Le grondement des couloirs

Mi-septembre 2050
Avec @Éléanor Stali


La journée venait enfin de se terminer. Thomas sortit de la salle de classe fatigué de la reprise.

Dans le couloir, toutes les portes des salles étaient ouvertes déversant une quantité impressionnant d'élèves. Le bruit des conversations se mêlaient aux éclats de rire et aux sacs qui s'entrechoquaient... Thomas trouvait cela insupportable. Qui voulait rester dans un tel brouhaha après une journée de cours ?

Il s'était levé beaucoup trop tôt à son goût. Il n'avait pas encore récupéré le rythme après les vacances d'été. Il avait ensuite enchaîné toutes les heures de cours qu'il avait aujourd'hui sans rien dire dans le calme.

La journée avait été longue même si certains cours avaient vraiment été intéressant, il avait envie d'être au calme avec un bon livre.

Il arrêta de se refaire la journée dans sa tête et préféra se reconcentrer sur la foule et sur les quelques élèves qui passait trop proche de lui.

Thomas serra le poing autour de la lanière de son sac qui étaient négligemment posé sur son épaule. Il analysa rapidement devant lui pour tenter de se frayer un chemin à travers cette foule colorée. Son seul objectif était de rejoindre un des escaliers donnant aux sous-sols pour rejoindre un coin tranquille dans les cachots...

Décidé à s'échapper de cette cohue, il pressa enfin le pas, il se glissa entre deux groupes d'élèves qui riait fort. Il contourna deux élèves arrêtés en plein milieu du couloir et s'avança vers l'escalier. Dans sa précipitation, il ne vit pas la jeune fille dans le couloir. Son épaule heurta brusquement l'élève en question, elle mesurait à peu près sa taille.

Thomas s'arrêta net. Une Gryffondor, il reconnut l'écusson rouge et or sur sa robe. Son regard gris-bleu se posa sur elle, un peu froid mais pas volontairement hostile, il était juste fatigué.

- Désolé, lâcha-t-il rapidement, par réfléxe.

Il se détourna et fit mine de reprendre sa route sans attendre de réponse.


Et voilà pour moi ! J'espère que ça te plaira et que c'est l'idée que tu te faisais aussi !!

Couleur RP : #296535 - Fiche PR
Trésorier sur le navire des AA de PFR

Le grondement des couloirs
La fin de la journée sonnait enfin, et je quittai la salle de cours comme on s’échappe d’une prison. Dans le couloir, la foule me donna aussitôt la nausée. Des rires qui éclataient de partout, des voix trop fortes, des sacs qui tapaient les uns contre les autres… tout ce vacarme me vrillait les tempes. Comment ils faisaient pour supporter ça ? Moi, ça m’oppressait, ça m’écrasait.

Je resserrai ma main sur la sangle de mon sac, le cuir grinçant sous mes doigts crispés. Chaque éclat de rire autour de moi sonnait comme une provocation, comme si tout le monde se foutait de moi, comme si je n’étais qu’un fantôme qui passait entre eux. Mais un fantôme, ça n’avait pas mal. Moi si.

Je baissai les yeux, pas par honte, mais parce que je savais trop bien ce que je trouverais si je croisais leur regard : de la pitié, ou pire, de l’indifférence. Et ça, je déteste. La pitié me donne envie de hurler, l’indifférence de disparaître pour de bon. Alors, je fixais mes chaussures qui claquaient sur le sol, chaque pas plus dur que le précédent, comme pour marteler que j’existais vraiment.

Mon cœur battait trop vite. Pas de peur, non, mais de cette colère sourde qui ne me quittait jamais. Elle était là, tapie en moi, prête à jaillir pour un rien. Un coude qui me frôlait, un rire un peu trop proche, une ombre qui me coupait le passage… il n’en fallait pas plus pour que ça explose.

Je continuai d’avancer, droite, froide, le menton légèrement relevé. C’était ma manière de me protéger : faire croire que rien ne m’atteignait. Mais à l’intérieur, c’était tout le contraire. Chaque rire me donnait envie de hurler. Chaque bousculade me ramenait à ces mains qui, chez moi, ne connaissaient que la violence. Et chaque indifférence, chaque dos tourné, me rappelait que je n’étais rien pour eux. Rien pour personne.

Mon souffle devint plus court, mes pas plus rapides. J’avais besoin d’air, d’un couloir vide, d’un coin désert où plus personne ne pourrait m’effleurer. Je voulais disparaître dans les ombres, me fondre dans les pierres froides du château.

C’est à ce moment-là que ça arriva. Une silhouette se précipita à travers la cohue, visiblement pressée de s’enfuir elle aussi. Trop pressée. Son épaule heurta brusquement la mienne. Le choc me fit tanguer d’un pas en arrière, et mon sac glissa légèrement.

Je me figeai. La douleur était minime, mais le geste… le geste réveilla en moi une vague brûlante, incontrôlable. Mes yeux se relevèrent aussitôt vers lui, ce garçon à l’air fatigué, les traits tirés. Il avait ce regard gris-bleu qui se posa une seconde sur moi.

- Désolé, lâcha-t-il, comme si ça suffisait.

Je sentis ma poitrine se serrer, ma respiration devenir plus lourde. Un rire amer m’échappa, froid, sans joie.

- "Désolé" ? répétai-je, la voix tremblante de colère. C’est tout ce que t’as trouvé ?

Il fit mine de continuer sa route, comme si je n’existais pas, et ça me transperça plus violemment que le choc lui-même. Je me décalai aussitôt, me plantant devant lui, les yeux lançant des éclairs.

- Non mais t’as cru quoi ? Tu me bouscules et tu te barres comme si de rien n’était ?

Ma voix claqua dans le couloir. Je ne lui laissai pas le temps de répondre, mon cœur battant trop vite, ma rage prenant toute la place.

- Tu te prends pour qui, Serpentard ?lançai-je d’un ton sec, glacé.

Je croisai les bras sur ma poitrine, plantée face à lui comme un mur. J’avais besoin qu’il m’entende, besoin qu’il sache que je n’étais pas invisible. Que j’étais là. Et que personne n’avait le droit de me balayer d’un simple mot.

“L'espoir n'est pas une formule mais une pratique.”
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Le grondement des couloirs
Thomas s'arrêta net, ses yeux se plantant rapidement dans ceux de la Gryffondor avec une froideur impassible. Il resta immobile et totalement silencieux, quelques secondes. Puis lentement, il détourna le regard pour observer autour d'eux. Il balaya le couloir du regard comme pour s'assurer qu'il était la véritable cible de cette colère.

Son haussement de soucils indiquait clairement qu'il doutait qu'elle puisse vraiment s'adresser à lui.

La scène, pourtant, ne laisserait aucun doute aux élèves passant trop proche d'eux. Elle était devant lui, les bras croisés, les yeux pleins de rage.

Il finit tout de même par reposer son regard sur la jeune fille. Mais c'était un regard sans chaleur, totalement indifférent. Thomas ne se sentait pas très concerné par cet éclat. On pouvait dire qu'il était presque ennuyé.

Ses doigts se resserrèrent presque machinalement autour de la lanière de son sac.

- J'ai dis désolé, répondit-il d'un ton trop calme et la voix basse. Tu attends quoi de plus ?

Il n'y avait ni colère, ni ironie dans son ton de voix, seulement une indifférence glaciale. Comme si l'incident n'avait aucune importance pour lui.

Thomas était comme ça. Il n'aimait pas perdre son temps. Soit il trouvait un intérêt à l'échange en cours, soit il n'en trouvait pas et si c'était le cas il ne préférait pas perdre son temps.

Aujourd'hui, dans cette confrontation, il ne voyait pas ce qu'il avait à y gagner. Il s'était excusé, c'était déjà bien. Personne n'avait rien à gagner en continuant cette discussion donc il l'estimait inutile.

Il détourna les yeux à la fin de sa question, il ne chercha pas à fuir son regard après tout il n'avait pas peur ou quoi que ce soit.

Ses traits de visage restaient fermés. Il n'avait aucune envie de gaspiller de l'énergie, encore moins avec une personne qui prononcait le mot Serpentard comme une insulte...

Thomas n'avait aucun problème avec l'appartenance à une maison mais ce n'était pas la première fois qu'on crachait le nom de sa maison de la sorte. Ce qui descendait en flèche le niveau de sympathie qu'il aurait pu avoir pour la personne en face.

Thomas finit par réajuster son sac sur les épaules, son regard se posant sur son objectif précédent : les escaliers rendant aux cahots. Il n'avait pas l'intention de s'éterniser avec la Gryffondor qui n'était qu'une distraction mineure dans ce couloir remplis de monde.

@Éléanor Stali, voilà pour toi !

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