Le mulot qui avait le goût de la pomme
Ma plume brandit devant moi, j'arque un sourcil en voyant le garçon fouiller dans ses affaires. Quoi, mon objet à métamorphoser ne lui suffisait pas, c'est ça ? Je baisse le bras en lorgnant la boite qu'il brandit fièrement devant moi. Je pince les lèvres et attends qu'il me dévoile ce qu'il a à me dévoiler. Je suis un peu déçue en voyant les dés s'entasser dans la boite et également surprise : qui se trimballe avec autant d'objets inutiles sur soi ? Pour quoi faire ? Espère-t-il proposer des parties de jeu à chaque croisement de couloir ? Et même s'il le faisait, pourquoi avoir autant de dés ? Espère-t-il se faire des amis ainsi ? Et puis pourquoi... Je me secoue subitement : je me fiche de la réponse à ces questions, et puis de toute manière, ce n'est pas comme si j'allais véritablement le questionner. Le voyant me tendre une poignée de ces trucs-là, je fourre ma plume dans ma poche, reconnaissant bon gré mal gré qu'utiliser une nuée de rongeurs grâce à ces dés, ce sera toujours plus utile que la création d'un seul spécimen.
Le temps que je dégaine ma baguette, John s'est déjà lancé dans ses métamorphose. Sa première tentative amène sur mes lèvres un sourire amusé. Pas moqueur, amusé par les points peu naturels sur le dos du rongeur. D'autant plus lorsque je le vois réussir ses autres essais, ce qui me prouve que, même s'il est insupportablement bienveillant et extraverti, il a un bon niveau en magie, ce que je ne peux qu'applaudir et respecter. Je me contente de hocher la tête dans sa direction, comme pour dire « bien joué » ou alors « bien, nous allons enfin avancer », au choix.
À mon tour, je me lance dans les transfigurations. Je suis plus lente, parce que lorsque j'utilise un sortilège que je n'ai pas l'habitude de lancer dans d'autres situations que les examens, je prends le temps d'effectuer chaque étape, dans l'objectif évident de réussir à la perfection et du premier coup. Un talent ne doit souffrir d'aucune précipitation. Je me lance donc. Un rongeur, deux rongeurs, trois rongeurs. Je visualise, je lance le sortilège ; je visualise, je lance le sortilège. Je m'inspire de ces créatures que mangent Zikomo et que j'ai, à mon plus grand regret, l'occasion d'apercevoir parfois avant qu'il n'en fasse son festin. Bientôt, je me retrouve avec cinq mulots bien gras qui ressemblent à s'y méprendre à leurs camarades tout à fait réels, eux, que l'on peut croiser dans les herbes hautes du parc.
« Les mulots sont ses préférés, » précisé-je à John en glissant un regard dans sa direction. J'avise les souris et les rats qui s'agitent dans sa main. « Mais il aime bien ça aussi. »
Je me penche pour déposer mon butin moustachu et agité sur le sol humide, impatiente de débarrasser mes mains de toutes les petites pattes désagréables qui chatouillent les paumes. Aussitôt libérés, les rongeurs s'éparpillent dans le couloir. Je peux difficilement les en empêcher. Je lève la tête vers John pour l'encourager à faire de même.
« Envoyons-les dans les couloirs, ordonné-je d'une voix égale en me redressant, concentrée sur mon objectif, on les laisse se balader puis on les rameute ici et on voit si Zikomo a mordu à l'hameçon ou non. »
Les yeux tournés vers l'une des extrémités du couloir, j'ai malgré moi un sourire tendre en imaginant mon cher ami bleu courir après une bestiole qui n'existe pas réellement. Il tombera dans le panneau, c'est certain. S'il prend une pêche pour un rongeur, après tout, aucune raison qu'il ne se laisse pas berner par une métamorphose, surtout si elles sont réussies.
Le temps que je dégaine ma baguette, John s'est déjà lancé dans ses métamorphose. Sa première tentative amène sur mes lèvres un sourire amusé. Pas moqueur, amusé par les points peu naturels sur le dos du rongeur. D'autant plus lorsque je le vois réussir ses autres essais, ce qui me prouve que, même s'il est insupportablement bienveillant et extraverti, il a un bon niveau en magie, ce que je ne peux qu'applaudir et respecter. Je me contente de hocher la tête dans sa direction, comme pour dire « bien joué » ou alors « bien, nous allons enfin avancer », au choix.
À mon tour, je me lance dans les transfigurations. Je suis plus lente, parce que lorsque j'utilise un sortilège que je n'ai pas l'habitude de lancer dans d'autres situations que les examens, je prends le temps d'effectuer chaque étape, dans l'objectif évident de réussir à la perfection et du premier coup. Un talent ne doit souffrir d'aucune précipitation. Je me lance donc. Un rongeur, deux rongeurs, trois rongeurs. Je visualise, je lance le sortilège ; je visualise, je lance le sortilège. Je m'inspire de ces créatures que mangent Zikomo et que j'ai, à mon plus grand regret, l'occasion d'apercevoir parfois avant qu'il n'en fasse son festin. Bientôt, je me retrouve avec cinq mulots bien gras qui ressemblent à s'y méprendre à leurs camarades tout à fait réels, eux, que l'on peut croiser dans les herbes hautes du parc.
« Les mulots sont ses préférés, » précisé-je à John en glissant un regard dans sa direction. J'avise les souris et les rats qui s'agitent dans sa main. « Mais il aime bien ça aussi. »
Je me penche pour déposer mon butin moustachu et agité sur le sol humide, impatiente de débarrasser mes mains de toutes les petites pattes désagréables qui chatouillent les paumes. Aussitôt libérés, les rongeurs s'éparpillent dans le couloir. Je peux difficilement les en empêcher. Je lève la tête vers John pour l'encourager à faire de même.
« Envoyons-les dans les couloirs, ordonné-je d'une voix égale en me redressant, concentrée sur mon objectif, on les laisse se balader puis on les rameute ici et on voit si Zikomo a mordu à l'hameçon ou non. »
Les yeux tournés vers l'une des extrémités du couloir, j'ai malgré moi un sourire tendre en imaginant mon cher ami bleu courir après une bestiole qui n'existe pas réellement. Il tombera dans le panneau, c'est certain. S'il prend une pêche pour un rongeur, après tout, aucune raison qu'il ne se laisse pas berner par une métamorphose, surtout si elles sont réussies.
Le mulot qui avait le goût de la pomme
Alors qu’Erwan se retournait pour voir où en était Aelle, toujours avec ses cinq rongeurs qui commençaient à se débattre dans ses mains, il put observer la septième année finir ses deux derniers sortilèges. Ça se voyait qu’elle prenait beaucoup plus de soin que lui dans ses lancers. C’était comme si tout était calculé, là où Erwan laissait plus de place au ressenti, à l’improvisation. Et ça se voyait également dans le résultat ! Les cinq mulots de la jeune femme étaient quasiment identiques, leurs moustaches parfaitement symétriques, ils étaient joufflus comme un renard les aimerait, elle n’avait rien laissé au hasard. Ceux d’Erwan étaient certes réussis, mais à y regarder de plus près… entre la souris qui avait trois points en diagonales sur le dos, celles qui n’avait qu’une unique moustache du côté gauche et le rat dont la queue mesurait à peine quatre ou cinq centimètres, tout cela semblait bien plus amateur. Mais bon, Erwan se rassura en se disant que si Zikomo était capable de déceler ces tout petits défauts dans son état, c’est qu’il n’était finalement pas si mal en point.
Erwan allait encore une fois lever les yeux au ciel à la remarque de la Poufsouffle, mais elle termina sa phrase en disant que ce serait bien aussi… Ces deux là avaient finalement bien avancé dans les quêtes qui s’étaient présentées à eux. Tout d’abord, ils avaient réussi à établir un plan en équipe ; sans le dire trop fort, sans en assumer pleinement la collaboration, ils avaient pensé un plan en se nourrissant des propositions de l’autre et ils étaient plus proches que jamais, du moins Erwan le pensait, de retrouver Zikomo. Mais la quête la plus difficile… Ils se parlaient sans animosité aucune. Alors que le garçon se voulait jusqu’à maintenant force de proposition pour améliorer leurs interactions, c’est seulement une fois qu’il avait cessé d’essayer que les choses s’apaisaient… Il était cependant trop alpagué par sa mission d’envoyer les rongeurs gambader pour en saisir l’ironie.
Imitant son aînée, les mains du garçon desserrent leur étreinte une fois au niveau du sol. Les trois souris et les deux rats filèrent comme un trait. «On les rameute dans pas trop longtemps quand même ? Histoire qu’il ait pas l’temps de s’apercevoir de la ruse…». En se relevant, Erwan s’appliqua à faire le moins de bruit possible. Il fallait être à l’affût du moindre indice qui révélerait si leur plan fonctionnait. Ils attendirent une minute, puis deux, dans un silence de cathédrale entrecoupé de petits sons dont seul le château lui même connaissait l’origine. Aucun des deux Poufsouffle n’osait briser le silence, comme si parler allait tout faire échouer. Au bout de trois, ou quatre, ou peut-être même cinq minutes ; le temps était difficile à saisir dans ces moments de tension, Erwan chuchota. «Bon… t’entends quelque chose ? On essayerait pas de tout ramener ici ? Si ça se trouve certains rongeurs sont déjà redevenus des dés… En les ramenant on est sûrs que nos métamorphoses seront en train de courir, ça devrait suffire a l’attirer non ?». L’anglais n’avait pas tout le cours sur le sortilège en mémoire, mais ce genre de métamorphose durait rarement dix minutes et, même si il désirait fortement retrouver le compagnon d’Aelle pour être libéré de sa loyauté, il espérait par dessus tout retrouver tous ses dés auxquels il tenait !
Erwan allait encore une fois lever les yeux au ciel à la remarque de la Poufsouffle, mais elle termina sa phrase en disant que ce serait bien aussi… Ces deux là avaient finalement bien avancé dans les quêtes qui s’étaient présentées à eux. Tout d’abord, ils avaient réussi à établir un plan en équipe ; sans le dire trop fort, sans en assumer pleinement la collaboration, ils avaient pensé un plan en se nourrissant des propositions de l’autre et ils étaient plus proches que jamais, du moins Erwan le pensait, de retrouver Zikomo. Mais la quête la plus difficile… Ils se parlaient sans animosité aucune. Alors que le garçon se voulait jusqu’à maintenant force de proposition pour améliorer leurs interactions, c’est seulement une fois qu’il avait cessé d’essayer que les choses s’apaisaient… Il était cependant trop alpagué par sa mission d’envoyer les rongeurs gambader pour en saisir l’ironie.
Imitant son aînée, les mains du garçon desserrent leur étreinte une fois au niveau du sol. Les trois souris et les deux rats filèrent comme un trait. «On les rameute dans pas trop longtemps quand même ? Histoire qu’il ait pas l’temps de s’apercevoir de la ruse…». En se relevant, Erwan s’appliqua à faire le moins de bruit possible. Il fallait être à l’affût du moindre indice qui révélerait si leur plan fonctionnait. Ils attendirent une minute, puis deux, dans un silence de cathédrale entrecoupé de petits sons dont seul le château lui même connaissait l’origine. Aucun des deux Poufsouffle n’osait briser le silence, comme si parler allait tout faire échouer. Au bout de trois, ou quatre, ou peut-être même cinq minutes ; le temps était difficile à saisir dans ces moments de tension, Erwan chuchota. «Bon… t’entends quelque chose ? On essayerait pas de tout ramener ici ? Si ça se trouve certains rongeurs sont déjà redevenus des dés… En les ramenant on est sûrs que nos métamorphoses seront en train de courir, ça devrait suffire a l’attirer non ?». L’anglais n’avait pas tout le cours sur le sortilège en mémoire, mais ce genre de métamorphose durait rarement dix minutes et, même si il désirait fortement retrouver le compagnon d’Aelle pour être libéré de sa loyauté, il espérait par dessus tout retrouver tous ses dés auxquels il tenait !
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Le mulot qui avait le goût de la pomme
Un hochement de tête professionnel en direction de John et je me cale contre le mur sans chercher à ajouter quoi que ce soit à ce qui a déjà été dit. Les mains croisées devant moi et les sourcils froncés par la concentration, je patiente en tendant l'oreille. Il y a bien des bruissements, des frottements, des bruits sourds, la rumeur assez lointaine de la vie dans des couloirs éloignés... Mais des bruits de course, de chasse, des grognements comme en fait Zikomo quand il a une proie coincée sous les pattes ? Aucun signe de ce genre de sons que je désespère d'entendre. Alors j'attends encore dans l'humidité des souterrains et de temps en temps, je lance un regard à John qui est aussi calme et silencieux que moi. Apparemment, il est capable de tenir sa langue quand c'est nécessaire.
Quand il reprend finalement la parole, je le considère avec sérieux. Suffisamment de temps est passé et puisqu'aucun bruit de course n'a été détecté et que Zikomo n'est pas subitement apparu à l'une des extrémités du couloir, il est effectivement temps d'avancer dans notre plan.
« Les miens ne sont pas encore retransformés. »
Je l'affirme avec assurance, non pas pour me vanter mais parce que c'est la vérité, que j'en suis persuadée, et que ça peut l'informer sur le nombre d’appâts encore en lice. Mais vu la qualité de ses propres métamorphoses (bonnes, mais pas parfaites), je me dis qu'il y a des chances pour qu'à la place de l'une de ses souris, il y ait actuellement un dé sous le nez de Zikomo.
« Ça suffira à l'attirer, oui, j'acquiesce néanmoins en me détachant du mur, prête à mettre à exécution la suite du plan. Vu son état, on devrait l'entendre assez rapidement. Je doute qu'il soit très discret. Prêt ? »
J'attends qu'il confirme avant de lever ma baguette. Je me fiche qu'il soit prêt ou non, mais puisque nous avons mis ce plan à exécution ensemble, je pars du principe que nous sommes deux à le diriger, donc deux à agir. J'effectue un mouvement de la baguette et murmure un sortilège pour ramener mes métamorphoses vers moi, l'oreille tendue pour entendre chaque bruit suspect.
Au début, rien ne résonne dans les couloirs, mais au bout d'une bonne minute quelques bruits sourds résonnent. Il me semble entendre...
« Là ! murmuré-je en levant un regard excité sur John. T'entends ces grognements ? C'est Zik ! »
Le soulagement prend possession de mon visage et force un sourire bref à étirer mes lèvres. Effectivement à quelques couloirs de nous résonnent des bruits inhabituels qui prennent de plus en plus d'ampleur. Ils sont difficile à ignorer et ils se rapprochent de nous. Je me tends et m'accroche à ma baguette. Je me prépare à... Et bien je ne sais pas exactement, peut-être a sauter sur Zikomo et l'emprisonner dans mes bras pour ne pas qu'il s'enfuit.
Tout à coup, débarque au bout du couloir une nuée de rongeurs... Suivie par un minuscule renard d'encre bleue en pleine cavalcade. Zikomo court, bondit, grogne et à ses mouvements je comprends qu'il est à deux doigts de sauter sur l'une de ses proies pour en faire son goûter. Et voilà qu'il agit avant même que je puisse faire un geste : un bond d'une rapidité impressionnante l'envoie percuter le rat à la queue trop courte de John.
« Alors que le garçon se voulait jusqu’à maintenant force de proposition pour améliorer leurs interactions, c’est seulement une fois qu’il avait cessé d’essayer que les choses s’apaisaient… » : et voilà, Erwan a découvert le secret de la bonne entente avec Aelle !
Quand il reprend finalement la parole, je le considère avec sérieux. Suffisamment de temps est passé et puisqu'aucun bruit de course n'a été détecté et que Zikomo n'est pas subitement apparu à l'une des extrémités du couloir, il est effectivement temps d'avancer dans notre plan.
« Les miens ne sont pas encore retransformés. »
Je l'affirme avec assurance, non pas pour me vanter mais parce que c'est la vérité, que j'en suis persuadée, et que ça peut l'informer sur le nombre d’appâts encore en lice. Mais vu la qualité de ses propres métamorphoses (bonnes, mais pas parfaites), je me dis qu'il y a des chances pour qu'à la place de l'une de ses souris, il y ait actuellement un dé sous le nez de Zikomo.
« Ça suffira à l'attirer, oui, j'acquiesce néanmoins en me détachant du mur, prête à mettre à exécution la suite du plan. Vu son état, on devrait l'entendre assez rapidement. Je doute qu'il soit très discret. Prêt ? »
J'attends qu'il confirme avant de lever ma baguette. Je me fiche qu'il soit prêt ou non, mais puisque nous avons mis ce plan à exécution ensemble, je pars du principe que nous sommes deux à le diriger, donc deux à agir. J'effectue un mouvement de la baguette et murmure un sortilège pour ramener mes métamorphoses vers moi, l'oreille tendue pour entendre chaque bruit suspect.
Au début, rien ne résonne dans les couloirs, mais au bout d'une bonne minute quelques bruits sourds résonnent. Il me semble entendre...
« Là ! murmuré-je en levant un regard excité sur John. T'entends ces grognements ? C'est Zik ! »
Le soulagement prend possession de mon visage et force un sourire bref à étirer mes lèvres. Effectivement à quelques couloirs de nous résonnent des bruits inhabituels qui prennent de plus en plus d'ampleur. Ils sont difficile à ignorer et ils se rapprochent de nous. Je me tends et m'accroche à ma baguette. Je me prépare à... Et bien je ne sais pas exactement, peut-être a sauter sur Zikomo et l'emprisonner dans mes bras pour ne pas qu'il s'enfuit.
Tout à coup, débarque au bout du couloir une nuée de rongeurs... Suivie par un minuscule renard d'encre bleue en pleine cavalcade. Zikomo court, bondit, grogne et à ses mouvements je comprends qu'il est à deux doigts de sauter sur l'une de ses proies pour en faire son goûter. Et voilà qu'il agit avant même que je puisse faire un geste : un bond d'une rapidité impressionnante l'envoie percuter le rat à la queue trop courte de John.
« Alors que le garçon se voulait jusqu’à maintenant force de proposition pour améliorer leurs interactions, c’est seulement une fois qu’il avait cessé d’essayer que les choses s’apaisaient… » : et voilà, Erwan a découvert le secret de la bonne entente avec Aelle !
Le mulot qui avait le goût de la pomme
Prêt était un bien grand mot, mais le garçon hocha tout de même de la tête. Erwan n’avait aucune idée du plan d’action à suivre en cas de réussite. Il s’était surtout focalisé jusqu’à présent à trouver une façon de localiser Zikomo, pas à un moyen de l’immobiliser ou de le récupérer… Mais Aelle ne semblait visiblement pas disposée à ce qu’ils discutent de la suite. Elle prononça quelque chose qu’elle accompagna d’un geste précis de sa baguette. Erwan se mit aux aguets car cela devait être le sort pour rameuter les métamorphoses. Le renard bleu pouvait apparaître d’un moment à l’autre et il faudrait à ce moment là…? Improviser peut-être ? Dans tous les cas, les rongeurs s’arrêteront à l’endroit où ils se trouvaient ; ils disposeraient d’un laps de temps suffisant pour prendre une décision. Même si le compagnon de la septième année se rendait compte de la supercherie, il serait sur place suffisamment de temps pour que l’un ou l’autre soit lance un sort ou bien tente carrément de l’attraper physiquement, même si Erwan préférait la première option. La douleur qui irradiait dans ses doigts malgré le soin d’Aelle lui rappelait qu’il n’avait pas envie de trop s’approcher de sa gueule…
Enfin, après avoir arpenté les couloirs puis les cachots au pas de course, le bruit qui s’approchait d’eux laissait enfin apercevoir la conclusion de cette traque. Erwan avait très bien entendu, ainsi n’avait il pas besoin qu’Aelle le lui signale, mais le regard qui accompagnait sa remarque mêlait joie et soulagement, ce qui arracha un sourire au Poufsouffle. «J’entends oui ! Tiens toi prête Bristyle!». Voilà même qu’il rentrait dans son jeu des noms de famille… Il était décidément temps que ces deux là se quittent. Quelques secondes plus tard, une nuée de rongeurs galopant apparurent dans leur champ de vision suivit de près par Zikomo. Heureusement qu’ils n’étaient pas plus loin, car le renard s’apprêtait visiblement à en chopper un… Erwan avait à peine eut le temps de faire ce constat que le compagnon d’Aelle sauta de toute la puissance de ses pattes arrières sur le rat à la queue courte… Un peu trop de puissance même car la vitesse obtenue le propulsa contre le rongeur. Il essaya bien de refermer ses crocs sur le rat en lui passant au dessus, mais sans succès.
