Qu'en est-il de nous ?
☽ Poudlard Express, un compartiment. ☾
1 septembre 2048, une dizaine de minutes après le départ du train
1 septembre 2048, une dizaine de minutes après le départ du train

Le Poudlard Express. Une entité mythique du monde sorcier, que chaque élève de Poudlard connaissait par cœur à force de l’emprunter pour aller et venir de l'École de Sorcellerie britannique. Et pourtant, Eileen se sentait telle une première année qui découvrait le train pour la première fois, c’était qu’elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de le prendre depuis que Poudlard s'était transformé en île il y a des années de ça. Dès lors, et avec le retour de son paternel dans la maison familiale, Eileen avait été contrainte de rester au château. Mais avec la récente incarcération de ce dernier, les Shelby étaient enfin libres, ils n’avaient plus besoin de se cacher. Et c’est alors que pour la première fois en quatre ans, l’Irlandaise avait pu rentrer chez elle et retrouver les siens.
Les retrouvailles se firent en deux fois, car Keira étant moldue, il n'aurait pas été pratique d'emprunter les transports moldus pour rentrer. Elle attendit alors patiemment dans leur maison, en Irlande, de pouvoir retrouver sa fille.
Pendant ce temps, l’adolescente poussait son chariot d’affaires, le regard zigzagant de droite à gauche, puis de gauche à droite, appréhendant le moment où son regard croisera celui de l’un de ses frères. Mais rien n’aurait pu la préparer au tsunami d’émotions qui la frappa de plein fouet, alors que ses yeux tombèrent dans ceux de Tom. Eileen ne contrôlait plus rien, ni les larmes qui roulaient sur ses joues, ni ses jambes qui l’emmenèrent aussi vite qu’elles pouvaient vers ceux qui étaient tout pour elle, alors que son chariot resta, abandonné, quelques mètres derrière. Une fois à la hauteur de ses frères, la brune leur tomba dans les bras alors qu’elle éclata en sanglots. Les mains agrippées aux vêtements, entrelacées dans les bras des uns et des autres, la fratrie resta un long moment, immobile, profitant simplement d’être enfin réunie.
En y repensant, il était assez compréhensible qu’Eileen oublie complètement son passage dans le Poudlard Express d’avant les vacances d’été. Mais là, alors que le train venait de quitter la gare de King’s Cross, tout était différent. Nulle retrouvaille ne l’attendait au château, seulement les camarades qu’elle avait ignorés et rejetés, et une septième année qui s’annonçait être plus que mouvementée. Car malgré des vacances d’été merveilleuses, le retour à la réalité à Poudlard allait être rude. Et elle comptait bien sur le voyage dans le Poudlard Express pour s’y préparer, ou du moins… Essayer.
Mais alors qu’elle traversait le couloir qui donnait sur les compartiments, ces derniers semblaient tous être pleins, avec aucune place assise libre à l’horizon. Eileen commençait à perdre espoir, se résolvant à devoir passer le trajet debout ou assise dans le couloir. Rien n'en fut, car à peine quelques secondes plus tard, alors qu’elle passait devant un compartiment un peu plus éloigné, elle remarqua qu’il n’était occupé que par un seul élève. Désireuse d’enfin pouvoir s’asseoir, Eileen ne chercha pas à savoir qui était la personne à l’intérieur et ouvrit la porte coulissante.
L’Irlandaise s’arrêta net en reconnaissant le camarade de Poudlard qui était assis sur la banquette. Erwan. Eileen maudissait sa chance, fallait-il forcément qu’elle tombe sur lui ? Pas qu’elle avait quoi que ce soit sur lui, mais avec tout ce qui s’était passé entre eux ; leur relation, puis l’abandon d’Eileen… Même s’ils s’étaient reparlé avant le début des vacances scolaires, l’adolescente ne savait pas s’il accepterait de partager le compartiment avec elle. Après tout, Eileen ne lui avait toujours pas expliqué pourquoi elle les avait tous abandonnés. Mais peut-être que c’était enfin l’occasion ?
Alors, prenant son courage à deux mains, elle fit un minuscule pas faire l’avant, « Est-ce que je peux m’asseoir ? »
Les retrouvailles se firent en deux fois, car Keira étant moldue, il n'aurait pas été pratique d'emprunter les transports moldus pour rentrer. Elle attendit alors patiemment dans leur maison, en Irlande, de pouvoir retrouver sa fille.
Pendant ce temps, l’adolescente poussait son chariot d’affaires, le regard zigzagant de droite à gauche, puis de gauche à droite, appréhendant le moment où son regard croisera celui de l’un de ses frères. Mais rien n’aurait pu la préparer au tsunami d’émotions qui la frappa de plein fouet, alors que ses yeux tombèrent dans ceux de Tom. Eileen ne contrôlait plus rien, ni les larmes qui roulaient sur ses joues, ni ses jambes qui l’emmenèrent aussi vite qu’elles pouvaient vers ceux qui étaient tout pour elle, alors que son chariot resta, abandonné, quelques mètres derrière. Une fois à la hauteur de ses frères, la brune leur tomba dans les bras alors qu’elle éclata en sanglots. Les mains agrippées aux vêtements, entrelacées dans les bras des uns et des autres, la fratrie resta un long moment, immobile, profitant simplement d’être enfin réunie.
En y repensant, il était assez compréhensible qu’Eileen oublie complètement son passage dans le Poudlard Express d’avant les vacances d’été. Mais là, alors que le train venait de quitter la gare de King’s Cross, tout était différent. Nulle retrouvaille ne l’attendait au château, seulement les camarades qu’elle avait ignorés et rejetés, et une septième année qui s’annonçait être plus que mouvementée. Car malgré des vacances d’été merveilleuses, le retour à la réalité à Poudlard allait être rude. Et elle comptait bien sur le voyage dans le Poudlard Express pour s’y préparer, ou du moins… Essayer.
Mais alors qu’elle traversait le couloir qui donnait sur les compartiments, ces derniers semblaient tous être pleins, avec aucune place assise libre à l’horizon. Eileen commençait à perdre espoir, se résolvant à devoir passer le trajet debout ou assise dans le couloir. Rien n'en fut, car à peine quelques secondes plus tard, alors qu’elle passait devant un compartiment un peu plus éloigné, elle remarqua qu’il n’était occupé que par un seul élève. Désireuse d’enfin pouvoir s’asseoir, Eileen ne chercha pas à savoir qui était la personne à l’intérieur et ouvrit la porte coulissante.
L’Irlandaise s’arrêta net en reconnaissant le camarade de Poudlard qui était assis sur la banquette. Erwan. Eileen maudissait sa chance, fallait-il forcément qu’elle tombe sur lui ? Pas qu’elle avait quoi que ce soit sur lui, mais avec tout ce qui s’était passé entre eux ; leur relation, puis l’abandon d’Eileen… Même s’ils s’étaient reparlé avant le début des vacances scolaires, l’adolescente ne savait pas s’il accepterait de partager le compartiment avec elle. Après tout, Eileen ne lui avait toujours pas expliqué pourquoi elle les avait tous abandonnés. Mais peut-être que c’était enfin l’occasion ?
Alors, prenant son courage à deux mains, elle fit un minuscule pas faire l’avant, « Est-ce que je peux m’asseoir ? »
@Erwan Martin
Dernière modification par Eileen Shelby le 15 mai 2024, 19:14, modifié 1 fois.
« Free will does exist, it's just fucking hard.»
Étudiante à la GEAD - Membre de l’UDS [#601070]
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Qu'en est-il de nous ?
L’été avait été somptueux, magistral, extraordinaire… Erwan manquait de synonyme pour le qualifier tant il avait apprécié ses vacances. Elles avaient été d’autant plus appréciables que quelques jours encore avant son retour à Bristol, il s’attendait à passer les pires deux mois de sa vie. Puis il avait reçu le hibou de sa grand-mère qui lui indiquait qu’il était le bienvenue en Bretagne, puis il était parti pendant plusieurs semaines aux Philippines avec son oncle et ses cousins pour assister à la coupe du monde de Quidditch et, enfin, les deux semaines qu’il avait finalement passé au domicile familial à Bristol s’étaient bien passées. Sa rencontre avec Alienor la dernière fois qu’il était rentré lui avait appris qu’il pouvait prendre du bon temps dans le monde moldu. La seule ombre au tableau était que c’était malheureusement la dernière fois de sa vie qu’il pourrait ainsi profiter de vacances d’été. Son plan était clair désormais dans sa tête, il fallait qu’il travaille à sa sortie de Poudlard, qu’il apprenne le métier de commerçant. Ses jeux étaient bons il en était convaincu, mais entre faire des bons jeux et arriver à vivre de leurs ventes il y avait un monde.
Après avoir embrassé sa mère du côté moldu de la gare de King’s Cross, le Poufsouffle entra déterminé sur la voie neuf trois quart. C’était son avant dernier trajet dans le mythique train rouge, mais il préférait ne pas trop y penser. Il considérait sa nostalgie comme un défaut, quelque chose capable de le retenir en arrière alors qu’il était à un tournant de sa vie où il fallait aller de l’avant. Il ressentait bien sûr toutes ces émotions mais préférait les nier, les pousser tout au fond pour ne pas les affronter. Il s’installa dans un des compartiments encore vide se doutant qu’il ne resterait pas longtemps seul. Pourtant personne ne vint le rejoindre. Il faut dire qu’il s’était un peu étalé une fois installé… Il avait sorti ses carnets, un plateau qu’il n’avait pas fini de colorer et avait jeté sa veste sur le siège en face de lui. Plusieurs groupes passèrent devant son compartiment sans s’arrêter, sûrement pensaient-ils qu’Erwan avait réservé les places où quelque chose comme ça. Puis le train se mit en marche. Le presque septième année désormais s’étala encore plus en posa ses pieds sur le fauteuil lui faisant face, adoptant une position semi-allongée pour relire les deux carnets de note qu’il avait pris sur les jeux qu’il avait découvert et créé cet été. Il sursauta quand la porte s’ouvrît, alors qu’il allait se confondre en excuse d’avoir prit autant de place et se dépêcher de ranger pour que les arrivants puissent s’installer confortablement, un poids tomba dans le fond de son ventre quand son regard croisa celui d’Eileen.
Pourquoi fallait-il que les yeux clairs de l’irlandaise lui fassent encore tellement d’effet ? Il se sentait bien dans sa vie, il se sentait heureux et épanoui, mais chacune des rencontres qu’il avait eut avec Eileen depuis qu’elle avait magiquement réapparu dans la vie de celles et ceux qu’elle avait ignoré si longtemps lui rappelaient ce qu’il avait perdu. Le temps avait permis à Erwan de se rendre compte qu’il éprouvait plus de tristesse et d’incompréhension que de colère envers Eileen. Elle devait avoir ses raisons d’agir comme ça et Erwan n’avait visiblement pas le droit de le savoir malgré ce qu’ils avaient partagé. C’était douloureux, mais c’était ce genre de chose qui rappelait à Erwan qu’il n’était pas le centre du monde. Ça le rendait plus mûr. Il avait finalement beaucoup changé depuis l’époque où ces deux nourrissaient des sentiments l’un pour l’autre, Eileen aussi. « Est-ce que tu peux…? Oui, oui, bah oui bien sûr… sa question l’avait laissé perplexe. Elle en était encore à demander la permission d’être là, comme elle l’avait fait dans la grande salle quand elle s’était présentée pour manger devant Maddie et lui. Attends excuse moi je me suis un peu étalé. ». Erwan jetait des regards en biais à sa camarade de maison alors qu’il rangeait ses affaires, il cherchait à comprendre dans quelle direction allait aller la discussion à venir. Il tapota le fauteuil en face du sien pour enlever l’imaginaire poussière qu’il aurait pu y mettre avec ses pieds. Il n’y avait rien en réalité mais ça lui paraissait plus poli, de plus ça signifiait à Eileen qu’elle était libre de s’assoir en face de lui si elle le souhaitait. « Comment ça va ? Ça a été ton été ? Tu es retournée dans ta famille peut-être ? C’est que… j’sais plus trop ce qu’il se passe dans ta vie ces derniers temps… Ça va ? …Mieux ? ». Il avait posé sa dernière question en perdant son regard dans la paysage qui défilait et qui devenait de moins en moins urbain. Il n’arrivait plus à soutenir le regard qui lui inspirait tant de choses alors qu’il lui demandait avec honnêteté comment elle se sentait. Si il avait gagné en assurance avec les filles ces dernières années, il semblait qu’Eileen réveillait en Ewan le garçon timide et réservé qu’il était quand il était arrivé à Poudlard…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Après avoir embrassé sa mère du côté moldu de la gare de King’s Cross, le Poufsouffle entra déterminé sur la voie neuf trois quart. C’était son avant dernier trajet dans le mythique train rouge, mais il préférait ne pas trop y penser. Il considérait sa nostalgie comme un défaut, quelque chose capable de le retenir en arrière alors qu’il était à un tournant de sa vie où il fallait aller de l’avant. Il ressentait bien sûr toutes ces émotions mais préférait les nier, les pousser tout au fond pour ne pas les affronter. Il s’installa dans un des compartiments encore vide se doutant qu’il ne resterait pas longtemps seul. Pourtant personne ne vint le rejoindre. Il faut dire qu’il s’était un peu étalé une fois installé… Il avait sorti ses carnets, un plateau qu’il n’avait pas fini de colorer et avait jeté sa veste sur le siège en face de lui. Plusieurs groupes passèrent devant son compartiment sans s’arrêter, sûrement pensaient-ils qu’Erwan avait réservé les places où quelque chose comme ça. Puis le train se mit en marche. Le presque septième année désormais s’étala encore plus en posa ses pieds sur le fauteuil lui faisant face, adoptant une position semi-allongée pour relire les deux carnets de note qu’il avait pris sur les jeux qu’il avait découvert et créé cet été. Il sursauta quand la porte s’ouvrît, alors qu’il allait se confondre en excuse d’avoir prit autant de place et se dépêcher de ranger pour que les arrivants puissent s’installer confortablement, un poids tomba dans le fond de son ventre quand son regard croisa celui d’Eileen.
Pourquoi fallait-il que les yeux clairs de l’irlandaise lui fassent encore tellement d’effet ? Il se sentait bien dans sa vie, il se sentait heureux et épanoui, mais chacune des rencontres qu’il avait eut avec Eileen depuis qu’elle avait magiquement réapparu dans la vie de celles et ceux qu’elle avait ignoré si longtemps lui rappelaient ce qu’il avait perdu. Le temps avait permis à Erwan de se rendre compte qu’il éprouvait plus de tristesse et d’incompréhension que de colère envers Eileen. Elle devait avoir ses raisons d’agir comme ça et Erwan n’avait visiblement pas le droit de le savoir malgré ce qu’ils avaient partagé. C’était douloureux, mais c’était ce genre de chose qui rappelait à Erwan qu’il n’était pas le centre du monde. Ça le rendait plus mûr. Il avait finalement beaucoup changé depuis l’époque où ces deux nourrissaient des sentiments l’un pour l’autre, Eileen aussi. « Est-ce que tu peux…? Oui, oui, bah oui bien sûr… sa question l’avait laissé perplexe. Elle en était encore à demander la permission d’être là, comme elle l’avait fait dans la grande salle quand elle s’était présentée pour manger devant Maddie et lui. Attends excuse moi je me suis un peu étalé. ». Erwan jetait des regards en biais à sa camarade de maison alors qu’il rangeait ses affaires, il cherchait à comprendre dans quelle direction allait aller la discussion à venir. Il tapota le fauteuil en face du sien pour enlever l’imaginaire poussière qu’il aurait pu y mettre avec ses pieds. Il n’y avait rien en réalité mais ça lui paraissait plus poli, de plus ça signifiait à Eileen qu’elle était libre de s’assoir en face de lui si elle le souhaitait. « Comment ça va ? Ça a été ton été ? Tu es retournée dans ta famille peut-être ? C’est que… j’sais plus trop ce qu’il se passe dans ta vie ces derniers temps… Ça va ? …Mieux ? ». Il avait posé sa dernière question en perdant son regard dans la paysage qui défilait et qui devenait de moins en moins urbain. Il n’arrivait plus à soutenir le regard qui lui inspirait tant de choses alors qu’il lui demandait avec honnêteté comment elle se sentait. Si il avait gagné en assurance avec les filles ces dernières années, il semblait qu’Eileen réveillait en Ewan le garçon timide et réservé qu’il était quand il était arrivé à Poudlard…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Qu'en est-il de nous ?
Vert contre bleu, Eileen sentit sa gorge se serrer lorsque son regard rencontra celui d’Erwan. L’adolescente sentit tout le courage qu’elle avait réussi à rassembler avant d’ouvrir la porte du compartiment, se volatiliser en l’espace de quelques instants. Comment avait-elle pu essayer de se convaincre que le garçon n’avait plus aucun effet sur elle ? Elle se voilait la face, car ni la séparation, ni la distance qu’elle avait dû mettre entre eux n’avaient pu effacer ce qu’elle ressentait pour lui. Ses sentiments avaient résisté, s’étaient accrochés tant bien que mal alors que l’adolescente avait essayé de les enfouir pour ne pas ressentir la douleur et le manque provoqué par leur éloignement. Mais ils étaient toujours là, bien présents, essayant de se frayer un chemin vers la surface depuis qu’elle lui avait reparlé en juin.
Puis les vacances d’été étaient arrivées, Eileen retrouva enfin les siens et alors, la sensation de leur regard tombant l’un dans l’autre fut oubliée. Jusqu’à ce jour, ce moment où bleu rencontra vert. Plus le contact visuel durait, plus la châtain sentait le rythme de son cœur s’emballer. Eileen détourna alors le regard pour le diriger vers la vitre qui donnait sur le paysage qui défilait à toute vitesse. Mais sa contemplation de l’extérieur prit rapidement fin lorsqu’Erwan s’excusa, sur qui ses yeux se posèrent brièvement.
« Oh, c’est pas grave, » répondit Eileen avec l’esquisse d’un sourire.
Enfin, ses orbes dévièrent de nouveau, pour cette fois se poser sur la banquette en face d’Erwan. La pression qui régnait dans la pièce accablait l’adolescente, à un tel point que ses jambes tremblaient. Alors, quand le Poufsouffle fit signe de dépoussiérer le tissu en tapant doucement dessus. Eileen y décela une invitation pour s’asseoir. Orion, qui avait patiemment attendu à ses pieds, ne se fit pas prier et sauta sur la banquette avant de s’y installer. Emboîtant le pas à son chat, Eileen s’assit à son tour.
Aux questions de l’Anglais, la main droite de la septième année se réfugia dans le pelage de son fidèle compagnon, qui se mit alors à ronronner. L’Irlandaise avait besoin d’un point d’ancrage, de quelque chose de tangible, alors qu’elle trébuchait sur les mots qui se bousculaient dans sa tête, elle ne savait pas par où commencer.
« Ça va mieux, oui, » elle commença en hochant la tête. « Je suis désolée, j’ai jamais voulu- »
Eileen n’arrivait pas à trouver ses mots et ça la frustrait énormément. Pourquoi était-ce si compliqué ? Sentant sa détresse augmentée, Orion se colla contre son humaine, frottant sa tête contre le ventre de la châtain.
« Je n’ai jamais eu de bonne relation avec mon père. Je l’avais vaguement mentionné dans l’un des parchemins qu’on s’était échangés alors qu’on ne se connaissait pas encore. Je ne t’en avais jamais reparlé parce que je n’aurais jamais pensé en arriver là. »
Eileen prit une grande inspiration avant de reprendre.
« Dès le jour de ma naissance, il m’a détesté, détesté le fait que je sois une fille. Alors il nous a abandonnés, moi, ma mère et mes frères. Il ne rentrait qu’à Noël, jusqu’au jour où il revint s’installer à la maison. Quelques mois plus tard, il rejoignit les rangs du Conseil des Sorciers. Révoltée, je me suis mise en tête que je devais réparer les torts de mon père, c’est pourquoi j’ai mis mon nom dans l’urne noir. J’aurais peut-être jamais dû… »
L’Irlandaise releva les yeux pour regarder Erwan.
« Un peu plus d’un an plus tard, le 22 janvier 2047, j’ai reçu une lettre de mon père. Dedans, il m’annonçait qu’il n’hésiterait pas à faire du mal à ma famille si jamais je refaisais entendre parler de moi, comme j’avais pu le faire avec l’urne. Alors la peur m’a aveuglé et j’ai fait la seule chose qui me paraissait être capable de résoudre le problème, disparaître. »
Les ronronnements d’Orion se firent entendre de plus belle alors qu’il grimpa sur l’Irlandaise pour lui faire un câlin.
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Puis les vacances d’été étaient arrivées, Eileen retrouva enfin les siens et alors, la sensation de leur regard tombant l’un dans l’autre fut oubliée. Jusqu’à ce jour, ce moment où bleu rencontra vert. Plus le contact visuel durait, plus la châtain sentait le rythme de son cœur s’emballer. Eileen détourna alors le regard pour le diriger vers la vitre qui donnait sur le paysage qui défilait à toute vitesse. Mais sa contemplation de l’extérieur prit rapidement fin lorsqu’Erwan s’excusa, sur qui ses yeux se posèrent brièvement.
« Oh, c’est pas grave, » répondit Eileen avec l’esquisse d’un sourire.
Enfin, ses orbes dévièrent de nouveau, pour cette fois se poser sur la banquette en face d’Erwan. La pression qui régnait dans la pièce accablait l’adolescente, à un tel point que ses jambes tremblaient. Alors, quand le Poufsouffle fit signe de dépoussiérer le tissu en tapant doucement dessus. Eileen y décela une invitation pour s’asseoir. Orion, qui avait patiemment attendu à ses pieds, ne se fit pas prier et sauta sur la banquette avant de s’y installer. Emboîtant le pas à son chat, Eileen s’assit à son tour.
Aux questions de l’Anglais, la main droite de la septième année se réfugia dans le pelage de son fidèle compagnon, qui se mit alors à ronronner. L’Irlandaise avait besoin d’un point d’ancrage, de quelque chose de tangible, alors qu’elle trébuchait sur les mots qui se bousculaient dans sa tête, elle ne savait pas par où commencer.
« Ça va mieux, oui, » elle commença en hochant la tête. « Je suis désolée, j’ai jamais voulu- »
Eileen n’arrivait pas à trouver ses mots et ça la frustrait énormément. Pourquoi était-ce si compliqué ? Sentant sa détresse augmentée, Orion se colla contre son humaine, frottant sa tête contre le ventre de la châtain.
« Je n’ai jamais eu de bonne relation avec mon père. Je l’avais vaguement mentionné dans l’un des parchemins qu’on s’était échangés alors qu’on ne se connaissait pas encore. Je ne t’en avais jamais reparlé parce que je n’aurais jamais pensé en arriver là. »
Eileen prit une grande inspiration avant de reprendre.
« Dès le jour de ma naissance, il m’a détesté, détesté le fait que je sois une fille. Alors il nous a abandonnés, moi, ma mère et mes frères. Il ne rentrait qu’à Noël, jusqu’au jour où il revint s’installer à la maison. Quelques mois plus tard, il rejoignit les rangs du Conseil des Sorciers. Révoltée, je me suis mise en tête que je devais réparer les torts de mon père, c’est pourquoi j’ai mis mon nom dans l’urne noir. J’aurais peut-être jamais dû… »
L’Irlandaise releva les yeux pour regarder Erwan.
« Un peu plus d’un an plus tard, le 22 janvier 2047, j’ai reçu une lettre de mon père. Dedans, il m’annonçait qu’il n’hésiterait pas à faire du mal à ma famille si jamais je refaisais entendre parler de moi, comme j’avais pu le faire avec l’urne. Alors la peur m’a aveuglé et j’ai fait la seule chose qui me paraissait être capable de résoudre le problème, disparaître. »
Les ronronnements d’Orion se firent entendre de plus belle alors qu’il grimpa sur l’Irlandaise pour lui faire un câlin.
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Qu'en est-il de nous ?
Les mots chargés d’émotion d’Eileen défilaient comme le Poudlard Express sur les rails. Erwan réalisait, au fil du récit, le poids que la jeune fille avait dû porter sur ses épaules pendant tout ce temps… Lui qui, comme l’Irlandaise, détestait son père, comprit qu’au fond, il ne le détestait pas vraiment. Il n’en avait, en tout cas, pas le droit… Son père à lui avait fait de mauvais choix, il s’était trompé, mais il aimait sa mère et jamais, au grand jamais, il ne lui aurait fait de mal. Peut-être que le père d’Eileen n’aurait pas non plus fait de mal à sa famille, Erwan préférait ne pas le savoir, mais il avait utilisé cette menace contre sa propre fille pour la museler, pour lui ôter toute vie sociale. Quel père, s’il méritait encore cette appellation, pouvait rabaisser ses enfants dans son propre intérêt ? Celui d’Erwan avait choisi l’indifférence. Ce n’était pas glorieux, mais cela valait mieux, aux yeux de l’anglais, que ce que venait de lui décrire Eileen… Encore une fois, il n’arrivait pas à soutenir son regard. Il fixait tantôt l’extérieur, tantôt sa main qui caressait machinalement son chat ; et quand ses yeux croisaient les siens, la peur d’avoir à en soutenir le poids l’effrayait assez pour qu’il détourne le regard.
Ce qu’il y avait entre eux était cassé. C’était toujours là, presque palpable, dans ce wagon trop petit pour contenir l’immensité de ce qu’ils avaient ressenti l’un pour l’autre. Et bien que leur passé persiste, il était brisé. Comme une bête blessée qui gémit, et dont on se demande s’il vaut mieux l’achever ou tenter de la soigner, sans pouvoir garantir que ses souffrances cesseront. Quand Eileen posa son regard dans celui d’Erwan en terminant son récit, les entrailles du garçon se nouèrent. Au fond, il ne voulait pas qu’Eileen souffre. Il ne supportait pas l’idée qu’elle ait autant souffert et il aurait tout donné pour qu’elle ne traverse plus jamais pareille tempête. Mais il ne pouvait pas non plus faire taire la voix de sa raison. Cette « disparition », le silence qu’elle lui avait imposé l’année passée, pesait lourd. Combien de fois aurait-elle pu lui expliquer tout cela avant aujourd’hui ? Erwan aurait compris. Il aurait pu l’accompagner, l’aider à traverser cette épreuve avec le moins de secousses possible. N’avaient-ils pas construit assez de choses pour qu’elle lui accorde cette marque de confiance ? Bref, comme toujours lorsqu’il s’agissait d’Eileen, Erwan ne savait plus quoi faire ni où se mettre…
Orion câlinait sa maîtresse comme Erwan aurait aimé pouvoir le faire. Les chats savaient toujours détecter quand leur maître avait le plus besoin d’eux. Erwan, lui, ne bougeait pas, comme scotché à sa banquette par le poids du récit de l’irlandaise et du passé qui les liait. «Merci… merci de m’avoir expliqué tout ça. Je comprends un peu mieux ce que tu as traversé… C’est… horrible. Mais…». Sa phrase resta en suspens. Il ne savait pas encore s’il devait laisser s’exprimer la colère qu’il avait ressentie à cause de son abandon. C’était maintenant ou jamais. Mais à vrai dire, il était déjà trop tard. Eileen ne méritait pas cela, et ça ne servirait à rien. Cela ne ferait qu’ajouter de la culpabilité à la jeune fille, et Erwan ne se sentirait pas plus apaisé… «…mais j’aurais pu t’aider. Bien sûr, je ne sais pas exactement ce que tu as vécu, et peut-être que je me trompe, mais tu ne m’as pas… tu ne nous as pas donné la chance de savoir comment j’aurais pu t’aider. Ou simplement te soutenir.». Il avait donc choisi de laisser partir la colère. Il avait parlé calmement, mais il ne pouvait rien contre l’amertume. L’avantage avec l’amertume, c’est qu’elle finit toujours par disparaître. Un blanc de quelques secondes s’installa, où chacun semblait imaginer ce qu’aurait pu être cette possibilité. «Je t’aimais tellement, Eileen…».
Les choses étaient ce qu’elles étaient. Dures. Aucun des deux ne pouvait nier le passé, beau et passionné ; aucun des deux n’avait voulu vivre ce présent, douloureux et incertain, et aucun des deux ne pouvait savoir ce que demain leur réservait… serait-il beau ? Ou serait-il douloureux ?
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Ce qu’il y avait entre eux était cassé. C’était toujours là, presque palpable, dans ce wagon trop petit pour contenir l’immensité de ce qu’ils avaient ressenti l’un pour l’autre. Et bien que leur passé persiste, il était brisé. Comme une bête blessée qui gémit, et dont on se demande s’il vaut mieux l’achever ou tenter de la soigner, sans pouvoir garantir que ses souffrances cesseront. Quand Eileen posa son regard dans celui d’Erwan en terminant son récit, les entrailles du garçon se nouèrent. Au fond, il ne voulait pas qu’Eileen souffre. Il ne supportait pas l’idée qu’elle ait autant souffert et il aurait tout donné pour qu’elle ne traverse plus jamais pareille tempête. Mais il ne pouvait pas non plus faire taire la voix de sa raison. Cette « disparition », le silence qu’elle lui avait imposé l’année passée, pesait lourd. Combien de fois aurait-elle pu lui expliquer tout cela avant aujourd’hui ? Erwan aurait compris. Il aurait pu l’accompagner, l’aider à traverser cette épreuve avec le moins de secousses possible. N’avaient-ils pas construit assez de choses pour qu’elle lui accorde cette marque de confiance ? Bref, comme toujours lorsqu’il s’agissait d’Eileen, Erwan ne savait plus quoi faire ni où se mettre…
Orion câlinait sa maîtresse comme Erwan aurait aimé pouvoir le faire. Les chats savaient toujours détecter quand leur maître avait le plus besoin d’eux. Erwan, lui, ne bougeait pas, comme scotché à sa banquette par le poids du récit de l’irlandaise et du passé qui les liait. «Merci… merci de m’avoir expliqué tout ça. Je comprends un peu mieux ce que tu as traversé… C’est… horrible. Mais…». Sa phrase resta en suspens. Il ne savait pas encore s’il devait laisser s’exprimer la colère qu’il avait ressentie à cause de son abandon. C’était maintenant ou jamais. Mais à vrai dire, il était déjà trop tard. Eileen ne méritait pas cela, et ça ne servirait à rien. Cela ne ferait qu’ajouter de la culpabilité à la jeune fille, et Erwan ne se sentirait pas plus apaisé… «…mais j’aurais pu t’aider. Bien sûr, je ne sais pas exactement ce que tu as vécu, et peut-être que je me trompe, mais tu ne m’as pas… tu ne nous as pas donné la chance de savoir comment j’aurais pu t’aider. Ou simplement te soutenir.». Il avait donc choisi de laisser partir la colère. Il avait parlé calmement, mais il ne pouvait rien contre l’amertume. L’avantage avec l’amertume, c’est qu’elle finit toujours par disparaître. Un blanc de quelques secondes s’installa, où chacun semblait imaginer ce qu’aurait pu être cette possibilité. «Je t’aimais tellement, Eileen…».
Les choses étaient ce qu’elles étaient. Dures. Aucun des deux ne pouvait nier le passé, beau et passionné ; aucun des deux n’avait voulu vivre ce présent, douloureux et incertain, et aucun des deux ne pouvait savoir ce que demain leur réservait… serait-il beau ? Ou serait-il douloureux ?
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Qu'en est-il de nous ?
On aurait pu penser que d’enfin mettre des mots sur ce qu’elle aurait dû dire à Erwan il y a bien longtemps aurait levé un poids de ses épaules. Mais il n’en était rien. Eileen savait que ces mots arrivaient bien trop tard, qu’ils ne répareraient rien de ce qui avait brisé entre eux, rien ne le pouvait. Elle n’était même pas sûre que la vérité sur son histoire apaise les émotions que pouvaient ressentir le garçon en face d’elle.
Plus les secondes défilaient, plus Eileen sentait les parois du wagon se resserrer autour d’elle, et pourtant, ces dernières n’avaient pas bougées d’un iota. L’Irlandaise n’était plus étrangère au sentiment de panique qui s'emparait d’elle. Alors, ignorant le temps de quelques secondes la présence d’Erwan, elle se concentra sur le son des ronronnements qui résonnait dans le compartiment, la douceur de la fourrure sous ses doigts et l’amplitude des respirations d’Orion contre sa poitrine. Elle regagna le contrôle de son corps et de ses sens à temps pour entendre la réponse du Poufsouffle.
« C’est… horrible. Mais… »
Mais. Un mot si simple, et pourtant, si lourd de sens. Car rien avant le mot ‘mais’ n’avait vraiment d’importance, non ? Ses premiers mots avaient peut-être le but de l’apaiser, mais le ressentiment qui transpirait après son ‘mais’ était plus que palpable. Et l’adolescente ne pouvait lui en vouloir, sa réaction était plus que compréhensible, et de ce fait, elle ne lui en tenait pas rigueur. Cependant, elle ne pouvait rien faire contre la douleur qui s’installait en elle.
Et puis vint le coup de grâce. Après tout, Eileen supposait qu’elle n’avait que ce qu’elle méritait, on récolte ce que l’on sème, n’est-ce pas ? Elle savait que ce n’était que la conséquence logique de ses actions. Elle n’aurait jamais pu demander à Erwan de continuer de l’aimer malgré tout ce qu’il s’était passé, malgré tout ce qu’elle lui avait fait subir. Et pourtant elle avait mal, si mal. Son cœur réduit en poussière, ce dernier ne lui demandait qu’une seule chose : fuir. Fuir avant de se retrouver encore plus abîmé qu’il ne l’était déjà. Mais Eileen n’était plus une enfant et la fuite n’était pas une option, elle devait affronter ses problèmes, peu importe les dégâts que cela pourrait lui causer.
« Je sais que ma décision était égoïste. » La voix d’Eileen tremblait sous le poids de sa culpabilité. « J’ai agi sans réfléchir aux conséquences que ça aurait pour vous, pour toi. Ou peut-être qu’au fond de moi je le savais, et que j’ai préféré me sacrifier et m’effacer de vos vies plutôt que de risquer les vôtres. » Un rire désabusé s’échappa d’entre les lèvres de la châtain. « Mes mots semblent si ridicules maintenant, comment aurait-il pu vous atteindre à Poudlard ? »
Tout semblait parfaitement ridicule maintenant que la peur n’était plus là pour l’aveugler. La peur avait cette faculté-là, de pousser vers l'irrationnel et l'irraisonnable, d’étouffer les sens pour laisser place à une angoisse permanente et à la paranoïa. Seulement, il n’y avait plus rien de tout ça désormais, seule la douleur et la culpabilité restaient.
Mais les mots d’Erwan, aussi douloureux soient-ils, n'étaient que la simple réalité. Alors, si l’amour que le garçon lui avait porté s’était éteint, Eileen l’accepterait sans broncher. C'était également ça d’aimer quelqu’un, de savoir quand lâcher prise, car Erwan méritait le bonheur. Et si Eileen n’était plus considérée comme capable de le rendre heureux, ainsi soit-il. L’Irlandaise se pliera à sa volonté, elle lui devait bien ça.
Eileen n’avait toujours pas croisé le regard d’Erwan depuis qu’elle avait fini de raconter son histoire, et elle n’était pas sûre de pouvoir affronter son regard de sitôt. Alors la septième année posait ses yeux tantôt sur le paysage qui défilait derrière la fenêtre, tantôt sur ses mains qui étaient posées sur le chat qui reposait désormais sur ses cuisses.
« Je suis désolée, » articula-t-elle difficilement, la voix toujours fragile, alors qu’elle ravalait tant bien que mal ses larmes. « Si jamais j’avais la possibilité de retourner en arrière, je le ferais. Mais c’est trop tard, n’est-ce pas ? »
Plus les secondes défilaient, plus Eileen sentait les parois du wagon se resserrer autour d’elle, et pourtant, ces dernières n’avaient pas bougées d’un iota. L’Irlandaise n’était plus étrangère au sentiment de panique qui s'emparait d’elle. Alors, ignorant le temps de quelques secondes la présence d’Erwan, elle se concentra sur le son des ronronnements qui résonnait dans le compartiment, la douceur de la fourrure sous ses doigts et l’amplitude des respirations d’Orion contre sa poitrine. Elle regagna le contrôle de son corps et de ses sens à temps pour entendre la réponse du Poufsouffle.
« C’est… horrible. Mais… »
Mais. Un mot si simple, et pourtant, si lourd de sens. Car rien avant le mot ‘mais’ n’avait vraiment d’importance, non ? Ses premiers mots avaient peut-être le but de l’apaiser, mais le ressentiment qui transpirait après son ‘mais’ était plus que palpable. Et l’adolescente ne pouvait lui en vouloir, sa réaction était plus que compréhensible, et de ce fait, elle ne lui en tenait pas rigueur. Cependant, elle ne pouvait rien faire contre la douleur qui s’installait en elle.
Et puis vint le coup de grâce. Après tout, Eileen supposait qu’elle n’avait que ce qu’elle méritait, on récolte ce que l’on sème, n’est-ce pas ? Elle savait que ce n’était que la conséquence logique de ses actions. Elle n’aurait jamais pu demander à Erwan de continuer de l’aimer malgré tout ce qu’il s’était passé, malgré tout ce qu’elle lui avait fait subir. Et pourtant elle avait mal, si mal. Son cœur réduit en poussière, ce dernier ne lui demandait qu’une seule chose : fuir. Fuir avant de se retrouver encore plus abîmé qu’il ne l’était déjà. Mais Eileen n’était plus une enfant et la fuite n’était pas une option, elle devait affronter ses problèmes, peu importe les dégâts que cela pourrait lui causer.
« Je sais que ma décision était égoïste. » La voix d’Eileen tremblait sous le poids de sa culpabilité. « J’ai agi sans réfléchir aux conséquences que ça aurait pour vous, pour toi. Ou peut-être qu’au fond de moi je le savais, et que j’ai préféré me sacrifier et m’effacer de vos vies plutôt que de risquer les vôtres. » Un rire désabusé s’échappa d’entre les lèvres de la châtain. « Mes mots semblent si ridicules maintenant, comment aurait-il pu vous atteindre à Poudlard ? »
Tout semblait parfaitement ridicule maintenant que la peur n’était plus là pour l’aveugler. La peur avait cette faculté-là, de pousser vers l'irrationnel et l'irraisonnable, d’étouffer les sens pour laisser place à une angoisse permanente et à la paranoïa. Seulement, il n’y avait plus rien de tout ça désormais, seule la douleur et la culpabilité restaient.
Mais les mots d’Erwan, aussi douloureux soient-ils, n'étaient que la simple réalité. Alors, si l’amour que le garçon lui avait porté s’était éteint, Eileen l’accepterait sans broncher. C'était également ça d’aimer quelqu’un, de savoir quand lâcher prise, car Erwan méritait le bonheur. Et si Eileen n’était plus considérée comme capable de le rendre heureux, ainsi soit-il. L’Irlandaise se pliera à sa volonté, elle lui devait bien ça.
Eileen n’avait toujours pas croisé le regard d’Erwan depuis qu’elle avait fini de raconter son histoire, et elle n’était pas sûre de pouvoir affronter son regard de sitôt. Alors la septième année posait ses yeux tantôt sur le paysage qui défilait derrière la fenêtre, tantôt sur ses mains qui étaient posées sur le chat qui reposait désormais sur ses cuisses.
« Je suis désolée, » articula-t-elle difficilement, la voix toujours fragile, alors qu’elle ravalait tant bien que mal ses larmes. « Si jamais j’avais la possibilité de retourner en arrière, je le ferais. Mais c’est trop tard, n’est-ce pas ? »
« Free will does exist, it's just fucking hard.»
Étudiante à la GEAD - Membre de l’UDS [#601070]
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Qu'en est-il de nous ?
Tout comme ses yeux avaient le pouvoir de nouer ses entrailles, la voix tremblante d’Eileen plongeait Erwan dans un état de profonde tristesse. C’était comme si tous les efforts qu’il avait fourni ces derniers mois pour que son cœur ne souffre jamais plus avaient été stupefixé. Pourtant il y avait mis du cœur, ou plutôt il n’en avait justement pas mis du tout. Se lançant dans une frénésie intime dénuée du moindre sentiment, flirtant à droite et à gauche au gré du bon vouloir de ses conquêtes. Il n’était pas le Don Juan que certaines et certains voyaient en lui, mais sa rupture de liens avec Eileen avait provoqué chez lui une sorte de boulimie affective. Son cœur était une corbeille vide qui avait été vidée de tout l’amour qu’elle contenait et il essayait maintenant de la remplir avec autre chose, quelque chose de plus sale que l’amour, quelque chose qui était censé rester dans une corbeille… Cela avait sûrement été sa façon de « survivre » à l’abandon d’Eileen, une façon de continuer à vivre sa vie pleinement, sans avoir aucun regret. Pourtant, malgré son déni, il suffisait que la voix d’Eileen tremble un peu pour que les regrets qu’il avait refoulé avec ardeur lui sautent au visage…
Il avait pris son aveu d’égoïsme comme un pansement, il avait expliqué les actions dénuées de sens d’Eileen par la peur qu’elle avait pu ressentir, et il avait répondu à sa question rhétorique, celle qui demandait comment son père aurait pu atteindre ses amis et amoures à Poudlard, par un silence bienveillant. Lui répondre n’aurait mis en lumière que la force de l’ascendant psychologique qu’avait pris son géniteur sur elle… Même ses excuses, simple et sans fioritures, avaient apaisé Erwan. Un banal « je suis désolée » vaut parfois mieux que mille explications et tergiversations sur les torts que l’on a pu causer. Mais la dernière question de l’irlandaise laissait Erwan dans le plus grand désarroi… Était-ce trop tard ? Pouvaient-ils revenir en arrière ? Aucune réponse ne s’imposait dans l’esprit du septième année… D’instinct, il répondrait que oui. Ses blessures n’étaient pas refermées, preuve en était que la possibilité de céder à la colère lui avait traversé l’esprit encore aujourd’hui. Il ne pourrait pas oublier cet abandon et faire comme si rien ne s’était passé. Pourrait-il même aimer un jour de la même façon qu’il avait aimé Eileen sans avoir la peur d’être à nouveau abandonné…? Il préférait ne pas savoir, de toute façon, il mettait beaucoup de soin à ne plus aimer avec son cœur. Alors oui, il était probablement trop tard.
Mais quel menteur il ferait si il ne s’avouait pas qu’une voix au fond de lui criait à plein poumon de dire que ce n’était pas trop tard… Et si il avait réussi pendant des mois à se rendre sourd à cette petite voix interne, elle criait si fort aujourd’hui que ça lui tournait la tête. N’avait-il pas attendu ce moment ? Ils étaient seuls dans ce wagon, si proches l’un de l’autre, leurs jambes n’étaient séparées que par un infime espace… Qu’est-ce qui les empêchait de balayer d’un revers de main ces derniers mois ? Pourquoi ne se sautaient ils pas dans les bras l’un de l’autre pour s’enlacer avec la passion qui les avait animé pendant tant de temps ? Il suffirait d’un rien pour qu’il sente à nouveau le chaleureux contact de ses tendres lèvres contre les siennes… Erwan se secoua la tête, comme pour chasser ces images de tentation de son esprit. Tout ça n’était qu’un leurre. Une réminiscence du bonheur qu’Eileen avait apporté dans sa vie, mais les blessures étaient trop récentes pour en faire abstraction et céder à ce doux rêve de se coller à Eileen jusqu’à ce qu’ils arrivent à Poudlard.
Le combat interne qu’il avait mené après cette question avait tout retourné en lui. Il ne voulait pas répondre… Il avait peur que lui donner sa réponse puisse fermer une porte à tout jamais. Était-il condamné à aimer Eileen pour toujours sans jamais plus pouvoir vivre cet amour ? C’était peut-être son destin… N’était-il pas heureux à batifoler de filles en filles ces derniers mois ? Il ne s’était jamais posé la question… et il préférait ne pas le faire. Autant par peur de la réponse que parce que cela semblait être devenu son destin. Triste destin. «Je… Je n’sais pas de quoi sera fait demain Eileen. Tout ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui j’ai encore mal. Vraiment mal… Une larme coula le long de sa joue. Une unique larme qu’il n’avait pas réussi à retenir malgré ses efforts. Des larmes, il sentait bien qu’il y en avait un paquet qui faisaient la queue derrière ses yeux, mais il s’efforçait de garder la face. Ces larmes ne seraient autorisées à sortir que lorsqu’il serait seul. Il continua, la gorge serrée. Je t’ai perdu, mais tu es revenue et j’en suis heureux. Mais je ne crois pas que l’on puisse revenir en arrière non… J’ai pas envie que tu m’abandonnes une deuxième fois… Tu penses qu’on peut rester amis ?». Tout cela était une supercherie. Pour Erwan, pour le moment, il n’y avait aucun monde où Eileen ne serait que son amie… Elle serait toujours plus que ça, mais ne fallait-il pas jouer cette comédie pour qu’ils puissent rester encore ensemble ? Pour qu’ils se croisent au château ? Qu’ils partagent la table des Poufsouffle pour un repas ? Qu’ils puissent aller à la bibliothèque pour leurs examens de fin d’année ? Non… Peut-être pas la bibliothèque en fin de compte… Cet endroit était beaucoup trop taché de leur histoire d’amour…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Il avait pris son aveu d’égoïsme comme un pansement, il avait expliqué les actions dénuées de sens d’Eileen par la peur qu’elle avait pu ressentir, et il avait répondu à sa question rhétorique, celle qui demandait comment son père aurait pu atteindre ses amis et amoures à Poudlard, par un silence bienveillant. Lui répondre n’aurait mis en lumière que la force de l’ascendant psychologique qu’avait pris son géniteur sur elle… Même ses excuses, simple et sans fioritures, avaient apaisé Erwan. Un banal « je suis désolée » vaut parfois mieux que mille explications et tergiversations sur les torts que l’on a pu causer. Mais la dernière question de l’irlandaise laissait Erwan dans le plus grand désarroi… Était-ce trop tard ? Pouvaient-ils revenir en arrière ? Aucune réponse ne s’imposait dans l’esprit du septième année… D’instinct, il répondrait que oui. Ses blessures n’étaient pas refermées, preuve en était que la possibilité de céder à la colère lui avait traversé l’esprit encore aujourd’hui. Il ne pourrait pas oublier cet abandon et faire comme si rien ne s’était passé. Pourrait-il même aimer un jour de la même façon qu’il avait aimé Eileen sans avoir la peur d’être à nouveau abandonné…? Il préférait ne pas savoir, de toute façon, il mettait beaucoup de soin à ne plus aimer avec son cœur. Alors oui, il était probablement trop tard.
Mais quel menteur il ferait si il ne s’avouait pas qu’une voix au fond de lui criait à plein poumon de dire que ce n’était pas trop tard… Et si il avait réussi pendant des mois à se rendre sourd à cette petite voix interne, elle criait si fort aujourd’hui que ça lui tournait la tête. N’avait-il pas attendu ce moment ? Ils étaient seuls dans ce wagon, si proches l’un de l’autre, leurs jambes n’étaient séparées que par un infime espace… Qu’est-ce qui les empêchait de balayer d’un revers de main ces derniers mois ? Pourquoi ne se sautaient ils pas dans les bras l’un de l’autre pour s’enlacer avec la passion qui les avait animé pendant tant de temps ? Il suffirait d’un rien pour qu’il sente à nouveau le chaleureux contact de ses tendres lèvres contre les siennes… Erwan se secoua la tête, comme pour chasser ces images de tentation de son esprit. Tout ça n’était qu’un leurre. Une réminiscence du bonheur qu’Eileen avait apporté dans sa vie, mais les blessures étaient trop récentes pour en faire abstraction et céder à ce doux rêve de se coller à Eileen jusqu’à ce qu’ils arrivent à Poudlard.
Le combat interne qu’il avait mené après cette question avait tout retourné en lui. Il ne voulait pas répondre… Il avait peur que lui donner sa réponse puisse fermer une porte à tout jamais. Était-il condamné à aimer Eileen pour toujours sans jamais plus pouvoir vivre cet amour ? C’était peut-être son destin… N’était-il pas heureux à batifoler de filles en filles ces derniers mois ? Il ne s’était jamais posé la question… et il préférait ne pas le faire. Autant par peur de la réponse que parce que cela semblait être devenu son destin. Triste destin. «Je… Je n’sais pas de quoi sera fait demain Eileen. Tout ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui j’ai encore mal. Vraiment mal… Une larme coula le long de sa joue. Une unique larme qu’il n’avait pas réussi à retenir malgré ses efforts. Des larmes, il sentait bien qu’il y en avait un paquet qui faisaient la queue derrière ses yeux, mais il s’efforçait de garder la face. Ces larmes ne seraient autorisées à sortir que lorsqu’il serait seul. Il continua, la gorge serrée. Je t’ai perdu, mais tu es revenue et j’en suis heureux. Mais je ne crois pas que l’on puisse revenir en arrière non… J’ai pas envie que tu m’abandonnes une deuxième fois… Tu penses qu’on peut rester amis ?». Tout cela était une supercherie. Pour Erwan, pour le moment, il n’y avait aucun monde où Eileen ne serait que son amie… Elle serait toujours plus que ça, mais ne fallait-il pas jouer cette comédie pour qu’ils puissent rester encore ensemble ? Pour qu’ils se croisent au château ? Qu’ils partagent la table des Poufsouffle pour un repas ? Qu’ils puissent aller à la bibliothèque pour leurs examens de fin d’année ? Non… Peut-être pas la bibliothèque en fin de compte… Cet endroit était beaucoup trop taché de leur histoire d’amour…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Qu'en est-il de nous ?
Le temps, une dimension invisible, infinie, où s’enchaînent les événements, où naît le passé, le présent et l’avenir. Une réalité que la raison mesure à travers des calendriers ou encore des horloges, que l’on peut voir s’écouler seconde par seconde, minute par minute, heure par heure, et pourtant… Pourtant une réalité qui se retrouve souvent déformée par notre cœur. Parfois, il s’étire, semblant durer une éternité, pensant sur les épaules de ceux le subissant. D’autres fois, il défile, insaisissable, alors qu’on ne souhaiterait qu’une seule chose, rester à jamais dans ce moment.
C’était entre ces deux mondes défilant à des vitesses différentes qu’Eileen avait l’impression d’être coincé. Par-delà la vitre du train, le paysage passait à toute vitesse. Londres était maintenant loin derrière eux, le Poudlard Express traversant désormais les plaines de l'arrière-pays anglais. Les constructions humaines laissèrent rapidement leur place à des plaines d’herbe verte chatoyantes, présentant ci et là des bosquets plus ou moins volumineux. L’Irlandaise aurait aimé se perdre dans la contemplation des arbres qui dansaient sous l’effet du vent qui soufflait dehors. Cependant, la lourdeur de l’atmosphère qui régnait dans le compartiment la ramena rapidement à la réalité. Là où chaque seconde semblait durer des heures.
Le poids de la conversation, et des réponses qu’elle recevait, pesait lourd sur les épaules de l’adolescente. Et maintenant plus que jamais elle regrettait de ne pas s’être écoutée et de partir lorsque c’était encore possible. Mais elle aurait encore une fois fait preuve de lâcheté et ce n’était plus le chemin qu’elle voulait emprunter, même si ce dernier était tentant de facilité.
Alors elle reposa ses yeux sur Erwan. Assez pour être témoin de la larme qui roula sur sa joue. La perle d’eau salée fut presque suffisante pour défaire sa volonté. Presque, parce qu’Eileen tenait bon, malgré les tremblements imperceptibles, mais bien réels, qui parcouraient son corps. Orion ronronna de plus belle. Elle tenait bon car la douleur et la peine qu’exprimait Erwan était la sienne, celle qu’elle avait causée et elle devait l’affronter. Le visage tendu par l’effort de retenir ses propres émotions, l’Irlandaise écoutait les mots de l’Anglais. Mais ce que les traits de son visage n’exprimaient pas, ses orbes bleus le faisaient. On pouvait y lire sa culpabilité, sa honte, son désespoir, mais aussi sa compréhension et l’acceptation de sa nouvelle réalité. Ce qu’il y avait eu entre eux n’était plus, et ne serait sans doute plus jamais. Il y avait trop de douleur, de rancune et de peur pour laisser une infime place à l’amour qui les avait liés.
« Amis ? » Répéta l’adolescente d’une voix silencieuse.
Voilà la seule alternative qui se présentait à eux. L’amitié. Mais pouvaient-ils vraiment rester amis ? Après tout ce qui s’était passé ? Pourraient-ils voir au-delà de leur passé ? Eileen n’en était pas sûre pour sa part. L’avoir à ses côtés, comme un rappel constant de ce qu’ils étaient, lui semblait impossible. Trop douloureux. Mais n’était-ce pas mieux que rien ? L’adolescente supposait que oui, à vrai dire, elle n’en savait rien, mais elle était prête à essayer, pour Erwan, pour elle.
« Je pense que oui, » répondit finalement la châtain. « D’accord, » asséna-t-elle alors que le silence retombait autour d’eux.
C’était entre ces deux mondes défilant à des vitesses différentes qu’Eileen avait l’impression d’être coincé. Par-delà la vitre du train, le paysage passait à toute vitesse. Londres était maintenant loin derrière eux, le Poudlard Express traversant désormais les plaines de l'arrière-pays anglais. Les constructions humaines laissèrent rapidement leur place à des plaines d’herbe verte chatoyantes, présentant ci et là des bosquets plus ou moins volumineux. L’Irlandaise aurait aimé se perdre dans la contemplation des arbres qui dansaient sous l’effet du vent qui soufflait dehors. Cependant, la lourdeur de l’atmosphère qui régnait dans le compartiment la ramena rapidement à la réalité. Là où chaque seconde semblait durer des heures.
Le poids de la conversation, et des réponses qu’elle recevait, pesait lourd sur les épaules de l’adolescente. Et maintenant plus que jamais elle regrettait de ne pas s’être écoutée et de partir lorsque c’était encore possible. Mais elle aurait encore une fois fait preuve de lâcheté et ce n’était plus le chemin qu’elle voulait emprunter, même si ce dernier était tentant de facilité.
Alors elle reposa ses yeux sur Erwan. Assez pour être témoin de la larme qui roula sur sa joue. La perle d’eau salée fut presque suffisante pour défaire sa volonté. Presque, parce qu’Eileen tenait bon, malgré les tremblements imperceptibles, mais bien réels, qui parcouraient son corps. Orion ronronna de plus belle. Elle tenait bon car la douleur et la peine qu’exprimait Erwan était la sienne, celle qu’elle avait causée et elle devait l’affronter. Le visage tendu par l’effort de retenir ses propres émotions, l’Irlandaise écoutait les mots de l’Anglais. Mais ce que les traits de son visage n’exprimaient pas, ses orbes bleus le faisaient. On pouvait y lire sa culpabilité, sa honte, son désespoir, mais aussi sa compréhension et l’acceptation de sa nouvelle réalité. Ce qu’il y avait eu entre eux n’était plus, et ne serait sans doute plus jamais. Il y avait trop de douleur, de rancune et de peur pour laisser une infime place à l’amour qui les avait liés.
« Amis ? » Répéta l’adolescente d’une voix silencieuse.
Voilà la seule alternative qui se présentait à eux. L’amitié. Mais pouvaient-ils vraiment rester amis ? Après tout ce qui s’était passé ? Pourraient-ils voir au-delà de leur passé ? Eileen n’en était pas sûre pour sa part. L’avoir à ses côtés, comme un rappel constant de ce qu’ils étaient, lui semblait impossible. Trop douloureux. Mais n’était-ce pas mieux que rien ? L’adolescente supposait que oui, à vrai dire, elle n’en savait rien, mais elle était prête à essayer, pour Erwan, pour elle.
« Je pense que oui, » répondit finalement la châtain. « D’accord, » asséna-t-elle alors que le silence retombait autour d’eux.
« Free will does exist, it's just fucking hard.»
Étudiante à la GEAD - Membre de l’UDS [#601070]
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Qu'en est-il de nous ?
Les mots d’Eileen semblaient aussi vides que les mots d’Erwan. Enfin… non, ses mots étaient justes, durs à dire et probablement durs à entendre, mais eux étaient chargés du poids des émotions… C’était sa dernière proposition qui était vide. Celle de rester amis malgré tout. Envers et contre tout. Seul le temps était capable de dire s’ils en étaient capables, en tout cas l’un comme l’autre semblaient prêts à essayer. Erwan était prêt à parier que, comme lui, l’Irlandaise acceptait cette idée à contrecœur, un peu comme une ultime tentative de ne pas insulter le passé. L’amour qui avait traversé leurs corps avait été si pur, si fort, qu’il eût été blessant d’oublier où il était enterré. Il se faisait ici et maintenant la tacite promesse de revenir sur sa tombe, de respecter sa mémoire en n’oubliant pas le bien qu’ils s’étaient fait l’un à l’autre.
Que serait Erwan aujourd’hui sans Eileen ? Un garçon bien différent ! Elle avait pleinement, pour ne pas dire majoritairement, participé à son épanouissement dans sa nouvelle vie de sorcier. Lui qui était arrivé avec ses doutes et ses insécurités d’avoir grandi dans une famille où la magie était absente ; pour sûr que Poudlard avait gagné un sorcier bien plus doué et plus confiant grâce à elle ! Aimer et se sentir aimé lui avait donné la confiance dont il manquait, l’assurance dont il n’osait pas faire preuve et une forme de joie qu’il cultivait par-dessus tout aujourd’hui. Quand Eileen avait disparu, elle avait emporté dans ses bagages ces trois qualités qu’elle avait un peu malgré elle données à Erwan. Il avait fini par les retrouver, au prix de l’acceptation et de l’abnégation. Mais il avait conscience aujourd’hui qu’elle en était à l’origine. Ce genre de réalisation ne vient qu’avec le temps qui passe, Erwan regrettait d’avoir mis tant de temps à réaliser qu’Eileen lui avait tant apporté. Cela créait des “et si…”… Et s’il avait réalisé plus tôt ? Aurait-il mis encore plus de force à essayer de faire revenir Eileen ? Cela aurait-il changé quoi que ce soit maintenant qu’il connaissait les tenants et les aboutissants de sa disparition ? Et s’il avait réalisé plus tôt ? Est-ce que cela aurait changé son comportement d’amoureux ? Rendant Eileen plus secure et donc peut-être apte à réagir autrement aux menaces de son père ? Toutes ces questions resteraient sans réponses…
Alors ils étaient là, face à face, à se mentir autant à eux-mêmes qu’à l’autre. Ils auraient pu se cracher au visage, se lancer des mots qui contiennent plus de venin que les crocs d’un basilic, tant d’anciens couples choisissaient cette voie. Une voie trop simple et sans respect. Peut-être passeraient-ils par là à un moment de leur cheminement, mais Erwan se faisait la promesse de tout faire pour éviter cela. Ils prenaient la bonne décision, quand bien même c’était la pire et la plus dure à vivre. C’était dur à accepter, mais probablement moins que s’ils avaient choisi d’aimablement se détester. C’était en tout cas ce que pensait le Poufsouffle. C’était si dur de la voir si proche de lui, si belle, ses yeux si expressifs… Les images de leurs étreintes, de leurs baisers, de leurs regards complices, de leurs moments de jeux seraient-elles toujours là quand ils se croiseraient ? Toutes ces images qui appartenaient maintenant au passé semblaient pour le moment ne pas savoir qu’elles devaient partir. Elles s’attachaient au présent comme une moule à son rocher malgré les efforts qu’Erwan faisait pour les en déloger. Peut-être fallait-il soigner le mal par le mal ? Erwan sentait qu’une nouvelle vérité pourrait peut-être chasser l’ancienne… «Est-ce que… Est-ce que je peux te prendre une dernière fois dans mes bras ? Pas comme l’ami que j’ai envie d’être… Non, comme un amoureux qui dit au revoir à celle qu’il a aimée…?». Il n’y avait aucune volonté de profiter de ce possible moment qu’il lui proposait. Ce n’était pas un plan, tout ce qu’il venait de dire était vrai. Il fallait qu’il soit son ami, il avait envie de l’être pour soigner ce qu’il avait perdu quand Eileen l’avait laissé, mais ça aussi elle lui avait pris. La possibilité de se dire au revoir… Peut-être seraient-ils capables, une fois s’être dit au revoir en bonne et due forme, de se dire bonjour en tant qu’amis… Ou alors c’était la pire idée qu’il pouvait avoir.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Que serait Erwan aujourd’hui sans Eileen ? Un garçon bien différent ! Elle avait pleinement, pour ne pas dire majoritairement, participé à son épanouissement dans sa nouvelle vie de sorcier. Lui qui était arrivé avec ses doutes et ses insécurités d’avoir grandi dans une famille où la magie était absente ; pour sûr que Poudlard avait gagné un sorcier bien plus doué et plus confiant grâce à elle ! Aimer et se sentir aimé lui avait donné la confiance dont il manquait, l’assurance dont il n’osait pas faire preuve et une forme de joie qu’il cultivait par-dessus tout aujourd’hui. Quand Eileen avait disparu, elle avait emporté dans ses bagages ces trois qualités qu’elle avait un peu malgré elle données à Erwan. Il avait fini par les retrouver, au prix de l’acceptation et de l’abnégation. Mais il avait conscience aujourd’hui qu’elle en était à l’origine. Ce genre de réalisation ne vient qu’avec le temps qui passe, Erwan regrettait d’avoir mis tant de temps à réaliser qu’Eileen lui avait tant apporté. Cela créait des “et si…”… Et s’il avait réalisé plus tôt ? Aurait-il mis encore plus de force à essayer de faire revenir Eileen ? Cela aurait-il changé quoi que ce soit maintenant qu’il connaissait les tenants et les aboutissants de sa disparition ? Et s’il avait réalisé plus tôt ? Est-ce que cela aurait changé son comportement d’amoureux ? Rendant Eileen plus secure et donc peut-être apte à réagir autrement aux menaces de son père ? Toutes ces questions resteraient sans réponses…
Alors ils étaient là, face à face, à se mentir autant à eux-mêmes qu’à l’autre. Ils auraient pu se cracher au visage, se lancer des mots qui contiennent plus de venin que les crocs d’un basilic, tant d’anciens couples choisissaient cette voie. Une voie trop simple et sans respect. Peut-être passeraient-ils par là à un moment de leur cheminement, mais Erwan se faisait la promesse de tout faire pour éviter cela. Ils prenaient la bonne décision, quand bien même c’était la pire et la plus dure à vivre. C’était dur à accepter, mais probablement moins que s’ils avaient choisi d’aimablement se détester. C’était en tout cas ce que pensait le Poufsouffle. C’était si dur de la voir si proche de lui, si belle, ses yeux si expressifs… Les images de leurs étreintes, de leurs baisers, de leurs regards complices, de leurs moments de jeux seraient-elles toujours là quand ils se croiseraient ? Toutes ces images qui appartenaient maintenant au passé semblaient pour le moment ne pas savoir qu’elles devaient partir. Elles s’attachaient au présent comme une moule à son rocher malgré les efforts qu’Erwan faisait pour les en déloger. Peut-être fallait-il soigner le mal par le mal ? Erwan sentait qu’une nouvelle vérité pourrait peut-être chasser l’ancienne… «Est-ce que… Est-ce que je peux te prendre une dernière fois dans mes bras ? Pas comme l’ami que j’ai envie d’être… Non, comme un amoureux qui dit au revoir à celle qu’il a aimée…?». Il n’y avait aucune volonté de profiter de ce possible moment qu’il lui proposait. Ce n’était pas un plan, tout ce qu’il venait de dire était vrai. Il fallait qu’il soit son ami, il avait envie de l’être pour soigner ce qu’il avait perdu quand Eileen l’avait laissé, mais ça aussi elle lui avait pris. La possibilité de se dire au revoir… Peut-être seraient-ils capables, une fois s’être dit au revoir en bonne et due forme, de se dire bonjour en tant qu’amis… Ou alors c’était la pire idée qu’il pouvait avoir.
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Qu'en est-il de nous ?
Pour beaucoup, il n’y avait pire folie que celle née d’un cœur blessé, car la douleur entraînée était si impitoyable, si intolérable qu’elle faisait perdre la raison. Elle s’immisçait partout, pervertissant chaque pensée, empoisonnant chaque mot, ne laissant derrière elle que des ruines de ce qu’il y avait auparavant. Rien n’échappait à son emprise, même les souvenirs heureux se transformaient en lames qui poignardaient l’esprit. Et dans le trou béant qui s’était formé à l’intérieur, il n’y avait plus que le silence et l’écho d’un manque qu’on savait impossible à combler. Cette folie… Eileen se demandait si elle n’était pas en train d’y succomber, elle aussi. Elle refusait de croire, cela lui paraissait tout bonnement invraisemblable, que les mots qu’elle venait d’entendre étaient ceux prononcés par le garçon en face d’elle. L’Irlandaise était persuadée que ses oreilles lui jouaient des tours, son ouïe elle aussi victime de l’insanité qui s’emparait de son être. Comment pouvait-elle concevoir qu’après tout ce qu’ils avaient vécu, tout ce qu’ils venaient de se dire, que Erwan veuille la prendre dans ses bras ? « Comme un amoureux qui dit au revoir à celle qu’il a aimée. »
Si intérieurement, Eileen avait l’impression d’imploser; extérieurement, elle ne s’en sortait pas mieux. Tous les muscles de son corps s’étaient raidis, à un tel point que cela en devenait presque douloureux. Figée sur son siège, les yeux rivés sur l’Anglais, sa respiration était rapide et hachée, son souffle restant, à de nombreuses reprises, bloqué dans sa gorge. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre qu’elle était en train de paniquer. La jeune femme avait imaginé, espérée que leur accord aurait suffi, qu’ils en seraient resté là et que, peut-être aussi maladroitement qu’humainement possible, ils auraient essayé de passer à autre chose le reste du voyage. Mais il en avait décidé autrement, et Eileen ne pouvait s’empêcher de penser que c'était une mauvaise idée. Non par parce que l’idée de le prendre dans ses bras la répugnait, mais parce qu’elle avait peur de s’y perdre, de refaire découvrir à son corps des sensations qu’il avait connues auparavant, qu’il avait aimées et qu’on lui avait subitement arrachées. « Comme un amoureux qui dit au revoir à celle qu’il a aimée. »
La jeune femme avala difficilement sa salive. Elle sentit alors une douce pression sur son ventre. Quittant Erwan des yeux, Eileen posa ses orbes bleus sur la fourrure rousse de son chat qui avait enfoui sa tête contre sa chemise blanche. Sentant le regard de son humaine sur lui, le félin releva la tête. Il savait ce que l’Irlandaise traversait, ce n’était pas la première fois qu’il assistait à une telle scène, à une Eileen prise de panique. Orion était un compagnon fidèle qui l’avait vu dans ses pires moments, et s’il avait été humain, l’adolescente savait qu’elle ferait face, à ce moment-là, à un regard réprobateur. Mais elle avait fait son choix, peut-être aussi mauvais était il que la demande initiale, mais ça, seul l'avenir pouvait le savoir.
Soulevant délicatement Orion de sa place sur ses cuisses, elle posa l’animal sur la banquette à sa droite. Après avoir effleuré une dernière fois le sommet de sa tête du bout de ses doigts, Eileen se tourna vers le garçon qui devait sûrement attendre sa réponse. Muette, incapable de faire confiance à sa voix pour prononcer le moindre mot, elle hocha lentement la tête puis se leva. Le cœur au bord des lèvres, le souffle coupé, elle attendit, suspendue, le prochain geste d’Erwan.
Si intérieurement, Eileen avait l’impression d’imploser; extérieurement, elle ne s’en sortait pas mieux. Tous les muscles de son corps s’étaient raidis, à un tel point que cela en devenait presque douloureux. Figée sur son siège, les yeux rivés sur l’Anglais, sa respiration était rapide et hachée, son souffle restant, à de nombreuses reprises, bloqué dans sa gorge. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre qu’elle était en train de paniquer. La jeune femme avait imaginé, espérée que leur accord aurait suffi, qu’ils en seraient resté là et que, peut-être aussi maladroitement qu’humainement possible, ils auraient essayé de passer à autre chose le reste du voyage. Mais il en avait décidé autrement, et Eileen ne pouvait s’empêcher de penser que c'était une mauvaise idée. Non par parce que l’idée de le prendre dans ses bras la répugnait, mais parce qu’elle avait peur de s’y perdre, de refaire découvrir à son corps des sensations qu’il avait connues auparavant, qu’il avait aimées et qu’on lui avait subitement arrachées. « Comme un amoureux qui dit au revoir à celle qu’il a aimée. »
La jeune femme avala difficilement sa salive. Elle sentit alors une douce pression sur son ventre. Quittant Erwan des yeux, Eileen posa ses orbes bleus sur la fourrure rousse de son chat qui avait enfoui sa tête contre sa chemise blanche. Sentant le regard de son humaine sur lui, le félin releva la tête. Il savait ce que l’Irlandaise traversait, ce n’était pas la première fois qu’il assistait à une telle scène, à une Eileen prise de panique. Orion était un compagnon fidèle qui l’avait vu dans ses pires moments, et s’il avait été humain, l’adolescente savait qu’elle ferait face, à ce moment-là, à un regard réprobateur. Mais elle avait fait son choix, peut-être aussi mauvais était il que la demande initiale, mais ça, seul l'avenir pouvait le savoir.
Soulevant délicatement Orion de sa place sur ses cuisses, elle posa l’animal sur la banquette à sa droite. Après avoir effleuré une dernière fois le sommet de sa tête du bout de ses doigts, Eileen se tourna vers le garçon qui devait sûrement attendre sa réponse. Muette, incapable de faire confiance à sa voix pour prononcer le moindre mot, elle hocha lentement la tête puis se leva. Le cœur au bord des lèvres, le souffle coupé, elle attendit, suspendue, le prochain geste d’Erwan.
« Free will does exist, it's just fucking hard.»
Étudiante à la GEAD - Membre de l’UDS [#601070]
Étudiante à la GEAD - Membre de l’UDS [#601070]
Qu'en est-il de nous ?
À peine Erwan avait-il posé sa question qu’il la regretta presque immédiatement. Il n’y avait pas eu de larmoyants au revoir, c’était comme ça. Ils avaient avancé avec ça l’un et l’autre l’année passée. Ils venaient tout juste de s’accorder sur une amitié, bancale et hypocrite certes, mais une amitié quand même ! Et voilà qu’Erwan proposait des adieux d’amoureux, alors qu’ils étaient seuls, dans cet espace confiné qu’était le wagon, en proie chacun à la douloureuse expérience du véritable deuil de leur relation. Mais quel idiot ! Et pourquoi pas un baiser d’adieux pendant qu’ils y étaient… Il savait au fond de lui que s’ils avaient eu une vraie rupture, tonitruante et fracassante, ou même un triste accord, mature et compatissant, son deuil aurait été plus facile à vivre. C’est l’absence de fin qui avait rendu fou Erwan, mais cela l’avait-il rendu si fou qu’il était prêt à tout gâcher pour en avoir une ? Il fallait l’accepter… Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. Tout, aujourd’hui, poussait le garçon vers Eileen, malgré le chemin parcouru, malgré la désinvolture avec laquelle il abordait désormais l’intime et la séduction ; tout le poussait vers ces adieux, il présumait en avoir le droit. Ils y avaient droit. Et ce, quand bien même c’était la chose la plus stupide à faire… À y réfléchir, Erwan trouvait que c’était une bien plus belle façon d’honorer ce qu’ils avaient vécu. Il valait mieux risquer de gâcher leur hypothétique futur amical en s’offrant de vrais au revoir que de faire semblant que ce n’était pas ce qu’il voulait au plus profond de lui.
Si Eileen ne souhaitait pas ça, si l’idée de ce dernier moment de tendresse la révulsait au point de le lui refuser, cela aurait au moins le mérite de constituer un au revoir. Quoi qu’il arrive, Erwan ferait tout pour se tenir à la fragile promesse qu’ils venaient de se faire. Leur dernière année au château serait d’autant plus terrible que la précédente s’ils devaient faire attention à s’éviter tout du long. Et Erwan n’était tout simplement pas prêt à accepter une vie sans la présence d’Eileen dedans. Qu’en savaient-ils ? Leur amitié saurait peut-être combler le vide de la disparition de leur amour… Sa proposition laissa l’Irlandaise dans une profonde introspection. Son regard ne vacilla pas, toujours dans celui d’Erwan. Mais aucun mot ne sortit de sa bouche… Le silence semblait s’étendre sur des kilomètres de rails. Ce n’était pas si long, mais cela parut une éternité pour l’Anglais. Le bruit du train qui avançait pour seul son, Erwan regarda lui aussi le chat d’Eileen quand elle posa son regard sur lui. Orion avait été pour lui, à certains moments, le seul signe qu’Eileen était toujours au château. Quand elle se terrait dans son dortoir pour éviter la terre entière, au point de n’être plus qu’un souvenir pour celles et ceux qui l’avaient un jour considérée comme plus que ça, la présence d’Orion signifiait au garçon qu’Eileen était toujours là quelque part… C’était aussi rassurant que déchirant. Chaque passage du chat en salle commune semblait dire à Erwan : « Oui, elle est toujours là. Non, elle ne daigne pas venir te voir… ». Puis les mains d’Eileen attrapèrent délicatement le félin pour le poser sur la banquette. Un hochement de tête, aussi parlant que cent phrases, puis elle se leva. Le cœur d’Erwan manqua un battement. C’était maintenant. Il avait autant envie de se plonger dans ce moment si fort que de lancer un sort pour figer le temps. Il n’y aurait plus de retour en arrière ; même si son cœur décidait de lui crier de la reconquérir, de ne plus jamais la laisser partir, Erwan était devenu excellent dans l’exercice de ne plus écouter son cœur…
Le bruit du train semblait s’être arrêté. Seul le bruit de son cœur, qui tambourinait jusque dans ses tempes, berçait ce moment de son assourdissante présence. Rien de ce qu’Erwan avait vécu dans cette vie n’avait été plus vrai que l’amour qu’il avait porté à Eileen. Rien, non plus, n’avait été plus déchirant que de la voir l’abandonner… Mais il avait décidé depuis un moment maintenant d’abandonner la colère qu’il avait nourrie pendant des mois. Elle se tenait là, debout face à lui, acceptant l’idée qu’il était temps de se dire au revoir proprement. Sans véritablement se contrôler, Erwan bondit de son siège pour se précipiter contre Eileen. Son bras gauche se logea sous son épaule alors que son bras droit passait par-dessus. Il la serra tendrement contre lui et il baissa la tête pour la poser sur la chevelure de l’Irlandaise. Plus rien n’existait autour, aucune école, aucun train, aucune magie… Ils n’étaient plus qu’eux deux. S’il avait eu peur de ce que pourrait réveiller ce moment, le soulagement était tel que rien, pour l’instant, ne pouvait l’atteindre. Peut-être qu’il sortirait de cette étreinte complètement détruit, mais elle valait toutes les peines du monde. C’était tout ce dont il avait besoin pour refermer la plaie béante qu’avait laissée leur rupture à l’intérieur de son âme. La chaleur de son corps semblait le soigner. C’était sûr. Jamais le monde n’avait vu de plus bel au revoir…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Si Eileen ne souhaitait pas ça, si l’idée de ce dernier moment de tendresse la révulsait au point de le lui refuser, cela aurait au moins le mérite de constituer un au revoir. Quoi qu’il arrive, Erwan ferait tout pour se tenir à la fragile promesse qu’ils venaient de se faire. Leur dernière année au château serait d’autant plus terrible que la précédente s’ils devaient faire attention à s’éviter tout du long. Et Erwan n’était tout simplement pas prêt à accepter une vie sans la présence d’Eileen dedans. Qu’en savaient-ils ? Leur amitié saurait peut-être combler le vide de la disparition de leur amour… Sa proposition laissa l’Irlandaise dans une profonde introspection. Son regard ne vacilla pas, toujours dans celui d’Erwan. Mais aucun mot ne sortit de sa bouche… Le silence semblait s’étendre sur des kilomètres de rails. Ce n’était pas si long, mais cela parut une éternité pour l’Anglais. Le bruit du train qui avançait pour seul son, Erwan regarda lui aussi le chat d’Eileen quand elle posa son regard sur lui. Orion avait été pour lui, à certains moments, le seul signe qu’Eileen était toujours au château. Quand elle se terrait dans son dortoir pour éviter la terre entière, au point de n’être plus qu’un souvenir pour celles et ceux qui l’avaient un jour considérée comme plus que ça, la présence d’Orion signifiait au garçon qu’Eileen était toujours là quelque part… C’était aussi rassurant que déchirant. Chaque passage du chat en salle commune semblait dire à Erwan : « Oui, elle est toujours là. Non, elle ne daigne pas venir te voir… ». Puis les mains d’Eileen attrapèrent délicatement le félin pour le poser sur la banquette. Un hochement de tête, aussi parlant que cent phrases, puis elle se leva. Le cœur d’Erwan manqua un battement. C’était maintenant. Il avait autant envie de se plonger dans ce moment si fort que de lancer un sort pour figer le temps. Il n’y aurait plus de retour en arrière ; même si son cœur décidait de lui crier de la reconquérir, de ne plus jamais la laisser partir, Erwan était devenu excellent dans l’exercice de ne plus écouter son cœur…
Le bruit du train semblait s’être arrêté. Seul le bruit de son cœur, qui tambourinait jusque dans ses tempes, berçait ce moment de son assourdissante présence. Rien de ce qu’Erwan avait vécu dans cette vie n’avait été plus vrai que l’amour qu’il avait porté à Eileen. Rien, non plus, n’avait été plus déchirant que de la voir l’abandonner… Mais il avait décidé depuis un moment maintenant d’abandonner la colère qu’il avait nourrie pendant des mois. Elle se tenait là, debout face à lui, acceptant l’idée qu’il était temps de se dire au revoir proprement. Sans véritablement se contrôler, Erwan bondit de son siège pour se précipiter contre Eileen. Son bras gauche se logea sous son épaule alors que son bras droit passait par-dessus. Il la serra tendrement contre lui et il baissa la tête pour la poser sur la chevelure de l’Irlandaise. Plus rien n’existait autour, aucune école, aucun train, aucune magie… Ils n’étaient plus qu’eux deux. S’il avait eu peur de ce que pourrait réveiller ce moment, le soulagement était tel que rien, pour l’instant, ne pouvait l’atteindre. Peut-être qu’il sortirait de cette étreinte complètement détruit, mais elle valait toutes les peines du monde. C’était tout ce dont il avait besoin pour refermer la plaie béante qu’avait laissée leur rupture à l’intérieur de son âme. La chaleur de son corps semblait le soigner. C’était sûr. Jamais le monde n’avait vu de plus bel au revoir…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe