Tout reconstruire sur un tas de cendres
Alice souffla un rire. Le hasard avait voulu que les Caldin aient vu un des seuls films qu’elle avait pu voir au cours de sa vie.
Elle continuait de sourire lorsque Maxence passa sa tête par l’ouverture de la porte pour suivre la conversation. L’air jovial qu’il affichait etait charmante, presque enfantine. Alice ne se souvenait pas l’avoir un jour vu ainsi. Elle se souvenait plutôt d’un garçon prompt à commettre des ganacheries, suffisamment pour qu’elle cesse de s’intéresser à lui.
Alice opina du chef, son sourire agrandit par la culture du garçon.
« Oui ! C’est bien cela. Spiderman et Batman. Je crois qu’il en existe plusieurs mais je n’en ai vu qu’un de chaque. »
Elle aurait pu découvrir les autres, mais monsieur Penwyn l’avait abandonnée avant. Il avait emporté avec lui sa promesse d’adopter Alice, ses futurs enfants qu’il voulait lui faire rencontrer, les moments loin de tout malheur et le réconfort que lui apportait chacune de leur interaction.
Sans s’en rendre compte, Alice s’était mise à frotter son poignet droit. Celui que ce Manteau Noir lui avait cassé. Elle ne devait sa vie qu’à l’intervention de Monsieur Penwyn, Alice le savait. Il l’avait pourtant abandonné, laissant derrière lui deux gallions enchantés et un gouffre qu’elle s’était employé à remplir de ressentiment à son égard.
Alice avait à peine écouté Tess, plongée dans les souvenirs que la situation lui jetait au visage. Alors, elle lui sourit, se fiant aux joues rougissantes - encore ? - de l’une, et le sourire de l’autre. Il ne devait s’agir que de banalité dont Alice se moquait éperdument.
Alice ne fit aucun commentaire sur l’affreuse formulation qu’Elicia utilisa pour lui permettre d’aller de laver les mains. Excuse moi. Non. Ce n’était ni juste, ni poli, ni respectueux. Était-ce trop demander que de s’exprimer avec un minimum de considération pour sa langue natale ? Je te prie de bien vouloir accepter toutes mes excuses, était-ce trop ? Par Circée… si la Grande École de l’Art du Duel était aussi rigide que semblait le dire Thomas, Elicia allait avoir de nombreuses difficultés pour s’intégrer.
Alice se leva, son regard suivant la course folle du chaton et du boursoufflet. Que diable leur donnaient-ils à manger ? Alice déplorait leur énergie. Elle aurait tant aimer gratifier le chaton d’une caresse. Peut-être plus.
La française suivit Elicia, sans un mot. Elle s’autorisa quelques œillades vers les photographies, sans émettre le moindre commentaire. Ce ne serait pas poli, quand bien même elle aurait aimé plus de détail sur ces drôles de véhicules à roues. Alice en avait entendu parler durant les mois qu’elle avait passer chez oncle Kenneth et Imogen. Elle en avait même aperçu quelques uns lors de leurs rares déplacements dans la ville de Glasgow.
Ah… encore des souvenirs teintés de noirs…
Invitée par Elicia, Alice grimpa les marches des escaliers, sa robe pincée entre ses doigts. Là encore, des photos. Là encore, la politesse.
Arrivée à l’étage, Alice laissa Elicia reprendre la tête de la marche et…
Par Circée, etait-ce bien une chambre qu’elle vu dans son champ de vision ? Des matelas jetés au sol, des draps froissés. Quelle indicible horreur ! Dormaient-ils tous ici ?
Alice se figea en voyant Lyam, le dernier de la portée, émerger de ce temple en ruine.
Elle lui sourit, ne prêtant pas plus d’attention à ses joues cramoisies. Etait-ce un trait de famille ?
« Bonjour, Lyam », dit elle dans une délicate révérence. « Quel plaisir de te revoir. »
Aucun commentaire sur la ganacherie de Maxence. Finalement, certaines choses ne changeaient pas avec le temps.
Alice atteignit enfin la salle d’eau. Après avoir laissé Elicia faire enfin preuve un effort d’hospitalité, Alice rejoignit le lavabo.
« Je te remercie. »
Tout en se lavant soigneusement les mains, Alice pensait. Son esprit vagabondait. Les souvenirs d’oncle Kenneth dansaient tout autour d’elle. Sur la baignoire. Sur les lavabos. Sur l’essuie-mains. Dans le miroir qu’elle n’osait regarder.
Les dents serrées, Alice ferma les yeux quelques instants.
Cette maison lui rappelait celle dans laquelle elle avait vécu quelques mois seulement. Elle était bien plus jolie, bien plus grande, mais emprunt de la culture Sans-Pouvoir. Elicia ne s’en rendait peut-être pas compte, puisqu’elle avait toujours vécue avec un pied dans les deux mondes. Pour une sorcière comme Alice, toutes les maisons Sans-Pouvoir se ressemblait.
Elle revoyait encore oncle Kenneth se raser devant le miroir, là où elle se trouvait. Elle entendait Imogen prendre sa douche, le chant de l’eau se berçant à celui d’un chanteur allemand qu’Alice ne pouvait désormais plus écouter. L’odeur omniprésente du shampoing d’Imogen. Celle de la peau de Kenneth lorsqu’il prenait Alice dans ses bras après un énième cauchemar. Les pleurs d’Imogen. Les éclats de voix de Kenneth. Ses propres sanglots étouffés dans l’oreiller.
Alice coupa l’eau. Elle restait figée, des yeux s’ouvrant lentement sur ses mains rouges d’avoir été trop frottées. Elle inspira. Longuement.
Alice sécha ses mains soigneusement, puis quitta la salle d’eau. Elle ignorait depuis combien de temps elle se lavait les mains. Elicia avait dit une petite minute, mais n’était pas revenue. Ou bien était-elle descendue.
Alors Alice descendit les escaliers, ses lèvres armées d’un sourire, et rejoignit la cuisine.
Elle continuait de sourire lorsque Maxence passa sa tête par l’ouverture de la porte pour suivre la conversation. L’air jovial qu’il affichait etait charmante, presque enfantine. Alice ne se souvenait pas l’avoir un jour vu ainsi. Elle se souvenait plutôt d’un garçon prompt à commettre des ganacheries, suffisamment pour qu’elle cesse de s’intéresser à lui.
Alice opina du chef, son sourire agrandit par la culture du garçon.
« Oui ! C’est bien cela. Spiderman et Batman. Je crois qu’il en existe plusieurs mais je n’en ai vu qu’un de chaque. »
Elle aurait pu découvrir les autres, mais monsieur Penwyn l’avait abandonnée avant. Il avait emporté avec lui sa promesse d’adopter Alice, ses futurs enfants qu’il voulait lui faire rencontrer, les moments loin de tout malheur et le réconfort que lui apportait chacune de leur interaction.
Sans s’en rendre compte, Alice s’était mise à frotter son poignet droit. Celui que ce Manteau Noir lui avait cassé. Elle ne devait sa vie qu’à l’intervention de Monsieur Penwyn, Alice le savait. Il l’avait pourtant abandonné, laissant derrière lui deux gallions enchantés et un gouffre qu’elle s’était employé à remplir de ressentiment à son égard.
Alice avait à peine écouté Tess, plongée dans les souvenirs que la situation lui jetait au visage. Alors, elle lui sourit, se fiant aux joues rougissantes - encore ? - de l’une, et le sourire de l’autre. Il ne devait s’agir que de banalité dont Alice se moquait éperdument.
Alice ne fit aucun commentaire sur l’affreuse formulation qu’Elicia utilisa pour lui permettre d’aller de laver les mains. Excuse moi. Non. Ce n’était ni juste, ni poli, ni respectueux. Était-ce trop demander que de s’exprimer avec un minimum de considération pour sa langue natale ? Je te prie de bien vouloir accepter toutes mes excuses, était-ce trop ? Par Circée… si la Grande École de l’Art du Duel était aussi rigide que semblait le dire Thomas, Elicia allait avoir de nombreuses difficultés pour s’intégrer.
Alice se leva, son regard suivant la course folle du chaton et du boursoufflet. Que diable leur donnaient-ils à manger ? Alice déplorait leur énergie. Elle aurait tant aimer gratifier le chaton d’une caresse. Peut-être plus.
La française suivit Elicia, sans un mot. Elle s’autorisa quelques œillades vers les photographies, sans émettre le moindre commentaire. Ce ne serait pas poli, quand bien même elle aurait aimé plus de détail sur ces drôles de véhicules à roues. Alice en avait entendu parler durant les mois qu’elle avait passer chez oncle Kenneth et Imogen. Elle en avait même aperçu quelques uns lors de leurs rares déplacements dans la ville de Glasgow.
Ah… encore des souvenirs teintés de noirs…
Invitée par Elicia, Alice grimpa les marches des escaliers, sa robe pincée entre ses doigts. Là encore, des photos. Là encore, la politesse.
Arrivée à l’étage, Alice laissa Elicia reprendre la tête de la marche et…
Par Circée, etait-ce bien une chambre qu’elle vu dans son champ de vision ? Des matelas jetés au sol, des draps froissés. Quelle indicible horreur ! Dormaient-ils tous ici ?
Alice se figea en voyant Lyam, le dernier de la portée, émerger de ce temple en ruine.
Elle lui sourit, ne prêtant pas plus d’attention à ses joues cramoisies. Etait-ce un trait de famille ?
« Bonjour, Lyam », dit elle dans une délicate révérence. « Quel plaisir de te revoir. »
Aucun commentaire sur la ganacherie de Maxence. Finalement, certaines choses ne changeaient pas avec le temps.
Alice atteignit enfin la salle d’eau. Après avoir laissé Elicia faire enfin preuve un effort d’hospitalité, Alice rejoignit le lavabo.
« Je te remercie. »
Tout en se lavant soigneusement les mains, Alice pensait. Son esprit vagabondait. Les souvenirs d’oncle Kenneth dansaient tout autour d’elle. Sur la baignoire. Sur les lavabos. Sur l’essuie-mains. Dans le miroir qu’elle n’osait regarder.
Les dents serrées, Alice ferma les yeux quelques instants.
Cette maison lui rappelait celle dans laquelle elle avait vécu quelques mois seulement. Elle était bien plus jolie, bien plus grande, mais emprunt de la culture Sans-Pouvoir. Elicia ne s’en rendait peut-être pas compte, puisqu’elle avait toujours vécue avec un pied dans les deux mondes. Pour une sorcière comme Alice, toutes les maisons Sans-Pouvoir se ressemblait.
Elle revoyait encore oncle Kenneth se raser devant le miroir, là où elle se trouvait. Elle entendait Imogen prendre sa douche, le chant de l’eau se berçant à celui d’un chanteur allemand qu’Alice ne pouvait désormais plus écouter. L’odeur omniprésente du shampoing d’Imogen. Celle de la peau de Kenneth lorsqu’il prenait Alice dans ses bras après un énième cauchemar. Les pleurs d’Imogen. Les éclats de voix de Kenneth. Ses propres sanglots étouffés dans l’oreiller.
Alice coupa l’eau. Elle restait figée, des yeux s’ouvrant lentement sur ses mains rouges d’avoir été trop frottées. Elle inspira. Longuement.
Alice sécha ses mains soigneusement, puis quitta la salle d’eau. Elle ignorait depuis combien de temps elle se lavait les mains. Elicia avait dit une petite minute, mais n’était pas revenue. Ou bien était-elle descendue.
Alors Alice descendit les escaliers, ses lèvres armées d’un sourire, et rejoignit la cuisine.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Tout reconstruire sur un tas de cendres
Voir sa famille aussi détendue ce matin là plaisait particulièrement à Élicia. Ça aidait à dissiper le nuage noire qu'était Alice en arrivant, et malgré elle, la jeune sorcière se surprit à remercier elle-ne-savait-qui pour le hasard qui avait fait que la dernière Sangblanc était apparue précisément ce matin là. Si elle avait été seule à l'accueillir, Merlin savait que ça ne se serait pas passé de la même manière. Il n'y aurait sûrement pas eu de pancakes. Elle l'aurait sûrement amené dans le salon, où elles se seraient assises, toutes deux tendues comme la corde d'un arc, et aurait abordé le sujet du Merlin sans perdre de temps. Ou alors Élicia aurait amené Alice dans la serre, espérant de se fait l'apaiser au contact des plantes - vision typiquement Poufsouffle, finalement. Mais non, Maxence était là, dans la cuisine à préparer un petit déjeuner et converser de films moldus, le sourire jusqu'aux oreilles. Tess s'occupait de la conversation, bien heureuse d'avoir des nouvelles de leur ancienne camarade. Parce que si à l'évidence les Serpentard n'avaient pas été proches avant le départ d'Alice, elle était restée dans l'estime de ses chers cousins. Rien d'étonnant à cela, à bien y réfléchir : où qu'elle alla, Alice laissait sa marque.
Elles étaient suite montées à l'étage, croisant Lyam. Lui non plus, ne l'avait pas oublié. Il lui avait fallu une minute pour se rappeler de son nom, mais avec tout ce qu'Élicia lui avait raconté de son voyage à Beauxbâtons, et de ses vacances chez Aimée l'été précédent, il n'avait pas mis longtemps. Le jeune homme avait chaleureusement salué leur invité avant de filer rejoindre son frère et sa sœur, et Élicia le savait, ils papotaient tous les trois en bas à propos de cette apparition inattendue. Sûrement se demandaient ils se qu'elle venait faire ici, ou bien l'avaient-ils plus ou moins deviné. Après tout, la rouquine leur avait partiellement parlé de sa mission. Elle leur avait dit qu'Alice avait des projets, qu'elle lui avait confié quelques tâches avant son retour en Grande Bretagne. Hors, elle n'avait pas imaginé un seul instant que l'ex Serpentard arrive chez elle au début de l'été, pour lui reprocher l'absence de hibou de sa part. Hibou qu'elle avait bien envoyé, mais que la poste magique de Pré-au-Lard avait apparemment perdu. C'était un mystère qu'elle ne pouvait élucider, mais le fait était là : Alice n'avait jamais reçu son hibou. Et voilà qu'elle était chez elle, au lendemain d'une soirée entre cousins, prête à... Lancer ses projets ? Tout portait à croire que c'était le sujet à l'ordre du jour, et déjà Élicia exultait. Il était temps de remettre les voiles.
Élicia s'était changée, mais une fois devant la porte de la salle de bain... Alice n'y était plus. Le sourire qu'elle avait dessiné sur ses lèvres se figea, puis disparut. Elle n'était pas partie par la fenêtre, non, ce ne pouvait pas être possible. Elle devait être descendue et Élicia ne l'avait pas entendu à cause du tapis feutré qui recouvrait le sol. Alice était au rez-de-chaussée avec sa famille, tout allait bien.
Pourtant la jeune fille ne put empêcher son cœur de battre plus fort tandis qu'elle descendait aussi vite que possible sans faire trop de bruit pour réveiller ni son frère, ni sa sœur.
Broccoli et Smiriti en profitèrent pour passer de nouveau dans ses pattes, droit sur la salle à manger. La dernière se dirigea vers Lyam, au bout de table entre son frère et sa sœur, tandis que le chaton ralentissait sa course devant la première chaise face à lui... Celle d'Alice. Et qu'il levait ses petites pattes rousses sur les pieds de la chaise, où il s'étira, avant de se redresser pour observer la table.
Table sur laquelle reposait désormais une assiette pleine de pancakes. Devant chacun d'entre eux, une petite assiette en contenait quatre. Dans celle d'Alice pourtant, leur disposition était plus harmonieuse quand dans celles des autres. Maxence avait même pris la liberté d'y ajouter quelques framboises et des myrtilles, disposées autour des pancakes et au milieu des quatre.
- Navrée, j'ai mis plus longtemps à me changer que je ne le pensais. Je ne voulais pas rester... Eh bien, c'est plus agréable de déjeuner comme ça, s'excusa Élicia en reprenant sa place. Je t'en pris, sert toi de ce que tu veux. Le miel est à la lavande, c'est le favoris de ma mère, mais elle ne m'en voudra sûrement pas de le partager.
D'une main, Élicia lissa sa jupe derrière ses cuisses puis s'assit. Elle récupéra ensuite d'une main la carafe de jus de citrouille et leva un sourcil en direction d'Alice en signe d'interrogation.
- J'étais justement en train de demander à Alice ce qu'elle prévoyait de faire, maintenant qu'elle est de retour en Angleterre, expliqua Tess, qui bu une première gorgée de son thé.
- Nous pourrions te servir de guide Alice, si tu en as besoin, ajouta Maxence qui s'était enfin installé. Qu'en dis-tu ?
Assis à la gauche de leur invité, il ne s'était pas départi de son sourire, et attendait patiemment qu'Alice se serve. Quant à Lyam, il se contentait d'écouter, sa tasse de thé cachant une partie de son visage.
Elles étaient suite montées à l'étage, croisant Lyam. Lui non plus, ne l'avait pas oublié. Il lui avait fallu une minute pour se rappeler de son nom, mais avec tout ce qu'Élicia lui avait raconté de son voyage à Beauxbâtons, et de ses vacances chez Aimée l'été précédent, il n'avait pas mis longtemps. Le jeune homme avait chaleureusement salué leur invité avant de filer rejoindre son frère et sa sœur, et Élicia le savait, ils papotaient tous les trois en bas à propos de cette apparition inattendue. Sûrement se demandaient ils se qu'elle venait faire ici, ou bien l'avaient-ils plus ou moins deviné. Après tout, la rouquine leur avait partiellement parlé de sa mission. Elle leur avait dit qu'Alice avait des projets, qu'elle lui avait confié quelques tâches avant son retour en Grande Bretagne. Hors, elle n'avait pas imaginé un seul instant que l'ex Serpentard arrive chez elle au début de l'été, pour lui reprocher l'absence de hibou de sa part. Hibou qu'elle avait bien envoyé, mais que la poste magique de Pré-au-Lard avait apparemment perdu. C'était un mystère qu'elle ne pouvait élucider, mais le fait était là : Alice n'avait jamais reçu son hibou. Et voilà qu'elle était chez elle, au lendemain d'une soirée entre cousins, prête à... Lancer ses projets ? Tout portait à croire que c'était le sujet à l'ordre du jour, et déjà Élicia exultait. Il était temps de remettre les voiles.
Élicia s'était changée, mais une fois devant la porte de la salle de bain... Alice n'y était plus. Le sourire qu'elle avait dessiné sur ses lèvres se figea, puis disparut. Elle n'était pas partie par la fenêtre, non, ce ne pouvait pas être possible. Elle devait être descendue et Élicia ne l'avait pas entendu à cause du tapis feutré qui recouvrait le sol. Alice était au rez-de-chaussée avec sa famille, tout allait bien.
Pourtant la jeune fille ne put empêcher son cœur de battre plus fort tandis qu'elle descendait aussi vite que possible sans faire trop de bruit pour réveiller ni son frère, ni sa sœur.
Broccoli et Smiriti en profitèrent pour passer de nouveau dans ses pattes, droit sur la salle à manger. La dernière se dirigea vers Lyam, au bout de table entre son frère et sa sœur, tandis que le chaton ralentissait sa course devant la première chaise face à lui... Celle d'Alice. Et qu'il levait ses petites pattes rousses sur les pieds de la chaise, où il s'étira, avant de se redresser pour observer la table.
Table sur laquelle reposait désormais une assiette pleine de pancakes. Devant chacun d'entre eux, une petite assiette en contenait quatre. Dans celle d'Alice pourtant, leur disposition était plus harmonieuse quand dans celles des autres. Maxence avait même pris la liberté d'y ajouter quelques framboises et des myrtilles, disposées autour des pancakes et au milieu des quatre.
- Navrée, j'ai mis plus longtemps à me changer que je ne le pensais. Je ne voulais pas rester... Eh bien, c'est plus agréable de déjeuner comme ça, s'excusa Élicia en reprenant sa place. Je t'en pris, sert toi de ce que tu veux. Le miel est à la lavande, c'est le favoris de ma mère, mais elle ne m'en voudra sûrement pas de le partager.
D'une main, Élicia lissa sa jupe derrière ses cuisses puis s'assit. Elle récupéra ensuite d'une main la carafe de jus de citrouille et leva un sourcil en direction d'Alice en signe d'interrogation.
- J'étais justement en train de demander à Alice ce qu'elle prévoyait de faire, maintenant qu'elle est de retour en Angleterre, expliqua Tess, qui bu une première gorgée de son thé.
- Nous pourrions te servir de guide Alice, si tu en as besoin, ajouta Maxence qui s'était enfin installé. Qu'en dis-tu ?
Assis à la gauche de leur invité, il ne s'était pas départi de son sourire, et attendait patiemment qu'Alice se serve. Quant à Lyam, il se contentait d'écouter, sa tasse de thé cachant une partie de son visage.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Tout reconstruire sur un tas de cendres
Lorsqu’elle rejoignit les Caldin, Alice remarqua deux choses : Elicia n’avait aucune notion du temps, et les pancakes étaient servis.
Alice s’installa à sa place, remerciant les triplés d’un sourire - même Lyam, quand bien même il n’avait pas participé à l’élaboration du petit déjeuner.
L’assiette qui lui fut présentée était charmante, agrémentée de framboises et de myrtilles d’une bien jolie façon. Ces Caldin là savaient recevoir.
Ces pancakes avaient l’air… délicieux. Jadis, Oncle Kenneth lui en préparait lui aussi, chaque matin. Les siens étaient souvent ratés, soit trop grand, soit trop petit, parfois brûlé, parfois sans épaisseur, mais toujours préparé avec amour, comme il aimait le dire. Alors Alice les mangeait sans se plaindre, car l’amour que son oncle ajoutait aux ingrédients avait bien plus de valeur qu’un pancake sans grumeau.
Alice entendit du mouvement sous sa chaise. Elle se pencha légèrement sur le côté et vit le petit chat - qu’elle se refusait de nommer - prendre appui sur la patte de sa chaise et s’étirer. Elle sourit, attendrie, et tendit un doigt vers lui.
Tess prit de nouveau la parole pour la questionner sur ses projets à présent qu’elle était de retour en Grande-Bretagne. Alice s’apprêtait à réponde lorsque Elicia entra dans la pièce. Vêtue décemment, et même peignée. Voilà qui était bien mieux. Alice prit quelques secondes pour observer la robe qui habillait la rousse. Une bien jolie pièce qui dont la couleur seyait à Elicia.
Elicia commenta le miel qui avait été posé sur la table. Du miel de lavande… le préféré de Grand-Père.
« Je te remercie. »
Alice récupéra alors le miel, comme on l’avait autorisé à le faire. Elle en disposa soigneusement sur ses pancakes, et dû se faire violence pour en mettre poliment. A présent que tante Elise n’était plus là pour contrôler les assiettes de sa nièce, Alice avait tendance à rattraper le temps perdu.
Le jus de citrouille fut décliné d’un léger signe de la main. Ce n’était pas sa tasse de thé, loin de là. Alice préféra récupérer sa tisane, dans laquelle elle ajouta deux cuillères de miel. Après avoir remué sa tasse avec douceur, elle pu enfin déguster le breuvage que Maxence lui avait confié.
Ses yeux se refermèrent de plaisir. Le mariage entre la pomme séchée, la fleur d’oranger et le miel de lavande était surprenant. Délicieux.
Dans une autre gorgée, plus longue celle ci, Alice écouta frère et soeur. Des questions, puis une proposition. Alice n’avait point envie de parler de ces projets avec des sorciers qui n’avait - elle l’espérait pour Elicia- aucune idée de ce qu’elle s’apprêtait à faire.
Alors elle sauta sur la main que lui avait tendu Maxence sans le savoir.
Alice se tourna un peu vers lui pour ne pas lui offrir son profil, et lui sourit comme elle savait si bien le faire.
« Oh, ce serait avec grand plaisir, Maxence. Mais mon frère finira bien par me rejoindre, et … »
Alice se tût, quelques secondes seulement. Le temps nécessaire pour réfléchir.
Thomas ne lui montrerait que ce qu’il veut bien lui montrer.
Maxence aura sans nul doute une vision plus pragmatique.
Aucun d’entre eux ne ferait un bon guide pour une Alice qui est la seule à savoir ce dont elle a besoin.
Et faire le tour du pays avec Tess Caldin ? Aussi aimable soit-elle, cette sorcière lui rappelait bien trop Léonie, sans sa folie douce mais avec un débit de parole similaire. Peut-être était-ce pour cette raison qu'elle ne parvenait pas totalement à s'agacer de ses questions.
« Enfin », conclu t-elle en regardant Maxence. « Nous verrons bien. Il me plairait d'avoir si charmante compagnie pour redécouvrir le pays sous un regard nouveau. »
Sur ces mots, Alice allait enfin pouvoir manger.
Alice s’installa à sa place, remerciant les triplés d’un sourire - même Lyam, quand bien même il n’avait pas participé à l’élaboration du petit déjeuner.
L’assiette qui lui fut présentée était charmante, agrémentée de framboises et de myrtilles d’une bien jolie façon. Ces Caldin là savaient recevoir.
Ces pancakes avaient l’air… délicieux. Jadis, Oncle Kenneth lui en préparait lui aussi, chaque matin. Les siens étaient souvent ratés, soit trop grand, soit trop petit, parfois brûlé, parfois sans épaisseur, mais toujours préparé avec amour, comme il aimait le dire. Alors Alice les mangeait sans se plaindre, car l’amour que son oncle ajoutait aux ingrédients avait bien plus de valeur qu’un pancake sans grumeau.
Alice entendit du mouvement sous sa chaise. Elle se pencha légèrement sur le côté et vit le petit chat - qu’elle se refusait de nommer - prendre appui sur la patte de sa chaise et s’étirer. Elle sourit, attendrie, et tendit un doigt vers lui.
Tess prit de nouveau la parole pour la questionner sur ses projets à présent qu’elle était de retour en Grande-Bretagne. Alice s’apprêtait à réponde lorsque Elicia entra dans la pièce. Vêtue décemment, et même peignée. Voilà qui était bien mieux. Alice prit quelques secondes pour observer la robe qui habillait la rousse. Une bien jolie pièce qui dont la couleur seyait à Elicia.
Elicia commenta le miel qui avait été posé sur la table. Du miel de lavande… le préféré de Grand-Père.
« Je te remercie. »
Alice récupéra alors le miel, comme on l’avait autorisé à le faire. Elle en disposa soigneusement sur ses pancakes, et dû se faire violence pour en mettre poliment. A présent que tante Elise n’était plus là pour contrôler les assiettes de sa nièce, Alice avait tendance à rattraper le temps perdu.
Le jus de citrouille fut décliné d’un léger signe de la main. Ce n’était pas sa tasse de thé, loin de là. Alice préféra récupérer sa tisane, dans laquelle elle ajouta deux cuillères de miel. Après avoir remué sa tasse avec douceur, elle pu enfin déguster le breuvage que Maxence lui avait confié.
Ses yeux se refermèrent de plaisir. Le mariage entre la pomme séchée, la fleur d’oranger et le miel de lavande était surprenant. Délicieux.
Dans une autre gorgée, plus longue celle ci, Alice écouta frère et soeur. Des questions, puis une proposition. Alice n’avait point envie de parler de ces projets avec des sorciers qui n’avait - elle l’espérait pour Elicia- aucune idée de ce qu’elle s’apprêtait à faire.
Alors elle sauta sur la main que lui avait tendu Maxence sans le savoir.
Alice se tourna un peu vers lui pour ne pas lui offrir son profil, et lui sourit comme elle savait si bien le faire.
« Oh, ce serait avec grand plaisir, Maxence. Mais mon frère finira bien par me rejoindre, et … »
Alice se tût, quelques secondes seulement. Le temps nécessaire pour réfléchir.
Thomas ne lui montrerait que ce qu’il veut bien lui montrer.
Maxence aura sans nul doute une vision plus pragmatique.
Aucun d’entre eux ne ferait un bon guide pour une Alice qui est la seule à savoir ce dont elle a besoin.
Et faire le tour du pays avec Tess Caldin ? Aussi aimable soit-elle, cette sorcière lui rappelait bien trop Léonie, sans sa folie douce mais avec un débit de parole similaire. Peut-être était-ce pour cette raison qu'elle ne parvenait pas totalement à s'agacer de ses questions.
« Enfin », conclu t-elle en regardant Maxence. « Nous verrons bien. Il me plairait d'avoir si charmante compagnie pour redécouvrir le pays sous un regard nouveau. »
Sur ces mots, Alice allait enfin pouvoir manger.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Tout reconstruire sur un tas de cendres
Alice se servit, et Élicia la regarda faire une seconde avant de servir ses cousins et sa cousine en jus de citrouille. Ça leur rappelait à tous leur petits-déjeuners dans la Grande Salle, où ils se retrouvaient, de temps à autre, pour le passer en famille. Parfois accompagnés de Lumah et Mary, et des amis de Maxence et Tess. Des matinées qui n'arriveraient plus. Désormais, ils allaient tous se séparer pour intégrer des écoles différentes. Même Max et Tess, leur duo réputé inséparable, finiraient séparés. Au moins Élicia garderait la présence de son cousin pour l'année à venir s'ils étaient tous les deux acceptés à la GEAD, comme ils en avaient l'ambition. Quant aux autres... Ils se retrouveraient aux soirées étudiantes, ou les weekends chez les uns et les autres.
Peut-être Élicia trouverait-elle une occasion pour rendre visite à son frère à Pré-au-Lard. Il attaquerait sa dernière année au château à la rentrée, et la jeune fille savait à quel point sortir de l'école pouvait aider à abaisser la pression des examens de fin d'année. Ceux dont elle entendait parler depuis sa première année, et qu'elle venait de terminer...
Élicia écouta sa cousine et son cousin, attendant de voir si Alice allait leur expliquer ce qu'elle comptait faire. Rien d'étonnant à ce qu'elle évite le sujet en profitant de la proposition pour le moins inhabituelle de Maxence. Décidemment, il semblait bien heureux de la revoir. Avait-il quelque chose en tête ? Il fallait dire que monter dans l'estime d'Alice Sangblanc... pouvait toujours être utile.
Lorsque cette dernière mentionna son frère, Élicia, qui s'apprêtait à récupérer le sirop d'érable au centre de la table, arrêta sa main au vol le temps d'une seconde. La dernière fois qu'elle avait vu Thomas... Remontait au bal du nouvel an. Elle l'avait croisé le temps d'un instant. Mais la fois d'avant... Ça s'était mal terminé. Il avait eu des mots envers elle qu'elle n'avait pas apprécié, et s'en souvenait encore.
Se pourrait-il qu'il vienne ici ? Était-il au courant que sa chère soeur était venue lui rendre visite ce matin ? Elle en doutait fort. Et pourtant, Thomas semblait être un homme à qui rien n'échappait. S'il venait ici, les trouvaient en train de prendre leur petit-déjeuner, l'air de rien...que ferait-il ? Il ne pourrait tout de même pas se douter des intentions de sa sœur, si ?
Le pot de sirop d'érable dans la main, Élicia le ramena à elle pour en verser sur ses pancakes, puis le reposa à sa place au centre de la table. Enfin, son ventre commençait à s'impatienter.
Sa fourchette dans une main, son couteau dans l'autre, elle commença à découper son premier pancake en écoutant Alice. Une visite de la Grande Bretagne, en compagnie de ses cousins. Se serait peut-être l'occasion de rassembler quelques vieilles connaissances... Mais seulement après qu'elles aient discuté plus sérieusement de ce qu'amenait Alice ici chez elle, si tôt, pendant les vacances.
Maxence rendit son sourire à leur invitée avant de se mettre à déguster ses propres pancakes. Réussi. Décidemment, son cousin avait encore quelques talents secrets qu'Élicia ne connaissait pas. A moins qu'il se soit éclipsé tous les matins à Poudlard pour donner un coup de main aux elfes dans la cuisine. Peut-être était-ce Lylas. Ou alors aimait-il réellement cuisiner chez eux, car Tess et Lyam ne semblaient pas plus surpris que ça. Quoi qu'il en soit, Élicia se régalait.
Max et Tess commençaient déjà à énumérer les lieux intéressants où ils pourraient conduire Alice. Le Chemin de Traverse, classique mais toujours pratique. Pré-au-Lard pour lui rappeler quelques souvenirs de Poudlard et les nouveautés qui s'y étaient implantées. Godric's Hollow, évidemment, la jeune capitale. Maxence mentionna même les loges d'Hécate. Il parla ensuite de la réserve, un lieu inestimable et incontournable selon lui. Rien d'étonnant à ce qu'il aime les dragons, lui qui appréciait pourtant peu les soins aux créatures magiques. Les dragons avaient de quoi impressionner, c'était des forces de la nature. Élicia l'avait déjà vu avec une statuette de dragon dans son sac.
La jeune fille observait ses cousins discuter, le sourire aux lèvres, tout en mangeant. Puis son regard se glissa vers Alice, soucieuse de son humeur actuelle.
Peut-être Élicia trouverait-elle une occasion pour rendre visite à son frère à Pré-au-Lard. Il attaquerait sa dernière année au château à la rentrée, et la jeune fille savait à quel point sortir de l'école pouvait aider à abaisser la pression des examens de fin d'année. Ceux dont elle entendait parler depuis sa première année, et qu'elle venait de terminer...
Élicia écouta sa cousine et son cousin, attendant de voir si Alice allait leur expliquer ce qu'elle comptait faire. Rien d'étonnant à ce qu'elle évite le sujet en profitant de la proposition pour le moins inhabituelle de Maxence. Décidemment, il semblait bien heureux de la revoir. Avait-il quelque chose en tête ? Il fallait dire que monter dans l'estime d'Alice Sangblanc... pouvait toujours être utile.
Lorsque cette dernière mentionna son frère, Élicia, qui s'apprêtait à récupérer le sirop d'érable au centre de la table, arrêta sa main au vol le temps d'une seconde. La dernière fois qu'elle avait vu Thomas... Remontait au bal du nouvel an. Elle l'avait croisé le temps d'un instant. Mais la fois d'avant... Ça s'était mal terminé. Il avait eu des mots envers elle qu'elle n'avait pas apprécié, et s'en souvenait encore.
Se pourrait-il qu'il vienne ici ? Était-il au courant que sa chère soeur était venue lui rendre visite ce matin ? Elle en doutait fort. Et pourtant, Thomas semblait être un homme à qui rien n'échappait. S'il venait ici, les trouvaient en train de prendre leur petit-déjeuner, l'air de rien...que ferait-il ? Il ne pourrait tout de même pas se douter des intentions de sa sœur, si ?
Le pot de sirop d'érable dans la main, Élicia le ramena à elle pour en verser sur ses pancakes, puis le reposa à sa place au centre de la table. Enfin, son ventre commençait à s'impatienter.
Sa fourchette dans une main, son couteau dans l'autre, elle commença à découper son premier pancake en écoutant Alice. Une visite de la Grande Bretagne, en compagnie de ses cousins. Se serait peut-être l'occasion de rassembler quelques vieilles connaissances... Mais seulement après qu'elles aient discuté plus sérieusement de ce qu'amenait Alice ici chez elle, si tôt, pendant les vacances.
Maxence rendit son sourire à leur invitée avant de se mettre à déguster ses propres pancakes. Réussi. Décidemment, son cousin avait encore quelques talents secrets qu'Élicia ne connaissait pas. A moins qu'il se soit éclipsé tous les matins à Poudlard pour donner un coup de main aux elfes dans la cuisine. Peut-être était-ce Lylas. Ou alors aimait-il réellement cuisiner chez eux, car Tess et Lyam ne semblaient pas plus surpris que ça. Quoi qu'il en soit, Élicia se régalait.
Max et Tess commençaient déjà à énumérer les lieux intéressants où ils pourraient conduire Alice. Le Chemin de Traverse, classique mais toujours pratique. Pré-au-Lard pour lui rappeler quelques souvenirs de Poudlard et les nouveautés qui s'y étaient implantées. Godric's Hollow, évidemment, la jeune capitale. Maxence mentionna même les loges d'Hécate. Il parla ensuite de la réserve, un lieu inestimable et incontournable selon lui. Rien d'étonnant à ce qu'il aime les dragons, lui qui appréciait pourtant peu les soins aux créatures magiques. Les dragons avaient de quoi impressionner, c'était des forces de la nature. Élicia l'avait déjà vu avec une statuette de dragon dans son sac.
La jeune fille observait ses cousins discuter, le sourire aux lèvres, tout en mangeant. Puis son regard se glissa vers Alice, soucieuse de son humeur actuelle.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Tout reconstruire sur un tas de cendres
Alice écoutait frère et sœur préparer une visite guidée qu’elle n’avait pas encore acceptée. La précipitation dont ils faisaient preuve l’amusait, si bien qu’elle envisageait réellement de se laisser guidée dans le pays qui l’avait vu naître. Elle en connaissait les lieux les plus importants, bien sûr. Thomas lui avait montrer. Mais découvrir la Grande-Bretagne sans son frère était important. Très important.
Alice tiqua à la mention des Loges d’Hécate, ce club de duelliste dont Thomas lui avait parlé. Il était tenu par un ancien professeur de la Grande École de l’Art du Duel. Il lui avait ensuite parlé du coût des abonnements, inaccessibles pour une future étudiante en école supérieure cherchant à s’émanciper. En somme, les Loges étaient ouvertes aux enfants de bonne famille ou aux fortunés. Un jour, sans doute.
Alice finit bien vite ses pancakes. La gourmandise lui commandait d’en demander d’autres, l’éducation lui interdisait. Elle entendait la voix de tante Élise lui rappeler qu’une dame ne se laissait point tenter par les sucreries, sous quelque forme que ce soit. Alice allait rattraper le temps perdu.
Après avoir bu une gorgée de sa tisane, Alice reposa sa tasse et leva les yeux vers les triplés.
« Que vous a dit Elicia au sujet de notre… entente ? »
Alice devait choisir ses mots avec soin, et s’assurer que la rousse avait garder pour elle tout ce qui concernait le Merlin.
Sans quoi… Alice serait prête à ajouter de la potion d’Amnésie dans son jus de citrouille
Alice tiqua à la mention des Loges d’Hécate, ce club de duelliste dont Thomas lui avait parlé. Il était tenu par un ancien professeur de la Grande École de l’Art du Duel. Il lui avait ensuite parlé du coût des abonnements, inaccessibles pour une future étudiante en école supérieure cherchant à s’émanciper. En somme, les Loges étaient ouvertes aux enfants de bonne famille ou aux fortunés. Un jour, sans doute.
Alice finit bien vite ses pancakes. La gourmandise lui commandait d’en demander d’autres, l’éducation lui interdisait. Elle entendait la voix de tante Élise lui rappeler qu’une dame ne se laissait point tenter par les sucreries, sous quelque forme que ce soit. Alice allait rattraper le temps perdu.
Après avoir bu une gorgée de sa tisane, Alice reposa sa tasse et leva les yeux vers les triplés.
« Que vous a dit Elicia au sujet de notre… entente ? »
Alice devait choisir ses mots avec soin, et s’assurer que la rousse avait garder pour elle tout ce qui concernait le Merlin.
Sans quoi… Alice serait prête à ajouter de la potion d’Amnésie dans son jus de citrouille
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Tout reconstruire sur un tas de cendres
Élicia n'ouvrit pas la bouche pendant le petit déjeuner. Enfin, façon de parler. Elle laissa à Maxence et Tess le loisirs de discuter de leurs endroits favoris en Grande Bretagne. Ceux qu'ils avaient eu l'occasion de visiter, ceux où ils souhaitaient se rendre prochainement. Ou, au contraire, ceux qui étaient à éviter à tout prix.
Puis ils parlèrent de leur sœur, et Lyam se joignit volontiers à eux, bien qu'il avait moins d'entrain que ses deux frère et sœur.
La rouquine se contenta de les observer, d'écouter les nouvelles qu'ils lui donnaient d'Harmony, se promettant de la contacter bientôt elle-même. Peut-être pourraient-elles passer une journée entre filles avec Tess ? Ça pourrait être sympa, et ça changerait un peu, plutôt que rester ici, à la maison, sans rien faire.
Quoi que, depuis son départ de Poudlard, elle avait bien bougé. Vers Pré-au-Lard notamment, quand elle était allée retrouver Alienor, puis une seconde fois pour acheter les cadeaux qu'elle avait offert à ses cousins la veille au soir pour leur anniversaire, dépassé de quelques jours. Transplaner lui changeait la vie, même si son état nauséeux à l'atterrissage était toujours difficile à dompter. Peut-être s'inscrirait-elle pour un nouveau stage dans le Dartmoor dans quelques jours, ça lui manquait de monter. De voir des Abraxans. Et puis ça l'occuperait en attendant de s'inscrire enfin pour son école.
Perdue dans ses pensées, Élicia finit ses pancakes, observa l'assiette et s'en repris une. Histoire de dire. Il en restait suffisamment pour Raphael et Emma, de toute façon. Pour le moment, il valait mieux qu'ils continuent de dormir car la jeune fille n'avait aucune idée de comment Alice réagirait si elle voyait sa petite sœur et son frère débarquer.
- Tu en re... commença-t-elle en chuchotant. Alice ne semblait pas l'avoir entendu car elle se tourna vers ses cousins en reposant sa tasse.
Élicia se figea. Le petit déjeuner terminé, le sujet de discussion tant attendu, et tout aussi redouté, venait de tomber.
La rouquine regarda ses cousins, son coeur battant à tout rompre en espérant qu'ils ne disent pas de bêtises. En réalité, elle n'avait rien dit de si compromettant que ça.
"Il faut entrainer les plus jeunes au cas où ils en aient besoin." Elle avait justifié ça avec le bal des sorcières, qui s'était déroulé pendant leur deuxième année. Tous trois s'en souvenaient très bien et comprenaient l'intérêt de cet objectif.
Quant à celui de trouver les familles de Sang-Purs... Oui, elle leur avait demandé de l'aide. Elle leur avait dit que ça venait d'une discussion avec Alice. Qu'elle était curieuse de l'histoire de la Grande Bretagne et ses anciennes familles aux racines "pures".
Elle n'avait pas parlé du Merlin au sens propre, leur avait pas fait visité le QG non plus : désormais celui-ci lui appartenait. Enfin, plus maintenant, et perdre cette mine d'or d'informations et d'entrainements... non, ce n'était pas le moment pour la nostalgie.
Il y avait eu ce moment en famille, après l'enterrement de l'arrière-grand-mère durant les vacances de Noël, ou ses cousins avaient manifesté le sentiment d'injustice qu'ils avaient ressenti à être rejeté par leur propre famille. Pas autant qu'Élicia, son père et son frère, mais tout de même. Et proches comme ils étaient, Maxence, Tess et Lyam avaient tous les trois été outrés de la façon, l'irrespect avec lequel on avait traité leur oncle, leur cousine et leur cousin.
Face à la colère qu'avait manifesté Maxence en particulier, et la froideur de Tess... Élicia avait parlé. Sans en dire trop. Seulement... "Peut-être qu'il y aurait une solution, plus tard".
Elle s'en était tenue là, le cœur gonflé de voir sa famille la défendre avec autant de conviction. Ils avaient cherché à en savoir plus, évidemment. Peut-être avaient-ils fait le lien avec Alice. Surtout si celle-ci débarquait à l'improviste chez elle et parlait non pas d'un "lien" ou de leur "amitié" mais d'une "entente".
Alors, Élicia fixa de ses yeux bleus ses cousins, dans l'attente d'une réponse qui, elle l'espérait, ne ferait pas tout brûler. Ils pouvaient être un atout non négligeable pour le Merlin mais elle préférait avant savoir ce qu'Alice voulait en faire. Ce n'était pas pour rien qu'elle lui avait dit ne pas se sentir suffisamment apte à être responsable d'un groupe pareil. Entrainer sa famille sans savoir si ça serait envisageable... Elle mourrait d'envie de tout leur partager, et peut-être était-ce maintenant le moment.
- Votre entente ? Tess regarda sa cousine, un sourcil arqué en signe d'interrogatiçon.
- Elle a juste dit que vous aviez eu l'idée d'entrainer les plus jeunes pour ne pas revivre la même chose qu'il y a six ans, commença Maxence, son regard posé sur le visage d'Alice.
- Pourquoi cette question ? demanda Lyam, son regard présentant une expression sincère de curiosité.
Rien sur les Sangs-Purs. Peut-être devait-elle lui dire elle-même... Au risque qu'elle l'apprenne plus tard. Enfin, pour le moment, il valait mieux laisser ses cousins parler. Si elle commençait à se justifier, ça paraîtrait suspect, Alice pourrait penser qu'elle avait des choses à cacher.
Alors Élicia se contenta de tourner le visage vers sa cheffe, attendant sa réaction, et sa réponse.
Puis ils parlèrent de leur sœur, et Lyam se joignit volontiers à eux, bien qu'il avait moins d'entrain que ses deux frère et sœur.
La rouquine se contenta de les observer, d'écouter les nouvelles qu'ils lui donnaient d'Harmony, se promettant de la contacter bientôt elle-même. Peut-être pourraient-elles passer une journée entre filles avec Tess ? Ça pourrait être sympa, et ça changerait un peu, plutôt que rester ici, à la maison, sans rien faire.
Quoi que, depuis son départ de Poudlard, elle avait bien bougé. Vers Pré-au-Lard notamment, quand elle était allée retrouver Alienor, puis une seconde fois pour acheter les cadeaux qu'elle avait offert à ses cousins la veille au soir pour leur anniversaire, dépassé de quelques jours. Transplaner lui changeait la vie, même si son état nauséeux à l'atterrissage était toujours difficile à dompter. Peut-être s'inscrirait-elle pour un nouveau stage dans le Dartmoor dans quelques jours, ça lui manquait de monter. De voir des Abraxans. Et puis ça l'occuperait en attendant de s'inscrire enfin pour son école.
Perdue dans ses pensées, Élicia finit ses pancakes, observa l'assiette et s'en repris une. Histoire de dire. Il en restait suffisamment pour Raphael et Emma, de toute façon. Pour le moment, il valait mieux qu'ils continuent de dormir car la jeune fille n'avait aucune idée de comment Alice réagirait si elle voyait sa petite sœur et son frère débarquer.
- Tu en re... commença-t-elle en chuchotant. Alice ne semblait pas l'avoir entendu car elle se tourna vers ses cousins en reposant sa tasse.
Élicia se figea. Le petit déjeuner terminé, le sujet de discussion tant attendu, et tout aussi redouté, venait de tomber.
La rouquine regarda ses cousins, son coeur battant à tout rompre en espérant qu'ils ne disent pas de bêtises. En réalité, elle n'avait rien dit de si compromettant que ça.
"Il faut entrainer les plus jeunes au cas où ils en aient besoin." Elle avait justifié ça avec le bal des sorcières, qui s'était déroulé pendant leur deuxième année. Tous trois s'en souvenaient très bien et comprenaient l'intérêt de cet objectif.
Quant à celui de trouver les familles de Sang-Purs... Oui, elle leur avait demandé de l'aide. Elle leur avait dit que ça venait d'une discussion avec Alice. Qu'elle était curieuse de l'histoire de la Grande Bretagne et ses anciennes familles aux racines "pures".
Elle n'avait pas parlé du Merlin au sens propre, leur avait pas fait visité le QG non plus : désormais celui-ci lui appartenait. Enfin, plus maintenant, et perdre cette mine d'or d'informations et d'entrainements... non, ce n'était pas le moment pour la nostalgie.
Il y avait eu ce moment en famille, après l'enterrement de l'arrière-grand-mère durant les vacances de Noël, ou ses cousins avaient manifesté le sentiment d'injustice qu'ils avaient ressenti à être rejeté par leur propre famille. Pas autant qu'Élicia, son père et son frère, mais tout de même. Et proches comme ils étaient, Maxence, Tess et Lyam avaient tous les trois été outrés de la façon, l'irrespect avec lequel on avait traité leur oncle, leur cousine et leur cousin.
Face à la colère qu'avait manifesté Maxence en particulier, et la froideur de Tess... Élicia avait parlé. Sans en dire trop. Seulement... "Peut-être qu'il y aurait une solution, plus tard".
Elle s'en était tenue là, le cœur gonflé de voir sa famille la défendre avec autant de conviction. Ils avaient cherché à en savoir plus, évidemment. Peut-être avaient-ils fait le lien avec Alice. Surtout si celle-ci débarquait à l'improviste chez elle et parlait non pas d'un "lien" ou de leur "amitié" mais d'une "entente".
Alors, Élicia fixa de ses yeux bleus ses cousins, dans l'attente d'une réponse qui, elle l'espérait, ne ferait pas tout brûler. Ils pouvaient être un atout non négligeable pour le Merlin mais elle préférait avant savoir ce qu'Alice voulait en faire. Ce n'était pas pour rien qu'elle lui avait dit ne pas se sentir suffisamment apte à être responsable d'un groupe pareil. Entrainer sa famille sans savoir si ça serait envisageable... Elle mourrait d'envie de tout leur partager, et peut-être était-ce maintenant le moment.
- Votre entente ? Tess regarda sa cousine, un sourcil arqué en signe d'interrogatiçon.
- Elle a juste dit que vous aviez eu l'idée d'entrainer les plus jeunes pour ne pas revivre la même chose qu'il y a six ans, commença Maxence, son regard posé sur le visage d'Alice.
- Pourquoi cette question ? demanda Lyam, son regard présentant une expression sincère de curiosité.
Rien sur les Sangs-Purs. Peut-être devait-elle lui dire elle-même... Au risque qu'elle l'apprenne plus tard. Enfin, pour le moment, il valait mieux laisser ses cousins parler. Si elle commençait à se justifier, ça paraîtrait suspect, Alice pourrait penser qu'elle avait des choses à cacher.
Alors Élicia se contenta de tourner le visage vers sa cheffe, attendant sa réaction, et sa réponse.
855
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Tout reconstruire sur un tas de cendres
La question était simple, mais plongea pourtant la fratrie Caldin dans la perplexité. Voir les sourcils arqués et les regards curieux rassuraient Alice. Plus particulièrement, ce fut la réponse de Maxence qui parvint à l’apaiser totalement. Elicia n’avait donné qu’une infime partie de la vérité sur le Merlin.
« Pour savoir à quel point Elicia vous fait confiance », répondit Alice en offrant un sourire à Lyam. Elle récupéra sa tasse de thé, et en bu une gorgée avant de la reposer sur la table.
Quelle était la valeur de la confiance d’Elicia ? Alice ne se faisait point d’illusion : elle valait bien moins que la sienne. Alors quel crédit donner aux révélations faîtes à ses cousins ? Que penser du peu d’information qu’Elicia avait consenti à leur donner ?
Finalement, la satisfaction d’Alice avait été de bien courte durée. Ils ne savaient rien de plus que ce que Elicia avait bien voulu leur dire, et ce fut volontaire.
Alice tourna la tête vers Elicia. Elle ne dit rien, pendant de longues secondes, se contentant de la fixer comme si elle trouverait des réponses dans le fond de ses yeux bleus.
Est-ce par loyauté que tu ne leur à rien dis de plus ?
Ou est-ce par manque de confiance en ton propre sang ?
Elle aurait aimé lui poser la question de vive voix. Savoir ce qui avait amené Elicia à leur parler pour finalement leur en dire peu. Alice ne comprenait pas ce choix, car il était illogique.
Et l’illogisme ne lui plaisait pas.
Alors Alice décida de ne plus prendre Elicia en compte pour le moment. Elle se tourna vers Maxence, le frère qui, jusqu’à présent, en avait dit plus que les deux autres.
« Et qu’en penses-tu ? »
« Pour savoir à quel point Elicia vous fait confiance », répondit Alice en offrant un sourire à Lyam. Elle récupéra sa tasse de thé, et en bu une gorgée avant de la reposer sur la table.
Quelle était la valeur de la confiance d’Elicia ? Alice ne se faisait point d’illusion : elle valait bien moins que la sienne. Alors quel crédit donner aux révélations faîtes à ses cousins ? Que penser du peu d’information qu’Elicia avait consenti à leur donner ?
Finalement, la satisfaction d’Alice avait été de bien courte durée. Ils ne savaient rien de plus que ce que Elicia avait bien voulu leur dire, et ce fut volontaire.
Alice tourna la tête vers Elicia. Elle ne dit rien, pendant de longues secondes, se contentant de la fixer comme si elle trouverait des réponses dans le fond de ses yeux bleus.
Est-ce par loyauté que tu ne leur à rien dis de plus ?
Ou est-ce par manque de confiance en ton propre sang ?
Elle aurait aimé lui poser la question de vive voix. Savoir ce qui avait amené Elicia à leur parler pour finalement leur en dire peu. Alice ne comprenait pas ce choix, car il était illogique.
Et l’illogisme ne lui plaisait pas.
Alors Alice décida de ne plus prendre Elicia en compte pour le moment. Elle se tourna vers Maxence, le frère qui, jusqu’à présent, en avait dit plus que les deux autres.
« Et qu’en penses-tu ? »
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Tout reconstruire sur un tas de cendres
Ils s'étaient bien débrouillés. Ses cousins avaient répondu à Alice sans trop en dire non plus, et au visage de l'irlandaise, cela semblait... La satisfaire ? La rassurer ? Ou seulement lui montrer qu'Élicia pouvait tenir sa langue ?
Difficile de déchiffrer ses expressions, pourtant la rousse savait qu'en cas de colère de la part de son invitée, elle le sentirait. Alice avait le don d'électrifier l'air de la pièce sans bouger le petit doigt, avec la simple vibration de sa personne.
Quand Alice tourna son visage vers elle, Élicia n'eut pas de mal à voir son esprit s'échauffer derrière ses yeux. Que pensait-elle des révélations de Maxence ? Parce que des trois, c'était lui qui avait réellement répondu à la question de sa cousine.
Élicia ne détourna pas le regard, affrontant celui d'Alice, ses questions silencieuses. Ce duel n'avait rien d'un échange doux et amical : la cheffe du Merlin la testait pour savoir si elle pouvait vraiment lui faire confiance. Ça ne pouvait être que ça. Et quelque part, la jeune fille en fut vexée.
Depuis tout ce temps, toutes ses années, alors que tant d'autres étaient partis, elle était restée. Elle avait écouté les indications d'Alice après leur entrevue à Beauxbâtons, avait fait des recherches, s'était entraînée. Elle avait rappelé les autres sans succès. Et malgré son idée de recruter de nouveaux membres, dont ses cousins, pensant qu'Alice ne souhaiterait pas revenir avec un Merlin complètement décimé... Eh bien elle n'avait rien fait. S'était contentée de s'entrainer, aider les plus jeunes dans le club de duel - et la demande de Miss Jenkins à s'occuper du club un après-midi l'avait grandement aidé pour ça aussi - avec l'aide de Maxence la plupart du temps... Voilà comment Alice faisait confiance à sa dernière et seule recrue.
Élicia pouvait comprendre l'importance du mouvement aux yeux d'Alice. Elle même ne serait pas restée si elle n'y croyait pas encore. Si elle ne croyait pas qu'elles pouvaient réussir à changer les choses pour tous. Mais elle n'était plus que la dernière, et seule Alice ne pourrait pas relever le mouvement. Sans prétention aucune, elle avait bien réussi une fois à le créer... Mais recommencer de zéro serait bien plus difficile. Surtout qu'après son départ en France... Elle n'avait plus tant d'attache au Royaume-Unis. La rousse n'avait peut-être pas un répertoire très important, mais sa famille oui. Son père comme journaliste. Ses oncles et tantes aussi grâce à leur fonctions. Notamment les parents des triplés.
Vexée, la jeune sorcière essaya de ne rien laisser paraître, gardant son regard dans celui d'Alice jusqu'à ce que celle-ci le détourne sans rien dire, pour s'adresser à Maxence. Futé comme il était, il avait certainement compris qu'il se passait quelque chose. Pour qu'Alice vienne comme ça à l'improviste déjà...
- C'est une excellente idée. Avec tout ce qui est arrivé depuis notre entrée à Poudlard - le bal, l'attaque du Poudlard Express, le Dominion... - il me semble assez évident que la magie est une arme de défense importante. Et parfois, les cours ne suffisent pas. Ils nous apprennent ce qu'il y a à savoir, mais ne nous apprennent pas à les utiliser dans les bons moments et c'est ce qui nous fait défaut lorsque ces évènements surviennent.
Les yeux du jeune homme s'étaient détachés de ceux d'Alice pour glisser sur sa joue et l'enchantement qui cachait la signature de cette soirée, des années plus tôt. Des quatre Caldin, c'était Maxence qui avait le moins oublié ces évènements. Il était camarade d'Alice à l'époque, et comme beaucoup, n'avait rien pu faire à part se cacher le soir du bal. Trop jeune pour se défendre face à la menace qui s'était présentée. Ses regrets se lisaient dans son regard tandis qu'il le ramenait dans celui d'Alice.
Maxence n'avait jamais caché à sa cousine la raison qui l'avait poussé à accepter quand elle lui avait demandé de l'aide pour entrainer les autres. Si plus jeune il était plus égoïste et se fichait quelque peu du sort des autres... Eh bien, il avait grandi. Ses évènements l'avaient marqué à jamais, et c'était pour cette raison qu'il s'était orienté dans la filière Auror, avant de viser la GEAD. Pour protéger, comme sa cousine, ceux qui ne le pouvait pas.
Ce n'était pas de cette manière qu'il le disait, mais Élicia le comprenait.
C'était pour cette raison qu'elle leur faisait confiance, à eux trois. Seulement... Elle avait besoin de l'approbation d'Alice d'abord.
Difficile de déchiffrer ses expressions, pourtant la rousse savait qu'en cas de colère de la part de son invitée, elle le sentirait. Alice avait le don d'électrifier l'air de la pièce sans bouger le petit doigt, avec la simple vibration de sa personne.
Quand Alice tourna son visage vers elle, Élicia n'eut pas de mal à voir son esprit s'échauffer derrière ses yeux. Que pensait-elle des révélations de Maxence ? Parce que des trois, c'était lui qui avait réellement répondu à la question de sa cousine.
Élicia ne détourna pas le regard, affrontant celui d'Alice, ses questions silencieuses. Ce duel n'avait rien d'un échange doux et amical : la cheffe du Merlin la testait pour savoir si elle pouvait vraiment lui faire confiance. Ça ne pouvait être que ça. Et quelque part, la jeune fille en fut vexée.
Depuis tout ce temps, toutes ses années, alors que tant d'autres étaient partis, elle était restée. Elle avait écouté les indications d'Alice après leur entrevue à Beauxbâtons, avait fait des recherches, s'était entraînée. Elle avait rappelé les autres sans succès. Et malgré son idée de recruter de nouveaux membres, dont ses cousins, pensant qu'Alice ne souhaiterait pas revenir avec un Merlin complètement décimé... Eh bien elle n'avait rien fait. S'était contentée de s'entrainer, aider les plus jeunes dans le club de duel - et la demande de Miss Jenkins à s'occuper du club un après-midi l'avait grandement aidé pour ça aussi - avec l'aide de Maxence la plupart du temps... Voilà comment Alice faisait confiance à sa dernière et seule recrue.
Élicia pouvait comprendre l'importance du mouvement aux yeux d'Alice. Elle même ne serait pas restée si elle n'y croyait pas encore. Si elle ne croyait pas qu'elles pouvaient réussir à changer les choses pour tous. Mais elle n'était plus que la dernière, et seule Alice ne pourrait pas relever le mouvement. Sans prétention aucune, elle avait bien réussi une fois à le créer... Mais recommencer de zéro serait bien plus difficile. Surtout qu'après son départ en France... Elle n'avait plus tant d'attache au Royaume-Unis. La rousse n'avait peut-être pas un répertoire très important, mais sa famille oui. Son père comme journaliste. Ses oncles et tantes aussi grâce à leur fonctions. Notamment les parents des triplés.
Vexée, la jeune sorcière essaya de ne rien laisser paraître, gardant son regard dans celui d'Alice jusqu'à ce que celle-ci le détourne sans rien dire, pour s'adresser à Maxence. Futé comme il était, il avait certainement compris qu'il se passait quelque chose. Pour qu'Alice vienne comme ça à l'improviste déjà...
- C'est une excellente idée. Avec tout ce qui est arrivé depuis notre entrée à Poudlard - le bal, l'attaque du Poudlard Express, le Dominion... - il me semble assez évident que la magie est une arme de défense importante. Et parfois, les cours ne suffisent pas. Ils nous apprennent ce qu'il y a à savoir, mais ne nous apprennent pas à les utiliser dans les bons moments et c'est ce qui nous fait défaut lorsque ces évènements surviennent.
Les yeux du jeune homme s'étaient détachés de ceux d'Alice pour glisser sur sa joue et l'enchantement qui cachait la signature de cette soirée, des années plus tôt. Des quatre Caldin, c'était Maxence qui avait le moins oublié ces évènements. Il était camarade d'Alice à l'époque, et comme beaucoup, n'avait rien pu faire à part se cacher le soir du bal. Trop jeune pour se défendre face à la menace qui s'était présentée. Ses regrets se lisaient dans son regard tandis qu'il le ramenait dans celui d'Alice.
Maxence n'avait jamais caché à sa cousine la raison qui l'avait poussé à accepter quand elle lui avait demandé de l'aide pour entrainer les autres. Si plus jeune il était plus égoïste et se fichait quelque peu du sort des autres... Eh bien, il avait grandi. Ses évènements l'avaient marqué à jamais, et c'était pour cette raison qu'il s'était orienté dans la filière Auror, avant de viser la GEAD. Pour protéger, comme sa cousine, ceux qui ne le pouvait pas.
Ce n'était pas de cette manière qu'il le disait, mais Élicia le comprenait.
C'était pour cette raison qu'elle leur faisait confiance, à eux trois. Seulement... Elle avait besoin de l'approbation d'Alice d'abord.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Tout reconstruire sur un tas de cendres
Du bout de ses doigts, Alice effleura sa joue chauffée par le regard de Maxence. Sous leurs pulpes, elle sentait l’enchantement vibrer de magie. Il se désagrégeait avec lenteur, coulant le long de sa peau, laissant apercevoir les lettres qui furent gravée dans sa chair lorsqu’elle n’était qu’une enfant.
Épaisses, irrégulières, écrites par une main trop brutale pour être humaine. Traitresse. Chaque entaille dessinait une vallée rougeâtre dans la pâleur de sa peau. Alice sentait encore les boursoufflures des chairs refermées à vif, les fissures où le sang avait jadis coagulé, les cicatrices devenues des liserés sombres, comme si le mot lui avait été incrusté au fer, une marque de bétail.
Alice n’avait que douze ans.
L’enchantement se liquéfia à nouveau, avalant sa balafre. Alice se redressa, son menton plus haut, son regard se plantant dans celui de Maxence.
Traîtresse.
Carry regretterait un jour d’avoir choisi ce mot pour désigner Alice. D’avoir vu en elle celle qui n’hésiterait jamais à se faire égide et guerrière.
Alice lui donnerait raison. Peut-être même passerait-elle la remercier, juste avant de faire flamber son précieux empire.
Ah… Traitresse.
Ce mot prendrait bientôt tout son sens.
« Et si je te disais que je veux voir le Conseil des Sorciers tomber, que je souhaite annihiler tout ce qu’il est, tout ce qu’il est aspiré à devenir, trouverais-tu toujours qu’il s’agit d’une excellente idée ? »
Alice ne le lâchait pas des yeux, cherchant à voir son regard vaciller, son souffle se couper. Au diable les deux autres. Ils garderaient le secret pour leur frère.
La réaction d’Elicia, quant à elle, n’intéressait pas Alice puisqu’elle la connaissait déjà. Elle hausserait gravement les sourcils, sa mâchoire se décrocherait, sa peau blanchirait à vue d’oeil. Elle jetterait un regard moribond à à Lyam et Tessa, puis à Maxence.
Et enfin, à Alice, peut-être avec la même flamme qu’elle voulait voir brûler dans ses yeux bleus.
Épaisses, irrégulières, écrites par une main trop brutale pour être humaine. Traitresse. Chaque entaille dessinait une vallée rougeâtre dans la pâleur de sa peau. Alice sentait encore les boursoufflures des chairs refermées à vif, les fissures où le sang avait jadis coagulé, les cicatrices devenues des liserés sombres, comme si le mot lui avait été incrusté au fer, une marque de bétail.
Alice n’avait que douze ans.
L’enchantement se liquéfia à nouveau, avalant sa balafre. Alice se redressa, son menton plus haut, son regard se plantant dans celui de Maxence.
Traîtresse.
Carry regretterait un jour d’avoir choisi ce mot pour désigner Alice. D’avoir vu en elle celle qui n’hésiterait jamais à se faire égide et guerrière.
Alice lui donnerait raison. Peut-être même passerait-elle la remercier, juste avant de faire flamber son précieux empire.
Ah… Traitresse.
Ce mot prendrait bientôt tout son sens.
« Et si je te disais que je veux voir le Conseil des Sorciers tomber, que je souhaite annihiler tout ce qu’il est, tout ce qu’il est aspiré à devenir, trouverais-tu toujours qu’il s’agit d’une excellente idée ? »
Alice ne le lâchait pas des yeux, cherchant à voir son regard vaciller, son souffle se couper. Au diable les deux autres. Ils garderaient le secret pour leur frère.
La réaction d’Elicia, quant à elle, n’intéressait pas Alice puisqu’elle la connaissait déjà. Elle hausserait gravement les sourcils, sa mâchoire se décrocherait, sa peau blanchirait à vue d’oeil. Elle jetterait un regard moribond à à Lyam et Tessa, puis à Maxence.
Et enfin, à Alice, peut-être avec la même flamme qu’elle voulait voir brûler dans ses yeux bleus.
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Tout reconstruire sur un tas de cendres
Maxence ne cilla pas lorsque l'enchantement couvrant la joue d'Alice se dissipa, pour révéler l'affreuse balafre.
Et Élicia connaissait suffisamment son cousin pour savoir qu'il dissimulait sa fureur et ses souvenirs bouillants de cette soirée là derrière un visage qu'il gardait aussi neutre que possible.
Quant à Lyam et Tess, aucun n'avaient oublié, pourtant la vu de la cicatrice les surpris. Peut-être parce qu'ils n'avaient jamais eu l'occasion de la voir de cette manière, d'aussi près.
Élicia, elle, ne tiqua pas. Alice avait tombé le masque devant elle, une fois, et si la vue de ce mot lourd de sens n'était jamais agréable et rappelait bien des souvenirs qu'elle souhaitait oublier, c'était aussi un rappel de la raison de son combat. De leur combat. De celui d'Alice, gravé dans sa chaire à jamais.
Le Conseil devait payer pour son esprit si fermé et l'éducation mauvaise qu'il avait donné à ses enfants. Plus jamais personne ne devait être traité de la sorte. Ni une Sang-Pure, ni aucun autre sorcier, aucune autre sorcière.
L'enchantement se remit en place, et Maxence garda son regard fixé sur Alice. Il n'eut aucun mouvement de recul, ni même une expression de surprise ou de colère quand les mots de leur invitée retentir dans la salle à manger silencieuse.
Aucun hoquet de surprise, rien. Aucun bruit, pas même celui d'une horloge.
C'était comme si le coeur d'Élicia s'était arrêté, tandis qu'elle observait tour à tour ses cousins, curieuse et anxieuse à l'idée de voir leur réaction.
Lyam ne bougeait plus, sa main tenant sa fourchette juste au dessus de son assiette, arrêtée dans son elan. Il sondait Alice de ses yeux clairs, essayant de comprendre si elle bluffait ou si elle était serieuse. Manifestement, ce qu'il comprit ne parut pas le surprendre plus que ça. Il détourna son regard pour le poser sur Élicia, qui observait déjà Tess. Ses sourcils sombres froncés, elle semblait... Satisfaite. Comme si Alice avait enfin répondu à une question qu'elle se posait depuis longtemps. Ses yeux affichaient une sombre détermination. Et ses lèvres étaient relevées en un fin sourire... Identique à celui qu'affichait Maxence.
Tels les deux faces d'une même pièce, Tess et Maxence arboraient la même expression de détermination. Et ce feu glacial couvait dans leur deux regards similaires.
Mais le sourire qui s'agrandissait sur le visage du jeune homme... Il n'avait rien de doux, ni de moqueur. C'était ce qui effrayait le plus sa cousine : un sourire près à mettre le feu partout, pour peu qu'Alice lui en fasse la demande.
Élicia, elle, ne savait comment réagir. Il était évident que sa famille était du même avis qu'Alice. Au moins en partie. Et vu la façon dont elle venait de leur donner son "plan"... Elle devait certainement leur faire confiance.
Enfin, concernant Alice Sangblanc, c'était un bien grand mot. Disons qu'elle ne considérait pas les triplés comme une menace pour ses affaires. Peut être même les voyait elle comme des possibles alliés.
- Alors je te répondrais que le Conseil est à toi, si tu m'en laisses une petite part.
Le sourire de Maxence se fit plus carnassier encore lorsqu'il se posa sur Élicia qui le regardait, à la fois fière et apeurée par ce qu'elle lisait sur son visage.
Une loyauté sans faille.
La jeune sorcière commença à se demander si son cousin ne serait pas prêt à faire absolument n'importe quoi pour sa famille. Y compris commettre un meurtre pour eux.
Et Élicia connaissait suffisamment son cousin pour savoir qu'il dissimulait sa fureur et ses souvenirs bouillants de cette soirée là derrière un visage qu'il gardait aussi neutre que possible.
Quant à Lyam et Tess, aucun n'avaient oublié, pourtant la vu de la cicatrice les surpris. Peut-être parce qu'ils n'avaient jamais eu l'occasion de la voir de cette manière, d'aussi près.
Élicia, elle, ne tiqua pas. Alice avait tombé le masque devant elle, une fois, et si la vue de ce mot lourd de sens n'était jamais agréable et rappelait bien des souvenirs qu'elle souhaitait oublier, c'était aussi un rappel de la raison de son combat. De leur combat. De celui d'Alice, gravé dans sa chaire à jamais.
Le Conseil devait payer pour son esprit si fermé et l'éducation mauvaise qu'il avait donné à ses enfants. Plus jamais personne ne devait être traité de la sorte. Ni une Sang-Pure, ni aucun autre sorcier, aucune autre sorcière.
L'enchantement se remit en place, et Maxence garda son regard fixé sur Alice. Il n'eut aucun mouvement de recul, ni même une expression de surprise ou de colère quand les mots de leur invitée retentir dans la salle à manger silencieuse.
Aucun hoquet de surprise, rien. Aucun bruit, pas même celui d'une horloge.
C'était comme si le coeur d'Élicia s'était arrêté, tandis qu'elle observait tour à tour ses cousins, curieuse et anxieuse à l'idée de voir leur réaction.
Lyam ne bougeait plus, sa main tenant sa fourchette juste au dessus de son assiette, arrêtée dans son elan. Il sondait Alice de ses yeux clairs, essayant de comprendre si elle bluffait ou si elle était serieuse. Manifestement, ce qu'il comprit ne parut pas le surprendre plus que ça. Il détourna son regard pour le poser sur Élicia, qui observait déjà Tess. Ses sourcils sombres froncés, elle semblait... Satisfaite. Comme si Alice avait enfin répondu à une question qu'elle se posait depuis longtemps. Ses yeux affichaient une sombre détermination. Et ses lèvres étaient relevées en un fin sourire... Identique à celui qu'affichait Maxence.
Tels les deux faces d'une même pièce, Tess et Maxence arboraient la même expression de détermination. Et ce feu glacial couvait dans leur deux regards similaires.
Mais le sourire qui s'agrandissait sur le visage du jeune homme... Il n'avait rien de doux, ni de moqueur. C'était ce qui effrayait le plus sa cousine : un sourire près à mettre le feu partout, pour peu qu'Alice lui en fasse la demande.
Élicia, elle, ne savait comment réagir. Il était évident que sa famille était du même avis qu'Alice. Au moins en partie. Et vu la façon dont elle venait de leur donner son "plan"... Elle devait certainement leur faire confiance.
Enfin, concernant Alice Sangblanc, c'était un bien grand mot. Disons qu'elle ne considérait pas les triplés comme une menace pour ses affaires. Peut être même les voyait elle comme des possibles alliés.
- Alors je te répondrais que le Conseil est à toi, si tu m'en laisses une petite part.
Le sourire de Maxence se fit plus carnassier encore lorsqu'il se posa sur Élicia qui le regardait, à la fois fière et apeurée par ce qu'elle lisait sur son visage.
Une loyauté sans faille.
La jeune sorcière commença à se demander si son cousin ne serait pas prêt à faire absolument n'importe quoi pour sa famille. Y compris commettre un meurtre pour eux.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off