Cultiver l'hiver
« L'Hiver pourvu qu'on le cultive
Est aussi arable que le Printemps »
Emily Dickinson
Est aussi arable que le Printemps »
Emily Dickinson
21 DÉCEMBRE 2049, 12h20
FACE AU CONSILIUM, GODRIC'S HOLLOW,
Alyona, 20 ans,
FACE AU CONSILIUM, GODRIC'S HOLLOW,
Alyona, 20 ans,
L'air de Godric's Hollow change de celui de l'Institut. Il n'est pas aussi vif ou iodé. Il ne porte ni les embruns de la mer, ni le murmure des vagues. Sa mélodie est tout autre, accompagnée par un orchestre de passants, avec leurs pas, leurs voix et leurs éclats, constituée de notes environnantes, inconstantes et insouciantes, et ponctuée, ici et là, de flamboiements et de tintements. C'est une ville animée, de celles qui, comme on le dit, ne dorment jamais. Même en ce matin de Yule, ses rues demeurent vivantes et colorées, à croire qu'elles rayonnent elles aussi pour les célébrations. J'aime son ardeur et son bouillonnement, y flâner, c'est comme se laisser emporter dans une grande danse. On se sent appartenir à quelque chose d'immense et de beau, tel un tableau qui ne cesserait de changer de personnages. C'est simple, et agréable.
Installée dans l'ombre du Consilium, mon regard se fait explorateur, comme il a l'habitude de le devenir dans ces moments où la patience est de mise. Il parcourt les bâtiments aussi aisément que les visages, s'exerçant à sonder les deux, non sans peine — certaines choses peuvent s'imaginer sans jamais se deviner. Ces architectures et ces sorciers de tout âge diffèrent tellement de l'Institut ! Mon lieu d'études, constituant également mon lieu de vie, me laisse parfois l'étrange impression d'être enfermée dans un autre monde, où les plantes carnivores et l'utilisation d'antidotes sont plus communs que les rires d'enfants. Cela explique peut-être pourquoi, lorsque je m'en éloigne, j'ai la sensation de redécouvrir la vie dans ce qu'elle a de plus quotidien et de simple. Mes yeux s'arrondissent un peu pour tout attraper dans un regard, désireux de conserver ces éclats qui me manquent, comme d'autres conserveraient l'hiver dans un flacon bleu.
J'attends ma mère. Rares ont été les fois, depuis notre déménagement, où j'ai pris le temps d'aller la chercher à la fin de sa journée de travail, pour marcher avec elle jusque chez nous. C'est pour cela que j'ai pris cette résolution, aujourd'hui ; pour cela, mais aussi car il fait doux, que je me sens bien dehors, et que j'ai à cœur de lui faire plaisir. Ces derniers mois, et peut-être même ces dernières années, en réalité, de nombreux hivers se sont glissés entre nous, glaçants, froids et mordants. Nous nous sommes éloignées. Et, Merlin, que c'est dur à constater ! comme c'est douloureux ! Était-ce inévitable ? Peut-être. Pourrons-nous oublier nos différents pour retrouver une relation plus forte ? Je n'en sais terriblement rien. On dit que le temps sépare ceux qui s'aiment, mais il semblerait parfois qu'ils s'en chargent très bien tous seuls.
Le froid et le vent embrassent mes joues et y laissent des traces colorées — sûrement due à leur rouge à lèvres. Le cou plongé dans une écharpe verte, je patiente, protégée de l'hiver par une douce forêt de laine. Je suis arrivée en avance. C'était probablement idiot. Comment ma mère pourrait-elle en venir à sortir en avance, ou même à l'heure ? Elle a toujours été de ceux qui ne quittent leur travail que lorsque leur tache est terminée, sans jeter un œil aux horloges et sans penser à ceux qui les attendent. Qu'importe ! J'ai la patience des Hommes qui ne connaissent que le rythme des saisons et leur brutalité. Je ne crains pas l'hiver et je connais ses ruses. Elles ne peuvent plus me vaincre.
Mes yeux se posent finalement sur le Consilium, après avoir tant navigué dans la foule. Quel étrange lieu de travail, immense et froid, aux pierres obscures comme la nuit. Je n'y suis jamais rentrée. Je ne le souhaite pas. Et j'espère ne jamais avoir à m'y rendre quotidiennement pour faire usage de mes apprentissages. C'est un endroit trop sombre pour que je puisse y passer mes jours. Je ne suis pas comme ma mère. Nous sommes si dissemblables ! Et pourtant nous nous retrouvons toujours.
Je serre ma cape contre moi, regrettant de ne pas m'être glissée sous le regard du soleil.
@Rosaleen Winston, en espérant que ce début te convienne !
Dernière modification par Alyona Farrow le 20 mai 2025, 23:14, modifié 1 fois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Cultiver l'hiver
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Jake WINSTON (père) - Couleur : #044a76
- Lien vers la fiche du PNJ : Par ici (PNJs Famille)
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Ici, Jake sert les intérêts de Alyona. Rosaleen accompagne son père pour un moment avec lui.
Rosaleen se doutait bien que récupérer des dossiers au Consilium n'était pas l'unique raison de son père de l'emmener à Godric's Hollow. Si Jake Winston avait décidé d'emmener sa fille avec lui c'était pour déjeuner en sa compagnie et parler avec elle de la situation avec ses grands-parents. La lettre que la rouge et or avait envoyé à son père n'avait pas été des plus douces. En tout cas, pas quand on annonçait à son père que ça faisait de nombreuses années qu'elle vivait une pression de la part de ses grands-parents continuellement et que ça avait dégénéré.
C'est ainsi que le père et la fille arrivèrent dans les rues enneigées de la ville. Leurs pas se dirigeaient vers le Consilium, main dans la main. Leurs capes les protégeaient du froid de l'hiver mais la rouge et or ne put s'empêcher de frissonner. Elle n'avait pas si froid que ça en réalité. Elle craignait la discussion qui allait suivre, tout simplement. Une fois arrivés devant le bâtiment, Jake se tourna vers sa fille.
- Attends-moi là, Rosie. J'en ai pour quelques minutes. Je ne serai pas long.
Rosaleen hocha la tête et s'adossa contre le mur. Elle regarda la ville et ses mouvements : des gens qui venaient et repartaient. Puis, son regard se tourna vers une silhouette qui semblait elle aussi, attendre. Enfin, c'était du moins ce que la fillette en avait pensé. Tout dans sa posture semblait signifier qu'elle attendait quelqu'un. Néanmoins, de peur que cette silhouette ne la remarque, la jeune fille détourna ses yeux. Elle n'avait pas envie d'engager la conversation avec une personne inconnue. D'autant plus que son père n'allait pas tarder à la rejoindre. Récupérer des dossiers ne devraient pas prendre de temps et connaissant son père, les dossiers en question ne nécessitait pas de rangements puisque son père classait toujours tout. Donc, si elle comptait le temps qu'elle venait d'attendre, son père ne devrait pas-
- Me voilà ! s'écria Jake en revenant vers sa fille, les dossiers rangés dans un sac en bandoulière. Nous pouvons y aller.
- Nous allons manger en ville ? interrogea Rosaleen sortant de son silence.
- Oui, c'est ce que j'avais prévu. Nous y serons tranquille et nous ne dérangerons pas ta mère qui travaille sur un cas assez important à la maison.
La mère de Rosaleen était une avocate assez importante et préférait travailler à la maison quand elle le pouvait. De ce fait, elle comprenait que son père voulait laisser un peu de répit à son épouse et cela leur permettrait au père et à la fille de parler sereinement. Jake prit la main de sa fille et l'entraîna vers la rue lorsque son regard s'arrêta sur la silhouette qu'avait observée Rosaleen quelques instants plus tôt. Il s'approcha de la silhouette en l'interpellant :
- Bonjour Miss Farrow ! Quel plaisir de vous revoir ! Comment allez-vous ?
