27 juil. 2025, 00:49
L.J Forger l'acier sous la neige
5 ANS PLUS TARD


« Lore ! Tu viens ? »

L'appel de l'Allemande résonna un peu trop fort dans l'espace qui les entourait, mais au diable les professeurs grincheux qui, à chaque manquement disciplinaire, aboyaient comme des loups enragés. Adélaïde ria sobrement en attendant que son amie la rejoigne sur le terrain. Peut-être l'avait-elle défiée, peut-être était-elle allée de l'avant avec une poussée de vitesse exagérée dans l'espoir que la blonde la rattrape, et peut-être riait-elle de cette action ridicule qui ne visait qu'à engendrer un sourire amusé sur le visage de sa coéquipière.

Elle s'arrêta un instant au centre de la piste, quitte à gêner tout le monde — de toute façon, elle ne risquait plus rien, sa dernière année était pratiquement achevée. Lorsqu'elle réalisa que ces entraînements comptaient comme les derniers de ceux qu'elle ne vivrait plus jamais dans quelques mois, qui ne seront plus que souvenirs, un étrange sentiment l'envahi. Plusieurs, même. D'abord, le soulagement. Le repos. Enfin ses muscles respireraient, et, même si elle prenait un certain plaisir à pratiquer, personne ne refusait jamais une petite pause. Cela nous amène donc à la seconde impression qui serrait sa poitrine ; l'appréhension. La peur du manque qui pourrait s'installer, celle de ne plus jamais, justement, être forcée à effectuer de tels exercices. Et si, en plus, elle perdait toutes ses aptitudes ? Tout ce dur labeur, sur tant d'années, non, elle ne pouvait pas simplement tout abandonné après Durmstrang, pas tout un univers auquel elle avait consacré une partie de sa vie, pas le cadre dans lequel elle avait rencontré sa complice quotidienne. Et ceci, nous transporte directement au dernier point, au dernier sommet de notre problème capital.

Lorelyne.

Lorelyne qu'elle avait rencontrée si jeune, Lorelyne dépassée, Lorelyne effrayée.

Lorelyne qui désormais avait les allures d'une jeune reine efficace, pourvue d'une grande maîtrise de soi, elle, qu'elle a vu grandir à ses côtés, et qui n'avait plus rien à voir avec la jeune fille de première année découvrant le renforcement.

Lorsqu'elle arriva à sa hauteur, la septième année se pencha à son oreille et murmura :
« Regarde donc la tête du prof... »

Elle dissimula un fou rire naissant derrière sa main. En effet, l'adulte n'avait pas l'air finaud avec son air renfrogné, comme un piquet ferme qu'on aurait planté dans le sol pour tenir une tente qui s'envole déjà dans les airs. La complicité des deux jeunes femmes s'était construite progressivement, autour de pratiques communes, de discussions plus au moins diplomatiques — typiques de deux adolescentes qui pouvaient aussi bien tirer la grimace deux jours d'affilé que d'éclater de rire à un jeu de mots moyen.

Adélaïde chérissait cette relation, autant qu'elle ne prendrait soin d'une pierre extrêmement précieuse, tout autant que la proximité qui était née entre la brune et Iaros Olsen.

Ces liens qui ravivaient le feu du cœur, consumaient également un bien précieux qui forgeait l'alchimie des deux sur le terrain. Un duo efficace à la technique vivace, un duo dans lequel Adélaïde avait nettement remarqué les progrès de la Norvégienne, autant que les siens, qu'elle s'amusait à nier pour sublimer ceux de son amie.

Le fou rire écarté, les deux reprirent leur course allègrement en suivant les consignes données. Le regard de l'aînée se posa sur sa cadette, et l'espace d'un instant, elle se sentit comme une maman fière du chemin parcouru par la prunelle de ses yeux.

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Impératrice-Sirène des Contrées Germaniques, Célestes et Maritimes • Idole d'Elam • Adézheimer - Mémoire fallacieuse - Vance

21 août 2025, 17:20
L.J Forger l'acier sous la neige
Cinq années avaient passé depuis le soir où elle s'était effondrée en silence dans son dortoir, persuadée qu'elle n'aurait jamais eu la force d'aller au bout de sa scolarité. Cinq années à avaler le froid, à supporter les chutes, à taire les doutes... Mais cette époque était révolue, désormais Lorelyne avait appris à frapper avant d'être frappée, et à se relever quand ses genoux râpaient la glace.

La jeune fille ne s'était évidemment pas formée en un jour. C'était le fruit d'un travail lent et dur, comme celui d'un forgeron : coup par coup. A force de subir, elle avait appris à s'endurcir. Alors aujourd'hui, elle n'était plus cette gamine hésitante et faible, elle se tenait droite. Elle avait le port altier d'une reine en devenir, la retenue d'une joueuse de poker qui ne dévoile jamais ses cartes trop tôt. Au fil du temps, elle avait forgé son âme, elle avait forgé l'acier sous la neige. Tout est possible du moment qu'on a assez de cran.

Et Adélaïde, dans tout cela, était son exemple. Ses conseils, ses rires et ses discussions partagés, avaient maintenu Lorelyne debout les soirs où elle avait voulu tout envoyer valser. Sans elle, la forge se serait peut-être éteinte. Elle lui en était reconnaissante. Une reconnaissance qu'elle n'avouerait jamais en mots trop appuyés, mais qui brillait dans ses yeux chaque fois que leurs regards se croisaient.

Alors, quand elle l'entendit l'appeler, un sourire vint briser le masque lisse de son visage. Lorelyne accéléra pour rejoindre son aînée, ses cheveux blonds voletant derrière elle. A sa hauteur, elle se glissa juste à temps pour entendre son murmure, et son rire discret lui échappa.

« Par tous les dieux, Adé, tu vas finir par nous faire exclure avant la fin de ton année. » chuchota-t-elle, l'œil malicieux, bien qu'elle-même ait du mal à étouffer son amusement. La blonde jeta un bref coup d'oeil au professeur, puis reporta son attention sur son amie.

Lorelyne reprit son rythme, le souffle fort mais régulier, et un sourire déterminé ourla ses lèvres. La dernière année d'Adélaïde à Durmstrang serait aussi la leur, et Lorelyne se jura qu'elle la lui rendrait inoubliable.
Fin ! Merci pour ce RP et à bientôt sur les îles britanniques !

Freya, viking badass et WikiPFR officiel.
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