Fil de robe E.I

Mercredi 08 août, 13h
Avec @Elizabeth Isom

Penelope déglutissait devant la devanture pourtant très attrayante du magasin. Ses doigts triturait les pans de sa robe et sa lèvre inférieure rougissait à mesure que ses dents mordillaient ses petites peaux.

Elle avança de quelques pas, pour éviter de se faire bousculer par les passants, et baissa la tête pour se cacher les yeux grâce à ses cheveux. Elle éprouvait une grande envie de retrouver sa mère. Envie qui semblait ne pas être réciproque car Cornelia Primrose avait laissé sa fille devant Madame Guipure avec pour seule indication "Achètes donc tes fournitures, je dois aller voir une amie", sans oublier ce regard méprisant signé la matriarche de la famille.

Sauf que Penelope n'en avait pas moins peur. L'inconnu l'effrayait. La foule l'encerclant, le regard des autres, toutes ces informations tournaient dans sa tête, chuchotant des bribes de conversations.

Mais rester plantée sur les pavés du Chemin de Traverse n'était pas non plus la meilleure des idées. Alors la fillette respira un bon coup, lissa sa robe et poussa la porte, le pas raide pour ne pas tomber sous les tremblements de ses jambes.

Lorsqu'elle déboula dans le magasin, l'air chaud la fit suffoquer mais elle reprit vite ses esprits, ne voulant pas défaillir devant la clientèle.

Penelope repéra une série de robes et traîna des pieds vers sa gauche. Le sourire triste, la jeune fille étouffa un soupir et glissa ses mains entre les différents tissus, dans l'espoir de trouver un vêtement à sa taille.

Mais la liste coincée dans sa poche n'était pas de son avis et le papier glissa à terre, et disparut près du mur.

- Oh non, c'est pas le moment..., grommela Penelope en s'accroupissant, les bras plongés dans les pans des robes, à la recherche de sa liste.
Dernière modification par Penelope Primrose le 7 août 2025, 15:29, modifié 1 fois.

Une coccinelle jaune et noire
"Le chaos est un art, moi je préfère l’esquisse"
#7a5262

Fil de robe E.I
— Oh non, c’est pas le moment…

- Laisse-moi t’aider !

Elizabeth s’était penchée sans même y penser, un réflexe naturel, presque instinctif. Quelque chose dans la voix de l’autre fille, ce murmure égaré, lui avait sans doute tiré une corde invisible. Elle s’était accroupie dans l’ombre des robes suspendues, sans se soucier des regards, sans hésitation. Le morceau de parchemin avait glissé au sol quelques secondes plus tôt, ondulant comme une feuille d’automne, avant de disparaître entre les tissus lourds et les rayonnages serrés.

Elizabeth n’aimait pas voir quelqu’un galérer tout seul. Elle connaissait ce sentiment - le cœur qui bat trop vite, les mains qui tremblent un peu, les yeux qui cherchent désespérément un repère dans la foule. Et cette fille-là, même si elle ignorait encore son prénom, avait l’air complètement déboussolée. Comme un chaton tombé de son panier, les oreilles baissées, le regard fuyant.

Elle se pencha davantage, ses doigts frôlant les dalles glacées du carrelage. Le froid traversa sa paume mais elle n’y prêta pas attention. L’important, c’était ce parchemin, coincé tout contre la plinthe, juste hors de portée. Elle tendit le bras un peu plus, concentrée, les sourcils légèrement froncés.

Elizabeth était là depuis un moment déjà. Ses parents l’avaient déposée devant la boutique avec quelques gallions et un baiser rapide en soufflant « Sois sage, on se retrouve au Chaudron Baveur dans l’après-midi. ».

Elle avait hoché la tête, sans poser de questions. Elle savait. Ils avaient un rendez-vous d’affaires, comme toujours - une cargaison de tissus, des contrats à négocier, des gens importants à voir. Elle n’était pas fâchée, pas vraiment. Juste un peu lasse. Elle avait l’habitude de passer derrière les adultes, de naviguer entre les conversations et d'être complètement invisible.

Alors elle avait pris son temps. Flâné dans la boutique, caressé les tissus du bout des doigts, comparé les coutures. Elle avait déjà repéré deux robes à sa taille, sobres mais bien taillées, avec de petits boutons délicats sur le col. Rien de trop voyant. Elle aimait passer inaperçue, mais pas invisible.

Puis une jeune fille était entrée. Raide comme un piquet, les yeux fuyants, l'air de suffoquer. Elle avait cette manière de marcher qui disait qu’elle aurait préféré être n’importe où ailleurs. Et Elizabeth avait tout de suite reconnu ce genre de solitude.

Alors quand la feuille était tombée, elle avait réagi sans réfléchir. D’un geste doux, elle écarta les pans des robes, s’enfonçant un peu plus dans le rayon. Ses longs cheveux bruns glissèrent sur son épaule, effleurant le tissu d’un bleu nuit. Ses yeux marron, vifs et curieux, cherchaient le papier entre les ombres.

- C’est ça ? Attends… Je l’ai presque.

Le papier recula encore, farceur. Elle laissa échapper un petit rire, discret mais sincère, et s’enfonça davantage, comme si elle entrait dans une cachette secrète. Finalement, ses doigts attrapèrent le parchemin du bout des ongles. Une petite victoire. Elle l’extirpa avec précaution, le tenant comme un trésor fragile. Puis elle se redressa, doucement, pour ne pas heurter les robes pendues, et tendit le papier à la fille.

Ses joues s’étaient légèrement empourprées sous l’effort et la chaleur, mais un sourire flottait sur ses lèvres, tranquille et doux, juste sous les taches de rousseur qui parsemaient son nez.

- Tiens. Elle marqua une pause, puis ajouta :
Tu t’appelles comment ? Moi, c’est Elizabeth. Elizabeth Isom.
@Penelope Primrose
~560 mots - Merci pour ce début auquel j'espère faire honneur.
color=#1c3d5a
Dernière modification par Elizabeth Isom le 9 août 2025, 17:41, modifié 1 fois.

Première année - Serdaigle

Fil de robe E.I
Une main tendue, un sourire essoufflé et le parchemin entre les doigts. Penelope plissait les yeux dans l'attente d'une farce de sa sauveuse miraculeuse. Mais étrangement, elle dégageait une confiance, une chaleur de celles qui vous enveloppe comme un souffle d'été.

Penelope n'avait pas voulu prendre la parole lorsqu'une chevelure brune s'était glissé entre les tissus ombrés afin de trouver sa liste. Elle avait simplement laisser son esprit divaguait sur les coutures alentours.

Le bruissement du papier et la voilà qui revenait dans le magasin, les yeux glissant sur le parquet.

Sa liste tenait fébrile entre les doigts d'une jeune fille, le visage rouge. Un souffle et Penelope était pivoine comme sa voisine. Certainement pas pour la même raison.

Une voix glaçante lui chuchota un seul mot. Politesse. La jeune Primrose serra les dents et baissa les yeux avant de murmurer des lettres qui n'avait qu'un sens.

- Merci...

Elle n'était même pas sûre que la fillette avait entendu sa réponse car tel un pie bavarde, une nouvelle vague arriva pour plonger Penelope dans une réalité aussi ennuyante que les livres de cours.

- Tu t'appelles comment ? Moi, c’est Elizabeth. Elizabeth Isom.


Penelope hocha lentement la tête avant de tendre une main fébrile et de récupérer sa liste du bout des doigts. Elle se maudissait intérieurement d'être comme ça mais elle n'y pouvait rien. Elle n'était qu'une fillette qui voulait juste acheter ses fournitures et rentrer le plus vite possible chez elle.

La Primrose releva doucement le menton vers ladite Elizabeth, bien que ses paupières menaçaient de se fermer pour ne pas affronter les yeux de la jeune fille.

- Penelope. Primrose..., articula-t-elle en rougissant.

Elle tritura les fermetures de ses poches, dans l'espoir furtif de disparaitre sous terre. les taupes semblaient bien s'y plaire, alors pourquoi pas elle. Un sourire vogua sur ses lèvres gercées alors qu'elle s'imaginait creuser un trou et s'endormir entre les doux museaux des taupes.
324 mots. @Elizabeth Isom, une suite qui j'espère, sera aussi formidable que ta réponse !

Une coccinelle jaune et noire
"Le chaos est un art, moi je préfère l’esquisse"
#7a5262

Fil de robe E.I
Elizabeth observa la main tremblante qui reprenait le parchemin, avec cette précaution maladroite qu’on a lorsqu’on craint qu’on nous le retire aussitôt. Ce n’était pourtant pas son intention. Elle ne bougea pas d’un pouce, sinon pour desserrer légèrement sa prise sur l'objet volatil.

- Penelope Primrose répéta-t-elle doucement, comme pour goûter le son du nom et l’ancrer dans sa mémoire.

Elle se garda bien de souligner la gêne qui transparaissait dans la voix de l’autre fille. Inutile. Elizabeth savait d’expérience qu’il ne fallait pas appuyer là où la timidité serrait déjà trop fort. Penelope avait cette posture repliée, les épaules rentrées comme pour se construire un rempart, et les doigts occupés à torturer les fermetures de ses poches. Une attitude qu’Elizabeth connaissait bien. Elle-même devait avoir l’air semblable quand ses parents l’obligeaient à se tenir droite face à un de leurs collaborateurs ou à assister à quelque négociation d’affaires. Peut-être était-ce pour cela qu’elle remarqua ce détail, et qu’il lui inspira une vague de compréhension silencieuse.

Elizabeth se contenta d’un sourire tranquille, pas large, mais solide. Celui qui dit je ne vais pas te bousculer. Elle rangea ses mains derrière son dos, pour ne pas envahir l’espace de l’autre, et se pencha légèrement sur le côté, comme si elle observait un point invisible juste à côté de Penelope - lui laissant ainsi la possibilité de respirer sans se sentir fixée.

- C’est joli, comme nom, glissa-t-elle finalement.

Puis, d’un ton simple, presque détaché :

- De rien... Tu devrais le ranger avant qu'il s'envole encore. fit-elle remarquer avec un petit sourire. Tu cherches tes fournitures pour Poudlard ?

Ce n’était pas une curiosité indiscrète. Plus un geste… maladroit peut-être, mais sincère : une tentative d’amorcer un fil de conversation, d’installer un petit pont entre elles. Et si Penelope choisissait de ne pas le traverser, ce ne serait pas grave.

Elizabeth replaça une mèche brune derrière son oreille, laissant un silence léger flotter entre elles. Elle n’était pas pressée. Elle avait tout son temps, et l’espoir discret de ne pas effaroucher l’autre fille.


342 mots. @Penelope Primrose , ta suite était parfaite merci, Penelope est adorable.

Première année - Serdaigle