Une rentrée à préparer
Samedi 20 août 2050
Fleury et Bott, Londres
@Niall O'Barden
Fleury et Bott, Londres
@Niall O'Barden
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Hyacinthe Kyros poussa la porte de Fleury et Bott avec un sentiment de nostalgie presque palpable. L’air chaud et parfumé de parchemin et de cuir ancien le fit respirer un peu plus profondément. Il avait toujours aimé ce genre d'odeurs, même lors de sa scolarité. Chaque visite le replongeait dans une bulle où le monde extérieur n’existait plus, où ses souvenirs se mêlaient aux perspectives qu’il voulait nourrir pour la rentrée prochaine à Poudlard.
Le trentenaire se faufila entre les rayons, ses doigts effleurant délicatement les tranches de livres. Il avait fait ses premiers pas dans cet établissement il y avait presque vingt ans. Il était jeune, à l'époque, et émerveillé par tout ce qui l'entourait. Il est revenu chez Fleury et Bott quelques temps plus tôt afin d'être prêt à accueillir Lernie. À présent, le rouquin devait se préparer pour la rentrée et surtout, être à jour dans ses connaissances. La psychomagie, son domaine de prédilection, évoluait constamment. C'était un fait, sans aucun doute l'un des premiers qu'il avait retenu à l'Institut. Hyacinthe savait qu’il ne pouvait pas se contenter de ce qu’il avait appris à l'IMSM et pendant l'exercice simple de son métier. Les textes récents, les nouvelles approches, les perspectives moldues : tout cela pouvait enrichir son travail futur. Il avait beaucoup lu en Grèce, sur la psychomagie et la psychologie moldue, mais la librairie sorcière de Patras ne serait jamais aussi précieuse et fournie que Fleury et Bott. Les chercheurs anglais avaient, selon le rouquin, toujours une œil plus ouvert et plus intellect sur les sujets qui l'intéressaient.
Il commença par les fournitures, le plus rapide. Les plumes d’oie, soigneusement sélectionnées, afin de contrer une éventuelle perte, furent presque immédiatement mises dans son sac. Le sorcier ajouta quelques encres aux couleurs profondes et un carnet vierge dont la couverture verte pâle lui semblait particulièrement plaisante. Puis il se dirigea vers le rayon des livres, laissant son esprit vagabonder entre souvenirs et anticipations. Il se rappelait ses années à Patras et à quel point cela l'avait changé. Hyacinthe s'était calmé, il avait trouvé la paix intérieure que son jeune lui recherchait avec désespoir. Il avait prit de l'assurance, encore plus que pendant ses études. Et surtout, il avait réussi à prendre soin de lui, à prendre son temps. Il pouvait se perdre dans les ruelles ensoleillées, dans les marchés bondés, et sentir que sa singularité n’était pas un problème. Pas de père dans les parages, pas d'angoisse due à sa famille, pas ce sentiment d'abandon ni cette colère qu’il avait appris à contenir derrière une politesse étudiée... il était adulte. Il était libre.
Mais Londres, Poudlard, la magie… tout cela avait façonné celui que Hyacinthe était devenu. Poufsouffle l’avait accueilli, malgré les incompréhensions qu'il avait longtemps eu. Il avait découvert la joie de l’amitié, les premières inclinations amoureuses, et le plaisir simple de se perdre dans les études et l’art. Rien ne serait pareil, bien sûr, mais le château restait le même. S'il pouvait retourner travailler dans son Chez Soi, rien ne le le ferai changer d'avis.
Ses yeux balayèrent les titres, certains familiers, d’autres totalement inconnus. Un ouvrage récent sur la psychomagie contemporaine, écrit par un jeune chercheur sorcier, attira son attention. Il le fit glisser de la pile, feuilleta quelques pages, notant mentalement l’approche précise de l’auteur sur les blocages émotionnels chez l’enfant et l’adolescent. Ce type d’ouvrage était exactement ce dont il avait besoin pour enrichir sa culture personnelle. Hyacinthe le glissa dans son sac avant de poursuivre, s'arrêtant un instant lorsqu'il aperçut un livre sur la psychologie de l’enfant rédigé par un auteur britannique moldu.
- Tiens, je ne pensais pas voir ça ici, murmura-t-il avec les sourcils haussés.
Hyacinthe avait déjà lu certains textes issus de cet homme. Ses approches, parfois très scientifiques, parfois expérientielles, pouvaient offrir un pont entre ses connaissances psychomagiques et une compréhension plus large du développement humain. Il nota mentalement qu’il devait le lire en profondeur, se promettant de l’acquérir bientôt lorsqu'il repasserait dans la librairie de Blackwood. Il se surprit à sourire en pensant à ce qu'il y trouverait en psychologie, mais aussi au dernier tome de la saga policière qu'il avait commencé qui ne devrait pas tarder à sortir.
Mais le sourire fut rapidement tempéré par une pointe de nostalgie et de doute. La rentrée approchait, et avec elle, la confrontation avec son passé et son présent. Il se rappela les années où il avait été seul, isolé, en colère contre le monde et contre lui-même. Le sentiment de vide, les cicatrices invisibles laissées par les violences subies... il savait qu’il devait faire son possible pour laisser ça derrière lui. Sa façade polie et sociable était certes une armure, mais il restait humain.
Son regard se posa sur un ouvrage plus ancien, presque oublié sur une étagère : un traité de psychomagie qu’il avait déjà lu, mais qu’il regardait avec un nouveau regard. Les années et les expériences lui donnaient une nouvelle profondeur, mais... il avait lu ce texte pendant ses études. Était-il toujours à jour ? Probablement pas. Il reposa alors le livre à sa place et poursuivit sa route.
Malgré cette sélection partielle, une inquiétude persistante s’insinua. Trop de choix, trop de rayons, trop d’ouvrages dont il ignorait la pertinence et la qualité. Son esprit, si souvent organisé et méthodique, se sentait momentanément dépassé. Il savait qu’il avait besoin de repères, c'était certain. Les quelques livres qu’il avait trouvés seul étaient un début, mais Hyacinthe avait conscience qu’ils ne suffiraient pas.
Le rouquin inspira profondément et balaya ses cheveux vers l'arrière de son crâne avec un mouvement inconscient. Je peux commencer à me constituer une base… mais je ne peux pas m’arrêter là. Puis il faut que je trouve des livres vulgarisés pour les jeunes... Pensa-t-il avec une légère irritation.
Il se redressa légèrement, réajusta son sac dans le creux de son coude, puis tenta vainement de parcourir une dernière fois le rayon. D’autres titres attiraient son attention, mais le psychomage sentait que son approche devait être plus réfléchie. Il fallait qu'il demande à quelqu'un, c'était certain. Alors, d’une voix douce mais déterminée, Hyacinthe s’adressa enfin au jeune homme qui travaillait là, les yeux rivés sur les livres qui l'intéressaient :
- Excusez-moi… je cherche à compléter ma bibliothèque pour la reprise. Des ouvrages sur la psychomagie, de préférence assez pointus, commença le sorcier avec politesse. Par ailleurs, auriez-vous des conseils sur des ouvrages adaptés aux adolescents ? Je ne suis pas sûr de connaître toutes les publications récentes.
Il laissa sa question flotter dans l’air, attendant presque nerveusement la réponse, tandis qu’au fond de lui, une part de soulagement se mêlait à l’excitation. A chaque livre de choisi, Hyacinthe avait l'impression de se rapprocher de Poudlard. Il tourna enfin son regard noisette vers son interlocuteur, lui adressant un léger sourire.
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Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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Une rentrée à préparer
La rentrée approchait et tout ce que Niall pouvait se dire, comme il se l’était dit l’année dernière, c’était qu’il pourrait bientôt souffler. Certes, il aimait conseiller, et à n’importe qui, mais les cris des enfants commençaient à résonner dans sa tête, même lorsque le libraire était chez lui. Parfois, il aurait aimé lancer quelques sortilèges pour que le fond sonore s’abaisse et satisfasse son ouïe, mais au lieu de cela, il avait simplement cherché le regard réconfortant et compatissant de Lauren. Bientôt il prendrait quelques jours de congés et partirait lorsque tout le monde aurait repris, et tout rentrerait dans l’ordre.
Une pile de livres flottant devant lui, Niall annotait les dernières informations lorsqu’il remarqua le jeune homme faire défiler son index sur les livres de l’étagère. Un léger sourire se dessina sur son visage, faute à cette même manie que le libraire partageait avec ce sorcier. Il ne savait pas tellement pourquoi il le faisait d’ailleurs ; ce n’était pas comme s’il pouvait retenir chaque nom en les lisant à la vitesse à laquelle il les lisait, mais c’était peut-être davantage pour s’ancrer dans le rayon dans lequel il entrait. Il prenait contact en le faisant et se sentait rattaché aux livres.
Niall suivit d’un œil distrait et discret — comprenez donc là qu’il ne relevait la tête que quelques fois — pour se tenir à jour de l’avancée de la recherche du sorcier. Il sentait que le laisser flâner un temps lui était nécessaire et le libraire ne s’imposa donc pas dans ses pensées et recherches. Il attendit qu’il vienne à lui, et lorsque l’homme s’approcha, Niall avait tout juste terminé sa tâche. Tout juste à temps pour pouvoir sourire poliment — et toujours curieux — et recevoir comme il se doit ce client qui attendait sa réponse.
L’homme parlait de reprise et Niall tiqua sur ce mot. Parlait-il d’une simple reprise du travail ou y avait-il quelque chose de plus marquant pour que l’homme ait jugé bon de le mentionner ? Comme si l’Irlandais allait aussitôt comprendre de quelle reprise il s’agissait. Bien qu’il fit un certain effort pour faire travailler sa logique, il n’était pas encore tout à fait sûr du chemin à prendre. Et il le savait, sa curiosité n’avait rien à faire là. Elle n’aiderait sûrement pas à mieux orienter ce client.
— Bien sûr. Qu’est-ce que vous entendez par pointus ? Sur une approche en particulier ? On a de la TCC, la Systémique, l’EMDR — bien que plus en vogue chez les Moldus, je vous l’accorde — et les derniers travaux du sorcier Eriksson que je qualifierais de pointu sur les liens magiques et les comportements. Il offrit une petite pause à l’homme pour lui laisser le temps de réfléchir et ajouta, tout en se déplaçant vers le rayon en question. Pour les adolescents, j’ai une série de bandes dessinées ou encore des livres d’explications plus ou moins imagés. Si vous m’en dites plus sur l’objectif, je pourrais sûrement mieux vous conseiller ?
À l’image du regard et du sourire que le sorcier lui avait adressés, le libraire en fit de même. Il remarqua au passage, maintenant qu’il s’arrêtait enfin sur le visage de ce client, qu’il avait une mèche blanche dans ses cheveux. Étonnant, mais pas pour autant repoussant, Niall y voyait quelque chose de plutôt doux et se demanda si la couleur était faite par un sorcier ou si cet homme était né avec. Et au final, peu importe la réponse, il trouvait qu’elle lui allait plutôt bien cette mèche blanche.
Une pile de livres flottant devant lui, Niall annotait les dernières informations lorsqu’il remarqua le jeune homme faire défiler son index sur les livres de l’étagère. Un léger sourire se dessina sur son visage, faute à cette même manie que le libraire partageait avec ce sorcier. Il ne savait pas tellement pourquoi il le faisait d’ailleurs ; ce n’était pas comme s’il pouvait retenir chaque nom en les lisant à la vitesse à laquelle il les lisait, mais c’était peut-être davantage pour s’ancrer dans le rayon dans lequel il entrait. Il prenait contact en le faisant et se sentait rattaché aux livres.
Niall suivit d’un œil distrait et discret — comprenez donc là qu’il ne relevait la tête que quelques fois — pour se tenir à jour de l’avancée de la recherche du sorcier. Il sentait que le laisser flâner un temps lui était nécessaire et le libraire ne s’imposa donc pas dans ses pensées et recherches. Il attendit qu’il vienne à lui, et lorsque l’homme s’approcha, Niall avait tout juste terminé sa tâche. Tout juste à temps pour pouvoir sourire poliment — et toujours curieux — et recevoir comme il se doit ce client qui attendait sa réponse.
L’homme parlait de reprise et Niall tiqua sur ce mot. Parlait-il d’une simple reprise du travail ou y avait-il quelque chose de plus marquant pour que l’homme ait jugé bon de le mentionner ? Comme si l’Irlandais allait aussitôt comprendre de quelle reprise il s’agissait. Bien qu’il fit un certain effort pour faire travailler sa logique, il n’était pas encore tout à fait sûr du chemin à prendre. Et il le savait, sa curiosité n’avait rien à faire là. Elle n’aiderait sûrement pas à mieux orienter ce client.
— Bien sûr. Qu’est-ce que vous entendez par pointus ? Sur une approche en particulier ? On a de la TCC, la Systémique, l’EMDR — bien que plus en vogue chez les Moldus, je vous l’accorde — et les derniers travaux du sorcier Eriksson que je qualifierais de pointu sur les liens magiques et les comportements. Il offrit une petite pause à l’homme pour lui laisser le temps de réfléchir et ajouta, tout en se déplaçant vers le rayon en question. Pour les adolescents, j’ai une série de bandes dessinées ou encore des livres d’explications plus ou moins imagés. Si vous m’en dites plus sur l’objectif, je pourrais sûrement mieux vous conseiller ?
À l’image du regard et du sourire que le sorcier lui avait adressés, le libraire en fit de même. Il remarqua au passage, maintenant qu’il s’arrêtait enfin sur le visage de ce client, qu’il avait une mèche blanche dans ses cheveux. Étonnant, mais pas pour autant repoussant, Niall y voyait quelque chose de plutôt doux et se demanda si la couleur était faite par un sorcier ou si cet homme était né avec. Et au final, peu importe la réponse, il trouvait qu’elle lui allait plutôt bien cette mèche blanche.
Une rentrée à préparer
Hyacinthe écouta l’homme dérouler sa réponse, attentif, les sourcils froncés par la concentration. Il devait avouer qu'une partie de lui ne s'attendait pas à ce que le libraire connaisse aussi bien son sujet. Néanmoins, l'autre partie -plus grande, assurément-, en était idéalement satisfaite. La précision des termes que le brun avait employé, l’assurance tranquille avec laquelle il parlait était tout à fait agréable. En vérité, Hyacinthe n'avait pas eu d'interlocuteur anglophone avec qui parler de ce genre de choses depuis un bon bout de temps. Cela fit naître chez lui un respect immédiat, doublé d’une curiosité nouvelle pour son interlocuteur.
Il resserra inconsciemment sa prise sur les deux ouvrages qu’il avait sélectionnés, immédiatement mis à l'aise avec la façon dont l'homme, semblant à peine plus jeune que lui, avait accueilli sa question. Ses yeux noisette glissèrent furtivement sur lui, notant son sourire poli et son regard attentif. Hyacinthe n’avait pas souvent affaire à des vendeurs qui prenaient le temps de comprendre au lieu de simplement indiquer une étagère. Peut-être ne se rendait-t-il pas dans les bons magasins, s'était-il une fois dit. Il pouvait difficilement faire mieux que l'épicerie qui était en bas de sa rue lorsque des achats pressants devaient être fait.
Un sourire discret étira ses lèvres lorsqu'il se décida à répondre.
- Par “pointus”, je veux surtout dire... des documents scientifiques, détaillés. Quelque chose qui me permette de travailler ma pratique. Peut-être des revues, ou, si vous en avez, des travaux ayant été publiés ?
Le trentenaire eut l'impulsion de s'adosser contre l'étagère mais s'abstint, un sentiment de honte se glissant petit à petit à l'intérieur de lui. Il réajusta habilement sa position jusqu'à être confortablement droit, son bras libre posé contre le bas de son dos.
- Les approches cognitives et systémiques m’intéressent, oui. Je... j'ai déjà eu l'occasion de parcourir l'EMDR du côté moldu, mais je ne dirais pas non à un regard plus adapté. Quant à Eriksson… le nom me parle, mais je ne crois pas avoir lu ses textes. Sur quels sujets travaille-t-il ?
Sa voix resta douce mais prit un ton bien plus chaleureux et impliqué. La psychomagie était pour lui plus qu’un champ d’étude. Elle était vite devenue une passion à part entière et un moyen pour le sorcier de grandir. Il y voyait une carte, celle sur laquelle il avait tracé sa route, celle sur laquelle il avait gravé ses repères. Par ailleurs, Hyacinthe cru remarquer une certaine curiosité chez son interlocuteur. Rien d'intrusif, c'était évident. Cette impression fut confirmée lorsque le libraire reprit la parole quelques secondes plus tard. Oh, oui. Le roux n'avait pas été très exhaustif sur ce qu'il faisait pour avoir besoin de telles ressources.
- Je retourne à Poudlard en septembre, finit-il par dire. En tant que psychomage. Je vais avoir besoin de matière solide pour moi, mais aussi de formats adaptés aux plus jeunes. De quoi expliquer, sans alourdir. S’ils peuvent se reconnaître, comprendre que leurs émotions ou leurs comportements ont du sens, c’est que j'aurai choisi de bonnes ressources. Ou que vous m'en auriez conseillé de bonnes, c'est tout aussi valable.
Un rire bref lui échappa, sec mais pas désagréable Ses doigts caressaient machinalement la tranche du livre qu’il tenait, dans un geste presque nerveux. Songeant à ses prochaines semaines dans le Nord de l'Écosse, il ajouta :
- Autant dire que c'est une sacrée angoisse. Retourner à Poudlard, même quinze ans plus tard, c'est quelque chose...
En prononçant ces mots, son esprit le ramena à ses propres souvenirs. Les longues soirées d’études dans le Terrier, l’envie d'apprendre, et en même temps, cette fuite incessante qu'était son adolescence. Hyacinthe savait que ses futurs élèves ne formeraient pas un groupe homogène. Certains auraient soif de comprendre,, d'autres seraient loin d'avoir en tête leurs études, d’autres encore, se braqueraient. Il fallait pouvoir les rejoindre là où ils étaient.
Le psychomage releva légèrement le menton, jaugeant la réception de ses paroles. Son sourire s’adoucit, les traits plus détendus qu’à son entrée dans la boutique.
- Si vous avez des références qui allient rigueur et… humanité, si je puis dire, je suis preneur. J’ai vu qu’il y avait déjà de bonnes choses ici, mais j’ai peur de passer à côté de ce qui me serait le plus utile.
Il resserra inconsciemment sa prise sur les deux ouvrages qu’il avait sélectionnés, immédiatement mis à l'aise avec la façon dont l'homme, semblant à peine plus jeune que lui, avait accueilli sa question. Ses yeux noisette glissèrent furtivement sur lui, notant son sourire poli et son regard attentif. Hyacinthe n’avait pas souvent affaire à des vendeurs qui prenaient le temps de comprendre au lieu de simplement indiquer une étagère. Peut-être ne se rendait-t-il pas dans les bons magasins, s'était-il une fois dit. Il pouvait difficilement faire mieux que l'épicerie qui était en bas de sa rue lorsque des achats pressants devaient être fait.
Un sourire discret étira ses lèvres lorsqu'il se décida à répondre.
- Par “pointus”, je veux surtout dire... des documents scientifiques, détaillés. Quelque chose qui me permette de travailler ma pratique. Peut-être des revues, ou, si vous en avez, des travaux ayant été publiés ?
Le trentenaire eut l'impulsion de s'adosser contre l'étagère mais s'abstint, un sentiment de honte se glissant petit à petit à l'intérieur de lui. Il réajusta habilement sa position jusqu'à être confortablement droit, son bras libre posé contre le bas de son dos.
- Les approches cognitives et systémiques m’intéressent, oui. Je... j'ai déjà eu l'occasion de parcourir l'EMDR du côté moldu, mais je ne dirais pas non à un regard plus adapté. Quant à Eriksson… le nom me parle, mais je ne crois pas avoir lu ses textes. Sur quels sujets travaille-t-il ?
Sa voix resta douce mais prit un ton bien plus chaleureux et impliqué. La psychomagie était pour lui plus qu’un champ d’étude. Elle était vite devenue une passion à part entière et un moyen pour le sorcier de grandir. Il y voyait une carte, celle sur laquelle il avait tracé sa route, celle sur laquelle il avait gravé ses repères. Par ailleurs, Hyacinthe cru remarquer une certaine curiosité chez son interlocuteur. Rien d'intrusif, c'était évident. Cette impression fut confirmée lorsque le libraire reprit la parole quelques secondes plus tard. Oh, oui. Le roux n'avait pas été très exhaustif sur ce qu'il faisait pour avoir besoin de telles ressources.
- Je retourne à Poudlard en septembre, finit-il par dire. En tant que psychomage. Je vais avoir besoin de matière solide pour moi, mais aussi de formats adaptés aux plus jeunes. De quoi expliquer, sans alourdir. S’ils peuvent se reconnaître, comprendre que leurs émotions ou leurs comportements ont du sens, c’est que j'aurai choisi de bonnes ressources. Ou que vous m'en auriez conseillé de bonnes, c'est tout aussi valable.
Un rire bref lui échappa, sec mais pas désagréable Ses doigts caressaient machinalement la tranche du livre qu’il tenait, dans un geste presque nerveux. Songeant à ses prochaines semaines dans le Nord de l'Écosse, il ajouta :
- Autant dire que c'est une sacrée angoisse. Retourner à Poudlard, même quinze ans plus tard, c'est quelque chose...
En prononçant ces mots, son esprit le ramena à ses propres souvenirs. Les longues soirées d’études dans le Terrier, l’envie d'apprendre, et en même temps, cette fuite incessante qu'était son adolescence. Hyacinthe savait que ses futurs élèves ne formeraient pas un groupe homogène. Certains auraient soif de comprendre,, d'autres seraient loin d'avoir en tête leurs études, d’autres encore, se braqueraient. Il fallait pouvoir les rejoindre là où ils étaient.
Le psychomage releva légèrement le menton, jaugeant la réception de ses paroles. Son sourire s’adoucit, les traits plus détendus qu’à son entrée dans la boutique.
- Si vous avez des références qui allient rigueur et… humanité, si je puis dire, je suis preneur. J’ai vu qu’il y avait déjà de bonnes choses ici, mais j’ai peur de passer à côté de ce qui me serait le plus utile.
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Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Une rentrée à préparer
Lorsque les détails relatifs au terme de pointu furent donnés, Niall prit quelques secondes pour réfléchir, les yeux fixés sur l’étagère, attendant presque que la réponse lui vienne. Son réflexe lorsqu’il réfléchissait n’était pas de se mettre à prendre son menton entre son index et son pouce. Non, son réflexe à lui était plus discret, c’était son index droit qui venait tapoter sa main gauche alors que les deux mains étaient l’une dans l’autre. Trois tapotis plus tard et le libraire avait de quoi répondre :
— Hmm.. C’est vrai que nous recevons très peu d’ouvrages scientifiques. Du moins, pas ceux que vous pourriez juger de pointus. Il y a bien quelques magazines, mais si c’est votre domaine, alors je crains de vous vendre quelque chose qui vous pourrait vous ennuyer. Et pour Eriksson… Niall se plaça bien face au rayon en question, s’accroupit pour le chercher et tira sur le livre en posant son index sur le haut de l’ouvrage, avant d’en lire la dernière page de couverture.
— Apparemment, il s’agirait de réflexions sur ce que la pratique de la magie trop intensive peut provoquer sur nos comportements, récita-t-il tout en lisant le petit texte qu’il n’avait clairement jamais lu jusque là. Mes compétences s’arrêtent là. Un petit rire s’échappa du libraire qui n’avait clairement pas la prétention de pouvoir en dire davantage, mais se fit la réflexion que le sujet l’intéressait plus qu’il ne l’aurait imaginé.
Niall tendit alors le livre au sorcier d’une manière qu’il ne sente toutefois pas obligé de le saisir. Si tel était le cas, Niall le garderait dans sa main pour le ranger d’un simple coup de baguette.
En relevant la tête vers le sorcier, à l’écoute de ce qu’il confiait sur lui, Niall ne put s’empêcher de sourire. Ce n’était plus seulement de la politesse, mais bien un intérêt piqué et une excitation partagée. S’il aimait bien une chose en découvrant ce qu’il se cachait sous les visages des clients de Fleury & Bott, c’était leur profession.
— Psychomage ! Et à Poudlard ! Félicitations, s’exclama Niall impressionné. Je comprends l’angoisse, mais je suis sûr que tout se passera bien. J’ai dû y retourner en juin dernier pour présenter quelques livres aux élèves et je vous assure qu’ils ont été très réceptifs. Enfin.. Ceux qui étaient présents, bien entendu.
Il passa évidemment sous silence le fait que Maxine l’attendait à la fin de cet atelier et que sa relation avec elle avait forcément contribué à rendre l’expérience plus facile. Puis, se sentant soudain le devoir de rendre la rentrée de ce sorcier plus facile, Niall se mit à réfléchir à nouveau à ce qu’il pouvait proposer. Peut-être que le rayon jeunesse saurait mieux répondre à cette demande.
— Rigueur et humanité, vous disiez ?
Niall sourit au Psychomage tout en se dirigeant vers le rayon du fond, l’invitant à le suivre. Maintenant qu’il avait davantage d’éléments caractérisant la recherche et l’homme qui se trouvait en face de lui, le libraire sentait que ce qu’il trouverait et proposerait pourrait mieux correspondre. Et puis, il le fallait, il en allait de la réputation de Poudlard, de ce Psychomage et puis, in fine, de la librairie.
— Je ne suis pas sûr que ces ouvrages parlent à tout le monde, mais ils ne devraient pas les faire fuir non plus. Voilà le premier qui est pas mal imagé, mais… Ah ! Je pense que l’autre a été vendu il y a peu. Peut-être un de vos futurs élèves !, plaisanta-t-il. Il était plus humoristique mais très basé sur les ressentis, donc assez humain. Je peux vous le commander si vous le souhaitez ?
Les délais de commande et livraisons à cette période de l’année étaient extrêmement rapides. Ainsi, Niall ne se faisait aucun souci sur la promesse qu’il s’apprêtait à faire si ce client acceptait la commande. S’il envoyait un hibou dans l’heure, le livre pourrait même être là dès demain, il en était certain.
— Hmm.. C’est vrai que nous recevons très peu d’ouvrages scientifiques. Du moins, pas ceux que vous pourriez juger de pointus. Il y a bien quelques magazines, mais si c’est votre domaine, alors je crains de vous vendre quelque chose qui vous pourrait vous ennuyer. Et pour Eriksson… Niall se plaça bien face au rayon en question, s’accroupit pour le chercher et tira sur le livre en posant son index sur le haut de l’ouvrage, avant d’en lire la dernière page de couverture.
— Apparemment, il s’agirait de réflexions sur ce que la pratique de la magie trop intensive peut provoquer sur nos comportements, récita-t-il tout en lisant le petit texte qu’il n’avait clairement jamais lu jusque là. Mes compétences s’arrêtent là. Un petit rire s’échappa du libraire qui n’avait clairement pas la prétention de pouvoir en dire davantage, mais se fit la réflexion que le sujet l’intéressait plus qu’il ne l’aurait imaginé.
Niall tendit alors le livre au sorcier d’une manière qu’il ne sente toutefois pas obligé de le saisir. Si tel était le cas, Niall le garderait dans sa main pour le ranger d’un simple coup de baguette.
En relevant la tête vers le sorcier, à l’écoute de ce qu’il confiait sur lui, Niall ne put s’empêcher de sourire. Ce n’était plus seulement de la politesse, mais bien un intérêt piqué et une excitation partagée. S’il aimait bien une chose en découvrant ce qu’il se cachait sous les visages des clients de Fleury & Bott, c’était leur profession.
— Psychomage ! Et à Poudlard ! Félicitations, s’exclama Niall impressionné. Je comprends l’angoisse, mais je suis sûr que tout se passera bien. J’ai dû y retourner en juin dernier pour présenter quelques livres aux élèves et je vous assure qu’ils ont été très réceptifs. Enfin.. Ceux qui étaient présents, bien entendu.
Il passa évidemment sous silence le fait que Maxine l’attendait à la fin de cet atelier et que sa relation avec elle avait forcément contribué à rendre l’expérience plus facile. Puis, se sentant soudain le devoir de rendre la rentrée de ce sorcier plus facile, Niall se mit à réfléchir à nouveau à ce qu’il pouvait proposer. Peut-être que le rayon jeunesse saurait mieux répondre à cette demande.
— Rigueur et humanité, vous disiez ?
Niall sourit au Psychomage tout en se dirigeant vers le rayon du fond, l’invitant à le suivre. Maintenant qu’il avait davantage d’éléments caractérisant la recherche et l’homme qui se trouvait en face de lui, le libraire sentait que ce qu’il trouverait et proposerait pourrait mieux correspondre. Et puis, il le fallait, il en allait de la réputation de Poudlard, de ce Psychomage et puis, in fine, de la librairie.
— Je ne suis pas sûr que ces ouvrages parlent à tout le monde, mais ils ne devraient pas les faire fuir non plus. Voilà le premier qui est pas mal imagé, mais… Ah ! Je pense que l’autre a été vendu il y a peu. Peut-être un de vos futurs élèves !, plaisanta-t-il. Il était plus humoristique mais très basé sur les ressentis, donc assez humain. Je peux vous le commander si vous le souhaitez ?
Les délais de commande et livraisons à cette période de l’année étaient extrêmement rapides. Ainsi, Niall ne se faisait aucun souci sur la promesse qu’il s’apprêtait à faire si ce client acceptait la commande. S’il envoyait un hibou dans l’heure, le livre pourrait même être là dès demain, il en était certain.
Une rentrée à préparer
Hyacinthe observa en silence les gestes du libraire. L’attention que Niall mettait à chercher dans les rayons, jusqu’au détail de son doigt glissant sur le haut des couvertures, éveilla chez lui un mélange de reconnaissance et d’amusement. C’était une minutie qu’il comprenait trop bien, lui qui passait parfois des heures à feuilleter des ouvrages sans forcément savoir ce qu’il cherchait au départ. Cette habitude avait prit place à Poudlard mais s'était amplement développée pendant ses études supérieures. Le fait qu'il étudie un sujet de passion avec tant de cœur était certainement un point crucial à sa passion pour les livres. Quand l’Irlandais lut la quatrième de couverture du livre d’Eriksson, Hyacinthe inclina légèrement la tête, intrigué.
Il prit le volume que le libraire lui tendait, happé par la thématique. Il feuilleta brièvement quelques pages du livre et s'arrêta quelques instants sur le sommaire, décidant que c'était un ouvrage digne de ce nom dont la structure était parfaitement cohérente.
- La pratique magique et ses répercussions sur le comportement... Les excès, les déséquilibres, les compensations... intéressant, marmonna-t-il pour lui-même au fil de sa lecture. Puis, il releva les yeux en direction du libraire. Je suis curieux de voir comment il les aborde, merci.
La légère rougeur qui apparu sur ses joues n'avait pas été préparée, alors que le brun réagissait à son titre. Le ton enthousiaste, presque admiratif, qu'il avait adopté l’avait sincèrement touché. Peu de gens comprenaient d’emblée ce que représentait ce métier, ni le travail discret qu’il exigeait. Lorsque l'homme ajouta qu'il s'était rendu au château il y a peu, son intérêt fut piqué. Dans quel contexte était-il parti ? Était-ce en partenariat avec un professeur ? Le trentenaire décida de passer outre, ne voulant pas paraître intrusif face au commentaire rassurant.
- Merci, dit-il simplement. Pour vos félicitations et votre enthousiasme. Ça me rappelle pourquoi je me lance dans tout ça.
Il emboîta le pas à Niall vers le rayon jeunesse, l’écoutant présenter certains ouvrages avec un intérêt précieux. Hyacinthe remarqua alors sur la bordure du haut du libraire un petit pins attaché, dont l'écriture était si petite qu'il du se pencher pour la déchiffrer. Niall O'Barden. C'était un nom de famille que Hyacinthe avait déjà entendu, il lui semblait assez courant, au Royaume Uni. Satisfait d'avoir un nom à associer à ce visage, le roux reporta son attention sur les livres dont le format ludique était intéressant pour les élèves.
- Peut-être, oui, répondit-il avec un léger rire. Je veux bien que vous le commandiez, oui. S’il peut aider à faire passer des notions sans les assommer, c’est exactement ce qu’il me faut. Est-il possible de passer la commande pour Poudlard plutôt qu'à mon adresse personnelle ?
Il garda le silence quelques secondes, songeur, caressant distraitement la tranche du livre d’Eriksson qu’il tenait encore. Ses pensées dérivèrent vers ses futurs rendez-vous avec les adolescents de Poudlard. Il savait que la clé résidait parfois moins dans la théorie que dans le lien qu’il parviendrait à créer avec eux.
Il prit le volume que le libraire lui tendait, happé par la thématique. Il feuilleta brièvement quelques pages du livre et s'arrêta quelques instants sur le sommaire, décidant que c'était un ouvrage digne de ce nom dont la structure était parfaitement cohérente.
- La pratique magique et ses répercussions sur le comportement... Les excès, les déséquilibres, les compensations... intéressant, marmonna-t-il pour lui-même au fil de sa lecture. Puis, il releva les yeux en direction du libraire. Je suis curieux de voir comment il les aborde, merci.
La légère rougeur qui apparu sur ses joues n'avait pas été préparée, alors que le brun réagissait à son titre. Le ton enthousiaste, presque admiratif, qu'il avait adopté l’avait sincèrement touché. Peu de gens comprenaient d’emblée ce que représentait ce métier, ni le travail discret qu’il exigeait. Lorsque l'homme ajouta qu'il s'était rendu au château il y a peu, son intérêt fut piqué. Dans quel contexte était-il parti ? Était-ce en partenariat avec un professeur ? Le trentenaire décida de passer outre, ne voulant pas paraître intrusif face au commentaire rassurant.
- Merci, dit-il simplement. Pour vos félicitations et votre enthousiasme. Ça me rappelle pourquoi je me lance dans tout ça.
Il emboîta le pas à Niall vers le rayon jeunesse, l’écoutant présenter certains ouvrages avec un intérêt précieux. Hyacinthe remarqua alors sur la bordure du haut du libraire un petit pins attaché, dont l'écriture était si petite qu'il du se pencher pour la déchiffrer. Niall O'Barden. C'était un nom de famille que Hyacinthe avait déjà entendu, il lui semblait assez courant, au Royaume Uni. Satisfait d'avoir un nom à associer à ce visage, le roux reporta son attention sur les livres dont le format ludique était intéressant pour les élèves.
- Peut-être, oui, répondit-il avec un léger rire. Je veux bien que vous le commandiez, oui. S’il peut aider à faire passer des notions sans les assommer, c’est exactement ce qu’il me faut. Est-il possible de passer la commande pour Poudlard plutôt qu'à mon adresse personnelle ?
Il garda le silence quelques secondes, songeur, caressant distraitement la tranche du livre d’Eriksson qu’il tenait encore. Ses pensées dérivèrent vers ses futurs rendez-vous avec les adolescents de Poudlard. Il savait que la clé résidait parfois moins dans la théorie que dans le lien qu’il parviendrait à créer avec eux.
500
@Niall O'Barden
@Niall O'Barden
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Une rentrée à préparer
Niall les repérait toujours, ces regards penchés — et qui se voulaient généralement discrets — pour déchiffrer le nom qu'il portait sur son étiquette. Comme à chaque fois, Niall les laissait faire, se demandant alors seulement si la personne qu'il avait en face de lui s'apprêtait à utiliser l'information qu'il venait d'obtenir (pouvait-on la qualifier de loyale ?) ou si celle-ci était vouée à rester dans un coin de son esprit. Aujourd'hui, et face au Psychomage, l'information n'avait pas fuitée, ou pas encore.
— Bien sûr, j'en fais d'ailleurs livrer tout au long de l'année, que le client y soit ou non. Votre livre aura sûrement été déposé sur votre bureau par les elfes du château.
Niall s'était alors dirigé doucement vers la caisse, tout en jetant quelques rapides coups d'œil vers les autres clients autour de lui, puis était revenu vers le Psychomage. Faisant le tour du comptoir, le libraire attrapa sa plume et commença à griffonner sur un petit morceau de parchemin le livre qu'il devait commander et ne pas oublier. D'un coup de baguette habile et automatique, il fit envoyer la note à l'étage, en direction des bureaux.
— Dites, je me demandais, commença-t-il en relevant la tête vers son client alors qu'une pensée curieuse venait de lui traverser l'esprit. Êtes-vous tenu d'informer des livres que vous utilisez ou utiliseriez avec vos élèves ? Au Conseil par exemple ? Je veux dire, avez-vous une totale liberté dans votre manière d'amener et présenter les choses ?
Peut-être que les élans politiques de son meilleur ami venaient de survenir dans la bouche de l'Irlandais lorsqu'il avait senti l'occasion se présenter. Et c'était d'ailleurs pour cela que Niall n'avait pas évoqué la totalité de sa pensée, par précaution ; mais sans savoir pourquoi, il sentait que l'homme ne s'en offusquerait pas. Peut-être qu'il trouverait la question curieuse, peut-être qu'il s'interrogerait sur le fait que le libraire avait choisi cette question plutôt que celle de ses coordonnées pour faire avancer la commande, mais à nouveau, Niall avait préféré laisser échapper ce questionnement plutôt qu'un autre, sans trop se l'expliquer.
— Bien sûr, j'en fais d'ailleurs livrer tout au long de l'année, que le client y soit ou non. Votre livre aura sûrement été déposé sur votre bureau par les elfes du château.
Niall s'était alors dirigé doucement vers la caisse, tout en jetant quelques rapides coups d'œil vers les autres clients autour de lui, puis était revenu vers le Psychomage. Faisant le tour du comptoir, le libraire attrapa sa plume et commença à griffonner sur un petit morceau de parchemin le livre qu'il devait commander et ne pas oublier. D'un coup de baguette habile et automatique, il fit envoyer la note à l'étage, en direction des bureaux.
— Dites, je me demandais, commença-t-il en relevant la tête vers son client alors qu'une pensée curieuse venait de lui traverser l'esprit. Êtes-vous tenu d'informer des livres que vous utilisez ou utiliseriez avec vos élèves ? Au Conseil par exemple ? Je veux dire, avez-vous une totale liberté dans votre manière d'amener et présenter les choses ?
Peut-être que les élans politiques de son meilleur ami venaient de survenir dans la bouche de l'Irlandais lorsqu'il avait senti l'occasion se présenter. Et c'était d'ailleurs pour cela que Niall n'avait pas évoqué la totalité de sa pensée, par précaution ; mais sans savoir pourquoi, il sentait que l'homme ne s'en offusquerait pas. Peut-être qu'il trouverait la question curieuse, peut-être qu'il s'interrogerait sur le fait que le libraire avait choisi cette question plutôt que celle de ses coordonnées pour faire avancer la commande, mais à nouveau, Niall avait préféré laisser échapper ce questionnement plutôt qu'un autre, sans trop se l'expliquer.
Une rentrée à préparer
Hyacinthe observa la plume du libraire tracer ses arabesques rapides sur le parchemin avec une précision presque apaisante. Il aimait ce genre de gestes qui trahissaient une habitude patiemment acquise, une confiance dans l’outil comme dans la tâche. Un professionnel ou un passionné, sans aucun doute. Pendant quelques secondes, il se laissa bercer par le bruit du papier, avant de relever distraitement les yeux vers l’homme. Il observa, avec toute la distance respectueuse et l'objectivité qui lui était due, son visage avec une certaine appréciation. Puis, lorsque le sorcier parla de la livraison à Poudlard, un léger sourire étira les lèvres du psychomage.
- Je n’en attendais pas moins des elfes du château, répondit-il avec amusement. Toujours plus efficaces que n’importe quel service postal.
Il aurait presque ajouté et plus discrets et compétents, en pensant au postier qui avait un jour jeté un colis fragile dans son jardin. À celle qui avait fait tenir un carton bien trop gros dans sa boîte à lettres, aussi. Mais il se retint, parce que ces plaintes n'étaient pas très convenables.
L’air léger se mua cependant en quelque chose de plus attentif, presque tendu, lorsque le libraire posa sa question suivante. Hyacinthe marqua un temps d’arrêt, l'expression ouverte, tandis qu'il réfléchissait avec attention. Il leva lentement les yeux vers O'Barden, un éclat indéfinissable traversant son regard grisâtre. L’homme en face de lui ne semblait pas animé d’une malveillance quelconque, cela semblait aussi ne pas être une pique, ni un intérêt malsain. Et pourtant, le sujet, lui, éveillait chez Hyacinthe une tension immédiate, une crispation ancrée plus profondément qu’il ne l’aurait souhaité.
- Le Conseil ? Répéta-t-il d’un ton calme.
Une infime pause. Puis, il inspira doucement, cherchant à lisser le pli nerveux qui s’était formé sur son front.
- Disons que... non. Je ne suis pas tenu d’informer qui que ce soit de ce que j’utilise dans mes entretiens ou mes séances de soutien, tant que cela reste conforme à la ligne éducative du château. Poudlard n'est pas sujet aux... préjugés du Conseil, si j'ose dire. C’est bien pour cela que j’y suis retourné.
Ses mots tombèrent avec une certaine gravité qu’il ne tenta pas d’atténuer. Pourtant, le ton semblait si conversationnel que malgré les nombreux sous-entendus de ses paroles, le roux se sentait loin d'être offensant. Peu importait ses idéaux politiques, dans cette situation. Il avait beau ressentir une incompréhension et une méfiance sans précédent quant aux prises de position directes du Conseil, celui-ci ne mettait pas ses mains partout. Pas encore, du moins, et le trentenaire était bien content que cela reste ainsi.
- Enfin, reprit-il avec un rire sec. Je ne vous cache pas que je n'apprécie pas leur penchants... sélectifs, dirons nous. J’ai beaucoup voyagé avant de revenir ici, et l'idée de me réadapter à un tel régime m'est la plus compliquée. Je ne veux pas travailler dans un endroit où l'on me dicte quelles ressources je dois utiliser pour faire mon travail.
Il se tut un instant, baissant les yeux sur le livre qu’il tenait. Son pouce effleura la couverture d’un geste lent, presque méditatif. Puis, son regard se redressa vers Niall, et ses traits, jusque-là tendus, s’adoucirent. Il reprit un ton plus calme, presque reconnaissant.
- Disons que je n’ai pas vraiment de sympathie pour ceux qui prétendent protéger le monde magique en en excluant une partie. Enfin... je m’emballe un peu, pardonnez-moi. Ce sont des sujets que j’ai du mal à aborder avec neutralité.
Le silence s’installa brièvement, ponctué par le léger bourdonnement de la boutique. Puis, dans un effort visible pour ramener l’échange à quelque chose de plus léger, Hyacinthe replaça le livre sous son bras et esquissa un sourire poli.
- Je n’en attendais pas moins des elfes du château, répondit-il avec amusement. Toujours plus efficaces que n’importe quel service postal.
Il aurait presque ajouté et plus discrets et compétents, en pensant au postier qui avait un jour jeté un colis fragile dans son jardin. À celle qui avait fait tenir un carton bien trop gros dans sa boîte à lettres, aussi. Mais il se retint, parce que ces plaintes n'étaient pas très convenables.
L’air léger se mua cependant en quelque chose de plus attentif, presque tendu, lorsque le libraire posa sa question suivante. Hyacinthe marqua un temps d’arrêt, l'expression ouverte, tandis qu'il réfléchissait avec attention. Il leva lentement les yeux vers O'Barden, un éclat indéfinissable traversant son regard grisâtre. L’homme en face de lui ne semblait pas animé d’une malveillance quelconque, cela semblait aussi ne pas être une pique, ni un intérêt malsain. Et pourtant, le sujet, lui, éveillait chez Hyacinthe une tension immédiate, une crispation ancrée plus profondément qu’il ne l’aurait souhaité.
- Le Conseil ? Répéta-t-il d’un ton calme.
Une infime pause. Puis, il inspira doucement, cherchant à lisser le pli nerveux qui s’était formé sur son front.
- Disons que... non. Je ne suis pas tenu d’informer qui que ce soit de ce que j’utilise dans mes entretiens ou mes séances de soutien, tant que cela reste conforme à la ligne éducative du château. Poudlard n'est pas sujet aux... préjugés du Conseil, si j'ose dire. C’est bien pour cela que j’y suis retourné.
Ses mots tombèrent avec une certaine gravité qu’il ne tenta pas d’atténuer. Pourtant, le ton semblait si conversationnel que malgré les nombreux sous-entendus de ses paroles, le roux se sentait loin d'être offensant. Peu importait ses idéaux politiques, dans cette situation. Il avait beau ressentir une incompréhension et une méfiance sans précédent quant aux prises de position directes du Conseil, celui-ci ne mettait pas ses mains partout. Pas encore, du moins, et le trentenaire était bien content que cela reste ainsi.
- Enfin, reprit-il avec un rire sec. Je ne vous cache pas que je n'apprécie pas leur penchants... sélectifs, dirons nous. J’ai beaucoup voyagé avant de revenir ici, et l'idée de me réadapter à un tel régime m'est la plus compliquée. Je ne veux pas travailler dans un endroit où l'on me dicte quelles ressources je dois utiliser pour faire mon travail.
Il se tut un instant, baissant les yeux sur le livre qu’il tenait. Son pouce effleura la couverture d’un geste lent, presque méditatif. Puis, son regard se redressa vers Niall, et ses traits, jusque-là tendus, s’adoucirent. Il reprit un ton plus calme, presque reconnaissant.
- Disons que je n’ai pas vraiment de sympathie pour ceux qui prétendent protéger le monde magique en en excluant une partie. Enfin... je m’emballe un peu, pardonnez-moi. Ce sont des sujets que j’ai du mal à aborder avec neutralité.
Le silence s’installa brièvement, ponctué par le léger bourdonnement de la boutique. Puis, dans un effort visible pour ramener l’échange à quelque chose de plus léger, Hyacinthe replaça le livre sous son bras et esquissa un sourire poli.
616 - @Niall O'Barden
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c