Si j'te manque t'as qu'à venir me chercher
18 AOÛT 2050
FIN DE MATINÉE, RÉSIDENCE DES BLACKBURN
@Stella Ruewen
PNJ présents : Célestine Blackburn, Nicholas Jones, Aurore Blackburn
FIN DE MATINÉE, RÉSIDENCE DES BLACKBURN
@Stella Ruewen
PNJ présents : Célestine Blackburn, Nicholas Jones, Aurore Blackburn
Tic. Tac.
Assis dans l'herbe de son jardin, Orion semblait à la recherche de quelque chose. Les sourcils froncés, sa concentration donnait l'air d'être à son paroxysme et ses mains trituraient les brins comme s'ils renfermaient un secret. À quelques mètres de lui à peine, sa petite sœur, son Aurore, était affairée à, semblait-il, la même tâche. Les gestes du garçon étaient nerveux, irréguliers, et urgemment réalisés, comme si le temps lui manquait. Lui qui, d'ordinaire, aurait géré cette tâche d'une main experte semblait... stressé. Étonnant, la rentrée scolaire n'était pourtant même pas si proche que cela et la météo n'annonçait rien qui lui criait qu'il allait devoir bientôt rentrer et abandonner son activité à la nature. Alors, qu'est-ce qui faisait qu'Orion était si pressé par le temps ? La réponse était simple et elle concernait les astres. L'inconnue de la nuit, l'Etoile ou bien encore Stella, peu importait son appellation, l'entendre aurait procuré le même effet chez l'écossais. La même urge, la même intensité, la même hâte, le même stress.
Derrière Orion s'élevait une petite maison en vieille pierre, typique de la région. Le toit en ardoise témoignait de l'âge avancé de la bâtisse, quelque peu brinquebalant et irrégulier. Du lierre remontait le long des murs, comme un manteau qui revêtait la pierre pour cacher ses défauts, et on pouvait observer des parterres de fleurs entourant la quatre coins de la maison — une œuvre du garçon et de sa sœur, probablement. Le jardin dans lequel se trouvaient les deux enfants était relativement petit, délimité par des arbres et buissons qui lui donnaient de l'intimité. Si quelqu'un tendait l'oreille, il pouvait entendre le doux son de la rivière qui coulait non loin de là, juste derrière le semblant de forêt qui entourait la maison. C'était un lieu paisible, naturel et, surtout, très simple en apparence. Les parents d'Orion n'avaient jamais été de ceux qui rêvaient en grand ; ils préféraient de loin un petit foyer chaleureux, à leur image, qu'une grande maison moderne manquant d'âme. Et Orion dans tout cela ? Il adorait sa maison. C'était un havre de paix, un lieu où tous ses problèmes s'envolaient instantanément car, peu importe où ses yeux se posaient, il pouvait y trouver un échappatoire ; dans le son de la rivière Forth, dans le bruit des oiseaux qui chantaient le matin, dans la beauté des champs qui s'étendaient à perte de vue à l'avant de la bâtisse. Tout rayonnait et tout lui rappelait qu'ici, il était seul, entouré de ce qu'il lui plaisait.
Tic. Tac.
Néanmoins, pour ce qui lui semblait comme la première fois de sa vie, il était aujourd'hui perturbé dans sa tranquilité. L'Etoile comptait bientôt venir déposer ses valises chez lui pour deux semaines et, lui, il ne savait plus où se mettre. Pourtant, tout était prête pour son arrivée ; la chambre d'ami avait été aménagée avec soin par Célestine, elle qui avait elle-même concocté une bonne dizaine de petits plats pour s'assurer qu'au moins l'un d'entre eux conviendrait à la petite Ruewen, Orion avait déjà imaginé l'une ou l'autre randonnée qu'ils pourraient réaliser durant son séjour chez lui et Aurore avait réalisé un petit dessin de bienvenue pour qu'elle se sente bien accueillie. En somme, rien ne pouvait dérailler, n'est-ce pas ? Alors, pourquoi est-ce qu'Orion pouvait sentir une boule se former dans son ventre, comme une enclûme au fur et à mesure que l'heure fatidique de sa venue arrivait ? Ainsi, pour s'occuper l'esprit, il avait décidé de poursuivre une chimère, histoire de déconnecter ses neurones, en cherchant un trèfle à quatre feuilles dans son jardin. En réalité, il était faux de penser qu'il était impossible d'en trouver : Orion en trouvait tous les étés, dans son jardin, parfois même plusieurs par jour s'il cherchait bien. Les trèfles à quatre feuilles étaient souvent perçus comme une espèce rare ; aux yeux d'Orion, ce n'était ni plus ni moins qu'une mauvaise herbe à collectionner. Pour qui ? Pour Stella, probablement, même s'il n'était même pas sûr de le lui donner s'il en trouvait un. Mais à l'instant, cela semblait plutôt comme une bonne façon d'oublier que la source de sa torture interne mettrait bientôt les pieds sur le pas de sa porte.
Tic. Tac.
« A-ha ! » résonna une voix enfantine dans le jardin.
Orion releva la tête et Aurore leva fièrement vers lui le fruit de leur recherche : dans sa main trônait majestueusement un petit trèfle et, si l'on y regardait bien, on pouvait y compter non pas trois mais bien les quatre rares feuilles recherchées. Un maigre sourire se dessina sur les lèvres du garçon à la vue du graal.
« Trop forte, sœurette » répondit-il doucement, tendant la main vers elle.
Elle lui remit le trèfle sans rechigner, fière d'elle et heureuse de savoir que cela allait rassurer son grand frère à l'arrivée de l'Etoile ; après tout, les trèfles à quatre feuilles portaient chance, n'est-ce pas ? Orion plissa la mauvaise herbe puis sortit un minuscule carnet en cuir et, après avoir ouvert les pages — où l'on pouvait voir quelques autres fleurs s'entreposer —, il plaça le trèfle pour le conserver correctement, à l'abri des froissements de son pantalon. Après avoir rangé son petit carnet, il s'apprêta à se remettre à la tâche, le cœur toujours aussi battant quand bien même il avait atteint son objectif, il préférait continuer à embrûmer ses pensées avec autre chose.
Boom.
« Orion, je crois que ton amie est arrivée ! » hurla sa mère depuis la fenêtre de la cuisine.
Oh ? Oh. Le cœur du Serpent se mit à tambouriner dans sa poitrine. Le peu de calme qu'il avait réussi à retrouver en fouillant l'herbe de fond en comble était à présent fini, envolé, réduit à néant. Il croisa rapidement le regard enflammé d'Aurore qui poussa un cri de hâte à l'entente de l'annonce de leur mère, puis se leva pour courir à l'avant de la maison. Déglutissant, Orion se leva lentement, sentant ses oreilles bourdonner. D'un pas réticent, il s'avança vers le côté de la bâtisse pour pouvoir la contourner et arriver sur le chemin en pierre qui menait à la façade avant de leur maison. Il se sentait hésitant. Et si la Stella qu'il avait plus amplement appris à connaitre à travers leurs lettres était foncièrement différente ? Et si l'Etoile qu'il avait quittée sur le quai de la voie 9 3/4 ne lui ressemblait plus ? Et si... et si ? Il n'avait plus le temps de penser que ses deux pieds avaient déjà atteint le chemin en pierre. Et elle... Elle, elle était là. Sa longue chevelure noire secouée par une fine bourrasque de vent, ses yeux océan le fixant du bout de l'allée, sa valise derrière elle. Magnifique.
Elle n'avait pas changé. Le soleil matinal éclairait son visage comme jamais auparavant, c'était une vue à couper le souffle. Ou bien était-ce son angoisse qui l'empêchait de respirer correctement ? Peu importe, il s'avança nonchalamment vers elle, les mains dans les poches arrière de son pantalon. Aurore, quant à elle, bondit vers Stella avec une joie complètement démesurée, un sourire béat sur le visage ; elle n'avait que très peu l'habitude de rencontrer les amis d'Orion — si on considérait qu'il avait réellement des amis assez proches pour être invités chez lui.
« Coucou Stella, moi c'est Aurore, la sœur d'Ori ! Ooh, j'avais trop hâte de te rencontrer, maman a fait une tonne de nourriture, j'ai préparé des jeux de soci- »
— Aurore » rit Orion. « Laisse-lui le temps d'arriver, la pauvre... »
Arrivé à la hauteur de l'Aiglonne, il n'avait pas encore pu croiser son regard, ce dernier trop concentré sur son Aurore qui n'en faisait qu'à sa tête mais qui était, il fallait le dire, complètement attendrissante aux yeux du garçon. Poussant un long souffle, il prit finalement son courage à deux mains et le tourna vers Stella, le visage légèrement fermé par l'embarras. Mais, d'une voix qui le surprit lui-même, il s'adressa alors à elle avec une douceur sans égal :
« Salut, Etoile » lui sourit-il. « Tu as fait bon voyage ? »
Et voilà pour ce premier pas, j'espère que cela te convient ! J'ai hâte de commencer leurs petites aventures écossaises.
1384 mots — on commence mollo
Dernière modification par Orion Blackburn le 24 déc. 2025, 17:16, modifié 1 fois.
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Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige
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JEUDI 18 AOUT 2050
STIRLING, ECOSSE
Vanya Ruewen, pnj actif
(sur ce post uniquement)
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STIRLING, ECOSSE
Vanya Ruewen, pnj actif
(sur ce post uniquement)
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Stella Ruewen avait un jour été une fillette qui se vantait auprès de n'importe qui qu'elle n'avait peur de rien. Puis, comme pour la provoquer, la Vie avait décidé de lui mettre une claque. Et elle avait soudain eu peur de nombreuses choses, elle était devenue une enfant terrifiée, froide et inaccessible. Puis elle avait grandi, elle avait guéri certaines blessures et mises d'autres de côté. Elle avait décrété qu'elle ne montrerait plus jamais sa peur, qu'elle ne tournerait jamais les talons. A vrai dire ça avait marché pendant quelques temps. Enfin, jusqu'à ce que, de nouveau, la Vie lui rie au nez et lui donne une deuxième claque. Pourtant, celle-là la jeune fille ne l'avait pas sentie, bien trop intéressée par l'Autre qui avait fait irruption dans sa vie et chamboulé son existence. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait voulu connaître un Autre, elle avait voulu devenir quelqu’un à ses yeux. C’est comme ça qu’elle avait fini par s’attacher au Chasseur, à l’Intru, au Voleur de Mots. Tant de surnoms pour un seul Être, pour lui. Orion.
Progressivement, elle lui avait cédé. Autant qu’il lui avait cédé — du moins c’était son impression.
Elle lui avait volé un vêtement, un morceau de son quotidien, son parfum, un signe d’appartenance. Naïve qu’elle était, elle avait cru qu’il ne s’agissait que d’un geste banal. Puis elle avait compris. Elle avait compris que c’était une fourberie pour envahir sa vie, un moyen comme un autre de s’implanter dans son quotidien. Puis il avait volé ses Mots directement sur ses lèvres, lui imposant un silence nouveau, insolent — presque moqueur. Et avait ri d’elle, puis avec elle. Et qu’est-ce qu’elle n’aurait pas fait pour continuer d’entendre ce rire, ce carillon rare et précieux qu’elle n’avait entendu de lui qu’en sa compagnie. Son rire différent de celui qui se moquait des Autres, son rire doux et amusé. Stella aimait croire qu’il n’existait que pour elle, uniquement pour lui certifier qu’elle n’était pas juste une Autre, même aus yeux du Diable.
Voilà à quoi elle pensait, assise sur son siège dans un Magicobus, sa sacoche serrée contre son ventre. Ses pensées et angoisses voletaient en tous sens autour de sa tête, de la même manière que le feraient des oiseaux agressifs — ou enfermés depuis bien trop longtemps.
— Tu es anxieuse ma puce ? l'interrogea soudain sa mère, faisant sursauter l'adolescente.
Jetant un bref regard de travers à sa génitrice, Etoile hésita, retenant ses Mots au bord de ses lèvres. Comme elle l'avait fait ce soir-là, un instant avant qu'Orion ne les lui vole. Les joues soudain roses, légèrement gênée, la jeune sorcière haussa les épaules en reportant son regard sur le paysage qui défilait. Dans quoi est-ce qu'elle s'était embarquée ? Aller chez Orion, le connaitre de l'intérieur, rencontrer sa famille et son Aurore, dormir chez lui. Puis l'inverse. Lui chez elle, assis à sa table, conversant avec Maliah. C'était tout simplement irréel. « Shadow va me manquer » murmura-t-elle distraitement. Certes elle aurait pu emmener le matou avec elle, mais c'était une certaine charge et elle s'en serait voulu d'imposer ça à la famille qui avait gentiment accepté de l'héberger. Sans compter qu'elle avait envie de passer des vacances complètement détachées de son quotidien, et cela ne pouvait se faire si elle avait son familier à ses côtés.
— Tu sais si tu as peur on peut toujours annuler, reprit Vanya en posant une main se voulant rassurante sur l'épaule de sa fille aînée. Je peux dire que tu as été malade, que tu ne voulais pas partir, ou même que c'est moi qui ait refusé que tu y ailles au dernier moment...
La jeune fille fit volte face, sourcils froncés et expression fermée.
— C'est toi qui ne veut pas que j'y aille en fait ! l’accusa-t-elle d'une voix coupante.
Une voix non loin lui reprocha son éclat de voix et lui intima de baisser d'un ton. Contrariée, Stella l'ignora, le regard planté dans celui de sa mère. « Tu m'as toujours poussée à me faire des amis, mais tout d'un coup tu veux me garder enfermée à la maison ? » siffla-t-elle. Ses veines palpitaient et elle sentait son coeur battre fort dans sa poitrine. *Menteuse, menteuse, menteuse. Tous des menteurs !* fulmina-t-elle en décochant un regard froid à sa mère avant de se tourner résolument vers la fenêtre, coupant court à la conversation.
Les adultes étaient tous des menteurs. Un jour ils promettaient la Lune, et le lendemain ils se contentaient de lui ramener un parchemin froissé en boule. Evidemment que sa mère était contre l'idée de l'envoyer à Stirling. C'était loin, très loin de Londres, loin de son emprise. A un endroit où elle ne pourrait pas la contrôler et donner son opinion sur chaque geste et parole de sa fille. Vanya voyait Stella la fuir, lui échapper, et elle n'aimait pas ça. C'était la seule explication logique. En fait, c'était même tout simplement la seule qui avait du sens. A cet instant, la jeune fille regrettait amèrement de ne pouvoir prendre le magicobus toute seule — dire qu’elle aurait pu s’épargner la présence de sa mère ! Elles s’entendaient pourtant bien à une époque, qu’est ce qui avait bien pu changer ? Depuis cet été, elle avait l’impression que sa mère était devenue une autre personne. Elle s’énervait contre elle pour un rien, lui assignait toutes les besognes domestiques et ne se privait pas de lui faire la leçon à tout instant de la journée — et même devant Maliah !
— J’ai pas besoin de toi, marmonna-t-elle entre ses dents serrées.
*J’ai besoin ni de toi ni de personne* songea-t-elle avec détermination. Oh, comme elle aurait aimé que cela soit vrai. Comme elle aurait adoré ne ressentir qu’une vague indifférence pour la masse des Autres, ne s’attacher à personne et continuer son chemin seule. Sans personne. Quelle humiliation d’être aussi soumise et dépendante aux Autres. « Ne raconte pas de sottises » fit Vanya d'une voix sèche. « Tu n'as que 14 ans Stella, évidemment que tu as besoin de moi. » *Nan. J'ai pas b'soin de toi* Elle ne voulait pas avoir besoin d'elle — et encore moins si c'était pour devoir se coltiner une mère moralisatrice, agacée et injuste. *La mère d'Orion a l'air génial.....j'espère que je vais bien m'entendre avec elle* songea-t-elle en ignorant volontairement sa mère pour se replonger dans ses pensées.
Elle avait hâte de rencontrer Aurore, la fameuse Aurore dont elle avait tant entendu parler. Et la mère cuisinière qui semblait douce et prévenante, et le père Moldu vaguement méfiant de la sorcellerie mais que Stella imaginait comme quelqu'un de chaleureux. Et la maison. Avait-il des animaux ? Et si elle ne se sentait pas à l'aise chez lui ? Peut-être qu'elle aurait dû mettre une robe — la jeune Ruewen s'était vêtue d'un jean plutôt ample qu'elle portait pour faire du skate, qu'elle avait associé à un débardeur rouge sombre et ç une surchemise trois fois trop grande pour elle nouée autour de sa taille. Charlie l'avait forcée à se maquiller — d'ailleurs Etoile avait bien failli se crever l'oeil avec un mascara Moldu — et elle ne pouvait s'empêcher de regarder ses cils épaissis de noir, ses paupières colorées de rose pâle, le trait de...quoi déjà, eye-liner ? oui c'était ça, le trait d'eye-liner qui étirait son regard. Et ses lèvres rougies et pailletées de gloss. C'était étonnant, et elle ne comprenait toujours pas pourquoi son ami avait insisté sur ça mais bon. Qu'importait, elle se laverait le visage le soir. De nouveau, elle se demanda si elle aurait dû porter une robe ou quelque chose du genre. Est-ce qu'une tenue plus habillée aurait été plus appropriée ? Tant de questions.
Stella soupira doucement, stressée.
— Stella c'est ton arrêt ! l'informa un peu brusquement sa mère.
Sursaut, battements de coeur effrénés, appréhension. Elle était arrivée à destination. « Merci et...à dans une semaine ? » marmonna-t-elle, un peu mal à l'aise, pour éviter de se séparer de sa mère sur ses derniers mots. Vanya lui offrit un sourire crispé. *Tant pis, je tirerais rien d'elle* maugréa silencieusement Etoile en s'extirpant de son siège, prenant garde de ne rien oublier. Sa sacoche était là, sa valise aussi et le bouquet qu'elle avait elle-même choisit et acheté pour la mère d'Orion était encore en bonne santé. Après un dernier regard pour sa mère, la jeune Ruewen descendit du Magicobus, bien heureuse de retrouver la terre ferme.
Ignorant le bus et sans un regard en arrière, elle s'avança vers le portillon de ce qui devait être la résidence Blackburn. Un nœud d'émotion dans la gorge, Stella s'arrêta un instant au bout de l'allée pour contempler la maison et les environs. C'était....sublime. Et ça n'avait rien à voir avec Londres. La végétation était partout, et elle était luxuriante, aux couleurs douces et pleines d'émotions. La maison lui plut immédiatement. Une bâtisse en pierre qui se mariait parfaitement bien avec la nature, un toit manifestement ancien mais qui semblait solide comme un roc. Emerveillée, la Serdaigle laissa ses yeux glisser sur le paysage. L'herbe verte et tendre, les parfums délicieux qui s'échappaient à la fois des plantations et de la maison — il y avait fort à parier que la mère du garçon avait préparé un buffet —, le soleil qui illuminait le jardin de ses rayons dorés chatoyants.... Elle se serait presque cru dans un rêve ou un conte. Un très beau conte. Renversant la tête en arrière pour profiter du soleil matinal, Etoile sourit lorsqu'elle sentit la chaleur caresser gentiment son visage. Une petite brise faisait voleter quelques mèches de cheveux. C'était tout juste parfait.
Et soudain, un bruit étouffé la sortit de ses pensées.
Ramenant son regard sur la petite allée qui menait à la maison, Stella sentit distinctement l'instant où sont coeur rata un battement — à moins que ça ne soit deux battements ? Parce que tout ça était réel, parce qu'elle ne rêvait pas. Parce qu'il était là. Orion. Pour de vrai. Et la fillette à la chevelure dorée qui courait vers elle devait être Aurore, la fameuse Aurore, la spéciale Aurore.
La fillette arriva toute bondissante, les yeux pétillants et la voix fluette mélodieuse. C'était une petite tempête, le genre de bourrasques qui faisait du bien et qui donnait de l'adrénaline. Etoile ne put s'empêcher de rire doucement, amusée et attendrie par cette petite qui était si heureuse de la rencontrer. « Salut Aurore, j'ai beaucoup entendu parler de toi tu sais » répondit-elle, sourire aux lèvres. Avait-elle volontairement détourné le regard d'Orion ? Et pourquoi est-ce qu'elle se sentait si nerveuse tout d'un coup ? Ils avaient passé l'été à échanger, au point qu'elle avait l'impression de l'avoir quitté hier, alors quel était cet étrange sentiment qui lui donnait des ailes et la clouait au sol en même temps ? *Il a pas changé, c'est Orion pas un inconnu* se morigéna-t-elle en relevant le visage vers lui. Ses joues allaient rosir à tous les coups, c'était inévitable.
Sa voix était douce, douce à l'extrême. Si douce qu'elle en fut déstabilisée.
— Hm je... oui, je...
Les mots moururent sur ses lèvres alors que l'émotion la prenait. La gorge serrée d'émotion et un sourire radieux sur le visage, Stella céda à son impulsivité et franchit la petite distance entre Orion et elle pour le prendre dans ses bras — ou s'échouer dans les siens ? Elle enfoui son visage contre lui, respirant son odeur familière et s'autorisa un instant juste pour eux, fermant les yeux et le serrant fort contre elle. Là, elle se sentait bien. Juste quelques secondes, pour se reprendre.
@Orion Blackburn, toutes mes excuses pour ce retard !
Les voilà lancés dans l'aventure, hâte de continuer.
~1949 mots, oups ça commence mal..
Les voilà lancés dans l'aventure, hâte de continuer.
~1949 mots, oups ça commence mal..
Dernière modification par Stella Ruewen le 23 juin 2026, 22:29, modifié 1 fois.
15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."
Si j'te manque t'as qu'à venir me chercher
Si le vent avait arrêté de souffler, Orion aurait probablement pensé que le temps avait arrêté de tourner.
Orion avait quinze ans. De son point de vue d'adolescent, il avait vécu. Il était né paisiblement chez lui, entouré d'amour. Sa mère, son père, ils avaient rêvé de sa naissance pendant neuf longs mois et ils l'avaient accueilli comme une âme spéciale. Puis, pendant quatre années, il avait évolué doucement, par étape. Onze mois, il avait fait ses premiers pas ; quatorze mois, il avait prononcé son premier mot ; deux ans et quatre mois, il commençait à faire des phrases sensées ; trois ans, il piqua sa première crise dont il comprenait réellement le sens ; quatre ans, il fit la rencontre de la tête blonde qui avait bousculé ses habitudes, son monde et sa vie. La fameuse Aurore était née et avait tout chamboulé. Il lui fallut un temps d'adaptation, mais Orion parvint à passer au-dessus et, mieux, il parvint à l'aimer de toute son âme au point qu'il aurait pu se laisser mourir de faim et de soif dans l'espoir qu'elle soit nourrie et hydratée au besoin. Il s'était détaché de sa mère ; Orion était devenu indépendant, distant, ne laissant de la place auprès de lui qu'à sa précieuse sœur.
L'histoire continua. Cinq ans, il s'essaya à son premier sport, la danse. Il était doué, habile, précis, gracieux, fort, discipliné ; rien à voir avec l'Orion destructeur qu'il redevenait une fois la porte de son foyer dépassée. La même année, rentrée à l'école primaire moldue. Quel fiasco. Morsures, bastons à foison avec les autres enfants, développement de sa lame verbale. Il savait qu'il était différent — sa mère le lui avait expliqué — mais il ne supportait pas que les enfants moldus le soulignent et, pire, qu'ils ne reconnaissent pas en lui son pouvoir et sa supériorité qu'il s'était décernés lui-même. Sept ans, premières retenues réalisées avec beaucoup trop d'entrain pour un enfant de son âge ; il trouvait qu'il n'avait rien fait de mal. Neuf ans, première manifestation de magie, sa mère ne voulait pas lui donner de dessert, il n'avait pas accepté, un verre s'était brisé.
Onze ans et demi, rentrée à Poudlard. Le début d'une aventure qu'il ne savait réellement comment apprécier. Il savait qu'il serait parmi ses pairs ; il savait aussi qu'il ne serait plus aussi spécial qu'il voulait se le penser. C'était probablement cela qui l'avait rendu distant vis-à-vis des autres. Il se voulait le meilleur et il ne voulait pas que ses désillusions soient brisées. Alors, s'il avait réussi à se créer des amitiés éphémères ici et là, il n'avait jamais réussi à être assez proche de qui que ce soit pour qu'il se sente assez à l'aise que pour montrer sa facette plus douce. Certes, il y avait sa cousine ; Niks était sa famille la plus proche à Poudlard, elle devait probablement le connaître bien mieux que la plupart de ses pairs. Pour autant, Orion restait discret sur ses pensées et préférait les garder pour lui. Pourtant, il avait l'impression d'avoir pu explorer mille et une émotions, d'avoir pu se questionner, penser, songer, réfléchir. Il avait aussi grandi, avait mué, avait découvert son corps, sa puissance, ses pouvoirs.
Bref, Orion avait vécu. Du moins, c'est ce qu'il aurait aimé croire mais rien, rien n'aurait pu l'apprêter à ressentir ce qu'il ressentissait en cet instant. Ses iris caressaient les traits délicats de l'Aiglonne avec attention, précision, insistance. Si Orion n'avait pas eu de petite sœur coquette, il n'aurait probablement pas remarqué que l'Etoile avait soigné son apparence avec du maquillage, bien qu'il était certain de voir qu'il y avait une différence avec son regard habituel. Du moins, celui qu'il s'était habitué à reconstruire dans son esprit pour raccourcir ses journées et faire taire l'impatience qu'il avait de la revoir de ses propres yeux. Les cils de Stella étaient plus noirs, plus intenses et ses paupières étaient étirées par un fin trait qui refaisait sortir ses yeux d'un bleu intense encore plus profondément. Par un plaisir coupable, il s'autorisa à laisser ses yeux descendre vers ses lèvres et remarqua qu'elles étaient plus rosées et brillantes que d'habitude ; plus alléchantes sans doute aussi. Un spasme express tordit son expression quand il se força à chasser toute pensée qui pouvait rappeler cette soirée — bénie ou maudite, il n'arrivait toujours pas à se positionner — où il avait rencontré l'Etoile. Si elle n'avait pas été juste en face de lui, il se serait probablement étouffé sur sa propre salive aussi.
Son cœur était complètement chamboulé. Ç'aurait été mentir qu'Orion n'avait pas senti l'idée d'inviter l'Etoile à séjourner chez lui germer le jour même où il lui avait remis sa première missive sur le quai du Poudlard Express. Pourtant, cela lui paraissait complètement délirant que ce souhait muet se trouve être devenu réalité. Il pouvait sentir ses battements de cœur jusque dans ses tempes et ses mains devenir moites à cause de la proximité idyllique entre la jeune fille et le garçon. Le sourire qui habilla les lèvres de l'Etoile était splendide, doux, et, pour une raison qu'il ignorait, le fait qu'il soit dirigé vers son Aurore le fit fondre un peu plus. Il aurait aimé lui décrire ce qu'il voyait ; toutes les couleurs qui dessinaient son monde en cet instant précis, la profondeur glaciale mais chaleureuse de ses yeux, le rouge qui colorait ses joues avec justesse et beauté, le noir de geai qui volait derrière elle grâce à ses sublimes cheveux, tels le voile de la Faucheuse qui venait récolter sa dernière victime : lui.
L'espace d'un instant, Orion réalisa qu'il y avait un monde de différence entre échanger par écrits et se retrouver réellement face à Stella. Par écrit, il aurait été facile de coucher toutes ses émotions sur le papier — bien qu'il les aurait probablement raturées pour qu'elle ne puisse pas vraiment les lire — mais maintenant qu'il était en face d'elle, il avait l'impression que quelqu'un avait sectionné ses cordes vocales et qu'il ne pourrait plus jamais prononcer un mot à moins que celui-ci ne soit destructeur pour ses pensées si bien gardées. Néanmoins, il n'aurait été sûr de comment lui exposer ce à quoi son esprit songeait, lui était lui-même sens dessus dessous. Il n'entendit d'ailleurs qu'à moitié les quelques mots qu'elle adressa à sa sœur avant de se tourner vers lui, le visage radieux et fendu par un large sourire qu'elle lui réserva à lui seul — même le sourire qu'elle avait adressé à Aurore n'aurait pu égaler celui-ci.
Puis il eut l'impression d'être renversé par un éruptif. Ce n'était pas l'agressivité de l'acte — il n'aurait pu être plus doux —, mais c'était l'urgence qui avait trahi le corps de l'Etoile pour se retrouver au creux des bras du garçon qui le surprit et arrêta son cœur pendant un moment qui lui parut comme une éternité. Si le vent avait arrêté de souffler, Orion aurait probablement pensé que le temps avait arrêté de tourner. Mais le vent continua à souffler, le temps continua à s'écouler et le cœur du garçon recommença à battre. D'abord étonné de l'acte, il se sentit hésitant, les bras écartés, mains en l'air, incapables de se refermer autour du corps de Stella. Il pouvait sentir le regard surpris de sa tête blonde les fixer, n'ayant pas l'habitude de voir quelqu'un aussi proche de son grand frère et l'idée qu'elle puisse lire la multitude d'émotions qui traversaient son corps sur son visage lui tordit les entrailles. Cependant, il était incapable de nier la vague de chaleur qui traversa d'emblée ses membres et son système nerveux. Merde, merde, merde... Il ne savait pas quoi faire. D'une part, il avait de l'entourer et la serrer un peu plus proche de lui, de son cœur. D'autre part... il se sentait nauséeux de se dévoiler de cette manière et aussi vite auprès de son Aurore et le reste de sa famille. Mince, il n'était même pas sûr que l'un d'eux l'ait déjà vu étreindre une personne autre que sa sœur.
La force de sa timidité prit le dessus. Orion déglutit alors et, descendant doucement ses mains vers les épaules de l'Aiglonne, il la distança gentiment de lui. Son geste ne manqua d'aucune douceur ; bien au contraire, il espérait qu'elle sente cette lenteur affectueuse qu'il avait appris à ne lui réserver qu'à elle et son Aurore.
« Je... Hum... » balbutia-t-il, essayant tant bien que mal de reprendre ses esprits. Tournant lentement ses yeux vers sa petite sœur, il la vit les observer, un fin sourire sur les lèvres, amusée de l'émotion que la jeune Ruewen avait provoquée chez lui. Il se serait bien baffer pour avoir laisser transcender autant de pensées à travers son visage. « Tu veux... que je te fasse visiter ? » demanda-t-il, hésitant.
— Ah non ! C'est moi qui lui fais visiter ! Toi, tu lui portes sa valise et tu l'amènes jusque dans sa chambre » s'offusqua Aurore avec insistance. « Tu verras » reprit-elle avec enthousiasme en se tournant vers Stella. « Maman t'a mis mes draps préférés. Ils ont des petites mandragores un peu partout, elles sont trop mignonnes ! »
Orion fronça les sourcils. Autant, il était prêt à cacher à se montrer sur la réserve devant sa famille le temps qu'il s'habitue à la présence de Stella dans son foyer, autant il n'était pas prêt à la laisser filer entre ses doigts aussi vite alors qu'elle venait à peine d'arriver. Et, bien qu'il mettait un point d'honneur à toujours faire plaisir à sa petite sœur, il ne pouvait empêcher le lien fraternel à prendre le dessus ; il ne céderait pas à son caprice.
« Tut-tut, minus, va prévenir Maman qu'on viendra dans la cuisine une fois qu'on aura installé Stella et visité la maison. Puis, si tu veux, tu pourras nous accompagner pour lui faire visiter les lieux » rétorqua-t-il avec autorité avant de lui ébouriffer les cheveux — un souvenir malheureux refit surface et il se revit sur le quai de la gare à faire pareil à la touffe d'Etoile. Il frissonna légèrement à cette pensée puis se rassura en se disant que le faire à Aurore était bien plus naturel.
Finalement, il se retourna vers Stella, les yeux légèrement désolés en songeant au fait qu'elle venait d'assister à la première d'une longue série des représentations d'émotions qu'Aurore pouvait ressentir — au contraire du garçon, elle ne se restreignait jamais. Pas que cela dérange Orion, mais il ne voulait pas que la jeune fille soit gênée par sa présence. Aurore souffla un peu puis, acceptant son sort, s'enfuit vers la maison comme une tornade s'évaporant vers de nouveaux horizons. Il adressa à Stella un petit sourire légèrement embarassé puis, se rendant compte que sa valise était toujours à ses côtés, il bondit :
« Oups, laisse-moi prendre ça ! » dit-il en se saisissant de sa valise puis, remarquant le bouquet joliment coloré qu'elle tenait entre ses doigts, il la taquina : « Oh, dis, fallait pas ! Comment t'as su que j'aimais... le jaune ? Et le bleu ! Eh bah, c'est que j'en ai, des bons goûts. On lui trouvera un vase à l'intérieur. »
Sentant qu'Aurore avait définitivement quitté les lieux, Orion sentit un poids se décharger de ses épaules. Il était drôle d'imaginer qu'il puisse se sentir mal à l'aise en présence de sa petite sœur ; elle était probablement l'une des seules personnes à le connaître jusqu'à la moelle. Pour autant, il se sentait... pudique. Il aurait aimé que Stella ne voie pas ce côté-là de lui. Il se sentait faible ; Merlin seul savait que sa faiblesse était juste en face de lui. Un peu moins angoissé, il se tourna vers la bâtisse qu'était sa maison et la montra avec humilité.
« Mais du coup... Voilà ma maison. Bon, par rapport à Londres, ça en jette pas autant mais... C'est chez moi. On s'y sent bien » dit-il avec un sourire un peu absent puis, sortant de ses pensées, il reprit : « Bon, viens, on va t'installer. »
Et alors, comme s'il souhaitait se faire pardonner de sa maladresse d'un peu plus tôt et en se mordant légèrement la lèvre, il glissa sa main le long de son dos pour la placer au creux de ses reins et l'inviter à avancer vers sa demeure. Le contact ainsi rétabli, il aurait pu jurer que le temps avait une nouvelle fois arrêté de tourner.
@Stella Ruewen, c'est à mon tour de m'excuser !
Je fais le topo : Orion est en panique, Aurore est heureuse, hâte de voir la suite...
2116 mots — soit...
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Orion avait quinze ans. De son point de vue d'adolescent, il avait vécu. Il était né paisiblement chez lui, entouré d'amour. Sa mère, son père, ils avaient rêvé de sa naissance pendant neuf longs mois et ils l'avaient accueilli comme une âme spéciale. Puis, pendant quatre années, il avait évolué doucement, par étape. Onze mois, il avait fait ses premiers pas ; quatorze mois, il avait prononcé son premier mot ; deux ans et quatre mois, il commençait à faire des phrases sensées ; trois ans, il piqua sa première crise dont il comprenait réellement le sens ; quatre ans, il fit la rencontre de la tête blonde qui avait bousculé ses habitudes, son monde et sa vie. La fameuse Aurore était née et avait tout chamboulé. Il lui fallut un temps d'adaptation, mais Orion parvint à passer au-dessus et, mieux, il parvint à l'aimer de toute son âme au point qu'il aurait pu se laisser mourir de faim et de soif dans l'espoir qu'elle soit nourrie et hydratée au besoin. Il s'était détaché de sa mère ; Orion était devenu indépendant, distant, ne laissant de la place auprès de lui qu'à sa précieuse sœur.
L'histoire continua. Cinq ans, il s'essaya à son premier sport, la danse. Il était doué, habile, précis, gracieux, fort, discipliné ; rien à voir avec l'Orion destructeur qu'il redevenait une fois la porte de son foyer dépassée. La même année, rentrée à l'école primaire moldue. Quel fiasco. Morsures, bastons à foison avec les autres enfants, développement de sa lame verbale. Il savait qu'il était différent — sa mère le lui avait expliqué — mais il ne supportait pas que les enfants moldus le soulignent et, pire, qu'ils ne reconnaissent pas en lui son pouvoir et sa supériorité qu'il s'était décernés lui-même. Sept ans, premières retenues réalisées avec beaucoup trop d'entrain pour un enfant de son âge ; il trouvait qu'il n'avait rien fait de mal. Neuf ans, première manifestation de magie, sa mère ne voulait pas lui donner de dessert, il n'avait pas accepté, un verre s'était brisé.
Onze ans et demi, rentrée à Poudlard. Le début d'une aventure qu'il ne savait réellement comment apprécier. Il savait qu'il serait parmi ses pairs ; il savait aussi qu'il ne serait plus aussi spécial qu'il voulait se le penser. C'était probablement cela qui l'avait rendu distant vis-à-vis des autres. Il se voulait le meilleur et il ne voulait pas que ses désillusions soient brisées. Alors, s'il avait réussi à se créer des amitiés éphémères ici et là, il n'avait jamais réussi à être assez proche de qui que ce soit pour qu'il se sente assez à l'aise que pour montrer sa facette plus douce. Certes, il y avait sa cousine ; Niks était sa famille la plus proche à Poudlard, elle devait probablement le connaître bien mieux que la plupart de ses pairs. Pour autant, Orion restait discret sur ses pensées et préférait les garder pour lui. Pourtant, il avait l'impression d'avoir pu explorer mille et une émotions, d'avoir pu se questionner, penser, songer, réfléchir. Il avait aussi grandi, avait mué, avait découvert son corps, sa puissance, ses pouvoirs.
Bref, Orion avait vécu. Du moins, c'est ce qu'il aurait aimé croire mais rien, rien n'aurait pu l'apprêter à ressentir ce qu'il ressentissait en cet instant. Ses iris caressaient les traits délicats de l'Aiglonne avec attention, précision, insistance. Si Orion n'avait pas eu de petite sœur coquette, il n'aurait probablement pas remarqué que l'Etoile avait soigné son apparence avec du maquillage, bien qu'il était certain de voir qu'il y avait une différence avec son regard habituel. Du moins, celui qu'il s'était habitué à reconstruire dans son esprit pour raccourcir ses journées et faire taire l'impatience qu'il avait de la revoir de ses propres yeux. Les cils de Stella étaient plus noirs, plus intenses et ses paupières étaient étirées par un fin trait qui refaisait sortir ses yeux d'un bleu intense encore plus profondément. Par un plaisir coupable, il s'autorisa à laisser ses yeux descendre vers ses lèvres et remarqua qu'elles étaient plus rosées et brillantes que d'habitude ; plus alléchantes sans doute aussi. Un spasme express tordit son expression quand il se força à chasser toute pensée qui pouvait rappeler cette soirée — bénie ou maudite, il n'arrivait toujours pas à se positionner — où il avait rencontré l'Etoile. Si elle n'avait pas été juste en face de lui, il se serait probablement étouffé sur sa propre salive aussi.
Son cœur était complètement chamboulé. Ç'aurait été mentir qu'Orion n'avait pas senti l'idée d'inviter l'Etoile à séjourner chez lui germer le jour même où il lui avait remis sa première missive sur le quai du Poudlard Express. Pourtant, cela lui paraissait complètement délirant que ce souhait muet se trouve être devenu réalité. Il pouvait sentir ses battements de cœur jusque dans ses tempes et ses mains devenir moites à cause de la proximité idyllique entre la jeune fille et le garçon. Le sourire qui habilla les lèvres de l'Etoile était splendide, doux, et, pour une raison qu'il ignorait, le fait qu'il soit dirigé vers son Aurore le fit fondre un peu plus. Il aurait aimé lui décrire ce qu'il voyait ; toutes les couleurs qui dessinaient son monde en cet instant précis, la profondeur glaciale mais chaleureuse de ses yeux, le rouge qui colorait ses joues avec justesse et beauté, le noir de geai qui volait derrière elle grâce à ses sublimes cheveux, tels le voile de la Faucheuse qui venait récolter sa dernière victime : lui.
L'espace d'un instant, Orion réalisa qu'il y avait un monde de différence entre échanger par écrits et se retrouver réellement face à Stella. Par écrit, il aurait été facile de coucher toutes ses émotions sur le papier — bien qu'il les aurait probablement raturées pour qu'elle ne puisse pas vraiment les lire — mais maintenant qu'il était en face d'elle, il avait l'impression que quelqu'un avait sectionné ses cordes vocales et qu'il ne pourrait plus jamais prononcer un mot à moins que celui-ci ne soit destructeur pour ses pensées si bien gardées. Néanmoins, il n'aurait été sûr de comment lui exposer ce à quoi son esprit songeait, lui était lui-même sens dessus dessous. Il n'entendit d'ailleurs qu'à moitié les quelques mots qu'elle adressa à sa sœur avant de se tourner vers lui, le visage radieux et fendu par un large sourire qu'elle lui réserva à lui seul — même le sourire qu'elle avait adressé à Aurore n'aurait pu égaler celui-ci.
Puis il eut l'impression d'être renversé par un éruptif. Ce n'était pas l'agressivité de l'acte — il n'aurait pu être plus doux —, mais c'était l'urgence qui avait trahi le corps de l'Etoile pour se retrouver au creux des bras du garçon qui le surprit et arrêta son cœur pendant un moment qui lui parut comme une éternité. Si le vent avait arrêté de souffler, Orion aurait probablement pensé que le temps avait arrêté de tourner. Mais le vent continua à souffler, le temps continua à s'écouler et le cœur du garçon recommença à battre. D'abord étonné de l'acte, il se sentit hésitant, les bras écartés, mains en l'air, incapables de se refermer autour du corps de Stella. Il pouvait sentir le regard surpris de sa tête blonde les fixer, n'ayant pas l'habitude de voir quelqu'un aussi proche de son grand frère et l'idée qu'elle puisse lire la multitude d'émotions qui traversaient son corps sur son visage lui tordit les entrailles. Cependant, il était incapable de nier la vague de chaleur qui traversa d'emblée ses membres et son système nerveux. Merde, merde, merde... Il ne savait pas quoi faire. D'une part, il avait de l'entourer et la serrer un peu plus proche de lui, de son cœur. D'autre part... il se sentait nauséeux de se dévoiler de cette manière et aussi vite auprès de son Aurore et le reste de sa famille. Mince, il n'était même pas sûr que l'un d'eux l'ait déjà vu étreindre une personne autre que sa sœur.
La force de sa timidité prit le dessus. Orion déglutit alors et, descendant doucement ses mains vers les épaules de l'Aiglonne, il la distança gentiment de lui. Son geste ne manqua d'aucune douceur ; bien au contraire, il espérait qu'elle sente cette lenteur affectueuse qu'il avait appris à ne lui réserver qu'à elle et son Aurore.
« Je... Hum... » balbutia-t-il, essayant tant bien que mal de reprendre ses esprits. Tournant lentement ses yeux vers sa petite sœur, il la vit les observer, un fin sourire sur les lèvres, amusée de l'émotion que la jeune Ruewen avait provoquée chez lui. Il se serait bien baffer pour avoir laisser transcender autant de pensées à travers son visage. « Tu veux... que je te fasse visiter ? » demanda-t-il, hésitant.
— Ah non ! C'est moi qui lui fais visiter ! Toi, tu lui portes sa valise et tu l'amènes jusque dans sa chambre » s'offusqua Aurore avec insistance. « Tu verras » reprit-elle avec enthousiasme en se tournant vers Stella. « Maman t'a mis mes draps préférés. Ils ont des petites mandragores un peu partout, elles sont trop mignonnes ! »
Orion fronça les sourcils. Autant, il était prêt à cacher à se montrer sur la réserve devant sa famille le temps qu'il s'habitue à la présence de Stella dans son foyer, autant il n'était pas prêt à la laisser filer entre ses doigts aussi vite alors qu'elle venait à peine d'arriver. Et, bien qu'il mettait un point d'honneur à toujours faire plaisir à sa petite sœur, il ne pouvait empêcher le lien fraternel à prendre le dessus ; il ne céderait pas à son caprice.
« Tut-tut, minus, va prévenir Maman qu'on viendra dans la cuisine une fois qu'on aura installé Stella et visité la maison. Puis, si tu veux, tu pourras nous accompagner pour lui faire visiter les lieux » rétorqua-t-il avec autorité avant de lui ébouriffer les cheveux — un souvenir malheureux refit surface et il se revit sur le quai de la gare à faire pareil à la touffe d'Etoile. Il frissonna légèrement à cette pensée puis se rassura en se disant que le faire à Aurore était bien plus naturel.
Finalement, il se retourna vers Stella, les yeux légèrement désolés en songeant au fait qu'elle venait d'assister à la première d'une longue série des représentations d'émotions qu'Aurore pouvait ressentir — au contraire du garçon, elle ne se restreignait jamais. Pas que cela dérange Orion, mais il ne voulait pas que la jeune fille soit gênée par sa présence. Aurore souffla un peu puis, acceptant son sort, s'enfuit vers la maison comme une tornade s'évaporant vers de nouveaux horizons. Il adressa à Stella un petit sourire légèrement embarassé puis, se rendant compte que sa valise était toujours à ses côtés, il bondit :
« Oups, laisse-moi prendre ça ! » dit-il en se saisissant de sa valise puis, remarquant le bouquet joliment coloré qu'elle tenait entre ses doigts, il la taquina : « Oh, dis, fallait pas ! Comment t'as su que j'aimais... le jaune ? Et le bleu ! Eh bah, c'est que j'en ai, des bons goûts. On lui trouvera un vase à l'intérieur. »
Sentant qu'Aurore avait définitivement quitté les lieux, Orion sentit un poids se décharger de ses épaules. Il était drôle d'imaginer qu'il puisse se sentir mal à l'aise en présence de sa petite sœur ; elle était probablement l'une des seules personnes à le connaître jusqu'à la moelle. Pour autant, il se sentait... pudique. Il aurait aimé que Stella ne voie pas ce côté-là de lui. Il se sentait faible ; Merlin seul savait que sa faiblesse était juste en face de lui. Un peu moins angoissé, il se tourna vers la bâtisse qu'était sa maison et la montra avec humilité.
« Mais du coup... Voilà ma maison. Bon, par rapport à Londres, ça en jette pas autant mais... C'est chez moi. On s'y sent bien » dit-il avec un sourire un peu absent puis, sortant de ses pensées, il reprit : « Bon, viens, on va t'installer. »
Et alors, comme s'il souhaitait se faire pardonner de sa maladresse d'un peu plus tôt et en se mordant légèrement la lèvre, il glissa sa main le long de son dos pour la placer au creux de ses reins et l'inviter à avancer vers sa demeure. Le contact ainsi rétabli, il aurait pu jurer que le temps avait une nouvelle fois arrêté de tourner.
@Stella Ruewen, c'est à mon tour de m'excuser !
Je fais le topo : Orion est en panique, Aurore est heureuse, hâte de voir la suite...
2116 mots — soit...
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige