Caernarfon, Pays de Galle D’un rivage a l’autre

Rp avec @Sarah Priddy

Vendredi 5 juillet 2050.

Le soleil éclaire déjà Caernarfon et les cris des mouettes emplissent l’air. Dans sa chambre, Solveig se réveille d’un bond. Petite pour son âge — 1m39 pour 32kg, les cheveux roux emmêlés et des taches de rousseur au nez — elle se regarde dans le miroir, fait une grimace, puis enfile une robe légère sur son maillot de bain.
La maison est vide. Son père est parti au tribunal, sa mère a ouvert sa boutique de fleurs. Sur la table de la cuisine, Solveig trouve du pain grillé et un mot : « N’oublie pas la lessive. Rentre à 17h. » Elle avale son petit déjeuner en vitesse et file dehors.

Dans les ruelles pavées, l’air sent la mer. Au port, ses amis l’attendent déjà. Solveig pose son sac, retire sa robe et plonge sans hésiter. L’eau glacée lui arrache un frisson qu’elle aime. Ses cheveux roux s’étalent sous l’eau comme une flamme, ses yeux verts brillent quand elle refait surface. Elle se laisse flotter, regarde le ciel immense, imagine les nuages transformés en navires dont les mouettes seraient les capitaines.

Les heures passent en rires et en éclaboussures, jusqu’à ce que son ventre gargouille. Solveig salue son petit royaume d’été et rentre déjeuner. Dans la cuisine, elle fait cuire des pâtes, coupe une tomate, et gribouille en même temps dans son carnet une mouette perchée sur un lampadaire. Ses taches de rousseur s’animent quand elle rit de son propre dessin.

Après la vaisselle, elle pense au mot de sa mère. Elle rassemble une pile de linge, lance la machine et s’accroupit devant le hublot. Les vêtements tournoient comme des poissons. Dans sa tête, la machine devient un monstre marin. Elle pouffe de rire toute seule, puis attrape son sac et part au château.

La montée est douce. Ses sandales claquent sur les marches, le vent sèche ses cheveux encore humides. Devant la porte, le concierge attends, fidèle à son poste sur sa chaise de bois. Il lui fait un signe de tête, et la laisse passer sans prononcer un seul mot. En même temps, Solveig est une habituée du lieu et le vieil homme la connaît depuis qu’elle sait marcher sur deux pattes.

À l’intérieur, le silence des murailles la saisit. Elle s’installe sous une arcade, sort ses pinceaux, et peint. Le château se dresse sur la page, les nuages s’ajoutent, une mouette passe. Solveig imagine que les fenêtres du château sont des yeux, que les tours se penchent pour se chuchoter des secrets. L’idée la fait rire, et une goutte d’aquarelle bleue tombe sur le papier.

Le temps s’enfuit. Un coup grave résonne soudain dans l’air : l’horloge du château. Un quart d’heure avant cinq heures. Solveig sursaute, range ses affaires et dévale les ruelles.

Chez elle, la pendule du salon sonne à son tour : dix-sept heures précises. Promesse tenue. La maison est vide, et le silence lui appartient. Elle décroche la lessive, étend les draps dans le jardin, les regarde gonfler au vent comme des voiles de navires. Puis elle rentre dans le salon, pose son aquarelle sur la table basse pour qu’elle finisse de sécher et retourne dans sa chambre, une tartine de confiture à la main, s’allonge sur son lit et ouvre son livre de contes gallois. Ses cheveux roux s’éparpillent sur l’oreiller, ses pieds battent dans l’air.

Elle lit à mi-voix, comme si elle se racontait une histoire à elle-même. Bientôt, la clé tournera dans la serrure et ses parents rentreront. Mais pour l’instant, elle a ce silence rien qu’à elle, l’odeur du sel encore sur la peau et l’été de Caernarfon tout entier devant elle.


608 mots

Couleur :b88d00
La peinture est juste une autre manière de tenir un journal intime...

Caernarfon, Pays de Galle D’un rivage a l’autre
Dire qu'elle avait du temps à consacrer à ce genre de mission en ce début d'été aurait été mensonger mais, sortir du château et de ses bouquins ne lui ferait pas de mal. Il fallait s'aérer l'esprit pour lui permettre d'être efficace. D'ailleurs, elle irait faire un tour en balai après ça. Oui ! Elle avait tout prévu pour et, par réflexe, elle remonta la lanière de son sac sur son épaule.

Ce sac, ce n'était pas n'importe quel sac. C'était sa petite création personnelle ou plutôt son amélioration personnelle. Un sac beaucoup, beaucoup plus grand qu'il n'y paraissait. Il était déjà relativement grand visuellement, très grand à l'intérieur à l'achat mais, l'enchanteuse avait mis en action tous ces talents pour le rendre encore plus utile. Ainsi, en plus d'être très très grand, son contenu était totalement inaccessible à toute personne qui plongeait la main dans le bagage en cuir, à part elle bien sûr*.

La sorcière avait transplané dans une petite gare non loin de son objectif et profitait maintenant d'une marche à pied alors que la soirée commençait à peine. Les odeurs d'embruns présents dans l'air lui rappelait étrangement Moylgrove, son chez elle natal. Ce n'était pas totalement par hasard qu'elle avait pris dans sa liste de nés de moldus la petite Sinclair. L'adresse galloise lui avait fait de l'œil et un sourire léger était maintenant posé sur ses lèvres alors que ses pensées voletaient de-ci de-là.

Chaussures de marche en cuir brun délavé, jean bleu clair et chemisier en lin beige, la Galloise vérifia l'adresse sur son enveloppe une énième fois avant de se diriger vers la porte de la maison puis, frappa trois coups avant de prendre une grande inspiration. L'exercice qu'elle s'apprêtait à mener était rarement simple malheureusement. Encore une fois, elle remonta la lanière de son sac sur son épaule et glissa une des mèches qui s'était échappée de son chignon pendant la journée derrière son oreille.


323 mots
* bonus magie quotidienne

#343663 -------- absence du 24 au 28 juin
... ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page.

Caernarfon, Pays de Galle D’un rivage a l’autre
Solveig était couchée sur son lit, son carnet entrouvert à côté d’elle. La lumière de la fin d’après-midi dessinait des reflets cuivrés dans ses cheveux roux, et sa robe de lin vert pomme à petites bretelles, se chiffonnait sous son ventre. Ses doigts, encore tachés de peinture, jouaient avec son crayon lorsqu’un bruit sec résonna dans la maison : trois coups frappés à la porte d’entrée.

Elle sursauta, et le trait qu’elle venait de tracer dérapa sur la page. Ses yeux verts s’ouvrirent grands. Ses parents ne rentraient jamais avant dix-neuf heures. Le cœur battant, elle quitta son lit et s’approcha de la fenêtre. Soulevant discrètement le rideau, elle aperçut une femme qu’elle ne connaissait pas : grande, brune, les cheveux relevés en chignon dont s’échappaient quelques mèches. Son allure était calme, presque rassurante, mais Solveig sentit tout de même son cœur battre plus vite. Elle referma vite le rideau, hésitant à retourner s’asseoir. Mais sa curiosité l’emporta.

Elle enfila ses sandales, descendit l’escalier en bois et s’arrêta devant la porte. Sa main hésita sur la poignée, puis elle l’entrouvrit très doucement. D’abord, seul un œil vert apparut dans l’ouverture, brillant de méfiance et de curiosité. Puis elle tira un peu plus la porte et découvrit clairement la visiteuse.

La femme portait un chemisier de lin beige, un jean bleu clair et des chaussures de cuir brun déjà usées. Sur son épaule reposait un grand sac de cuir qu’elle redressa machinalement. Quelques mèches brunes s’échappaient de son chignon et encadraient un visage sérieux mais adouci par un mince sourire.

Solveig, les doigts tachés de couleurs, serrait le bois de la porte. Une petite tache noire barrait son nez, souvenir de l’encre avec laquelle elle avait griffonné son carnet plus tôt.

— Bonsoir… murmura-t-elle, la voix timide mais polie.

Elle dévisagea encore l’inconnue avant d’oser demander :

— Qu’est-ce qu’il se passe ?

Un souffle de vent chargé d'une odeur iodée passa entre elles. Solveig inspira, rassembla son courage et ajouta, les joues un peu pâlies :

— Mes parents ne sont pas encore rentrés… Ils reviennent toujours vers dix-neuf heures.

Elle baissa le regard, puis reprit avec prudence :

— Si vous voulez bien m’attendre ici, je reviens.

Elle referma aussitôt la porte, le cœur battant, et remonta rapidement dans sa chambre. Là, elle attrapa une couverture jaune poussin ornée d’un gros canard en tenue de marin, son carnet de croquis et sa trousse à crayons. Ses doigts s’attardèrent sur une petite cachette dans sa table de nuit : le spray au poivre offert par son père pour ses dix ans. «Prudence est mère de sûreté», avait-il dit d’un ton grave ce jour-là. Solveig hésita une seconde, puis, n’ayant pas de poche, glissa le petit cylindre dans sa trousse. Juste au cas où.

Chargée de son butin, elle redescendit l’escalier. Elle entrouvrit la porte avec précaution, sortit sur le seuil et la referma doucement derrière elle. Sans un mot d’abord, elle déplia la couverture et la posa sur le banc de pierre adossé au mur. Puis, relevant enfin la tête vers la grande dame, elle déclara avec sérieux :

— Vous pouvez vous asseoir ici… Moi, je vais rester juste là.

Et, joignant le geste à la parole, Solveig s’installa par terre, les genoux repliés, son carnet serré contre elle, à côté du banc. Ses yeux verts demeuraient méfiants mais son attitude trahissait l’envie de faire preuve d’hospitalité, à sa manière.

574 mots

@Sarah Priddy

Couleur :b88d00
La peinture est juste une autre manière de tenir un journal intime...

Caernarfon, Pays de Galle D’un rivage a l’autre
Après un petit temps d'attente durant lequel la sorcière oscilla entre l'envie que personne ne soit là et la déception à l'idée de devoir repasser plus tard, la porte s'ouvrit et une petite rousse apparut sur le seuil. Sarah sourit, elle aurait bien répondu aux questions de la propriétaire des lieux mais, l'enchainement se passa un peu vite à son goût, salutation, interrogation, information... La porte se referma au nez de la sous-directrice. Alors ça...

Ce genre de visite se passait rarement à merveille mais, se foirer à ce point là. Enfin, la petite avait dit qu'elle revenait, il restait donc une petite chance pour qu'elle s'exécute. Il ne restait plus qu'à espérer que cela se fasse avant dix-neuf heure. Le vœux de l'adulte fut finalement exhaussé quand la gamine réapparut, sortant d'un pas décidé de la demeure familiale. Sarah, curieuse, l'observa installer une couverture ornée d'un canard sur un banc installé là avant de donner des consignes et de s'installer à bonne distance. Se retenant de rire devant cette petite bien organisée, l'enseignante s'installa là où on lui avait demandé et observa un instant les lieux avant de poser son sac à côté d'elle. Remarquant les doigts tachés de peinture de la fillette, elle sourit, ravie de trouver un sujet de discussion potentiel.

" Dis donc, tu m'as l'air bien organisée, je vois que tu as l'habitude de recevoir. C'est un carnet de dessin ? Tu es Solveig n'est ce pas ? Je m'appelle Sarah, Sarah Priddy. "

Machinalement, Sarah avait attrapé une brindille qui dépassait près du banc et, ne sachant finalement pas trop quoi en faire, elle la glissa dans la boucle de la fermeture de son sac. Voilà, il était orné au naturel.


Mot en gras pour l'inktober
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