Je pense donc je fuis

MARDI 13 SEPTEMBRE 2050
QUATRIEME ANNEE D'ETUDE
juste après ce post & celui-ci
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Mutique, le coeur bousculé et confuse, Stella regarda Ashley — non, Houston merde ! — s'enfuir. S'enfuir dans ce couloir qui menait surement à sa Salle Commune, fuir et se cacher, disparaitre dans un endroit auquel la Serdaigle ne pourrait jamais accéder. Hébétée, son regard suivit un instant la silhouette de la jeune fille s'effacer, emportant avec elle ses paroles acides et son regard froid.
Que s'était-il passé ? Houston était partout, ses mains brièvement posées sur elle et ses mots dépourvus de son habituelle froideur. Puis elle s'était soustraite au regard du Monde et s'était empressée de....disparaitre. Mais pourquoi ? Frustrée, la Quatrième Année jura à voix basse, ses yeux navigant entre Elijah, les adultes et Houston. Houston qui l'avait rattrapée, Houston qui avait arraché sa main à la sienne, Houston qui se mettait à lui murmurer à l'oreille au lieu de lui faire profiter de tout le mépris qu'elle semblait lui inspirer. Houston qui n'avait pas besoin de la protection d'Etoile. Houston, Houston, Houston. Elle serra les dents, le corps naturellement déjà prêt à s'élancer à sa suite.

Merde mais pourquoi avait-elle eut le réflexe stupide de vouloir faire barrière de son corps? Ce n'était pas comme si elle-même était friande de contact physique. Etait-ce pour ça que la Poufsouffle s'était enfuie ? Merde, merde, merde. « Merde ! » souffla-t-elle, contrariée. Pourquoi avait-elle fui ainsi ? *Et pourquoi ça m'importe ?* songea-t-elle en faisant craquer une phalange. Mais c'était quoi son problème ? Depuis quand s'intéressait-elle aux états d'âmes d'Houston? C'était franchement ridicule. Elle déglutit, s'entourant de ses bras. L'absence d'Houston remplissait tout l'espace, la faisait suffoquer. Encore plus ridicule. Cette fille ne pouvait pas la supporter. N'est-ce pas ?

Jetant un regard à la fille qui s'éloignait d'elle, Stella sut qu'elle avait perdu. Merde alors. Elle se mit en mouvement sans y penser, oubliant son estomac vide et ses courbatures. Laissant derrière elle ses amis, la Serdaigle s'élança vers sa camarade — consciente qu'elle agissait encore une fois de façon complètement irréfléchie. Sérieusement ? Elle courrait derrière Houston maintenant ? Merde. « Houston ! » appela-t-elle, abandonnant sur le sol le peu de dignité qu'il lui restait. Rien à faire, La Poufsouffle l'ignora royalement. Un rire jaune enfla dans la poitrine de l'Aiglonne. Houston l'ignorait alors qu'elle était presque entrain de la supplier ? Et elle lui courrait après ? *Putain mais dans quoi j'me suis embarquée* songea-t-elle, en fronçant les sourcils, à deux doigts de se laisser tomber par terre et de passer la prochaine décennie à maudire Satan. Mais à la place, la voix de la jeune fille résonna de nouveau dans son oreille, murmure menaçant et sec mais pas acide. Alors, après avoir soupiré et mentalement maudis tous les dieux, elle essaya autre chose. « Ashley ! »

La Poufsouffle se figea et le coeur de Stella s'arrêta. Oh. Oh merde. Quoi maintenant ? Elle se retourna vers Etoile et cette dernière eut l'étrange impression d'avoir oublié ce qu'elle voulait dire.



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@Ashley Houston ma Stella perd tous ses moyens à cause d'Ashley :lol:
Dernière modification par Stella Ruewen le 23 sept. 2025, 13:27, modifié 1 fois.

15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."

Je pense donc je fuis
13 septembre 2050 – Précédemment
Couloirs – Poudlard
4ème année


« C'était inintentionnel. » Mes mots résonnent dans ma tête au même rythme que mes pas sur la pierre tandis que je traverse à grandes enjambées le couloir désormais presque vide, m'éloignant de plus en plus de la foule créée par cette fichue liste et Cooper. « C'était inintentionnel. » Vraiment ? L'était-ce réellement ? Plus je me répète cette phrase et plus elle me parait fausse. Il y reste sûrement une part de vraie, car après tout pour rien au monde je n'aurais souhaité tomber à la suite de Ruewen. Mais mes mains se sont posées sur ses épaules pour une bonne raison ; mes lèvres ont chuchoté à son oreille pour cette même raison. J'avais envie de le faire. Cette prise de conscience, ce constat me fait peur et c'est en partie pour cela que je m'éloigne dans la direction opposée à la grande salle. L'appétit coupé, je sais que la Serdaigle ne pourra me suivre dans ma salle commune. Pourtant, mes tout derniers mots ont été prononcés, je le sais et je ne peux l'ignorer, dans le but de la provoquer. Et, par conséquent, de la forcer à répliquer, à la tourner vers moi pour qu'elle me lance ses mots acerbes à la figure.

Pourtant plus je m'éloigne et moins j'ai l'impression qu'elle va arriver. Peut-être, après tout, qu'elle ne m'a tout simplement pas entendue par-dessus le brouhaha de la foule. C'est faux ; Miss Pinehead a parlé suffisamment fort pour taire toute conversation, et mon souffle s'est très bien fait entendre. Je ne cherche qu'une excuse pour ne pas faire face à ce que je redoute un peu plus que je n'aimerais.

Et puis il y a un cri. Ou plutôt, un nom crié. Je sais très bien qui le prononce, et malgré toutes mes envies de me retourner, je continue d'avancer, sentant mes muscles tressaillir sous la force que cela me demande. Ce n'est pas le nom que je voulais entendre. Ce n'est pas non plus l'intonation que j'aurais aimé percevoir dans le ton de la Bleue. Cela fait tomber quelque chose au fond de moi et je me résous à ne pas me retourner. Si ce que j'ai pu m'imaginer plus tôt était vrai, alors elle n'aurait pas dit Houston, mais une tout autre chose qui m'aurait fait me retourner, et qui m'aurait peut-être même fait marcher dans l'autre sens pour la rejoindre plus vite. Sauf que ce nom est le mauvais, et que lorsqu'elle se corrige pour appeler mon prénom, je n'ai plus du tout l'impression qu'elle le fait naturellement, comme lorsque je l'ai si aisément rattrapée. Je ne peux cependant pas m'empêcher de m'arrêter, tiraillée par deux moi opposés. D'un côté, celui qui me hurle de continuer mon chemin, de ne pas m'arrêter pour un prénom lâché deux fois sous le coup de l'émotion, car cela ne veut absolument rien dire et est probablement une manière d'attirer mon attention pour ensuite réduire mes espérances à néant. De l'autre côté, celui qui hurle plus fort encore que, justement, je veux que mon attention soit attirée par Ruewen, et que la chaleur que cela fait naître en moi n'est en fait pas si désagréable que ça, et qu'il est plus simple de l'accepter plutôt que de tenter de l'éteindre en fuyant comme j'ai tant l'habitude de le faire.

C'est évidemment à ce moi tambourinant dans mes oreilles et dans mon crâne que j'obéis. Lentement, je me retourne pour faire face à la Serdaigle qui s'approche de plus en plus de moi. Stop ! me dis-je en reculant d'un pas, paniquée à l'idée qu'elle puisse lire sur mon visage ce que mon cœur hurle depuis le fin fond de mon âme ébranlée. Je scrute ses yeux, à la recherche de ce que j'ai perçu dans le ton de sa voix lorsqu'elle a prononcé mon prénom pour la première fois, et lorsqu'elle m'a pris la main pour me soustraire au regard de la nouvelle bibliothécaire. Mais parfois, des mots valent mieux que des silences remplis de questions, de suppositions qui ne mènent à rien et de non-dits.

« Quoi ? »

Ma voix est rauque, mon ton est sec et c'est tout ce que je réussis à sortir. Et quel prix à payer pour une simple question ! J'ai l'impression de n'avoir jamais eu autant de mal à parler, et je me racle la gorge pour tenter de retrouver ma voix. Je n'ose cependant pas reprendre la parole pour vérifier que je ne suis pas devenue muette à cause d'un simple prénom prononcé par une personne que je ne suis pas sensée apprécier, et me contente d'attendre bêtement qu'elle dise quelque chose. Sa voix à elle n'est pas lâche, puisqu'elle a réussi, en quelques minutes à peine, à me retourner dans tous les sens.

Ashley n'est pas bien mieux... je crois même que Stella l'a cassée. Je ne sais pas s'il faut s'en réjouir ou, au contraire, s'inquiéter de ce que cela pourrait donner.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

Je pense donc je fuis
Immobile dans ce couloir qui paraissait soudain bien trop petit pour elles deux, Stella avait le souffle coupé. Coupé par son audace, coupé par le regard d’Ashley, coupé par le poids qu’avait le nom de la Poufsouffle dans sa bouche. La respiration irrégulière à cause de sa course effrénée vers sa propre fin, sa poitrine se soulevait et s’abaissait légèrement trop vite, et soudain elle croisa les doigts pour ne pas avoir l’air trop déplorable. Elle venait de mettre tout son amour-propre de côté pour rejoindre Houston — Ashley ? —, elle avait haussé la voix dans un lieu public. Merde alors elle lui avait courut après. Qu’allait elle lui faire faire ensuite ? Supplier ? Ramper ? *Bordel j’suis foutue pour foutue* songea-t-elle. Ses iris papillonnaient, ne sachant où se poser — trop intimidée pour fixer la fille en face d'elle mais trop bravache pour fuir complètement la confrontation avec son regard.

Les poings serrés de la Quatrième Année s'étaient détendus aussitôt que le visage de sa camarade lui avait refait face, comme si par le simple fait de retrouver les traits, bien dessinés, au point que ç'en devenait agaçant, d'Ashley — Houston ? — l'avait apaisée. Argh, apaisée, vraiment ? Non non et non, elle refusait ça. C'était tellement plus simple de savoir qu'elle n'avait pas d'affinité avec la Poufsouffle. De pouvoir l'ignorer sans s'inquiéter de ce qu'elle pensait, de se contenter d'échanger quelques piques sans s'intéresser l'une à l'autre. C'était facile de ne pas s'aimer et de se jeter des regards de travers. Mais ça, vouloir discuter pour...quoi ? De brefs contacts et quelques murmures ?

Sa question claqua dans l'air, un simple mot prononcé avec peine. Mais la seule chose qu'Etoile remarqua fut le timbre de voix d'Houston — merde à la fin, Houston ou Ashley ? Rauque comme si elle...se retenait de pleurer ? Non, impossible, plutôt comme si elle allait lui crier dessus. Oui, ça lui ressemblait déjà plus. En même temps, rattraper la Ruewen ne lui ressemblait pas vraiment, et lui chuchoter à l'oreille...encore moins. *Fait chier* soupira-t-elle mentalement en mordillant l'intérieur de sa joue. En plus elle s'était mise toute seule dans cette situation, quelle con. *Pffff*

Tu m'fais courir derrière toi maintenant Ashley ? demanda-t-elle avec un sourire doux, désireuse de désamorcer la situation — pfff nan mais quelle situation ? T'es vraiment la seule personne capable de me faire courir après quelqu'un, s'amusa-t-elle en s'approchant encore un peu.

Okay, ce n'était vraiment pas ce qu'elle s'était imaginé dire à la Poufsouffle. Pas du tout même. Etait-ce son bref mouvement de recul qui avait inconsciemment poussé Stella à se rapprocher ?



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Stella aussi est cassée je crois, pas grave : moins par moins ça fait plus hehe

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Je pense donc je fuis
Le silence s'étire entre nous et j'ai l'impression de m'enfoncer dans mes bottines. Ou plutôt, que le sol s'effondre sous mon poids, que les murs du Château tombent autour de moi, prêts à m'ensevelir sous leurs débris. J'aimerais me fondre dans le chaos de mon imagination, me transformer en pierre, couler sous le regard de la Serdaigle pour ne plus avoir à croiser ses yeux aussi tumultueux et calmes que l'océan. Disparaître serait bien plus simple. Dans ma vie, c'est ce qui est le plus simple à faire. Je n'ai jamais eu de réelle question à me poser face à une situation qui me mettait en difficulté, la réponse ayant toujours été la même – partir. Une dispute avec ma famille ? L'enfermement dans ma chambre. Un problème qui me dépasse concernant une professeure à l'élève préféré que j'ai détesté du plus profond de mon âme ? La fuite face à la porte de son bureau, la lâcheté de ne pouvoir prendre mon putain de courage à deux mains pour affronter ses actes. Il en est de même pour celle au regard de forêt et aux lèvres douces comme des fleurs. Aujourd'hui, il en aurait été de même si Ruewen n'avait pas ce ton si particulier en prononçant mon nom, ce ton qui ébranle toutes mes convictions et mes habitudes.

Peut-être bien que c'est pour ça que je devrais la détester, plutôt que de trouver comme prétexte pour l'éviter son étonnante persistence à toujours avoir voulu me repousser. Pourtant, je me surprends à ne plus trouver cette excuse suffisante. Mes actions dans le couloir, tout à l'heure, le prouvent bien. J'aurais laissé tomber n'importe qui, s'il l'avait fallu, en me déplaçant d'un pas sur le côté. Je l'ai rattrapée parce que c'était elle, et personne d'autre. Peut-être que je ne voulais pas voir ses mains à nouveau tachées de sang. Je me demande quelle couleur aurait son prénom dans ma bouche.

Cette dernière pensée, intrusive, me fait secouer la tête et je crains qu'elle ne prenne ce mouvement – causé par ma propre incapacité à me concentrer sur ce à quoi je ne veux pas penser – pour une désapprobation de son attitude. Alors qu'elle n'a rien, mais vraiment rien, à se reprocher. Ce n'est pas sa faute si son regard ne sait où se poser. Elle n'est pas la première à agir ainsi en ma présence. Gwennaëlle me répète souvent qu'il est difficile de me regarder dans les yeux et que mon regard dérange. Elle dit que mes prunelles semblent trop insistantes et capables de sonder le cœur des gens. Pourtant je ne me suis jamais sentie aussi aveugle qu'aujourd'hui, au milieu de ce couloir désert. Puis la douceur des paroles de Stella me prend de court et semble en décalage avec ses mots. Ce qui aurait facilement pu être une remarque acerbe, teintée d'ironie, se transforme en une question légère et complètement inoffensive. Je sens mes épaules se décontracter ; je n'avais pas remarqué qu'elles étaient tendues. L'air se fait plus respirable, aussi, ou peut-être est-ce le fruit de mon imagination. Mais je n'y prête plus vraiment attention, car la Bleue se rapproche légèrement, mon prénom répété pour la troisième fois accompagnant ses paroles et son geste.

« Loin de moi l'idée de me faire désirer. » Mon cœur fait un bond dans ma poitrine lorsque je fais un pas en avant. Jamais je n'ai osé dire de telles choses à quelqu'un, aussi proche sois-je de cette personne. « Et c'est la première fois que je m'arrête pour quelqu'un qui me court après. »

Je souris maladroitement pour essayer de répondre au sien, même s'il semble un peu moins doux et peut-être même un peu froid. Mais l'intention y est, et c'est-ce qui compte, non ?

On recolle peu à peu leurs morceaux...
Mes plates excuses pour le retard.

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