponses ? J'attends rien d'autre. Au point ou j'en suis, j'm'en fou d'avoir mal des vérités, et des refus, j'veux juste une réponse.

Partagée entre l'espoir qui tentait malgré tout de survivre au fond d'elle, et l'évidence presque certaine du refus violent qu'elle aller se prendre en direct, Éli mesurait l'importance qu'aller avoir cette discussion sur les prochains mois de sa vie. Elle avait la certitude que leurs échanges pouvaient faire une nette différence. Sans savoir pourquoi, elle sentait qu'elle avait besoin d'Aelle bien plus que jamais, mais elle ne forcerait plus les choses. Sans un minimum d'ouverture de sa camarade, ses demandes, même insistantes, resteraient lettres mortes, et elle ne voulait plus d'un échange à sens unique.

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

28 juil. 2025, 14:19
Une demande plus explicite  Aelle Bristyle 
Sa voix résonne dans le hall. Je m'immobilise, sachant d'avance qu'elle va avaler les mètres qui nous séparent pour me rejoindre. Elle le fait effectivement et quand elle se plante devant moi c'est pour mieux découvrir mes sourcils froncés. Ce qu'elle a gueulé dans le hall m'apparaît complètement incompréhensible. Je sais qu'elle parle des hiboux que je lui ai écrit et j'ai une vague idée de ce que pourrait signifier sa phrase, mais je n'arrive pas à la rattacher à quelque chose de précis. Au final, j'ai l'impression que ça veut juste rien dire, alors je la laisse se planter devant moi, cette enfant qui a la colère d'une adulte, avec ses mains bien appuyées sur les hanches comme si elle voulait me gronder. Je me demande si elle va avoir l'audace de me reprocher ma non-réponse, alors même que c'est elle qui a tout à se reprocher, actuellement.

Sachant reconnaître l'arrivée d'une tempête, je reste calme, le visage n'exprimant que peu d'émotion, le regard baissé sur elle et les mains enfoncées tout au fond de mes poches. L'espace d'une seconde, je m'imagine la planter là pour m'épargner les cris qui vont certainement arriver, à l'image de la discussion que nous avons eue il y a une éternité dans la Salle Commune. Mais l'idée se contente de couler dans mon esprit et de disparaître. Je ne bouge pas, je ne m'envole pas. Quoi qu'elle ait à me dire, je pense que je peux l'entendre car j'estime être dans mon bon droit. Alors allez, Willis, dis ce que tu as à me dire, allez, vas-y.

Et elle y va. De longs mots, de longues phrases, des sentiments qui se cachent derrière chacune d'elles, des bras qui se croisent, sa position défensive qui se transforme en quelque chose de beaucoup moins menaçant. Elle parle, elle parle et moi je finis par croiser les bras sur ma poitrine aussi, parce que vraiment, elle a du toupet celle-là ! Me reprocher de ne pas lui avoir écrit, de ne pas lui avoir dit d'arrêter de le faire ? Me reprocher de s'être torturée toute seule comme une grande en se demandant ce que signifiait ma non-réponse ? Elle parle, elle parle, elle me lâche des aveux un peu gênant comme « parler avec la vraie toi, c'est tout c'que j'demande » ou comme quand elle me dit avoir hésité longtemps à m'écrire encore un hibou. Une dizaine de soupirs discrets passent la barrière de mes lèvres pendant son laïus et je me retiens autant de fois de lever les yeux au ciel et de lui dire tout simplement de la fermer, de respirer un peu et d'apprendre à réfléchir. Parce que cette fille ne réfléchit pas. Jamais.

« C'est bon, t'as terminé ? » lui asséné-je d'une voix dure lorsqu'enfin elle s'arrête de parler.

Je respire profondément par le nez pour endiguer la frustration qu'a engendré tous ces mots, toutes ces phrases, tous ces reproches injustifiés.

« Je n'ai jamais été autre chose que la vraie moi avec toi, Willis. Si tu n'as pas encore compris ça, c'est que tu n'as rien compris du tout et franchement ça ne me donne pas envie de te parler. Quant aux hiboux ? »

J'expire par le nez un rire à mi-chemin entre l'amusement et la moquerie. Puis je secoue la tête, pousse un long soupir en levant le visage vers le plafond et baisse les yeux pour les enfoncer dans les siens.

« Tu m'as dit que tu n'arrêterais pas d'en envoyer tant que je ne t'aurais pas dit d'arrêter de le faire. » Les sourcils froncés, je penche la tête sur le côté pour mieux l'observer. Ma voix, bien que moins dure, n'en est pas moins tranchante. « Alors pourquoi est-ce que tu as arrêté ? N'affirme pas ce genre de choses si tu ne le penses pas vraiment. »

Je dresse légèrement le menton.

« Je déteste les gens qui affirment des choses qu'ils ne pensent pas vraiment, » soufflé-je d'une voix maîtrisée.

29 juil. 2025, 16:16
Une demande plus explicite  Aelle Bristyle 
En l'observant un peu mieux, rien ne semblait avoir changé chez la jeune fille qui se tenait en face d'elle. Ce visage si dur et à la fois si neutre, cet air glacial et nonchalant, cette façon de projeter sur elle des ondes négatives tout en la rendant si dépendante de ses réponses, c'était bien elle. Fascinée de voir que cette froide attraction qui l'avait toujours intriguée chez son ex camarade n'avait rien perdue en intensité malgré son absence, Éli n'arrivait pourtant pas à decrire ce qu'elle trouvait de sensiblement different chez Aelle aujourdhui. Comment pouvait-elle autant la détester et l'admirer dans le même instant ? La jeune fille avait déjà essayé de résoudre ce mystère lorsqu'elles partageaient leur maison commune, sans succès, à croire que l'énigme Bristyle la suivrait encore un bon moment. Peut-être était ce l'une de ces quêtes impossibles à terminer qui tiennent éveillée pour de bonnes raisons ?

Si raisons il y avait, rien dans ce qu'elle venait de dire ne semblait faire écho. En face, seul quelques signes d'agacement à peine dissimulés, quelques regards exaspérés avaient ponctué son monologue, et enfin cette posture fermée qui ne laissait que peu d'espoir sur ce qui allait suivre. Est ce que même en face-à-face, Éli allait réussir à se faire ignorer ? Peut importe, la jeune fille ne se laisserait pas arreter par de simples impressions, pas cette fois !

A peine son silence avait il heurté les murs du hall, que les mots abrupts de l'ex poufsouffle tombèrent, tentant de balayer d'un coup toute l'honnêteté de la plus jeune. Il ne fallait pas qu'elle s'emporte dans ses émotions comme elle avait l'habitude de le faire, il fallait qu'elle pose avec calme et clarté sa demande, peu importe les nuages menaçants qui tournaient en elle. Aller jusqu'au bout des choses, et potentiellement tomber sous les coups du Fouet verbal d'Aelle, c'était un risque qu'elle était prête à prendre.

Éli n'était pas revenue vers elle pour se faire une amie, c'était bien plus risqué et complexe que ça. Aucune formule apprise ici ne pouvait lui certifier la réussite de son quitte ou double. Malgré tout le potentiel qui existait dans leur magie, il n'y aurait pas duel de sorts aujourd'hui, ce qui se jouait au milieu du hall n'était qu'une guerre d'ego qui ne pouvait se regler que d'une seule maniere. Éli devait déposer les armes et accepter d'avoir tort devant Aelle, accepter d'être vulnérable, et surtout, chose qu'elle détestée d'avance, accepter d'être à la merci de son refus non-négociable.

Relevant légèrement le menton comme pour se donner une meilleure contenance, la jeune fille respira profondément avant de laisser ses mots glisser entre elles sur un ton calme qui ne lui ressemblait pas. Enfin elle venait de poser son lourd manteau protecteur d'émotions criantes, pour ne garder que sa version la plus nue.
- Je pensais ce que j'ai écrit à chaque fois. Déteste-moi si tu veux, mais pas pour mes mensonges. Oui, c'est vrai, j'ai dit que tes provocations ne me feraient pas arrêter d'écrire, mais tu ne m'as pas provoqué, tu m'as ignoré, et oui, c'était difficile pour moi de réagir à ça. Mais peu importe, on s'en fou maintenant, y'a trop de choses qui ont changé depuis ma dernière lettre. J'suis là, et j'ai peur de ne pas aimer ta réponse, mais j'ai besoin d'l'entendre. Si je continue, est ce que tu comptes jeter mes courriers ou y répondre ?

Sans lui laisser le temps de réagir à sa question, Éli, le coeur au summum de son rythme, ajouta directement une précision.
- S'il te plaît, ne me réponds pas que tout dépend de c'que je vais t'écrire, on s'en fou. J'ai pas besoin d'te plaire, j'veux pas chercher à me lisser pour te convaincre... et en vrai, j'espère que mes hiboux te soûlerons parfois, parce que j'me retiendrais jamais de dire c'que j'pense. J'espere qu'on n'sra pas toujours d'accord, j'ai besoin aussi d'ça, de la vraie vie, des vraies reactions, pas de ce coton qu'on met autour de moi pour m'éviter d'avoir mal. C'est trop tard. J'ai pas ecrit t'as raison, j'aurais du. Mais j'ai eu le temps de reflechir du coup, et je sais que le silence n'a aucun intérêt pour moi en ce moment, j'en veux pas, j'ai vraiment plus le temps pour ça.

La jeune fille n'avait aucune idée de ce que sa franchise un peu décousue aller provoquer d'ici quelques secondes. Est ce que le chaos qu'elle espérait provoquer reveillerait quelque chose entre elles, ou est ce qu'elle aurait juste droit au silence tout aussi dévastateur ? Sans jamais quitter le regard d'Aelle, prête à accueillir les émotions brutes qui lui rappelleraient au pire, et douloureusement, à quel point elle était en vie, Éli répéta une nouvelle fois la seule question qui avait besoin de trouver une réponse, celle qui lui donnerait une direction pour la suite.
- Est ce que tu comptes jeter mes courriers ou y répondre ?

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

1 août 2025, 10:46
Une demande plus explicite  Aelle Bristyle 
Si j'ai plissé les yeux par méfiance quand elle a gonflé ses poumons avant de parler, maintenant je les rouvre pour la regarder fixement, curieuse mais sans le montrer. Son calme appelle le mien. Je me sens me détendre et m'étonne même d'avoir été tendue jusqu'ici. J'apprécie qu'elle me calme sur ce ton, même si elle dit toujours des mots qui ne sont pas forcément plaisant. Avec mes bras bien croisés sur ma poitrine, je me contente de la regarder et de ne pas exprimer grand chose tout le long de son discours. Sauf une chose, une seule. Au moment où elle dit : « S'il te plait, ne me réponds pas que tout dépend de ce que je t'écrirai... ». À cet instant, un drôle de sourire m'étire les lèvres, si bref qu'elle se demandera sûrement si elle l'a rêvé. Un sourire amusé et un peu orgueilleux aussi. Alors comme ça, elle a compris. Le fait qu'elle ait deviné exactement ce que j'allais dire avant que je ne le fasse et qu'elle ait pris les devant pour ne pas que je le fasse... Oui, cela m'amuse. Parce qu'en plus d'avoir su ce que j'allais dire, elle a su comment j'allais le formule exactement. C'est à la fois dérangeant et étonnant. Mais même si je suis un peu frustrée de ne pas pouvoir dire ça maintenant qu'elle a pris les devants pour que je ne le fasse pas, je suis rassurée de voir qu'au moins une chose a été retenue dans nos échanges de courriers. Elle n'est peut-être pas aussi butée que je le croyais, finalement.

Je ne sais pas pourquoi cette fille a besoin de me parler. Je ne sais pas pourquoi elle recherche absolument ma sincérité. Ma sincérité ne plait pas aux gens, elle est blessante, elle est vexante et oui je manipule le silence comme on manipule une arme. Je ne changerai pas, je ne me transformerai pas pour cette fille — même si elle dit que ce n'est pas ce qu'elle veut, je doute encore un peu de sa sincérité. Je ne comprends pas pourquoi elle me veut telle que je suis. Ses questionnements, sa "vraie vie", je la lui balancerai douloureusement au visage, je serai froide, je serai distance, je serai cassante, je serai méchante. Je le sais. Je me connais un minimum. Et elle aussi elle devrait le savoir, même si ce n'est pas le cas. Je sais très bien ce qu'il en est. Au fond d'elle elle espère, elle espère que je serai différente avec elle, que je l'accepterai, que je vais m'adoucir et toutes ces conneries. Elle espère pouvoir m'atteindre ou quelque chose dans ce même goût. Pire que ça : elle espère que ça ne fera pas si mal quand je lui opposerai un silence, quand je la critiquerai, quand je lui avouerai ses vérités crues sans les enrober dans de la gentillesse. Ça fera mal et un jour elle en aura assez, elle s'énervera, elle essayera de me changer, elle voudra que je sois différente. Je la connais la vie, Élisabeth Willis. Je les connais, les gens. Ils sont tous décevants et tu le seras toi aussi.

Je la considère pendant un moment en silence, en l'écrasant de mon regard implacable. Puis j'inspire lentement par le nez ; j'expire tout aussi lentement. Au final, je me fiche de ses raisons. Vouloir comprendre, c'est donner de l'importance à tout cela. Et tout cela ne doit pas en avoir.

« J'y répondrai, » dis-je alors d'une voix très calme.

Mes yeux s'enfoncent dans les siens. Un sourcil provocateur s'arque sur mon front quand je poursuis :

« Si j'estime que ça sert à quelque chose d'y répondre. Et mon silence était une provocation. T'es lamentablement tombée dedans mais enfin, je ne m'attendais pas à autre chose, c'est vrai. »

Alors je décroise mes bras et mes épaules se relâchent en même temps. Mes yeux parcourent le hall que je connais par cœur pour l'avoir traversé tous les jours durant sept années, puis reviennent sur le visage de cette petite fille qui vit apparemment des choses trop grandes pour elle, même si j'imagine que ça ne doit pas être bien différent de ce que vivent tous les adolescents de son âge.

« Je n'ai aucune envie de te plaire non plus, Willis. Et je me fiche de te blesser, je me fiche de ne t'offrir que du silence si j'estime que ça doit être ma seule réponse. Tu parles de la "vraie vie", hein ? Alors accepte que je ne serai jamais comme les autres personnes auxquelles tu pourrais écrire. Distante, froide, méchante, tu peux même dire que je suis une vraie connasse si ça te fait plaisir... » Et oui, j'utilise la vulgarité avec une parfaite insolence, et un sourire narquois. « Mais je ne serai pas autrement. J'ai toujours pas compris pourquoi t'avais besoin de ça... » De moi. « Mais c'est tout ce que tu auras. »

Parce qu'au fond ça ne me dérange pas. Ça ne me dérange pas l'idée qu'elle ait besoin de moi, même si elle m'agace la plupart du temps, qu'elle est insolente et qu'elle saute trop vite sur certaines conclusions, même si ça se voit qu'elle ne me comprendra jamais réellement. L'idée qu'elle ait besoin de moi, ça comble certaines failles sur lesquelles je trébuche tous les jours depuis si longtemps. Je n'ai pas envie de réfléchir à pourquoi, je n'ai pas envie de comprendre, mais je sais que c'est là, voilà tout.

« Donc si tu veux m'écrire, conclus-je avec un énième soupir, je répondrai certainement, oui. Si j'en ai envie. »

1 août 2025, 20:09
Une demande plus explicite  Aelle Bristyle 
Si la Poufsouffle avait l'habitude d'exploser pour faire entendre ses émotions, cette fois, devant son ex-camarade, la jeune fille avait réussi à contenir, presque maîtriser son intensité. Aelle avait déjà assisté par le passé à l'une de ces démonstrations tout en force by Éli, et contrairement à la majorité des gens, à l'époque cela n'avait pas eu beaucoup d'impact sur elle. Est ce qu'aujourd'hui, sans pousser la voix, le message aller passer un peu mieux ? Aucune certitude, mais malgré la longueur de son monologue, Aelle n'était toujours pas partie, et c'était déjà une victoire pour Éli. Sa stature toujours fermée, son visage plutôt neutre, de l'extérieur il était difficile d'évaluer la portée que ses mots venaient d'avoir sur la reine de glace, ou s'ils n'en auraient pas plus que la fois précédente. Le silence envahissait le hall, renforçant l'impression désagréable qu'Éli tenté de combattre, cette peur, cette appréhension qu'il ne fallait pas qu'elle laisse sortir. Bien campée sur ses jambes, soutenant le regard d'Aelle sans ciller, la Poufsouffle ne comptait lui montrer aucun des signes de faiblesse qui pourtant faisaient tout trembler en elle. La plus âgée pouvait lui sortir tout et son contraire, impossible de prévoir avec elle, impossible de supposer. Se contenter d'attendre, immobile, que l'ex jaune et noir décide de parler pour enfin poser ses conclusions, voila ce qu'elle devait faire.

j'y repondrai...
A ces mots son cœur s'emballa sans qu'elle ne puisse le refréner, pourtant Éli savait à quel point ce genre de réponse attendait une suite, elle savait qu'il ne fallait pas se réjouir avant que le couperet ne tombe, parce qu'il y en aurait forcément un. Elle savait que tout ne serait pas si simple, qu'Aelle ne lâcherait pas autant de lest, qu'elle ne lui offrirait jamais autant de certitude et de liberté comme ça, pas à ce point. Et comme elle s'en doutait, la suite arriva.

Elle n'aimait pas l'avouer, mais la Poufsouffle savait que son ainée avait raison, le silence etait une forme de provocation, mais si elle avait faillit à ce test c'était justement la preuve qu'elle avait besoin de cette forme de défi, de ses phrases à demi évocatrice, de cette façon de voir la vie sous un prisme bien plus réel et froid que le sien. C'était justement la preuve qu'elle avait besoin d'Aelle dans sa vie. Son échec appeler au mieux futur, son échec avec besoin de leurs échanges pour ne plus exister.

Lorsqu'Aelle décroisa enfin les bras, et se mit à scruter autour d'elle comme si elle chercher à y trouver quelque chose, Éli hésita à suivre les directions que prenait son regard, mais elle n'en fit rien. La jeune fille continua à maintenir le sien sur son ex camarade, encore retournée de la voir dans cet environnement. Tout comme elle avait dit au revoir à ce château cette semaine, à tout ces endroits qui symbolisait bien des choses pour elle, Éli avait besoin de dire au revoir à la fille qu'elle avait été ici. Voir Aelle à Poudlard, se confronter aux souvenirs qu'elle faisait remonter à la surface, aux passif de cette élève révoltée et insouciante qu'elle avait pu être ici, lui fit enfin mettre un point final à cette "Éli d'avant". C'était finit, son histoire ici l'était.

La suite de sa réponse tomba. Une suite de points, de précisions, et de faits, la liste des ingrédients indispensables à savoir, les mises à jour nécessaires à acquérir. Contrairement à ce qu'Aelle avait l'air de croire, ce large panier rempli de contraintes à intégrer pour le bon fonctionnement de leurs échanges, Éli n'avait aucun problème avec, elle ne demandait même qu'à acheter tout ce qu'elle venait d'y jeter, et tout ce qu'elle y jetterait à l'avenir. Si c'était le prix à payer, elle ne mettrait aucune limite de budget.

- ça m'va. La jeune fille n'avait rien à répondre d'autres. C'était la vérité.

Aelle venait par ses mots de laisser une porte entre ouverte. La Poufsouffle n'avait plus besoin de promesse, étrangement elle sentait que ses paroles lui suffisaient, peu importe que leurs échanges n'ai pas de véritables cadres, de buts, ou de limites, Aelle n'y avait pas mis un terme, et c'était tout ce qu'elle avait besoin d'entendre. Posant un dernier regard sur son ainée avant de lâcher enfin le lien visuel qu'elle s'était forcé à tenir, sans autre commentaire Éli repris son pas en direction du grand escalier. Sans ralentir son mouvement, elle lança par dessus son épaule, sur un ton légèrement plus fort, ses salutations distinguées.
- À la prochaine lettre, connasse !

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

5 août 2025, 09:37
Une demande plus explicite  Aelle Bristyle 
Ça lui va, tout simplement. Je dresse légèrement le menton à cette affirmation, peut-être parce que je m'attendais qu'elle m'oppose encore l'un de ces discours dont elle a le secret et qui, en général, peuvent tenir en une seule phrase — sauf dans sa bouche à elle. Mais non, pour une fois pas de discours ; juste une phrase. Le fait qu'elle aille droit au but m'étonne, alors je me contente de lever ce menton pour contrebalancer mon regard qui a cillé.

Les mains enfoncées dans mes poches, très droite devant elle mais plus aussi grande que je l'étais avant, je la considère en silence. Je n'ai pas même le temps de faire le moindre geste (en aurais-je fait un de toute manière ?) que déjà elle se détourne de moi. C'est tout ce dont elle avait besoin, comprends-je en la voyant s'éloigner sans un mot de plus, après un dernier regard vers moi dans lequel je n'ai rien lu de compréhensible. Elle voulait seulement m'assurer de ce qu'elle savait déjà, puisque je ne lui ai jamais dit d'arrêter de m'écrire : à savoir qu'elle pouvait continuer de m'écrire. Je peine à croire que je viens de l'encourager à faire une telle chose. Je n'ai aucune idée de ce dont nous pourrons parler toutes les deux, aucune idée de ce que je pourrais lui apporter et d'ailleurs je suis persuadée qu'elle-même n'a rien à m'apporter à moi. Alors pourquoi l'ai encouragé ?

Elle me lance un regard par-dessus son épaule après quelques pas ; son ultime salutation s'envole jusqu'à moi et se fracasse contre ma conscience. Les yeux écarquillés, la bouche légèrement entrouverte, je la regarde s'éloigner, la surprise s'étalant sur mon visage. Est-ce qu'elle vient de... Oui, songé-je, c'est exactement ce qu'elle vient de faire. Pas de m'insulter, ça non. Elle vient juste de répéter exactement ce que je lui ai dit et c'est comme si elle m'avait dit : ok, j'accepte que tu puisses avoir un comportement exécrable parfois et ce n'est pas un souci pour moi. C'est comme si elle prenait les devants pour me faire comprendre qu'elle savait déjà, que je suis ce qu'elle a dit que j'étais — et que j'ai moi-même dit que j'étais. Oui, c'est exactement comme si elle avait dit ça.

Élisabeth Willis s'éloigne dans le hall. Elle ne peut pas voir le sourire incrédule, et tellement léger qu'il en est quasi existant, qui s'est étiré brièvement sur mes lèvres. Il disparaît bien vite. Après avoir expiré un léger soupir par le nez, je me détourne à mon tour pour prendre la direction des portes de Poudlard. Mon objectif est toujours de trouver Zikomo et de profiter d'une balade dans le parc avec lui avant de retourner au salon de l'orientation. J'emporte avec moi le souvenir d'une jeune Poufsouffle qui me balance au beau milieu du hall de Poudlard que je suis une connasse, souvenir en rien teinté d'émotions négatives, au contraire.

Fin


Merci pour ce petit RP très agréable ! Je suis très contente de cette évolution, mais tu le sais déjà. À très bientôt pour la suite !