Tout feu, tout flamme
Ernest suivait des cours de potions en option facultative. Et il aimait bien la matière, même si elle ne faisait pas partie de ses préférées. Il savait que certains ingrédients provenaient d’espèces animales, mais c’était beaucoup plus facile à appréhender quand il s’agissait d'épines de porc-épic ou de crin de Palomino que de foie de dragon ou de pattes d’araignées. Et à son niveau, c’était plus feuilles de valériane et purin d’ortie que ratte de chauve-souris.
“...’Fin, je… ouai… mais personne connaissaient leur propriétés avant de les avoir essayées…”
Une vérité qui sonnait comme un glas dans la tête du garçon. Lui qui aimait tant les expériences, qui aimait tant décortiquer la science et la magie… jamais il n’irait jusqu’à décortiquer un coléoptère pour en récupérer les yeux.
Heureusement le flot de visiteurs les poussaient inexorablement vers le lieu de l’épreuve et ce mouvement continu distrayait également les mauvaises pensées. Le pari d’Isée eut pour effet d’allumer une lueur malicieuse dans l'œil du garçon que peu de gens pouvaient se targuer d’avoir aperçu un jour. Un sourire en coin se dessina sur les lèvres du garçon et il leva un sourcil d’un air de défi.
“Cap !”
Alors Ernest lâcha la main de l’adulte pour profiter de sa petite taille et se glisser entre les passants. Enfin pas si petite que ça. Il ne le réalisa pas sous le coup de l’adrénaline, mais Ernest dépassait à présent les coudes des plus grands adultes pour leur arriver presque au niveau des épaules. Sa silhouette fine et sa vivacité restaient un atout non négligeable pour se glisser entre les gens. De temps en temps, il se retournait pour s’assurer que la rouquine le suivait toujours.
“...’Fin, je… ouai… mais personne connaissaient leur propriétés avant de les avoir essayées…”
Une vérité qui sonnait comme un glas dans la tête du garçon. Lui qui aimait tant les expériences, qui aimait tant décortiquer la science et la magie… jamais il n’irait jusqu’à décortiquer un coléoptère pour en récupérer les yeux.
Heureusement le flot de visiteurs les poussaient inexorablement vers le lieu de l’épreuve et ce mouvement continu distrayait également les mauvaises pensées. Le pari d’Isée eut pour effet d’allumer une lueur malicieuse dans l'œil du garçon que peu de gens pouvaient se targuer d’avoir aperçu un jour. Un sourire en coin se dessina sur les lèvres du garçon et il leva un sourcil d’un air de défi.
“Cap !”
Alors Ernest lâcha la main de l’adulte pour profiter de sa petite taille et se glisser entre les passants. Enfin pas si petite que ça. Il ne le réalisa pas sous le coup de l’adrénaline, mais Ernest dépassait à présent les coudes des plus grands adultes pour leur arriver presque au niveau des épaules. Sa silhouette fine et sa vivacité restaient un atout non négligeable pour se glisser entre les gens. De temps en temps, il se retournait pour s’assurer que la rouquine le suivait toujours.
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Tout feu, tout flamme
Je pouvais voir les rouages qui tournaient à toute vitesse dans son esprit, et les informations que je lui donnais faisaient leur chemin pour se glisser dans les tiroirs d'apprentissages. Petit à petit, j'avais vu son esprit critique se développer au fil des années, passant d'un bambin à un petit garçon, puis à un adolescent. Chaque année, le garçon affûtait ses goûts et dégoûts, et je m'y adaptais tant bien que mal. Si, aujourd'hui, je parvenais encore à taper dans le mille lorsqu'il s'agissait de cadeau d'anniversaire, je me mettais déjà à appréhender pour l'année suivante.
- Cap ! Répetais-je, alors que l'adolescent me lâchait la main pour se faufiler parmi la foule.
Je sentais l'air s'engouffrer sur ma main, à l'exact endroit où il me tenait, et l'adrénaline grimpa rapidement. Non seulement, je ne l'avais plus en vue, et je me promis de ne jamais en parler à Elianor sous peine de perdre le restant de ma tête qu'il me restait, mais en plus, le petit sorcier avait prit de l'avance.
Agile, tel un chat, je me lançais à sa poursuite, glissant entre les gens de la foule, bousculant parfois un sorcier, sans prendre le temps de m'excuser, puis continuait ma course, ou plutôt ma poursuite, vers Ernest. Je pouvais voir parfois un talon bifurquer, ou un morceau de sa cape flotter, et je savais que j'étais sur la bonne voie.
Ce jeu du chat et la souris m'amusait autant qu'il m'inquiétait, et mes joues se teintaient d'une couleur aussi chaude que mes cheveux. Je n'avais plus l'endurance de mon adolescence, mais mes nombreuses randonnées à travers mes voyages m'avaient permis d'être suffisamment robustes pour dépasser mes limites.
- Hors de question de te laisser gagner, criais-je, haletante, alors que je continuais à courir à travers le monde.
- Cap ! Répetais-je, alors que l'adolescent me lâchait la main pour se faufiler parmi la foule.
Je sentais l'air s'engouffrer sur ma main, à l'exact endroit où il me tenait, et l'adrénaline grimpa rapidement. Non seulement, je ne l'avais plus en vue, et je me promis de ne jamais en parler à Elianor sous peine de perdre le restant de ma tête qu'il me restait, mais en plus, le petit sorcier avait prit de l'avance.
Agile, tel un chat, je me lançais à sa poursuite, glissant entre les gens de la foule, bousculant parfois un sorcier, sans prendre le temps de m'excuser, puis continuait ma course, ou plutôt ma poursuite, vers Ernest. Je pouvais voir parfois un talon bifurquer, ou un morceau de sa cape flotter, et je savais que j'étais sur la bonne voie.
Ce jeu du chat et la souris m'amusait autant qu'il m'inquiétait, et mes joues se teintaient d'une couleur aussi chaude que mes cheveux. Je n'avais plus l'endurance de mon adolescence, mais mes nombreuses randonnées à travers mes voyages m'avaient permis d'être suffisamment robustes pour dépasser mes limites.
- Hors de question de te laisser gagner, criais-je, haletante, alors que je continuais à courir à travers le monde.
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Tout feu, tout flamme
Quand ses deux-là étaient lâchés ensemble, la barrière de l’âge se brouillait et il était parfois difficile de savoir qui des deux était l’adulte et qui était l’enfant. Ils pouvaient passer d’une complicité malicieuse et farceuse à des conversations d’un grand sérieux. Ernest touchait sa bille en créatures magiques et la rousse n’y était pas pour rien. Elianor et Lucy avait toujours encouragé cette curiosité et il n’était pas rare qu’une carte postale d’Isée se suive d’une petite visite au Chemin de Traverse pour satisfaire une question bien trop brûlante pour attendre que la prochaine lettre y réponde.
En attendant que ses mères acceptent un jour qu’il accompagne l’Irlandaise en voyage, Ernest se plongeait dans les lettres, dans les livres et dans les photos magiques qu’elle lui envoyait, rêvant qu’un jour, il pourrait se tenir à la proue de la Méduse.
Il profitait déjà bien du fait qu’elles l’avaient laissé venir ici seul avec Isée. Et même s’il appréciait ce sentiment de liberté, il ne prenait jamais trop d’avance sur sa marraine dans cette petite course-poursuite à travers la foule. Un éclat de rire cristallin échappa de ses lèvres alors qu’elle le haranguait pour lui dire qu’elle ne le laisserait pas gagner. Il n’avait peut-être pas le physique d’un grand sportif, mais il était rapide. Et se faufiler c’était aussi une de ses spécialités.
Ernest s’était finalement arrêté au croisement de plusieurs entrées qui menaient dans les tribunes. Il laissa l’adulte le rattraper avant de saisir la manche de sa veste. Il lui indiqua un escalier un peu plus loin qui semblait monter bien plus haut que les autres mais qui était aussi moins bondé.
"R’garde… on peut monter par là… si on monte en courant, on pourra redescendre de l’autre côté avant les gens qui prennent l’autre entrée sans être ralenti par la foule…"
Ce n’était pas vraiment de la triche. Juste de la stratégie. Et puis il fallait les monter ces escaliers.
"Tu crois que tu vas y arriver ?" adressa-t-il l’air de rien, un sourire taquin au bord des lèvres.
En attendant que ses mères acceptent un jour qu’il accompagne l’Irlandaise en voyage, Ernest se plongeait dans les lettres, dans les livres et dans les photos magiques qu’elle lui envoyait, rêvant qu’un jour, il pourrait se tenir à la proue de la Méduse.
Il profitait déjà bien du fait qu’elles l’avaient laissé venir ici seul avec Isée. Et même s’il appréciait ce sentiment de liberté, il ne prenait jamais trop d’avance sur sa marraine dans cette petite course-poursuite à travers la foule. Un éclat de rire cristallin échappa de ses lèvres alors qu’elle le haranguait pour lui dire qu’elle ne le laisserait pas gagner. Il n’avait peut-être pas le physique d’un grand sportif, mais il était rapide. Et se faufiler c’était aussi une de ses spécialités.
Ernest s’était finalement arrêté au croisement de plusieurs entrées qui menaient dans les tribunes. Il laissa l’adulte le rattraper avant de saisir la manche de sa veste. Il lui indiqua un escalier un peu plus loin qui semblait monter bien plus haut que les autres mais qui était aussi moins bondé.
"R’garde… on peut monter par là… si on monte en courant, on pourra redescendre de l’autre côté avant les gens qui prennent l’autre entrée sans être ralenti par la foule…"
Ce n’était pas vraiment de la triche. Juste de la stratégie. Et puis il fallait les monter ces escaliers.
"Tu crois que tu vas y arriver ?" adressa-t-il l’air de rien, un sourire taquin au bord des lèvres.
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Je réajustais mes lunettes sur le bout de mon nez, m'arrêtant un instant, pour retrouver mon souffle. Le froid norvégien avait eut raison de mon endurance, et mes joues reprenaient peu à peu une couleur à peu près correcte. J'avais hâte de m'installer dans l'une des tribunes, et de larguer le sac à dos sur le sol.
A peine étais-je arrivée à la hauteur d'Ernest, qu'il me proposait déjà de grimper en courant les escaliers. Ce gosse allait finir par me tuer. Mais je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même, c'était moi qui avais lancé le défi, cette fois-ci !
Le garçon me fit son sourire le plus malicieux, ce qui eut le don de me donner un regain d'énergie. Je lui répondis avec le même sourire, bien déterminée à prouver que je n'étais pas encore trop rouillée. Sa petite stratégie me paraissait bien serpentesque.
- Tu ne m'en crois pas capable ? répondis-je sur le même air de défi. Je suis même prête à parier un Hot-Drac que je peux grimper cet escalier en un temps record.
Dans quoi m'étais-je embarquée, encore ? J'inspirais un grand coup. L'air frais entrait dans mes poumons, et j'expirais tout l'air, prête à grimper les escaliers rapidement. La foule s'éparpillait autour de nous, choisissant les meilleures places dans les tribunes. Je jetai un oeil à Ernest, et lui fit un hochement de tête.
A peine étais-je arrivée à la hauteur d'Ernest, qu'il me proposait déjà de grimper en courant les escaliers. Ce gosse allait finir par me tuer. Mais je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même, c'était moi qui avais lancé le défi, cette fois-ci !
Le garçon me fit son sourire le plus malicieux, ce qui eut le don de me donner un regain d'énergie. Je lui répondis avec le même sourire, bien déterminée à prouver que je n'étais pas encore trop rouillée. Sa petite stratégie me paraissait bien serpentesque.
- Tu ne m'en crois pas capable ? répondis-je sur le même air de défi. Je suis même prête à parier un Hot-Drac que je peux grimper cet escalier en un temps record.
Dans quoi m'étais-je embarquée, encore ? J'inspirais un grand coup. L'air frais entrait dans mes poumons, et j'expirais tout l'air, prête à grimper les escaliers rapidement. La foule s'éparpillait autour de nous, choisissant les meilleures places dans les tribunes. Je jetai un oeil à Ernest, et lui fit un hochement de tête.
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Le regard d’Ernest transpirait la malice même s’il n’avait jamais été particulièrement compétiteur. Mais ce jour était particulier. Il était à l’autre bout du monde, où du moins à un bout du monde, rien qu’avec elle. Pas de mère pour le surveiller, de professeur pour l’évaluer ou de collégiens pour le jauger. Le garçon se sentait… léger. Et il était en train de réaliser l’un de ses plus grands rêves : voir des dragons en chair et en os et peut-être même tenter d’en approcher.
Il avait bien sûr rigolé au défi qu’Isée venait de lui lancer. Parce que soyons honnêtes, manger un Hot-Drac, c’était déjà un défi en soi. Et pour le coup, il n’était pas certain de pouvoir faire un pari gagnant. Mais à vrai dire, Ernest n’avait probablement pas une once de compétitivité en lui. Il avait saisi le bras de l’adulte avant de s’élancer dans les escaliers. C’était eux-deux contre le reste du monde. Enfin surtout contre le reste de la foule. Ce n’était pas un vrai combat. C’était une quête. Celle de la meilleure place possible.
Arrivés tout en haut des gigantesques tribunes, ils n’avaient plus qu’à en redescendre une partie pour se glisser dans le rang tant désiré. À deux, c’était plutôt facile. Et Ernest n’était pas le seul à être preste. Le gamin finit par jeter son dévolu sur deux places dont la position avait été particulièrement étudiée. Une fois assis, il tendit le bras vers l’immense Labyrinthe qui s’étalait face à eux.
“T’as vu ça ! C’est géant ! Tu penses qu’il est magique à quel point ? J’ai lu qu’il y avait eu un labyrinthe dans ce genre à Poudlard lors d’un Tournoi des Trois sorciers… Tu crois que tu aurais voulu y assister ? À un tournoi ? R’garde, d’ici je crois qu’on pourra voir Papadiamandis et sa dragonne évolué quelque soit la direction qu’ils prennent… Tu savais qu’il avait déjà participé à la Coupe du Monde ?”
Et le moulin à parole s’était remis en marche.
Il avait bien sûr rigolé au défi qu’Isée venait de lui lancer. Parce que soyons honnêtes, manger un Hot-Drac, c’était déjà un défi en soi. Et pour le coup, il n’était pas certain de pouvoir faire un pari gagnant. Mais à vrai dire, Ernest n’avait probablement pas une once de compétitivité en lui. Il avait saisi le bras de l’adulte avant de s’élancer dans les escaliers. C’était eux-deux contre le reste du monde. Enfin surtout contre le reste de la foule. Ce n’était pas un vrai combat. C’était une quête. Celle de la meilleure place possible.
Arrivés tout en haut des gigantesques tribunes, ils n’avaient plus qu’à en redescendre une partie pour se glisser dans le rang tant désiré. À deux, c’était plutôt facile. Et Ernest n’était pas le seul à être preste. Le gamin finit par jeter son dévolu sur deux places dont la position avait été particulièrement étudiée. Une fois assis, il tendit le bras vers l’immense Labyrinthe qui s’étalait face à eux.
“T’as vu ça ! C’est géant ! Tu penses qu’il est magique à quel point ? J’ai lu qu’il y avait eu un labyrinthe dans ce genre à Poudlard lors d’un Tournoi des Trois sorciers… Tu crois que tu aurais voulu y assister ? À un tournoi ? R’garde, d’ici je crois qu’on pourra voir Papadiamandis et sa dragonne évolué quelque soit la direction qu’ils prennent… Tu savais qu’il avait déjà participé à la Coupe du Monde ?”
Et le moulin à parole s’était remis en marche.
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Tout feu, tout flamme
Poussée par l'adrénaline, et surtout, par l'adolescent, je m'élançais dans la volée de marches des tribunes. Mon souffle était court, rapide, saccadé, mais mon sourire était si large qu'il faisait glisser mes lunettes sur mon nez retroussé, que je m'empressais de remettre en place, tandis que mon sac à dos remplis de victuailles se balançait dans tous les sens, attaquant quelques sorciers sur notre passage. Mais je m'en moquais. A deux, nous étions si forts que le monde m'importait peu, et je me fichais des regards courroucés des pauvres gens autour de nous.
Les tribunes étaient si grandes, vue du haut, qu'elles m'en donnaient le tournis. J'observais un instant la foule s'éparpiller, et le labyrinthe qui attendait d'être pris d'assaut par les lézards de feu. Je me sentais petite. Toute petite. Et si grande à la fois, pourtant. L'immensité de la foule sur les terres glacées de Svalbard me donnait une impression étrange, comme si nous n'étions pas vraiment à notre place, dérangeant l'équilibre de la faune et de la flore. Les sorciers étaient, pourtant, bien plus respectueux de l'environnement que nos compatriotes Moldus. J'aimais user de la magie comme mes ancêtres sorcières avant moi : en écoutant la nature me chuchoter, utilisant des matières brutes, sans forcer.
A peine installés, qu'Ernest me posait toutes sortes de questions les unes à la suite des autres. Mon esprit formulait petit à petit des réponses sans que je n'ai le temps d'en dire d'avantage car, voilà qu'une nouvelle question faisait son apparition. J'avais l'habitude évidemment, et je ne relevais qu'à peine ce flot de paroles. Ma mère m'avait toujours dit qu'il valait mieux un strangulot qui cause, plutôt qu'une sirène muette.
- Au moins une bonne centaine de sortilèges... Quand je vois tous les arrangements sur mon bateau... ! Oh oui, le fameux labyrinthe où Cedric Digg... Dans un labyrinthe, pourquoi pas... Après tout, j'ai le sens de l'orient... Mais comment tu sais ça, toi ? Je vois qu'on a fait ses devoirs, monsieur Stevens, d'ailleurs... A ce propos...
Je me mordillais la lèvre inférieure. Je ne savais pas vraiment comment Ernest allait réagir. Il fallait un peu tâter le terrain avant de dire quoi que ce soit. Mon Ernest était un grand sensible, finalement. J'espérais que cette nouvelle ne le bouleverse pas trop.
Les tribunes étaient si grandes, vue du haut, qu'elles m'en donnaient le tournis. J'observais un instant la foule s'éparpiller, et le labyrinthe qui attendait d'être pris d'assaut par les lézards de feu. Je me sentais petite. Toute petite. Et si grande à la fois, pourtant. L'immensité de la foule sur les terres glacées de Svalbard me donnait une impression étrange, comme si nous n'étions pas vraiment à notre place, dérangeant l'équilibre de la faune et de la flore. Les sorciers étaient, pourtant, bien plus respectueux de l'environnement que nos compatriotes Moldus. J'aimais user de la magie comme mes ancêtres sorcières avant moi : en écoutant la nature me chuchoter, utilisant des matières brutes, sans forcer.
A peine installés, qu'Ernest me posait toutes sortes de questions les unes à la suite des autres. Mon esprit formulait petit à petit des réponses sans que je n'ai le temps d'en dire d'avantage car, voilà qu'une nouvelle question faisait son apparition. J'avais l'habitude évidemment, et je ne relevais qu'à peine ce flot de paroles. Ma mère m'avait toujours dit qu'il valait mieux un strangulot qui cause, plutôt qu'une sirène muette.
- Au moins une bonne centaine de sortilèges... Quand je vois tous les arrangements sur mon bateau... ! Oh oui, le fameux labyrinthe où Cedric Digg... Dans un labyrinthe, pourquoi pas... Après tout, j'ai le sens de l'orient... Mais comment tu sais ça, toi ? Je vois qu'on a fait ses devoirs, monsieur Stevens, d'ailleurs... A ce propos...
Je me mordillais la lèvre inférieure. Je ne savais pas vraiment comment Ernest allait réagir. Il fallait un peu tâter le terrain avant de dire quoi que ce soit. Mon Ernest était un grand sensible, finalement. J'espérais que cette nouvelle ne le bouleverse pas trop.
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Tout feu, tout flamme
Enfin, ils étaient installés. Ernest était légèrement essoufflé de toutes ces marches qu’il avait grimpé. Peut-être aussi par l’excitation qu’avait provoqué cette petite embarquée. Pas comme s’il faisait quelque chose de mal, vraiment. Mais il y avait quelque chose d’un peu malicieux dans leur petite échappée. D’un peu Serpentard. En observant la rousse reprendre son souffle, il tenta de l’imaginer élève dans la même maison que lui. Elle n’avait pas si mal tourné au final. Peut-être que tous les Serpentards ne finissaient pas mal. Enfin sa mère non plus n’avait pas mal tourné, évidemment. Mais pour sa mère, c’était un peu plus évident. La compétitivité, l’excellence. La rigidité aussi. Isée était bien différente de ce point de vue là.
“J’crois que je dois en connaître une centaine… entre le programme et ceux où j’ai pris un peu d’avance… Cent douze en fait… ‘fin après, il y a connaître et connaître… j’les maîtrise pas tout à fait tous… enfin pas à la perfection… Tu sais, j’ai quand même lu quelques bouquins qui parlent pas de plantes ou de créatures magiques…”
Il adressa un sourire complice à l’adulte. Pas question néanmoins d’évoquer les livres d’anatomie de créatures magiques, les précis d’analyse de Métamorphoses et les Guides de l’imprégnation avancé qui avaient remplacer quelques uns des ouvrages qu’elle lui avait offert sur les différents types de crevettes magiques dans les Lacs et Rivières du Connemara.
“Oui, d’ailleurs, à ce propos… t’avais entendu parler du Dominion ? C’est à ce labyrinthe que je pensais… Maman en a jamais parlé… ‘fin, elle était plus à Poudlard mais avec son boulot, elle devait forcément savoir…”
“J’crois que je dois en connaître une centaine… entre le programme et ceux où j’ai pris un peu d’avance… Cent douze en fait… ‘fin après, il y a connaître et connaître… j’les maîtrise pas tout à fait tous… enfin pas à la perfection… Tu sais, j’ai quand même lu quelques bouquins qui parlent pas de plantes ou de créatures magiques…”
Il adressa un sourire complice à l’adulte. Pas question néanmoins d’évoquer les livres d’anatomie de créatures magiques, les précis d’analyse de Métamorphoses et les Guides de l’imprégnation avancé qui avaient remplacer quelques uns des ouvrages qu’elle lui avait offert sur les différents types de crevettes magiques dans les Lacs et Rivières du Connemara.
“Oui, d’ailleurs, à ce propos… t’avais entendu parler du Dominion ? C’est à ce labyrinthe que je pensais… Maman en a jamais parlé… ‘fin, elle était plus à Poudlard mais avec son boulot, elle devait forcément savoir…”
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Soudain, malgré l'air glacial de l'île aux Dragons, je sentais mes mains devenir moites, et mes joues rougir par la discussion que j'espérais commencer avec mon filleul. Le garçon, lui, n'en avait que faire, et discutait joyeusement, sans se rendre compte du malaise palpable auquel je faisais face. Ce n'était pas évident comme discussion et j'appréhendais sa réaction. Allait-il se mettre en colère, ou accepter la nouvelle plus positivement ? J'avais tourné et retourné à plusieurs reprises la situation, sans trouver un scénario acceptable. Mais je me devais de lui en parler.
Il se tourna vers moi, le regard complice. Je souris à mon tour, le coeur battant. Je connaissais ses mimiques par coeur, quand il était contrarié, ou pleinement heureux. Pas autant que ses mères, évidemment, mais suffisamment pour le comprendre. Cette nouvelle risquait sans aucun doute d'être un choc pour le garçon sensible qu'il était.
- Le Dominion... Oh euh... répondis-je, décontenancée par la discussion qui ne tournait pas comme je l'espérais. Oui. Oui. Le Dominion. Evidemment. Mais ce n'est pas de ça que je voulais te parler à vrai dire.
Je tentais de le regarder dans les yeux, espérant capter son attention, mais j'étais tellement nerveuse à l'idée d'aborder la discussion que mon regard se reporta rapidement sur les tribunes et le monde environnant. Les sorciers du monde se bousculaient dans les rangées, et j'émis un grognement désapprobateur lorsque l'un d'eux tenta de donner un coup d'épaule à Ernest en souhaitant passer dans notre rangée.
- Eh ! Faites attention ! grognais-je, tel un chien de garde.
Il se tourna vers moi, le regard complice. Je souris à mon tour, le coeur battant. Je connaissais ses mimiques par coeur, quand il était contrarié, ou pleinement heureux. Pas autant que ses mères, évidemment, mais suffisamment pour le comprendre. Cette nouvelle risquait sans aucun doute d'être un choc pour le garçon sensible qu'il était.
- Le Dominion... Oh euh... répondis-je, décontenancée par la discussion qui ne tournait pas comme je l'espérais. Oui. Oui. Le Dominion. Evidemment. Mais ce n'est pas de ça que je voulais te parler à vrai dire.
Je tentais de le regarder dans les yeux, espérant capter son attention, mais j'étais tellement nerveuse à l'idée d'aborder la discussion que mon regard se reporta rapidement sur les tribunes et le monde environnant. Les sorciers du monde se bousculaient dans les rangées, et j'émis un grognement désapprobateur lorsque l'un d'eux tenta de donner un coup d'épaule à Ernest en souhaitant passer dans notre rangée.
- Eh ! Faites attention ! grognais-je, tel un chien de garde.
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Ernest avait beau être pris dans l’enthousiasme de l’instant, il avait toujours eu une sensibilité à fleur de peau. Une capacité de capter inconsciemment les cassures imperceptibles dans le timbre de la voix, les clignements discrets aux coins des yeux ou les lèvres qui se serraient subrepticement. Peut-être était-ce le fait qu’Isée ne relève pas sa petite pointe d’ironie. Une simple boutade. Mais en général, la rousse démarrait toujours au quart de tour. Leurs échanges rebondissaient toujours.
Ernest pensa un instant que c’était peut-être la responsabilité, le monde. Mais ce n’était pas la première fois qu’elle emmenait le garçon pour faire une activité sans supervision parentale. Il allait poser sa mains sur le bras de la jeune femme quand sa dernière remarque l’interpella. Tout comme son regard fuyant. L’adolescent fronça les sourcils. Et quand sa marraine montra les dents à un pauvre badaud qui tentait de se frayer un chemin un peu trop près de leurs genoux, le gamin su que quelque chose flottait dans l’air.
Les épaules du jeune garçon se renfoncèrent un peu et son regard sembla se voiler, perdant du pétillant qui l’animait depuis que le portoloin les avait déposés sur le sol glacé du Svalbard. Il planta ses yeux clairs dans ceux de sa marraine sans ciller.
“T’as un copain, c’est ça…?”
Le ton de sa voix était plus rude. Pourtant, Ernest n’avait jamais été élevé enfant pourris gâtés. Mais en étant le garçon unique de deux mamans, on en était inéluctablement l’homme de leur vie. Et ça avait toujours été un peu comme ça avec Isée aussi. Ils avaient un lien particulier avec elle. À part. Il était son p’tit mec. Et le garçon avait toujours redouté le jour où elle leur ramènerait un petit ami sérieux. Les choses ne seraient plus les mêmes, il le savait.
Ernest pensa un instant que c’était peut-être la responsabilité, le monde. Mais ce n’était pas la première fois qu’elle emmenait le garçon pour faire une activité sans supervision parentale. Il allait poser sa mains sur le bras de la jeune femme quand sa dernière remarque l’interpella. Tout comme son regard fuyant. L’adolescent fronça les sourcils. Et quand sa marraine montra les dents à un pauvre badaud qui tentait de se frayer un chemin un peu trop près de leurs genoux, le gamin su que quelque chose flottait dans l’air.
Les épaules du jeune garçon se renfoncèrent un peu et son regard sembla se voiler, perdant du pétillant qui l’animait depuis que le portoloin les avait déposés sur le sol glacé du Svalbard. Il planta ses yeux clairs dans ceux de sa marraine sans ciller.
“T’as un copain, c’est ça…?”
Le ton de sa voix était plus rude. Pourtant, Ernest n’avait jamais été élevé enfant pourris gâtés. Mais en étant le garçon unique de deux mamans, on en était inéluctablement l’homme de leur vie. Et ça avait toujours été un peu comme ça avec Isée aussi. Ils avaient un lien particulier avec elle. À part. Il était son p’tit mec. Et le garçon avait toujours redouté le jour où elle leur ramènerait un petit ami sérieux. Les choses ne seraient plus les mêmes, il le savait.
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Derrière ma chevelure de flammes, mes yeux lançaient des éclairs au sorcier qui s’éloigna tranquillement en me faisant quelques gestes d’apaisement, en signe de paix, et je suivis sa silhouette s’enfoncer dans la foule avant de disparaître complètement. Cette petite altercation m’avait brusquement sortie de ma mission principale.
Je me tournais à nouveau vers mon filleul, dont les épaules s’étaient affaissées, presque déçu. Je jetais un œil aux alentours, puis vers lui, cherchant la source du problème. Par Merlin, je n’avais encore rien dit. Mon filleul me cachait-il des dons pour la legilimancie ou avais-je, encore une fois je l’imagine, parlé à tort et à travers sans mesurer les mots qui étaient sortis de ma bouche ?
Mais non, c’était autre chose.
Je ne pus m’empêcher d’exploser de rire à la question d’Ernest. Je souris à pleines dents, soulagée par la réflexion, mais très étonnée de cette réaction sur ma vie amoureuse. Non, il ne s’agissait pas de ça. Un copain, moi ? Quelle drôle d’idée. Ce n’était certainement pas dans mes projets. Ou même dans mes rêves.
Je rejetais mes cheveux en arrière d’un geste de la main, les yeux brillants. La pression était immédiatement retombée, et je me sentais d’un coup si légère, que je pouvais parler librement sans avoir peur de la réaction de l’adolescent.
- Un copain, dis-je en essuyant une larme du coin de l’œil, quelle drôle d’idée. Non, non, rien à voir. En fait… je fais ma rentrée à Poudlard avec toi, cette année.
Mon sourire était timide, et sensiblement le même que j’avais affiché à mes onze ans, lors de mes premiers achats de rentrée. Chaque commerçant du chemin de traverse me demandait si c’était pour Poudlard, et j’avais répété cette phrase, inlassablement, précisant que j’étais en première année, et non en deuxième, comme le demandaient certains d’entre eux. A cette époque, j’étais plutôt grande, pour mon âge.
- … En professeur ! ajoutais-je, comme si il était nécessaire de le préciser.
Je me tournais à nouveau vers mon filleul, dont les épaules s’étaient affaissées, presque déçu. Je jetais un œil aux alentours, puis vers lui, cherchant la source du problème. Par Merlin, je n’avais encore rien dit. Mon filleul me cachait-il des dons pour la legilimancie ou avais-je, encore une fois je l’imagine, parlé à tort et à travers sans mesurer les mots qui étaient sortis de ma bouche ?
Mais non, c’était autre chose.
Je ne pus m’empêcher d’exploser de rire à la question d’Ernest. Je souris à pleines dents, soulagée par la réflexion, mais très étonnée de cette réaction sur ma vie amoureuse. Non, il ne s’agissait pas de ça. Un copain, moi ? Quelle drôle d’idée. Ce n’était certainement pas dans mes projets. Ou même dans mes rêves.
Je rejetais mes cheveux en arrière d’un geste de la main, les yeux brillants. La pression était immédiatement retombée, et je me sentais d’un coup si légère, que je pouvais parler librement sans avoir peur de la réaction de l’adolescent.
- Un copain, dis-je en essuyant une larme du coin de l’œil, quelle drôle d’idée. Non, non, rien à voir. En fait… je fais ma rentrée à Poudlard avec toi, cette année.
Mon sourire était timide, et sensiblement le même que j’avais affiché à mes onze ans, lors de mes premiers achats de rentrée. Chaque commerçant du chemin de traverse me demandait si c’était pour Poudlard, et j’avais répété cette phrase, inlassablement, précisant que j’étais en première année, et non en deuxième, comme le demandaient certains d’entre eux. A cette époque, j’étais plutôt grande, pour mon âge.
- … En professeur ! ajoutais-je, comme si il était nécessaire de le préciser.
professeure et farfadet malicieux des Serpentard
DDM à partir de novembre 2050
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