Recherche de rédemption
Les paroles de son ancienne camarade n'étaient pas étonnantes. Elle piquait ce qui revenait a un type de discussion que les deux femmes connaissaient bien. Revenir en terrain connu donc, c'était plus simple surtout à cette heure de la journée. Un fin sourire et ira les lèvres de la jeune fille, une blague lui venant en tête. Mais elle eut un moment d'attente. Avec n'importe qui elle l'aurait sorti du tac au tac, s'amusant de sa propre réponse mais avec Aelle... Elle ne pouvait pas être si naturelle, si familière. Malgré tout, elle restait ici, contre son grès certes mais par acquis de conscience, donc autant ne pas trop réfléchir non plus. De toute façon Aelle voulait oublier donc pourquoi retenir son naturel? Elle aura oublié demain matin non ?
-Je t'ai dit, un smoothie protéiné.
Son sourire s'étira quelque peu mais elle ne se permis pas de rire. Elle leva le nez au ciel, vers les verres qui volaient a une cadence raisonnable en cette soirée de semaine. Vraiment le week-end était une toute autre ambiance qui devait certainement plus plaire au responsable. Quoi que, le calme de ces soirées avait aussi un peu de charme. Un charme plus intimiste, plus discret, plus personnel.
-Un cocktail à la jacinthe, sans alcool.
Elle en avait goûté une fois avec alcool, mais c'était étonnamment bon et sans effets indésirables comme les shots qu'elle avait pu partagé avec cette même personne qui partageait sa table aujourd'hui. Elle laissa d'ailleurs son regard retomber sur elle. Aliénor ne savait pas si c'était assez fun pour Aelle, certainement pas et de toute façon elle n'en avait ps grand chose à faire. C'était sucré et c'est tout ce qu'il fallait à la jeune fille pour tenir une conversation avec Bristyle. Malgré tout, elle se pencha à nouveau en avant le regard inquisiteur et un sourire en coin qu'elle ne devait pas avoir eu l'occasion de voir souvent. Elle fit passer sa langue sur sa cabine avant de faire siffler quelques mots, les lèvres à peine ouvertes comme pour limiter ces efforts.
-Et toi alors, que prends-tu pour oublier?
Que prenait Aelle Bristyle dans ces moments de débauche ? Qu'était elle quand elle perdait le contrôle quand elle oubliait tout ce qui pouvait se passer autour d'elle ? Que devenait-elle quand elle était vulnérable à le merci du moindre esprit malin ? Était-elle toujours autant sur la défensive ? Devenait-elle un être nouveau, humain et agréable ? Se transformait-elle complètement faisant tomber les masques ? Alienor se sentait en position de force. Elle sobre en pleine possession de ces moyens et Aelle livrée aux déboires de l'alcool. Mais peut-être regrettera-t-elle cette sensation quand il faudra sortir Aelle de force, pliant sous le poids de l'ivresse et son corps mutant péniblement contre les effets de cette drogue pourtant acceptée socialement? Peu importe, là elle voilait savoir, en apprendre un peu plus sur cette fille qu'elle n'avait jamais réussi à cerner et qui pourtant intrigait beaucoup de monde à Poudlard et avait été choisi par un être d'une sagesse sans égale. Zikomo, que trouvais-tu a cette fille en déperdission?
521 mots
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
-Je t'ai dit, un smoothie protéiné.
Son sourire s'étira quelque peu mais elle ne se permis pas de rire. Elle leva le nez au ciel, vers les verres qui volaient a une cadence raisonnable en cette soirée de semaine. Vraiment le week-end était une toute autre ambiance qui devait certainement plus plaire au responsable. Quoi que, le calme de ces soirées avait aussi un peu de charme. Un charme plus intimiste, plus discret, plus personnel.
-Un cocktail à la jacinthe, sans alcool.
Elle en avait goûté une fois avec alcool, mais c'était étonnamment bon et sans effets indésirables comme les shots qu'elle avait pu partagé avec cette même personne qui partageait sa table aujourd'hui. Elle laissa d'ailleurs son regard retomber sur elle. Aliénor ne savait pas si c'était assez fun pour Aelle, certainement pas et de toute façon elle n'en avait ps grand chose à faire. C'était sucré et c'est tout ce qu'il fallait à la jeune fille pour tenir une conversation avec Bristyle. Malgré tout, elle se pencha à nouveau en avant le regard inquisiteur et un sourire en coin qu'elle ne devait pas avoir eu l'occasion de voir souvent. Elle fit passer sa langue sur sa cabine avant de faire siffler quelques mots, les lèvres à peine ouvertes comme pour limiter ces efforts.
-Et toi alors, que prends-tu pour oublier?
Que prenait Aelle Bristyle dans ces moments de débauche ? Qu'était elle quand elle perdait le contrôle quand elle oubliait tout ce qui pouvait se passer autour d'elle ? Que devenait-elle quand elle était vulnérable à le merci du moindre esprit malin ? Était-elle toujours autant sur la défensive ? Devenait-elle un être nouveau, humain et agréable ? Se transformait-elle complètement faisant tomber les masques ? Alienor se sentait en position de force. Elle sobre en pleine possession de ces moyens et Aelle livrée aux déboires de l'alcool. Mais peut-être regrettera-t-elle cette sensation quand il faudra sortir Aelle de force, pliant sous le poids de l'ivresse et son corps mutant péniblement contre les effets de cette drogue pourtant acceptée socialement? Peu importe, là elle voilait savoir, en apprendre un peu plus sur cette fille qu'elle n'avait jamais réussi à cerner et qui pourtant intrigait beaucoup de monde à Poudlard et avait été choisi par un être d'une sagesse sans égale. Zikomo, que trouvais-tu a cette fille en déperdission?
521 mots
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Recherche de rédemption
Sa réponse me fait ciller. L'espace d'un instant, je suis absolument persuadée que c'est ce qu'elle veut boire : un smoothie protéiné. Alors mes yeux se mettent à fouiller la pièce à la recherche d'une carte quelconque ou d'un panneau sur lequel serait écrit le menu. Comment savoir si le Pitiponk sert réellement des smoothies protéinés ? Dans un pub, ce serait étonnant, n'est-ce pas ? Je vais peut-être devoir demander au verre directement et s'il ne s'élève pas vers le plafond cela signifiera certainement que cette boisson n'est pas disponible. J'ouvre déjà la bouche pour tenter l'expérience mais voilà, sur le chemin je lance un énième regard perplexe en direction de Delphillia et je tombe sur ce sourire qui lui étire les lèvres. Assez bref, mais bien présent. Alors je comprends seulement que c'était une blague. Oui, une blague, Aliénor Delphillia qui fait une blague. Je ferme la bouche et me permet une légère grimace ironique quand elle lève les yeux vers le plafond comme pour vérifier que les voies de circulation fonctionnent bien — comme si une catastrophe avait pu arriver parce qu'elle vient de faire une blague à Aelle Bristyle. Une catastrophe aurait très bien pu arriver, comme la Terre qui s'arrête de tourner ou la magie qui disparaît dans le monde par exemple, comme si l'univers entier trébuchait parce qu'il vient de se passer quelque chose d'incroyable à une table du pub Le Pitiponk.
Enfin, elle me donne sa réelle commande et cette fois-ci, je ne fais rien pour cacher la moue amusée qui passe sur mes traits. Parce que cette fois-ci ça ne ressemble pas à une blague mais que la commande n'est pas pour autant totalement habituelle. Je ne savais pas que quoi que ce soit à la jacinthe pouvait être comestible. Je ne sais pas pourquoi je suis étonnée de découvrir les goûts particuliers de Delphillia. Je pensais qu'une fille comme elle buvait des boissons banales. Cela lui serait mieux allé. Lui découvrir des goûts étonnants, c'est comme si on me disait : elle n'est peut-être pas celle que tu crois. Et c'est assez dérangeant. Tout comme est dérangeant ce regard qu'elle me lance, bordé d'un énième sourire que je ne comprends pas et d'une question lancée sur un ton léger qui me fait encore une fois ciller, les lèvres légèrement entrouvertes et sans qu'aucun son n'en sorte le temps que je parvienne à rassembler mes pensées.
Je détourne le regard pour retrouver une contenance. Pour m'y aider, je glisse mes pièces restantes dans le verre.
« Un cocktail à la jacinthe, sans alcool s'il vous plaît, » commandé-je machinalement sans oublier la formule de politesse nécessaire si on ne veut pas se recevoir sur la tête le contenu de son verre — cela ne m'est arrivé qu'une seule fois à cause d'un simple oubli et je ne risque pas d'oublier la leçon.
Je dirige mes yeux plissés vers Delphillia quand le verre s'échappe de mes mains pour aller rejoindre les voies de circulation.
« La jacinthe ? Aussi bizarre que le smoothie protéiné. »
Ce petit commentaire est partagé d'une voix narquoise, mais exempt du moindre jugement. À vrai dire, je me fiche de ce qu'elle boit, mais j'aime assez l'idée de pouvoir lui lancer des piques comme cela, parce que c'est ce que nous faisons depuis toujours. Sauf que ce soir, je n'ai pas particulièrement envie (plus envie) de la voir sortir de ses gonds.
Je me rencogne contre le dossier de ma chaise. Je n'ai pas oublié la question qu'elle m'a posée, mais je suis perturbée par la façon dont elle l'a formulée. Que prends-tu pour oublier ? Pour oublier, je prends en général quelque chose qui est fort. Oublier dans sa bouche, cela sonne un peu négativement, parce qu'elle m'a fait comprendre que pour elle le bon comportement était le contraire de l'oubli. Alors pourquoi ne suis-je pas gênée et n'ai-je pas la moindre difficulté à assumer qu'effectivement, j'ai envie d'oublier ? Peut-être parce que nous ne nous sommes jamais montrées sous un masque, l'une avec l'autre ; j'ai toujours été profondément moi-même avec cette fille qui attise ma colère. Cela me semble normal de l'être également quand je veux oublier les mauvaises choses qui me font souffrir et qui me hantent constamment.
