8 juil. 2025, 12:13
Comme un pitiponk dans un salon de thé  PV   PNJ 
Son sourire est une invitation que je ne comprends pas. Je ne l'ai que rarement vue me sourire aussi directement, sans être motivée par la politesse. Mes propres lèvres ne s'étirent évidemment pas en réponse. Je suis trop occupée à penser pour sourire.

« Si j'avais été chez Serdaigle, je ne serais certainement pas assise à cette table avec vous, » lâchais-je une fois ma réflexion parvenue à son terme.

Après tout, je n'ai gardé pratiquement aucun lien de mes années à Poufsouffle, et surtout aucun lien avec des élèves de Poufsouffle. Côtoyer des gens tous les jours durant des années, ça ne donne pas envie de continuer à passer du temps avec eux ; parfois, ça donne même le résultat contraire.

« Je ne sais pas comment prendre cette phrase, réfléchit Oswald en fronçant les sourcils, avant de me lancer une œillade amusée quand je me tourne vers lui.
Il n'y a aucune façon de la prendre. » Puis je m'adresse à Farrow : « Et si on suit ta réflexion, ce sont les gens qu'on côtoie qui ont un impact plus que la Maison dans laquelle on a atterri. »

Je peux faire une liste très significatives des choses qui ne me seraient pas arrivées si je n'avais pas été répartie chez les Poufsouffle. Déjà, je n'aurais pas eu ce semblant d'amitié gâchée avec Léon Nebor. Puis je n'aurais jamais eu cette relation toute aussi gâchée et douloureuse avec Thalia qui ne serait pas aujourd'hui l'un des rares fantômes de mon passé qui parviennent à me serrer douloureusement le cœur. Évidemment, le chemin dangereux de ces pensées me mène à me demander ce que je serais devenue si j'avais été répartie chez les Gryffondor (hautement improbable, mais je me questionne tout de même). Cette pensée s'accompagne d'un vif sursaut de mon cœur et je m'empresse de repousser la question avant d'en venir à me demander ce qu'aurait été ma relation avec une certaine Gryffondor si nous avions partagé un dortoir. Je suis bien trop effrayée par ce que je pourrais imaginer pour mener cette réflexion à son terme.

« Je suis quand même pas d'accord, intervient Johnson qui se penche sur la table pour capter à la fois mon regard et celui de la Serdaigle. Inconsciemment, côtoyer des gens qui partagent pour la plupart certains traits de caractère, rassemblés dans une Maison donc, ça ne peut que modifier ce que tu es. J'dis pas modifier totalement, poursuit-il rapidement en me voyant ouvrir la bouche, mais au moins influencer légèrement ton caractère
Les Poufsouffle n'ont jamais déteint sur moi en sept ans, répliqué-je d'une voix cassante. Demande un peu à Farrow pour voir ce qu'elle en pense. »

Et je termine d'une traite ma boisson, captant par-dessus le verre le regard gêné mais curieux que lance le jeune homme à Farrow.

14 juil. 2025, 12:53
Comme un pitiponk dans un salon de thé  PV   PNJ 
Mon sourire s'affaisse plus vite qu'il n'est arrivé. Il tombe comme une feuille morte, balayé par ce vent au nom d'Aelle Bristyle. Mais je suis solidement ancrée, ce n'est pas une tempête qui me fera frémir. Et puis, ne m'attendais-je pas à ce passage, à ces paroles, à ces lèvres qui jamais ne s'étirent ? Cela ne me touche plus. Je me répète simplement : c'est Bristyle, c'est normal. Pourtant, je crois que je suis tout de même un peu déçue, mais j'essaye de me le cacher, de ne pas y penser, de fourrer cette sensation dans les abysses de mes pensées.

Je suis l'échange entre les deux étudiants avec une certaine distance, me cachant pensivement derrière mon verre sans dire quoi que ce soit. Cependant, je hoche plusieurs fois la tête : une première pour confirmer à l'ancienne Jaune ses propos sur ce que j'ai dit précédemment, et une deuxième aux paroles d'Oswald, dont je partage la pensée. Bien sûr qu'il y a une influence, même minime. Sept ans dans une salle commune bleue, où j'y apercevais sans cesse des élèves au travail plutôt sages ou curieux, cela m'a guidée à mon tour vers le travail, parce que c'est la voie qu'on m'a montrée pour réussir. Il en est de même pour le silence dans la bibliothèque ou la valeur de la réflexion, c'est ce qu'on m'a appris à apprécier. Toutes ces données auraient été différentes si j'avais été répartie à Poufsouffle ou à Gryffondor. Pourquoi Aelle se pense-t-elle épargnée ? Pourquoi n'y croit-elle pas ? Même jeune, elle a dû être influencée.

On me regarde, et le pouvoir d'infirmer ou de confirmer l'un ou l'autre des étudiants m'embarrasse. Je ne sais pas si je suis la mieux placée. Mais que puis-je affirmer ? Il est vrai que les caractéristiques des Poufsouffle ne sont pas vraiment mises en avant chez Aelle. Si elles sont présentes, ce n'est pas en grande quantité. Cela signifie-t-il cependant qu'elles ne se sont pas développées au cours de sa scolarité ?

« Je ne sais pas, révélé-je avec un haussement d'épaules. Peut-être que sans eux, tu aurais été plus... » Je réfléchis, prends garde au mot que je vais choisir. Mon intention n'est pas de blesser. « Insupportable ? » Mais il est nécessaire d'avouer qu'elle l'est déjà assez. Est-ce que cela aurait pu être pire ? Sûrement. « Peut-être qu'à Gryffondor, tu nous aurais chassés depuis longtemps de cette table ? »

Ou peut-être qu'elle aurait pu le faire un autre soir, que cela dépend juste de son humeur ; peut-être que je me trompe, peut-être que son exemple brise réellement ma théorie ; peut-être que les maisons ne nous influencent pas vraiment et qu'elles permettent simplement de nous trier.

« Je ne sais pas, répété-je avant d'ajouter : je crois que je ne te connais pas assez pour avoir un avis qui compte. »

Je conclus sur ces mots, en souvenir de notre dernier échange à Poudlard, de ce « tu ne me connais pas » dont elle m'avait frappée et qui m'avait secouée. J'en conserve un souvenir désagréable que cette soirée au Pitiponk vient étrangement adoucir.

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16 juil. 2025, 10:40
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Je suis d'abord persuadée qu'elle allait botter en touche et se contenter de cette réponse qui n'en est pas une, « je ne sais pas », mais force est de constater qu'elle est capable de se montrer plus que sincère quand elle le veut. Johnson a un hoquet choqué quand elle prononce le mot insupportable, car s'accompagnant du mot plus il signifie clairement et sans aucun doute possible que je le suis déjà, insupportable. Le jeune homme parvient plus ou moins à cacher sa vive réaction derrière son verre en avalant une longue gorgée de sa boisson, mais je vois son regard se tourner vers moi, comme s'il voulait s'assurer que je ne réagisse pas trop mal à cette attaque. Réagis-je mal ? Est-ce seulement une attaque ? Contrairement à Johnson, aucun hoquet surpris, aucune réaction disproportionnée : je me contente d'étirer un sourire amusé parce que oui, c'est amusant de voir Alyona Farrow me dire en me regardant droit dans les yeux que je suis insupportable. Il faut une certaine audace pour pouvoir me dire une telle chose. J'ai toujours aimé l'audace, quand elle n'est pas insultante — je ne croyais pas Farrow capable de ça.

Et puis que dire de la suite ? Sa dernière phrase est un drôle d'écho de la conversation que nous avons eu avant de quitter Poudlard, dans la cour de la tour de l'horloge. A-t-elle finalement intégré ce que je lui ai dit ce jour-là, affirmant qu'elle ne me connaissait pas, ce qui est l'exacte vérité ? Ou est-ce le hasard qui l'a fait choisir ces mots aujourd'hui ? Je plisse légèrement les yeux en détaillant son visage et les expressions qui s'y coulent, incapable de trouver la réponse à cette question.

« Ton avis a sa place puisqu'on te le demande... » Je ne vais tout de même pas dire qu'il compte, je mentirai. « ...mais en effet, tu ne me connais pas assez. »

La main enroulée autour de mon verre joue avec celui-ci et le fait tourner sur la table, doucement, inconsciemment. Mon regard, lui, ne quitte pas la jeune fille qui se trouve de l'autre côté de la table et qui a un visage qui m'est très familier, puisque je l'ai vu grandir et changer.

« Mais apparemment assez quand même, ajouté-je d'une voix qui cisaille après un battement de paupière d'hésitation, pour me trouver insupportable et croire que sans les Poufsouffle, je l'aurais été davantage. Si une telle chose est possible, évidemment. »

Johnson garde le silence, son regard gêné baissé sur son verre. Je devine instantanément qu'il pense que je viens d'attaquer Farrow. Mon ton laisse difficilement croire le contraire. Sauf que c'est plus un remerciement pour sa sincérité et la reconnaissance de son audace qu'une réelle attaque. Mais seuls ceux qui me comprennent peuvent savoir que derrière mon ton tranchant se cache une moquerie qui n'a rien de négatif. Quant aux autres ? Je ne me suis jamais préoccupée des autres.

23 juil. 2025, 15:30
Comme un pitiponk dans un salon de thé  PV   PNJ 
Il est évident que j'ai mal choisi mon mot. J'aurai dû en utiliser un moins... incisif. Être plus délicate. Merlin ! Pourquoi rien ne se passe jamais comme je l'espère ? Pourquoi suis-je incapable de me comporter correctement ? J'ai l'impression d'être tombée dans mon propre piège, et j'en ai tellement honte. Oh, comme je brûle de honte ! La réaction à demi dissimulée d'Oswald ne fait que m'humilier davantage. Et je ne comprends pas, ah ça non, je ne comprends pas pourquoi Aelle ne se vexe pas, pourquoi elle reste si calme, si distante, si froide, si elle-même après ce mot beaucoup trop maladroit. On pourrait considérer que je l'ai insultée, et cela ne la dérange pas. Il n'y a donc que moi que cela met mal ?

Je secoue la tête de droite à gauche, le rouge s'écrasant sur mes joues. Mes yeux se baissent, mes doigts se crispent ; je voudrais me lever tout de suite pour m'effacer, mais ce serait très peu adapté. J'ai terriblement manqué de diplomatie, alors il faut absolument que je me rattrape, je n'ai pas le choix, ce serait très mal vu de partir après ce dérapage.

Cependant, je ne sais pas comment faire, je me sens dévorée par mon impair. Puis-je nier en bloc ? Dire que j'ai exagéré ? Me contredire ? Dois-je atténuer mes propos ? De toute évidence, je ne peux pas dire le tout et son contraire, ce serait me rendre idiote. Il faut que je me trouve des excuses. Mais ce serait ne pas assumer ce que je viens d'énoncer... Oh, et puis Merlin ! Non, je peux difficilement assumer après ces réactions qui pointent du doigt mon embarras.

J'avale, essaye de lever le regard, mais il retombe comme s'il manquait de force. Soit. Serrer les dents, respirer, calmer le rouge écrasé sur mes joues comme un fruit trop mûr, prendre une voix posée. Donner l'impression que je suis sûre de moi, que je maîtrise la situation. Me détacher un peu des remarques piquantes de Bristyle.

« Si je t'ai blessée, ce n'était pas dans mes intentions. Excuse-moi », dis-je avec sincérité.

Essayer de tout calmer alors que son cœur tape comme un fou, pressé d'angoisse et de honte, c'est comme essayer d'avaler des nuages. C'est vain. Je me berce d'illusions. Et pourtant, je persiste. Quitte à s'enfoncer dans l'humiliation, autant garder la tête haute.

« J'ai sûrement exagéré le propos. C'est le problème quand on connaît mal : on prend en compte ce que les autres murmurent, on se fit sur les grandes lignes et on grossit un peu les traits. Le résultat est souvent loin d'être fidèle. »

J'hésite. Je ne sais pas où je vais. Est-ce que cela convient ? Est-ce que c'est idiot ? Est-ce que cela se voit que j'essaye de me tirer d'un embarras immense ?

J'arrive enfin à lever les yeux pour les planter dans le regard d'Aelle. Merlin, mes mains tremblent sous la table. Faites que personne ne le voit.

« Et puis, si tu étais vraiment insupportable, je serais vite partie. »

Mes entrailles sont un peu nouées. Dès que la situation se sera apaisée : je m'en vais. Il n'est pas question de passer davantage de temps avec une sorcière aussi déstabilisante, en la présence de qui j'ai souvent l'impression de ne dire que des idioties, et qui, qui plus est, est incapable de sourire ou de se montrer cordiale. Je vais finir par craindre nos interactions : j'ai l'impression qu'elles finissent toujours par me rendre pitoyable.

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25 juil. 2025, 11:12
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Et voilà, le spectacle de sa gêne se dévoile à moi. Elle ne fait rien pour la cacher, le rouge sur ses joues pales est agressif, tout comme cette façon qu'elle a de secouer la tête de droite à gauche. Elle n'aurait pas réagi plus vivement si je lui avais dit en la regardant droit dans les yeux : « Est-ce que tu viens de m'insulter, Farrow ? ». Si je n'exprime pas grand chose, je ne manque rien de toutes ses expressions, de toute sa gêne mortifiée et déjà je me fatigue à l'idée de ce qu'elle me dira. J'aurais aimé qu'elle comprenne que ce n'était pas un reproche, mais c'était évidemment trop lui demander. Et ça confirme ce qu'elle a fini par comprendre depuis l'année passée et qu'elle comprendra davantage encore en rentrant chez elle ce soir : nous ne nous connaissons pas.

Et voilà qu'elle commence à se répandre en excuses. Elle le fait tant et si bien qu'il faut qu'elle emploie un nombre de mots conséquents pour dire à quel point elle regrette et s'en veut de m'avoir blessée. Oh oui, je suis terriblement, absolument blessée ! Je cache mon sourire moqueur derrière mon verre et avale une longue gorgée en continuant de la regarder. Je l'attendais tellement, ce comportement et cette mortification, que je me découvre l'envie de m'en amuser. Ce qui ne serait vraiment pas respectueux, j'en ai conscience, c'est sans doute pour ça que je ne lui ris pas au nez. Elle met vraiment les formes, elle fait attention, elle se remet en question : « c'est le problème quand on connait mal ». Au final, j'ai plus l'impression qu'elle cherche à me brosser dans le sens du poil qu'à véritablement s'excuser. Craint-elle ma réaction ? C'est pour cela qu'elle est si gênée ? Elle pense que je vais hausser la voix, être menaçante ? Merlin, comme c'est mal me connaître.

Je sens la déception, tiède, couler dans mes veines quand elle poursuit son laïus, tentant à chaque fois un peu plus d'effacer les mots qu'elle a prononcés. Et je trouve ça dommage. Elle a fait preuve d'une belle audace, inédite venant d'elle... Et voilà qu'elle se met en quatre pour s'excuser et effacer ce qu'elle vient de dire ? Est-ce de la lâcheté ? N'assume donc t-elle pas ce qu'elle a affirmé il y a quelques secondes ? Je préfère la Alyona Farrow qui dit en me regardant droit dans les yeux que je suis insupportable que celle qui m'affirme, en me regardant tout aussi en face, que je ne suis pas « vraiment insupportable ».

Mes lèvres se pincent. Je la considère un moment en silence, parfaitement consciente que ma non réaction et ce silence risquent d'affirmer davantage sa gêne et sa culpabilité. À côté de moi, Johnson s'enfonce tellement dans son siège qu'il donne l'impression de vouloir disparaître. Je ne fais pas attention à lui. Je préfère planter mes yeux dans ceux de la Serdaigle.

« Farrow, dis-je enfin sans pouvoir totalement effacer cette teinte dans ma voix, celle qui est si parfaitement à mi-chemin entre l'agacement et la moquerie que l'on ne sait pas très bien si je vais enfoncer la jeune femme ou au contraire lui rire au nez. Sérieux... Fais pas preuve d'audace si c'est pour t'en excuser deux secondes après. »

Un léger soupir déborde de mes lèvres. Je secoue doucement la tête et tourne les yeux vers le mur-qui-est-en-fait-le-sol. Là-bas, des sorciers à l'horizontal dansent sur la piste de danse.

« Assume jusqu'au bout, sinon ça sert à rien. »

Et c'est décevant, ça montre seulement que tu es incapable de dire les choses aux gens et, pire, que tu fais semblant d'affirmer certaines choses pour... Bah, ça je n'en ai pas la moindre idée et je me fiche totalement de la raison. C'est seulement agaçant que la première fois que cette fille fait quelque chose d'intéressant, elle le gâche en se répandant en excuses juste après.

Oh que j'aime cette évolution dans notre RP ! C'est le monde à l'envers, Alyona risque de ne rien y comprendre.

28 juil. 2025, 23:19
Comme un pitiponk dans un salon de thé  PV   PNJ 
Aelle Bristyle n'a absolument pas la réaction à laquelle je m'attendais. Et cela me surprend ? De sa part, plus rien ne devrait m'étonner. Elle n'accepte pas mes excuses, loin de là. Non, elle se moque de moi. Elle se moque de moi ! Est-ce que quelqu'un lui a un jour appris la politesse, le savoir-vivre, la courtoisie ? Elle préfère que je l'insulte ? Pourquoi ? C'est un langage qu'elle comprend mieux que celui du pardon ? Au moins, lui, elle le maîtrise, cela doit la rassurer. Alors, elle cherche à ce que je fasse comme elle qui m'humilie, elle veut que je m'enfonce dans la colère, que j'en ai jusqu'aux genoux, jusqu'à être incapable de m'en dégager, que je me rende encore et encore pitoyable, pour qu'elle puisse me montrer comme j'ai tort de faire étalage de ses défauts. Merlin ! Et c'est vrai que je pourrai être tentée. Parce que je la sens monter, ma colère, comme une énorme vague, ou de la fumée. Aelle m'en a craché des cendres dans la gorge, et maintenant j'ai les poumons plein de ce nuage noir. Le rouge de mes joues devient celui de l'emportement. Je pourrai l'invectiver, lui donner ce qu'elle veut. Ce serait tellement simple de lui jeter un « tu es insupportable » bien pensé au visage, de laisser la colère me gagner totalement, de lui exprimer à quel point elle m'agace, à quel point je lui en veux de réagir de cette manière, de me prendre pour une idiote, de m'humilier et de me provoquer. Ce serait tellement évident, presque naturel.

Pourtant, je me contiens.

J'ai un volcan brûlant dans la cage thoracique, et je m'oblige à calmer ma respiration. Mes veines sont des torrents de lave, et je dévore toute leur fumée, jusqu'à tousser, jusqu'à me rendre malade. J'ai tellement envie de détester Aelle ! Elle et Oswald, tant qu'on y est, puisqu'il reste là, enfoncé dans son siège comme s'il voulait s'y fondre, à ne surtout pas prendre parti, à chercher à ce qu'on l'oublie, alors qu'il est à la même table que nous, qu'il pourrait dire quelque chose, qu'il pourrait... Je ne sais pas ! Faire entendre raison à Bristyle, elle qui préfère que je l'insulte plutôt que je m'excuse ? Avec son « Farrow », son soupir, son visage de marbre et son dédain immense, elle me donne tellement l'impression que je suis ridicule ! Comme si c'était moi qui me comportais mal, comme si c'était moi qui agissais avec idiotie ! Alors que je me suis excusée ! Merlin, je n'ai rien à me reprocher. Non, non, plus j'y réfléchis, plus je suis certaine que de nous deux, l'insensée ce n'est pas moi. Je ne mérite pas l'humiliation dont elle m'accable. Et je ne lui ferai pas le plaisir de lui donner ce qu'elle veut.

Mais tout de même, c’est désolant, à chaque fois nous en arrivons au même point, à chaque fois elle finit par m’agacer, me pousser à bout et me donner l’impression qu’elle cherche à me ridiculiser. À croire que c’est là son objectif, me tourner en dérision. Pourtant, je ne passais pas un mauvais moment, avec elle et Oswald. J’ai commis un impair, c’est vrai, mais je pensais que mes excuses suffiraient à le faire oublier. Cela aurait été tellement facile. Mais non, il faut qu’Aelle contrarie, qu’elle pique, qu’elle jette son respect au feu pour vous donner un coup de pied dans les côtes. Et que suis-je censée faire, moi ? Comment réagir ? Dois-je accepter sans broncher ? Puis-je ne pas lui en vouloir ? Lui pardonner, encore et encore ? Alors qu’elle ne se rend même pas compte des blessures que ses mots infligent ? Par Circé ! C’est terrible comme elle me pousse vers les pires recoins de mon âme, dans les pensées que je déteste, et avec les sentiments qui me dégoûtent. Je n’ai aucune envie d’être en colère, aucune envie de lui en vouloir, aucune envie de ressentir tout cela, d’avoir de la fumée dans la gorge et de la lave dans les veines.

« Sérieux », j’inspire profondément, « assume », je suis faite de glace.
Mon visage se fige, le rouge s'éteint progressivement, j'ai les yeux toujours fixés dans ceux d'Aelle, je ne cille pas ; seules mes mains tremblent un peu, de honte, de déception et d'irritation.
Je ne me laisserai pas avoir, je me contiendrai. Si elle croit que je vais assumer, l'insulter, marcher sur mes valeurs et accéder à sa demande, elle peut se mettre le doigt dans l'œil.
Et Oswald qui ne dit rien, qui ne bouge pas !

Le temps s'étire pendant que je réfléchis. Les secondes laissent des traînées de silence. Cependant, je parviens à avaler ma colère, à la noyer tout au fond de mon corps, à l'écraser sous une volonté de fer. Je ressemble beaucoup à ma mère, mais je ne m'en rends pas compte. J'agis comme elle le ferait, et même mes traits changent pour prendre ceux qu'elle porte si facilement : un demi-sourire fatigué, presque lassé, des yeux calmes, avec un éclat de douceur. Ma différence, c'est cette poitrine qui se soulève encore rapidement, trop rapidement, gonflée par des sentiments contenus.

Je me redresse sur mon assise et, après une hésitation, je finis par me lever. Dire que je leur ai payé un verre.

« Je vais vous laisser, je ne veux pas vous déranger plus longtemps », articulé-je calmement.

Ce serait si facile de lui dire, là, avant de partir, de lui cracher froidement un « tu es tellement insupportable », le regard en feu.

Mais je me contiens, je me contiens. Cette colère, ce n'est pas moi, cet incendie, ce n'est pas moi. Je suis calme comme les arbres, j'ai les racines bien ancrées et la tête effleurée par les brises. Je résiste à mes propres tempêtes.

Mais tout de même, par Merlin ! J'aurais aimé que cela se passe autrement. J'aurais aimé pouvoir réagir d'une autre manière. Là, j'ai juste envie de retrouver Nahele et d'oublier cette humiliation qui me fait si mal au cœur. Car je suis touchée, même si je n'en montre rien.


Ahhh, si tu savais, j'y ai presque cru à cette idée d'un rp calme et apaisé.

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31 juil. 2025, 13:00
Comme un pitiponk dans un salon de thé  PV   PNJ 
Il y a un long silence qui s'étire entre nous, un silence qui alourdit l'ambiance et qui la fait passer de désagréable à franchement étouffante. Mes yeux sur Farrow ; les siens sur moi — et ce silence qui coule entre nous, qui déborde de nos regards et de nos bouches pincées. Le rouge qui couvrait le visage de la Serdaigle commence peu à peu à s'estomper. Puisqu'elle ne parle d'abord pas, je suis obligée de me concentrer sur ce que je vois, même si l'expérience a maintes et maintes fois prouvé que je n'étais pas capable de comprendre les expressions qui passent sur le visage des gens. La plupart du temps. Et aujourd'hui, c'est la plupart du temps. Je vois bien que le rouge reflue, mais je sais sans être capable de l'expliquer que cela signifie pas pour autant qu'Alyona Farrow a compris ce que je lui ai dit. Et je vois également cette longue inspiration qu'elle prend et qui ne froisse qu'à peine son visage. Mais je ne sais toujours pas ce qu'elle pense réellement de tout cela.

Je pense sincèrement avoir été claire. Je ne me suis pas départie de mon ton cassant et quelque peu moqueur, certes, mais je pense avoir été compréhensible. Farrow a fait preuve d'audace en se montrant sincère avec moi et je viens de lui dire de continuer à l'être, que c'est ainsi qu'il faut être, qu'il faut assumer jusqu'au bout et ne pas s'écraser parce qu'on pense avoir blessé l'autre. Je le lui ai dit, elle l'a entendu, alors normalement, dans un monde normal, elle devrait baisser les épaules, soulagée, et balbutier un truc idiot comme : « Ouf, j'ai eu peur de t'avoir blessée. Tu as raison, je dois assumer. » Et avec un peu de chance, elle aurait enchaîné avec une phrase intelligente qui nous aurait permis de continuer cette discussion sans perdre notre temps. Sauf que voilà, ce monde n'est pas normal et il va me prouver une nouvelle fois ce que je sais depuis toujours : à savoir que les gens ne me comprennent jamais.

Lorsqu'Alyona Farrow a ce drôle de sourire qui traverse ses traits figés et qu'elle se lève pour prendre congé, je ne me dis pas que l'affaire est réglée. Je ne me dis d'ailleurs pas non plus qu'elle m'en veut et qu'elle s'est vexée. Non, je pense tout simplement qu'elle n'est pas d'accord avec moi et qu'elle n'a pas envie de partager ma table plus longtemps, voilà tout. Je lève la tête pour la suivre du regard, un sourcil arqué sur mon front. Alors c'est tout ? C'est tout, elle ne réplique rien, elle ne va pas assumer ? Elle va se contenter de partir comme ça, en n'offrant aucune réponse à mes mots ?

Je ne sais pas pourquoi je ressens ces sentiments étranges. Comme une frustration colérique qui bout au fond de moi. Je crois que j'ai eu l'espoir, brièvement, qu'elle se montre sous un meilleur jour. Qu'elle assume réellement, qu'elle réplique quelque chose qui aurait ressemblé à de l'audace, comme tout à l'heure, et qui m'aurait plu. Mais finalement, elle se contente d'être exactement celle qu'elle a toujours été durant nos sept années d'études à Poudlard : polie, peut-être un peu trop, sans avoir un mot plus haut que l'autre. Elle ne va pas assumer, sinon elle m'aurait dit : « Quoi, tu veux vraiment que je te répète que tu es insupportable ? » ou quelque chose dans ce goût-là. Pourquoi ne le fait-elle pas ?

Le regard braqué sur elle, toute prise par mes réflexions et cette drôle de déception, je reste silencieuse suffisamment longtemps pour que Johnson, que j'avais presque oublié, se décide à intervenir. Il se redresse sur le banc, tendu vers elle.

« Ok..., marmonne-t-il sur un ton que j'ai très peu l'habitude d'entendre chez lui : celui de la gêne ou du remord. Euh, c'était cool de te rencontrer, Alyona... Tu... Tu nous dérangeais pas du tout... À une autre fois peut-être ? »

Je lui lance un regard accablé. À une autre fois ? Et quelle autre fois pourrait leur donner l'occasion de se rencontrer ? Et puis c'est quoi ce ton, ces yeux fuyants ? Je lève les yeux au ciel avant de me retourner de nouveau vers Farrow qui est apparemment bien déterminée à partir sans m'avoir prouvé que son audace n'était pas juste une erreur de parcours. Tant pis pour elle. Je hausse les épaules, la main enroulée autour de mon verre, et cherche à croiser son regard.

« C'est toi qui vois, » lui dis-je d'une voix traînante.

C'est toi qui vois si tu veux être comme ça, si tu ne veux pas assumer, si tu n'aimes pas l'audace, si tu ne veux pas me comprendre, si tu veux me laisser l'impression que tu es incapable de dire des choses que tu penses réellement. C'est toi qui vois, voilà tout. Un petit soupir sur mes lèvres. Je balaye des yeux le pub et ses murs remplis de gens qui dansent au rythme de la musique qui tonne au-dessus de nous.

« Bonne fin de soirée, » ajouté-je après un moment d'hésitation, la voix un peu dur et les sourcils légèrement froncés — je lui refuse désormais mon regard et me concentre sur le banc d'en face qu'elle vient de quitter.

Et ce n'est qu'une formule de politesse sans aucune âme. Quand quelqu'un part de la table que l'on a partagé jusqu'ici, on lui souhaite de passer une soirée. Est-ce que je souhaite réellement à Farrow de passer une bonne fin de soirée ? Certainement, car je ne dis jamais des choses que je ne pense pas, mais en même temps je me fiche de si sa fin soirée sera plus agréable que le début qu'elle a partagé avec nous. Je suis trop déçue pour réellement le souhaiter. À moins que ce ne soit pas réellement de la déception ? Je ne m'attendais pas à autre chose venant d'elle, après tout. Mais peut-être que je lui en veux légèrement de ne pas assumer ses pensées jusqu'au bout, voilà tout. C'est tout simplement cela qui explique le sentiment étrange que je ressens et que je ne parviens pas à nommer.

J'y ai cru jusqu'au bout aussi, argh, qu'elles sont frustrantes !

21 août 2025, 12:21
Comme un pitiponk dans un salon de thé  PV   PNJ 
Parfois, je me demande si ce n'est pas de ma faute, si ce n'est pas à cause de moi que les choses ont tourné ainsi, s'il n'était pas attendu que je fasse, tout simplement, « un effort » au lieu de me brusquer, de prendre les mots de Bristyle pour acides, de lui refuser d'instinct ce qu'elle exige comme si aucune autre solution n'était possible. Aurais-je dû prendre sur moi, avaler ma fierté et lui dire clairement ce que je pense ? Aurais-je dû l'écouter, et non pas m'arrêter à son air moqueur et dédaigneux, qui a hérissé ma peau comme si j'y étais allergique ? Aurais-je dû réfléchir davantage, au lieu d'être directement dans les sentiments, la confrontation et de voir rouge à tout ? Je me balance sur mes incertitudes, mal à l'aise derrière mon masque d'hiver. En réalité, je n'ai pas vraiment envie de partir maintenant, de me lever et de tout arrêter là. Je me sentais bien avec les deux étudiants, mieux que ce que j'avais imaginé, et j'aurais pu continuer à parler et à boire en leur compagnie encore de longues minutes. Cela aurait pu être intéressant. Et puis, c'est si rare, ce genre de moment. Mais je n'y parviens pas, je n'y parviens plus. Aelle, quand elle prend ainsi ses grands airs, m'agace et je n'arrive pas à la supporter. Elle n'accepte même pas mon pardon ! Ses manières me mettent hors de moi, et l'inaction d'Oswald ne fait que me dégoûter davantage de la scène qui se joue entre nous. Je n'ai pas d'autre choix que de me lever, n'est-ce pas ? S'il y en avait un autre, je l'aurais pris, et préféré.

Alors, de l'amertume plein la bouche, mais résolue et les traits toujours aussi figés, j'écoute l'étudiant qui paraît à son tour mal à l'aise, et si je n'exprime rien de ce que ses mots me font ressentir, je n'en reste pas moins sensible à ses paroles. On dirait qu'il s'y cache un peu de... remord. À moins que ce ne soit tout simplement ce que j'y cherche ? J'hésite sur mes interprétations, tout en sachant que c'est inutile, car en réalité je lui ai déjà pardonné. Je ne lui en veux pas, je sais que la situation était étrange, et il s'est montré tout au long de cette soirée très agréable avec moi, et d'une compagnie appréciable ; je ne peux pas le condamner. Je préfère m'en aller, c'est tout, parce que quelque chose à cette table me pèse, et je ne parviens plus à rester, quand bien même c'est ce que je souhaite.

Néanmoins, ses paroles me secouent et m'embarrassent. Elles me laissent la sensation de partir avec brutalité, comme si je leur tournais le dos sans une explication. Est-ce que je leur en dois ? Est-ce que je me montre trop ferme dans mon comportement ? Et qui dit, en effet, que je les dérange ? Est-ce que ce ne serait pas l'inverse ? Est-ce que ce n'est pas moi qui suis gênée par leur présence ? Mon regard glisse vers Bristyle.

« Bah, je... » L'hésitation vient fragmenter ma réponse, perfide. « Je n'en suis pas si sûre, terminé-je rapidement, d'une voix qui trahit mon manque d'assurance. Mais c'était sympa, oui, et à une autre fois, peut-être. »

Les yeux de l'ancienne Jaune semblent chercher les miens, mais je les détourne rapidement. Même sa voix traînante ne vient pas ralentir mes mouvements, quand je me dégage du banc et frotte le bas de ma robe pour me donner une contenance, et une assurance que je n'ai pas tellement. Je crois que j'ai peur, si je m'éternise davantage, d'être tentée de rester. Pourtant, je sais que ce n'est pas une bonne idée, que je le regretterai. Mais ne le regretterai-je pas d'une manière ou d'une autre ? Ah, Merlin ! Il est temps que je retrouve Nahele. Il doit se poser des questions.

J'allais me retourner après avoir prononcé quelques mots polis d'au revoir, quand Bristyle me devance, avec une voix dure comme la pierre. Étonnamment, la déception remonte dans ma gorge, fragilisant l'assurance étalée sur mon visage. Je cherche rapidement et instinctivement le regard de mon ancienne camarade, mais il est déjà loin. Alors, je finis par baisser la tête, désolée.

« Bonne fin de soirée », répété-je sans grand entrain.

Cette fois, je tourne définitivement les talons, mais moins aisément et moins vivement que ce que j'aurais souhaité. Je me sens bête, et je ne sais pas pourquoi. J'ai l'impression d'avoir loupé quelque chose, de m'être trompée quelque part. C'est une sensation lourde et étouffante dans ma poitrine, qui ne se dissipe pas, mais me pousse à me faufiler hâtivement entre les tables jusqu'à rejoindre mon ami. Avec lui, j'espère que cela s'apaisera, même si je ne suis pas sûre de désirer lui raconter ce qu'il s'est passé. Pour ce soir, je préfère mettre de la distance entre les étudiants de l'AESM et moi.


Ahh, je crois que c'est une fin pour moi. Merci beaucoup pour ce rp ! Je reste un peu frustrée également par cette fin, mais pas déçue parce que c'était vraiment génial, et c'est toujours aussi merveilleux d'écrire avec toi. Bref, merci.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet