Cours, petit rat, cours !
1er septembre 2049, 11 heures
@Ashley Houston
@Ashley Houston
Une année de plus à parcourir ce train à l’heure fatidique, mais une première rentrée sans elle. Mon été catastrophique, ma peur constante de l’abandon et mon obsession débordante ne me laissent pas tant d’autre choix que d’arrêter d’y penser. Cesser toute communication, toute hallucination, toute mention, tout souvenir, tout. Et pour atteindre cet objectif démesuré, ma mère a trouvé bon de m’acheter un animal sur le Chemin de Traverse. Bien sûr, pour elle, ce rat ne reflète pas l’absence d’une professeure, mais seulement ce qui palliera la colère d’un enfant. Alors je joue le jeu. Un temps. J’essaie. Je dois bien avouer qu’en regardant sa petite bouille qui cherche à grignoter les dernières miettes de fromage dans ma main ou dans ma poche me fait rire. Ses babines me chatouillent et il semble toujours attendre de moi que je l’emmène partout où je vais. Je me vois déjà le dresser, l’utiliser, m’en servir contre je ne sais quoi ou je ne sais qui. Petit comme il est, il pourrait se faufiler dans la réserve de la bibliothèque.. Mais à quoi bon, il est incapable de me rapporter un livre ! Est-ce qu’on peut dresser un rat pour qu’il arrache une page et la fasse passer sous une porte ?
Pris dans mes pensées et mes futurs projets, je constate, trop tard, que Slappy s’est enfui de ma poche pour se faufiler dans ce long couloir. En temps normal, le laisser gambader ne m’aurait pas dérangé, mais il faut dire que ce train regorge de bestioles qui pourraient n’en faire qu’une bouchée. C’est lorsque je commence à le perdre de vue - et arrivant à la réflexion que mes bras n’ont pas poussé suffisamment rapidement assez d’élèves dans ce train - que je remarque un chat blanc le poursuivre. Inconnu au bataillon, mais c’est un chat et cela me suffit pour détester la probabilité qui me vient en tête qu’il puisse s’en prendre à mon rat.
- C’est à qui ce chat débile qui court après mon rat ?!, m'époumoné-je alors que les deux semblent s’engouffrer dans un compartiment.
Je dégaine ma baguette, la pointe vers le chat en question, prêt à l’immobiliser, et tant pis si j’immobilise un ou deux élèves au passage.
Fiche PR - 4e année RP
Cours, petit rat, cours !
1er Septembre 2049
Poudlard Express – Voie 9 ¾
3ème année
Un bisou sur la joue de Maman, un autre sur celle de Papa, et me voilà déjà dans le train m’amenant à Poudlard pour la troisième année consécutive. Cette fois-ci, Gwennaëlle n’est pas avec nous. Et malgré la présence de mes deux autres frères, son absence creuse un vide et un manque que je n’aurais pas cru ressentir un jour. Moi qui pensais que je serais heureuse de ne plus subir ses commentaires et regards sarcastiques, je suis bien étonnée de les regretter, tout comme ses sourires gentils et ses gestes affectueux – bien que beaucoup plus rares. J’ai à peine le temps de faire un dernier signe de la main à mes parents que Valerian s’éloigne déjà dans le couloir pour rejoindre ses amis, nous gratifiant d’un vague « À plus ». Je sais qu’il n’avait pas envie de faire le trajet avec moi ou Natanaël, mais il aurait pu rester un minimum plus longtemps avec nous. Je fronce les sourcils avant de me tourner vers le Serdaigle, qui regarde au loin d’un air distrait. Je suis son regard, remarquant alors un de ses camarades qui lui fait signe.
« Va le rejoindre. Ça me gêne pas de faire le trajet seule » lui dis-je en souriant.
Au moins lui a la décence d’attendre un peu avant de me remercier et de rejoindre son ami. Je sais que si je n’avais rien vu, il m’aurait demandé d’aller le rejoindre, et que si c’est moi qui lui avait demandé pour rejoindre Ander, il m’aurait dit oui. Je cherche un instant des yeux mon camarade, ayant le léger espoir de l’apercevoir dans la foule d’élèves impatients de s’asseoir dans le train, mais sentant Alizée s’agiter dans sa cage (et manquant donc de faire tomber ma fragile montagne de bagages), je détourne mon regard pour le poser sur elle. Je plisse les yeux, tentant de voir ce qui peut la rendre aussi agitée, mais parmi les bousculades et les pas pressés s’agitant dans tous les sens, je ne vois rien. Décidant de la prendre dans mes bras pour la calmer, je me penche pour ouvrir sa cage. À peine ai-je le temps de tendre les bras vers elle qu’elle saute à terre et se faufile à toute vitesse entre les élèves, à la poursuite d’une petite tache marron que je n’arrive pas à identifier mais qui apparaît désormais clairement dans mon champ de vision.
Paniquée, j’abandonne mes valises (de toute façon je les retrouverai à Poudlard) pour m’emparer de la cage d’Alizée et me lancer à sa recherche, bousculant sans ménagement les personnes sur mon passage. J’ignore les exclamations indignées lancées après moi, concentrée sur ma chatte que je vois tourner dans un compartiment – que j’espère être vide. Je ralentis le pas, me disant qu’elle n’ira pas plus loin, quand une exclamation attire mon attention. Là, à peine à un mètre de moi, un élève vient d’insulter Alizée. Et non seulement il l’a traitée de chat « débile », mais en plus il vient de sortir sa baguette pour la pointer sur elle. Me fichant bien de ce qu’il compte en faire, je lâche ma cage pour courir vers lui et juste après avoir crié un « Dégage ! » dans sa direction, je le pousse de toutes mes forces sur le côté, sentant mes bras se placer de part et d’autre de son torse pour le propulser le plus loin possible et fermant les yeux lorsque je sens nos corps se cogner brutalement contre la paroi du train (celle en face de l’entrée du compartiment). Je grimace et me détache précipitamment de l’élève, le regarde à peine, me frotte rapidement le corps pour lisser mes vêtements avant de me plier en deux pour tenter d’oublier la douleur lancinante dans mon bras et mon épaule, les mains sur les genoux.
« Pauvre fou » murmuré-je en direction de l’agresseur d’animaux, me fichant bien de savoir si je le connais ou non, ou s’il est plus âgé ou plus jeune que moi. Tout ce qui m’importe, actuellement, c’est qu’il n’ait pas eu le temps de jeter un sort à Alizée.
Poudlard Express – Voie 9 ¾
3ème année
Un bisou sur la joue de Maman, un autre sur celle de Papa, et me voilà déjà dans le train m’amenant à Poudlard pour la troisième année consécutive. Cette fois-ci, Gwennaëlle n’est pas avec nous. Et malgré la présence de mes deux autres frères, son absence creuse un vide et un manque que je n’aurais pas cru ressentir un jour. Moi qui pensais que je serais heureuse de ne plus subir ses commentaires et regards sarcastiques, je suis bien étonnée de les regretter, tout comme ses sourires gentils et ses gestes affectueux – bien que beaucoup plus rares. J’ai à peine le temps de faire un dernier signe de la main à mes parents que Valerian s’éloigne déjà dans le couloir pour rejoindre ses amis, nous gratifiant d’un vague « À plus ». Je sais qu’il n’avait pas envie de faire le trajet avec moi ou Natanaël, mais il aurait pu rester un minimum plus longtemps avec nous. Je fronce les sourcils avant de me tourner vers le Serdaigle, qui regarde au loin d’un air distrait. Je suis son regard, remarquant alors un de ses camarades qui lui fait signe.
« Va le rejoindre. Ça me gêne pas de faire le trajet seule » lui dis-je en souriant.
Au moins lui a la décence d’attendre un peu avant de me remercier et de rejoindre son ami. Je sais que si je n’avais rien vu, il m’aurait demandé d’aller le rejoindre, et que si c’est moi qui lui avait demandé pour rejoindre Ander, il m’aurait dit oui. Je cherche un instant des yeux mon camarade, ayant le léger espoir de l’apercevoir dans la foule d’élèves impatients de s’asseoir dans le train, mais sentant Alizée s’agiter dans sa cage (et manquant donc de faire tomber ma fragile montagne de bagages), je détourne mon regard pour le poser sur elle. Je plisse les yeux, tentant de voir ce qui peut la rendre aussi agitée, mais parmi les bousculades et les pas pressés s’agitant dans tous les sens, je ne vois rien. Décidant de la prendre dans mes bras pour la calmer, je me penche pour ouvrir sa cage. À peine ai-je le temps de tendre les bras vers elle qu’elle saute à terre et se faufile à toute vitesse entre les élèves, à la poursuite d’une petite tache marron que je n’arrive pas à identifier mais qui apparaît désormais clairement dans mon champ de vision.