« Un "Souffle du dragon", dis-je finalement en haussant les épaules, les yeux tournés vers le plafond. J'sais pas trop ce que c'est. Je sais seulement qu'y a du rhum. » Un bref regard dans sa direction. « Beaucoup de rhum. »
Enfin, elle me donne sa réelle commande et cette fois-ci, je ne fais rien pour cacher la moue amusée qui passe sur mes traits. Parce que cette fois-ci ça ne ressemble pas à une blague mais que la commande n'est pas pour autant totalement habituelle. Je ne savais pas que quoi que ce soit à la jacinthe pouvait être comestible. Je ne sais pas pourquoi je suis étonnée de découvrir les goûts particuliers de Delphillia. Je pensais qu'une fille comme elle buvait des boissons banales. Cela lui serait mieux allé. Lui découvrir des goûts étonnants, c'est comme si on me disait : elle n'est peut-être pas celle que tu crois. Et c'est assez dérangeant. Tout comme est dérangeant ce regard qu'elle me lance, bordé d'un énième sourire que je ne comprends pas et d'une question lancée sur un ton léger qui me fait encore une fois ciller, les lèvres légèrement entrouvertes et sans qu'aucun son n'en sorte le temps que je parvienne à rassembler mes pensées.
Je détourne le regard pour retrouver une contenance. Pour m'y aider, je glisse mes pièces restantes dans le verre.
« Un cocktail à la jacinthe, sans alcool s'il vous plaît, » commandé-je machinalement sans oublier la formule de politesse nécessaire si on ne veut pas se recevoir sur la tête le contenu de son verre — cela ne m'est arrivé qu'une seule fois à cause d'un simple oubli et je ne risque pas d'oublier la leçon.
Je dirige mes yeux plissés vers Delphillia quand le verre s'échappe de mes mains pour aller rejoindre les voies de circulation.
« La jacinthe ? Aussi bizarre que le smoothie protéiné. »
Ce petit commentaire est partagé d'une voix narquoise, mais exempt du moindre jugement. À vrai dire, je me fiche de ce qu'elle boit, mais j'aime assez l'idée de pouvoir lui lancer des piques comme cela, parce que c'est ce que nous faisons depuis toujours. Sauf que ce soir, je n'ai pas particulièrement envie (plus envie) de la voir sortir de ses gonds.
Je me rencogne contre le dossier de ma chaise. Je n'ai pas oublié la question qu'elle m'a posée, mais je suis perturbée par la façon dont elle l'a formulée. Que prends-tu pour oublier ? Pour oublier, je prends en général quelque chose qui est fort. Oublier dans sa bouche, cela sonne un peu négativement, parce qu'elle m'a fait comprendre que pour elle le bon comportement était le contraire de l'oubli. Alors pourquoi ne suis-je pas gênée et n'ai-je pas la moindre difficulté à assumer qu'effectivement, j'ai envie d'oublier ? Peut-être parce que nous ne nous sommes jamais montrées sous un masque, l'une avec l'autre ; j'ai toujours été profondément moi-même avec cette fille qui attise ma colère. Cela me semble normal de l'être également quand je veux oublier les mauvaises choses qui me font souffrir et qui me hantent constamment.
« Un "Souffle du dragon", dis-je finalement en haussant les épaules, les yeux tournés vers le plafond. J'sais pas trop ce que c'est. Je sais seulement qu'y a du rhum. » Un bref regard dans sa direction. « Beaucoup de rhum. »
Recherche de rédemption
Une petite pique, voilà ce qu’elle eut comme réponse à sa petite blague. C’était pas mal. Elle n’allait pas non plus rire aux éclats avec Aelle Bristyle, mais la réponse indiquait un minimum de compréhension du second degré ce qui n’était pas non plus évident pour l’ancienne Poufsouffle, du moins dans l’esprit de la batteuse. Aliénor leva simplement ces sourcils pour toutes réponse à ces quelques mots. Elle n’avait certainement jamais gouté de smoothie protéiné, tout comme Aliénor en soi. Certes il lui arrivait de rajouter quelques goutes de potion de vitalité dans sa gourde mais elle n’avait jamais pris de protéines. Elle n’avait pas besoin de construire du muscle, elle avait besoin d’un corps fonctionnel et efficace à la batte alors pourquoi chercher à le modifier pour elle ne savait quel esthétisme.
Elle attendit patiemment que son verre n’arrive, d’un violet profond comme la plante, elle n’eut pas de mal à le repérer dans la valse des verres. Il descendit jusqu’à elle alors qu’elle examinait le verre d’Aelle. Du rhum, beaucoup de rhum. Visiblement elle se la jouait pirate des temps anciens. Corsaires alcooliques et autre matelots dévergondés seraient ravie de voir que leur héritage perdure. Le jugement pouvait être visible sur le visage d’Aliénor alors qu’elle attrapait son verre pour en boire une gorgée. Non pas qu’elle juge le comportement de son ancienne camarade. Ça, elle pouvait encore bien faire ce qu’elle voulait. Mais elle jugeait la substance contenue dans ces verres, sublimée, cachée et pourtant si sournoise. Un frisson parcourut la nuque de la jeune fille. Elle ne saurait dire pourquoi alors qu’elle reposait calmement son verre devant elle.
-Le rhum. Choix efficace, le but n’est donc pas de savourer avant de sombrer mais plutôt d’arriver vite au but.
Elle pencha la tête sur le côté, une moue compréhensive sur son visage. C’était logique, elle avait un but, elle ne prenait pas de détours, oublier, le plus rapidement possible. Elle fit tourner sa paille dans son cocktail alors qu’elle observait le verre au liquide ambré, voir rougeâtre dans le verre de l’ancienne étudiante. Oublier, c’était se mettre dans des états dans lequel il pouvait tout arriver, on n’est plus maitre de soi-même à ce moment-là et n’importe qui pourrait s’en prendre à nous. Par Merlin pourquoi pensait-elle soudainement à ça ? Elle tourna soudainement la tête se retrouvant face à son reflet dans la glace du pitiponk donnant sur l’extérieur. Elle ne risquait rien, elle n’était pas en danger. Mais au fond d’elle il y avait toujours ce doute, cette sensation qui l’habitait depuis qu’elle avait eu cette discussion avec ces anciens amis. Ils tueraient des sorciers s’il le fallait. Cette époque était certes révolue mais le secret magique était-il voué à rester caché ?
Aliénor soupira. Ces questionnements ne mèneraient nulle part aujourd’hui. Son visage retourna vers son verre et elle prit une nouvelle gorgée qui remis son esprit en place. La fraicheur du cocktail et son goût doux fit du bien à la jeune fille qui reposa un regard sur Bristyle. Elle arqua un nouveau sourcil, elle voulait savoir.
-Qu’est ce que tu fous maintenant ? J’veux dire, t’as fait tes études en sortilèges ok, mais maintenant ?
Rien ? Ce serait étonnant… Quoi que, qui travaillerait avec une personne pareille ?
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Elle attendit patiemment que son verre n’arrive, d’un violet profond comme la plante, elle n’eut pas de mal à le repérer dans la valse des verres. Il descendit jusqu’à elle alors qu’elle examinait le verre d’Aelle. Du rhum, beaucoup de rhum. Visiblement elle se la jouait pirate des temps anciens. Corsaires alcooliques et autre matelots dévergondés seraient ravie de voir que leur héritage perdure. Le jugement pouvait être visible sur le visage d’Aliénor alors qu’elle attrapait son verre pour en boire une gorgée. Non pas qu’elle juge le comportement de son ancienne camarade. Ça, elle pouvait encore bien faire ce qu’elle voulait. Mais elle jugeait la substance contenue dans ces verres, sublimée, cachée et pourtant si sournoise. Un frisson parcourut la nuque de la jeune fille. Elle ne saurait dire pourquoi alors qu’elle reposait calmement son verre devant elle.
-Le rhum. Choix efficace, le but n’est donc pas de savourer avant de sombrer mais plutôt d’arriver vite au but.
Elle pencha la tête sur le côté, une moue compréhensive sur son visage. C’était logique, elle avait un but, elle ne prenait pas de détours, oublier, le plus rapidement possible. Elle fit tourner sa paille dans son cocktail alors qu’elle observait le verre au liquide ambré, voir rougeâtre dans le verre de l’ancienne étudiante. Oublier, c’était se mettre dans des états dans lequel il pouvait tout arriver, on n’est plus maitre de soi-même à ce moment-là et n’importe qui pourrait s’en prendre à nous. Par Merlin pourquoi pensait-elle soudainement à ça ? Elle tourna soudainement la tête se retrouvant face à son reflet dans la glace du pitiponk donnant sur l’extérieur. Elle ne risquait rien, elle n’était pas en danger. Mais au fond d’elle il y avait toujours ce doute, cette sensation qui l’habitait depuis qu’elle avait eu cette discussion avec ces anciens amis. Ils tueraient des sorciers s’il le fallait. Cette époque était certes révolue mais le secret magique était-il voué à rester caché ?
Aliénor soupira. Ces questionnements ne mèneraient nulle part aujourd’hui. Son visage retourna vers son verre et elle prit une nouvelle gorgée qui remis son esprit en place. La fraicheur du cocktail et son goût doux fit du bien à la jeune fille qui reposa un regard sur Bristyle. Elle arqua un nouveau sourcil, elle voulait savoir.
-Qu’est ce que tu fous maintenant ? J’veux dire, t’as fait tes études en sortilèges ok, mais maintenant ?
Rien ? Ce serait étonnant… Quoi que, qui travaillerait avec une personne pareille ?
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Recherche de rédemption
Nos commandes se détachent du peloton de verres qui défilent au-dessus de nos têtes et descendent vers notre table. J'attrape le mien avant qu'il atterrisse et referme mes doigts sur le verre glacé. Un glaçon flotte dans le liquide ambré. Je ne suis pas sûre de beaucoup apprécier mes prochaines gorgées et alors que j'observe la lumière qui joue dans le liquide, je me demande pourquoi j'ai commandé quelque chose d'aussi puissant. J'aurais pu me contenter d'un cocktail qui m'aurait fait tourner la tête, qui ne m'aurait pas empêché de transplaner tout à l'heure, qui m'aurait permis de rentrer chez mon frère sans cogner contre tous les murs comme cela m'arrive régulièrement. Mais j'ai choisi de boire quelque chose qui m'aura totalement coupé de mes facultés d'ici une bonne heure. Pourquoi ?
La réponse me provient de Delphillia, une fois n'est pas coutume. Je lui jette un regard par-dessus mon verre. « Le but n’est donc pas de savourer avant de sombrer mais plutôt d’arriver vite au but ». Je la considère silencieusement, étonnée qu'elle ait compris aussi vite, et plus vite que moi, l'objectif de tout cela. Oui, songé-je en baissant les yeux sur mon verre, le but est d'arriver plus vite au but, peu importe si je dois boire quelque chose de dégoûtant sur le chemin. En réponse au regard curieux qu'elle pose encore sur moi, je hausse vaguement les épaules. Je n'ai rien à répondre à ça. Et son regard me met mal à l'aise, parce qu'il est exempt de tout jugement, comme si elle comprenait, comme si elle savait pourquoi je fais ça. Alors évidement, elle n'en sait rien, mais je sais qu'elle a déjà connu la sensation d'un verre comme celui-ci. Et à partir de là, ce n'est pas bien difficile de deviner qu'elle a déjà voulu arriver plus vite au but, elle aussi.
Mon malaise s'accentue et je garde mes yeux tournés vers la toile peinte sur le mur du fond du pub. Entre nous ne flotte que cette vérité toute simple, sans jugement, sans reproche, sans moquerie : le fait que je veuille oublier et que j'ai décidé de le faire grâce à l'alcool. Je pensais la jouer fière devant cette fille, dresser le menton, cacher le fait que je vais assez mal pour me retrouver dans un pub un mardi soir, mais ce n'est pas ce qui arrive, au contraire même. Et qu'elle sache me fait bizarre, me donne une sensation désagréable. Je remue sur mon siège. J'ai l'impression qu'elle me voit réellement et je n'ai pas décidé de si ça me donne envie de hurler ou si je n'en ai absolument rien à faire. Après tout, je me fiche de son avis, donc je me fiche qu'elle me trouve pitoyable, méprisable ou même qu'elle me juge. C'est la vérité : son avis ne compte pas. C'est peut-être pour cela que je me sens gênée : parce que je me rends compte que je peux facilement être moi-même avec elle. Quand cela consiste à s'insulter, c'est simple, facile. Mais quand il faut parler de choses sérieuses ? Tout à coup, cela prend une dimension très différente.
En parfait miroir, quand elle goûte à sa boisson je goûte à la mienne également. Pas de grimace sur son visage, contrairement au mien. J'avale difficilement ma gorgée qui me brûle l'œsophage. Merlin, que c'est fort ! Je tousse dans ma main en secouant la tête, le haut des pommettes rouges. Bon, ce n'est pas pire que ce que je bois quand je viens ici le samedi soir avec Rockfield et Johnson, n'est-ce pas ? Alors je prends une seconde gorgée et celle-ci est moins douloureuse que la précédente.
De l'autre côté de la table, Delphillia arque un sourcil et me pose une question — encore une qui est beaucoup plus intime que toutes les questions que nous nous sommes déjà posées par le passé. Un poids me tombe dans l'estomac. Ma gorge se noue. Pourtant, je continue de soutenir son regard. Ce que je fous dans la vie, hein ? Écoute, Delphillia, je passe ma vie à attendre un rendez-vous qui a lieu tous les jeudi à dix-sept heures. Je l'attends indéfiniment et plus j'attends, moins j'arrive à me concentrer sur le reste. Ce rendez-vous est le centre de ma vie. Quand ce n'est pas l'heure du thé le jeudi, je perds mon temps à boire des verres comme celui-ci, je traîne dans des lieux qui ne m'intéressent pas pour m'occuper, j'essaie de m'extirper de la mélasse sombre dans laquelle j'ai sombré, je me perds dans l'étude d'une magie qui s'amuse à exacerber toutes les horreurs que je ressens, qui s'en sert comme moteur pour sa puissance. Parfois, pendant une heure ou deux, j'arrive à trouver de l'intérêt pour quelque chose et j'étudie, j'ajoute quelques lignes sur un article commencé à il y a trois mois, je lis un ouvrage que je n'ai pas ouvert depuis des semaines, je me plonge dans mes recherches abandonnées il y a un an. Parfois, cela dure plusieurs heures, rarement une journée entière, puis après je me remets à attendre, après je continue de me torturer parce que cette douleur à l'intérieur de moi ne s'arrête jamais, elle bouffe tout, même le peu de motivation que j'arrive encore un peu à ressentir parfois. Tu veux savoir ce que je fous de ma vie, Delphillia ?
J'étire un sourire sans joie et baisse de nouveau les yeux vers ma boisson. Je camoufle toute ma rancœur et ma haine de moi-même dans une nouvelle gorgée qui m'arrache la gorge.
« Pas grand chose. »
L'aveu s'extirpe douloureusement de ma bouche. Je tourne la tête vers l'entrée du pub et observe le Comptoir des doléances sans réellement le voir. Il me semble apercevoir la silhouette d'un employé, là, derrière, mais je n'en suis pas sûre. Je n'ai aucune envie de regarder Delphillia car je sais que je ne pourrais pas soutenir son regard. Pas parce que j'ai peur de son jugement. Mais parce que j'ai peur que le mien se reflète dans ses yeux à elle.
« J'ai fait un an à l'AESM ouais, poursuis-je d'une voix rauque parce qu'il faut bien parler, et après... »
Le vide, le gouffre, les pensées qui s'arrêtent, la motivation qui dégringole, les jours qui n'ont plus de fin, les matins qui n'ont plus aucun intérêt, l'attente perpétuelle. Puis quand ce que tu attends depuis deux ans te revient, c'est la peur qui arrive et qui bouffe tout, la peur que tout s'arrête. Ou que tout recommence. Comment savoir ?
J'arrache mes yeux du Comptoir pour les tourner vers Delphillia dont le regard me brûle.
« Pas grand chose, dis-je pour seule conclusion en essayant d'ignorer ma gorge nouée. Et de ton côté ? »
Je n'ai même plus la force de faire croire que ça ne m'intéresse pas, de faire semblant de poser la question sans la poser. Alors je me contente de renvoyer la question et d'attendre avec sincérité la réponse, parce que je préfère autant que l'on parle d'elle si cela peut m'éviter de parler de moi. Et parce que j'ai l'impression d'être détachée de la réalité, tout à coup. Comme si je n'étais plus réellement là. Et cela n'a rien à voir avec l'alcool.
La réponse me provient de Delphillia, une fois n'est pas coutume. Je lui jette un regard par-dessus mon verre. « Le but n’est donc pas de savourer avant de sombrer mais plutôt d’arriver vite au but ». Je la considère silencieusement, étonnée qu'elle ait compris aussi vite, et plus vite que moi, l'objectif de tout cela. Oui, songé-je en baissant les yeux sur mon verre, le but est d'arriver plus vite au but, peu importe si je dois boire quelque chose de dégoûtant sur le chemin. En réponse au regard curieux qu'elle pose encore sur moi, je hausse vaguement les épaules. Je n'ai rien à répondre à ça. Et son regard me met mal à l'aise, parce qu'il est exempt de tout jugement, comme si elle comprenait, comme si elle savait pourquoi je fais ça. Alors évidement, elle n'en sait rien, mais je sais qu'elle a déjà connu la sensation d'un verre comme celui-ci. Et à partir de là, ce n'est pas bien difficile de deviner qu'elle a déjà voulu arriver plus vite au but, elle aussi.
Mon malaise s'accentue et je garde mes yeux tournés vers la toile peinte sur le mur du fond du pub. Entre nous ne flotte que cette vérité toute simple, sans jugement, sans reproche, sans moquerie : le fait que je veuille oublier et que j'ai décidé de le faire grâce à l'alcool. Je pensais la jouer fière devant cette fille, dresser le menton, cacher le fait que je vais assez mal pour me retrouver dans un pub un mardi soir, mais ce n'est pas ce qui arrive, au contraire même. Et qu'elle sache me fait bizarre, me donne une sensation désagréable. Je remue sur mon siège. J'ai l'impression qu'elle me voit réellement et je n'ai pas décidé de si ça me donne envie de hurler ou si je n'en ai absolument rien à faire. Après tout, je me fiche de son avis, donc je me fiche qu'elle me trouve pitoyable, méprisable ou même qu'elle me juge. C'est la vérité : son avis ne compte pas. C'est peut-être pour cela que je me sens gênée : parce que je me rends compte que je peux facilement être moi-même avec elle. Quand cela consiste à s'insulter, c'est simple, facile. Mais quand il faut parler de choses sérieuses ? Tout à coup, cela prend une dimension très différente.
En parfait miroir, quand elle goûte à sa boisson je goûte à la mienne également. Pas de grimace sur son visage, contrairement au mien. J'avale difficilement ma gorgée qui me brûle l'œsophage. Merlin, que c'est fort ! Je tousse dans ma main en secouant la tête, le haut des pommettes rouges. Bon, ce n'est pas pire que ce que je bois quand je viens ici le samedi soir avec Rockfield et Johnson, n'est-ce pas ? Alors je prends une seconde gorgée et celle-ci est moins douloureuse que la précédente.
De l'autre côté de la table, Delphillia arque un sourcil et me pose une question — encore une qui est beaucoup plus intime que toutes les questions que nous nous sommes déjà posées par le passé. Un poids me tombe dans l'estomac. Ma gorge se noue. Pourtant, je continue de soutenir son regard. Ce que je fous dans la vie, hein ? Écoute, Delphillia, je passe ma vie à attendre un rendez-vous qui a lieu tous les jeudi à dix-sept heures. Je l'attends indéfiniment et plus j'attends, moins j'arrive à me concentrer sur le reste. Ce rendez-vous est le centre de ma vie. Quand ce n'est pas l'heure du thé le jeudi, je perds mon temps à boire des verres comme celui-ci, je traîne dans des lieux qui ne m'intéressent pas pour m'occuper, j'essaie de m'extirper de la mélasse sombre dans laquelle j'ai sombré, je me perds dans l'étude d'une magie qui s'amuse à exacerber toutes les horreurs que je ressens, qui s'en sert comme moteur pour sa puissance. Parfois, pendant une heure ou deux, j'arrive à trouver de l'intérêt pour quelque chose et j'étudie, j'ajoute quelques lignes sur un article commencé à il y a trois mois, je lis un ouvrage que je n'ai pas ouvert depuis des semaines, je me plonge dans mes recherches abandonnées il y a un an. Parfois, cela dure plusieurs heures, rarement une journée entière, puis après je me remets à attendre, après je continue de me torturer parce que cette douleur à l'intérieur de moi ne s'arrête jamais, elle bouffe tout, même le peu de motivation que j'arrive encore un peu à ressentir parfois. Tu veux savoir ce que je fous de ma vie, Delphillia ?
J'étire un sourire sans joie et baisse de nouveau les yeux vers ma boisson. Je camoufle toute ma rancœur et ma haine de moi-même dans une nouvelle gorgée qui m'arrache la gorge.
« Pas grand chose. »
L'aveu s'extirpe douloureusement de ma bouche. Je tourne la tête vers l'entrée du pub et observe le Comptoir des doléances sans réellement le voir. Il me semble apercevoir la silhouette d'un employé, là, derrière, mais je n'en suis pas sûre. Je n'ai aucune envie de regarder Delphillia car je sais que je ne pourrais pas soutenir son regard. Pas parce que j'ai peur de son jugement. Mais parce que j'ai peur que le mien se reflète dans ses yeux à elle.
« J'ai fait un an à l'AESM ouais, poursuis-je d'une voix rauque parce qu'il faut bien parler, et après... »
Le vide, le gouffre, les pensées qui s'arrêtent, la motivation qui dégringole, les jours qui n'ont plus de fin, les matins qui n'ont plus aucun intérêt, l'attente perpétuelle. Puis quand ce que tu attends depuis deux ans te revient, c'est la peur qui arrive et qui bouffe tout, la peur que tout s'arrête. Ou que tout recommence. Comment savoir ?
J'arrache mes yeux du Comptoir pour les tourner vers Delphillia dont le regard me brûle.
« Pas grand chose, dis-je pour seule conclusion en essayant d'ignorer ma gorge nouée. Et de ton côté ? »
Je n'ai même plus la force de faire croire que ça ne m'intéresse pas, de faire semblant de poser la question sans la poser. Alors je me contente de renvoyer la question et d'attendre avec sincérité la réponse, parce que je préfère autant que l'on parle d'elle si cela peut m'éviter de parler de moi. Et parce que j'ai l'impression d'être détachée de la réalité, tout à coup. Comme si je n'étais plus réellement là. Et cela n'a rien à voir avec l'alcool.
Recherche de rédemption
Ça devrait la satisfaire non ? Elle devrait se sentir puissante elle, de construire son avenir alors qu’Aelle Bristyle est un sale déchet qui se bourre la gueule pour passer le temps, elle devrait admirer sa domination actuelle sur celle qui l’a longtemps surpassé dans bien des domaines. Parce que ce soir Bristyle était à terre et Aliénor était debout sans une égratignure sur le ring. Elle avait gagné cette confrontation et pourtant aucune joie n’était visible sur son visage, pas un rictus, pas un sourire en coin dont elle avait le secret, pas une mimique, son menton ne se relevait pas, ces muscles ne se bandaient pas… Elle restait là, à observer Aelle comme on observerait un animal blessé en train de mourir, comme si on avait donné un calmant qui atténue la douleur pour qu’il puisse partir en paix et sans douleur.
Pas grand-chose… Rien, elle ne faisait donc rien de sa vie et étrangement le visage d’Aliénor ne reflétait ni satisfaction ni compassion mais plutôt un étonnement léger. Comment cette fille ne pouvait rien faire, et comme payait-elle son loyer, sa nourriture, ces verres ? Le regard de la jeune fille tomba sur ce cocktail qu’elle lui avait fait payer. Elle se sentit mal, un peu, durant quelques secondes avant de se redresser et de poser un regard dur sur celle qui partageait sa table. Elle la jugeait oui, elle voulait oublier, soit, mais ne rien faire… C’était du gâchis, une perte de temps incommensurable, une ignominie que de laisser sa vie défiler sans rien faire, attendre que la mort vienne nous prendre en tentant d’oublier ce qui nous blessait intérieurement. La mâchoire de la batteuse se serra alors que le regard de son ancienne camarade de maison se posait partout dans le bar sauf pour elle. Pourquoi ça la touchait autant ? Pourquoi la colère montait en elle de savoir que cette fille qu’elle n’avait jamais appréciée soit en train de couler sans même essayer de s’attraper à quoi que ce soit ?
Elle but une nouvelle gorgée, ce qui calma un peu le feu qui commençait à bruler en elle. Elle trouvait un certain apaisement dans les saveurs de ce cocktail. Elle ne le nota pas vraiment ma sa respiration retrouva une voie plus normale, plus douce. Malgré tout, cette colère restait toujours présente et elle en voulait quand même à Aelle. Pourquoi ? Elles s’étaient tant battues, elles avaient toujours été rivales et leurs batailles étaient très souvent serrées alors pourquoi ? Si cette fille, si cette rivale tombait aussi facilement, qu’est-ce que ça voulait dire d’Aliénor ? Qu’elle était tombée face à une moins que rien ? Elle ne pouvait pas le croire. Aelle poursuivit sans ne rien dire de plus et retourna la question à Aliénor. Elle voulait savoir ? Elle voulait vraiment savoir ? Ok.
-Je suis en stage chez un entraineur personnel pour terminer mon année à l’ISMI, je rentre en deuxième année l’année prochaine avec la bourse que j’ai obtenue l’année dernière, j’arrête mon job à la radio pour m’inscrire dans un club amateur de quidditch à la rentrée pour me former et intégrer une équipe de la ligue par la suite.
Le contraste était fort. Presque trop fort mais le regard d’Aliénor ne sciait pas. Elle ne savait pas ce qu’il se passait dans la vie de cette fille pour qu’elle tombe aussi bas. Elle ne connaissait pas ces démons qu’elle fuyait ici. Elle n’avait aucune idée du réel quotidien de l’ancienne Poufsouffle. Une seule chose était certaine, elle devait avoir un déclic, trouver quelque chose qui la sorte de cette torpeur. La batteuse était certainement la moins bien placée pour faire en sorte qu’Aelle aie ce déclic. Mais elle ne la ménagerait pas. Elle ne ménagerait pas ces amis s’ils étaient dans cette position, alors encore moins son ennemie.
Elle but une nouvelle gorgée, longue, sans détacher son regard de celle qui lui faisait face. L’alcool ne devait pas aider, mais Aliénor la trouvait affaiblie, à la merci de ce qu’il pourrait se passer.
-C’est du gâchis.
Cracha-t-elle en reposant lourdement son verre sur la table et en détournant enfin le regard du visage d’Aelle. Elle le pensait réellement. C’était une sorcière de talent qui ne craignait pas d’explorer là où d’autres n’iraient pas. Elle n’avait pas peur de la magie sous toutes ces facettes. Elle pourrait inventer des sorts, écrire des livres de sortilèges, travailler pour une institution où une association, elle pourrait voyager pour trouver de nouvelles façons de pratiquer la magie, pour faire avancer le monde magique sur toutes les opportunités que la collaboration entre les différentes utilisations de la magie pourrait créer. Briser les barrières, franchir les murs érigés par des arriérés qui n’ont jamais accepté ce qui peut être une banalité ailleurs. Mais non, elle restait là, à s’enivrer sans but. Aliénor soupira de plus belle. Elle la laisserait faire, elle la laisserait oublier, elle s’assurait qu’elle rentre dans le magicobus ce soir et voilà. Elle remplirait sa mission et demain, elle irait travailler. Une chose était certaine, elle ne voulait pas finir comme ça. Si l’alcool avait pu lui manquer à un moment de la soirée, elle était plus sûre que jamais maintenant, elle ferait tout pour son avenir et pour avancer dans la bonne direction, aller droit au but, comme elle le faisait avec son oubli, mais elle, le ferait avec ces rêves.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Pas grand-chose… Rien, elle ne faisait donc rien de sa vie et étrangement le visage d’Aliénor ne reflétait ni satisfaction ni compassion mais plutôt un étonnement léger. Comment cette fille ne pouvait rien faire, et comme payait-elle son loyer, sa nourriture, ces verres ? Le regard de la jeune fille tomba sur ce cocktail qu’elle lui avait fait payer. Elle se sentit mal, un peu, durant quelques secondes avant de se redresser et de poser un regard dur sur celle qui partageait sa table. Elle la jugeait oui, elle voulait oublier, soit, mais ne rien faire… C’était du gâchis, une perte de temps incommensurable, une ignominie que de laisser sa vie défiler sans rien faire, attendre que la mort vienne nous prendre en tentant d’oublier ce qui nous blessait intérieurement. La mâchoire de la batteuse se serra alors que le regard de son ancienne camarade de maison se posait partout dans le bar sauf pour elle. Pourquoi ça la touchait autant ? Pourquoi la colère montait en elle de savoir que cette fille qu’elle n’avait jamais appréciée soit en train de couler sans même essayer de s’attraper à quoi que ce soit ?
Elle but une nouvelle gorgée, ce qui calma un peu le feu qui commençait à bruler en elle. Elle trouvait un certain apaisement dans les saveurs de ce cocktail. Elle ne le nota pas vraiment ma sa respiration retrouva une voie plus normale, plus douce. Malgré tout, cette colère restait toujours présente et elle en voulait quand même à Aelle. Pourquoi ? Elles s’étaient tant battues, elles avaient toujours été rivales et leurs batailles étaient très souvent serrées alors pourquoi ? Si cette fille, si cette rivale tombait aussi facilement, qu’est-ce que ça voulait dire d’Aliénor ? Qu’elle était tombée face à une moins que rien ? Elle ne pouvait pas le croire. Aelle poursuivit sans ne rien dire de plus et retourna la question à Aliénor. Elle voulait savoir ? Elle voulait vraiment savoir ? Ok.
-Je suis en stage chez un entraineur personnel pour terminer mon année à l’ISMI, je rentre en deuxième année l’année prochaine avec la bourse que j’ai obtenue l’année dernière, j’arrête mon job à la radio pour m’inscrire dans un club amateur de quidditch à la rentrée pour me former et intégrer une équipe de la ligue par la suite.
Le contraste était fort. Presque trop fort mais le regard d’Aliénor ne sciait pas. Elle ne savait pas ce qu’il se passait dans la vie de cette fille pour qu’elle tombe aussi bas. Elle ne connaissait pas ces démons qu’elle fuyait ici. Elle n’avait aucune idée du réel quotidien de l’ancienne Poufsouffle. Une seule chose était certaine, elle devait avoir un déclic, trouver quelque chose qui la sorte de cette torpeur. La batteuse était certainement la moins bien placée pour faire en sorte qu’Aelle aie ce déclic. Mais elle ne la ménagerait pas. Elle ne ménagerait pas ces amis s’ils étaient dans cette position, alors encore moins son ennemie.
Elle but une nouvelle gorgée, longue, sans détacher son regard de celle qui lui faisait face. L’alcool ne devait pas aider, mais Aliénor la trouvait affaiblie, à la merci de ce qu’il pourrait se passer.
-C’est du gâchis.
Cracha-t-elle en reposant lourdement son verre sur la table et en détournant enfin le regard du visage d’Aelle. Elle le pensait réellement. C’était une sorcière de talent qui ne craignait pas d’explorer là où d’autres n’iraient pas. Elle n’avait pas peur de la magie sous toutes ces facettes. Elle pourrait inventer des sorts, écrire des livres de sortilèges, travailler pour une institution où une association, elle pourrait voyager pour trouver de nouvelles façons de pratiquer la magie, pour faire avancer le monde magique sur toutes les opportunités que la collaboration entre les différentes utilisations de la magie pourrait créer. Briser les barrières, franchir les murs érigés par des arriérés qui n’ont jamais accepté ce qui peut être une banalité ailleurs. Mais non, elle restait là, à s’enivrer sans but. Aliénor soupira de plus belle. Elle la laisserait faire, elle la laisserait oublier, elle s’assurait qu’elle rentre dans le magicobus ce soir et voilà. Elle remplirait sa mission et demain, elle irait travailler. Une chose était certaine, elle ne voulait pas finir comme ça. Si l’alcool avait pu lui manquer à un moment de la soirée, elle était plus sûre que jamais maintenant, elle ferait tout pour son avenir et pour avancer dans la bonne direction, aller droit au but, comme elle le faisait avec son oubli, mais elle, le ferait avec ces rêves.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Recherche de rédemption
J'attendais qu'elle parle pour trouver le courage de rediriger mon regard vers elle. J'ai besoin qu'elle parle pour ne pas sentir le poids de son regard. J'ai besoin de ses mots pour ne pas penser à la question qu'elle m'a posée et à la réponse que je lui ai donné. Les doigts serrés autour de mon verre, j'attends jusqu'à ce qu'elle se mette effectivement à parler et là, enfin, j'arrive à détacher mes yeux de la toile au fond du bar pour les poser sur sa silhouette plongée dans la pénombre relative du bar.
Elle répond d'une voix assurée, en me regardant droit dans les yeux. Je ne sais pas pourquoi ses mots résonnent comme des armes, comme si elle plantait chacun d'eux à l'intérieur de mon corps. Elle répond avec la voix de celle qui a réussi, qui le sait et qui s'en servira pour faire quelque chose de son avenir. Elle m'en dit presque trop, si bien que le contraste avec ma propre réponse ne peut que m'apparaître plus évident encore. Je réponds « pas grand chose » et elle me sort un long paragraphe pour m'expliquer à quel point elle s'en sort dans sa vie. Un stage, une seconde année, une bourse... Elle rejoint même un club amateur de Quidditch, ce qui est certainement le début de la réussite dans ce monde-là que je ne connais pas du tout. Elle a même des projets pour la suite, des projets concrets, une idée très parfaite de ce qu'elle fera de sa vie.
Je ne me rends compte qu'après coup que ma gorge s'est nouée. Je ne sais pas trop pourquoi. Je hoche lentement la tête, je ne sais pas quoi répondre. Elle a clairement réussi. Son avenir est déjà tout écrit, ou peut-être pas, mais dans tous les cas elle en fera ce qu'elle voudra. Mon regard fouille son visage, juste avant que je détourne les yeux, par honte ou peut-être par malaise. Je connais ses traits par cœur. Elle a été mon ennemie durant une bonne partie de ma scolarité, cette fille que je m'efforçais d'ignorer dans les couloirs, à laquelle je lançais des regards sombres lorsque nos yeux se croisaient, à laquelle je m'opposais quand nous avions le malheur de nous parler — je me souviens du moindre de nos coups, de nos insultes. Elle réussit dans la vie et moi ça fait un an que je n'ai rien fait de bien. Absolument rien de bien. Rien de concret. Et mon avenir est aussi vide que le serra bientôt mon verre.
Sa voix m'arrache à mes pensées. Je ramène mes yeux sur elle en fronçant les sourcils. Pourquoi paraît-elle en colère, tout à coup ? Du gâchis ? De quoi parle-t-elle ? Une petite voix tout à l'intérieur essaie de me faire croire qu'elle parle de moi, mais c'est impossible parce qu'Alienor Delphillia se fiche bien de ce que je peux faire de ma vie. Alors je fronce davantage les sourcils, je penche la tête sur le côté pour mieux observer son profil qu'elle m'oppose puisqu'elle a décidé de ne plus me regarder.
« Pourquoi tu dis ça ? » je demande d'une voix un peu rauque.
Elle ne peut pas parler d'elle, parce que sa vie n'est clairement pas un gâchis. Mais elle ne peut pas parler de moi non plus, parce qu'elle se fiche de ce que je fais de ma vie. Alors de quoi parle-t-elle ? De ce moment que nous partageons ? Du temps qu'elle perd avec moi ?
Elle répond d'une voix assurée, en me regardant droit dans les yeux. Je ne sais pas pourquoi ses mots résonnent comme des armes, comme si elle plantait chacun d'eux à l'intérieur de mon corps. Elle répond avec la voix de celle qui a réussi, qui le sait et qui s'en servira pour faire quelque chose de son avenir. Elle m'en dit presque trop, si bien que le contraste avec ma propre réponse ne peut que m'apparaître plus évident encore. Je réponds « pas grand chose » et elle me sort un long paragraphe pour m'expliquer à quel point elle s'en sort dans sa vie. Un stage, une seconde année, une bourse... Elle rejoint même un club amateur de Quidditch, ce qui est certainement le début de la réussite dans ce monde-là que je ne connais pas du tout. Elle a même des projets pour la suite, des projets concrets, une idée très parfaite de ce qu'elle fera de sa vie.
Je ne me rends compte qu'après coup que ma gorge s'est nouée. Je ne sais pas trop pourquoi. Je hoche lentement la tête, je ne sais pas quoi répondre. Elle a clairement réussi. Son avenir est déjà tout écrit, ou peut-être pas, mais dans tous les cas elle en fera ce qu'elle voudra. Mon regard fouille son visage, juste avant que je détourne les yeux, par honte ou peut-être par malaise. Je connais ses traits par cœur. Elle a été mon ennemie durant une bonne partie de ma scolarité, cette fille que je m'efforçais d'ignorer dans les couloirs, à laquelle je lançais des regards sombres lorsque nos yeux se croisaient, à laquelle je m'opposais quand nous avions le malheur de nous parler — je me souviens du moindre de nos coups, de nos insultes. Elle réussit dans la vie et moi ça fait un an que je n'ai rien fait de bien. Absolument rien de bien. Rien de concret. Et mon avenir est aussi vide que le serra bientôt mon verre.
Sa voix m'arrache à mes pensées. Je ramène mes yeux sur elle en fronçant les sourcils. Pourquoi paraît-elle en colère, tout à coup ? Du gâchis ? De quoi parle-t-elle ? Une petite voix tout à l'intérieur essaie de me faire croire qu'elle parle de moi, mais c'est impossible parce qu'Alienor Delphillia se fiche bien de ce que je peux faire de ma vie. Alors je fronce davantage les sourcils, je penche la tête sur le côté pour mieux observer son profil qu'elle m'oppose puisqu'elle a décidé de ne plus me regarder.
« Pourquoi tu dis ça ? » je demande d'une voix un peu rauque.
Elle ne peut pas parler d'elle, parce que sa vie n'est clairement pas un gâchis. Mais elle ne peut pas parler de moi non plus, parce qu'elle se fiche de ce que je fais de ma vie. Alors de quoi parle-t-elle ? De ce moment que nous partageons ? Du temps qu'elle perd avec moi ?
Recherche de rédemption
Le silence après ces quelques mots balancés avec dédain ne tarda pas. Cependant il suffit à Aliénor pour se remémorer cette fois où elle avait utilisé la baguette d’Aelle. Cette baguette, elle n’était pas comme celles d’Ollivander, certainement faite par un autre fabriquant de baguette. Mais elle était puissance Aliénor s’en souvenait, de la rapidité, de la vivacité de cette baguette, mais aussi de l’énergie qu’elle demandait, du contrôle pour la manier. Elle n’avait lancé qu’un seul sort avec et pourtant elle pouvait en déduire que ce n’était pas une baguette qui choisirait un raté, quelqu’un qui ne fait que boire dans les bars.
Pourquoi ? Aliénor prit une grande inspiration sans poser les yeux sur Aelle, elle les laisser errer sur l’extérieur du bars, alternant entre la rue et son propre reflet. La voix d’Aelle était différente, rauque, profonde, faible. Presque comme si cette question ne devait pas être posée trop fort, qu’il ne fallait pas que cette discussion soit entendue et elle pouvait le comprendre. Mais entendue par qui ? La batteuse n’était pas contre frapper Aelle alors qu’elle était à terre, surtout si elle le demandait. Mais dans son état, était-ce vraiment une bonne idée ? L’étudiante coula un regard en biais sur son ancienne camarade de maison. Elle passa sa langue sur ces lèvres pour les humidifier puis tourna enfin la tête vers la sorcière.
La sportive laissa encore couler quelques secondes qui devaient être douloureuses pour son interlocutrice mais peu importe. Elle voulait trouver les mots, ceux qui exprimaient vraiment ce qu’elle pensait et ce peu importe s’ils étaient comme des scalpels dansants sur sa peau.
-Tu fais pas grand-chose…
Dit-elle avec une grimace de dégout, son regard passant du visage au buste d’Aelle et remontant vers ces yeux sombres. Un regard de jugement comme elle en faisait beaucoup.
-Je pensais m’être battue face à quelqu’un avec un minimum de force. Je croyais qu’un messager des rêves ne choisirait pas une sorcière de bas étages. J’imaginais que pour qu’une baguette comme la tienne te soi loyale tu devais être destinée à plus que…
Elle fit une nouvelle grimace laissant ces yeux tomber sur la table et sa tête aller de droite à gauche dans un hochement lancinant sans réel contrôle. Elle releva doucement les yeux vers le visage d’Aelle.
-Pas grand-chose…
Elle attrapa son verre et en but une nouvelle gorgée ce qui ne laissa qu’un fond dans le récipient. Elle soupira à nouveau.
-J’ai du me tromper.
Elle posa les yeux sur le verre d’Aelle. Il n’était pas encore vide, elle espérait qu’elle n’en reprendrait pas un après, sinon elle irait voir le barman pour l’avertir de l’état d’ivresse de l’ancienne Poufsouffle et elle partirait, parce que voir ce spectacle ne lui apportait rien mis à part de la déception.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Pourquoi ? Aliénor prit une grande inspiration sans poser les yeux sur Aelle, elle les laisser errer sur l’extérieur du bars, alternant entre la rue et son propre reflet. La voix d’Aelle était différente, rauque, profonde, faible. Presque comme si cette question ne devait pas être posée trop fort, qu’il ne fallait pas que cette discussion soit entendue et elle pouvait le comprendre. Mais entendue par qui ? La batteuse n’était pas contre frapper Aelle alors qu’elle était à terre, surtout si elle le demandait. Mais dans son état, était-ce vraiment une bonne idée ? L’étudiante coula un regard en biais sur son ancienne camarade de maison. Elle passa sa langue sur ces lèvres pour les humidifier puis tourna enfin la tête vers la sorcière.
La sportive laissa encore couler quelques secondes qui devaient être douloureuses pour son interlocutrice mais peu importe. Elle voulait trouver les mots, ceux qui exprimaient vraiment ce qu’elle pensait et ce peu importe s’ils étaient comme des scalpels dansants sur sa peau.
-Tu fais pas grand-chose…
Dit-elle avec une grimace de dégout, son regard passant du visage au buste d’Aelle et remontant vers ces yeux sombres. Un regard de jugement comme elle en faisait beaucoup.
-Je pensais m’être battue face à quelqu’un avec un minimum de force. Je croyais qu’un messager des rêves ne choisirait pas une sorcière de bas étages. J’imaginais que pour qu’une baguette comme la tienne te soi loyale tu devais être destinée à plus que…
Elle fit une nouvelle grimace laissant ces yeux tomber sur la table et sa tête aller de droite à gauche dans un hochement lancinant sans réel contrôle. Elle releva doucement les yeux vers le visage d’Aelle.
-Pas grand-chose…
Elle attrapa son verre et en but une nouvelle gorgée ce qui ne laissa qu’un fond dans le récipient. Elle soupira à nouveau.
-J’ai du me tromper.
Elle posa les yeux sur le verre d’Aelle. Il n’était pas encore vide, elle espérait qu’elle n’en reprendrait pas un après, sinon elle irait voir le barman pour l’avertir de l’état d’ivresse de l’ancienne Poufsouffle et elle partirait, parce que voir ce spectacle ne lui apportait rien mis à part de la déception.
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Recherche de rédemption
Courbée par-dessus mon verre, le regard fuyant, j'attends avec une impatience palpable qu'elle daigne répondre à ma question. Elle fait durer le silence, comme si elle réfléchissait. Plus les secondes s'écoulent, plus j'ai du mal à me leurrer et à sincèrement croire qu'elle que sa phrase ne me concernait pas. L'appréhension creuse son nid au centre de mon cœur. Pour ne pas lui laisser trop de place, je baisse les yeux sur mon verre que je fais tourner entre mes doigts.
Peut-être aurais-je préféré qu'elle garde le silence. Quand elle prend la parole, je lève automatiquement mes yeux vers elle et je me prends le contraste entre son ton et la grimace qui s'inscrit sur son visage comme je me serais pris un coup de poing dans l'estomac : un ton qui ne fait que constater et une grimace qui exprime son dégoût. Tu ne fais pas grand chose... Ces paroles me percutent violemment et ma gorge se noue douloureusement. En faire moi-même la constatation c'est une chose, mais qu'elle elle la fasse... C'est comme si elle regardait tout mon parcourt de l'année passée et qu'elle concluait : oui, bon, inintéressant, tu n'as vraiment rien fait de concret. Et ce serait la vérité. Mais que ce soit elle qui le dise, elle contre laquelle je me suis toujours dressée avec orgueil, avec rage, avec force... C'est violent et douloureux, tout simplement, et ça me fait me sentir totalement misérable.
C'est pour cela que je n'arrive pas à détourner les yeux, parce que je sais que si je les tourne, ce sera comme un aveu : oui, je suis misérable. Alors je les garde braqués sur elle, sans prendre conscience de mes mâchoires serrés et de mon souffle court. Et elle continue. Évoquer Zikomo, ma baguette magique... C'est d'autant plus de poings avec lesquels elle me frappe. Tout à coup, je me souviens de la Aelle que j'étais en troisième année quand Zikomo est apparu dans ma vie, la fierté que j'ai ressenti de recevoir ce cadeau d'Erza ; et plus tard en cinquième année, l'incommensurable joie de tenir entre mes doigts la baguette parfaite, une baguette qui répondait au moindre de mes désirs, à la moindre de mes formulations, qui comprenait toutes mes visualisations sans effort. L'ancienne Aelle méritait toutes ces choses. L'ancienne Aelle méritait que le monde soit à ses pieds et elle le désirait ardemment. Et la nouvelle Aelle ? La nouvelle Aelle baisse les yeux sur son verre, s'arrachant sans y penser au visage de son ennemie pour se noyer dans le liquide ambré.
Je ne prends conscience du liquide qui coule dans ma gorge que lorsque je baisse la main et que le verre repose contre la table dans un poc ! bruyant. Alors c'est ça ma réponse aux paroles vexantes d'Aliénor Delphillia ? Je bois ? Je n'arrive plus à la regarder. Sa grimace de dégoût me hante, ses yeux qui parcourent mon corps avec mépris me blessent, ses paroles me font mal parce qu'elles sont vraies, parce qu'elles résonnent. Parce que j'ai honte.
Un rire nerveux s'échappe de ma bouche. Nerveux ou désespéré, je ne sais pas très bien. Mais le fait est que je ris et secoue la tête, parce que je n'ai aucune autre défense à opposer à celle qui vient non pas de m'insulter, mais de me lancer la vérité au visage. C'est beaucoup plus douloureux que la moindre insulte qu'elle aurait pu inventer.
« Si ça peut te rassurer, articulé-je d'une voix rancunière sans réussir à la regarder en face, je te réduirai toujours en cendre si on se battait. Ma baguette m'est toujours loyale. »
Et c'est tout ce qu'il me reste, n'est-ce pas ? Je suis une bonne sorcière, ma violence n'a pas disparu, je maîtrise mes sortilèges, je fais ce que je veux de la magie, j'ai même gagné en puissance depuis la dernière fois que j'ai affronté la Poufsouffle. Je n'ai rien d'autre, je ne sais pas ce que je fous ici, je ne sais pas ce que je vais faire des mois à venir, tout comme je n'ai pas su que faire de ceux qui viennent de s'écouler, j'ai perdu le goût à tout ce que j'aimais, tout ce que je désirais... Mais au moins ai-je toujours le total contrôle de ma baguette magique et de ma magie. Je ne peux pas avoir complètement touché le fond avec ça, hein ?
Je coule un regard vers Delphillia par-dessus mon verre.
N'est-ce pas ?
Peut-être aurais-je préféré qu'elle garde le silence. Quand elle prend la parole, je lève automatiquement mes yeux vers elle et je me prends le contraste entre son ton et la grimace qui s'inscrit sur son visage comme je me serais pris un coup de poing dans l'estomac : un ton qui ne fait que constater et une grimace qui exprime son dégoût. Tu ne fais pas grand chose... Ces paroles me percutent violemment et ma gorge se noue douloureusement. En faire moi-même la constatation c'est une chose, mais qu'elle elle la fasse... C'est comme si elle regardait tout mon parcourt de l'année passée et qu'elle concluait : oui, bon, inintéressant, tu n'as vraiment rien fait de concret. Et ce serait la vérité. Mais que ce soit elle qui le dise, elle contre laquelle je me suis toujours dressée avec orgueil, avec rage, avec force... C'est violent et douloureux, tout simplement, et ça me fait me sentir totalement misérable.
C'est pour cela que je n'arrive pas à détourner les yeux, parce que je sais que si je les tourne, ce sera comme un aveu : oui, je suis misérable. Alors je les garde braqués sur elle, sans prendre conscience de mes mâchoires serrés et de mon souffle court. Et elle continue. Évoquer Zikomo, ma baguette magique... C'est d'autant plus de poings avec lesquels elle me frappe. Tout à coup, je me souviens de la Aelle que j'étais en troisième année quand Zikomo est apparu dans ma vie, la fierté que j'ai ressenti de recevoir ce cadeau d'Erza ; et plus tard en cinquième année, l'incommensurable joie de tenir entre mes doigts la baguette parfaite, une baguette qui répondait au moindre de mes désirs, à la moindre de mes formulations, qui comprenait toutes mes visualisations sans effort. L'ancienne Aelle méritait toutes ces choses. L'ancienne Aelle méritait que le monde soit à ses pieds et elle le désirait ardemment. Et la nouvelle Aelle ? La nouvelle Aelle baisse les yeux sur son verre, s'arrachant sans y penser au visage de son ennemie pour se noyer dans le liquide ambré.
Je ne prends conscience du liquide qui coule dans ma gorge que lorsque je baisse la main et que le verre repose contre la table dans un poc ! bruyant. Alors c'est ça ma réponse aux paroles vexantes d'Aliénor Delphillia ? Je bois ? Je n'arrive plus à la regarder. Sa grimace de dégoût me hante, ses yeux qui parcourent mon corps avec mépris me blessent, ses paroles me font mal parce qu'elles sont vraies, parce qu'elles résonnent. Parce que j'ai honte.
Un rire nerveux s'échappe de ma bouche. Nerveux ou désespéré, je ne sais pas très bien. Mais le fait est que je ris et secoue la tête, parce que je n'ai aucune autre défense à opposer à celle qui vient non pas de m'insulter, mais de me lancer la vérité au visage. C'est beaucoup plus douloureux que la moindre insulte qu'elle aurait pu inventer.
« Si ça peut te rassurer, articulé-je d'une voix rancunière sans réussir à la regarder en face, je te réduirai toujours en cendre si on se battait. Ma baguette m'est toujours loyale. »
Et c'est tout ce qu'il me reste, n'est-ce pas ? Je suis une bonne sorcière, ma violence n'a pas disparu, je maîtrise mes sortilèges, je fais ce que je veux de la magie, j'ai même gagné en puissance depuis la dernière fois que j'ai affronté la Poufsouffle. Je n'ai rien d'autre, je ne sais pas ce que je fous ici, je ne sais pas ce que je vais faire des mois à venir, tout comme je n'ai pas su que faire de ceux qui viennent de s'écouler, j'ai perdu le goût à tout ce que j'aimais, tout ce que je désirais... Mais au moins ai-je toujours le total contrôle de ma baguette magique et de ma magie. Je ne peux pas avoir complètement touché le fond avec ça, hein ?
Je coule un regard vers Delphillia par-dessus mon verre.
N'est-ce pas ?
Recherche de rédemption
Elle gardait son regard, comme une confrontation aux mots de l’étudiante, Aelle conservait un regard franc, bien que vitreux sur Aliénor. Cela devait être dû à l’alcool certainement, parce qu’habituellement ce genre de regard, avec cette tête-là, ils pouvaient faire froid dans le dos. Mais aujourd’hui, ce regard perdait de sa superbe et quand finalement sa main s’accrocha plus fort autour de son verre, qu’il le fit monter à ces lèvres, elle rompit le contact visuel. Aliénor en avait trop vu. Bien qu’elle n’apprécie pas Aelle, avoir pour spectacle une fille qui ne faisait que regarder les grains de sable s’écouler dans le sablier de sa vie lui faisait du mal. La colère grondait dans la batteuse, son cœur battait vite mais que pouvait-elle bien y faire ? Elle soupira à nouveau et termina son verre comme pour mettre fin à cette litanie macabre où Aelle Bristyle, celle qui lui avait tant tenu tête, s’arrosait elle-même pour éteindre ce feu qui faisait sa superbe.
Mais alors que les deux mains de la joueuse de quidditch s’appuyaient sur la table pour se relever, la voix de son ancienne camarade s’éleva à nouveau. Elle avait encore de la dignité pour ouvrir la bouche ? Elle avait encore un brin d’honneur après tout ce qu’elle venait d’entendre ? C’était étrange, étonnant. Mais ces paroles résonnèrent dans le vide de son esprit. Un fin sourire étira les lèvres de la jeune Delphillia qui laissa son regard trainer au sol, se remémorant ces affrontements qu’elle avait pu avoir avec elle. Epiques, serrés, qui laissaient des traces. Mais là, elle n’avait même pas besoin de se battre, la seule bataille que menait Aelle était contre elle-même. Aliénor n’avait rien à y faire et surtout, ne pouvait plus rien y faire.
Ces yeux remontèrent doucement vers le visage de sa vis-à-vis et ces sourcils se haussèrent. Elle prit appuis sur la paume de ces mains et se leva faisant glisser dans un bruit caractéristique la chaise sur laquelle elle était assise auparavant. Elle prit une grande inspiration, surplombant maintenant son ancienne camarade de sa hauteur.
-Je doute que ce soir ta baguette ne te permette de faire quoi que ce soit. Même elle ne te reconnaitrait pas.
Elle n’en savait rien, elle n’avait jamais envisagé d’utiliser sa baguette une fois sous influence de l’alcool. C’était dangereux et irresponsable. Mais si un jour elle se retrouvait dans cet état, un déchet qu’on laisserait passer au bord de la route sans même y prêter attention, il est certain que même sa baguette ne répondrait plus. Sa baguette l’avait choisi, elle avait choisi une battante guidée par une bonne étoile et une détermination sans faille. Pas une moins que rien qui abandonnait sa vie sans même avoir essayé de trouver sa place. Non sa baguette ne ferait plus rien, pensant être tombée dans d’autres mains.
Aliénor tourna le dos à la sorcière et lâcha ces quelques derniers mots, clôturant ainsi une discussion qui ne lui avait appris qu’une chose, Aelle Bristyle n’était plus. Elle n’avait plus d’intérêt et sans une prise de conscience, son histoire s’arrêterait sans que personne n’ait rien à retenir d’elle mis à part un caractère pourri à l’école. Pitoyable.
-Passe une bonne soirée, Aelle.
Cette fois elle ne se retournerait pas, elle ne s’arrêterait pas. Elle avait gâché trop de son temps et avait vu ce qu’elle ne souhaitait à personne, une descente aux enfers non mérité. Elle ne savait pas ce que comptait faire Aelle, ni même si elle comptait faire quelque chose mais au fond de son cœur, la jeune Delphillia espérait tout de même qu’elle trouve la force de se relever, ou alors que quelqu’un puisse l’aider à garder la tête haute dans un monde qui amenait déjà trop facilement son lot de difficultés.
Cette fois c'est une fin pour moi, Aliénor ne se retournera pas.
Merci pour ce RP étonnant et à la fois à la conclusion bien trop triste. À la Prochaine
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Mais alors que les deux mains de la joueuse de quidditch s’appuyaient sur la table pour se relever, la voix de son ancienne camarade s’éleva à nouveau. Elle avait encore de la dignité pour ouvrir la bouche ? Elle avait encore un brin d’honneur après tout ce qu’elle venait d’entendre ? C’était étrange, étonnant. Mais ces paroles résonnèrent dans le vide de son esprit. Un fin sourire étira les lèvres de la jeune Delphillia qui laissa son regard trainer au sol, se remémorant ces affrontements qu’elle avait pu avoir avec elle. Epiques, serrés, qui laissaient des traces. Mais là, elle n’avait même pas besoin de se battre, la seule bataille que menait Aelle était contre elle-même. Aliénor n’avait rien à y faire et surtout, ne pouvait plus rien y faire.
Ces yeux remontèrent doucement vers le visage de sa vis-à-vis et ces sourcils se haussèrent. Elle prit appuis sur la paume de ces mains et se leva faisant glisser dans un bruit caractéristique la chaise sur laquelle elle était assise auparavant. Elle prit une grande inspiration, surplombant maintenant son ancienne camarade de sa hauteur.
-Je doute que ce soir ta baguette ne te permette de faire quoi que ce soit. Même elle ne te reconnaitrait pas.
Elle n’en savait rien, elle n’avait jamais envisagé d’utiliser sa baguette une fois sous influence de l’alcool. C’était dangereux et irresponsable. Mais si un jour elle se retrouvait dans cet état, un déchet qu’on laisserait passer au bord de la route sans même y prêter attention, il est certain que même sa baguette ne répondrait plus. Sa baguette l’avait choisi, elle avait choisi une battante guidée par une bonne étoile et une détermination sans faille. Pas une moins que rien qui abandonnait sa vie sans même avoir essayé de trouver sa place. Non sa baguette ne ferait plus rien, pensant être tombée dans d’autres mains.
Aliénor tourna le dos à la sorcière et lâcha ces quelques derniers mots, clôturant ainsi une discussion qui ne lui avait appris qu’une chose, Aelle Bristyle n’était plus. Elle n’avait plus d’intérêt et sans une prise de conscience, son histoire s’arrêterait sans que personne n’ait rien à retenir d’elle mis à part un caractère pourri à l’école. Pitoyable.
-Passe une bonne soirée, Aelle.
Cette fois elle ne se retournerait pas, elle ne s’arrêterait pas. Elle avait gâché trop de son temps et avait vu ce qu’elle ne souhaitait à personne, une descente aux enfers non mérité. Elle ne savait pas ce que comptait faire Aelle, ni même si elle comptait faire quelque chose mais au fond de son cœur, la jeune Delphillia espérait tout de même qu’elle trouve la force de se relever, ou alors que quelqu’un puisse l’aider à garder la tête haute dans un monde qui amenait déjà trop facilement son lot de difficultés.
Cette fois c'est une fin pour moi, Aliénor ne se retournera pas.
Merci pour ce RP étonnant et à la fois à la conclusion bien trop triste. À la Prochaine
Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia étudiante à l'ISMI
Recherche de rédemption
Même elle ne te reconnaîtrait plus.
Ma baguette magique, ne plus me reconnaître ? L'objet le plus important de ma vie, ne plus me reconnaître ? Mon bien le plus précieux, qui me lie à ma magie, qui fait vibrer le centre névralgique de mon corps ? Elle le dit certainement pour me blesser ou peut-être juste parce que j'ai bu et qu'utiliser la magie quand on a de l'alcool dans le sang ne peut que mal se terminer. Peut-être, mais moi je la prends au mot : même elle ne te reconnaîtrait plus. Comme moi je ne te reconnais plus. Comme elle l'a dit juste avant : « Je pensais m’être battue face à quelqu’un avec un minimum de force ». Face à quelqu'un qui n'est plus là, voulait-elle dire.
Je prends conscience de ce que tout cela signifie et de la douleur que ses mots me font ressentir seulement au moment où elle pousse sur sa main pour se lever. Je la suis du regard, mais j'ai l'impression que mon cœur s'écrase à l'intérieur de moi. Qu'une main est en train de le serrer et de l'écraser entre ses doigts. J'ai du mal à respirer. J'ai du mal à forcer ma gorge à se dénouer. Delphillia se lève, s'éloigne et à chaque pas qu'elle fait c'est comme si elle jetait une poignée de terre de plus dans la tombe qu'elle m'a creusée. Elle met met un dernier coup en m'appelant par mon prénom.
Aelle.
Au début, je pensais que ce prénom dans sa bouche signifiait quelque chose, peut-être qu'elle était prête à mettre derrière elle nos années d'affrontement, même si je ne comprenais pas l'intérêt. Mais tandis que je la regarde s'éloigner puis disparaître du pub, je comprends ce que n'était pas ça du tout. Si elle m'appelle par mon prénom, c'est parce qu'elle ne me respecte plus. Parce qu'elle considère, quelque part, que je ne vaux plus les affrontements qui nous opposaient dans le passé. Elle me méprise. Elle ne l'a pas dit, mais je le sais. Parce qu'elle n'a pas crié, elle n'a pas ri, elle ne s'est pas moquée. Elle n'a pas voulu me faire sortir de mes gonds, me forcer à réagir. Elle m'a juste balancé des vérités et s'en est allée en m'abandonnant ici. Parce que je ne vaux pas davantage de sa part.
Je me suis rarement sentie aussi mal. Ces derniers mois, l'obscurité prenait parfois tellement de place que je n'arrivais plus à respirer ni à voir ce qui se passait devant moi. C'était un puits obscur dans lequel je sombrais, une douleur qui n'éclatait pas, qui était seulement là tout au fond de moi du matin au soir, toujours présente. Un hurlement diffus dans l'espace vide entre mes deux oreilles. Une lente chute qui n'avait pas de fin.
Ce soir, j'ai l'impression qu'on a creusé un trou dans mon corps. J'ai l'impression que la douleur est physique, qu'elle est un petit monstre qui fourrage dans mes organes. J'ai l'impression qu'un poids énorme pèse sur mes épaules. Une honte sans nom qui me tétanise sur ma chaise et qui ne m'autorise pas à regarder ailleurs qu'au fond de mon verre. Je me sens plus pitoyable que je ne l'ai jamais été. C'est la honte qui m'écrase, c'est la peine qui me malmène. Les mots de Delphillia tournent en boucle dans ma tête, ils me font mal, ils sont vrais, ils sont douloureux. Et je suis seule à cette table avec un verre d'alcool trop fort. J'ai passé les six derniers mois à me mettre une mine au moins une fois par semaine, à enchaîner les trous noirs, à ne pas voir passer les journées parce qu'aucune d'elles n'était assez intéressante pour être sauvegardée dans ma mémoire.
Ma respiration siffle bruyamment à mes oreilles. Je m'en rends compte après coup, parce que ma vision se brouille, que les coins s'assombrissent, que la tête commence à me tourner. Mes doigts sont crispés autour de mon verre. J'ai chaud à la tête et à la nuque, des picotements remontent le long de mes bras. Je ferme les yeux pour endiguer la panique. Mais en fermant les yeux, je n'entends que d'autant plus fort les mots de Delphillia et je ressens plus clairement la honte qui m'étouffe.
Je me lève maladroitement, la chaise racle derrière moi. Je percute la table en m'éloignant, abandonnant mon verre derrière moi. Si je zigzague dans la salle principale du pub, les clients croiront certainement que c'est à cause de l'alcool. Ils ne comprendront pas que ma vision est floue, que je n'arrive pas à respirer, que je panique, que j'ai besoin de disparaître maintenant et d'être seule, loin des regards, loin de la honte, loin du jugement, loin du monde.
Je dédaigne les navettes-portoloin. Je pousse un peu trop fort la porte du pub et me retrouve dans la rue, entourée par la nuit pleine d'odeurs et de bruits de Londres. Je titube dans la ruelle, m'éloigne dans la rue adjacente. Après quelques pas et grâce à l'air frais, je sens la panique refluer légèrement. Je ne m'arrête pas de marcher. Quand je marche, je pense moins. Je ne peux pas penser, parce que les larmes ne sont pas loin et parce qu'elles ne me donnent envie de hurler.
C'était très dur, mais nécessaire. Merci d'avoir offert à Aelle alors que ce n'était pas prévu cette réalité blessante, mais essentielle.
Ma baguette magique, ne plus me reconnaître ? L'objet le plus important de ma vie, ne plus me reconnaître ? Mon bien le plus précieux, qui me lie à ma magie, qui fait vibrer le centre névralgique de mon corps ? Elle le dit certainement pour me blesser ou peut-être juste parce que j'ai bu et qu'utiliser la magie quand on a de l'alcool dans le sang ne peut que mal se terminer. Peut-être, mais moi je la prends au mot : même elle ne te reconnaîtrait plus. Comme moi je ne te reconnais plus. Comme elle l'a dit juste avant : « Je pensais m’être battue face à quelqu’un avec un minimum de force ». Face à quelqu'un qui n'est plus là, voulait-elle dire.
Je prends conscience de ce que tout cela signifie et de la douleur que ses mots me font ressentir seulement au moment où elle pousse sur sa main pour se lever. Je la suis du regard, mais j'ai l'impression que mon cœur s'écrase à l'intérieur de moi. Qu'une main est en train de le serrer et de l'écraser entre ses doigts. J'ai du mal à respirer. J'ai du mal à forcer ma gorge à se dénouer. Delphillia se lève, s'éloigne et à chaque pas qu'elle fait c'est comme si elle jetait une poignée de terre de plus dans la tombe qu'elle m'a creusée. Elle met met un dernier coup en m'appelant par mon prénom.
Aelle.
Au début, je pensais que ce prénom dans sa bouche signifiait quelque chose, peut-être qu'elle était prête à mettre derrière elle nos années d'affrontement, même si je ne comprenais pas l'intérêt. Mais tandis que je la regarde s'éloigner puis disparaître du pub, je comprends ce que n'était pas ça du tout. Si elle m'appelle par mon prénom, c'est parce qu'elle ne me respecte plus. Parce qu'elle considère, quelque part, que je ne vaux plus les affrontements qui nous opposaient dans le passé. Elle me méprise. Elle ne l'a pas dit, mais je le sais. Parce qu'elle n'a pas crié, elle n'a pas ri, elle ne s'est pas moquée. Elle n'a pas voulu me faire sortir de mes gonds, me forcer à réagir. Elle m'a juste balancé des vérités et s'en est allée en m'abandonnant ici. Parce que je ne vaux pas davantage de sa part.
Je me suis rarement sentie aussi mal. Ces derniers mois, l'obscurité prenait parfois tellement de place que je n'arrivais plus à respirer ni à voir ce qui se passait devant moi. C'était un puits obscur dans lequel je sombrais, une douleur qui n'éclatait pas, qui était seulement là tout au fond de moi du matin au soir, toujours présente. Un hurlement diffus dans l'espace vide entre mes deux oreilles. Une lente chute qui n'avait pas de fin.
Ce soir, j'ai l'impression qu'on a creusé un trou dans mon corps. J'ai l'impression que la douleur est physique, qu'elle est un petit monstre qui fourrage dans mes organes. J'ai l'impression qu'un poids énorme pèse sur mes épaules. Une honte sans nom qui me tétanise sur ma chaise et qui ne m'autorise pas à regarder ailleurs qu'au fond de mon verre. Je me sens plus pitoyable que je ne l'ai jamais été. C'est la honte qui m'écrase, c'est la peine qui me malmène. Les mots de Delphillia tournent en boucle dans ma tête, ils me font mal, ils sont vrais, ils sont douloureux. Et je suis seule à cette table avec un verre d'alcool trop fort. J'ai passé les six derniers mois à me mettre une mine au moins une fois par semaine, à enchaîner les trous noirs, à ne pas voir passer les journées parce qu'aucune d'elles n'était assez intéressante pour être sauvegardée dans ma mémoire.
Ma respiration siffle bruyamment à mes oreilles. Je m'en rends compte après coup, parce que ma vision se brouille, que les coins s'assombrissent, que la tête commence à me tourner. Mes doigts sont crispés autour de mon verre. J'ai chaud à la tête et à la nuque, des picotements remontent le long de mes bras. Je ferme les yeux pour endiguer la panique. Mais en fermant les yeux, je n'entends que d'autant plus fort les mots de Delphillia et je ressens plus clairement la honte qui m'étouffe.
Je me lève maladroitement, la chaise racle derrière moi. Je percute la table en m'éloignant, abandonnant mon verre derrière moi. Si je zigzague dans la salle principale du pub, les clients croiront certainement que c'est à cause de l'alcool. Ils ne comprendront pas que ma vision est floue, que je n'arrive pas à respirer, que je panique, que j'ai besoin de disparaître maintenant et d'être seule, loin des regards, loin de la honte, loin du jugement, loin du monde.
Je dédaigne les navettes-portoloin. Je pousse un peu trop fort la porte du pub et me retrouve dans la rue, entourée par la nuit pleine d'odeurs et de bruits de Londres. Je titube dans la ruelle, m'éloigne dans la rue adjacente. Après quelques pas et grâce à l'air frais, je sens la panique refluer légèrement. Je ne m'arrête pas de marcher. Quand je marche, je pense moins. Je ne peux pas penser, parce que les larmes ne sont pas loin et parce qu'elles ne me donnent envie de hurler.
— Fin —
C'était très dur, mais nécessaire. Merci d'avoir offert à Aelle alors que ce n'était pas prévu cette réalité blessante, mais essentielle.