10 août 2025, 18:50
 Portree  Bealach  PV 
Lundi 18 juillet 2050
PORTREE, Manse Lane


Portree fait partie de ces villes dans lesquelles l'ennui est impossible. C'est ce que lui a dit Peter avant de l'embarquer pour un weekend loin de la « triste Angleterre » et de son « morne quotidien ». Le fait est que ce weekend là, la météo à Portree est aussi nuageuse que celle qu'ils ont laissé à Londres, pour commencer, et qu'enfin le quotidien de Christopher n'a absolument rien de morne puisqu'il travaille dans pub et qu'il n'a pas passé une seule journée à s'ennuyer depuis très, vraiment très longtemps. Cela dit, il n'a pas besoin d'excuses ou que l'on se plie en quatre pour le motiver à faire quoi que ce soit, alors lorsque son meilleur ami a évoqué l'hypothèse d'un weekend loin de Londres pour profiter de l'été et des paysages écossais, Christopher n'a pas cherché plus loin et a accepté.

La veille, Peter les a fait transplaner au pied du Sgùrr Alasdair, dans une enclave rocheuse inconnue des moldus. Ils se sont ainsi épargnés les longues heures de randonnée pour profiter du paysage qui s'est peu à peu dévoilé à eux. Les montagnes escarpées et leurs sommets tranchants se cachaient dans une brume mystérieuse qui s'est levée lentement, l'horizon se faisant prier. Loin d'être pressés, Peter et Christopher ont attendu en arpentant d'étroits sentiers, seuls au monde loin des zones prisées par les touristes, entourés par le son du vent et par une impression de solitude comme seuls les lieux les plus isolés et les plus magnifiques au monde peuvent nous en faire ressentir.

Aujourd'hui, aucune intention de se perdre sur les nombreux sentiers de l'île ; même si Peter l'avait proposé, Christopher aurait refusé. Ils ont préféré rester à Portree où se trouvait le lieu de leur logement pour la nuit. Le premier tenait à se rendre dans une boutique maintes et maintes fois visitée lors de ses nombreux voyages dans cette ville. Quant au second, il n'avait tout simplement pas envie des mêmes choses ; ils se sont naturellement séparés, « on se rejoint ici à telle heure », avec une simplicité qui convient à toute vieille amitié.

Après une heure à marcher, si Christopher a tourné sur ce chemin, c'est parce qu'en traversant un pont il a aperçu à travers le branchage des arbres en contre-bas une rivière qui semblait dire : se trouve sur mes rives des chemins qui ne sont foulés que par ceux qui osent s'aventurer hors des sentiers battus. Peut-être aussi était-il perdu et qu'il errait sur une route inconnue depuis un bon quart d'heure sans avoir la moindre idée de s'il se rapprochait de son but ou s'il s'en éloignait. À quiconque l'aurait questionné en le voyant s'enfoncer dans une flaque de boue au bord de la rivière, il aurait évoqué le mystère de l'endroit pour expliquer sa présence ici. Mais la vérité, c'est qu'il recherchait simplement un endroit à l'écart pour pouvoir utiliser sa magie.

Après s'être avancé sur le sentier, laissant derrière lui la route et l'incessant ballet des voitures, Christopher s'est étonné d'entendre diminuer le bruit de la ville et des moteurs. Et désormais face à la rivière, la jambe droite de son pantalon salopé par la boue, il n'entend plus la moindre rumeur de la ville qui vit pourtant non loin au-dessus de lui, au-delà du pont qu'il ne fait que deviner d'ici. La rivière court doucement au milieu des cailloux et les arbres s'élèvent au-dessus des rives étroites. Un chemin serpente, suivant le lit de la rivière. Il est protégé par une barrière en bois qui a dû en voir, des gamins perchés sur ses planches qui s'amusaient à faire mine de plonger dans le cours d'eau.

Aucune difficulté à se croire seul dans un tel paysage. Christopher pousse un long soupir bienheureux, apaisé par l'endroit. Ses doigts jouent avec le briquet qu'il n'utilise que dans les lieux moldus ; il parcourt des yeux la rivière et ses rives sombres, profitant du calme appréciable après avoir sillonné longuement les rues bruyantes d'une ville moldue. Puis il s'allume une cigarette qu'il coince entre ses dents et sort sa baguette magique. Il lance le sortilège Pointe au nord en recrachant la fumée sans ôter la cigarette de sa bouche. Ses gestes ont la lenteur du type en vacances ou en weekend qui ne s'inquiète absolument pas d'être perdu dans l'immensité d'une ville qu'il n'a pas l'habitude de visiter.

C'est en voyant sa baguette s'agiter dans le creux de sa main que Christopher prend conscience de deux choses : d'une, il n'a aucune idée de s'il se doit se diriger vers le nord, le sud, l'est ou l'ouest ; de deux, il n'a pas le moindre sens de l'orientation. Aussi l'utilisation d'une boussole, fut-elle sorcière ou non, est totalement caduque.

« Et merde, » articule-t-il, la voix déformée par la cigarette, sans pour autant exprimer la moindre angoisse ou crainte à l'idée d'être perdu, comme s'il se contentait d'évoquer un simple fait : merde, je suis totalement paumé.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

10 août 2025, 19:41
 Portree  Bealach  PV 
Treize jours. Encore treize jours à tenir dans cette ville que j’ai pourtant tant aimée. Treize jours à saluer mon père, le voir partir au travail pendant que je passe ma journée dehors, et rentrer suffisamment tôt pour arriver avant lui pour qu’il n’ait rien à me reprocher. Ma mère lui avait bien dit de prendre au moins une semaine de vacances pour passer du temps avec moi, mais c’est moi qui lui ai dit d’annuler. Je vais clairement passer tout mon temps dehors et je refuse toute activité avec lui. Il a tenté de négocier, j’ai accepté de faire un effort mercredi. Fin de l’histoire.

Alors lorsque sa voiture a pris la grande route — parce que je peux la voir partir depuis ma fenêtre — j’ai dévalé les escaliers, foncé dans le garage, pris mon vélo et pédalé à fond vers le petit chemin qui mène à la forêt du centre de Portree. Je crois d’ailleurs que les employés du magasin d’automobiles s’attendent toujours à me voir, parce qu’ils sont toujours là, la clope à la main et le café dans l’autre à me saluer dès que je passe devant eux, à la même heure. Alors je les salue toujours en retour. Alors que j’oublie toujours leurs prénoms. Alors qu’ils se souviennent toujours du mien. Alors qu’ils réparent toujours mon vélo sans rien demander.

J’ai descendu la petite pente de la forêt, celle qui fait trembler mon vélo tout entier tant le chemin est bossu, et qui fait cogner ma besace sur ma cuisse. Une fois arrivé devant la petite cabane en bois, j’y pose mon vélo et l’abandonne. Pas besoin de l’attacher, personne ne vole rien ici. Et puis je déteste entrer dans la forêt avec mon vélo. Je préfère marcher.

Comme un Assurdiato lancé sur tout un lieu, il n’y a plus aucun son de la ville qui atteigne mes oreilles. Que les sons des feuilles et des cailloux qui se cognent entre eux sous mes pieds. Même ici, il n’y a que très peu de personnes qui y passent. L’humain préfère la vie à l’étage, la ville qui les anime.

Je passe le premier petit pont, puis le deuxième et arrive près de l’arbre qui m’intéresse. Je ne lève plus la tête, je connais sa hauteur par cœur. Je sais où mettre mes pieds pour grimper au mieux, je sais sur quelle branche m’agripper, et je sais sur quelle branche me poser. De là où je suis, les feuilles de l’arbre sur lequel je suis m’entourent, mais aussi de deux autres. Presque impossible d’être aperçu depuis le sol, à moins de bien plisser les yeux et d’incliner la tête, je ne suis dérangé par personne et tout ce que j’entends, c’est le cours d’eau qui passe juste en dessous.

Du moins, jusqu’à ce que quelqu’un n’ose entrer dans mon périmètre. Je baisse la tête, cherche l’intrus des yeux, guidé par le son de ses pas et le repère rapidement. Je me fais discret, mais continue de l’observer, pensant qu’il va vite rejoindre le pont plus loin et s’en aller, et remarque sa cigarette à la bouche. Je ne dirais évidemment rien, mais ça m’agace. Comment quelqu’un peut oser fumer dans une forêt ? Je soupire silencieusement, et tente de l’oublier quand quelque chose que j’entends m’interpelle. Mes sourcils se froncent aussitôt. Impossible d’avoir rêvé, c’est bien le nom d’un sortilège qu’il vient d’énoncer. Je baisse à nouveau la tête et repère sa baguette. Pointe au Nord. Un sort que j’ai appris cette année. Impossible de me tromper.

Ma curiosité est piquée. J’ai beau me vanter de connaître pas mal de gens à Portree, les mois d’été apportent toujours des vagues d’étrangers et sa tête à lui ne me dit rien. Son commentaire me fait rire et me force à me mettre en action. D’ici, impossible de dire s’il n’a pas réussi son sort ou s’il y a autre chose, mais j’agis. Discrètement, je rapproche mes jambes vers moi, retire ma besace pour la placer sur la branche à côté et me relève doucement. Le dos appuyé contre le tronc d’arbre, je passe une jambe sur la deuxième plus grosse branche et le suit du regard. Je sais que je me rends davantage visible mais signaler ma présence n’est, pour l’instant, pas au programme. En revanche, m’amuser avec ce fumeur irrespectueux, oui.

D’un geste habile, je tends mon bras vers les glands du chêne d’à côté, ces glands encore verts. Techniquement, et s’il s’y connaît, il n’y a aucune raison qu’un gland qui n’a pas mûri lui tombe dessus, mais est-ce que cela va m’empêcher de viser sa cigarette ? Non. Je tire alors sur deux glands et en lance un premier vers ma cible, ne prenant aucune précaution quant à l’angle du tir.

_______
Je te laisse décider d’où atterrit le gland..

Fiche PR - 4e année RP

11 août 2025, 10:07
 Portree  Bealach  PV 
Christopher met fin à son sortilège et reste immobile, main tendue, la baguette posée dans sa paume, le regard perdu sur le paysage. La fumée de sa cigarette monte en spirale devant son visage mais elle ne le dérange pas. Il reste ainsi quelques secondes, les yeux dans le lit de la rivière, en se demandant si la ville vaut l'effort qu'il retrouve son chemin à pieds ou s'il ne ferait pas mieux de transplaner vers cette ruelle dans laquelle les a fait transplaner Peter, hier. Ce serait plus rapide, moins contraignant, mais la visite perdrait tout de son intérêt. Être perdu, n'est-ce pas se donner la chance de découvrir de nouvelles choses ?

Il en est là de ses réflexions lorsqu'un objet non identifié le percute à la joue. Il était tant et si bien plongé dans la quiétude du moment et le silence de cet endroit à l'écart de la ville, que ce choc soudain le fait sursauter. Il bondit sur le côté avec un cri dont il aurait honte si qui que ce soit l'avait entendu. Dans le feu de l'action, il écrase évidemment le filtre de sa clope entre ses dents. Il la récupère marmonnant quelques jurons entre ses dents, la main sur la joue. Ses yeux passent rapidement du sol, où trône royalement un gland dans la boue, à derrière lui où il voit... Et bien pas grand chose, à vrai dire. Alors dans un mouvement qu'il ne s'explique pas, parce qu'il n'aura pas plus d'indication s'il le ramasse, Christopher se penche pour récupérer le gland.

« C'est vraiment pas de chance, » ricane-t-il en observant le vilain projectile qui l'a fait flipper.

Il secoue la tête et rigole légèrement, amusé d'avoir sursauté aussi fort pour un événement aussi banal qu'un gland qui tombe d'un arbre dans une forêt.

« C'était ridicule, » dit Christopher qui n'a jamais eu la moindre honte à exprimer ses idées à voix haute — après tout quand on a une belle voix, autant avoir le plaisir de l'entendre pour soi-même et pas seulement quand on parle aux autres.

On pourrait dire que Christopher a un instinct étonnamment développé, qu'il a senti un regard peser sur sa nuque, que les poils de sa nuque se sont dressés, qu'une horde de frissons a dévalé son dos et qu'il a compris qu'il était observé, que c'est pour cela qu'il lève la tête vers l'arbre, et quiconque penserait cela de lui se dirait : que cet homme est futé ! Mais à vrai dire, si Christopher lève la tête vers l'arbre, c'est parce qu'il est dirigé par la banale curiosité humaine qui fait que lorsqu'un gland tombe d'un arbre, on ressent l'incompréhensible besoin de regarder vers le ciel, comme si on était capable de trouver la branche sur laquelle il était accroché.

La nuque penchée en arrière, son regard fouille donc les branches, passe une fois sur le garçon accroché à la branche sans le voir, farfouille dans le feuillage du chêne à la recherche d'un autre gland qui pourrait prouver que celui qu'il a dans la main provient de cet arbre et pas d'un autre. Et avec une demi-seconde de retard, son cœur manquant un battement, Christopher ramène les yeux sur le garçon et il réalise que non, il n'est pas seul. Une espèce de terreur glacée le cloue sur place ; la sensation de sa baguette magique dans sa main le brûle. Lentement, dans un geste si maîtrisé qu'il n'est pas du tout naturel, il cache son catalyseur derrière sa jambe. Il n'a pas envie, mais vraiment pas envie d'avoir à faire avec les Oubliators aujourd'hui à cause d'une banale erreur.

En parlant de gamin...

« Tu balances des glands sur les gens, toi ? » lui lance Christopher.

Il n'arrive pas à se décider si la découverte de ce gosse l'agace, le blase ou l'amuse. Lui-même était du genre à se cacher dans les arbres pour canarder les passants quand il était petit. Sauf qu'à Manchester, il n'y avait pas d'arbre comme celui-ci et que Christopher trouvait plus amusant de le faire de son jardin et d'embêter les petits voisins d'à-côté qui allaient ensuite se plaindre à papa-maman qui, eux, n'osaient pas aller parler de la situation aux parents coincés et snobinards de Christopher.

La tête penchée sur le côté, il observe le gamin, qui est plus un adolescent qu'un gamin, ce qui est peut-être pire, en se demandant s'il y a une chance pour qu'il n'ait pas fait attention à son sortilège. Christopher n'a vraiment pas envie de gâcher sa dernière journée de weekend en procédures administratives.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

13 août 2025, 09:51
 Portree  Bealach  PV 
Le gland fonce tout droit sur sa joue et un grand sourire satisfait se forme sur mon visage. Honnêtement, si j’avais voulu, je ne sais pas si j’aurais réussi un aussi bon tir. Il est si parfait qu’il semble me surprendre tout autant que l’inconnu, à en juger le cri ridicule qu’il émet au moment de l’impact. Un premier rire m’échappe et je tente de l’étouffer en plaquant ma main contre ma bouche. Sa main frotte sa joue, sa tête – qui a perdu sa cigarette dans la bataille – cherche l’origine du projectile en cherchant au sol et mon sourire en coin ne peut se défaire. Il est le symbole de mon ascendant sur cet adulte et j’ai trois coups d’avance sur lui.

Et voilà qu’il se met à parler tout seul. Alors qu’il ramasse le gland qui vient de le frapper, sa phrase m’étonne. C’est vraiment pas de chance. Sa phrase est idiote. Tu es dans une forêt ! Evidemment que tu vas t’en prendre des choses ! Ça se voit que c’est un gars de la ville, celui-là. On dirait presque qu’il découvre le principe d’une forêt. Il a au moins le mérite de m’intriguer et je l’analyse comme un scientifique qui analyserait un nouveau spécimen. Quel genre d’homme s’aventure dans une forêt, une cigarette à la bouche, se surprenant de recevoir un objet sur la tête – même si, certes, je l’ai aidé – et parlant à voix haute comme s’il était seul au monde ? D’ailleurs, sa prochaine remarque me fait froncer les sourcils. Comment ça, c’est ridicule ?

Je jette un œil au dernier gland qu’il me reste. Ma dernière munition. J’aurais bien envie de l’envoyer, ce gland, juste histoire de savoir ce qui est le plus ridicule dans cette situation, mais je me retiens. Enfin, je me retiens parce que je n’ai pas le choix, sa tête vient de se lever vers l’arbre qui l’a attaqué, et par conséquent, vers moi. Je ferme alors mon poing sur le gland sauvé.

Je ne me défile pas. J’aurais pu pivoter sur la droite, revenir à la branche sur laquelle j’étais installé pour qu’il ne me voie pas, mais je n’en ai pas envie. J’ai envie qu’il me voie. Alors je lui laisse le temps, un petit sourire sournois aux lèvres.

Lorsque ses yeux entrent en contact avec les miens, je suis soudainement pris d’une réflexion. C’est lui qui est en possession d’une baguette, pas moi ; lui qui pourrait me faire tomber de mes trois mètres de hauteur ; lui qui pourrait, en soi, faire ce qu’il veut.

A sa question, c’est automatique, je souris et oublie rapidement ce qui m’a traversé l’esprit plus tôt. Un sourcil relevé et une forte envie de répondre de la seule manière qui me soit capable de répondre :

- Oui, seulement sur les gens comme vous qui fument dans les forêts.

Mon ton n’est pas sec, mais il n’est pas des plus chaleureux non plus. Un ton d’adolescent qui se croit évidemment maitre des lieux, qui se sent plus puissant du fait de sa hauteur et qui espère garder ses coups d’avance. Alors puisqu’il en a un, autant le jouer rapidement, sans lui laisser le temps de contrer quoi que ce soit. Je m’assieds plus confortablement sur ma branche, les jambes tombant dans le vide.

- Pourquoi vous cachez un bout de bois derrière vous ?

Mon sourire sournois s’est éteint. Mon visage reflète parfaitement le sérieux et une certaine curiosité qui se veut innocente.

Fiche PR - 4e année RP

14 août 2025, 16:35
 Portree  Bealach  PV 
C'est exactement pour cela qu'il n'aime pas les enfants : parce que lorsqu'ils se montrent insolents, contrairement aux adultes qui agissent de la même manière Christopher ne peut pas les secouer, les insulter ou pire, les frapper. Ce sont des enfants. C'est sûrement interdit par la loi ou quelque chose comme ça. Les enfants en ont certainement conscience et c'est pour cela qu'ils sont si insupportables la plupart du temps. C'est du moins ce dont se persuade Christopher.

Il plisse les yeux sans quitter l'adolescent du regard, sa cigarette écrasée tournant entre ses doigts. Clairement insolent, le gamin lui reproche apparemment de fumer dans la forêt. C'est quoi, un défenseur des arbres, de l'écologie, une connerie dans ce goût-là ? Une chose est sûre, il a le sang-chaud. Cela contrebalance légèrement son jeune âge, qui est le plus gros point noir de cette rencontre. Les gens qui ont le sang-chaud sont faciles à gérer.

L'adolescent s'assied, les jambes qui pendent dans le vide, comme s'il n'était pas à plusieurs mètres au-dessus du sol — trop nonchalant. Christopher connait la nonchalance, qu'elle soit feinte ou non : il la pratique au quotidien. Il aurait bien aimé emprunter cette attitude, là, lui aussi mais voilà que l'attention du plus jeune se porte sur sa baguette magique. Son cœur rate un si grand battement que Christopher a l'impression de chuter en avant. Impossible d'être nonchalant dans ses conditions. Il respire profondément par le nez pour essayer de garder son calme. Tout va bien, se dit-il, je peux encore gérer sans devoir faire appel aux Oubliators.

Après une bonne poignées de secondes sans réagir, Christopher arrive enfin à se décoincer. Il mène sa cigarette écrasée à sa bouche, la coince entre ses dents et, le regard plongé dans celui du gamin (c'est difficile parce qu'il doit garder la tête penchée en arrière et que ça lui fait mal au cou) il aspire une longue taffe. Cela aussi est compliqué car le filtre a été broyé par ses dents un peu plus tôt : ne pénètre dans ses poumons qu'un léger filet de fumée, mais Christopher est trop fier pour ne serait-ce que songer à enlever la cigarette tordue de sa bouche. Alors il fait semblant, tout simplement, et l'enfant est sûrement beaucoup trop jeune pour comprendre que le nuage de fumée qu'il recrache est trop peu épais, signe que sa cigarette ne fonctionne plus très bien.

« Ça ? » demande alors Christopher en éloignant son bras de derrière lui pour montrer la baguette magique.

Il prend soin de garder le manche caché contre son bras. L'idée n'est pas non plus que l'enfant remarque que ce n'est pas du tout une simple branche.

« Je cache l'objet de mon méfait, tout simplement, explique-il en étirant un sourire orgueilleux plein de dents. Je comptais m'en servir pour cacher mon mégot dans la terre quand j'aurais fini ma clope. »

Une grimace faussement contrite, un vague haussement des épaules.

« Oups ! Pris sur le fait ! »

Bien entendu, le gamin ne le croira certainement pas mais cela n'a pas la moindre importance. L'idée, c'est simplement de le titiller un peu. Après tout, Christopher n'oublie pas qu'il s'est pris un gland sur le visage simplement parce que cet adolescent n'apprécie pas qu'il fume dans une forêt. Et même si c'était simplement pour l'embêter, il ne l'aurait pas pardonné pour autant. Il a peut-être été un enfant du même acabit, ce n'est pas pour cela qu'une fois adulte il pardonne les bêtises qu'il aurait lui-même pu faire plus jeune s'il en est la victime.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

23 août 2025, 15:53
 Portree  Bealach  PV 
Puis voilà qu'il me présente sa baguette. Je mords ma joue intérieure, tente de garder le contrôle de toutes ces idées sournoises qui me viennent en tête et écoute patiemment l'excuse magique qu'il va me sortir. Qu'est-ce que c'est plaisant de savoir que l'autre ment et de profiter de le regarder s'embourber dans son mensonge.

Je perds une seconde de mon sérieux lorsqu'il me lance que son mégot allait finir dans la terre. J'ai envie de lui lancer ma deuxième munition en pleine figure, mais me reprends.

— Il a l'air cool votre bout de bois ! Pourquoi il a ces petites formes ? Je peux voir ?

Je reprends mon jeu. Je me doute bien qu'il n'a aucune raison de me le prêter, son bout de bois. Il va trouver une excuse pour me dire qu'il l'a trouvé pas loin d'ici, que c'était déjà taillé comme ça. Mais mon vieux, t'as cru que j'allais croire qu'un bout de bois comme ça, taillé comme ça pouvait se retrouver dans la nature sans que l'homme soit passé avant ?

Fiche PR - 4e année RP

1 sept. 2025, 12:18
 Portree  Bealach  PV 
Le cœur de Christopher s'emballe ; son visage se froisse en une fugace grimace de colère. C'est qu'il insiste, le gosse ! Peut-être ne devrait-il pas s'étonner. Après tout, un adolescent qui aime grimper dans les arbres, cela semble logique qu'il apprécie également les morceaux de bois, non ? Peut-être même les collectionne-t-il. Christopher se met à imaginer sa chambre qui, dans son esprit, ressemble fort à celle qu'il avait enfant. Sauf qu'à la place des poster enchantés sur les murs, il voit des étagères plein de morceaux de bois en tout genre. Des branches, de l'écorce, des bâtons de marche. En voilà une drôle d'idée, collectionner des morceaux de nature !

Tout de même, Christopher est bien embêté, maintenant. Il jette un regard à sa baguette qu'il ne cache désormais plus. Pour ne pas faire comme s'il brandissait une baguette magique, il fait glisser sa main le long du bois de tremble pour le saisir à son milieu. Comme un enfant qui ne sait pas tenir sa baguette. Il se sent ridicule, mais il se dit qu'ainsi l'ado perché risquera moins de comprendre. Et de toute façon, comment pourrait-il comprendre ? Dans son esprit, les sorciers n'existent pas, donc Christopher n'a pas de baguette dans les mains, seulement un bout de bois. Et, rappelons-le, ce garçon est tellement passionné par le bois qu'il a même remarqué les aspérités sur sa baguette.

Sa cigarette tordue et inapte toujours à la bouche, Christopher lance un regard dubitatif à l'adolescent.

« C'est les branches ton délire à toi ? Tu les collectionnes ou quoi ? »

D'un geste nonchalant, il récupère le fin tube de tabac et le garde entre les doigts. Il ne peut même pas s'en débarrasser. Il fait habituellement disparaître magiquement ses mégots. Impossible de le faire devant le moldu et il n'est pas du genre à jeter ses déchets dans la rue — il a été un minimum éduqué pour être responsable, quoi qu'en pense ce blanc-bec perché dans l'arbre.

« Tu veux le voir ? rajoute-t-il en brandissant sa bag... son morceau de bois. Commence déjà par descendre de ton arbre. »

Histoire qu'il arrête de se tordre la nuque pour le regarder. Et également parce qu'il a l'immature espoir que le garçon se retrouve bloqué sur sa branche et doive en venir à quémander son aide pour retrouver la terre ferme.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
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