Tout se jouait maintenant. C’était là leur occasion de ramener Zikomo à la raison. L’aspect figé de la scène, les deux Poufsouffle qui regardaient, le renard et le faux rat qui se faisaient désormais face avant que l’un d’eux bondisse sur l’autre, tout ça donna une idée à Erwan. C’était à lui de réellement figer la scène ! Il n’avait qu’une seconde pour réagir et, heureusement, il tenait encore sa baguette en main. D’un geste bien plus instinctif qu’autre chose il dessina de son catalyseur les deux pics et la petite vague en dessous tout en prononçant distinctement «Immobulus !». La lumière bleue qui jaillit de sa baguette était sans équivoque, il n’avait presque pas besoin de regarder le résultat pour être sûr qu’il avait plus que réussi. Zikomo, figé dans une position d’attaque, semblait en bonne santé. Erwan se retourna vers Aelle. «Il n’y a que ça qui m’est venu en tête… Tu penses pouvoir lever ton sortilège de confusion ?». Il n’y avait plus que ça à faire pour que tout rentre dans l’ordre. Enfin… ça, puis récupérer ses dés évidement.
Enfin, après avoir arpenté les couloirs puis les cachots au pas de course, le bruit qui s’approchait d’eux laissait enfin apercevoir la conclusion de cette traque. Erwan avait très bien entendu, ainsi n’avait il pas besoin qu’Aelle le lui signale, mais le regard qui accompagnait sa remarque mêlait joie et soulagement, ce qui arracha un sourire au Poufsouffle. «J’entends oui ! Tiens toi prête Bristyle!». Voilà même qu’il rentrait dans son jeu des noms de famille… Il était décidément temps que ces deux là se quittent. Quelques secondes plus tard, une nuée de rongeurs galopant apparurent dans leur champ de vision suivit de près par Zikomo. Heureusement qu’ils n’étaient pas plus loin, car le renard s’apprêtait visiblement à en chopper un… Erwan avait à peine eut le temps de faire ce constat que le compagnon d’Aelle sauta de toute la puissance de ses pattes arrières sur le rat à la queue courte… Un peu trop de puissance même car la vitesse obtenue le propulsa contre le rongeur. Il essaya bien de refermer ses crocs sur le rat en lui passant au dessus, mais sans succès.
Tout se jouait maintenant. C’était là leur occasion de ramener Zikomo à la raison. L’aspect figé de la scène, les deux Poufsouffle qui regardaient, le renard et le faux rat qui se faisaient désormais face avant que l’un d’eux bondisse sur l’autre, tout ça donna une idée à Erwan. C’était à lui de réellement figer la scène ! Il n’avait qu’une seconde pour réagir et, heureusement, il tenait encore sa baguette en main. D’un geste bien plus instinctif qu’autre chose il dessina de son catalyseur les deux pics et la petite vague en dessous tout en prononçant distinctement «Immobulus !». La lumière bleue qui jaillit de sa baguette était sans équivoque, il n’avait presque pas besoin de regarder le résultat pour être sûr qu’il avait plus que réussi. Zikomo, figé dans une position d’attaque, semblait en bonne santé. Erwan se retourna vers Aelle. «Il n’y a que ça qui m’est venu en tête… Tu penses pouvoir lever ton sortilège de confusion ?». Il n’y avait plus que ça à faire pour que tout rentre dans l’ordre. Enfin… ça, puis récupérer ses dés évidement.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Le mulot qui avait le goût de la pomme
La scène se déroule à une si vive allure que je n'ai pas le temps de réagir. Le rat et Zikomo qui se percutent, le Mngwi qui ouvre la gueule en grand pour essayer de refermer ses crocs sur le cou gras du rongeur à la queue courte, John qui déjà se met en mouvement. En une seconde, je comprends que c'est le moment d'agir, une fraction de seconde durant laquelle la scène se fige, me laissant le temps de lever ma baguette, d'effectuer le bon mouvement de poignet, de me concentrer sur ma magie et...
« Stupé... ! »
C'est l'instinct qui me fait ravaler la fin de mon sortilège lorsque j'entends celui que prononce John et que je vois le fuseau bleu sortir de sa baguette magique. Je détourne aussitôt mon catalyseur, ravale ma magie avec une grimace déconcertée et baisse le bras. Loin d'être gênée qu'il ait agit avant moi, mon regard file aussitôt vers la petite créature bleue, figée devant un rat encore qui détalle tout à coup vers nous, à l'image de ses confrères et consœurs. Les rongeurs se mettent à grouiller à nos pieds, contrôlés par mon sortilège de tout à l'heure. Mais je me fiche d'eux, je n'ai d'yeux que pour Zikomo, si bien figé par le sortilège de John.
« Pas mal la précision, » je lui lance avant de m'éloigner vers mon compagnon bleu.
Il a été joueur de Quidditch, après tout, il faut bien qu'il en ait un peu dans l’œil. Je ne réponds pas à sa question que je juge peu pertinente. À la place, je m'accroupis près de Zikomo. Il est immobilisé, mais pas inconscient. J'aurais préféré avoir le temps de le stupéfixier, histoire de ne pas le bloquer dans une position si désagréable, mais les choses sont faites désormais, et je ne peux rien y changer.
« Tout va bien, Zik, je lui murmure d'une voix douce, je vais arrêter le sortilège. Finite Incantatem. »
Je passe ma baguette au-dessus de son corps en me concentrant. Je devine aussitôt que le sortilège de confusion a cessé de faire effet. Mes épaules se relâchent. Le soulagement que je ressens est beaucoup plus puissant que ce à quoi je m'attendais. Je m'en veux de ne pas avoir effectué cette expérience dans un cadre protégé. C'est une vulgaire erreur de ma part, une erreur que je me reprocherai longtemps. Pourtant, je ne regrette pas de l'avoir essayé. Zikomo était consentant, c'est même lui a qui insisté, mais je fais une bien mauvaise chercheuse si je suis incapable d'offrir un cadre correct pour mes expériences... et pour protéger mes cobayes. Je me promets de ne plus recommencer une pareille erreur. Qui sait ce qui aurait pu arriver à Zikomo ? Le château est grand et lui, peu habitué à perdre le contrôle de son corps.
Je me tords la nuque pour regarder John, son grand corps à moitié caché dans les ombres des souterrains. Qui aurait cru que je me retrouve avec lui, dans cet endroit en particulier du château, et que nous formerions une équipe pareille ? Étonnamment, malgré les difficultés du début, nous nous en sommes plutôt bien sortis.
« C'est bon, je l'informe. Lève ton sortilège, s'il-te-plaît. »
Puis je me concentre de nouveau sur Zikomo. Pour le moment, rien d'autre ne compte que mon ami et son état.
« Stupé... ! »
C'est l'instinct qui me fait ravaler la fin de mon sortilège lorsque j'entends celui que prononce John et que je vois le fuseau bleu sortir de sa baguette magique. Je détourne aussitôt mon catalyseur, ravale ma magie avec une grimace déconcertée et baisse le bras. Loin d'être gênée qu'il ait agit avant moi, mon regard file aussitôt vers la petite créature bleue, figée devant un rat encore qui détalle tout à coup vers nous, à l'image de ses confrères et consœurs. Les rongeurs se mettent à grouiller à nos pieds, contrôlés par mon sortilège de tout à l'heure. Mais je me fiche d'eux, je n'ai d'yeux que pour Zikomo, si bien figé par le sortilège de John.
« Pas mal la précision, » je lui lance avant de m'éloigner vers mon compagnon bleu.
Il a été joueur de Quidditch, après tout, il faut bien qu'il en ait un peu dans l’œil. Je ne réponds pas à sa question que je juge peu pertinente. À la place, je m'accroupis près de Zikomo. Il est immobilisé, mais pas inconscient. J'aurais préféré avoir le temps de le stupéfixier, histoire de ne pas le bloquer dans une position si désagréable, mais les choses sont faites désormais, et je ne peux rien y changer.
« Tout va bien, Zik, je lui murmure d'une voix douce, je vais arrêter le sortilège. Finite Incantatem. »
Je passe ma baguette au-dessus de son corps en me concentrant. Je devine aussitôt que le sortilège de confusion a cessé de faire effet. Mes épaules se relâchent. Le soulagement que je ressens est beaucoup plus puissant que ce à quoi je m'attendais. Je m'en veux de ne pas avoir effectué cette expérience dans un cadre protégé. C'est une vulgaire erreur de ma part, une erreur que je me reprocherai longtemps. Pourtant, je ne regrette pas de l'avoir essayé. Zikomo était consentant, c'est même lui a qui insisté, mais je fais une bien mauvaise chercheuse si je suis incapable d'offrir un cadre correct pour mes expériences... et pour protéger mes cobayes. Je me promets de ne plus recommencer une pareille erreur. Qui sait ce qui aurait pu arriver à Zikomo ? Le château est grand et lui, peu habitué à perdre le contrôle de son corps.
Je me tords la nuque pour regarder John, son grand corps à moitié caché dans les ombres des souterrains. Qui aurait cru que je me retrouve avec lui, dans cet endroit en particulier du château, et que nous formerions une équipe pareille ? Étonnamment, malgré les difficultés du début, nous nous en sommes plutôt bien sortis.
« C'est bon, je l'informe. Lève ton sortilège, s'il-te-plaît. »
Puis je me concentre de nouveau sur Zikomo. Pour le moment, rien d'autre ne compte que mon ami et son état.
Le mulot qui avait le goût de la pomme
Leur calvaire semblait bientôt terminé, celui de Zikomo en tout cas touchait à sa fin. Quand Aelle lui indiqua qu’il pouvait lever son sortilège, il le savait déjà. L’attitude de la septième année se passait de mots, n’importe qui d’un peu empathique pouvait déceler la différence. Certes, Aelle restait Aelle, il n’allait pas lui donner une tape dans le dos comme il aurait pu le faire avec Jeff ou Ali pour se féliciter du travail accompli, cependant il était évident que pouvoir libérer son compagnon avait changé quelque chose. Erwan s’exécuta sans se faire attendre, l’échange qu’il aurait, ou pas, avec sa camarade de maison n’était pas du tout la priorité. Il s’appliqua et libéra d’un mouvement le renard bleu. Celui-ci parut un temps désemparé, laissant flotter son regard tantôt sur les murs des cachots, tantôt sur les humains qui l’entouraient. Aelle sembla retenir son attention.
Il avait beau l’avoir mordu, puis fait carapater dans le château et ses cachots en compagnie d’Aelle Bristyle, Erwan était toujours fasciné par Zikomo. Il se rappelait encore très bien la première fois qu’il l’avait vu dans la salle commune de Poufsouffle. Ce n’était qu’une course effrénée qui était passée comme un éclair, mais cela avait marqué le garçon. Il se plaisait encore aujourd’hui à guetter de temps à autre si le renard ne traînait pas dans le salon ou la salle d’études, juste pour l’admirer et se procurer un sourire. À dire vrai, c’était autant pour lui que pour aider Aelle qu’il s’était infligé cette épreuve de le retrouver. Il lui devait bien ça. En revanche, il ne devait rien à la Poufsouffle. Elle qui s’évertuait depuis tant de temps à ne rien attendre de lui, à repousser toutes ses maigres tentatives d’être juste un camarade sympa qu’elle aurait pu compter dans les gens qui ne lui voulaient pas de mal. Aelle semblait être comme ça, qu’Erwan le comprenne ou non, qu’il l’accepte ou non.
Maintenant qu’il reprenait son souffle et que son rythme cardiaque revenait doucement mais sûrement à la normale, il réalisait qu’ils avaient bien bossé ensemble. Et cela, quand bien même ils étaient incapables de saisir de quels matériaux étaient faites leurs fondations respectives. C’était une leçon qu’Erwan garderait en tête. Lui, qui mettait tant d’énergie à plaire aux autres, apprenait à ses dépens que ce n’était pas nécessaire pour collaborer. Probablement même que leurs distinctions et leurs points de vue divergents étaient devenus une force au moment où il avait fallu réfléchir et mettre au point un plan efficace. Il se garderait bien de le dire à Aelle ; ça reviendrait à n’avoir rien appris. C’était une valeureuse Poufsouffle, ça Erwan ne pouvait pas lui retirer, et elle méritait que le garçon la considère telle qu’elle était et non pas comme il estimait que devrait être une Poufsouffle. «Bien joué Bristyle. On a réussi. ». Erwan afficha une mine souriante qui était autant destinée à Aelle qu’à Zikomo.
Il avait beau l’avoir mordu, puis fait carapater dans le château et ses cachots en compagnie d’Aelle Bristyle, Erwan était toujours fasciné par Zikomo. Il se rappelait encore très bien la première fois qu’il l’avait vu dans la salle commune de Poufsouffle. Ce n’était qu’une course effrénée qui était passée comme un éclair, mais cela avait marqué le garçon. Il se plaisait encore aujourd’hui à guetter de temps à autre si le renard ne traînait pas dans le salon ou la salle d’études, juste pour l’admirer et se procurer un sourire. À dire vrai, c’était autant pour lui que pour aider Aelle qu’il s’était infligé cette épreuve de le retrouver. Il lui devait bien ça. En revanche, il ne devait rien à la Poufsouffle. Elle qui s’évertuait depuis tant de temps à ne rien attendre de lui, à repousser toutes ses maigres tentatives d’être juste un camarade sympa qu’elle aurait pu compter dans les gens qui ne lui voulaient pas de mal. Aelle semblait être comme ça, qu’Erwan le comprenne ou non, qu’il l’accepte ou non.
Maintenant qu’il reprenait son souffle et que son rythme cardiaque revenait doucement mais sûrement à la normale, il réalisait qu’ils avaient bien bossé ensemble. Et cela, quand bien même ils étaient incapables de saisir de quels matériaux étaient faites leurs fondations respectives. C’était une leçon qu’Erwan garderait en tête. Lui, qui mettait tant d’énergie à plaire aux autres, apprenait à ses dépens que ce n’était pas nécessaire pour collaborer. Probablement même que leurs distinctions et leurs points de vue divergents étaient devenus une force au moment où il avait fallu réfléchir et mettre au point un plan efficace. Il se garderait bien de le dire à Aelle ; ça reviendrait à n’avoir rien appris. C’était une valeureuse Poufsouffle, ça Erwan ne pouvait pas lui retirer, et elle méritait que le garçon la considère telle qu’elle était et non pas comme il estimait que devrait être une Poufsouffle. «Bien joué Bristyle. On a réussi. ». Erwan afficha une mine souriante qui était autant destinée à Aelle qu’à Zikomo.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Le mulot qui avait le goût de la pomme
Le sortilège levé, Zikomo retrouve le contrôle de son corps, après avoir retrouvé celui de son esprit. Il secoue la tête et les oreilles, un long frisson parcourt son corps et hérisse ses poils. Il regarde autour de lui d'un air perdu et sûrement s'étonne-t-il de se retrouver ici alors que la dernière fois qu'il avait toute sa tête il se trouvait au milieu du parc. A-t-il conscience de tout ce qui est arrivé, se rappelle-t-il de tout ? Plus tard, je lui poserai toutes ces questions et je consignerais les réponses dans mon carnet, quand ce sera le moment.
Zikomo s'assied lourdement sur la pierre glaciale des souterrains. Il ne range pas sa queue autour de ses pattes, signe qu'il n'est pas tout à fait en forme. Inquiète, je me penche vers lui sans ne plus faire attention à John, tout là-bas, qui me complimente pourtant sur la réussite de notre quête désespérée. Je n'ai pour le moment d'yeux que pour Zikomo qui cligne des paupières en essayant d'accommoder sur moi.
« Hey, » murmuré-je à voix basse.
Il lève le museau vers moi et penche la tête sur le côté.
« Aelle... J'ai un goût terrible dans la bouche.
— Ah oui ? demandé-je en retenant un sourire amusé.
— Je crois que c'est le goût du sucre.
— Du sucre, vraiment ? »
Il ouvre la gueule et la referme plusieurs fois de suite. Je vois sa langue minuscule passer sur ses crocs, comme s'il essayait de se débarrasser de ce fameux goût qui le dégoûte. J'ai une pointe au cœur subite et douloureuse en le regardant faire : s'agit-il du goût de la pêche ou celui du sang de John ?
« Ai-je vraiment mordu dans un fruit, Aelle ? » chuchote Zikomo d'un air très sérieux et très concerné, mais également horrifié.
Le soulagement me submerge. Un petite rire me secoue les épaules et sans lui demander mon avis je passe mes mains sous ses pattes et me redresse en le tenant entre mes mains. Il se blottit aussitôt contre moi, au creux de mes paumes. Mon cœur déborde d'un sentiment que je ne m'autorise que rarement à ressentir et qui ressemble à s'y méprendre à de l'amour. Je gratifie mon ami d'une œillade amusée et d'une douce caresse sur le sommet du crâne avant de lever les yeux vers John.
Instantanément, je range mon sourire à l'intérieur de moi-même et retrouve mon visage sérieux. En quelques pas, je supprime la distance qui nous séparait. Je supprime mon sortilège de métamorphose d'un mot et fais léviter les dés qui ont retrouvé leur forme vers le garçon pour qu'il les récupère.
« Merci pour ton aide, John, » dis-je alors très sérieusement en le regardant droit dans les yeux, le menton légèrement dressé.
Si au début j'aurais préféré mener cette quête seule et réparer mes bêtises sans l'aide de personne, je peux maintenant le remercier d'avoir été présent malgré tout et d'avoir été de bonne foi, ou presque, tout du long de cette étrange aventure. J'aurais pu parvenir au même résultat sans son aide, évidemment, mais nous avons été plus rapides à deux. Je n'oublie pas la fermeture d'esprit dont il a fait preuve un peu plus tôt lorsque nous marchions dans ces couloirs humides, mais je veux bien reconnaître ses efforts : il m'appelle Bristyle. Il a compris que c'était important pour moi. Peut-être le regarderais-je avec moins de sévérité la prochaine fois que mon regard tombera sur lui dans la Salle Commune et qu'il me gratifiera de ce genre de sourires que je trouve agaçants.
Zikomo s'assied lourdement sur la pierre glaciale des souterrains. Il ne range pas sa queue autour de ses pattes, signe qu'il n'est pas tout à fait en forme. Inquiète, je me penche vers lui sans ne plus faire attention à John, tout là-bas, qui me complimente pourtant sur la réussite de notre quête désespérée. Je n'ai pour le moment d'yeux que pour Zikomo qui cligne des paupières en essayant d'accommoder sur moi.
« Hey, » murmuré-je à voix basse.
Il lève le museau vers moi et penche la tête sur le côté.
« Aelle... J'ai un goût terrible dans la bouche.
— Ah oui ? demandé-je en retenant un sourire amusé.
— Je crois que c'est le goût du sucre.
— Du sucre, vraiment ? »
Il ouvre la gueule et la referme plusieurs fois de suite. Je vois sa langue minuscule passer sur ses crocs, comme s'il essayait de se débarrasser de ce fameux goût qui le dégoûte. J'ai une pointe au cœur subite et douloureuse en le regardant faire : s'agit-il du goût de la pêche ou celui du sang de John ?
« Ai-je vraiment mordu dans un fruit, Aelle ? » chuchote Zikomo d'un air très sérieux et très concerné, mais également horrifié.
Le soulagement me submerge. Un petite rire me secoue les épaules et sans lui demander mon avis je passe mes mains sous ses pattes et me redresse en le tenant entre mes mains. Il se blottit aussitôt contre moi, au creux de mes paumes. Mon cœur déborde d'un sentiment que je ne m'autorise que rarement à ressentir et qui ressemble à s'y méprendre à de l'amour. Je gratifie mon ami d'une œillade amusée et d'une douce caresse sur le sommet du crâne avant de lever les yeux vers John.
Instantanément, je range mon sourire à l'intérieur de moi-même et retrouve mon visage sérieux. En quelques pas, je supprime la distance qui nous séparait. Je supprime mon sortilège de métamorphose d'un mot et fais léviter les dés qui ont retrouvé leur forme vers le garçon pour qu'il les récupère.
« Merci pour ton aide, John, » dis-je alors très sérieusement en le regardant droit dans les yeux, le menton légèrement dressé.
Si au début j'aurais préféré mener cette quête seule et réparer mes bêtises sans l'aide de personne, je peux maintenant le remercier d'avoir été présent malgré tout et d'avoir été de bonne foi, ou presque, tout du long de cette étrange aventure. J'aurais pu parvenir au même résultat sans son aide, évidemment, mais nous avons été plus rapides à deux. Je n'oublie pas la fermeture d'esprit dont il a fait preuve un peu plus tôt lorsque nous marchions dans ces couloirs humides, mais je veux bien reconnaître ses efforts : il m'appelle Bristyle. Il a compris que c'était important pour moi. Peut-être le regarderais-je avec moins de sévérité la prochaine fois que mon regard tombera sur lui dans la Salle Commune et qu'il me gratifiera de ce genre de sourires que je trouve agaçants.
Le mulot qui avait le goût de la pomme
Si Erwan avait maladroitement envisagé plus tôt qu’Aelle peinerait à se faire des amis à cause de son attitude qui mettait à distance n’importe qui approchait, la voir prendre soin de Zikomo lavait ces considérations. L’amitié qui semblait les unir, ça se voyait au comportement du renard et dans l’attitude que prenait la septième année avec lui, avait quelque chose de bien plus précieux qu’une myriade de copains. Le garçon avait bien plus de copains que d’amis, il se plaisait à toujours trouver une âme amicale où qu’il aille au château, mais ça ne remplaçait pas la profondeur d’une amitié où il est possible de mettre jusqu’à la dernière miette de notre personne. C’était un moment touchant auquel Erwan assistait. Si touchant qu’il venait à se dire que toute cette aventure avait valu le coup ! Accéder à cette vérité sur Aelle, c’était pour lui comme le signe d’une amitié. Ça ne le serait pas comme il l’entendait, elle était incapable de lui donner ça et probablement qu’il ne le souhaitait pas non plus. Pourtant elle était capable de se laisser aller à ce moment de lâcher prise devant lui et lui était désormais apte à en être témoin avec respect et distance. Sans demander plus, sans s’attendre à une quelconque marque d’intérêt supplémentaire pour le simple fait d’avoir été là.
Il écoutait leur discussion. Le Poufsouffle ne comprenait toujours pas l’intérêt de mentir. Sûrement qu’Aelle avait retenu une leçon et qu’elle ne voulait pas que Zikomo sache qu’il en avait été le professeur à ses dépens. Erwan préférerait la vérité qui fait mal de la part d’un ami… mais ce n’était plus ses affaires, ça ne l’avait jamais été si ce n’est le sang qu’il avait dû payer pour qu’Aelle finisse par mentir. Il n’avait plus la force de jouer au bon Poufsouffle loyal et honnête. Tout ce qu’il voulait maintenant c’était que tous remontent dans le château ; on ne pouvait pas considérer ces lieux comme “dans” le château, puis le sixième année irait manger un bout ou se poser en salle commune en espérant trouver une joueuse ou un joueur pour se changer les idées. Ses attentes ne tardèrent pas à se réaliser. En un instant, Aelle remit son masque social, c’est-à-dire celui du sérieux et de l’absence de sourire, fit virevolter vers lui ses dés qui avaient repris leur forme initiale et le remercia. C’était bien plus qu’il n’en espérait. Un peu décontenancé il répondit «Non t’inquiète, c’est normal…». Il ne s’attendait pas à ce qu’Aelle mette de côté toute la colère et la rancœur qu’elle avait exprimées plus tôt dans la journée. C’était… bon signe ? Un sourire apparut sur le visage d’Erwan alors qu’il s’attelait à ranger ses dés dans leur boîte. Un dé, parmi tous ceux qu’il avait sortis, gardait une moustache à la place d’un point habituel qui aurait complété la face deux du petit cube. Le garçon trouvait ça aussi drôle que symbolique, il n’y toucherait pas, gardant ce détail comme un souvenir du moment qu’il venait de passer et un enseignement de ce qu’Aelle lui avait apporté. Lorsqu’il releva la tête, il s’aperçut que la jeune femme et son renard étaient sur le point de repartir de l’endroit où ils se trouvaient. Il avait déjà eu des remerciements, il ne s’attendait tout de même pas à ce qu’elle prenne le temps d’attendre qu’il ait bien tout rangé. Cette pensée provoqua chez lui un deuxième sourire. Il était un peu naïf parfois. Le sourire disparut cependant rapidement… Il n’avait aucune idée du chemin pour sortir des cachots. «Tu sais par où aller ? J’ai aucune idée du chemin qu’on a emprunté !». Le plus dur était tout de même derrière eux.
Il écoutait leur discussion. Le Poufsouffle ne comprenait toujours pas l’intérêt de mentir. Sûrement qu’Aelle avait retenu une leçon et qu’elle ne voulait pas que Zikomo sache qu’il en avait été le professeur à ses dépens. Erwan préférerait la vérité qui fait mal de la part d’un ami… mais ce n’était plus ses affaires, ça ne l’avait jamais été si ce n’est le sang qu’il avait dû payer pour qu’Aelle finisse par mentir. Il n’avait plus la force de jouer au bon Poufsouffle loyal et honnête. Tout ce qu’il voulait maintenant c’était que tous remontent dans le château ; on ne pouvait pas considérer ces lieux comme “dans” le château, puis le sixième année irait manger un bout ou se poser en salle commune en espérant trouver une joueuse ou un joueur pour se changer les idées. Ses attentes ne tardèrent pas à se réaliser. En un instant, Aelle remit son masque social, c’est-à-dire celui du sérieux et de l’absence de sourire, fit virevolter vers lui ses dés qui avaient repris leur forme initiale et le remercia. C’était bien plus qu’il n’en espérait. Un peu décontenancé il répondit «Non t’inquiète, c’est normal…». Il ne s’attendait pas à ce qu’Aelle mette de côté toute la colère et la rancœur qu’elle avait exprimées plus tôt dans la journée. C’était… bon signe ? Un sourire apparut sur le visage d’Erwan alors qu’il s’attelait à ranger ses dés dans leur boîte. Un dé, parmi tous ceux qu’il avait sortis, gardait une moustache à la place d’un point habituel qui aurait complété la face deux du petit cube. Le garçon trouvait ça aussi drôle que symbolique, il n’y toucherait pas, gardant ce détail comme un souvenir du moment qu’il venait de passer et un enseignement de ce qu’Aelle lui avait apporté. Lorsqu’il releva la tête, il s’aperçut que la jeune femme et son renard étaient sur le point de repartir de l’endroit où ils se trouvaient. Il avait déjà eu des remerciements, il ne s’attendait tout de même pas à ce qu’elle prenne le temps d’attendre qu’il ait bien tout rangé. Cette pensée provoqua chez lui un deuxième sourire. Il était un peu naïf parfois. Le sourire disparut cependant rapidement… Il n’avait aucune idée du chemin pour sortir des cachots. «Tu sais par où aller ? J’ai aucune idée du chemin qu’on a emprunté !». Le plus dur était tout de même derrière eux.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Le mulot qui avait le goût de la pomme
C'est normal. Évidemment que c'est normal pour lui d'aider la moindre personne qui passe devant lui, abandonnant de ce fait tout ce qui était prévu à son programme. C'est le parfait exemplaire du Poufsouffle. De mon côté, ce n'est pas normal d'accepter de l'aide du premier venu et s'il n'avait pas été lui, Erwan John, je n'aurais sans doute pas accepté qu'il me suive jusqu'ici. Alors pour moi, il n'y a rien de normal à cette aventure. Encore une fois, nous ne vivons pas les choses de la même façon, mais pour la première fois également, je me dis que ce n'est peut-être pas si grave que ça. Je crispe légèrement les lèvres en guise de réponse, n'ayant pas la force (ni même l'envie et d'ailleurs je ne vois tout simplement pas l'intérêt de le faire) de lui expliquer ma vision des choses.
Tout souriant, il range ses dés à leur place et alors que je pensais qu'il allait me saluer d'un grand geste de la main et repartir en sifflotant, tout content d'avoir apporté son aide à quelqu'un, voilà qu'il m'étonne une fois de plus. Il est perdu ? Un sourcil se dresse sur mon front, impossible de savoir s'il est amusé ou inquisiteur. Je regarde rapidement autour de moi et avise les murs humides des souterrains ; même si nous nous sommes bien enfoncés dans les couloirs tortueux de cette partie de Poudlard, je ne pense pas avoir le moindre mal pour retrouver mon chemin. John a-t-il un si mauvais sens de l'orientation ? À croire que oui. De toute manière, là où nous en sommes... Rester quelques minutes de plus ou de moins avec lui, ça ne changera pas grand chose.
Je me retourne vers lui et désigne du menton un couloir qui s'interrompt brusquement à quelques mètres pour prendre un virage à droite.
« Je connais le chemin, indiqué-je en lui lançant une œillade en coin. Viens, on va remonter ensemble. »
De toute manière, nous allons certainement au même endroit, car je compte rentrer à la Salle commune. Je trouve cela un peu étrange que nous puissions passer tous les deux l'entrée de notre lieu de vie, parce que cela ne m'arrive que rarement de rentrer où que ce soit avec qui que ce soit, mais peut-être décidera-t-il de me quitter dans le hall pour repartir au Foyer. Peu importe, je me mets en chemin et il me suit, ayant apparemment confiance dans mes capacités à le ramener à la surface — à croire qu'il ne craint pas que je l'abandonne sur le chemin, peut-être lui aussi a-t-il révisé son opinion de moi.
De cette aventure, je garderai un souvenir étrange, un peu flou, et la certitude que, contrairement à ce que je croyais, discuter et se faire comprendre d'une personne telle que John n'est pas totalement impossible. Peut-être que demain quand il me saluera dans la Grande Salle comme il peut le faire si mon regard a le malheur de croiser le sien, je le saluerai en retour d'un mouvement sec du menton. Et peut-être que nous aurons atteint là le plus haut niveau de cordialité que nous pouvons atteindre. Peut-être. Pour le moment, nous nous contentons de remonter vers la surface, accompagnés par le bruit apaisant de nos pas qui résonnent sur la pierre et des soupirs de Zikomo, et c'est très bien comme cela.
Un chouette moment passé à écrire avec toi, merci !
Tout souriant, il range ses dés à leur place et alors que je pensais qu'il allait me saluer d'un grand geste de la main et repartir en sifflotant, tout content d'avoir apporté son aide à quelqu'un, voilà qu'il m'étonne une fois de plus. Il est perdu ? Un sourcil se dresse sur mon front, impossible de savoir s'il est amusé ou inquisiteur. Je regarde rapidement autour de moi et avise les murs humides des souterrains ; même si nous nous sommes bien enfoncés dans les couloirs tortueux de cette partie de Poudlard, je ne pense pas avoir le moindre mal pour retrouver mon chemin. John a-t-il un si mauvais sens de l'orientation ? À croire que oui. De toute manière, là où nous en sommes... Rester quelques minutes de plus ou de moins avec lui, ça ne changera pas grand chose.
Je me retourne vers lui et désigne du menton un couloir qui s'interrompt brusquement à quelques mètres pour prendre un virage à droite.
« Je connais le chemin, indiqué-je en lui lançant une œillade en coin. Viens, on va remonter ensemble. »
De toute manière, nous allons certainement au même endroit, car je compte rentrer à la Salle commune. Je trouve cela un peu étrange que nous puissions passer tous les deux l'entrée de notre lieu de vie, parce que cela ne m'arrive que rarement de rentrer où que ce soit avec qui que ce soit, mais peut-être décidera-t-il de me quitter dans le hall pour repartir au Foyer. Peu importe, je me mets en chemin et il me suit, ayant apparemment confiance dans mes capacités à le ramener à la surface — à croire qu'il ne craint pas que je l'abandonne sur le chemin, peut-être lui aussi a-t-il révisé son opinion de moi.
De cette aventure, je garderai un souvenir étrange, un peu flou, et la certitude que, contrairement à ce que je croyais, discuter et se faire comprendre d'une personne telle que John n'est pas totalement impossible. Peut-être que demain quand il me saluera dans la Grande Salle comme il peut le faire si mon regard a le malheur de croiser le sien, je le saluerai en retour d'un mouvement sec du menton. Et peut-être que nous aurons atteint là le plus haut niveau de cordialité que nous pouvons atteindre. Peut-être. Pour le moment, nous nous contentons de remonter vers la surface, accompagnés par le bruit apaisant de nos pas qui résonnent sur la pierre et des soupirs de Zikomo, et c'est très bien comme cela.
— Fin —
Un chouette moment passé à écrire avec toi, merci !