Newcastle Coquelicot Rouge F.M

28 Août 2050,
Début d'après midi.
Manoir des Moors, Newcastle.
Avec @Freya Moors.


Je suis déjà sorti au début de la semaine avait annoncé Aristide à ses deux parents quand ceux-ci avaient proposé cet épouvantable après midi. Sans succès, évidemment, puisqu'il avait quand même été traîné dehors. Une petite partie de lui savait qu'il suffisait de se battre avec plus de hargne pour que les gens l'abandonnent dans sa chambre mais il était hors de question de faire des caprices devant ses parents ou de passer pour un mauvais enfant. Alors bon, Aristide finissait toujours par dire oui à à peu près tout tant que ça ne paraissait pas plus dangereux que ça. Sa mère voulait simplement qu'il sociabilise un peu plus, surtout alors qu'elle l'avait vu refuser de sortir même juste dans le jardin il y a plusieurs années. Il faisait des progrès, il en était conscient mais il n'avait pas l'impression d'avoir très envie d'en faire. Ca faisait plaisir à sa mère, et il devait avouer que sa vie était plus amusante depuis qu'il parlait à plus de gens mais rencontrer de nouvelles personnes était toujours si angoissant qu'il se demandait parfois si ça en valait encore la peine. Il avait quelques amis. Très peu, en réalité mais il avait Nyxis alors ça devait être suffisant, non ? Une très bonne amie, des connaissances et quelques élèves à qui il disait bonjour sporadiquement : voilà une vie presque parfaite. Normalement suffisamment agréable pour éviter un dîner pour papoter affaires qui s'était finalement transformé en un dîné plus un après midi.

Au moins, se dit-il alors qu'il entrait dans la cheminée, il connaissait déjà les Moors alors ce n'était pas comme s'il allait rencontrer de nouveaux visages totalement inconnus. Il avait déjà serré la main au patriarche et déjà dit bonjour à leur fille quelques fois à Poudlard. Evidemment, il finissait toujours par s'enfuir quand elle venait voir Nyxis et qu'il était déjà là, mais ça ne changeait rien au fait qu'ils avaient déjà échangé. Le tout rendait la sortie moins angoissantes mais pas agréable pour autant. Un petit poids grandissait tout de même dans son ventre à mesure que la journée avançait. Le matin même, il avait été semblable à une graine. Maintenant, il ressemblait plus à une grosse orange. Il prit une longue inspiration, se força à plonger sa main dans le sac de poudre de cheminette et se dandina, mal à l'aise, avant de jeter ladite poudre au sol avec force. L'adresse des Moors n'était pas difficile à prononcer et il trébucha hors de la cheminée sans encombres, attendant ensuite patiemment ses parents. Son père sorti du foyer le premier, suivi de sa mère qui s'approcha de lui à peine arrivée. Le père Moors les attendait dans le hall, tout en sourire et en bonne humeur mais Aristide ne parvint pas à lui rendre son sourire, trop occupé à fixer son regard sur un point du mur pour ne pas voir l'étendue des dégâts.

Il n'avait jamais su prendre une cheminette correctement sans finir couvert de suie et tout ceci était un évènement encore plus angoissant que l'idée de voir des gens. Il se sentait sali d'une manière bien plus importante qu'il ne l'était en réalité, comme si la suie avait pu se frayer un chemin sous ses vêtements. A chaque voyage, il devait résister à l'envie pressente de prendre une douche. Heureusement, sa mère avait tout de suite compris le problème quand il s'était posé la première fois et s'occupait donc à chaque fois de le débarbouiller un peu.

Elle ne demandait jamais s'il en avait besoin, savait seulement que si. Pas besoin d'expliquer ses sentiments ou de demander de l'aide, elle se penchait par réflexe sur lui pour épousseter son pantalon et sa chemise avec douceur et ses mains blanches semblaient laver les vêtements bien plus efficacement que toutes les lessives ne le feraient jamais. C'était un super pouvoir qu'elle avait, se disait Aristide, de pouvoir frotter un endroit et lui donner l'impression que celui-ci n'aurait jamais être plus propre. Quand elle lui prenait la main, il n'avait même jamais la sensation de devoir se la laver après. Dawn Griffiths était simplement l'incarnation même de la perfection aux yeux de son fils, même couverte de peinture ou toute collante après avoir pâtissé avec sa plus jeune fille.

Une fois qu'elle se fut assurée que son fils n'allait pas fondre en larmes pour un restant de suie, elle commença à papoter avec joie avec leur hôte. Ils étaient amis et Aristide ne savait même pas depuis quand. Il se souvenait simplement de tous les vernissages où l'homme avait accompagné sa mère et qu'elle lui racontait ensuite. Aujourd'hui, cependant, elle n'était pas là pour une question d'art mais plutôt pour une affaire de loi dont elle devait s'entretenir avec Eleanor. Harvey les suivit en riant à une blague quelconque lancée par Thomas tout en laissant son fils derrière lui. Evidemment, Aristide n'était pas rendu tout seul dans ce grand manoir mais simplement abandonné aux soins de l'héritière. Il avala sa salive avant de se mettre en marche et de suivre la jeune fille jusqu'à un salon au deuxième étage. Si le Serdaigle aurait voulu se plaindre de devoir grimper, il garda sa langue collée à son palais de peur de dire quelque chose que la jeune fille n'apprécierait pas. Elle devait forcément être agréable à côtoyer si Nyxis l'appréciait autant mais à l'instant elle semblait surtout être une inconnue particulièrement dans une équation elle aussi terriblement compliquée. Le genre d'inconnue qui pouvait faire exploser une potion au lieu d'en calmer les bouillonnements.

Alors, quand elle lui proposa de s'asseoir, Aristide se glissa tout naturellement vers les chaises proches d'une immense fenêtre. Une chaise, c'était mieux qu'un canapé : il n'y avait pas de place pour que quelqu'un vienne s'asseoir juste à côté. Cela gardait une distance très appréciée avec les autres et en plus, c'était plus fermé que ne l'étaient les grands fauteuils qui parsemaient le salon. Une chaise, c'était correct. Un canapé, c'était effrayant. Vraiment, une logique simple. Simple comme le silence qui s'installa entre les deux jeunes alors que Aristide s'asseyait correctement sur la chaise, les genoux serrés et les mains sagement posées dessus. Son regard se perdit dans les jardins en contrebas, essayant de déterminer les quelques espèces qu'il connaissait et qu'il arrivait à discerner depuis sa place. Il remonta ses lunettes deux fois sur son nez, dans l'espoir que cela lui permettre de mieux voir les fleurs mais ce fut, évidemment, en vain. A un moment donné, il envisagea de parler à l'autre, probablement une phrase bateau ou un deuxième "Bonjour" qui aurait été gênant après l'avoir déjà salué dans le Hall. L'idée se perdit dans les méandres de l'univers alors qu'il baissait les yeux sur ses chaussures. Là, sur le bout de la chaussure gauche. Une légère couche de suie, probablement déposée là quand il avait trébuché.

Le premier réflexe que lui imposa son cerveau fut celui de se jeter dessus avec un de ses mouchoirs pour polir la Derby jusqu'à-ce qu'elle brille plus que les étoiles au milieu d'une nuit noire de campagne mais il se retint. Impossible cependant d'en détourner les yeux et il se tortilla sur son fauteuil, mal à l'aise mais n'osant pas se pencher pour essuyer la tâche incriminante. Son regard fuyant vint se poser sur la jeune fille à ses côtés et il lui fit un sourire qui devait plus ressembler à une grimace de malaise. La sensation de savoir ses lèvres se pencher dans un angle étrange le fit se dandiner de gêne un peu plus et il pinça sa cuisse à travers son pantalon pour faire disparaître un peu de l'énergie nerveuse qui lui parcourais la peau, faisant se redresser les cheveux sur sa nuque. Il espérait vraiment que le temps passerait vite, que le repas serait simple et sans plat en sauce pour se tâcher ou, même, qu'il pourrait convaincre le destin de le laisser rentrer chez lui en paix au lieu de rester à regarder une fille dans le blanc des yeux. Fille qui le connaissait de part leur Maison commune, l'amitié de leurs parents mais surtout comme le garçon qui fuyait les lieux dès qu'il la voyait. Ce n'était pas la meilleure image qu'il ait jamais donné.

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034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.

Newcastle Coquelicot Rouge F.M
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Date: 28 août 2050
Avec: @Aristide Griffiths
Elle avait l'habitude des gens, des invités et des personnes qui envahissaient son espace pendant des heures, parfois des jours. Elle n'y pensait plus grand-chose, maintenant, même si parfois, elle rêvait de pouvoir s'enfermer dans sa chambre et ignorer toute venue. Mais c'était son rôle, de s'occuper de ceux qui n'avaient pas le privilège de s'enfermer dans le bureau de sa mère. Elle-même, ayant passé plus de temps à regarder la porte se fermer devant elle, comprenait que c'était barbant de ne pas être inclus, même si elle savait qu'elle ne comprendrait sûrement rien à leurs paroles.

C'était donc avec peu d'enthousiasme, mais un certain niveau de professionalisme, qu'elle attendait devant la cheminée, derrière son père. Elle n'avait rien prévu, à part de grignoter quelque chose et de discuter, chose qu'elle ne savait pas faire si bien que ça. Elle avait oublié qui venait, pour être honnête, et ne savait pas si elle allait apprécier le moment venu. C'est avec un peu d'appréhension qu'elle regardait la cheminée, triturant ses mains devant elle, espérant que quelqu'un d'intéressant passe à travers les flamme.

Une silhouette se forma, au fond de la cheminée, et son cœur se mit à battre un peu plus vite. Et puis ses vœux furent exaucés.

Elle connaissait le garçon qui passa le premier, un air dépité sur son visage. Elle avait pu le voir plusieurs fois chez Nyxis. Enfin, seulement des bouts de sa personne. L'arrière de sa tête, un bout de bras et son profil, une seule fois, lorsqu'il s'échappa de son approche. Au début, Freya pensait qu'il l'évitait elle. Ça avait fait un coup à son ego, puis à sa morale. Et puis ça avait simplement attisé sa curiosité, et c'est alors avec un sourire un peu trop grand qu'elle l'observa, et acceuilla la petite famille.

Son père s'occupa d'eux rapidement, et en quelques minutes, ils étaient seuls.

Elle lui fit un signe de tête et le mena au deuxième étage, dans l'un de ses salons préférés. Son cœur s'amusait à battre fort contre sa poitrine, la joie de découvrir quelque chose lui prenant tout l'esprit. Elle lui fit un geste de la main, l'invitant à s'asseoir, puis se posa en face de lui.

Et elle l'observa, sans gêne. Il ne la regardait pas de toute manière, donc elle s'en sentait peu coupable, de l'analyser ainsi. Il avait l'air mal à l'aise, comme s'il avait envie de sauter par la fenêtre, et ses yeux étaient fixés sous la table. Freya, laissant de côté ses manières, étant seule avec lui, passa la tête sous la table pendant une seconde pour regarder les chaussures du garçon. Elle y vit une tâche, probablement due à la cheminée, et lui glissa un chiffon sans rien dire quand elle se releva.

Maintenant qu'elle l'avait si proche, elle ne savait pas quoi lui demander. Peut-être souhaitait-il ne pas parler.

Tout ce qu'elle savait sur lui, c'était qu'il passait son temps à s'enfuir. Ce n'était peut-être pas le meilleur sujet de conversation, se dit la blondinette, en se servant et lui servant une tasse de thé. Elle oubliait doucement les codes sociaux, surtout en présence de personnes jeunes, et c'était une délicatesse pour son petit cœur. Personne n'était là pour la reprendre, et elle pouvait reprendre ses bonnes manières en vraie société, auprès de son grand-père. Pour l'instant, elle voulait surtout mettre le garçon à l'aise, ne voulant pas passer pour une mauvaise hôtesse, et une once d'empathie lui rongeait la tête. Il était ami avec Nyxis. Elle avait pour devoir de s'occuper de lui, même s'il était plus âgé qu'elle. Il semblait être à deux minutes d'un malaise.

"C'est la première fois que je te vois vraiment," dit la petite, avec un hochement de tête. "J'avais l'impression que tu me fuyais, mais je pense que tu es ainsi avec toute personne que tu ne connais pas," continua Freya.

Elle regarda dehors, le joli soleil qui brillait et la beauté des plantes, toujours de bonne humeur, et se mit à sourire. "Aimerais-tu sortir ? Nous avons une serre que je peux te faire visiter. Ou, à l'intérieur, il y a des bibliothèques. Même un genre d'astronarium miniature, dans une salle, si ça t'intéresse. Dis donc, tu es très droit. Il n'y a que nous ici, tu peux relâcher la pression."

Sa parole était libérée, sûrement due au fait qu'il connaissait Nyxis, et pour elle, c'était un sens familier qui lui permettait d'être franche, de s'exprimer comme elle le voulait, et surtout, de s'amuser. Elle ne pouvait pas s'en empêcher. Il avait l'air si raide, et elle voulait le torturer un petit peu pour toutes les fois où il avait couru hors de sa portée comme si elle avait la peste. Elle comprenait, juste un peu. Freya avait été pareille lors de sa première année à Poudlard. Les gens faisaient peur, et elle n'avait pas osé s'ouvrir à eux, mais elle savait qu'elle avait fait des progrès, et elle appréciait la façon donc elle se développait tout doucement, au fil des années.

La blondinette se mit debout, d'un coup, et elle apporta sa tasse à ses lèvres, buvant d'une traite. "Viens, on va dehors," décida la petite avant qu'il ne puisse se positionner. Elle attendit, juste quelques secondes, avant de sortir du salon, ses pas sûrs et confiants. Elle ignora les tableaux aux murs, chose qu'elle ne faisait pas souvent. La petite Moors avait pour habitude de leur dire bonjour, tous les jours, mais elle n'osa pas devant le garçon, qui était déjà assez mal à l'aise.

En quelques minutes, elle se retrouva dans le jardin, descendant les escaliers pour rejoindre l'herbe et les plantes, courant presque. Le bureau de sa mère n'avait pas vue sur les jardins, donc ils étaient en sécurité de tout jugement. Elle se retourna vers le garçon, mains derrière elle, et lui fit un énorme sourire. "Droite ou gauche ?"

Elle se fit violence pour ne pas l'entraîner dans une de ses aventures si nombreuses. Elle pouvait se le permettre avec Narcisse, par exemple, ou même Kenna, ou encore le gentil monsieur qu'elle avait rencontré en début de vacances, mais pas avec lui. C'était comme s'il était précieux, un bijou qui menaçait de se briser, et elle reconnaissait en lui ce qu'elle s'était décidée à combattre chez elle, toutes ces demandes et choses que les gens attendaient d'eux. Avec un peu de chance, leurs parents organiserons un mariage forcé, et il dirait oui sans aucun scrupule. Comme l'avait fait son amie pour elle, Freya voulait l'aider, même un tout petit peu, alors qu'elle ne connaissait même pas son nom.
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Freya Ourt, Freya Ourtière, Freya Kuza - K.A.

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La grande chance que Aristide avait avec les gens c'est qu'il était difficile de faire plus timide que lui, alors son entourage finissait toujours par engager la conversation à sa place. Cela lui évitait une phrase maladroite qui hanterait ses nuits, lui faisant se demander s'il avait dit les choses correctement ou si oui ou non, l'autre personne avait pensé qu'il était un idiot congénital. Ce n'était pas un leader, Aristide, et c'était probablement la raison même pour laquelle il n'avait pas été à Serpentard. Il avait de l'ambition à revendre mais aucune envie de la hurler sur tous les toits ou de prendre la tête d'un groupe. Lui, il préférait suivre le mouvement ou s'occuper de ses affaires en solitaire pour être certain que personne ne pourrait émettre un avis négatif dessus avant que ce qu'il fasse soit perfectionné. Prendre des décisions ou engager des conversations, c'était pareil : ça devait être parfait avant d'être proposé. La seule différence résidait dans le fait que le Serdaigle n'avait pas la capacité d'offrir une tentative de sociabilité qui ne ressemble pas à celle d'un enfant sauvage rencontrant un autre humain pour la première fois. Alors il se taisait et laissait les autres créer le mouvement.

Tendu comme un arc, il accepta le chiffon que lui tendait l'autre avec un sourire crispé. Même s'il avait très envie de l'utiliser, il le garda simplement sur ses genoux. Le fait qu'elle ait remarqué la raison de sa gêne le rendait honteux. Il avait bien conscience que personne n'avait envie de pleurer pour une vulgaire tâche, et encore moins à 14 ans mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il n'avait pas envie de se pencher alors qu'elle savait parfaitement la raison pour laquelle il le ferait. Non, il fallait attendre un moment suffisamment logique pour essuyer la tâche sans passer pour un obsédé de la propreté de ses chaussures. Le morceau de tissu lui servit donc essentiellement de souffre douleur alors qu'il le tortillait dans tous les sens pour continuer à s'occuper les mains sans agresser son pantalon.

Je te présente mes excuses. Dit-il par réflexe alors que Freya mettait sur la table le sujet principal : sa fuite constante. Il ne savait pas quoi dire d'autre alors s'excuser semblait être une valeur sûre. Il hocha la tête alors qu'elle continuait de parler, content qu'elle ne prenne pas son comportement contre elle. Il était rare qu'il parle à des inconnus quand il n'était pas obligé ou quand lesdits inconnus ne lui parlaient pas en premier. En fait, il pouvait rester assit en silence à côté d'un camarade de classe pendant de longues heures sans soucis. C'était utile à la bibliothèque quand il se glissait sur une table déjà occupée. Pas de discussion futile, un simple silence sans arrière pensée. Je ne veux simplement pas vous déranger, Nyxis et toi. Ajouta-t-il quelques secondes après.

Sa bonne humeur était contagieuse et même si elle ne fit pas naître de suite un sourire sur son visage, elle eut au moins le grand mérite de le détendre un peu. Il relâcha ses épaules légèrement avec un petit soupir de soulagement et hocha la tête. Les deux me conviennent. Fredonna-t-il alors que son regard se perdait à nouveau dans les jardins. Elle dû comprendre son intérêt car elle proposa instinctivement qu'ils sortent et s'il n'avait pas été si gêné, il aurait presque pu lui serrer la main en remerciements. Presque.

Je refais mes lacets et je te suis, merci pour le chiffon Moors. Lança-t-il dans le dos de la plus jeune alors qu'il profitait de son dos tourner pour essuyer la tâche sur sa chaussure avec délicatesse. Il replia le chiffon d'un geste expert et le posa sur le bord de la table basse avant de la suivre à coup de grandes enjambées. Elle était plus petite que lui mais marchait avec un rythme bien plus soutenu, ce qui le força à faire de plus grands pas qu'à son habitude. Son regard se perdit sur les peintures qui tapissaient les murs du manoir. Sa mère devait être ravie de leur rendre visite, elle qui aimait tant peindre, surtout si cela lui permettait d'observer de si jolies peintures. Aristide n'y connaissait rien en sortilège d'art mais il pensait pouvoir sentir la douceur qui se dégageait de la magie qui les habitait. Il leur fit un signe de la tête avant de dévaler les escaliers pour ne pas perdre son hôtesse de vue.

Une fois dehors, un poids s'évapora de ses épaules et il prit trois longues inspirations. Tout paraissait moins intimidant quand on était entouré de verdure, même les conversations avec de vrais humains. Celles avec les plantes ne comptaient pas comme de la véritable sociabilisation, d'après sa mère. Il imita la position de l'autre, les deux mains dans le dos et se mis à se dandiner un peu sur ses pieds. Du droit au gauche, en veillant à les poser toujours au même endroit à chaque fois.

Hmmm... il lança un œil vert la droite, puis vers la gauche mais les deux destinations semblaient aussi jolies l'une que l'autre. Les jardins à Godric's Hollow étaient bien plus petits alors il ne savait pas où donner de la tête. A la demeure Griffiths, il n'y avait qu'une cours partagée avec les autres immeubles du quartier. Cela devait être la chose qui lui manquait le plus de leur manoir à Londres, d'ailleurs. As-tu un endroit préféré ? demanda-t-il d'une voix curieuse avant de faire trois pas pour se tenir à ses côtés, prêt à la suivre là où elle aurait envie de l'emmener. J'aime beaucoup les plantes. Ajouta-t-il un peu maladroitement mais... je suppose que toi tu préfère l'astronomie ? Elle avait parlé d'un astronarium, après tout. L'adolescent doutait fort que la pièce serve à ses parents puisqu'ils ne travaillaient absolument pas dans un domaine tel que l'astronomie. I-il y a un musée... à Godric's Hollow. Sur l'astronomie. Il se tut, ne sachant pas quoi dire d'autre. Il avait déjà visité le musée plusieurs fois mais n'allait pas embêter l'autre avec tous les détails d'un lieu qu'elle connaissait peut-être déjà.

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034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.

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Date: 28 août 2050
Avec: @Aristide Griffiths
Elle le regarda se dandiner d'un air amusé, le copiant pendant quelques instants, avant de se tourner vers la gauche. Entendre sa voix fut un léger choc, une nouveauté à laquelle elle ne s'attendait pas, et elle se mit à sourire un petit peu, heureuse de le voir sortir de sa coquille. Elle avait pu bénéficier d'une telle approche tellement de fois lors de sa première année, des personnes si douces et si gentilles la tirant de sa bulle, encore et encore. Elle était heureuse de pouvoir faire de même, de pouvoir tirer quelqu'un à son tour, même juste un petit peu.

Freya hocha la tête. "Par ici," dit-elle, suivant un petit chemin parmi de grands buissons fleuris. Des pierres étaient entreposées, proprement, contre la terre, et elle fit des petits bonds, s'amusant à retrouver son équilibre à chaque fois. Quand il s'adressa à elle, elle se tourna et continua à marcher, sans regarder où elle allait, mains toujours fermement attachées l'une à l'autre derrière son dos. "Tu seras ravi de voir la serre, alors. Il y a tellement de plantes," dit-elle. Freya accompagna ses mots d'un geste, ses bras faisant un grand rond au-dessus de sa tête. "Peut-être trop. Ma grand-mère s'en occupait, avant. Elle vient beaucoup moins, maintenant que je suis à Poudlard," expliqua la jeune fille avec un petit mouvement des épaules.

Ses yeux se mirent à briller à la mention d'astronomie et elle hocha la tête à nouveau, le petit mouvement maintenant si familier pour elle. L'astronomie avait été son coup de cœur à Poudlard, tout au même niveau des potions, et elle avait demandé à son père s'il pouvait organiser quelque chose au manoir pour qu'elle puisse y continuer ses études, pendant les vacances. Elle appréciait peut-être un peu plus l'effort du garçon, ses mots doux et presque silencieux, mais tout de même présents. "Ah oui ? Je ne savais pas," dit-elle, un petit soupir lui échappant. Puis, avec un air légèrement taquin, elle le regarda avec intensité. "Tu y as déjà été ? Tu pourrais me faire visiter, un jour ?"

Elle se tourna, le chemin devenant plus étroit, les plantes un peu trop grandes, trop grosses, trop vivantes. Petite, elle avait découvert le chemin très tôt, lors de ses nombreuses escapades hors des bras de sa mère. L'endroit était, depuis le temps, un peu délabré, mais elle ne l'aimait pas moins. Elle s'arrêta lorsque le chemin commença à se découper, deux files partant sur les côtés. "Tu es le premier que j'amène ici," dit la petite, et elle n'osa pas le regarder, gardant son regard fixé sur le buisson devant elle. Être entourée de verdure était toujours plaisant, même si elle n'avait que récemment trouvé un attrait pour la botanique. Attrait forcé, par son besoin d'être la meilleure partout où elle allait, mais Freya était encore bien trop jeune pour s'en rendre compte.

C'était quand même bizarre d'inviter quelqu'un dans son antre, son domaine. Même son père n'y avait jamais été, quoiqu'elle imaginait qu'il n'aimerait pas la façon d'y accéder, chose que Freya trouvait la plus attrayante dans l'histoire. Freya se mit à genoux et se fraya un passage à travers les branches, comme elle l'avait fait tant de fois auparavant. Elle sentit ses genoux devenir rauques, de petites pierres lui rentrant dans la peau, mais elle ignora la sensation, avançant à quatre pattes. Après quelques secondes, elle trouva la sortie et fit bien attention à sa jupe en se relevant, maintenant quelques branches hors du chemin du garçon, espérant qu'il la suive.

Son kiosque lui fit face, la regardant d'un air un peu désolé de son absence, et elle en eut un petit pincement au cœur. Elle attendit que le garçon la rejoigne, son sourire géant sur son visage. "Bienvenue," dit la petite. La statue au milieu du kiosque semblait leur faire signe, comme si elle les invitait à la rejoindre, et Freya y crut presque, sauf qu'il n'y avait rien de sorcier ici, à part elle et son nouvel ami. Elle s'avança quand même, ses pas décisifs. "C'était plus facile d'y accéder avant, mais personne ne s'occupe du chemin," expliqua la blondinette, dépoussiérant ses genoux et passant une main dans ses cheveux pour y tirer toute brindille. Elle en manqua, bien sûr, mais ne s'en soucia pas trop, déjà au kiosque.

Le soleil lui caressait le visage doucement alors qu'elle trouva un endroit ou s'asseoir. La blondinette avait toujours apprécié cet endroit, surtout pour sa discrétion. Personne ne savait où elle se trouvait, et elle pouvait y faire tout ce qu'elle voulait. Elle aimait notamment pouvoir accéder à tout endroit du jardin à partir de cette simple location, de petits passages toujours utilisables qu'elle avait pu créer pendant son enfance.

Ce n'est que quand elle posa son regard sur lui qu'elle se rendit compte qu'il n'apprécierait sûrement pas une entrée si fracassante dans son petit paradis, en vue de sa réaction envers une simple saleté sur sa chaussure, et son sourire se dissipa petit à petit. Elle se mit debout, fouillant les poches de son haut pour un mouchoir, pour quelque chose qui pourrait lui essuyer les saletés qu'il avait pu accumuler. Avec chance, et un soupir soulagé, elle mit la main sur un bout de tissu qu'elle utilisait pour ses lunettes de lecture. Elle le tendit vers le garçon, tout en pointant le petit puis qui accolait le kiosque. "Désolée," dit la blondinette, déçue d'elle-même. "C'est moins compliqué d'en sortir, et puis on peut toujours essayer de trouver un chemin plus simple à emprunter, si tu n'aimes pas," murmura Freya, n'osant plus le regarder, de honte.

Elle n'avait jamais été une bonne hôtesse et s'était laissé prendre par l'idée de rejoindre son endroit préféré. Elle aurait dû savoir, voir qu'il ne serait pas à l'aise avec ça. La petite se tourna vers la statue et l'observa, la femme devant elle sa compagne la plus fidèle au monde. Combien de choses lui avait-elle racontées ? Combien de maux connaissait-elle ? Combien de fois lui avait-elle ouvert son cœur ?

"C'est ici, mon endroit préféré," dit-elle. Puis, elle tendit la main vers lui quand il fut plus proche. "D'ailleurs, je m'appelle Freya. Et toi ? Laisse-moi deviner," fredonna-t-elle, avec un petit sourire. "Valentin ? Maxime ? Maxence ! Ethan ?"
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Freya Ourt, Freya Ourtière, Freya Kuza - K.A.

Newcastle Coquelicot Rouge F.M
Poser un pied sur une pierre, poser le second sur une autre tout en veillant à ne pas toucher la terre ni à ne toucher deux pierres d'un coup, et recommencer. Une marche mesurée qui calma son esprit alors qu'il suivait la plus jeune dans un chemin qui semblait s'enfoncer jusque dans un nouveau monde. Son regard faisait des allers retours de la jeune fille à ses pieds, autant pour la regarder quand elle parlait que pour s'assurer qu'il tournait ses pieds dans le bon angle pour suivre celui des pierres au sol. Pouvoir entendre le bourdonnement des pollinisateurs, le chant des oiseaux au lointain et le vent froisser les feuilles et les pétales de la nature qui les entourait finit de tuer la boule d'angoisse qui vivait au fond de son estomac depuis le début de la journée. Les muscles de son visage se relâchèrent légèrement, ses sourcils remontant légèrement et ses yeux s'écarquillant de bonheur alors qu'il reconnaissait quelques espèces qu'il aimait. Il aurait voulu s'arrêter à chaque pas pour observer les spécimens que les Moors possédaient. Je trouve qu'il n'y a jamais trop de plantes tant qu'il y a de la place pour leurs racines. dit-il alors qu'il tournait la tête vers la droite, attiré par une plante aux feuilles plus larges que son visage. Celle-ci, il ne connaissait pas son nom.

Être entouré de plantes semblait faire fondre une partie de sa timidité, au moins suffisamment pour qu'il rajoute encore quelque chose après avoir reprit son chemin derrière l'autre. Une partie de mes grands-parents habitent avec nous. Je pense que cela me rendrait triste de moins voir mon grand père. Enfin, pour être honnête, ce ne serait pas seulement de la tristesse. Aristide n'imaginait pas ses journées sans ses petites routines et beaucoup d'entres elles concernaient son grand père. Aristide Sr avait toujours été proche de son petit-fils, bien plus qu'il ne l'était des autres membres de sa famille et chaque membre savait à quel point la relation entre les deux homonymes était puissante.

Il se stoppa net à la proposition de l'autre, se cachant à moitié derrière un tronc particulièrement imposant pour camoufler ses joues rouges betteraves. Je... euh.. j'y vais souvent, il y a... beaucoup de choses à voir, et une grande bibliothèque. Il pourrait passer plusieurs mois à y venir tous les jours qu'il ne pourrait pas finir de lire les bouquins que la directrice mettait à disposition du public. Même s'il n'avait pas de préférence particulière pour l'astronomie, il s'agissait d'un domaine qui l'intéressait et le Serdaigle était toujours ravi de pouvoir en apprendre plus sur le monde qui l'entourait. Peu importait que ce soit une passion ou pas, c'était intéressant, spectaculaire et l'ambiance du musée en faisait un lieu qu'il appréciait beaucoup. J-je sais plutôt bien m'y repérer. finit-il par bégayer avant de quitter son semblant de cachette en remontant ses lunettes. Si l'autre tenait vraiment à visiter le musée, il ne pouvait pas vraiment refuser. Et puis, les musées ce n'était pas une sortie trop effrayante. Il préférait largement cela à un dîner.

La jeune fille lui annonça avec timidité qu'il était le premier à arriver là où elle l'emmenait, et pas réflexe il eut envie de lui siffler dessus. Ce n'était que à cause des cailloux qui s'enfonçaient dans ses genoux, de la verdure qui lui fouettait le visage et les lunettes et le fait d'avoir mit ses mains dans la terre mais il avait de hurler, et d'être méchant. Cependant, c'était sa faute avant tout : juste avant de se forcer à ramper après l'autre, il s'était tourné vers le chemin du manoir et avait vraiment réfléchit à faire demi tour. Il aurait pu, il se serait simplement enfui en sens inverse et serait retourné dans le salon où le sol semblait assez propre pour y manger. Mais non, il avait suivi tout en sachant parfaitement que le tout serait désagréable. Alors il n'avait pas le droit de crier sur l'autre, ce n'était pas juste.

Une fois sorti - en remerciant d'un signe de tête sec l'autre pour avoir tenu les branche - il se figea. Les mains devant lui, paumes vers le haut sans oser toucher quoi que ce soit avec ses doigts sales, de peur de rajouter plus de terre sur ses genoux ou de bazar dans ses cheveux. Il ne suivit pas la jeune fille, n'observa pas autour de lui, le regard fixé sur ses mains. Ses mains et ce petit cailloux planté dans sa paume qui finit par tomber au sol, sans pour autant emporter avec lui le reste de la terre étalée sur sa peau. Il prit une longue inspiration, prêt à faire demi tour pour aller se précipiter dans une des salles de bain du manoir Moors. Freya lui un deuxième tissu et Aristide suivit son prochain geste jusqu'à voir un puit. Il s'y précipita sans même remercier la jeune femme, posa son mouchoir sur le bord et plongea ses mains dans l'eau avec un soupir tremblant. Il cligna des yeux pour chasser les quelques larmes qui perlaient au bord de ses cils avant de bredouiller un Je suis désolé honteux en se frottant la peau brutalement avec ses ongles. Je suis désolé. Répéta-t-il ensuite alors qu'il essuyait ses mains sur le mouchoir, veillant à ne pas laisser une seule goute sur sa peau avant de frotter délicatement ses genoux avec le tissu.

Ce n'était pas parfait, mais après avoir réparé ses cheveux, ça devrait suffit. Il n'osa cependant pas regarder à nouveau la jeune fille à ses côtés, les yeux baissés sur ses chaussures. Il aurait voulu pouvoir expliquer que ce n'était pas juste parce qu'il était... idiot, ou obsessionnels ou parce qu'il se pensait trop bien pour toucher le sol mais les mots restaient bloqués dans sa gorge. Ses yeux fixèrent quelque chose au sol jusqu'à ce que Freya reprenne la parole et qu'il puisse la regarder sans penser à la scène qu'il venait de faire. Il espérait qu'elle n'en parlerait à personne. Il savait que ses parents ne seraient pas dérangés par tout ça mais Aristide avait aussi sa fierté et sa limite se trouvait à l'idée que le monde sache qu'il avait pleuré pour un peu de terre. Si cela finissait par se savoir, il ne quitterait plus jamais sa chambre.

Il inspira, observa la main tendue et fini par la prendre avec délicatesse. Il la serra tout doucement avant de la relâcher, récupérant le mouchoir pour tirer une brindille des cheveux de l'autre comme signe de paix. C'est bon, il pouvait le faire, il était propre. Enfin, aussi propre qu'on pouvait l'être avec de l'eau de puit. Pourquoi n'avait-il pas prit son sac à dos ? Son savon lui manquait déjà. Ses tentatives de prénom tirèrent un petit sourire au brun. Étonnamment, la situation ne semblait pas si désespérée que cela. L'ambiance n'était pas noircie, peut-être juste un peu gênée mais Aristide apprécia énormément le fait que Freya ne parle pas plus longtemps de tout cela.

Il secoua la tête en s'approchant du kiosque, le regard vagabondant sur l'imposante statue. Il y avait en elle quelque chose de spécial, comme si elle pouvait vraiment le voir avec ses deux pupilles sculptées dans la pierre blanche. Il se sentait petit comparé à elle, mais pas inférieur. C'était un peu comme si elle les surveillait, les couvant du regard pour s'assurer qu'ils ne se blessent pas. C'était presque... rassurant d'observer son visage figé. Elle est magnifique souffla-t-il, émerveillé avant de se tourner à nouveau vers Freya - au moins, il essayerait de ne pas l'oublier cette fois ci. Je m'appelle Aristide. Maxence veut dire "le plus grand", je ne suis pas certain que ça me convienne, à vrai dire. Essaya-t-il de blaguer en se montrant d'un geste de la main. Même avec ses talonnettes, il ne faisait que un mètre 70. Pas forcément petit, mais pas grand non plus. Ses pas le guidèrent jusqu'à une place assise, laissant libre celle que l'autre Serdaigle avait choisi auparavant. Il défroissa son pantalon à nouveau, veillant à l'épousseter une dernière fois au passage avant de relever la tête en se mordillant les lèvres. Est-ce... Est-ce que tu sais de qui il s'agit ? C'était peut-être une déesse ?

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Date: 28 août 2050
Avec: @Aristide Griffiths
Elle aperçut ses larmes, de petites perles au coin de ses yeux, et Freya se figea, incapable de réagir. Elle n'avait jamais été à l'aise avec les gens, ils lui étaient étrangers, depuis toujours. Elle ne comprenait pas leurs souffrances, ne savait pas comment les réconforter et ne savait pas quoi dire pour apaiser leurs âmes. La jeune fille ne savait pas comment s'y prendre pour ses propres douleurs, comment pouvait-elle savoir quoi faire pour quelqu'un d'autre ? Alors, elle ne dit rien et détourna le regard, ses yeux parcourant les courbes de la statue, de l'amour jaillissant de son regard pour cette femme qu'elle connaissait si bien, et pourtant si peu.

Elle ne parla pas des maux du garçon. Elle se concentra sur la sensation de sa main contre la sienne, douce et sereine, et puis regarda avec curiosité lorsqu'il tira une brindille de ses cheveux. D'un hochement de tête, la fillette le remercia, avant de s'appuyer sur son banc, les mains fermement posées contre la pierre, les yeux rivés sur sa statue.

Elle réfléchissait vraiment beaucoup. Trop. Elle réfléchissait à la réaction du garçon, à sa propre réaction, à son inconscience. Elle aurait dû se douter que cela pouvait l'attrister. Elle en avait la preuve, et elle ne comprenait ni pourquoi ni comment il pouvait pleurer à cause de la terre, de l'herbe ou de petits cailloux, mais qui était-elle pour juger ? Elle était la première à pleurer quand un livre devenait trop triste, la première à pleurer quand ses sentiments devenaient trop forts, trop violents et trop inconfortables.

Freya sourit, s'efforçant d'esquisser un sourire doux, pour le rassurer. "Aristide ? C'est joli," dit-elle, balançant ses jambes qui touchaient à peine le sol. Avec un petit roulement des yeux, qui se levèrent au ciel, elle secoua la tête de droite à gauche. "C'est grand, pour ton âge. Je ne fais qu'un mètre cinquante-deux, moi. Et j'ai...un an de moins que toi ? J'entre en troisième année," expliqua la jeune fille.

Elle détourna son regard de la statue, déjà emplie d'émotion à l'idée de la laisser toute seule. C'était si bizarre d'avoir quelqu'un de presque inconnu dans son espace, son domaine, son intimité. Elle avait l'impression d'avoir ouvert une porte, sans réellement y penser.

Freya prit une grande inspiration. "Artemis," dit-elle. "Déesse de la chasse, protectrice des animaux et de la faune, associée à la Lune, sœur d'Apollon," continua la blondinette. "Je crois, en tout cas. Je l'ai trouvée quand j'avais six ans, et depuis, je viens la voir souvent, quoique moins maintenant. C'est marrant, elle ne bouge pas, mais j'ai parfois l'impression qu'elle comprend ce que je dis. Elle doit être contente de te rencontrer. Je ne parle pas beaucoup, d'habitude," ajouta Freya avec un petit rire taquin.

Elle marqua une pause, et une rougeur lui monta au visage. Qui était-elle, pour dire qu'elle parlait à une statue ? La honte la parcourut et elle s'éclaircit la gorge. Il la prendrait pour une folle de l'entraîner dans un endroit si isolé, si fermé, pour parler à une statue. Heureusement qu'elle n'avait pas salué les tableaux du manoir, maintenant qu'elle y pensait. Il l'aurait fait humilier et ridiculiser à l'école. On l'appellerait la fille qui parle aux objets.

"Je ne dirai rien," murmura Freya, regardant le sol. "Donc ne dis pas que je parle à une statue, d'accord ?" ajouta-t-elle, posant enfin son regard sur lui, ses yeux brûlant d'autorité, ou du moins elle l'espérait. Et puis, elle redescendit de ses émotions, et se vautra sur son banc. Elle pensa qu'elle devait au moins dire quelque chose. Pour le rassurer. Pour lui faire comprendre que tout allait bien. Pour être gentille, généreuse et douce, comme sa mère l'aurait souhaité. Alors, elle prit une grande inspiration, se stabilisant et posant ses jambes de chaque côté du banc, les bras en l'air.

"La semaine dernière, j'ai pleuré parce que je n'arrivais pas à me coiffer. Et puis, à l'école, j'ai pleuré à cause d'une vilaine dame, au salon d'orientation. Et puis, souvent, ici, je pleure un petit peu, parce que ça m'arrive d'être triste pour rien." C'était un mensonge, minuscule, parce que Freya savait pertinemment pourquoi elle pleurait à présent, mais elle ne voulait pas l'avouer à un garçon, encore moins un garçon dont les parents côtoyaient les siens. Elle les pensait proches, Aristide et ses parents. Elle le voyait dans les regards doux qu'ils se partageaient, dans l'amour de leurs caresses, dans les petites attentions. Souvent, elle se demandait si elle serait plus heureuse, en ressentant ce genre d'amour. "Je pense que la statue a vu beaucoup de choses, et elle ne te juge pas. Moi non plus. Et puis, c'est normal, de pleurer. J'ai lu un livre qui le disait. C'est important, même, peu importe pourquoi, de pleurer, parce que comme ça, on ne garde rien de mauvais à l'intérieur." Une pause. "Il y a un évier, avec du savon, dans la serre."

Elle entendit sa voix parler de son grand-père dans sa tête, repensant à ses mots de plus tôt, et ses propres pensées commencèrent à lui traverser l'esprit. Elle n'était pas proche de son grand-père, et elle ne le voulait pas. Il était gentil, parfois, mais il attendait tant d'elle, de tout le monde, qu'elle se demandait souvent comment sa mère parvenait à garder la raison et à être si douce comparée à cet homme. Son oncle était une autre bête, avec ses costumes sur mesure et ses lèvres pincées, et elle se surprit à imiter son expression souvent mécontente. "Ton grand-père est gentil ?" demanda-t-elle en penchant la tête vers la droite, cherchant à changer de sujet.

"Le mien l'est, parfois. Il est très occupé. Il travaille encore et demande beaucoup de choses," fredonna-t-elle. Puis elle imita sa voix et ses manières, écartant les jambes comme un homme et imitant l'acte de fumer un cigare. "Freya, tu dois te marier jeune. Et tu ne dois pas te préoccuper d'une carrière avant d'avoir trouvé un héritier présomptif. Et Freya, garde le dos droit. Freya, tes cheveux sont défaits. Freya, il y a de l'encre sous tes ongles. Freya, fait comme une poupée. Non, Freya, devient une poupée. Freya, il faut que tu sois jolie et cultivée, sinon aucun homme ne voudra de toi."

Elle se relâha d'un coup, comme un ballon qui se dégonfle, et ses bras retombèrent sur son ventre. Elle osa un petit regard vers le garçon.
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Aristide se recroquevilla sur lui même une fois correctement assit, même s'il avait parfaitement conscience qu'une telle position n'avait rien de correcte. Ce n'était pas grave, décida-t-il : personne ne pouvait les juger ici et le regard bienveillant de la statue les protègerais de tous les maux. En plus, Freya aussi n'était pas bien installée et il avait le droit à un peu de réconfort après avoir dû poser ses mains par terre pour ensuite les laver dans un puit abandonné. Ses genoux pressés contre sa poitrine et son menton enfoncé dans le petit creux créé lui donnaient un sentiment de sécurité dont il avait cruellement besoin et les conventions sociales iraient pleurer jusqu'à ce qu'il se sente mieux. Merci chuchota-t-il à moitié, juste assez fort pour se faire entendre dans le silence calme qui s'étirait entre eux deux. Freya aussi, c'est très joli. Je l'ai déjà lu dans mes manuels de Runes. Déesse de la guerre et de la mort, maîtresse d'Odin. Tous plus éloignés les uns des autres de l'image que renvoyait la jeune fille assise en face de lui. Elle n'avait pas l'air particulièrement mortelle, sauf si elle décidait de le refaire passer entre deux buissons.

Il esquissa un petit sourire à l'idée que l'autre le trouve plutôt grand et garda pour lui la technique des talonnettes. Si personne ne savait qu'il perdait pratiquement dix centimètres - voire plus - en retirant ses chaussures, alors il pouvait presque imaginer être assez grand pour ne pas complexer. Pour répondre à sa question presque muette concernant son âge, il se contenta d'hocher la tête. Sa quatrième année approchait à grands pas et Aristide se sentait à peu près d'attaque. Il comptait profiter d'une dernière année avant que le stress des examens ne se fasse sentir de manière plus violente avec l'arrivée des BUSES. Déjà qu'il paniquait à se rendre malade pour ses examens de fin d'année depuis la première fois qu'il avait posé les pieds au château, il n'imaginait pas encore comment il allait survivre à sa cinquième année. Heureusement, il s'agissait là d'un problème pour plus tard que le Serdaigle était ravi d'ignorer.

Il détourna les yeux de la statue pour les poser sur Freya et observa avec une fascination toute particulière les nombreuses émotions qui passaient sur son visage à mesure qu'elle lui expliquait l'identité de la statue. J'ai l'impression qu'elle m'observe, alors je crois que je comprend ce que tu veux dire. Proposa-t-il à l'autre avant de rire doucement, tout doucement tout en cachant sa bouche derrière ses genoux. Le visage rouge betterave de Freya lui donnait l'impression de se sentir plus à l'aise. C'était peut-être méchant de profiter de sa gêne pour laisser fondre la sienne, mais il préférait qu'ils soient deux à babiller des idioties plutôt qu'être le seul à sentir le sol s'effondrer sous ses pieds. Mais, comme il n'était pas un monstre pour autant, il reprit rapidement la parole pour tenter de désamorcer un peu la situation et qu'elle puisse se sentir, elle aussi, plus à l'aise. Je parle beaucoup à mes plantes. Parfois, je leur joue de la musique, même si je ne suis pas certain que ça les aide à pousser plus rapidement. Il détourna les yeux, les joues roses. Comme elles ne peuvent pas me répondre, elles n'émettent jamais de jugement, elles n'ont plus. Comme Artemis.

Il déplia les jambes et se mit à jouer avec ses doigts, les tordant dans des angles étranges avant de se contenter de frotter la pulpe de ses doigts contre l'intérieur de ses paumes. Si Freya arrivait à partager des choses si intimes sur elle, il pouvait peut-être faire un effort. Ou au moins essayer. Mais comment expliquer quelque chose qu'il ne comprenait même pas vraiment lui-même ? Ce n'était pas comme s'il en avait déjà vraiment discuté avec quelqu'un, en plus. La majorité du temps, les gens finissaient simplement par accepter sa petite bizarrerie et n'en parlait pas. Tout comme sa mère le faisait, ou le reste de sa famille. Je n'aime pas me salir. Finit-il simplement par bredouiller en pinçant vicieusement le côté de son pouce.

C'est angoissant et ce n'est pas... Ce n'est pas parfait, ni.. ni même juste un peu correct. C'est mauvais. Il frotta le bout de sa chaussure sur le sol du kiosque en prenant une longue inspiration. Quand les choses n'étaient pas parfaite, c'était angoissant. Et l'angoisse, ça vous prenait aux tripes, vous remontait dans la gorge, vous coupait le souffle et faisait pleurer vos yeux. C'était logique, non ? Et pourtant, peu de gens avaient la même vision que lui des choses. La majorité de ses camarades n'étaient pas rendus aux larmes quand ils se trompaient quelque part, ou quand ils se rendaient compte qu'un cheveux était resté sur leur brosse après le nettoyage quotidien. Aristide ne savait pas comment ils faisaient et n'arrivait même pas à concevoir ce que pourrait être son cerveau sans le poids qui pesait sur lui tous les jours. Il n'était même pas sûr d'exister en dehors de cela. Merci. chuchota-t-il doucement pour l'évier. Il y passerait au retour, il en était certain. Maintenant qu'il avait l'information, hors de question qu'il passe à côté. Il aurait peut-être pu supporter de ne pas se laver les mains jusqu'à atteindre le manoir mais la sensation d'avoir un point d'encrage quelques minutes avant rendait la fin du voyage bien plus effrayante s'il n'y passait pas.

Il releva la tête, essayant de déterminer les intentions de l'autre quand elle lui parla de son grand-père. Sans croiser aucune méchanceté dans son regard, il se détendit légèrement et hocha la tête. Hmhm. Il est très gentil. Indiqua-t-il tout simplement avant de laisser l'autre enchainer. Son imitation digne des plus grandes pièces de théâtre lui fit échapper un éclat de rire surprit avant qu'il ne le camoufle rapidement derrière ses deux mains, se recroquevillant un peu vers l'avant alors qu'il s'essoufflait après trois petits éclats supplémentaires. Grand père fait très attention à tout cela aussi. Il m'a expliqué tout ce qu'on attend des grands héritiers, ou comment bien paraître en société mais il ne me force jamais à faire des choses que je ne veux pas. De toute façon, maman et papa non plus ne sont pas très conventionnels.

Peut-être que ça rendait toutes ses angoisses si étranges. Personne ne le forçait à rien et pourtant, il avait la sensation de devoir faire plus. De devoir faire mieux. Au fond de lui, il savait que ses parents ne s'attendaient à rien de tout cela mais ça ne changeait rien au fait qu'il voulait être parfait, qu'il en avait besoin. Il voulait montrer au monde une bonne image de lui pour que personne n'ait jamais rien à redire sur ses parents. Pour prouver que, même si on ne le forçait à rien, il pouvait lui aussi faire de grandes choses. Et puis, il savait que ses parents tout comme ses grands parents étaient fiers de lui. Ca valait tous les galions du monde, et toutes les nuits à réviser alors que ses yeux se fermaient d'eux-mêmes.

Mais reprit il doucement la parole Je ne trouve pas que ce soit correct de te demander de devenir une poupée. Tu es déjà cultivée et jolie, et ce ne sont pas des choses qu'on doit baser sur l'avis des autres. Il détourna les yeux, les posant à nouveau sur la statue. Cette fois-ci, c'était uniquement pour fuir les yeux de l'autre. Dire des choses pareilles à voix haute, c'était gênant, même s'il savait qu'il disait la vérité. De toute façon, son père tout comme sa mère répétaient tout le temps que l'estime de soi était bien plus importante que de faire plaisir aux gens. Autumn avait un jour demandé si elle pourrait un jour avoir les cheveux rasés, alors, et Dawn avait simplement ri qu'elle aurait tous les droits si elle acceptait d'avoir froid en hiver. Chez les Griffiths, l'ouverture d'esprit touchait tout le monde et surtout les enfants. Ma grand mère maternelle dit toujours que mes lunettes sont disgracieuses, mais moi je les aime bien. Alors je les garde, même si elle ne les trouve pas jolies. Et puis, elles étaient particulièrement utiles : assez larges pour que seule une petite partie de son champ de vision soit incompréhensible.

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Date: 28 août 2050
Avec: @Aristide Griffiths
Elle réalisa ce qu'elle avait fait, et elle se sentit un peu bête. Les pièces de théâtre qu'elle montait habituellement étaient réservées à Dame Artémis, et à personne d'autre. Était-ce étrange qu'elle se laisse aller si facilement en présence du garçon ? Se sentait-elle à l'aise avec lui, sans le connaître ? Appréciait-elle sa compagnie ? Grandissait-elle ?

Elle se redressa, tournant le dos à la statue, les yeux rivés sur le paysage. Son cœur battait bizarrement dans sa poitrine et elle aurait voulu plonger sa tête dans le puits. Mais elle ne le fit pas, car une dame n'avait pas de crises de colère, et même si elle voulait mettre de la distance entre les souhaits de son grand-père et les siens, elle ne voulait pas donner l'impression d'être complètement folle.

Mais soudain, ses mots traversèrent le flou de son esprit, et elle se tourna vers lui, les yeux pétillants d'intérêt. "La musique, c'est très bien pour les plantes. De nombreuses études le disent, je l'ai lu. Surtout la musique classique, qui aide leur croissance. Et les plantes peuvent même faire de la musique, avec des machines moldues, apparemment." La petite hocha la tête une fois, ravie d'avoir pu étaler sa connaissance un petit peu, avant de se détourner.

Puis elle écouta, et ses paroles lui parurent parfaitement compréhensibles, pour la première fois depuis une éternité. Elle comprenait ce qu'il voulait dire, sans en saisir le sentiment lui-même, mais la jeune fille pensa que c'était mieux que rien, alors elle fredonna son accord avant d'essuyer la saleté de ses vêtements. Elle se frotta la joue, étalant un peu de terre sur sa peau sans le vouloir, avant de se lever et de valser autour de la statue. "Je comprends," fit-elle, doucement. "Je n'aime pas non plus quand les choses ne sont pas droites, ou bonnes, mais c'est surtout à l'école, ça. Tu devrais acheter une petite boîte, avec un minuscule savon dedans, et la garder sur toi. Ou sinon, il existe des sortilèges, mais je n'en connais aucun pour l'instant. Je peux t'en trouver, si tu veux, à la bibliothèque de Poudlard," ajouta la petite avec quelques rougeurs sur ses joues.

Elle ne savait pas pourquoi elle voulait tant l'aider, d'un coup. Peut-être voulait-elle le revoir à Poudlard un de ces jours. Peut-être voulait-elle d'un ami qui pourrait la comprendre.

Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'elle écoutait ses paroles, l'amour pour son grand-père palpable, et cela réveilla quelque chose de douloureux en elle. Elle aspirait à quelque chose de plus tangible, de plus doux avec ses grands-parents. Quelque chose de plus bienveillant. Mais, dès son plus jeune âge, et plus encore maintenant, elle s'était résolue à ne rien demander, à jouer son rôle du mieux qu'elle pouvait et à perfectionner ses compétences, loin des regards indiscrets de sa famille. Si elle devait être rejetée, un jour, à cause de ses choix, alors elle avait besoin de savoir des choses, de pouvoir agir seule, d'avoir des compétences.

"Pas conventionnels ?" Freya dit en écho à ses paroles. "C'est-à-dire ? Ils sont comment ?"

Elle n'arrivait pas à se l'imaginer. Une famille de sorcière, non conventionnelle ? Quelle idée. Freya se rapprocha du garçon un petit peu, et se posa sur le même banc que lui, mais à l'opposé, gardant un peu de distance entre eux.

Et puis, ses mots la frappèrent comme un train de marchandises, et elle rougit. On ne l'avait pas appelée 'jolie' depuis un moment et ça lui resta gravé dans la tête, les mots dansant dans sa tête encore et encore, tournoyant comme de petites étoiles en orbite. Elle cacha son visage, le détournant du garçon. C'était gentil de sa part de lui dire une chose pareille. Trop gentil, même.

Freya Moors, jolie comme une poupée. Elle le savait, qu'elle était jolie, mais l'entendre de ses parents, comparé à un presque inconnu, était une expérience très différente et lui laissait une douleur persistante dans la poitrine.

Elle aurait voulu qu'on la traite de jolie plus souvent.

Elle s'éclaircit la gorge, passa une main dans ses cheveux pour dompter ses boucles, cherchant plus de brindilles à retirer.

"Tes lunettes te vont bien," fit-elle simplement, cachant le tremblement de sa voix avec une fausse toux, une main sur ses lèvres. "Mais c'est différent. Tu es un garçon. Je suis une fille," ajouta la jeune blonde. Elle regarda Artemis d'un air triste, les lèvres serrées. Serait-elle plus heureuse en statue ? Serait-elle plus heureuse de regarder le monde vivre à travers des yeux de pierre ? Elle se le demandait tous les jours. Parfois, elle rêvait de devenir un papillon, de s'envoler loin de sa vie malgré les belles connaissances qu'elle eût la chance de faire. Elle en avait marre, de tout ce jeu. Mais que pouvait-elle bien y faire ? Dans son monde, elle n'avait ni âme ni pensées. Seulement l'apport d'un enfant lui donnerait une valeur sûre.

Elle soupira et se leva d'un coup. "Tu veux voir la serre ?" demande la petite, descendant déjà les marches du kiosque. Elle observa les quelques sorties, choisissant la plus simple et la plus propre. Il fallait tout simplement se frayer un chemin entre deux arbres, qui étaient un peu collés, mais pour des jeunes de leurs âges et tailles, c'était qu'un jeu. Elle se faufila entre les troncs sans attendre le garçon, son coeur battant trop vite, ses yeux piquant de tristesse. Elle voulait oublier. Elle décida de se distraire à la place, attendant Aristide sur le petit chemin en pierre qu'ils avait quitté précédemment. Ce n'était pas exactement le même, mais il y ressemblait fortement.

"Allons à l'aventure pour te trouver l'évier," dit elle quand elle put l'apercevoir. Elle s'avança, doucement, et lui laissa le temps d'apprécier les plantes. Et puis, de temps en temps, elle se retournait pour le regarder, ses yeux se baladant sur ses quelques réactions. Elle s'arrêta vers une petite plante rouge, qu'elle connaissait de vue mais pas de nom. "Tu sais ce que c'est, cette fleur ?" demanda la petite, un sourire aux lèvres. Elle décida de s'accroupir, regardant la fleur bouger au grès du vent, et la toucha du bout du doigts. "C'est joli. Mes fleurs préférées sont les lys, je pense. Toi, tu en as une, de préférée ? Une plante, même ? Je commence à peine à m'intéresser à tout ça. Pour être honnête, je suis nulle en botanique, mais j'apprends. Je souhaite avoir de bonnes notes. Je suis Serdaigle dans l'âme."
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Aristide se poussa plus au fond du banc pour pouvoir faire balancer légèrement ses pieds alors qu'il écoutait l'autre parler. Les yeux pétillants d'intérêt, une petite moue sur les lèvres et le corps pratiquement penché en avant comme pour ne rien louper de l'explication. Les moldus peuvent faire ça ? s'émerveilla-t-il sans honte. Ce devait être la seule chose qu'on lui expliquait du monde moldu qui n'avait pas l'air de faire peur, même s'il n'avait aucune idée de comment c'était possible. L'idée de pouvoir communiquer d'une autre manière avec les plantes était alléchante. Surtout l'idée de pouvoir communiquer avec la musique qui avait toujours plus à dire que les mots. Je... ne joue pas d'un instrument classique, je crois. Mais j'aime leur jouer des mélodies, c'est un peu comme si j'avais un public comme ça. Parce qu'il n'oserait jamais sortir son luth devant une autre personne à moins d'y être contraint par la faute. D'ailleurs, durant sa première année à Poudlard, l'instrument était resté caché dans sa malle sans fond toute l'année. Il ne l'avait sorti que pendant les vacances, à l'abri dans sa chambre. Il aurait bien aimé partager son amour de la musique mais le pas lui semblait simplement trop grand. C'était s'exposer à beaucoup trop de jugement pour qu'il accepte de s'ouvrir sans anxiété.

Il fit un nouveau petit sourire à l'autre mais cette fois-ci il n'avait rien d'une grimace. Une petite tension qui tirait ses lèvres vers le haut, pincées comme pour s'empêcher de glisser dans un vrai sourire qui montrerait ses dents. Même si voir la légère tâche sur la peau de l'autre lui donnait envie de lui sauter à la gorge pour la débarbouiller, la voir tenter de l'effacer était... gentil. Réconfortant, même, d'une certaine manière. Le geste et la bonne humeur contagieuse de l'autre lui donnaient presque honte d'avoir autant fuis par le passé. Si toutes les rencontres se passaient aussi bien que celles-ci, peut-être que cela vaudrait le coup de sortir un peu plus de son cocon. Même si, honnêtement, il avait beaucoup donné durant l'été et qu'il n'était pas certain de pouvoir faire plus d'efforts avant quelques semaines au moins. Il était même allé dans le monde moldu, par Merlin ! Il avait amplement mérité une pause, et son cœur aussi. Le pauvre finirait par avoir envie d'une retraite avant même que le Serdaigle ne souffle sa vingtième bougie à ce rythme.

J'ai un sac à dos expliqua-t-il doucement en écartant les mains pour en indiquer la taille à l'autre avec du savon d'œufs de grenouille. Ca n'avait pas l'air très ragoutant mais ça fonctionnait bien. C'est pour les peaux sensibles, et pour quand je ne peux pas lancer de Recurvite. Mais même quand je peux, je préfère me nettoyer à la main. Recurvite ça... nettoie juste en surface alors... Oui, rien ne valait un Aguamenti et un savon mais malheureusement sa mère était la seule à savoir lancer ce sort. Lui était trop jeune, de ce qu'elle avait expliqué. Aristide releva les yeux vers l'autre, rougissant en concert. J-je n'en ai pas... pas cherché encore à la bibliothèque, je n'y avais pas pensé. Bredouilla-t-il, gêné autant par la proposition que par le fait de n'avoir jamais imaginé que la bibliothèque de Poudlard puisse lui servir à se renseigner pour des choses personnelles. Il avait catégorisé le lieu comme celui du savoir, des devoirs et des approfondissement de connaissances liées aux cours ou à des passions quelconques mais jamais comme une aide personnelle. C'était un peu bête, quand il y réfléchissait.

Il pencha la tête sur le côté, réfléchissant ensuite à ses parents. Aristide les avait toujours trouvé normaux avant de rencontrer d'autres sorciers plus guindés. Maintenant, il les considérait comme une minorité parmi les sorciers de grande famille. Ils n'étaient pas aussi froids, pas aussi intimidants et largement moins contrôlants. Le plus gros choc avait été de rencontrer Nyxis, en fait. Sa famille et celle du Serdaigle n'avaient absolument rien à voir et ça lui avait fait bizarre, à Aristide, de savoir qu'il pouvait exister dans le monde des parents et des grands parents qui soient méchants. Ou, tout du moins, froids et distants. Nous sommes une grande famille de sorciers, depuis très longtemps. Père et mère parlent avec beaucoup de sorciers importants, et grand-père parle de politique dans des grands repas parfois mais ils ne nous forcent jamais à rien avec ma sœur. Il baissa les yeux sur ses mains, soudainement conscience d'avoir beaucoup de chance. Honteux à ce propos, aussi, parce qu'il n'était pas sûr de mériter autant. Peut-être que ça ne faisait rien, et qu'on avait pas besoin de mériter pour avoir de bonnes choses et qu'il fallait juste avoir de la chance. Les parents de Nyxis et les miens sont très différents. Les tiens aussi, du coup. Mon grand père... il se fiche de si je me marie jeune, ou de si je continue la politique après lui. Il aimerait bien, je le sais mais il ne me forcerait jamais à le faire, tout comme il n'a jamais forcé mon père. Et ma mère, elle n'aime même pas vraiment les autres sorciers de Godric's Hollow pour la plupart, elle dit qu'ils ne sont pas assez sincères.

Il se tût, gêné d'avoir autant parlé avant de remonter correctement ses lunettes au compliment de l'autre. A présent hyperconscient de la monture perchée sur son nez, il avait l'impression qu'elle n'était pas assez droite. Il les remonta à nouveau, cligna plusieurs fois des yeux et se gratta l'arrête du nez en rosissant. Avant qu'il ne puisse reprendre la parole, elle se redressa et Aristide fut soulagé de la suivre. Un évier, ça semblait parfait à l'instant. Plus important que de poser la question qui lui avait brulé les lèvres il y a quelques secondes à peine. Il connaissait déjà une partie de la réponse de toute façon.

Se faufilant à la suite de la plus jeune entre les deux troncs, veillant à protéger son visage dans l'opération, il remercia le ciel de pouvoir sortir du kiosque sans avoir à se rouler par terre à nouveau. Il croisa les doigts, les mains dans le dos alors qu'il avançait aux côtés de Freya, cette fois plus à l'aise à l'idée de rester proche. Après tout, elle s'était rapprochée de lui tout à l'heure sur le banc sans lui donner envie de s'enfuir, ni même en essayant de le toucher comme tout le monde le faisait tout le temps. Il n'aimait pas particulièrement le contact avec les gens qu'il ne connaissait pas, même si celui-ci lui manquait beaucoup. Il aurait aimé pouvoir être aussi tactile que les gens qu'il rencontrait et qui se serraient la main longtemps, se donnait des accolades ou des petits coups d'épaules mais il n'y arrivait pas. Alors, que l'autre ai décidé de se rapprocher tout en lui laissant son espace et sa bulle, ça lui avait fait plaisir. Il lui faisait suffisamment confiance pour espérer qu'elle ne lui sauterait pas dessus s'il marchait à ses côtés.

Il se pencha vers l'avant, essayant d'apercevoir la fleur donc l'autre lui parlait et lui fit un large sourire sans y penser une fois qu'il la vit. Un coquelicot. Ils sont du genre Papaver, et ils ont un cousin somnifère. C'est étonnant qu'il ai fleurit ici. Il leva les yeux vers le ciel, profitant des rayons qui lui foutaient le visage. Normalement, ça pousse sur des sols plus nus, mais je suppose qu'il a dû profiter de trouver un peu de place. Ils commençaient à s'éloigner du kiosque et les grosses plantes se faisaient rare, un peu comme un simple sentier de balade. La plante avait dû trouver son bonheur sous le soleil d'Août. Ils peuvent rester en dormance très longtemps, c'est peut-être pour ça qu'il n'y en a qu'un ou que tu ne l'avais pas vu les années passées. Mais ça donne beaucoup de graines, alors si le sol est bon il devrait y en avoir de plus en plus.

Il s'accroupit aux côtés de l'autre, le visage pratiquement collé à la fleur. Elle était jolie, effectivement, même si Aristide n'avait que peu d'intérêt pour les coquelicots comparés à d'autres fleurs. Evidemment, il les appréciait beaucoup puisqu'il s'agissait d'une plante à fleur, justement, et aussi parce qu'ils pouvaient être très utiles pour quelques remèdes mais ce n'était pas sa fleur préférée. Bien plus bavard quand on le lançait sur un sujet qu'il appréciait autant, il continua à parler, oubliant sa timidité précédente. Les lys sont magnifiques. Ma plante à fleur préférée est le lotus, je crois. C'est la seule fleur qui reste au dessus de l'eau au lieu de flotter. Il poussa un soupir rêveur et entoura ses genoux avec ses bras, posant ensuite sa joue dessus. Il y en a de plein de couleurs. Blancs, rouges, même des bleus ! On en trouve pas ici, mais ce sont mes préférés. J'aurais bien aimé en faire pousser avec les pots d'adaptation des O'Landeir, mais c'est pas trop possible.

Il réfléchit quelques secondes mais ne trouva rien de plus à ajouter qui ne soit pas un fouillis d'informations inintéressantes pour les autres et se redressa, époussetant ses genoux avec des gestes lents. Chaque plante a une signification, même quand elle n'a pas de fleurs. J'aime celle des lotus. Il observa autour de lui, appréciant la quiétude du lieu, bien incapable de s'imaginer grandir ici sans avoir envie d'apprendre tout au sujet des plantes qui entouraient le manoir mais haussa les épaules. Tout le monde avait sa passion à lui, et ce n'était pas forcément les plantes. Je t'aiderais, si tu veux. Avalant sa salive pour se donner un peu de contenance, il ajouta : Ca... ne me dérange pas, si tu viens me trouver à Poudlard. J'arrêterais de... m'enfuir quand je te vois avec Nyxis, on pourra discuter de tes devoirs de botanique. C'était étrange de proposer quelque chose comme ça. Habituellement, c'était plutôt les gens qui le voyaient et qui décidaient l'embarquer avec eux, comme leur introverti de poche.

1671.

034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.

Newcastle Coquelicot Rouge F.M
𓆩♡𓆪
Date: 28 août 2050
Avec: @Aristide Griffiths
La famille, quelle étrange chose ! La jeune fille ne savait pas quoi faire de la sienne, même si elle les aimait de tout son cœur, et plus encore. Ils lui étaient si chers, et pourtant, elle se sentait si étrangère, si confuse quant à sa place parmi eux.

Elle ne voulait pas de la vie qu'ils lui avaient tracée, mais aurait-elle le courage de s'éloigner de leurs désirs pour construire la sienne ? Elle l'ignorait.

Elle ne voulait pas y penser.

Elle copia le garçon, entourant ses genoux avec ses petits bras, le menton posé sur ses poignets.

La jeune fille gardait les yeux fixés sur la fleur devant elle, malgré la proximité du garçon. Elle ne voulait pas le brusquer, lui faire peur. À vrai dire, elle commençait à le voir comme un chat, effrayé par tout, qui ne voulait pas se salir les pattes sur la terre, ou dans la boue. Comme un chat gâté, avec de grands yeux ronds et une fourrure immaculée, blanche et douce. Avec un petit collier autour de son nom et une clochette.

Elle sourit à cette pensée, enfantine. Oui, ça lui allait beaucoup trop bien.

La jeune fille le regarda, savourant ses paroles avec joie. S'il y avait une chose qu'elle aimait, c'était apprendre, tout et n'importe quoi. En tant que Serdaigle, elle se devait de chercher à connaître le monde. Ça lui permettait d'ouvrir ses horizons, d'agrandir son monde qui était si petit avant Poudlard, et elle retrouvait la même envie de savoir chez Aristide. Ça lui fit chaud au coeur de savoir qu'elle n'était pas seule à vouloir remplir son cerveau de connaissances.

"Lotus ?" répéta la petite. "Je n'en ai vu qu'en images, dans des livres. Mais ils sont très beaux aussi, c'est sûr. J'aimerai bien en voir un jour. D'où sont-ils originaires ?" demanda la blondinette avant de se remettre debout. Elle copia le garçon et sa démarche, suivant ses mouvements d'un regard intéressé, comme si elle pouvait le comprendre à travers ce simple acte.

Elle ne pût s'empêcher de marquer une pause à ses mots, un grand sourire se dessinant sur ses lèvres. Il venait de lui proposer de l'aide ? La petite se tourna vers lui, yeux brillants de curiosité. "Vraiment ? Merci ! J'en ai tant besoin. Je n'avais jamais autant révisé, avant. Je n'y comprends rien, ça n'a aucun sens pour moi. Je préfère largement les potions : tout est clair, net, concis et il n'y a aucun moyen de faire un faux pas si on suit la recette comme il faut," fit-elle d'une traite.

Elle fredonna, acquiesçant, avant de prendre la tête de la file, marchant devant le garçon d'un pas clair, rapide et décisif. Elle frotta de nouveau sa jupe, la débarrassant de la poussière accumulée qu'il restait. Avec un léger sourire, elle aperçut la serre, son magnifique dôme de verre émergeant des arbres comme une vieille bâtisse enfouie dans les bois. "C'est vrai ça, que tu arrêteras de t'enfuir ? Je vais commencer à te courir après," taquina la petite avant de s'avancer, suivant un chemin de terre. Elle ne savait pas où les pierres étaient passées, et avait envie de blâmer une petite créature sorcière quelconque.

Quand ils arrivèrent devant la porte, Freya fit une légère grimace. Elle n'était pas fière de l'état de la serre, et encore moins de ce que ça disait sur sa famille. A l'abandon, l'endroit était en piteux état.

À travers les vitraux, elle pouvait voir des pots, en terre cuite, empilés sur les bancs et dans les coins, là où il y avait de la place. Les plantes débordaient, des branches et des fleurs s'entremêlaient dans un labyrinthe, et il n'y avait qu'un soupçon de passage à travers la forêt qui avait poussé. Elle essaya la poignée et constata qu'elle fonctionnait facilement, la porte coulissant d'un seul coup. De la poussière flotta, un nuage jaillissant au-dessus de sa tête, et elle toussa, agitant les bras pour disperser l'air avant d'entrer.

Il faisait chaud et humide, et elle resta là une seconde, essayant de localiser l'évier. Il se trouvait à sa droite, encore impeccable pour une raison inconnue, du savon et des chiffons empilés sur les côtés. Les jardiniers, pensa la jeune fille, devaient utiliser l'endroit pour travailler dans les jardins, nettoyer leurs outils ou autres. Elle se demanda pourquoi ils ne touchaient pas aux plantes à l'intérieur, qui avaient si clairement besoin d'un peu d'attention. Avec un sourire amusé, elle se tourna vers le garçon. "Voici ton sauveteur !" fit-elle, avec un petit clin d'oeil, avant de s'approcher de l'évier.

Elle mit la main sous l'eau, badigeonnant sa paume de savon et frottant autant que possible pour y retirer la terre incrustée. Elle fit de même avec ses avant bras avant de se reculer, bras tendus horizontalement de par et d'autre, séchant tout doucement. "Tu dois avoir envie de pleurer en voyant les plantes," dit la petite avec un sourire déçu. "Si tu veux un projet de rénovation, je suis sûre que grand-mère ne serait pas contre l'idée."

Elle toucha une petite fleur du bout du doigt. "Je ne pense pas qu'il y ait de variétés sorcière. Ma grand-mère trouve que c'est bien trop de travail. Mais bon," dit Freya avec un haussement d'épaules. Elle s'adossa a côté de l'évier, les yeux tournés vers le ciel. Le verre n'était pas net et elle ne voyait qu'un flou de nuages et de ciel, du blanc et du bleu entremêlés. "On peut retourner à l'intérieur, si tu veux."

Elle le regarda, quelques instants, et se décida à le harceler une fois à Poudlard, pour un tout et pour un rien. Et puis, elle décida aussi de commencer à se trimballer un chiffon et du savon dans son sac de cours, au cas où, juste pour lui. C'était si bizarre comme sensation de vouloir faire quelque chose pour quelqu'un. Pour une fois, elle comprenait ce dont il avait besoin. Elle n'avait pas une once de confusion quant à ce dont il avait besoin et c'était rafraîchissant de ne pas se sentir totalement perdue.
𓆩♡𓆪

#485584
Freya Ourt, Freya Ourtière, Freya Kuza - K.A.