16 août 2025, 20:50
 coupe de dragonnerie  Planter sa tente  PNJ 
YUMAKO TSUJI
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« C’est ici ? »

Yumako fit un tour sur elle-même en scannant les environs du regard. Elle le baissa sur le parchemin qu’elle tenait dans les mains afin de vérifier le numéro de l’emplacement que les deux amies avaient – dans un éclair de lucidité – réservé à l’avance, puis lâcha le verdict :

« Ouais je crois. »

Le grand sac que Leo portait sur les épaules – celui qui contenait leur tente – tomba dans l’herbe (encore) verte et fraîche. La batteuse se redressa, les mains jointes au dessus de sa tête et les bras tendus afin de s’étirer le dos – du moins jusqu’à ce que Yumako ne s’approche par derrière pour la secouer par les épaules.

«Leoooo ! On est à la coupe d’Euroooope ! »

Celle-ci se retourna, renvoya à Yamuko son sourire enthousiaste et s’exclama en écho :

« On est à la coupe d’Euroooope ! »

Pendant plusieurs minutes, elles contribuèrent joyeusement au brouhaha ambiant par leurs bavardages coupés d’éclats de rires. Autour d’elles, de plus en plus de tentes jaillissaient du sol et parsemaient l’espace dédié au camping de tâches colorées desquelles s’élevait un mélange de voix dans une multitude de langues. Elles avaient le parfum international – si excitant – des évènements de l’ampleur d’une Coupe de Dragonnerie à échelle européenne.

« Bon ! fit Leo pour en revenir aux choses sérieuses, t’as d’jà monté une tente, toi ? »
« Hmm… non ? »
« Nickel, moi non plus. »
« Mais ça peut pas être trop compliqué pour deux sorcières diplômées ! C’est une tente, genre… y en a des dizaines autour de nous ! »

Leo acquiesça. Elle rassembla ses cheveux tout juste assez longs pour être attachés en mini-queue de cheval et s’accroupit pour ouvrir le sac. Après plus d’une année sans s’être vues – la faute allait à une géographie les plaçant sur des coins diamétralement opposés du globe – les deux jeunes femmes avaient profité de la fin de leur scolarité respective pour se retrouver en Norvège. Yumako s’était débrouillée pour emprunter au frère d’une amie d’un ami (ou quelque chose du genre) une tente, et bien qu’elles constatèrent rapidement qu’il n’y avait aucun mode d’emploi accompagnant ces pans de tissus, ces bâtons et espèces de clous supposés former une tente « en théorie magique mais déjà un peu vieillie » (avait-on dit à Yumako), elles s’attaquèrent avec optimisme à la tâche. Une trentaine de minutes, quelques coups de baguette et des réajustements manuels plus tard, une tente qui semblait effectivement avoir quelques années sur le dos mais décorée de jolis motifs japonais se dressait sur leur parcelle. Mais une tente gonflée d’optimisme ne suffisait pas à tenir tête à l’île norvégienne. Visiblement, quelque chose n’était pas correct et Leo – dont la moitié des cheveux s’étaient entre temps échappés de l’élastique – ponctua un flot de jurons par le fort pertinent constat :

« Putain Yuma’ notre tente elle a la solidité d’un foutu château d’cartes. Un p’tit coup d’vent et elle s’écroule sur nos têtes. »

Ce à quoi la japonaise, poings sur les hanches, apporta une tout aussi pertinente solution :

« Viens on demande de l’aide au voisin. »

Leo grimaça, chercha le fameux voisin du regard, le trouva et secoua avec véhémence la tête :

« Nan c’est mort. On demande pas de l’aide à un mec. Surtout qu’il a l’air… »

La japonaise haussa un sourcil et compléta :

« … d’avoir réussi à monter sa tente, contrairement à nous ? »

Leo grommela quelque chose d’inaudible en laquelle on pouvait peut-être comprendre un « bah vas-y toi » avant de croiser les bras. Yumako se dirigea vers le sorcier d’à côté et lui sourit :

« Bonjour, vous êtes occupé ? … mon amie là bas – elle désigna Leo – voulait pas vous demander. Mais on rencontre quelques difficultés avec notre tente.»

La concernée, qui se tenait debout près de la fameuse tente (qui n’en était pas encore tout à fait une) leva démonstrativement les yeux au ciel. Elle s’approcha de quelques pas et levant la voix, rétorqua :

« On aurait fini par se débrouiller si mon amie ici – elle désigna Yumako – avait un peu plus de patience. »

La réplique vint du tac-au-tac :

« Ouuuuh Leo qui me fait une leçon sur la patience ? »

Yumako avait sur le visage le sourire qui savait qu’elle apportait-là l’irréfutable argument qui allait mettre fin à la discussion. Ravalant sa fierté, l’anglaise finit par lâcher :

« Bon… vous pouvez p’t-être venir jeter un coup d’œil ? Histoire de gagner du temps, » lui sembla-t-il important d’ajouter – car ouais, elles auraient fini par se débrouiller toutes seules.

@Christopher Hangoover

ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin

20 août 2025, 11:13
 coupe de dragonnerie  Planter sa tente  PNJ 
7 août 2050
ARCHIPEL DE SVALBARD


Christopher se repasse la scène des points de contrôle dans son esprit — il revoie les membres du Conseil devant lesquels il a dû passer, leur regard morne et lointain, leurs doigts avides quand ils ont vérifié ses papiers. Il n'aime pas passer devant des représentants du gouvernement, fussent-ils de simples policiers ou non. Non pas qu'il s'imagine que chaque agent de la sécurité est susceptible de savoir qu'il fait transiter son trafic par le pub dans lequel il travaille, mais quand on a des affaires illégales on n'apprécie en général pas beaucoup fricoter avec des personnes représentant le gouvernement. Ce n'est donc qu'en arrivant sur son emplacement de camping, après avoir traversé tout l'espace réservé à la Coupe de dragonnerie, que Christopher parvient à relâcher ses muscles et à respirer de nouveau normalement.

L'espace qui lui est destiné parce qu'il a pris soin de le réserver des mois en avance n'a rien de luxueux : un carré d'herbe et de terre dure, à l'image de toute parcelle du Svalbard. Ce triste paysage est d'une exceptionnelle beauté. En arrivant, Christopher a pu observer l'archipel qui s'étirait au loin : de petites montagnes poussaient ci-et-là, recouvertes d'une neige qui descendait parfois jusqu'à la plaine. Étant parti de Londres le matin même où il faisait une météo estivale plutôt agréable malgré les nuages, les températures extrêmement basses de l'archipel sont agressives, mais Christopher s'y attendait.

Il laisse tomber son sac et sa tente sur sa parcelle de terre pour mieux remonter le col de son manteau. Pour faire face aux températures, il a dû ressortir ses habits d'hiver, ce qui l'a empli d'une joie toute particulière. Bottes aux semelles épaisses, pantalons, manteau en cuir doublé d'une laine de qualité, bonnet, écharpe. Christopher rayonne dans des habits qu'il n'a pas pu enfiler depuis des mois et dont il apprécie le poids et la sensation sur son corps.

Les mains sur les hanches, il observe autour de lui. La terre sèche et dure de l'archipel est recouverte de toiles colorées de toutes formes et de toutes tailles. Les sorciers grouillent au milieu d'elles, rient, écoutent de la musique. Se ressent déjà l'ambiance surexcitée de la compétition et Christopher n'est pas en reste. Cela fait des mois qu'il attend avec impatience cet événement. Sans aucune possibilité de poser des vacances pour la Coupe d'Europe, à son plus grand regret, il a tout de même arrangé son planning de la semaine pour avoir deux dimanches de suite disponible — pour l'ouverture et pour la fermeture. S'il a pu, c'est grâce à Elisha, auquel il a pris toutes les plages horaires du Pleuroir de la semaine en échange des deux dimanches ; pour une fois, le jeune homme s'est montré suffisamment courageux pour lui proposer cet arrangement. Aussi Christopher dispose-t-il de deux jours pour profiter de l'ouverture de la Coupe d'Europe de dragonnerie.

De son sac, il extirpe une tente miniature qu'il agrandit d'un coup de baguette. Elle appartient à Donovan qui lui a prêté avec plaisir parce qu'il a eu l'occasion en la lui confiant de lui faire une ou deux remarques désagréables comme il sait si bien le faire. Christopher n'a rien dit parce qu'il était bien content de pouvoir profiter des affaires luxueuses de son frère sans débourser le moindre Gallion de plus. Et quel produit de luxe ! Cette tente est un petit bijou de perfectionnement. Facile à transporter, facile à déployer, qui ne prend pas plus de deux mètres carré d'espace tout en offrant une bonne trentaine à l'intérieur. C'est beaucoup trop pour Christopher tout seul, mais il n'aurait pas l'idée de s'en plaindre. Au moins profitera-t-il d'un peu de confort les rares moments qu'il passera dans sa chambre.

Aidé de sa baguette et du plan fourni avec la tente, Christopher installe son camp en sifflant, bercé par les bruits des discussions sur les parcelles d'à côté et encouragé par la musique au loin qui résonne comme une promesse : si tu te dépêches, tu pourras venir profiter de l'ambiance plus rapidement. Une fois la tente montée, il rentre à l'intérieur pour déposer ses affaires dans un coin. Deux chambres, un espace central, du mobilier et même un fauteuil qui semble beaucoup trop confortable pour se trouver dans une tente.

« Tu en fais toujours trop, Donnie, » ricane joyeusement Christopher en faisant léviter le fauteuil à l'extérieur.

Le sorcier se laisse tomber dans l'assise et récupère dans la poche de son manteau son tabac. C'est à ce moment précis qu'arrivent sur la parcelle d'en face qui n'était pas encore occupée deux jeunes femmes qui laissent tomber dans l'herbe rase leurs affaires. Allumant sa cigarette, Christopher les observe sans un mot, les jambes croisées et la tête auréolée de la fumée du tabac. Il ne lui faut pas beaucoup de temps pour comprendre qu'elles sont en difficulté. Il les observe se dépatouiller avec leur tente, un sourire amusé aux lèvres. Le spectacle le fascine tant qu'il ne bouge pas de longues minutes durant... Laissant aussi l'occasion à l'une des jeunes filles de l'approcher.

Christopher cligne des yeux et se redresse légèrement sur son siège. Il ne s'attendait pas à être alpagué. La cigarette coincée entre les dents, il lève les yeux vers la jeune femme qui lui demande son aide d'une étonnante façon. Un rictus aussi amusé que naturel étire la bouche de Christopher vers la gauche ; il penche la tête pour observer l'autre jeune femme, derrière, qui n'a pas l'air d'avoir envie de lui demander son aide. Elles s'échangent quelques répliques sous les yeux amusés de Christopher qui finit par pousser sur ses bras pour se lever.

« Pour gagner du temps, bien sûr, réplique-t-il en lançant une œillade moqueuse à la rousse. Pas de souci, je peux venir vous aider. Ce serait dommage que vous perdiez votre temps avec cette tente alors que vous pourriez découvrir tout ça. »

Tout ça étant la mer de tentes qui les entoure et, notamment, les grandes toiles plus loin où se trouvent les différents stands. Christopher traverse son emplacement pour rejoindre celui des jeunes femmes. Il se plante devant la tente, bras croisés, cigarette au coin de la bouche. Il pose un regard dubitatif sur le travail des deux sorcières.

« Elle est pas de dernière génération, votre tente, commente-t-il. Vous avez pas un plan ? »

Parce que sans plan, lui-même n'est pas sûr de savoir les aider. Il n'a jamais été bon constructeur et il n'y connait rien en tente. Son regard trouve celui de la rousse.

« Leo, c'est ça ? Ne me dites pas que c'est le diminutif de Léonie, grimace-t-il, j'en connais une qui est insupportable. »

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25 sept. 2025, 01:11
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Leo haussa les sourcils à la remarque du sorcier et croisa à son tour les bras :

"Oh 'scuse-nous M'sieur tente de luxe dernier cri. Nan y a pas d'plan. "

Sinon on se serait débrouillées, se retint-elle d'ajouter. Car après tout, c'étaient bien elles qui voulaient quelque chose de lui. Et puis si elle était honnête avec elle-même, Leo devait admettre que maintenant que l'aide avait été demandée, elle était plus encline à l'accepter. Étant donné qu'effectivement, il y avait tant de choses à découvrir sur l'île que pour cette fois, la curiosité et l'envie de s'amuser pesaient plus lourds dans la balance que la fierté. Et peut-être aussi parce qu'un toit au dessus de la tête pour une nuit s'annonçant glaciale était en jeu, mais ça …

Tout ça ne l'empêcha en revanche pas de plisser les yeux en voyant la grimace que faisait l'homme en prononçant son prénom. La batteuse releva légèrement le menton.

"Et c'est juste Leo, comme … bah Leo."

Sans doute pas spécialement éloquent, mais cela avait au moins le mérite d'être clair. Désignant son amie, l'anglaise ajouta :

"Elle c'est Yumako. Et toi ?"

Histoire d'avoir des présentations complètes, étant donné que même avec l'aide de leur voisin, la question de la tente n'allait probablement pas être bouclée en deux minutes. Et histoire de montrer que malgré les piques et les regards narquois, elle ne lui était pas plus hostile que cela. Même : Leo lui adressa un petit sourire. Preuve ultime.

Yumako tourna la tête dans leur direction. Moins occupée à bavarder que son amie, la Japonaise en avait profité pour retourner près de la tente – principalement pour constater une nouvelle fois que c'était la cata.

"Si on fixe bien les sardines et qu'on tend les cordes à fond, y a moyen que ça tienne même si le reste est chelou ?"

Légèrement envieuse, elle glissa un regard en direction de la parcelle voisine.

"Vous avez fait comment pour votre tente, vous ? "

ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin

30 sept. 2025, 12:02
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La cigarette coincée entre les dents, les bras solidement croisés sur son torse, Christopher tire longuement sur le tube de tabac, ses yeux vissés à ceux de Leo. Une grimace narquoise lui étire un instant la bouche. Il jette un regard à sa propre tente qui, c'est vrai, respire et transpire même le luxe. Oui, bon, ce n'est pas comme s'il allait s'excuser d'avoir des contacts capables de lui prêter ce genre de choses. Alors Christopher hausse vaguement les épaules pour seule réponse en se concentrant sur la rousse qui, ça se voit clairement, a un caractère très affirmé, ce qui n'est pas pour lui déplaire.

Leo tout court, alors. Très bien. La Léonie qu'il avait en mémoire est une pimbêche, Christopher aurait détesté que sa voisine s'appelle de la même façon, même si elles ne se ressemblent en rien. Ses yeux passent d'une fille à l'autre. Leo, Yumako. Elles ont l'air tellement jeunes qu'il se demande si c'est leur première sortie sans leurs parents — ce ne serait pas étonnant, vu leur organisation. Mais Christopher n'a pas la moindre intention de remplacer leurs parents, ça non, alors il espère qu'elles ne lui demanderont pas son aide pour la moindre petite chose.

« Leo tout court, alors, fait-il avec un sourire qui est moqueur sans raison. Je préfère ça. »

Et puis Leo n'a plus l'air aussi revêche que tout à l'heure, si l'on en croit son sourire. Christopher lui adresse un geste du menton, comme pour dire : c'est bien, on se détend, faire la tronche n'a jamais aidé qui que ce soit.

« Moi, c'est Christopher, » lâche-t-il au moment de se présenter, la diction un peu gênée par sa cigarette qui dépasse.

Puis il s'approche à son tour de la tente. Il n'a jamais rien vu d'aussi misérable et le regard accablé qu'il lance en direction de Yumako le montre bien. Un tas de tissu et d'arceaux qui frissonne sous le vent puissant de l'île. C'est clair que cet amas ne tiendra pas la nuit. Peut-être même pas l'heure suivante. Par contre, une chose est sûre : le motifs du tissu font d'elle la plus jolie tente des environs. Dommage que ça ne soit pas suffisant pour en faire un abri solide.

Dubitatif, Christopher reste silencieux et ne relève les yeux de l'horreur qui se dresse vaillamment devant lui que lorsqu'une question lui est posée. Il plonge dans le regard noir de la japonaise et décroise enfin les bras pour réajuster son bonnet sur son crâne. De la langue, il titille le bout de sa cigarette qui dépasse de derrière ses dents.

« Bah j'avais un plan, dit-il comme si ça coulait de source. Mais pour la votre on peut p't-être s'en inspirer, puis avec un sortilège de montage on devrait s'en sortir. »

Sans les laisser répondre, il repart en trottinant vers sa tente et s'engouffre à l'intérieur. Il en ressort une poignée de secondes plus tard en tenant un parchemin dont il cherche le sens de la lecture en le tournant dans tous les sens. S'arrêtant près des deux filles, il attrape sa cigarette entre son majeur et son index pour libérer sa bouche.

« La prochaine fois, faites comme moi, dit-il en recrachant la fumée vers le ciel, un sourire insolent au coin des lèvres. Trouvez un couillon qui vous prêtera sa tente de luxe fournie avec un plan, vous verrez que ce sera beaucoup plus simple. »

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