Paniquée, j’abandonne mes valises (de toute façon je les retrouverai à Poudlard) pour m’emparer de la cage d’Alizée et me lancer à sa recherche, bousculant sans ménagement les personnes sur mon passage. J’ignore les exclamations indignées lancées après moi, concentrée sur ma chatte que je vois tourner dans un compartiment – que j’espère être vide. Je ralentis le pas, me disant qu’elle n’ira pas plus loin, quand une exclamation attire mon attention. Là, à peine à un mètre de moi, un élève vient d’insulter Alizée. Et non seulement il l’a traitée de chat « débile », mais en plus il vient de sortir sa baguette pour la pointer sur elle. Me fichant bien de ce qu’il compte en faire, je lâche ma cage pour courir vers lui et juste après avoir crié un « Dégage ! » dans sa direction, je le pousse de toutes mes forces sur le côté, sentant mes bras se placer de part et d’autre de son torse pour le propulser le plus loin possible et fermant les yeux lorsque je sens nos corps se cogner brutalement contre la paroi du train (celle en face de l’entrée du compartiment). Je grimace et me détache précipitamment de l’élève, le regarde à peine, me frotte rapidement le corps pour lisser mes vêtements avant de me plier en deux pour tenter d’oublier la douleur lancinante dans mon bras et mon épaule, les mains sur les genoux.
« Pauvre fou » murmuré-je en direction de l’agresseur d’animaux, me fichant bien de savoir si je le connais ou non, ou s’il est plus âgé ou plus jeune que moi. Tout ce qui m’importe, actuellement, c’est qu’il n’ait pas eu le temps de jeter un sort à Alizée.
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
Cours, petit rat, cours !
Lorsque l’impact de mon corps contre celle qui me fait face est ressenti, ma baguette me tombe dans mes mains et je mets quelques instants pour comprend ce qu’il vient de se passer. Les sourcils froncés, je n’ai même pas le temps d’analyser la situation et l’ordre reçu plus tôt que celle qui m’est rentrée dedans se retire. Je ne sais pas où est parti Slappy, mais c’est la collision qui m’intéresse pour l’instant. Et l’autrice n’est autre que Ashley Houston. Je prends une grande inspiration pour me contrôler et sers les dents. Forcément, il fallait que ce soit elle. Je ramasse ma baguette et la range dans ma veste.
- C’est ton chat le fou ! Il veut attraper mon rat !
Je jette un coup d’œil vers le couloir et ne vois plus rien. Plus de rat. Plus de chat. Ma conclusion est simple : c’est à elle de se débrouiller pour régler la situation.
- Tu fais comme tu veux, Houston, mais tu me retrouves mon rat. Et vivant, sinon tu m’en rachèteras un !
Je n’ai pas tellement eu le temps de m’attacher pleinement à ce rat, mais ça elle ne le sait pas. S’il a fini mangé par son chat, cela m’embêtera car c’était un cadeau de ma mère, et que c’est un peu horrible de l’imaginer mort, mais je m’en remettrai. Je suis prêt à attendre, là qu’elle fasse tout le travail, qu’elle répare ce qu’elle et elle seule a causé. Je croise les bras sur mon torse et jette mon regard dans le sien : je jubile déjà de l’observer chercher parmi tout le train.
- C’est ton chat le fou ! Il veut attraper mon rat !
Je jette un coup d’œil vers le couloir et ne vois plus rien. Plus de rat. Plus de chat. Ma conclusion est simple : c’est à elle de se débrouiller pour régler la situation.
- Tu fais comme tu veux, Houston, mais tu me retrouves mon rat. Et vivant, sinon tu m’en rachèteras un !
Je n’ai pas tellement eu le temps de m’attacher pleinement à ce rat, mais ça elle ne le sait pas. S’il a fini mangé par son chat, cela m’embêtera car c’était un cadeau de ma mère, et que c’est un peu horrible de l’imaginer mort, mais je m’en remettrai. Je suis prêt à attendre, là qu’elle fasse tout le travail, qu’elle répare ce qu’elle et elle seule a causé. Je croise les bras sur mon torse et jette mon regard dans le sien : je jubile déjà de l’observer chercher parmi tout le train.
Fiche PR - 4e année RP
Cours, petit rat, cours !
Toujours penchée en avant, je me fige aux paroles de l'inconnu. Ou plutôt, du non-inconnu. Il me faut une seconde pour me rappeler avoir déjà entendu cette voix. Il m'en faut une autre pour savoir précisément à qui elle appartient. Immédiatement, comme si mon corps savait comment réagir sans que je n'ai à le commander, je sens la colère monter en moi. Une colère ancienne, ravivée par les souvenirs et la rancune. Une colère qui, inactive et retenue trop longtemps, a eu le temps de grandir, de s'amplifier et de se préparer au jour où elle pourrait éclater en toute liberté, sans limites et avec toute la force et la puissance dont elle est capable.
Ce jour, malheureusement, ne semble pas encore être venu.
Ce n'est pas que je n'ai pas envie de m'énerver contre le Poufsouffle. Au contraire, j'aimerais lui crier dessus, le frapper, l'insulter et le noyer sous mes mots et ma magie. J'aimerais déverser toute la haine que j'ai envers lui, le réduire à une simple poussière pour qu'il ne puisse plus jamais réagir et me faire de mal. Pour qu'il disparaisse de mon existence et, par conséquent, de mes souvenirs.
Non, aujourd'hui, ce qui me retient, ce ne sont pas mes propres sentiments, mais plutôt le lieu où nous sommes. Si nous avions été seuls, je n'aurais pas contenu ma colère. Mais dans un train bondé, au milieu des élèves et des professeurs, ce n'est ni le moment ni l'endroit pour de tels actes. Alors je prends sur moi et, tandis que lentement je me redresse pour croiser son regard plein de méchanceté, je me force à respirer le plus lentement et calmement possible. Je tasse cette colère bien trop souvent contenue et tapissée au fond de mon âme, la réduit à néant pour qu'elle ne soit plus qu'une vague sensation au creux de mon cœur.
« Ton rat, t'avais qu'à y faire attention » répliqué-je sèchement, n'appréciant pas qu'Alizée soit traitée de folle.
L'idée qu'il puisse insulter de la sorte ma chatte ravive un instant mes sentiments à son égard et je sens mes yeux se durcir, devenir encore plus sombres qu'ils ne le sont habituellement, dévorant le Jaune en face de moi comme pour l'avaler tout entier, avec toute la force que des pupilles peuvent avoir.
À mon tour, je regarde dans le couloir désormais presque vidé de tout élève pour voir si nos animaux y sont encore. Persuadée de les avoir vus entrer dans le compartiment en face de nous, c'est sans surprise que je ne vois ni tâche blanche, ni éclair marron. L'ordre que me donne le Poufsouffle, l'ordre qu'il ose me donner après tout ce qu'il m'a fait subir ne manque pas d'attiser un peu plus le feu qui brûle incessamment en moi. À croire qu'il fait exprès de trouver les mots justes pour que je le déteste de plus en plus et le trouve de moins en moins signifiant.
Cependant, décidée à ne pas me laisser faire – plus jamais ! – je fais semblant de ne pas réagir. Je me contente de le regarder et de le défier du regard, cherchant inconsciemment par ce regard à le mettre hors de lui comme il l'a si bien fait dans le peu d'interactions que nous avons eues.
« Dans tes rêves, Sharp » souris-je narquoisement en feignant la nonchalance.
La tête haute, je lui passe devant et entre dans le compartiment, bien décidée à m'asseoir et ne pas bouger le petit doigt du trajet. Apprendre que le rat pourchassé par Alizée n'est autre que celui de Sharp me laisse complètement indifférente. J'en tire même un certain plaisir, et si elle pouvait en faire son repas, cela m'apporterait une grande satisfaction que je m'empresserais de montrer au Poufsouffle.
Ce n'est pas aujourd'hui qu'il me verra obéir à ses ordres.
Ce jour, malheureusement, ne semble pas encore être venu.
Ce n'est pas que je n'ai pas envie de m'énerver contre le Poufsouffle. Au contraire, j'aimerais lui crier dessus, le frapper, l'insulter et le noyer sous mes mots et ma magie. J'aimerais déverser toute la haine que j'ai envers lui, le réduire à une simple poussière pour qu'il ne puisse plus jamais réagir et me faire de mal. Pour qu'il disparaisse de mon existence et, par conséquent, de mes souvenirs.
Non, aujourd'hui, ce qui me retient, ce ne sont pas mes propres sentiments, mais plutôt le lieu où nous sommes. Si nous avions été seuls, je n'aurais pas contenu ma colère. Mais dans un train bondé, au milieu des élèves et des professeurs, ce n'est ni le moment ni l'endroit pour de tels actes. Alors je prends sur moi et, tandis que lentement je me redresse pour croiser son regard plein de méchanceté, je me force à respirer le plus lentement et calmement possible. Je tasse cette colère bien trop souvent contenue et tapissée au fond de mon âme, la réduit à néant pour qu'elle ne soit plus qu'une vague sensation au creux de mon cœur.
« Ton rat, t'avais qu'à y faire attention » répliqué-je sèchement, n'appréciant pas qu'Alizée soit traitée de folle.
L'idée qu'il puisse insulter de la sorte ma chatte ravive un instant mes sentiments à son égard et je sens mes yeux se durcir, devenir encore plus sombres qu'ils ne le sont habituellement, dévorant le Jaune en face de moi comme pour l'avaler tout entier, avec toute la force que des pupilles peuvent avoir.
À mon tour, je regarde dans le couloir désormais presque vidé de tout élève pour voir si nos animaux y sont encore. Persuadée de les avoir vus entrer dans le compartiment en face de nous, c'est sans surprise que je ne vois ni tâche blanche, ni éclair marron. L'ordre que me donne le Poufsouffle, l'ordre qu'il ose me donner après tout ce qu'il m'a fait subir ne manque pas d'attiser un peu plus le feu qui brûle incessamment en moi. À croire qu'il fait exprès de trouver les mots justes pour que je le déteste de plus en plus et le trouve de moins en moins signifiant.
Cependant, décidée à ne pas me laisser faire – plus jamais ! – je fais semblant de ne pas réagir. Je me contente de le regarder et de le défier du regard, cherchant inconsciemment par ce regard à le mettre hors de lui comme il l'a si bien fait dans le peu d'interactions que nous avons eues.
« Dans tes rêves, Sharp » souris-je narquoisement en feignant la nonchalance.
La tête haute, je lui passe devant et entre dans le compartiment, bien décidée à m'asseoir et ne pas bouger le petit doigt du trajet. Apprendre que le rat pourchassé par Alizée n'est autre que celui de Sharp me laisse complètement indifférente. J'en tire même un certain plaisir, et si elle pouvait en faire son repas, cela m'apporterait une grande satisfaction que je m'empresserais de montrer au Poufsouffle.
Ce n'est pas aujourd'hui qu'il me verra obéir à ses ordres.
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
Cours, petit rat, cours !
Ma bouche s'entrouvre en entendant sa réplique qui n'a aucun sens. Elle est clairement de mauvaise foi !
- Mais j'ai fait attention ! C'est toi qui surveilles pas ton chat, là !
Elle a vraiment cru que c'est moi qui allais porter la faute ? Que j'allais laisser mon rat être accusé alors que sans son chat, mon rat ferait sa vie tout tranquillement ? Qu'il n'aurait sûrement pas couru pour se cacher puisqu'il n'y aurait eu, de fait, aucun danger ?
Sa seconde remarque me fait grincer des dents. Sa manière de passer devant moi aussi. Comme si elle était la reine de ce Poudlard Express. Comme si tout lui appartenait. Je la suis - parce que j'ai pas vraiment le choix - et me mets à chercher tout en lui jetant des regards noirs. Je m'accroupis pour chercher Slappy et sors ma baguette. Au moindre mouvement, je lance un sortilège sur son chat ou les pieds d'Ashley.
- Bon ! Récupère ton chat ! Sinon, Slappy va jamais oser sortir ! Parce qu'au cas où t'aurais oublié, il a p'tete pas envie de se faire manger !
Je me redresse pour lui faire face.
- Sinon j'appelle un prof ! T'as deux minutes.
Je sais même pas comment je vais pouvoir récupérer mon rat entre ces banquettes. Ca se trouve il s'est caché quelque part d'inaccessible. Ca se trouve il est en train de faire des trous partout. Ca se trouve son chat l'a déjà mangé, en fait. Ugh.
- Mais j'ai fait attention ! C'est toi qui surveilles pas ton chat, là !
Elle a vraiment cru que c'est moi qui allais porter la faute ? Que j'allais laisser mon rat être accusé alors que sans son chat, mon rat ferait sa vie tout tranquillement ? Qu'il n'aurait sûrement pas couru pour se cacher puisqu'il n'y aurait eu, de fait, aucun danger ?
Sa seconde remarque me fait grincer des dents. Sa manière de passer devant moi aussi. Comme si elle était la reine de ce Poudlard Express. Comme si tout lui appartenait. Je la suis - parce que j'ai pas vraiment le choix - et me mets à chercher tout en lui jetant des regards noirs. Je m'accroupis pour chercher Slappy et sors ma baguette. Au moindre mouvement, je lance un sortilège sur son chat ou les pieds d'Ashley.
- Bon ! Récupère ton chat ! Sinon, Slappy va jamais oser sortir ! Parce qu'au cas où t'aurais oublié, il a p'tete pas envie de se faire manger !
Je me redresse pour lui faire face.
- Sinon j'appelle un prof ! T'as deux minutes.
Je sais même pas comment je vais pouvoir récupérer mon rat entre ces banquettes. Ca se trouve il s'est caché quelque part d'inaccessible. Ca se trouve il est en train de faire des trous partout. Ca se trouve son chat l'a déjà mangé, en fait. Ugh.
Fiche PR - 4e année RP
Cours, petit rat, cours !
S'il avait fait attention à son rat, Alizée ne serait pas en train de tenter de l'attraper. C'est donc sa faute, s'il a manqué de vigilance. Dans un train qui grouille d'élèves, la première chose à faire est de surveiller son animal, surtout s'il est aussi petit qu'une souris. Alizée, c'est un chat, elle peut très bien se débrouiller toute seule, elle est d'ailleurs très indépendante et c'est peut-être ça qui est le plus pénible dans cette situation : quand elle aura fini ce qu'elle est en train de faire, elle reviendra vers moi toute fière, la queue droite et les yeux pétillants, ronronnant de plaisir avant de se frotter à mes jambes comme si je ne m'étais pas fatiguée à la chercher partout. Ou plutôt, fatiguée à faire en sorte qu'elle n'avale pas toute crue la bestiole d'un élève qui ne fait que me taper sur les pieds et pour qui, d'ailleurs, je ne devrais même pas prêter attention.
J'entre donc dans le compartiment, avec pour plan de ne pas chercher Alizée une seule seconde, et ai tout juste le temps de m'asseoir au milieu de la banquette que l'insupportable Poufsouffle entre à son tour, comme si je l'avais invité à venir dans mon wagon. Je remarque bien ses regards noirs tandis qu'il s'accroupit pour chercher son rat, mais je me force à ne pas réagir. Je réagirai plus tard, lorsqu'il osera me provoquer à nouveau, et qu'alors nous ne serons pas dans un train bondé, ni dans un endroit peuplé tout court, et que je pourrai répliquer sans me retenir. Je compte bien un jour lui rendre la monnaie de sa pièce, dussé-je pour cela provoquer une rencontre indésirable. En attendant, je me contente de passer une jambe par dessus l'autre et de croiser les bras, ne baissant cependant pas ma garde car je vois bien à sa baguette qu'il est prêt à me jeter un sort – comme cette fois-là – à n'importe quel prétexte.
Il ne fouille pas longtemps. Son impatience et sa colère (ou la mienne) sont palpables partout dans l'air et à sa remarque, un reniflement méprisant m'échappe et je le regarde de haut, le corps droit et la tête baissée vers lui, dans une attitude qui se veut être du pur dédain. Il se redresse et je l'imite, et même si je suis plus petite que lui, mes yeux restent plantés dans les siens, y transmettant toute la haine et l'aversion que je ressens en ce moment, que j'ai toujours ressentie, envers lui. Le temps est passé, mais je n'ai pas oublié. J'espère ne jamais oublier. Cette rage, ce feu que j'alimente tous les jours depuis près d'un an ne seront pas oubliés.
« Peut-être que moi j'ai envie qu'il soit mangé, » sourié-je avec provocation.
Il ajoute quelque chose sur les professeurs, comme s'il était un première année perdu qui ne savait pas comment réagir, comme si c'était son dernier espoir – mais quel vain espoir ! – avant qu'il n'admette sa défaite et n'abandonne. La vérité, si je ne me mets pas à chercher avec lui, c'est que je ne sais absolument pas où est Alizée, et encore moins comment la retrouver. Mais le sourire cruel qui s'accentue sur mes lèvres est plus fort que moi et mon ignorance, et témoigne de tout ce que je ressens pour lui et qui me font ressembler à ce que parfois, je déteste être. J'en oublie Alizée, le rat au nom ridicule, et ma seule pensée est tournée vers ce qui pourrait le blesser, car il m'a assez blessée comme ça et que c'est à son tour de souffrir.
« Ah ouais ? Valerion est plus là alors tu vas appeler qui ? Ta mère ? T'es plus le chouchou de personne, Sharp. T'es plus rien. »
J'affiche une moue faussement désolée, avant de hausser les épaules et de me tourner vers la fenêtre. Le train vient de partir, nous amenant tous deux vers un inévitable que je n'ose imaginer.
J'entre donc dans le compartiment, avec pour plan de ne pas chercher Alizée une seule seconde, et ai tout juste le temps de m'asseoir au milieu de la banquette que l'insupportable Poufsouffle entre à son tour, comme si je l'avais invité à venir dans mon wagon. Je remarque bien ses regards noirs tandis qu'il s'accroupit pour chercher son rat, mais je me force à ne pas réagir. Je réagirai plus tard, lorsqu'il osera me provoquer à nouveau, et qu'alors nous ne serons pas dans un train bondé, ni dans un endroit peuplé tout court, et que je pourrai répliquer sans me retenir. Je compte bien un jour lui rendre la monnaie de sa pièce, dussé-je pour cela provoquer une rencontre indésirable. En attendant, je me contente de passer une jambe par dessus l'autre et de croiser les bras, ne baissant cependant pas ma garde car je vois bien à sa baguette qu'il est prêt à me jeter un sort – comme cette fois-là – à n'importe quel prétexte.
Il ne fouille pas longtemps. Son impatience et sa colère (ou la mienne) sont palpables partout dans l'air et à sa remarque, un reniflement méprisant m'échappe et je le regarde de haut, le corps droit et la tête baissée vers lui, dans une attitude qui se veut être du pur dédain. Il se redresse et je l'imite, et même si je suis plus petite que lui, mes yeux restent plantés dans les siens, y transmettant toute la haine et l'aversion que je ressens en ce moment, que j'ai toujours ressentie, envers lui. Le temps est passé, mais je n'ai pas oublié. J'espère ne jamais oublier. Cette rage, ce feu que j'alimente tous les jours depuis près d'un an ne seront pas oubliés.
« Peut-être que moi j'ai envie qu'il soit mangé, » sourié-je avec provocation.
Il ajoute quelque chose sur les professeurs, comme s'il était un première année perdu qui ne savait pas comment réagir, comme si c'était son dernier espoir – mais quel vain espoir ! – avant qu'il n'admette sa défaite et n'abandonne. La vérité, si je ne me mets pas à chercher avec lui, c'est que je ne sais absolument pas où est Alizée, et encore moins comment la retrouver. Mais le sourire cruel qui s'accentue sur mes lèvres est plus fort que moi et mon ignorance, et témoigne de tout ce que je ressens pour lui et qui me font ressembler à ce que parfois, je déteste être. J'en oublie Alizée, le rat au nom ridicule, et ma seule pensée est tournée vers ce qui pourrait le blesser, car il m'a assez blessée comme ça et que c'est à son tour de souffrir.
« Ah ouais ? Valerion est plus là alors tu vas appeler qui ? Ta mère ? T'es plus le chouchou de personne, Sharp. T'es plus rien. »
J'affiche une moue faussement désolée, avant de hausser les épaules et de me tourner vers la fenêtre. Le train vient de partir, nous amenant tous deux vers un inévitable que je n'ose imaginer.
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur