23 août 2025, 10:41
L’intrus bleu  Aelle Bristyle 
Je n'aime pas sa manière de me répondre. Sa manière qu'il a de reprendre ma question comme si elle était ridicule, comme si elle n'avait aucune valeur alors que la sienne n'en a aucune. Sa réponse d'ailleurs est idiote. Elle n'explique rien. Elle est la réponse typique qu'un adulte offre à un enfant qu'il croit trop idiot pour entendre, trop idiot pour utiliser à bon escient les éléments qu'on lui apportera. Ou peut-être est-ce l'adulte l'idiot de l'histoire. Tout comme ce renard. Car au final, aucun des deux n'a la capacité de prendre le temps d'expliquer.

J'ai envie de le reprendre, de surenchérir, de soupirer et de le critiquer, mais la bête bleue poursuit avant que je n'ai l'occasion de le faire. Peut-être pour le mieux puisque j'aurais sûrement égalé l'idiotie de sa réponse précédente.

J'écoute chacun de ses mots cette fois. J'écoute, patiemment en sentant quelques onces d'agacement se dissiper, alors qu'il me donne enfin une explication. Du moins, quelque chose qui s'en approche. Une fois son explication donnée, je tente d'y réfléchir. J'ai envie de le reprendre, mais je ne vois pas de point d'ancrage. Il n'y a rien auquel je puisse m'accrocher pour ranimer les onces colériques parties plus tôt.

Être son amie ? Aelle peut être l'amie de quelqu'un ? Mes sourcils redressés que la surprise a figé là redescendent enfin doucement. On ne parle pas de quelqu'un ici, mais d'une créature. Une créature qui parle qui plus est. Parce qu'il en a la capacité, voilà tout.

— Et est-ce que tu es son ami ?

Le ton se veut distant mais si l'on écoute vraiment, on saura bien que quelques notes plus douces sont revenues dans ma voix. Parce qu'il y a de l'espoir quelque part et une certaine curiosité qui veut que l'apaisement de la colère se force à moi. Et puis, je suis bien curieux. A cet instant, je me demande ce que cela peut faire d'être l'ami d'Aelle, et réciproquement.

Fiche PR - 4e année RP

2 sept. 2025, 08:35
L’intrus bleu  Aelle Bristyle 
Les moustaches de Zikomo frémissent doucement quand il penche la tête sur le côté pour mieux observer l'enfant qui se dresse devant lui. S'il ne s'est pas totalement apaisé — le Mngwi doute qu'il puisse s'apaiser de toute manière —, la voix du jeune garçon a tout de même perdu sa dureté. Pas totalement, mais en partie. Et Zikomo y voit déjà une belle avancée. Il comprend, surtout, que leur conversation prend une tournure qui touche l'élève. En l'observant de ce doux regard mordoré, Zikomo se demande ce qu'il y a à comprendre dans la question qu'il lui a posé. S'il avait tous les éléments en tête, il pourrait aisément se faire une idée de l'état d'esprit du garçon et il aurait ainsi compris l'origine (ou du moins une partie) de sa colère et donc de l'inflexion soudain de cette colère. Mais voilà, Zikomo n'a pas tous les éléments à sa disposition, aussi est-il incapable de comprendre ce qui motive le garçon à lui poser cette question.

« Oui, je suis son ami également, » répond-il sans le lâcher du regard.

La seule chose qu'il peut faire à présent, c'est se montrer sincère et donner au sorcier les réponses qu'il attend. N'est pas exclut que sa colère gonfle de nouveau, Zikomo en est bien conscient, mais il est aussi et surtout plein d'espoir : il a toujours pensé que tout pouvait être résolu à travers la parole. Il le pensait quand il n'était qu'un esprit qui aidait à résoudre les plus gros conflits qui traversaient le continent africain. Et il le pense toujours maintenant qu'il n'est qu'un Mngwi perdu en Angleterre et meilleur ami d'une jeune sorcière colérique.

« Pourquoi en doutes-tu ? » questionne-t-il subitement en remuant les oreilles.

Il n'a pas dit : est-ce que tu en doutes ? Mais : pourquoi ? Parce que c'est évident qu'il doute. Et qu'il aurait toutes les raisons d'en douter, malheureusement. Qui connait Aelle même de loin sait que c'est difficile d'être son ami. Et qui a l'opportunité de la connaître de près sait à quel point son amitié est précieuse.