Fête et défaite

— image honteusement récupérée dans le sujet de Présentation
Lundi 15 août 2050
LA TAVERNE DU MAGYAR
LA TAVERNE DU MAGYAR
« ...la rattraper ! Sa dragonne est vraiment énorme et pourtant il a réussi à rattraper celui de l'autre, là, la Portugaise, et même à le dépasser ! s'écrit Christopher, sa voix partant dans les aiguës, en donnant un grand coup sur le comptoir. Il l'a dépassée, a posé son truc, là, son artefact, tout en haut du... Du.. De la falaise de... Comment z'appellent ça, déjà ? Du gneiss ? Voilà, bah tout en haut, il l'a dé-pa-ssée ! »
Dépité, Christopher pousse un long soupir las et boit une rasade de la boisson alcoolisée qui débordait presque de l'immense chope que ses deux mains peinent à serrer. En ce dernier jour de la Coupe d'Europe de Dragonnerie, la taverne s'est bien désemplie. Ne restent désormais que les derniers clients qui veulent profiter du cadre avant de quitter à leur tour les terres arides et glaciales de Svalbard. Ou ceux qui, comme Christopher, veulent noyer leur dépit.
« À ça ! beugle-t-il d'un air mécontent, tout à fait à l'aise dans son faux rôle de poivrot qui ne trouve rien de mieux à faire que de s'aviner pour supporter sa défaite — en réalité, il n'est pas si alcoolisé que cela, mais il a toujours eu à cœur d'avoir l'air un peu dramatique quand il a besoin depasser ses nerfs. On était à ça de gagner ! »
Il fait évidemment référence à Eerik Van der Vandsen qu'il compte généreusement dans ce on qui ne comporte qu'une seule et autre personne : lui-même. Christopher a su à l'instant même où la finale s'est terminée hier qu'il avait perdu son pari. Mais aujourd'hui, jour de départ, c'est plus difficile à accepter, notamment en apercevant tous les sourires joyeux et ravit de ceux qui repartent avec des Gallions en poche — alors que lui en a perdu deux, deux ! Deux Gallions en moins dans sa bourse ! Se remettra-t-il de ne plus sentir leur poids dans sa poche ? Ils lui manquent déjà et déjà il songe à se rapprocher de ses vendeurs favoris pour donner un petit coup de boost à son recel pour se remettre de cette perte. Vendre une petite œuvre d'art, quelques bijoux, pourquoi pas ce magnifique coffre ouvragé dont il a refusé de s'occuper le mois dernier car il risquait de prendre trop de place dans la cave du Pitiponk ? Au diable la place ! Il le cachera sous les caisses de biéraubeurres et il le revendra trois fois son prix initial, non, quatre fois !
« Deux Gallions, affirme-t-il à qui veut l'entendre, j'avais tout donné pour ce petit Finlandais ! »
Perdre n'est pas quelque chose qui fait peur à Christopher, bien qu'il déteste ça. Il ne regrettera jamais d'avoir parié ou joué à un quelconque jeu parce qu'il a perdu, par contre une défaite le motivera à continuer, ne serait-ce que pour se venger avec une victoire. C'est un cercle vicieux. Une victoire lui donne envie de parier parce qu'elle lui électrise les sens quand il reçoit en récompense de l'argent ; une défaite lui donne envie de parier parce qu'elle le met hors de lui et électrise ses sens à l'idée de gagner la prochaine fois. Alors il continue. Il parie. Il gagne. Il perd. Il noie son dépit ci-et-là, dans une taverne, dans un lit, dans une soirée agitée, mais au final il ne se cache pas cette vérité simple : cela le rend vivant et heureux.
Aujourd'hui, Christopher a perdu deux Gallions, et même plus si l'on pense à tout ce qu'il aurait pu gagner, mais même s'il éructe dans cette taverne du bout du monde, qu'il parait dramatique, qu'il parle avec de grands gestes et qu'il commente chaque mouvement du Finlandais Eerik Van der Vandsen et de sa dragonne durant cette compétition pour prouver qu'ils auraient dû gagner, on lui voit des sourires sur le visage, on entend ses éclats quand il rit à gorge déployée et l'on remarque à ses yeux brillants qu'il ne regrette absolument rien.
Libre pour n'importe qui souhaitant passer une dernière fois la tête dans la tente de la Taverne du Magyar avant le départ. Christopher fête la perte de son pari. Dans tous les cas pour moi ce sera soit un OS soit un très court RP, je verrai en fonction. Vous n'êtes pas forcé de répondre à Christopher si vous écrivez après moi, ni même de le remarquer, ça peut seulement être l'occasion d'écrire une dernière fois votre personnage à Svalbard, dans un OS ou non, selon votre désir !
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER