Une mélodie fleurit des cordes
Dimanche 4 Septembre 2050,
Début d'après-midi.
Serre du Garde-Chasse.
Avec @Cillian O'Dea
Avec l'habitude, Aristide n'avait même plus besoin de regarder où il mettait les pieds. Il savait parfaitement où se trouvaient les racines à éviter où la manière dont positionner ses pieds pour ne pas glisser les jours de pluie. Le petit chemin qui descendait jusqu'au royaume du Garde-Chasse n'avait plus aucun secret pour lui. Il avait déjà failli glisser par le passé et l'expérience lui avait fait assez peur pour qu'il cartographie toute la zone au fond de son esprit en espérant que cela ne se reproduise pas. Heureusement, il ne s'était jamais étalé dans la gadoue même en plein hiver, ce dont il était particulièrement reconnaissant. Depuis Novembre dernier, il venait par ici tous les week-end, parfois même sur les deux jours simplement pour passer du temps dans la Serre. Parfois, il discutait avec le maître des lieux mais, souvent, il s'installait simplement dans un coin pour lire ou pour échanger quelques phrases avec les plantes. Elles ne lui répondaient jamais mais quelque part, Aristide se sentait écouté et compris.
L'endroit était pratiquement tout le temps désert, la faute à être si éloigné du château et il s'agissait d'une des raisons à ses allers-retours. La Serre était toujours calme. Il pouvait s'y installer, toujours dans le même fauteuil, et passer des heures à en apprécier le silence. Parfois même, quand il allait se coucher le soir et qu'il se sentait angoissé, il repensait à ces après-midi ici. Les bruits du bassin à Lotus, ceux parfois lointain de l'adulte qui s'occupait des lieux et les rayons du soleil à travers le verre. O'Dea était toujours discret, ou en tout cas bien plus que ne l'était le Professeur Charleston ce qui rendait le fait de graviter autour de lui alors qu'il travaillait bien plus facile. Aristide appréciait d'ailleurs beaucoup l'adulte et cette aura de calme qu'il dégageait. Il n'avait pas l'impression d'avoir forcément besoin de parler, et parfois il lui arrivait même de ne pas dire un mot. L'autre ne forçait jamais le dialogue et, quelque part, Aristide lui en était reconnaissant. Lui-même aurait été bien incapable de comprendre quand parler ou se taire, alors il admirait aussi un peu les gens qui, comme Cillian, arrivaient à s'adapter aux gens sans avoir à poser tant de questions.
Cependant, il n'avait pas envie de rester silencieux aujourd'hui. Ou alors, pas entièrement. Le luth fermement tenu et caché dans son dos en disait long. Il avait traversé le château avec, profitant du fait que la majorité de ses camarades soient encore en train de manger ou déjà à courir partout pour ne pas se faire bloquer dans une foule de petits sorciers dans les couloirs jusqu'à arriver ici. Une fois la colline descendue, il fit le tour de la cabane en passant du côté de la salle de bain. S'arrêtant quelques minutes pour observer le chat - Fougère, un merveilleux prénom à son humble avis - il prit soin de ne pas poser son Luth dans l'herbe. L'objet était bien plus précieux que la majorité de ses possessions et l'idée de le salir le débectait bien plus que celle d'avoir les mains pleines de poussière. Et, pour Aristide, cela voulait dire beaucoup.
L'instrument délicatement ouvragé valait une belle petite fortune et n'était trouvable nulle par ailleurs que caché au fond de sa malle. Le bois clair, délicatement réhaussé par des arabesques couvertes de fleurs et de feuilles peinte par sa mère pesait lourd dans sa main, non seulement parce qu'il s'agissait là d'un bel instrument mais également parce qu'il était rempli de souvenir. Chaque minute à en jouer se ressentait, tout du moins dans sa main à lui. Il savait parfaitement comment jouer de ses cordes pour que le son produit soit pile celui qu'il voulait et même s'il savait être doué avec, jamais personne d'autre que sa famille n'avait entendu les mélodies qu'il tirait de l'objet. Aujourd'hui serait une première, parce que les plantes ne comptaient pas.
Bien évidemment, Aristide jouait presque tous les jours pour les siennes - en fait, à chaque fois qu'il pouvait retrouver le dortoir des garçons vide plus de quelques minutes - mais on ne pouvait pas qualifier les pots de véritable public. Les végétaux ne jugeaient jamais et c'était pour ça que Aristide les aimait tant mais cela signifiait aussi qu'il ne s'entrainait pas du tout à vaincre sa timidité. Cela dit, ça ne le dérangeait pas vraiment. Lui aimait bien rester dans son coin, même s'il pouvait s'y sentir seul parfois. A ses yeux, c'était toujours mieux que de risquer un moment de honte ou, pire, un rejet.
Il reprit sa route, l'instrument toujours caché dans son dos, le pas presque trainant. Plus il s'approchait de la serre et plus le stress commençait à lui ronger l'estomac. C'était la première fois que se précipiter chez le Garde-Chasse ne le libérait pas d'un poids et lui en ajoutait un à la place. Cependant, il ne pouvait pas fuir maintenant. Depuis que Freya lui avait dit que jouer de la musique aux plantes avait un réel intérêt, il n'avait pensé qu'à jouer pour celles de la Serre. Il y passait tant de temps et elles l'écoutaient à chaque fois qu'il venait leur chuchoter ses secrets alors elles méritaient bien un petit morceau, elles aussi. Et puis, O'Dea était beaucoup moins intimidant que tous les habitants du château. Jouer à proximité de lui alors qu'il pouvait tout entendre ne semblait pas si mal. Presque normal, en fait, si l'on arrivait à retourner les dizaines de couches d'anxiétés qui se plaquaient sur chacune de ses envies.
Il prit une grande inspiration et entreprit les derniers pas qui le séparaient de la porte du paradis. Celle-ci était fermée, et aucun petit mot n'indiquait l'ouverture de la serre, signe que le roux n'était pas encore arrivé pour y travailler. Pas grave, Aristide avait l'habitude de l'attendre. Il n'était pas rare que l'adulte soit encore dans la forêt interdite, ou reclus dans sa cabane quand le Serdaigle arrivait. C'était le jeu, avec un endroit qui n'avait pas d'horaires précis. Le nouveau quatrième année avait prit l'habitude de patienter sur le côté quelques minutes - parfois jusqu'à une heure, perdu dans ses pensées - avant de tenter de partir à la recherche du Garde-Chasse, histoire de l'apercevoir dans le potager s'il y était. Et, s'il n'y était pas, il pouvait s'installer pour attendre plus longtemps ou retourner au château et revenir le lendemain. Aujourd'hui, l'option de revenir plus tard n'était absolument pas envisageable puisque cela signifierait attendre une semaine supplémentaire, alors il attendrait.
Il n'était pas vraiment certain d'avoir le courage de revenir avec son instrument s'il partait maintenant, honnêtement. Heureusement, les cheveux flamboyants du plus vieux firent assez rapidement leur apparition et Aristide attendit que celui se soit suffisamment rapproché pour combler la distance de quelques pas rapides. Il se planta devant l'autre, aussi raide qu'un plant de bambou et essaya de regarder l'autre dans les yeux, conscient qu'il s'agissait de la politesse élémentaire.
Finalement, son regard se posa à peu près partout sur son visage à part ses yeux, et il commença d'une voix bégayante : B-Bonjour Monsieur O'Dea. Planté devant lui comme cela, il empêchait l'autre homme de rejoindre la serre mais c'était pour une bonne cause. Si l'autre commençait à parler en premier, ou s'il ouvrait le petit paradis avant qu'Aristide n'ait pu exposer sa demande, il n'y arriverait jamais. Ca lui arrivait souvent, de se dire que finalement il valait mieux ne pas parler et suivre le mouvement mais aujourd'hui ça ne pouvait pas se passer comme ça. J-je... euh... V-vous avez passé de bonnes vacances ? Il n'en avait probablement pas vraiment, puisqu'il devait s'occuper du parc mais Aristide ne se souvenait plus du petit discours qu'il avait préparé. Je voulais savoir... Euhm... Si ça vous dérangeait que je... Il détourna les yeux, le visage soudainement rouge et dû se faire violence pour découvrir le Luth caché dans son dos au lieu de s'enfuir au courant. Il le tendit légèrement vers l'autre, une main tenant le manche et l'autre soutenant le corps de l'instrument. Le reste de sa demande fut le plus difficile à sortir et passa la barrière de ses lèvres en ressemblant plus à un croassement qu'à un son véritablement humain. Est-ce que je peux jouer pour les plantes ? Il prit une longue inspiration sifflante, avant d'ajouter d'une vitesse presque surhumaine : Parce qu'on m'a dit que ça aidait les plantes et... habituellement je joue pour les miennes mais je... j'aime vraiment les lotus et je me disais... S'il vous plait ? Incapable de poser à nouveau son regard sur l'autre, il le figea sur ses chaussures et courba légèrement les épaules.
Début d'après-midi.
Serre du Garde-Chasse.
Avec @Cillian O'Dea
Avec l'habitude, Aristide n'avait même plus besoin de regarder où il mettait les pieds. Il savait parfaitement où se trouvaient les racines à éviter où la manière dont positionner ses pieds pour ne pas glisser les jours de pluie. Le petit chemin qui descendait jusqu'au royaume du Garde-Chasse n'avait plus aucun secret pour lui. Il avait déjà failli glisser par le passé et l'expérience lui avait fait assez peur pour qu'il cartographie toute la zone au fond de son esprit en espérant que cela ne se reproduise pas. Heureusement, il ne s'était jamais étalé dans la gadoue même en plein hiver, ce dont il était particulièrement reconnaissant. Depuis Novembre dernier, il venait par ici tous les week-end, parfois même sur les deux jours simplement pour passer du temps dans la Serre. Parfois, il discutait avec le maître des lieux mais, souvent, il s'installait simplement dans un coin pour lire ou pour échanger quelques phrases avec les plantes. Elles ne lui répondaient jamais mais quelque part, Aristide se sentait écouté et compris.
L'endroit était pratiquement tout le temps désert, la faute à être si éloigné du château et il s'agissait d'une des raisons à ses allers-retours. La Serre était toujours calme. Il pouvait s'y installer, toujours dans le même fauteuil, et passer des heures à en apprécier le silence. Parfois même, quand il allait se coucher le soir et qu'il se sentait angoissé, il repensait à ces après-midi ici. Les bruits du bassin à Lotus, ceux parfois lointain de l'adulte qui s'occupait des lieux et les rayons du soleil à travers le verre. O'Dea était toujours discret, ou en tout cas bien plus que ne l'était le Professeur Charleston ce qui rendait le fait de graviter autour de lui alors qu'il travaillait bien plus facile. Aristide appréciait d'ailleurs beaucoup l'adulte et cette aura de calme qu'il dégageait. Il n'avait pas l'impression d'avoir forcément besoin de parler, et parfois il lui arrivait même de ne pas dire un mot. L'autre ne forçait jamais le dialogue et, quelque part, Aristide lui en était reconnaissant. Lui-même aurait été bien incapable de comprendre quand parler ou se taire, alors il admirait aussi un peu les gens qui, comme Cillian, arrivaient à s'adapter aux gens sans avoir à poser tant de questions.
Cependant, il n'avait pas envie de rester silencieux aujourd'hui. Ou alors, pas entièrement. Le luth fermement tenu et caché dans son dos en disait long. Il avait traversé le château avec, profitant du fait que la majorité de ses camarades soient encore en train de manger ou déjà à courir partout pour ne pas se faire bloquer dans une foule de petits sorciers dans les couloirs jusqu'à arriver ici. Une fois la colline descendue, il fit le tour de la cabane en passant du côté de la salle de bain. S'arrêtant quelques minutes pour observer le chat - Fougère, un merveilleux prénom à son humble avis - il prit soin de ne pas poser son Luth dans l'herbe. L'objet était bien plus précieux que la majorité de ses possessions et l'idée de le salir le débectait bien plus que celle d'avoir les mains pleines de poussière. Et, pour Aristide, cela voulait dire beaucoup.
L'instrument délicatement ouvragé valait une belle petite fortune et n'était trouvable nulle par ailleurs que caché au fond de sa malle. Le bois clair, délicatement réhaussé par des arabesques couvertes de fleurs et de feuilles peinte par sa mère pesait lourd dans sa main, non seulement parce qu'il s'agissait là d'un bel instrument mais également parce qu'il était rempli de souvenir. Chaque minute à en jouer se ressentait, tout du moins dans sa main à lui. Il savait parfaitement comment jouer de ses cordes pour que le son produit soit pile celui qu'il voulait et même s'il savait être doué avec, jamais personne d'autre que sa famille n'avait entendu les mélodies qu'il tirait de l'objet. Aujourd'hui serait une première, parce que les plantes ne comptaient pas.
Bien évidemment, Aristide jouait presque tous les jours pour les siennes - en fait, à chaque fois qu'il pouvait retrouver le dortoir des garçons vide plus de quelques minutes - mais on ne pouvait pas qualifier les pots de véritable public. Les végétaux ne jugeaient jamais et c'était pour ça que Aristide les aimait tant mais cela signifiait aussi qu'il ne s'entrainait pas du tout à vaincre sa timidité. Cela dit, ça ne le dérangeait pas vraiment. Lui aimait bien rester dans son coin, même s'il pouvait s'y sentir seul parfois. A ses yeux, c'était toujours mieux que de risquer un moment de honte ou, pire, un rejet.
Il reprit sa route, l'instrument toujours caché dans son dos, le pas presque trainant. Plus il s'approchait de la serre et plus le stress commençait à lui ronger l'estomac. C'était la première fois que se précipiter chez le Garde-Chasse ne le libérait pas d'un poids et lui en ajoutait un à la place. Cependant, il ne pouvait pas fuir maintenant. Depuis que Freya lui avait dit que jouer de la musique aux plantes avait un réel intérêt, il n'avait pensé qu'à jouer pour celles de la Serre. Il y passait tant de temps et elles l'écoutaient à chaque fois qu'il venait leur chuchoter ses secrets alors elles méritaient bien un petit morceau, elles aussi. Et puis, O'Dea était beaucoup moins intimidant que tous les habitants du château. Jouer à proximité de lui alors qu'il pouvait tout entendre ne semblait pas si mal. Presque normal, en fait, si l'on arrivait à retourner les dizaines de couches d'anxiétés qui se plaquaient sur chacune de ses envies.
Il prit une grande inspiration et entreprit les derniers pas qui le séparaient de la porte du paradis. Celle-ci était fermée, et aucun petit mot n'indiquait l'ouverture de la serre, signe que le roux n'était pas encore arrivé pour y travailler. Pas grave, Aristide avait l'habitude de l'attendre. Il n'était pas rare que l'adulte soit encore dans la forêt interdite, ou reclus dans sa cabane quand le Serdaigle arrivait. C'était le jeu, avec un endroit qui n'avait pas d'horaires précis. Le nouveau quatrième année avait prit l'habitude de patienter sur le côté quelques minutes - parfois jusqu'à une heure, perdu dans ses pensées - avant de tenter de partir à la recherche du Garde-Chasse, histoire de l'apercevoir dans le potager s'il y était. Et, s'il n'y était pas, il pouvait s'installer pour attendre plus longtemps ou retourner au château et revenir le lendemain. Aujourd'hui, l'option de revenir plus tard n'était absolument pas envisageable puisque cela signifierait attendre une semaine supplémentaire, alors il attendrait.
Il n'était pas vraiment certain d'avoir le courage de revenir avec son instrument s'il partait maintenant, honnêtement. Heureusement, les cheveux flamboyants du plus vieux firent assez rapidement leur apparition et Aristide attendit que celui se soit suffisamment rapproché pour combler la distance de quelques pas rapides. Il se planta devant l'autre, aussi raide qu'un plant de bambou et essaya de regarder l'autre dans les yeux, conscient qu'il s'agissait de la politesse élémentaire.
Finalement, son regard se posa à peu près partout sur son visage à part ses yeux, et il commença d'une voix bégayante : B-Bonjour Monsieur O'Dea. Planté devant lui comme cela, il empêchait l'autre homme de rejoindre la serre mais c'était pour une bonne cause. Si l'autre commençait à parler en premier, ou s'il ouvrait le petit paradis avant qu'Aristide n'ait pu exposer sa demande, il n'y arriverait jamais. Ca lui arrivait souvent, de se dire que finalement il valait mieux ne pas parler et suivre le mouvement mais aujourd'hui ça ne pouvait pas se passer comme ça. J-je... euh... V-vous avez passé de bonnes vacances ? Il n'en avait probablement pas vraiment, puisqu'il devait s'occuper du parc mais Aristide ne se souvenait plus du petit discours qu'il avait préparé. Je voulais savoir... Euhm... Si ça vous dérangeait que je... Il détourna les yeux, le visage soudainement rouge et dû se faire violence pour découvrir le Luth caché dans son dos au lieu de s'enfuir au courant. Il le tendit légèrement vers l'autre, une main tenant le manche et l'autre soutenant le corps de l'instrument. Le reste de sa demande fut le plus difficile à sortir et passa la barrière de ses lèvres en ressemblant plus à un croassement qu'à un son véritablement humain. Est-ce que je peux jouer pour les plantes ? Il prit une longue inspiration sifflante, avant d'ajouter d'une vitesse presque surhumaine : Parce qu'on m'a dit que ça aidait les plantes et... habituellement je joue pour les miennes mais je... j'aime vraiment les lotus et je me disais... S'il vous plait ? Incapable de poser à nouveau son regard sur l'autre, il le figea sur ses chaussures et courba légèrement les épaules.
1460.
034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.
Une mélodie fleurit des cordes
Cillian revenait de la forêt interdite. C’était sa matinée de repos ce matin-là, cependant comme souvent il avait préféré se rendre dans la forêt. Non pas pour travailler, bien sûr, mais pour profiter de l’environnement plus calme et sauvage des bois, qu’il avait appris à affectionner encore plus que la forêt qui entourait sa propre maison. Il avait lu un peu, travaillé sur son herbier, mangé un petit repas assis sous un arbre. Tout cela lui permettait de se recentrer. Il n’avait officiellement repris le travail que depuis quatre jours, avec la rentrée, mais cela faisait déjà deux semaines qu’il était à Poudlard, à entretenir le parc, nettoyer les barques… Il faisait pendant les vacances de nombreux allers et retours entre chez lui plus au sud de l’Écosse, chez ses parents à Agilhorn, et Poudlard. Cela ne le dérangeait pas, loin de là. Mais cela faisait pour lui un moment que les vacances étaient finies.
Il avait donc profité de la fraicheur des sous-bois et des bruits de la nature quand on ne la dérange pas pour se reposer un peu. Il avait même ajouté quatre nouvelles pages à son herbier – et cela lui procurait une grande satisfaction. Et son petit sandwich accompagné de cookies maison et d’un thé bien chaud n’avait fait que parfaire la matinée. Mais il lui fallait maintenant revenir à son travail et au parc. Il avait pour plan de se rendre dans la serre pour s’occuper un peu des plantes. Il avait remarqué la veille pendant la séance de nettoyage que les aubergines faisaient un peu grise mine – ou jaune mine, d’après la couleur de leur feuilles – et il voulait vérifier qu’elles avaient juste besoin d’un peu d’eau et d’engrais, et qu’elles n’étaient pas malades.
La barque dans laquelle il se trouvait rencontra enfin la pente douce de la rive, et Cillian sauta hors de l’embarcation, l’eau clapotant contre ses hautes bottes en caoutchouc jaunes – un de ses objets préférés inventés par les moldus. Il tira la barque hors de l’eau, et la ramena avec les autres. Il aurait mieux fait d’aller accoster directement aux appontements, mais comme il en avait parfois l’habitude, il n’avait pas vraiment réfléchi. Une fois la barque bien à sa place, il remonta le parc vers sa cabane. En arrivant, il repéra de loin un élève aux cheveux bruns qui attendait devant la serre. Il était bien trop éloigné pour en distinguer davantage, mais l’habitude lui permettait de deviner sans trop de doute de qui il s’agissait. D’autant que son coin de parc n’était pas spécialement très fréquenté, et encore moins trois jours après la rentrée.
Cillian s’approcha donc de la serre où l’attendait le garçon, et Aristide se planta devant lui. Il avait l’air particulièrement anxieux ce jour-là, aussi Cillian le laissa dire ce qu’il avait à dire.
« Bonjour Aristide », répondit-il d’une voix calme avant d’hocher la tête pour signifier que oui, il avait passé de bonnes vacances.
Il ne prenait même plus la peine de l’appeler « Mr Griffiths ». Il le voyait si régulièrement que cela lui semblait absurde.
Le garçon continua sa demande, visiblement gêné. Cillian se doutait bien que c’était une épreuve pour lui, mais il ne pouvait s’empêcher de le trouver adorable. Il sortit finalement de derrière son dos un instrument à corde magnifique – un luth, si Cillian ne se trompait pas, ce qui était possible au vu de sa culture musicale limitée – et termina de poser sa question : il voulait jouer de la musique aux plantes.
Cillian ne voyait pas en quoi cela aurait pu poser problème. Mais il connaissait Aristide, et il comprenait pourquoi il demandait.
« Mais bien sûr, aucun problème. Je suis sûr qu’elles seront ravies ! »
Cillian sourit au garçon et le contourna pour se diriger vers la porte de la serre, s’emparant du trousseau de clefs attaché à sa ceinture. Il farfouilla parmi les différentes clefs jusqu’à trouver celle de la serre pour l’ouvrir, faisant signe au garçon de rentrer lui aussi.
Il avait donc profité de la fraicheur des sous-bois et des bruits de la nature quand on ne la dérange pas pour se reposer un peu. Il avait même ajouté quatre nouvelles pages à son herbier – et cela lui procurait une grande satisfaction. Et son petit sandwich accompagné de cookies maison et d’un thé bien chaud n’avait fait que parfaire la matinée. Mais il lui fallait maintenant revenir à son travail et au parc. Il avait pour plan de se rendre dans la serre pour s’occuper un peu des plantes. Il avait remarqué la veille pendant la séance de nettoyage que les aubergines faisaient un peu grise mine – ou jaune mine, d’après la couleur de leur feuilles – et il voulait vérifier qu’elles avaient juste besoin d’un peu d’eau et d’engrais, et qu’elles n’étaient pas malades.
La barque dans laquelle il se trouvait rencontra enfin la pente douce de la rive, et Cillian sauta hors de l’embarcation, l’eau clapotant contre ses hautes bottes en caoutchouc jaunes – un de ses objets préférés inventés par les moldus. Il tira la barque hors de l’eau, et la ramena avec les autres. Il aurait mieux fait d’aller accoster directement aux appontements, mais comme il en avait parfois l’habitude, il n’avait pas vraiment réfléchi. Une fois la barque bien à sa place, il remonta le parc vers sa cabane. En arrivant, il repéra de loin un élève aux cheveux bruns qui attendait devant la serre. Il était bien trop éloigné pour en distinguer davantage, mais l’habitude lui permettait de deviner sans trop de doute de qui il s’agissait. D’autant que son coin de parc n’était pas spécialement très fréquenté, et encore moins trois jours après la rentrée.
Cillian s’approcha donc de la serre où l’attendait le garçon, et Aristide se planta devant lui. Il avait l’air particulièrement anxieux ce jour-là, aussi Cillian le laissa dire ce qu’il avait à dire.
« Bonjour Aristide », répondit-il d’une voix calme avant d’hocher la tête pour signifier que oui, il avait passé de bonnes vacances.
Il ne prenait même plus la peine de l’appeler « Mr Griffiths ». Il le voyait si régulièrement que cela lui semblait absurde.
Le garçon continua sa demande, visiblement gêné. Cillian se doutait bien que c’était une épreuve pour lui, mais il ne pouvait s’empêcher de le trouver adorable. Il sortit finalement de derrière son dos un instrument à corde magnifique – un luth, si Cillian ne se trompait pas, ce qui était possible au vu de sa culture musicale limitée – et termina de poser sa question : il voulait jouer de la musique aux plantes.
Cillian ne voyait pas en quoi cela aurait pu poser problème. Mais il connaissait Aristide, et il comprenait pourquoi il demandait.
« Mais bien sûr, aucun problème. Je suis sûr qu’elles seront ravies ! »
Cillian sourit au garçon et le contourna pour se diriger vers la porte de la serre, s’emparant du trousseau de clefs attaché à sa ceinture. Il farfouilla parmi les différentes clefs jusqu’à trouver celle de la serre pour l’ouvrir, faisant signe au garçon de rentrer lui aussi.
674
#595d2b
Tu peux me tutoyer horsRP !
Une mélodie fleurit des cordes
Aristide fredonna en réponse à la salutation de l'autre. Cillian O'Dea faisaient partie du petit groupes d'adultes ayant le privilège de pouvoir l'appeler par son prénom sans le gêner. En dehors de sa famille, ils ne devaient se compter que sur les doigts d'une seule main. Le Garde-Chasse y avait été accueillit sans difficulté et un peu du jour au lendemain. Les premiers mois, l'autre s'en était tenu à son nom de famille et puis un jour il avait changé. Aristide ne savait pas vraiment à quel moment ils étaient devenus suffisamment proches pour cela, mais ça ne le dérangeait pas. Cillian était un adulte qu'il appréciait beaucoup. Il savait être calme, ou parler quand il le fallait et ne le forçait jamais à rien. Parfois, Aristide avait la nette impression que l'autre le connaissait mieux qu'il ne le croyait, et le roux lui prouvait toujours l'affirmative. Aujourd'hui, il lui prouva en le laissant balbutier une question sans être interrompu. La majorité des gens prenaient la parole au moindre blanc dans une conversation, sans comprendre que le Serdaigle prenait simplement son courage à deux mains pour continuer sa phrase. Alors, souvent, il était interrompu et finissait par ne plus ouvrir la bouche. Mais Cillian, lui, semblait toujours savoir quand le Serdaigle avait finit de parler et quand il se contentait d'étouffer son anxiété avant de reprendre la parole.
L'adolescent releva les yeux quand l'autre prit la parole. Un grand sourire naquit sur ses lèvres - d'un genre qu'il ne laissait pas souvent fleurir - et il hocha la tête trois fois de suite, comme pour encrer la réponse à l'intérieur. Il laissa Cillian le dépasser sans chercher à l'arrêter à nouveau et se mit à trottiner derrière lui, presque à fredonner. Il le fit, d'ailleurs, mais pas avant d'avoir passé le pas de la porte. Dans la Serre, il chantonnait souvent, mais en dehors il évitait. C'était presque comme si passer le pas de la porte l'emmenait dans un autre monde, et laissait découvrir un nouvel Aristide. Pas forcément un Aristide plus sûr de lui, mais déjà plus à l'aise. Et, puisque la serre était généralement vide, il pouvait se laisser aller sans craindre le regard des autres ou sans avoir peur de déranger. Quelques fois, une élève de Poufsouffle y venait avec sa copine et Aristide se taisait dans son coin, par réflexe. Ils étaient compagnon de Serre, même si le Serdaigle fuyait souvent à leur approche. Mais bon, fuir, il le faisait avec tout le monde.
Par réflexe, Aristide se dirigea vers le fond de la serre pour aller s'asseoir sur les pierres près du bassin à lotus. Il ne vérifia même pas que le sol était propre avant de s'y installer, preuve que son attachement à la serre dépassait de loin ses angoisses. L'endroit était devenu une safe place pour lui. Et, tout comme il arrivait à mettre ses mains dans la terre pour jardiner, il arrivait à s'asseoir par terre ici. L'endroit n'était pas sale, jamais. Comment aurait-il pu l'être alors qu'il faisait naître en lui tellement de belles choses ? Il s'y sentait au calme, à sa place. Et ses angoisses n'avaient rien à dire là dessus, elles n'avaient pas le droit de lui hurler dans la tête à partir du moment où il se retrouvait entouré des plantes et de l'ambiance caractéristique du lieu. Le Quatrième année avait l'impression que la gentillesse du garde-chasse se diffusait dans l'air autour de sa petite Maison, et la Serre en était remplie. Du sol au plafond, cette douceur qui le caractérisait tant se faisait sentir. C'était peut-être pour ça que les plantes vivaient si bien : avec un maître aussi gentil, elles n'avaient aucune raison de faire la triste mine. Cela dit, il ne manqua pas de remarquer la couleur jaunâtre des feuilles des plants d'aubergine.
Il prit la parole, élevant un peu la voix pour que l'adulte l'entende même là où il était : Vos aubergines ne sont pas en grande forme. Vous savez à cause de quoi ? De l'eau ? Un manque de soleil, une température trop élevée ? La serre était pourtant enchantée, il en mettrait ses deux mains à couper alors qu'est-ce qui pouvait embêter ces jolies feuilles ? Il tourna les yeux, observant les lotus. Trois d'entre eux étaient en fleur, ouverts au monde pour partager leur beauté. Ils semblaient tous en bonne forme, heureusement.
Aristide posa son luth sur ses jambes pliées en tailleurs après avoir retiré ses chaussures pour les poser à sa droite. Les mains sur le bois, il ne joua cependant pas de son instrument directement. Il était encore gêné, et l'anxiété qu'il avait ressenti avant de poser sa question ne s'était pas encore évaporée. Il lui fallait quelques minutes avant de pouvoir jouer sans paniquer et sans avoir les mains tremblantes. Essayer de jouer des cordes avec les doigts qui tremblaient, ça n'était jamais une bonne idée de toute façon. Et puis, les quelques minutes d'attente lui permettraient de se ressourcer. La Serre lui avait manqué cet été, bien plus que tout le reste du Château. J'étais... j'étais content de voir que vous étiez toujours là. dit-il d'une petite voix, voulant presque que Cillian ne l'entende pas. J'aime beaucoup la serre. Sera-t-elle encore ouverte tous les week-end, comme l'année passée ? Il plia et déplia les orteils quelques fois pour chasser la sensation de fourmillement qu'il commençait à sentir et se tourna à nouveau vers l'adulte. Quitter les lotus des yeux lui était difficile, mais la politesse exigeait que l'on regarde les autres quand ils nous répondaient. Et, même ici, Aristide devait garder cette image de gentil garçon.
L'adolescent releva les yeux quand l'autre prit la parole. Un grand sourire naquit sur ses lèvres - d'un genre qu'il ne laissait pas souvent fleurir - et il hocha la tête trois fois de suite, comme pour encrer la réponse à l'intérieur. Il laissa Cillian le dépasser sans chercher à l'arrêter à nouveau et se mit à trottiner derrière lui, presque à fredonner. Il le fit, d'ailleurs, mais pas avant d'avoir passé le pas de la porte. Dans la Serre, il chantonnait souvent, mais en dehors il évitait. C'était presque comme si passer le pas de la porte l'emmenait dans un autre monde, et laissait découvrir un nouvel Aristide. Pas forcément un Aristide plus sûr de lui, mais déjà plus à l'aise. Et, puisque la serre était généralement vide, il pouvait se laisser aller sans craindre le regard des autres ou sans avoir peur de déranger. Quelques fois, une élève de Poufsouffle y venait avec sa copine et Aristide se taisait dans son coin, par réflexe. Ils étaient compagnon de Serre, même si le Serdaigle fuyait souvent à leur approche. Mais bon, fuir, il le faisait avec tout le monde.
Par réflexe, Aristide se dirigea vers le fond de la serre pour aller s'asseoir sur les pierres près du bassin à lotus. Il ne vérifia même pas que le sol était propre avant de s'y installer, preuve que son attachement à la serre dépassait de loin ses angoisses. L'endroit était devenu une safe place pour lui. Et, tout comme il arrivait à mettre ses mains dans la terre pour jardiner, il arrivait à s'asseoir par terre ici. L'endroit n'était pas sale, jamais. Comment aurait-il pu l'être alors qu'il faisait naître en lui tellement de belles choses ? Il s'y sentait au calme, à sa place. Et ses angoisses n'avaient rien à dire là dessus, elles n'avaient pas le droit de lui hurler dans la tête à partir du moment où il se retrouvait entouré des plantes et de l'ambiance caractéristique du lieu. Le Quatrième année avait l'impression que la gentillesse du garde-chasse se diffusait dans l'air autour de sa petite Maison, et la Serre en était remplie. Du sol au plafond, cette douceur qui le caractérisait tant se faisait sentir. C'était peut-être pour ça que les plantes vivaient si bien : avec un maître aussi gentil, elles n'avaient aucune raison de faire la triste mine. Cela dit, il ne manqua pas de remarquer la couleur jaunâtre des feuilles des plants d'aubergine.
Il prit la parole, élevant un peu la voix pour que l'adulte l'entende même là où il était : Vos aubergines ne sont pas en grande forme. Vous savez à cause de quoi ? De l'eau ? Un manque de soleil, une température trop élevée ? La serre était pourtant enchantée, il en mettrait ses deux mains à couper alors qu'est-ce qui pouvait embêter ces jolies feuilles ? Il tourna les yeux, observant les lotus. Trois d'entre eux étaient en fleur, ouverts au monde pour partager leur beauté. Ils semblaient tous en bonne forme, heureusement.
Aristide posa son luth sur ses jambes pliées en tailleurs après avoir retiré ses chaussures pour les poser à sa droite. Les mains sur le bois, il ne joua cependant pas de son instrument directement. Il était encore gêné, et l'anxiété qu'il avait ressenti avant de poser sa question ne s'était pas encore évaporée. Il lui fallait quelques minutes avant de pouvoir jouer sans paniquer et sans avoir les mains tremblantes. Essayer de jouer des cordes avec les doigts qui tremblaient, ça n'était jamais une bonne idée de toute façon. Et puis, les quelques minutes d'attente lui permettraient de se ressourcer. La Serre lui avait manqué cet été, bien plus que tout le reste du Château. J'étais... j'étais content de voir que vous étiez toujours là. dit-il d'une petite voix, voulant presque que Cillian ne l'entende pas. J'aime beaucoup la serre. Sera-t-elle encore ouverte tous les week-end, comme l'année passée ? Il plia et déplia les orteils quelques fois pour chasser la sensation de fourmillement qu'il commençait à sentir et se tourna à nouveau vers l'adulte. Quitter les lotus des yeux lui était difficile, mais la politesse exigeait que l'on regarde les autres quand ils nous répondaient. Et, même ici, Aristide devait garder cette image de gentil garçon.
942.
034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.
Une mélodie fleurit des cordes
Aristide semblait suivre Cillian à l’intérieur de la serre, et il sembla au garde-chasse qu’il chantonnait.
Du coin de l’œil, Cillian vit Aristide se diriger droit vers le bassin des lotus. Il n’était pas surpris. Il le voyait souvent dans ce coin-là, et il soupçonnait que les lotus étaient ses plantes favorites dans la serre. Trois étaient actuellement en fleur – une coïncidence plutôt rare – ce qui devait faire plaisir au garçon.
Cillian jeta un regard autour de la serre. Tout semblait en ordre, et les vitres étaient enfin propre. Il avait dû repasser un petit coup de chiffon après le coup de main des élèves la veille, mais dans l’ensemble ils avaient bien aidé. Et il s’était débarrassé des feuilles, qui allaient maintenant servir à fabriquer du compost.
La voix d’Aristide le tira de sa réflexion. Lui aussi avait remarqué l’état des aubergines.
« Non, justement. J’ai remarqué ça hier quand on nettoyait la serre avec quelques élèves, et il faut que je comprenne ce qu’il leur arrive. »
Cillian s’agenouilla et observa les feuilles quelques instants. Il n’y avait pas de traces évidentes de grignotage, mais il ne pouvait pas exclure un insecte ou un parasite pour le moment.
Il se releva et retroussa ses manches sur ses bras tatoués. Sa chemise en lin était plutôt propre et si elle pouvait pour une fois rester blanche, cela l’arrangerait. Il attrapa sur la table de travail sa boite à outils et posa les yeux sur l’assiette qui attendait couverte d’un torchon.
Une petite voix lui parvint. Aristide était assis en tailleur avec son instrument sur les genoux. Cillian mit un instant à comprendre ce dont il voulait parler. Il était vrai que l’équipe avait beaucoup changé au cours de l’été. Même Elina n’était pas revenue à temps pour la rentrée. Ça devait être beaucoup de nouveaux visages pour les élèves.
« Oui, la serre restera ouverte comme l’an dernier, pas d’inquiétude », répondit Cillian en transportant sa boîte vers le coin des aubergines avant de regagner la table de travail pour s’y appuyer.
« Je n’ai pas l’intention de partir tu sais. C’est dans les veines des garde-chasses que de rester longtemps. Regarde Rubeus. On est trop attaché à nos plantes. »
Il avait prononcé ces paroles en regardant Aristide d’un air qu’il espérant rassurant. Il avait l’impression que cela le turlupinait, pour qu’il lui en parle plusieurs jours après le banquet de rentrée, moment où il avait dû remarquer les changements de professeurs et autres personnels.
Il retira le torchon de l’assiette devant lui. Elle était vide. Pourquoi est-ce que les élèves d’hier avait remis le torchon dessus si elle était vide ? Ces enfants parfois, il ne comprenait pas. N’importe quoi. Il balança le torchon sur son épaule – c’était toujours utile d’avoir de quoi s’essuyer les mains quand on jardinait – et retourna voir les aubergines.
« Je vais m’occuper des aubergines derrière le canapé d’accord ? Je t’aurais bien proposé des cookies, mais bon, il n’y en a plus. Certains individus ont tout mangé hier. »
Du coin de l’œil, Cillian vit Aristide se diriger droit vers le bassin des lotus. Il n’était pas surpris. Il le voyait souvent dans ce coin-là, et il soupçonnait que les lotus étaient ses plantes favorites dans la serre. Trois étaient actuellement en fleur – une coïncidence plutôt rare – ce qui devait faire plaisir au garçon.
Cillian jeta un regard autour de la serre. Tout semblait en ordre, et les vitres étaient enfin propre. Il avait dû repasser un petit coup de chiffon après le coup de main des élèves la veille, mais dans l’ensemble ils avaient bien aidé. Et il s’était débarrassé des feuilles, qui allaient maintenant servir à fabriquer du compost.
La voix d’Aristide le tira de sa réflexion. Lui aussi avait remarqué l’état des aubergines.
« Non, justement. J’ai remarqué ça hier quand on nettoyait la serre avec quelques élèves, et il faut que je comprenne ce qu’il leur arrive. »
Cillian s’agenouilla et observa les feuilles quelques instants. Il n’y avait pas de traces évidentes de grignotage, mais il ne pouvait pas exclure un insecte ou un parasite pour le moment.
Il se releva et retroussa ses manches sur ses bras tatoués. Sa chemise en lin était plutôt propre et si elle pouvait pour une fois rester blanche, cela l’arrangerait. Il attrapa sur la table de travail sa boite à outils et posa les yeux sur l’assiette qui attendait couverte d’un torchon.
Une petite voix lui parvint. Aristide était assis en tailleur avec son instrument sur les genoux. Cillian mit un instant à comprendre ce dont il voulait parler. Il était vrai que l’équipe avait beaucoup changé au cours de l’été. Même Elina n’était pas revenue à temps pour la rentrée. Ça devait être beaucoup de nouveaux visages pour les élèves.
« Oui, la serre restera ouverte comme l’an dernier, pas d’inquiétude », répondit Cillian en transportant sa boîte vers le coin des aubergines avant de regagner la table de travail pour s’y appuyer.
« Je n’ai pas l’intention de partir tu sais. C’est dans les veines des garde-chasses que de rester longtemps. Regarde Rubeus. On est trop attaché à nos plantes. »
Il avait prononcé ces paroles en regardant Aristide d’un air qu’il espérant rassurant. Il avait l’impression que cela le turlupinait, pour qu’il lui en parle plusieurs jours après le banquet de rentrée, moment où il avait dû remarquer les changements de professeurs et autres personnels.
Il retira le torchon de l’assiette devant lui. Elle était vide. Pourquoi est-ce que les élèves d’hier avait remis le torchon dessus si elle était vide ? Ces enfants parfois, il ne comprenait pas. N’importe quoi. Il balança le torchon sur son épaule – c’était toujours utile d’avoir de quoi s’essuyer les mains quand on jardinait – et retourna voir les aubergines.
« Je vais m’occuper des aubergines derrière le canapé d’accord ? Je t’aurais bien proposé des cookies, mais bon, il n’y en a plus. Certains individus ont tout mangé hier. »
#595d2b
Tu peux me tutoyer horsRP !
Une mélodie fleurit des cordes
Aristide observa quelques secondes son luth avant de le poser avec délicatesse sur le côté. Il se redressa avec mal, manquant de perdre l'équilibre et fit quelques rapides petits pas pour venir se dresser à la gauche du garde-chasse. Sans ses chaussures, il était bien plus petit et il faillit faire demi-tour pour remettre ses talonnettes avant de se figer en plein mouvement. Il avait oublié durant un instant le complexe qu'il avait sur sa taille, et cela devait être une première pour lui de se balader dans Poudlard - enfin, à l'extérieur, pour le coup - sans ses quelques centimètres en plus. Son mètre 63 lui apparu dans toute sa splendeur quand il dû lever bien plus haut les yeux pour observer l'adulte à ses côtés. Cela dit, se précipiter sur ses chaussures à cet instant aurait été encore plus gênant que de faire comme si tout était prévu, alors il fit machine arrière et se contenta de se tenir à côté du roux en se balançant d'un pied à l'autre. C'était gênant, mais il survivrait.
Il frotta la pointe de son pied contre les pierres sous lui et croisa les mains dans le dos sans arrêter de se dandiner. Son regard se perdit sur les tatouages de l'autre. Il avait évidemment déjà eu l'occasion de les voir, mais ça ne l'empêchait pas de toujours leur trouver une esthétique particulièrement agréable. Les plantes qui serpentaient sur la peau semblaient avoir été créées avec lui. Habituellement, le jeune garçon trouvait les tatouages disgracieux - parce qu'un vrai sorcier n'avait pas de tatouage, évidemment - mais ceux du Garde-Chasse ne l'étaient pas. En fait, Aristide en était presque envieux. Il hocha la tête quand l'autre lui indiqua que la serre serait toujours ouverte et essaya de cacher - sans succès - ses joues rendues rouges de joie. S'il pouvait, il passerait toutes ses journées ici. Malheureusement, il devait aller suivre ses cours et se blottir dans son petit coin de paradis devait rester une activité de week-end.
S'il n'était pas si persuadé que ses parents seraient déçus - bien que le sentiment soit infondé - il aurait hurlé à propos de son envie de travailler avec les plantes, plus tard. Pour le moment, il continuait à dire qu'il préférait faire de grandes études dans les sortilèges, parce que tous les sorciers de sang pur ou souhaitant l'être devaient apprendre à comprendre la magie.
Jouant avec ses doigts, il laissa l'adulte reprendre la parole, essayant de cacher sa gêne. Je ne... je n'étais pas inquiet chuchota-t-il doucement en regardant l'adulte par dessus ses lunettes. Le mensonge était si évident que Aristide ne chercha même pas à le cacher, se contentant de rougir un peu plus. Vous pensez... quand je serais parti, moi, vous pensez que je pourrais revenir ici ? Il se balança à nouveau, passant du pied droit au gauche plusieurs fois de suite. Pour un stage ? Il secoua la tête, comme pour dégager ses paroles, n'étant soudainement plus certain de vouloir une réponse. Si l'autre disait non, il serait tellement mortifié qu'il pourrait se désintégrer sur place, c'était évident.
Heureusement, il n'eut pas le temps de partir dans une tirade paniqué pour reprendre ce qu'il avait dit. Au lieu de ça, un rire lui échappa. Il ouvrit de grands yeux surpris après avoir entendu ce son qui ne sortait pas souvent de ses lèvres mais ne put empêcher un deuxième éclat de lui échapper. Il remonta ses lunettes, un sourire timide sur les lèvres. Heureusement, je ne suis pas très sucré. Les yeux pétillants, il observa l'assiette vide et se surprit à avoir envie de faire une blague. Je me demande bien quels individus auraient pu vous dépouiller de vos cookies. Les adolescents qui l'entouraient étaient globalement tous des estomacs sur pattes : la pauvre assiette du garde-chasse n'aurait eu aucune chance. Est-ce que... vous avez besoin d'aide ? Pour les aubergines ? Il n'était pas certain de pouvoir être très utile si même le garde chasse ne savait pas ce qui leur arrivait, mais il se sentait d'humeur à discuter. Peut-être parce qu'il avait réellement eu peur, ce premier soir, en voyant tous les nouveaux visages à la table d'honneur. Ou peut-être que l'anxiété de s'être pointé devant l'adulte avec son luth était tellement redescendue que son cerveau débloquait et lui donnait envie de papoter, il ne savait pas trop.
Il jeta un œil à son luth et se mordilla les lèvres. Ou.... est-ce que je pourrais me rapprocher un peu ? Il aurait tout le loisir d'observer les lotus la semaine suivante si d'autres étaient en fleur, ou plus tard dans la journée. Probablement la deuxième option, parce qu'il ne comptait pas laisser passer sa chance d'en voir autant à la fois. Parfois, il n'en voyait aucun durant des semaines.
Il frotta la pointe de son pied contre les pierres sous lui et croisa les mains dans le dos sans arrêter de se dandiner. Son regard se perdit sur les tatouages de l'autre. Il avait évidemment déjà eu l'occasion de les voir, mais ça ne l'empêchait pas de toujours leur trouver une esthétique particulièrement agréable. Les plantes qui serpentaient sur la peau semblaient avoir été créées avec lui. Habituellement, le jeune garçon trouvait les tatouages disgracieux - parce qu'un vrai sorcier n'avait pas de tatouage, évidemment - mais ceux du Garde-Chasse ne l'étaient pas. En fait, Aristide en était presque envieux. Il hocha la tête quand l'autre lui indiqua que la serre serait toujours ouverte et essaya de cacher - sans succès - ses joues rendues rouges de joie. S'il pouvait, il passerait toutes ses journées ici. Malheureusement, il devait aller suivre ses cours et se blottir dans son petit coin de paradis devait rester une activité de week-end.
S'il n'était pas si persuadé que ses parents seraient déçus - bien que le sentiment soit infondé - il aurait hurlé à propos de son envie de travailler avec les plantes, plus tard. Pour le moment, il continuait à dire qu'il préférait faire de grandes études dans les sortilèges, parce que tous les sorciers de sang pur ou souhaitant l'être devaient apprendre à comprendre la magie.
Jouant avec ses doigts, il laissa l'adulte reprendre la parole, essayant de cacher sa gêne. Je ne... je n'étais pas inquiet chuchota-t-il doucement en regardant l'adulte par dessus ses lunettes. Le mensonge était si évident que Aristide ne chercha même pas à le cacher, se contentant de rougir un peu plus. Vous pensez... quand je serais parti, moi, vous pensez que je pourrais revenir ici ? Il se balança à nouveau, passant du pied droit au gauche plusieurs fois de suite. Pour un stage ? Il secoua la tête, comme pour dégager ses paroles, n'étant soudainement plus certain de vouloir une réponse. Si l'autre disait non, il serait tellement mortifié qu'il pourrait se désintégrer sur place, c'était évident.
Heureusement, il n'eut pas le temps de partir dans une tirade paniqué pour reprendre ce qu'il avait dit. Au lieu de ça, un rire lui échappa. Il ouvrit de grands yeux surpris après avoir entendu ce son qui ne sortait pas souvent de ses lèvres mais ne put empêcher un deuxième éclat de lui échapper. Il remonta ses lunettes, un sourire timide sur les lèvres. Heureusement, je ne suis pas très sucré. Les yeux pétillants, il observa l'assiette vide et se surprit à avoir envie de faire une blague. Je me demande bien quels individus auraient pu vous dépouiller de vos cookies. Les adolescents qui l'entouraient étaient globalement tous des estomacs sur pattes : la pauvre assiette du garde-chasse n'aurait eu aucune chance. Est-ce que... vous avez besoin d'aide ? Pour les aubergines ? Il n'était pas certain de pouvoir être très utile si même le garde chasse ne savait pas ce qui leur arrivait, mais il se sentait d'humeur à discuter. Peut-être parce qu'il avait réellement eu peur, ce premier soir, en voyant tous les nouveaux visages à la table d'honneur. Ou peut-être que l'anxiété de s'être pointé devant l'adulte avec son luth était tellement redescendue que son cerveau débloquait et lui donnait envie de papoter, il ne savait pas trop.
Il jeta un œil à son luth et se mordilla les lèvres. Ou.... est-ce que je pourrais me rapprocher un peu ? Il aurait tout le loisir d'observer les lotus la semaine suivante si d'autres étaient en fleur, ou plus tard dans la journée. Probablement la deuxième option, parce qu'il ne comptait pas laisser passer sa chance d'en voir autant à la fois. Parfois, il n'en voyait aucun durant des semaines.
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034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.
Une mélodie fleurit des cordes
Aristide se leva et s’approcha, restant debout en se dandinant un peu. Cillian vit le regard du garçon se poser sur ses bras, et ses tatouages se rappelèrent à lui. Il savait très bien qu’ils étaient là bien sûr. Mais il était si habitué à leur présence, qu’il les oubliait un peu parfois. Les feuilles, tiges et petites fleurs s’enroulaient autour de ses bras dans un noir pâle, qui commençait à tirer un peu vers le vert sous ses fins poils roux. Il aimait bien l’air éthéré que l’âge leur avait donné. Parfois, quand il se rendait à un évènement, il leur appliquait de l’huile pour tatouage et les tiges s’enroulaient vraiment, et les fleurs s’ouvraient en direct. C’était assez beau. Mais ça lui donnait un peu le tournis dans la vie de tous les jours.
Il se reconcentra sur Aristide, qui jouait avec ses doigts, prétendant ne pas être inquiet. Cillian sourit. Bien sûr. Il n’y avait pas de honte à ne pas vouloir que quelqu’un qu’on connait bien disparaisse de notre quotidien. Mais il n’allait pas en dire plus. Il était à peu près sûr qu’Aristide avait conscience que Cillian voyait la vérité sous ce demi-mensonge. Demi-mensonge parce qu’il n’essayait pas vraiment de mentir – il était juste gêné, ou quelque chose comme ça. Surtout que la question que le garçon lui posa ensuite confirmait plutôt son impression.
« Oui bien sûr. D’ailleurs tu sais, je pensais à commencer à organiser des stages d’observation pendant l’année. Ça t’intéresserait ? »
Il avait le sentiment qu’il pourrait être intéressé par l’idée. Cillian y avait un peu pensé pendant les vacances et il aimait bien l’idée. Peut-être commencer par un stage d’observation pour se familiariser avec le fait de travailler avec un élève présent. Il ne savait pas ce que ça ferait de faire une sortie en forêt interdite avec un élève sur les talons.
Cillian sourit à la réponse d’Aristide. La question était valable – puisqu’à peu près tout le monde à Poudlard aurait mangé une assiette de cookie pleine sans discuter. Et pas seulement les Poufsouffle, malgré leur réputation.
Aristide lui proposa son aide et Cillian mit un instant à répondre. Il farfouilla dans sa boite jusqu’à trouver une petite pince coupante et détacha une feuille en particulièrement mauvaise état du plant d’aubergine. Il la posa sur sa main et la retourna avant de faire signe à Aristide de s’approcher. Il fit courir son doigt sur les nervures de la feuille.
« Je pense que ça ira. Tu vois, la feuille est un peu sèche, mais il n’y a aucun insecte visible. Il n’y a pas grand-chose qui peut attaquer une aubergine. Mais tous les insectes qui aurait pu s’en prendre à elles seraient visibles au moins sur le dessous des feuilles. »
Il la retourna à nouveau d’une pichenette.
« J’étais un peu inquiet que ce soit un virus. Mais il n’y a qu’un seul virus qui attaque les aubergines, et si c’était lui, on verrait une sorte de mosaïque de verts sur le dessus de la feuille. Heureusement que ce n’est pas ça d’ailleurs, sinon toutes les autres plantes sensibles auraient été en danger, même dans le potager ! Mais je pense qu’elles ont juste besoin d’un peu d’eau et de fertilisant. »
Il se redressa et se pencha par-dessus le canapé pour lancer la feuille dans la boite à compost sur le côté de la table de travail.
« Tu peux rester à côté si tu veux oui. Tant que ça ne t’embête pas de jouer avec moi qui m’agite à côté. »
Il avait remarqué cet été que quand Argentella jouait du violon et qu’il passait à côté, elle s’arrêtait systématiquement. Y compris quand il le faisait 10 fois en quelques minutes parce qu’il était occupé. Il ne savait pas comment elle faisait pour s’arrêter autant, et pourtant ne pas se déplacer et aller jouer ailleurs. Pas que ça le dérange, mais c’était un peu étrange. Enfin, la chose était, peut-être qu’Aristide était pareil. Très conscient de la présence des gens autour de lui quand il jouait.
Il se reconcentra sur Aristide, qui jouait avec ses doigts, prétendant ne pas être inquiet. Cillian sourit. Bien sûr. Il n’y avait pas de honte à ne pas vouloir que quelqu’un qu’on connait bien disparaisse de notre quotidien. Mais il n’allait pas en dire plus. Il était à peu près sûr qu’Aristide avait conscience que Cillian voyait la vérité sous ce demi-mensonge. Demi-mensonge parce qu’il n’essayait pas vraiment de mentir – il était juste gêné, ou quelque chose comme ça. Surtout que la question que le garçon lui posa ensuite confirmait plutôt son impression.
« Oui bien sûr. D’ailleurs tu sais, je pensais à commencer à organiser des stages d’observation pendant l’année. Ça t’intéresserait ? »
Il avait le sentiment qu’il pourrait être intéressé par l’idée. Cillian y avait un peu pensé pendant les vacances et il aimait bien l’idée. Peut-être commencer par un stage d’observation pour se familiariser avec le fait de travailler avec un élève présent. Il ne savait pas ce que ça ferait de faire une sortie en forêt interdite avec un élève sur les talons.
Cillian sourit à la réponse d’Aristide. La question était valable – puisqu’à peu près tout le monde à Poudlard aurait mangé une assiette de cookie pleine sans discuter. Et pas seulement les Poufsouffle, malgré leur réputation.
Aristide lui proposa son aide et Cillian mit un instant à répondre. Il farfouilla dans sa boite jusqu’à trouver une petite pince coupante et détacha une feuille en particulièrement mauvaise état du plant d’aubergine. Il la posa sur sa main et la retourna avant de faire signe à Aristide de s’approcher. Il fit courir son doigt sur les nervures de la feuille.
« Je pense que ça ira. Tu vois, la feuille est un peu sèche, mais il n’y a aucun insecte visible. Il n’y a pas grand-chose qui peut attaquer une aubergine. Mais tous les insectes qui aurait pu s’en prendre à elles seraient visibles au moins sur le dessous des feuilles. »
Il la retourna à nouveau d’une pichenette.
« J’étais un peu inquiet que ce soit un virus. Mais il n’y a qu’un seul virus qui attaque les aubergines, et si c’était lui, on verrait une sorte de mosaïque de verts sur le dessus de la feuille. Heureusement que ce n’est pas ça d’ailleurs, sinon toutes les autres plantes sensibles auraient été en danger, même dans le potager ! Mais je pense qu’elles ont juste besoin d’un peu d’eau et de fertilisant. »
Il se redressa et se pencha par-dessus le canapé pour lancer la feuille dans la boite à compost sur le côté de la table de travail.
« Tu peux rester à côté si tu veux oui. Tant que ça ne t’embête pas de jouer avec moi qui m’agite à côté. »
Il avait remarqué cet été que quand Argentella jouait du violon et qu’il passait à côté, elle s’arrêtait systématiquement. Y compris quand il le faisait 10 fois en quelques minutes parce qu’il était occupé. Il ne savait pas comment elle faisait pour s’arrêter autant, et pourtant ne pas se déplacer et aller jouer ailleurs. Pas que ça le dérange, mais c’était un peu étrange. Enfin, la chose était, peut-être qu’Aristide était pareil. Très conscient de la présence des gens autour de lui quand il jouait.
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Tu peux me tutoyer horsRP !
Une mélodie fleurit des cordes
Soulagé que l'autre ne relève pas le flagrant mensonge, Aristide se détendit légèrement. Juste un tout petit peu. Pas suffisamment pour arrêter de se dandiner, mais au moins il n'avait plus l'impression que son cœur lui rampait dans la gorge pour s'échapper de sa poitrine. Le petit coquin tentait de le faire trop souvent, tellement que le Serdaigle n'était même plus certain qu'il soit rattaché à quoi que ce soit à l'intérieur. Probablement que si quelqu'un lui hurlait "bouh !" à l'oreille un matin, celui-ci s'enfuirait sans la moindre difficulté. Un petit saut entre ses dents et hop, Aristide regarderait son cœur se faire la malle dans un couloir. Il courrait sûrement plus vite que lui, d'ailleurs.
Quand l'adulte reprit la parole, Aristide sorti de ses pensées avec un petit sursaut d'excitation qui le fit sautiller sur la pointe des pieds. Il reposa rapidement ses talons par terre, histoire de ne pas trop se pendre aux lèvres de l'autre mais ses yeux étaient figés sur son visage, éclairés de milliers d'étincelles. S'il avait cligné des yeux trop fort, il aurait créé un feu, c'était sûr. Un grand sourire lui éclaira le visage, les dents visibles entre ses lèvres tordues vers le haut. Le Quatrième redressa ses lunettes, prenant une grande inspiration pour ne pas parler trop fort - n'était pas sûr que l'autre apprécierait qu'il lui hurle sa réponse au visage. J-je pourrais ? J'aimerais bien ! Il tapota des pieds quelques fois par terre pour calmer la vague de joie qui aurait pu le transporter à l'autre bout du monde et se mordilla les lèvres à nouveau en resserrant sa cravate par réflexe. Je... J-j'aime apprendre et... j'aime vraiment beaucoup la serre et le potager. Il frotta un de ses pieds par terre en laissant son regard retourner au sol, timidement. V-vous... vous me préviendrez, si vous le faites ?
Si un appel à candidature ouvrait comme pour certains stages qu'il avait vu passer les années précédentes, Aristide serait le premier à se précipiter pour écrire une lettre. Probablement qu'il serait même capable de feuler sur les autres élèves en ayant envie parce qu'une chance pareille n'était pas à laisser passer. Pouvoir suivre Cillian dans son travail et passer plus de temps par ici ? C'était un beau duo, un combo parfait même. Aristide glissa ses mains dans son dos à nouveau, dans l'espoir que l'envie de se précipiter sur l'autre pour lui serrer la main passe. Par Merlin, la proposition l'enchantait tellement qu'il aurait même pu lui faire un câlin. Cillian ne faisait pas partie des gens sale, Aristide était certain que le toucher serait comme toucher sa mère ou Nyxis. Ce ne serait pas très dérangeant, peut-être juste un peu gênant au début, mais c'était parce qu'il était timide. D'ailleurs, à bien y réfléchir, il faudrait qu'il comprenne un jour les critères de son cerveau parce que sa mère qui passait son temps à peindre était loin d'être immaculée. Mais voilà, elle était douce et gentille et elle le faisait se sentir en sécurité, alors même couverte de poussière elle n'était jamais trop sale.
Il s'approcha de l'autre, se mettant sur la pointe des pieds pour pouvoir observer la feuille d'une position plus élevée. Intéressé, il écouta d'une oreille attentive toutes les remarques de l'autre. Les livres de botanique magiques ne parlaient pas vraiment des aubergines, ou pas trop non plus des maladies des plantes moldus. Pourtant, c'était tout aussi intéressant que d'apprendre à reconnaître les parasites magiques. Aristide se demandait si un des livres de la serre regorgeait de toutes les informations que Cillian lui donnait. Il n'avait pas pu tous les lire l'année dernière, puisqu'il amenait souvent ses propres romans et manuels mais la petite leçon du plus vieux lui donna envie de se blottir quelque part pour dévorer tout ceux qu'il avait laissé de côté jusqu'à présent. Il n'y en avait pas tant, c'était peut-être pour ça que Aristide avait bêtement pensé qu'il était plus amusant de ramener ses propres lectures.
Et... il n'existe pas des choses qui mangent les feuilles et qu'on ne peut pas voir ? Les... euh... les sans magie parlent parfois de microscopes dans leurs livres. Je n'en ai pas lu beaucoup, mais ils disent qu'il y a des insectes qu'on ne peut pas voir juste avec nos yeux. Il leva le regard vers l'autre, incertain de sa question. Si ça se trouvait, c'était totalement stupide à demander. Des insectes qu'on ne pouvait pas voir, ça ressemblait quand même à une blague moldue courante pour faire peur aux enfants. Il était quand même soulagé que la plante n'ait rien de grave, même s'il l'idée de travailler avec l'autre était intéressante. Peut-être qu'il aurait la possibilité de le faire une autre fois.
En attendant, il hocha juste la tête et se précipita pour aller ramasser son luth et ses chaussures qu'il déposa à nouveau par terre mais cette fois-ci au pied d'un fauteuil. Il s'y assit légèrement, repliant ses pieds sous lui après les avoir épousseté. C'est bon. Si c'est vous... Ca va. Ou alors, ça irait. Après quelques instants de panique, on s'entend. Il frôla les cordes quelques fois, avant de jouer trois notes en observant la réaction de l'autre du coin de l'œil.
Quand l'adulte reprit la parole, Aristide sorti de ses pensées avec un petit sursaut d'excitation qui le fit sautiller sur la pointe des pieds. Il reposa rapidement ses talons par terre, histoire de ne pas trop se pendre aux lèvres de l'autre mais ses yeux étaient figés sur son visage, éclairés de milliers d'étincelles. S'il avait cligné des yeux trop fort, il aurait créé un feu, c'était sûr. Un grand sourire lui éclaira le visage, les dents visibles entre ses lèvres tordues vers le haut. Le Quatrième redressa ses lunettes, prenant une grande inspiration pour ne pas parler trop fort - n'était pas sûr que l'autre apprécierait qu'il lui hurle sa réponse au visage. J-je pourrais ? J'aimerais bien ! Il tapota des pieds quelques fois par terre pour calmer la vague de joie qui aurait pu le transporter à l'autre bout du monde et se mordilla les lèvres à nouveau en resserrant sa cravate par réflexe. Je... J-j'aime apprendre et... j'aime vraiment beaucoup la serre et le potager. Il frotta un de ses pieds par terre en laissant son regard retourner au sol, timidement. V-vous... vous me préviendrez, si vous le faites ?
Si un appel à candidature ouvrait comme pour certains stages qu'il avait vu passer les années précédentes, Aristide serait le premier à se précipiter pour écrire une lettre. Probablement qu'il serait même capable de feuler sur les autres élèves en ayant envie parce qu'une chance pareille n'était pas à laisser passer. Pouvoir suivre Cillian dans son travail et passer plus de temps par ici ? C'était un beau duo, un combo parfait même. Aristide glissa ses mains dans son dos à nouveau, dans l'espoir que l'envie de se précipiter sur l'autre pour lui serrer la main passe. Par Merlin, la proposition l'enchantait tellement qu'il aurait même pu lui faire un câlin. Cillian ne faisait pas partie des gens sale, Aristide était certain que le toucher serait comme toucher sa mère ou Nyxis. Ce ne serait pas très dérangeant, peut-être juste un peu gênant au début, mais c'était parce qu'il était timide. D'ailleurs, à bien y réfléchir, il faudrait qu'il comprenne un jour les critères de son cerveau parce que sa mère qui passait son temps à peindre était loin d'être immaculée. Mais voilà, elle était douce et gentille et elle le faisait se sentir en sécurité, alors même couverte de poussière elle n'était jamais trop sale.
Il s'approcha de l'autre, se mettant sur la pointe des pieds pour pouvoir observer la feuille d'une position plus élevée. Intéressé, il écouta d'une oreille attentive toutes les remarques de l'autre. Les livres de botanique magiques ne parlaient pas vraiment des aubergines, ou pas trop non plus des maladies des plantes moldus. Pourtant, c'était tout aussi intéressant que d'apprendre à reconnaître les parasites magiques. Aristide se demandait si un des livres de la serre regorgeait de toutes les informations que Cillian lui donnait. Il n'avait pas pu tous les lire l'année dernière, puisqu'il amenait souvent ses propres romans et manuels mais la petite leçon du plus vieux lui donna envie de se blottir quelque part pour dévorer tout ceux qu'il avait laissé de côté jusqu'à présent. Il n'y en avait pas tant, c'était peut-être pour ça que Aristide avait bêtement pensé qu'il était plus amusant de ramener ses propres lectures.
Et... il n'existe pas des choses qui mangent les feuilles et qu'on ne peut pas voir ? Les... euh... les sans magie parlent parfois de microscopes dans leurs livres. Je n'en ai pas lu beaucoup, mais ils disent qu'il y a des insectes qu'on ne peut pas voir juste avec nos yeux. Il leva le regard vers l'autre, incertain de sa question. Si ça se trouvait, c'était totalement stupide à demander. Des insectes qu'on ne pouvait pas voir, ça ressemblait quand même à une blague moldue courante pour faire peur aux enfants. Il était quand même soulagé que la plante n'ait rien de grave, même s'il l'idée de travailler avec l'autre était intéressante. Peut-être qu'il aurait la possibilité de le faire une autre fois.
En attendant, il hocha juste la tête et se précipita pour aller ramasser son luth et ses chaussures qu'il déposa à nouveau par terre mais cette fois-ci au pied d'un fauteuil. Il s'y assit légèrement, repliant ses pieds sous lui après les avoir épousseté. C'est bon. Si c'est vous... Ca va. Ou alors, ça irait. Après quelques instants de panique, on s'entend. Il frôla les cordes quelques fois, avant de jouer trois notes en observant la réaction de l'autre du coin de l'œil.
874.
034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.