PNJ Nos cœurs à distance

Août 2050
Mexico - Mexique
Forte chaleur et grand ciel bleu


Elle avait cogité pendant tout le trajet et si sa maman n’avait pas trop tiqué sur les nombreuses phases de réflexions silencieuses d’Aliénor, elle ne pourrait pas agir de la même façon face à Izel. Son avion atterrissait bientôt à l’aéroport de Mexico et étonnamment elle n’avait pas hâte. Elle avait évité le sujet la seule fois où elle avait eu Izel au téléphone depuis. Un appel qui lui avait brisé le cœur et qu’elle avait dû écourter la gorge en feu, nouée par ce sentiment de trahison et de culpabilité. Elle en avait parlé avec Fiona et Eliott, la meilleure façon de l’annoncer c’était en face, de toute façon elle ne pouvait plus annuler ces billets. Donc autant attendre de le voir et lui annoncer comme il le mérite, en face et pas via écran interposé. Heureusement pour elle, elle arrivait tard à Mexico et allait directement transplanner pour l’auberge sorcière dans laquelle elle logeait. Elle ne verrait Izel que le lendemain, ils s’étaient donné rendez-vous à la plage.

Une fois sur le sol Mexicain, Aliénor s’étonna de son espagnol. Elle avait vraiment progressé les cours pris avec cette application et l’effort qu’elle faisait dans ces lettres avec Izel et Camilla portaient leurs fruits. Comme prévu elle sortit de l’aéroport et fila vers un endroit désert avant de transplanner. Une fois dans la chambre de son auberge, la jeune fille se laissa tomber sur le lit et fixa le plafond comme si celui-ci avait la réponse à toutes ces questions. Elle avait imaginé cette scène un milliard de fois, elle l’avait décortiqué dans tous les sens et surprise : ça ne se passait jamais bien. Pourtant elle n’avait pas le choix, elle devait lui annoncer et ne pouvait plus reculer l’échéance, ce serait demain matin, sur une magnifique plage du Mexique qu’elle briserait le cœur de celui qui lui a volé le sien.

La nuit avait été horrible, elle n’avait que peu dormi et la jeune fille avait bien triste mine devant son petit déjeuner. Malgré tout elle devait faire un effort pour être présentable devant son copain qui allait, bientôt, ne plus l’être. Une fois habillée, maquillée elle fila à l’extérieur pour prendre un bus. Elle avait de l’avance, autant en profiter pour prendre les transports moldus et profiter du temps Mexicain. L’avantage de ne pas dormir c’était qu’on avait tout loisir de partir en avance.
Elle observait le paysage défiler derrière la vite, il faisait un grand ciel bleu, pas un nuage en vue, un temps parfait pour profiter de la plage en somme. Une fois à son arrêt, elle sortit et profita de l’horizon qui s’étalait devant elle. Elle trouva rapidement un endroit où s’installer et se déshabilla pour profiter pleinement du soleil en maillot de bain. Elle confirma à Izel qu’elle était sur place et lui laissa le temps d’arriver, tentant tant bien que mal de se laisser aller à un peu de calme avant la tempête qui allait lui tomber dessus. Elle ne pouvait s’en vouloir qu’à elle-même. Elle s’était mise seule dans cette situation. Elle n’avait pas su gérer la tentation, elle n’avait pas su gérer ses consommations de produits illicites… C’était sa faute.

Elle sursauta quand une main se posa sur son épaule et poussa un petit cri en se décalant sur le côté.

-Calme Ali, c’est moi.

-Izel.

Elle ne put se retenir de sourire, il avait grandi ! Son visage se faisait plus mature, son regard plus franc, qu’est ce qu’il était beau… Il lui sourit en retour et passa sa main droite sur la joue de la joueuse de quidditch avant de se pencher pour l’embrasser mais Aliénor se déroba. Izel se redressa immédiatement et fronça les sourcils. Ce comportement avait de quoi interloquer et Aliénor, baissant la tête, n’aidait pas à comprendre ce geste.

-Ali ?

Elle releva doucement la tête alors que le Mexicain croisait les bras sur sa poitrine, le regard toujours dur. Il avait visiblement grand besoin d’explications mais la jeune fille avait besoin de quelques secondes, le temps que son cerveau se calme.

-Je, assieds-toi, il faut que je te parle de quelque chose.

On ne pouvait pas faire pire comme amorce non ? Elle était certaine de pouvoir voir le cerveau d’Izel s’agiter derrière ces bouclettes alors qu’il s’installait doucement sans lâcher du regard le visage de la britannique qui, elle, ne savait plus où se mettre. Une fois à ces côtés, le garçon indiqua à Aliénor de parler d’un simple hochement de tête. Elle était certaine d’être passé au rouge carmin à l’heure qu’il était. Elle avala tant bien que mal sa salive et prit une grande inspiration en fermant les yeux avant d’enfin, accrocher le regard du garçon.

-Je t’aime Izel. Mais j’ai fait n’importe quoi.

Il se tendit immédiatement, sans dire un mot ce qui perturbait énormément la jeune fille. Certes elle connaissait le côté réservé voir taiseux du garçon, mais là c’était différent. Son regard pesait lourd sur la jeune fille qui avait énormément de mal à le soutenir. Mais elle se devait de le faire, elle ne pouvait pas se dérober.

-Je… il y a un mois un peu plus, j’ai fait une soirée ave d’autres étudiants de mon école. On a beaucoup bu, trop bu, enfin j’ai trop bu.

Elle pouvait voir l’ensemble de ces muscles se crisper au fil de ces mots et la gorge de la brune se faisait sèche. Visiblement le garçon semblait s’impatienter et quelques tics pouvaient se voir sur son visage.

-J’ai embrassé un garçon.

Un silence de plomb accueillit la nouvelle et Aliénor quitta les yeux du Mexicain ne pouvant plus soutenir son regard. Quelques secondes qui paraissaient comme des heures s’écoulèrent avant qu’Izel ne réagisse. Il se leva sans un mot et commença à faire les cents pas devant la jeune fille qui ne put faire autrement que de le regarder.

-C’est une blague ?

Elle ne répondit rien alors que le garçon accélérait le pas, tournant en rond comme un lion en cage.

-Putain Ali dis-moi que c’est une blague !

Enfin il s’arrêta et posa de nouveau ces yeux sur la jeune fille qui ramena ces genoux vers elle et les entoura de ces bras. Elle pivota doucement sa tête de gauche à droite, signifiant sa réponse négative. Ça n’avait rien d’une blague.

-Tu te fous de ma gueule ? T’as embrassé un autre gars ? Et quoi, t’as couché avec lui aussi ? Tu t’es prise pour la prostituée du village ?

Les mots étaient durs, prononcés en espagnol mais elle n’avait aucun mal à les comprendre.

-Putain mais qu’est-ce que tu fous là ? T’es venue ici pour ça ? Me dire que tu t’étais tapé un autre gars de ta putain d’école de merde ?

La respiration de la jeune fille se bloquait dans sa gorge et ces yeux ne bougeaient plus de l’horizon. Elle n’avait pas le droit de pleurer, c’était elle la coupable, elle ne pouvait pas infliger ça à Izel. Elle n’avait pas le choix que d’endurer les mots ravageurs emplis de colère, voir même de haine de celui qu’elle aimait.

-Et t’ose me dire que tu m’aimes ? T’ose m’envoyer des lettres ? Mais pourquoi t’as fait ça ?

Il s’arrêta de parler visiblement en attente d’une réponse qu’Aliénor ne pourrait pas lui donner. Sa gorge était nouée, si elle parlait elle éclaterait en sanglots elle le savait. Ces dents se plantèrent dans sa lèvre alors qu’elle tentait de se maitriser.

-Répond-moi Ali ! Pourquoi t’as fait ça ?

Il s’était baissé à son niveau, attrapant avec force ces bras et la forçant à le regarder ce qui acheva la jeune fille.

-J’ai été faible et stupide ! Je… j’aurais jamais du faire ça !

Les larmes collèrent immédiatement sur les joues de la jeune fille et Izel la lâcha violement pour marcher un peu. Encore une fois ces gestes étaient saccadés, compulsifs, respirant sa colère.

-Mais putain Ali ! Je t’aimais ! J’aurais tout fait pour toi et tu me fais ça ?

Cette fois-ci les yeux d’Izel étaient emplis de larmes ce qui brisa le cœur de la jeune fille. Elle lui faisait du mal et lui faire du mal lui en faisait à elle. Elle venait juste de tout gâcher, de ruiner cette histoire d’amour qui pourtant était si belle, de ruiner une amitié construite avec le temps et la distance. Elle s’en voulait tellement en voyant ce qu’elle perdait.

-Izel je suis désolée…

-Désolée ? T’étais désolée quand t’étais bourrée avec ce gars ? T’étais désolée quand tu l’as embrassé ? J’en ait rien a foutre que tu sois désolée !

Elle encaissait, elle ne pouvait faire que ça, encaisser et attendre.

-T’aurais pas du venir.

Il cracha ces derniers mots comme s’il parlait à une étrangère avant de partir, ramassant ces affaires et la laissant là. La batteuse elle était incapable de bouger, comme pétrifiée par ce qu’il venait de se passer. Elle n’avait nulle part où aller. Après tout après sa nuit à l’auberge ils avaient décider de passer les vacances chez Izel, plus économique et plus simple mais c’était raté. Mais là, Aliénor n’avait pas le cœur à réfléchir aux modalités. Elle lâcha juste prise, laissant ces larmes couler alors que son corps était comme inerte. Son âme était morte, son cœur en miettes et elle ne pouvait que s’en vouloir à elle-même.

Reducio
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Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel

PNJ Nos cœurs à distance
Elle avait pu avoir une nouvelle nuit à l’auberge, mais celle-ci était complète pour la suite du séjour de la jeune fille. Assise dans un café, elle tentait tant bien que mal de décaler son billet sans succès. Elle soupira devant son téléphone. Elle n’avait pas vraiment d’autre choix. Elle n’avait pas beaucoup de points de chute au Mexique et la seule personne qui lui venait en tête c’était Camilla. Mais elle était certaine que la Mexicaine avait immédiatement dû avoir un débrief avec Izel donc elle risquait de ne pas être très bien accueillit. Malgré tout, n’ayant d’autres choix, Aliénor tenta d’appeler la jeune femme. Au bout de plusieurs sonneries, une voix froide répondit au téléphone.

-Aliénor.

-Camilla je…

-Qu’est-ce que tu veux ?

-Non rien, je suis désolée.

-Ouais ben soi-le, c’est la moindre des choses. T’as bien merdé.

Elle raccrocha aussi tôt et Aliénor laissa tomber son front sur ces mains croisés sur la table. Pourquoi elle n’y avait pas pensé plus tôt, elle aurait pu réserver l’auberge plus longtemps mais non, elle n’y avait absolument pas réfléchi !

Sa journée était morose, elle trainait dans la ville, elle avait certes un petit itinéraire de visite en tête mais elle cochait les cases une par une sans être capable de s’émerveiller. Elle cherchait surtout un hôtel pour l’instant, un point de chute pas trop couteux qui lui permettrait de passer quelques nuits avant de trouver une solution pour rentrer chez elle plus rapidement. Mais alors qu’elle passait dans une énième rue de Mexico son téléphone sonna dans sa poche et le nom qui s’afficha surprit la jeune fille.

-Camilla ?

-T’as pas d’endroit où dormir c’est ça ?

-Je… Je veux pas te déranger mais…

-Rejoint-moi au bar, je t’envoie l’adresse par message, on pourra discuter comme ça.

Camilla avait toujours eu cette image calme et sûre d’elle aux yeux d’Aliénor. Une force de caractère qui était capable de calmer tout le monde autour de soi et analyser toutes les situations. Cependant, même si la britannique estimait énormément sa capacité de pardon, elle ne s’attendait pas à ce que la jeune femme revienne si vite sur ces paroles. Aliénor ne perdit pas de temps et rentra l’adresse dans son téléphone. Ce n’était pas en ville, c’était dans une petite ville un peu plus loin en périphérie.

C’est après une petite heure de bus qu’Aliénor arriva devant le lieu de rendez-vous. Elle rentra dans le bar, une ambiance chaleureuse et calme régnait dans le lieu. Un bar somme tout agréable et encore peu rempli à cette heure. L’étudiante n’eut pas vraiment de mal à trouver son amie. Si elle était encore son amie. Elle s’approcha, salua Camilla avant de s’installer face à elle. La mexicaine releva les yeux vers elle et sembla la scanner quelques instants avant de soupirer.

-Il est au fond du trou.

Cette simple phrase brisa le cœur de la jeune fille et la fatigue de la journée ne lui permit pas de retenir la larme qui coula sur sa joue. Aliénor ne pouvait rien y faire, elle avait fait n’importe quoi, elle ne pouvait qu’assumer ces actions.

-Tu veux bien me raconter ?

Aliénor prit une grande inspiration avant de commencer son récit. Elle raconta tout à Camilla qui l’écoutait en silence, piochant parfois dans son verre au cours du récit. La joueuse de quidditch ne lésinait pas sur les détails. Elle racontait tout, ces ressentis, ces émotions, les aléas qu’elle avait pu rencontrer au cours de l’année, son manque de communication avec Izel, ces doutes, et ces discussions avec ces amis. Tout y passait et étrangement, ça lui faisait extrêmement de bien.

-C’est sûr qu’il ne s’attendait pas à ça en te retrouvant pour les vacances.

-Je m’en doute, mais je ne pouvais pas juste lui envoyer un message, il méritait mieux que ça.

-J’imagine. Les relations à distance ce n’est jamais facile à gérer. N’empêche que ce Bryan à l’air atroce !

-M’en parle pas, j’ai vraiment fait ressortir mes vieux démons avec lui.

-Bon. Je t’en veux parce que tu as fait du mal à Izel. Mais je ne peux pas te laisser errer dans Mexico toute seule, donc tu peux dormir à l’appart.

-C’est vrai ? Merci beaucoup Camilla !

-Tu reste mon amie, même si tu as fait n’importe quoi.

Ce n’était qu’un bien faible rayon de soleil dans la tempête qu’elle vivait, mais elle devait garder espoir. Peut-être que ce rayon de soleil présageait une percée dans ce ciel bien noir au-dessus de la tête de la jeune Britannique.

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Elle ne pouvait pas rester chez Camilla toute la journée, rester sans rien faire alors que la mexicaine elle, faisait sa vie. Aliénor allait donc en ville, faisait quelques courses pour aider son amie à l’appart et tenter de préparer quelques bons petits plats. Quelques jours passèrent comme ça et même si sa relation avec Izel semblait enterrée Camilla était d’une véritable aide dans ce moment de tourmente.

-Allez ce soir tu viens avec nous !

-Quoi ?

-J’en ai marre de te laisser te morfondre ici le soir, ce soir tu sors au bar avec nous pour te changer les idées. C’est non négociable.

-J’veux vraiment pas m’imposer, je suis pas de très bonne compagnie ces derniers temps…

-Arrête un peu, tu fais que courir tous les matins, faire des petits plats hyper bons et hyper sains, te balader dans la ville tu dois la connaitre comme jamais et te rouler en boule devant des comédies romantiques en pleurant le soir. T’as besoin de casser ta routine ma belle.

-Je me roule pas en boule !

-Ali…

-Ok, ok je viens.

-Et tu te changes, tu me feras le plaisir de te faire belle.

-Sérieux Camilla, j’ai pas tellement envie là.

-Ça fait partie du processus de guérison !

Elle avait presque l’impression d’être face à Fiona mais en plus doux c’était assez perturbant. Finalement, en moins de temps qu’il ne faut pour y réfléchir elle se retrouva en robe, parée pour une soirée avec la mexicaine. Dans un bar, avec des amis à elle. Aliénor avait parfois du mal à suivre le rythme de leurs discussions endiablés, mais elle s’amusait beaucoup et surtout, elle ne pensait plus à son correspondant et au poids qu’elle avait dans le cœur. Poids qui ne semblait pas être près de disparaitre. Elle ne savait pas quoi faire, si elle devait lui envoyer un message, le revoir pour s’expliquer à froid comme elle avait pu le faire avec Camilla, mais Izel… Il devait être si mal, elle ne pouvait pas lui imposer ça, ce serait cruel. Mais peut-être que ça lui permettrait de passer à autre chose aussi, de ne pas rester sur de la rancœur. En plus elle avait la chance d’être là. Mais elle ne reviendrait pas au Mexique d’aussi tôt et partir en se haïssant n’était pas non plus le but de la jeune fille.

Une main se posa sur l’épaule de la jeune fille. Camilla l’observait et lui offrit un sourire bienveillant.

-Essaye de ne pas trop y penser.

Comment faisait-elle ? Elle semblait lui avoir pardonné ce qu’elle avait fait et ne choisissait pas de camp entre elle et Izel. Camilla était comme un ange tombé du ciel, juste et bienveillant et rien ne l’obligeait à être aussi agréable avec Aliénor pourtant, elle était adorable.

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Elle avait essayé de contacter Izel, mais il avait refusé de voir la jeune fille, ce qu’Aliénor pouvait totalement comprendre, elle ne pouvait pas s’imposer dans la vie du garçon à ce moment-là. Mais grâce à Camilla visiblement très motivée à ce que les deux anciens amoureux aient une discussion avait convaincu le garçon de les retrouver dans un lieu un peu perdu en forêt, un lac dans lequel ils avaient l’habitude d’aller enfants.

Aliénor avait donc suivi Camilla et se retrouvait, les pieds au bord de l’eau avec la jeune femme à ces côtés en train d’anticiper tant bien que mal la future discussion et toutes les potentielles tournures que cela pouvait prendre. Mal, mal et mal, voilà comment ça allait tourner. Mais de toute façon elle n’avait plus le temps de se questionner, Izel venait d’arriver. Aliénor se leva d’un coup, comme montée sur ressorts et sonda le visage du garçon qui se voulait visiblement fermé. Mais malgré la distance et leur relation singulière, elle connaissait très bien le garçon et décelait sans mal la tristesse dans son regard. Elle risqua un fin sourire ce qui fit se détourner les yeux du garçon de la jeune fille. Il salua Camillia qui s’éclipsa pour laisser les deux jeunes gens seuls.

-Salut Izel.

-Salut.

-Je tenais à te le dire à nouveau, je suis désolée, je sais que je ne pourrais jamais réparer ce que j’ai fait, mais je le regretterais toute ma vie.

-C’est bon Ali je sais.

Cette phrase troubla quelque peu la jeune fille qui se redressa et observa le garçon comme si elle le découvrait pour la première fois.

-Je… j’étais pas tout blanc non plus.

Il s’assit au bord de l’eau et Aliénor l’imita tout en restant à l’écoute du garçon.

-Cette fille qui est rentrée dans l’équipe. On est assez vite devenus amis, elle me faisait penser à toi, fonceuse, peur de rien… Mais je pense qu’elle ne m’a jamais vu comme un ami et au fond, je le savais. Je l’ai laissé faire, me draguer, sans rentrer dans son jeu, mais je ne l’ai jamais arrêté. C’est pour ça que j’ai dû te paraitre plus distant, je me sentais mal quand je t’écrivais et toi… T’es lettres étaient si belles, tu me disais des choses incroyables alors que je savais que ce que je faisais était mauvais.

-Izel…

-Ali s’il te plait attend.

-Il ne s’est jamais rien passé entre elle et moi, j’ai mis fin à ces espoirs et lui ait fait comprendre que j’étais pris en fin d’année. Elle avait l’air si triste. Je sais que cette distance a pu te faire douter. Mais passer à l’acte c’est autre chose Ali. Tu m’as brisé le cœur, à chaque fois que je marche dans Mexico j’ai l’impression de nous revoir. T’es partout, dans ma tête, dans mes souvenirs et t’as tout arraché d’un coup.

-C’était une erreur je le sais et c’est pas mon rôle, je veux dire je pense que pour l’instant je ne suis pas la personne dont t’as besoin pour ça, mais si je peux aider en quoi que ce soit je serais toujours là pour toi Izel. Oui cette distance dans nos lettres me faisait de la peine, les coups de téléphone écourtés aussi, mais ce que j’ai fait est impardonnable je le sais.

-J’ai dit à Camilla que c’était pas grave si tu logeais chez elle, que je ne lui en voulais pas et que si elle voulait qu’on sorte avec des amis c’était pas grave si t’étais là.

-Merci Izel.

-Ouais…

Leur relation était encore tendue certes, il y avait encore beaucoup de poids dans le cœur des deux exs, mais au moins ils avaient mis les choses à plat. Maintenant le temps devait faire son œuvre, cicatriser les cœurs et apaiser les âmes.

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Elle avait donc pu passer quelques temps avec Izel et ces amis, pas vraiment seuls à seuls et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Ça devait être déjà assez douloureux pour lui. Mais grâce à ce léger apaisement elle avait pu passer des vacances correctes, visiter de nouveaux lieux et sortir avec le petit groupe d’amis de Camilla ou Izel. Elle en arrivait au dernier jour de ces vacances et un élan de mélancolie l’envahissait doucement. Ces vacances avaient un goût vraiment spécial, elle venait de rompre avec Izel avec qui elle était tout de même en couple depuis plus d’un an, elle avait passé deux merveilleuses semaines, avait renforcé son amitié avec Camilla… Bref, partir donnait l’impression de refermer à tout jamais une page de sa vie qui pourtant laissera à vie une trace. C’était pour ça qu’aujourd’hui elle se rendait dans ce tatoo shop pour se faire tatouer. Son tout premier tatouage réalisé au Mexique. Pour elle, ça coulait de source, elle se ferait tatouer un alberjies. Elle avait réalisé le dessin sans trop de problème représentant un jaguar, félin typiquement mexicain recouvert de milles couleurs.

Son talent en dessin lui permettait de se faire comprendre sans trop rentrer dans les détails par le tatoueur. Celui-ci étant moldu, elle ne voulait pas se retrouver dans une panade sans nom à devoir expliquer ce qu’était un alebrijes dans la fiction de sa vie. Parce que de nos jours, les moldus croyaient un peu près tout ce qu’on leur disait. A la moindre gaffe, elle expliquait ces bourdes par la toute nouvelle série de niche sur une mode de sorcellerie. Bien plus simple qu’avant.

Camilla était venue avec elle pour réaliser son tatouage. Elle en avait déjà deux sur le corps mais plus petit que celui dessiné par la jeune fille. En même temps tous les détails devaient rentrer et ce n’était pas évident sur une petite zone.

-Il est très beau.

Commenta la Mexicaine en observant le résultat final. Aliénor était ravie, certes elle venait de lâcher beaucoup d’argent pour cette pièce, mais ce souvenir allait rester avec elle toute sa vie alors quelque part, ça valait le coup.

-Je veux juste éviter de vous oublier. Après tout sans Izel… Je ne reviendrais pas d’aussitôt.

-Oh Ali… Saches que tu auras toujours une amie ici, et je suis certaine qu’Izel aussi sera toujours là pour toi. Il doit juste cicatriser avant.

Les mots de l’étudiante firent beaucoup de bien à Aliénor. Il y avait peut-être un espoir d’amitié entre elle et son correspondant ? Ce serait merveilleux. Elle sourit tendrement à la plus âgée avant d’observer à nouveau son tatouage dans la glace. Elle ne les oublierait jamais c’était certain.

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Son regard s’arrêta sur l’entrée de l’aéroport. Camilla n’avait pas pu l’accompagner donc elle était venue seule. La dernière fois qu’elle avait fait ce trajet, elle était avec Izel et sa maman, tout avait changé depuis ce jour. La britannique pris une grande inspiration avant de passer les portes du bâtiment c’est alors que son téléphone sonna dans sa poche. Elle s’arrêta pour décrocher.

-Ne rentre pas si vite.

-Izel ? Mais pourquoi tu…

-Retournes-toi.

La joueuse de quidditch obéit et se retourna, posant les yeux de l’autre côté de la route devant l’aéroport, elle vit Izel, téléphone sur l’oreille et souriant. Il était venu ? Pour lui dire aurevoir ? la jeune fille était profondément touchée par ce geste et ne se rendit même pas compte que le garçon avait raccroché. Il traversa la rue et se planta devant elle alors qu’elle laissait doucement retomber sa main le long de son corps.

-Qu’est ce que…

-Ali… Je peux pas supprimer de ma vie tout ce qu’on a vécu. Alors oui ces vacances ne se sont pas du tout passées comme prévu et je t’en veux beaucoup. Mais tu me connais mieux que personne, j’ai vécu trop de choses avec toi pour te laisser partir comme ça.

Aliénor fit alors un pas en avant et enlaça son ancien petit-ami. Elle le senti se contracter sous cette étreinte, mais il ne la repoussa pas. C’était certainement trop tôt, mais elle en profita une seconde avant de s’éloigner du garçon. Elle laissa ces yeux trainer quelques secondes au sol, cachant son trouble avant de les relever vers celui qu’elle aimait toujours.

-Merci beaucoup Izel. J’imagine que ça n’a pas dû être simple.

-A force de cogiter je me rends compte de certaines choses.

-Oh il est capable de réfléchir ! Incroyable, ça c’est un scoop.

-Tais-toi Ali.

Il la poussa gentiment du plat de la main avant d’indiquer d’un coup de menton l’entrée de l’aéroport.

-Faudrait pas rater ton vol.

-C’est vrai.

Il l’accompagna jusqu’aux portiques de sécurité. Elle se sentait bien plus légère profitant simplement de ce moment avec le garçon. Tout était encore trop frais et des tas de sentiments passaient dans le cerveau de la jeune fille, son cœur battait trop vite et pourtant son souffle était si calme. Il n’y avait plus de haine, juste des sentiments à éclaircir et c’était bien mieux comme ça.

-Tu crois qu’on pourra rester amis ?

C’était ce qu’elle souhaitait. Enfin elle croyait, mais elle ne voulait pas abandonner leur relation, c’est tout ce dont elle était sûre.

-On peut essayer.

Il sourit à la jeune fille et lui tendit la main, comme pour sceller cet accord. Bien trop formel au goût de la jeune fille qui ne fit que frapper dans la main du garçon avant de tendre son poing en avant pour terminer ce check improvisé auquel Izel répondit visiblement avec plaisir ce qui accentua le sourire de la jeune fille qui échangea un clin d’œil complice avec son ex-copain.

-A plus Izel. Fait pas trop de conneries.

-Je suis pas comme toi moi, j’évite de faire des conneries.

Aïe… ça faisait mal. Certainement un peu tôt pour la jeune fille, mais elle prenait, elle l’avait mérité. Elle salua une dernière fois le garçon d’un signe de main avant de passer les différents points de sécurité. Une page de sa vie se tournait, il était temps pour elle d’en commencer une nouvelle. Elle avait peur, elle ne savait pas vraiment vers où elle se dirigeait mais tout ce qu’elle savait c’est qu’elle avait un objectif clair : Devenir la meilleure joueuse de quidditch que l’ISMI ait formé et intégrer une équipe. Et si en plus elle pouvait faire ravaler sa fierté à ce connard de Bryan, ce serait le combo gagnant.

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