Plaisir ? Se revoir ? Tant de questions qui se bousculaient dans la tête de la gryffone. Comment cela se faisait-il que son père connaisse cette silhouette étrangère ? Tenant toujours fermement la main de son père, Rosaleen n'osa dire un mot. Qui était cette inconnue ?
@Alyona Farrow C'est nickel pour moi ! J'espère que mon post te convient également !
Cultiver l'hiver
Le temps craque comme une feuille morte. Je l'observe briser ses vagues sur les falaises de ma patience. Il s'y jette avec une violence ! Les minutes se succèdent en laissant derrière elles des traînées bavantes d'écume. Mes yeux manquent de se fermer quand un frisson me parcourt. J'attends, le dos droit, immobile, semblable à ces pics de pierre que rien ne terrasse, inchangés de mères en filles, traversant les générations sans bouger ni frémir. Parfois, quelques pensées me secouent, comme des passants trop effrontés. Elles posent leurs longs doigts crochus sur mes épaules pour me décourager, désireuses de rompre mon calme et de mordre ma patience à pleine dent. Mais je ne bouge pas. J'attends.
Mon père ne mangera pas avec nous. Il travaille. Toujours le travail ! C'est cela qui nous rassemble et nous sépare. Unis par des passions qui nous tiennent éloignés. Et rien n'y changera, je crois, car nous sommes trop distants, trop différents, et à la fois trop fiers et tenaces pour renoncer à quoi que ce soit ; c'est une histoire de famille ; c'est un sacrifice pour la famille ; c'est un intérêt trop personnel ; nous partons tous chacun de notre côté, nous protégeant avec l'idée d'agir pour le bien de la famille. Alors, souvent, en hiver, je suis frappée de solitude. Je suis la jolie plante verte à laquelle on ne donne pas d'eau mais dont on parle avec fierté. Ah, la famille ! Son enveloppe est dorée quand son cœur est rouillé. Pourtant, j'attends ma mère. Allez savoir pourquoi. Pour faire semblant, sûrement. Cela fait partie du tableau.
Mon regard glisse, m'échappe, si bien qu'il finit par s'arrêter sur un couple de sorciers : un père et sa fille. Lui a les bras chargés de dossiers, elle a sa main dans la sienne. L'image me frappe comme un rêve qu'on arrache. Elle me frappe d'autant plus quand mes yeux remontent jusqu'aux visages et en découvrent un connu. Le père est un collègue de ma mère. Un collègue qui quitte son travail à l'heure pour manger avec sa fille. Oh Merlin, comme mon cœur se serre ! Mais il est dur, solide comme de la pierre, il a survécu aux tempêtes et aux vagues, s'est dressé face au temps sans frémir, et dans cette situation si douloureuse où les songes heurtent le monde, il ne tremble qu'à peine. Mes paupières papillonnent, mon sourire s'étire ; on me salue, je refleuris.
Je lâche la bandoulière de mon sac pour m'ouvrir à l'arrivée impromptue de ces passants qui, pour une fois, ne font pas que passer.
« Bonjour Mr Winston ! Et bonjour Miss... Winston, je suppose ? »
Comme elle a l'air jeune ! Plus jeune que Narcisse ou Ernest, je dirai. (La connaissent-ils ?) C'est étrange de l'apercevoir, d'être dans cette position où je suis la connaissance de son père, et non plus la jeune sorcière qui rencontre des connaissances de ses parents. Les rôles s'inversent. Miroir. Je grandis, c'est frappant, et agréable.
Je ne sais même plus quand nous nous sommes rencontrés. Mr Winston est magizoologiste, si je me souviens bien. Nous avons certainement dû discuter dans un de ces dîners auxquels ma mère se rend parfois, m'invitant à l'accompagner pour que mon air s'emmêle à ceux de ces sorciers bien nés et aux idées acceptées. C'est sa manière de me surveiller, de s'assurer que je reste dans son milieu, que je l'y suivrai, elle qui a tracé sa voie à la sueur de son front.
« C'est un plaisir de vous voir également, poursuis-je. Je me porte bien, et vous ? Vous profitez d'un moment avec votre fille ? » Un sourire me traverse le visage. « C'est toujours précieux. »
Mes pensées brûlent dans un âtre de pierres. À son sommet, dans un vase de verre, des fleurs rougeoyantes ternissent et se fanent. La chaleur étouffe les délicatesses de la nature comme mon sourire noie la déception qui me gagne à l'intérieur. Que fait ma mère ? Elle travaille sûrement, entourée de ses dossiers, incapable de les prendre sous son bras pour attraper la main de sa fille. Qu'espérais-je ?
Mon père ne mangera pas avec nous. Il travaille. Toujours le travail ! C'est cela qui nous rassemble et nous sépare. Unis par des passions qui nous tiennent éloignés. Et rien n'y changera, je crois, car nous sommes trop distants, trop différents, et à la fois trop fiers et tenaces pour renoncer à quoi que ce soit ; c'est une histoire de famille ; c'est un sacrifice pour la famille ; c'est un intérêt trop personnel ; nous partons tous chacun de notre côté, nous protégeant avec l'idée d'agir pour le bien de la famille. Alors, souvent, en hiver, je suis frappée de solitude. Je suis la jolie plante verte à laquelle on ne donne pas d'eau mais dont on parle avec fierté. Ah, la famille ! Son enveloppe est dorée quand son cœur est rouillé. Pourtant, j'attends ma mère. Allez savoir pourquoi. Pour faire semblant, sûrement. Cela fait partie du tableau.
Mon regard glisse, m'échappe, si bien qu'il finit par s'arrêter sur un couple de sorciers : un père et sa fille. Lui a les bras chargés de dossiers, elle a sa main dans la sienne. L'image me frappe comme un rêve qu'on arrache. Elle me frappe d'autant plus quand mes yeux remontent jusqu'aux visages et en découvrent un connu. Le père est un collègue de ma mère. Un collègue qui quitte son travail à l'heure pour manger avec sa fille. Oh Merlin, comme mon cœur se serre ! Mais il est dur, solide comme de la pierre, il a survécu aux tempêtes et aux vagues, s'est dressé face au temps sans frémir, et dans cette situation si douloureuse où les songes heurtent le monde, il ne tremble qu'à peine. Mes paupières papillonnent, mon sourire s'étire ; on me salue, je refleuris.
Je lâche la bandoulière de mon sac pour m'ouvrir à l'arrivée impromptue de ces passants qui, pour une fois, ne font pas que passer.
« Bonjour Mr Winston ! Et bonjour Miss... Winston, je suppose ? »
Comme elle a l'air jeune ! Plus jeune que Narcisse ou Ernest, je dirai. (La connaissent-ils ?) C'est étrange de l'apercevoir, d'être dans cette position où je suis la connaissance de son père, et non plus la jeune sorcière qui rencontre des connaissances de ses parents. Les rôles s'inversent. Miroir. Je grandis, c'est frappant, et agréable.
Je ne sais même plus quand nous nous sommes rencontrés. Mr Winston est magizoologiste, si je me souviens bien. Nous avons certainement dû discuter dans un de ces dîners auxquels ma mère se rend parfois, m'invitant à l'accompagner pour que mon air s'emmêle à ceux de ces sorciers bien nés et aux idées acceptées. C'est sa manière de me surveiller, de s'assurer que je reste dans son milieu, que je l'y suivrai, elle qui a tracé sa voie à la sueur de son front.
« C'est un plaisir de vous voir également, poursuis-je. Je me porte bien, et vous ? Vous profitez d'un moment avec votre fille ? » Un sourire me traverse le visage. « C'est toujours précieux. »
Mes pensées brûlent dans un âtre de pierres. À son sommet, dans un vase de verre, des fleurs rougeoyantes ternissent et se fanent. La chaleur étouffe les délicatesses de la nature comme mon sourire noie la déception qui me gagne à l'intérieur. Que fait ma mère ? Elle travaille sûrement, entourée de ses dossiers, incapable de les prendre sous son bras pour attraper la main de sa fille. Qu'espérais-je ?
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Cultiver l'hiver
Les questions se bousculaient dans la tête de la deuxième année. Sérieusement, quelle personne se cachait derrière cette inconnue qui connaissait son père ? Jake, quant à lui, gardait ce sourire bienveillant que Rosaleen voyait si souvent. Ce sourire qu'il réservait à tout son entourage quand il ne s'agissait pas de ses grands-parents paternels. Trop absorbée par ses questions, elle n'entendit pas tout de suite que l'inconnue s'était adressée à elle. Ce ne fut que lorsque son père bougea sa main qu'elle comprit que l'on attendait d'elle une réponse.
- Oui, bredouilla-t-elle.
- Je vous présente ma fille, Rosaleen, répondit Jake à la suite du cafouillage de sa fille.
Jake souria davantage en voyant que le plaisir était partagé. Qui était cette mystérieuse jeune fille qui semblait connaître son père ? La rouge et or ne voulait pas se montrer si méfiante mais elle se demandait comment ils s'étaient rencontrés. Tout cela sonnait étrangement dans l'esprit de la jeune fille. Elle se contenta donc de l'observer, muette, laissant son père continuer la discussion.
- Je vais très bien également. Et vous avez raison, tout en jetant un regard doux à Rosaleen, je profite que ma fille soit de retour pendant les fêtes pour passer du temps avec elle. Vous ai-je dit qu'elle est à Poudlard ?
Sortant enfin de son mutisme, Rosaleen regarda son père, la mine boudeuse en répliquant :
- J'suis là, papa ! Je suis en deuxième année à Gryffondor se tournant vers la jeune femme.
Rosaleen n'aimait pas du tout quand on parlait d'elle alors qu'elle se trouvait juste à côté d'eux. Jake ne releva pas la remarque de sa fille et questionna Alyona :
- Si je me souviens bien, vous étiez à Serdaigle, Miss Farrow ?
- Oh, comme toi papa ! Mais pourquoi étiez ? Vous n'êtes plus à Poudlard ? Vous faites quoi ?
Voilà que le mutisme de Rosaleen venait d'être remplacé par son éternelle curiosité. Jake regarda sa fille d'un regard qui signifiait qu'elle devait contenir sa langue. Rosaleen baissa donc les yeux espérant ne pas avoir froissée Miss Farrow. C'était quelque chose que la gryffone avait toujours apprécié chez son père. Quand elle commettait un écart de conduite, son père avait plutôt tendance à la réprimander d'un simple regard que de faire toute une scène en publique. Elle savait donc que son père se contenterait de la réprimander une fois qu'ils seraient seuls. Elle avait toujours préféré cela plutôt que de se sentir gênée en public.
- Oui, bredouilla-t-elle.
- Je vous présente ma fille, Rosaleen, répondit Jake à la suite du cafouillage de sa fille.
Jake souria davantage en voyant que le plaisir était partagé. Qui était cette mystérieuse jeune fille qui semblait connaître son père ? La rouge et or ne voulait pas se montrer si méfiante mais elle se demandait comment ils s'étaient rencontrés. Tout cela sonnait étrangement dans l'esprit de la jeune fille. Elle se contenta donc de l'observer, muette, laissant son père continuer la discussion.
- Je vais très bien également. Et vous avez raison, tout en jetant un regard doux à Rosaleen, je profite que ma fille soit de retour pendant les fêtes pour passer du temps avec elle. Vous ai-je dit qu'elle est à Poudlard ?
Sortant enfin de son mutisme, Rosaleen regarda son père, la mine boudeuse en répliquant :
- J'suis là, papa ! Je suis en deuxième année à Gryffondor se tournant vers la jeune femme.
Rosaleen n'aimait pas du tout quand on parlait d'elle alors qu'elle se trouvait juste à côté d'eux. Jake ne releva pas la remarque de sa fille et questionna Alyona :
- Si je me souviens bien, vous étiez à Serdaigle, Miss Farrow ?
- Oh, comme toi papa ! Mais pourquoi étiez ? Vous n'êtes plus à Poudlard ? Vous faites quoi ?
Voilà que le mutisme de Rosaleen venait d'être remplacé par son éternelle curiosité. Jake regarda sa fille d'un regard qui signifiait qu'elle devait contenir sa langue. Rosaleen baissa donc les yeux espérant ne pas avoir froissée Miss Farrow. C'était quelque chose que la gryffone avait toujours apprécié chez son père. Quand elle commettait un écart de conduite, son père avait plutôt tendance à la réprimander d'un simple regard que de faire toute une scène en publique. Elle savait donc que son père se contenterait de la réprimander une fois qu'ils seraient seuls. Elle avait toujours préféré cela plutôt que de se sentir gênée en public.
Cultiver l'hiver
Les pensées sur ma mère fanent, se diluent dans mon sourire et s'éteignent dans la boîte noire de mon crâne. Je ne veux pas laisser son parfum m'enivrer et m'emporter sur les terres arides de la colère et de la déception quand elle n'est pas là. Je ne veux pas être toujours dirigée ailleurs par son image, comme si son absente présence, par des doigts sous mon menton, me contraignait à conserver mon regard rivé sur le sien. Je veux être dépouillée de tous ces sentiments chauds et étouffants qui m'irritent la gorge ; qu'on me les prenne, qu'on me les arrache, qu'on m'en délivre. Pourquoi devrai-je être obligée de les tirer avec moi en toute circonstance ? Je préfère les étouffer dans la légèreté qui m'anime. Que ma mère reste toute entière dans son bureau, puisque c'est là qu'elle souhaite être.
Alors, le ciel de mes iris retourne au présent pour s'intéresser à Mr Winston et à sa fille, qui m'apparaît d'abord assez réservée. À moins qu'elle ne soit confuse ? L'incompréhension peut être accompagnée d'un étonnement qui rend parfois muet, ou hésitant. Or, ni moi ni son père n'avons expliqué à Rosaleen d'où nous nous connaissions. Ce doit être étrange pour elle. Quoi qu'on finit par s'habituer à ces rencontres éphémères qui trahissent de la diversité relationnelle de nos parents. Toutefois, j'essaye de me montrer abordable et bienveillante, accompagnant la chaleur de mon regard d'un sourire, cherchant à repousser les questions silencieuses par une impression agréable.
Gryffondor, Poudlard... Rien d'étonnant au fait que ces mots soient mentionnés, et pourtant ils réveillent en moi toujours cette même nostalgie, douce et lointaine. Je retombe quelques années en arrière et l'envie de parler de ce que j'ai vécu au château refait surface. Des questions me démangent. Est-ce que Miss Xarinez est toujours professeure ? Et Miss Priddy ? Comme une envie de m'assurer que tout est toujours semblable, que rien n'a changé. Et puis, le besoin de partager des anecdotes, de glisser ce dont je me souviens, ce que j'ai vécu d'extraordinaire là-bas. Poudlard ! Passage obligé pour polir les pierres précieuses que nous sommes, frotter jusqu'à ce que la magie brille. La deuxième année, c'est encore le début, la découverte, les tâtonnements. Quelle période riche pour ces jeunes sorciers qui se découvrent et s'affirment. Cependant, il ne faut sûrement pas pour autant trop s'éloigner de sa famille, c'est après tout dans son terreau qu'on grandit.
« Bonjour Rosaleen ! Ravie de te rencontrer. Tu peux m'appeler Alyona, si tu veux. »
Le Miss Farrow me laisse une sensation étrange. C'est celle que j'attends, Miss Farrow. Ce sera toujours elle avant moi, au vu de son rôle. Néanmoins, cela ne me dérange pas. L'idée d'un « Miss » et d'un vouvoiement me fait paraître grande et solidement ancrée dans le monde quand je suis encore jeune et en pleine découverte, de moi-même et de ce qui m'entoure. Loin de moi l'envie de m'accaparer une maturité et une sagesse que je ne pense pas encore tout à fait posséder. Il me reste quelques années devant moi avant d'être une Miss Farrow. Du moins, je l'espère. Ou l'espérais, au regard de cette appellation encore fraîchement exprimée ? Cela s'annonce difficile d'inciter un adulte à changer de vocable, d'autant plus s'il me voit à travers le prisme du rôle politique de ma mère. Alors, pour lui je n'ajoute rien.
« Et cela te plaît, Poudlard et cette deuxième année ? demandé-je à la Rouge et Or avant de m'attarder sur ses questions. J'étais bien à Serdaigle, oui. Je n'y suis plus depuis... Eh bien, ta rentrée à Poudlard. Je suis rentrée en études supérieures à l'Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques. J'y étudie la botanique depuis maintenant deux ans. C'est ma dernière année, normalement. »
Est-ce que cela fait beaucoup d'informations à la fois ? Sûrement. La jeune sorcière ne devait probablement même pas connaître l'Institut. Le post-ASPIC doit lui paraître très lointain, et il est vrai qu'il l'est encore assez. Est-ce que cela attisera sa curiosité ? Peut-être. À cet âge, on veut chasser toutes les brumes de l'inconnu. Je sais d'avance que je ne lui en voudrai pas pour ses questions. Je les comprends ; moi aussi j'en aurais posé. Alors, je glisse un regard apaisé à Mr Winston, de manière à lui signifier que rien ne me dérange dans le comportement de sa fille. Qu'elle parle ! Je me plais à lui répondre.
Alors, le ciel de mes iris retourne au présent pour s'intéresser à Mr Winston et à sa fille, qui m'apparaît d'abord assez réservée. À moins qu'elle ne soit confuse ? L'incompréhension peut être accompagnée d'un étonnement qui rend parfois muet, ou hésitant. Or, ni moi ni son père n'avons expliqué à Rosaleen d'où nous nous connaissions. Ce doit être étrange pour elle. Quoi qu'on finit par s'habituer à ces rencontres éphémères qui trahissent de la diversité relationnelle de nos parents. Toutefois, j'essaye de me montrer abordable et bienveillante, accompagnant la chaleur de mon regard d'un sourire, cherchant à repousser les questions silencieuses par une impression agréable.
Gryffondor, Poudlard... Rien d'étonnant au fait que ces mots soient mentionnés, et pourtant ils réveillent en moi toujours cette même nostalgie, douce et lointaine. Je retombe quelques années en arrière et l'envie de parler de ce que j'ai vécu au château refait surface. Des questions me démangent. Est-ce que Miss Xarinez est toujours professeure ? Et Miss Priddy ? Comme une envie de m'assurer que tout est toujours semblable, que rien n'a changé. Et puis, le besoin de partager des anecdotes, de glisser ce dont je me souviens, ce que j'ai vécu d'extraordinaire là-bas. Poudlard ! Passage obligé pour polir les pierres précieuses que nous sommes, frotter jusqu'à ce que la magie brille. La deuxième année, c'est encore le début, la découverte, les tâtonnements. Quelle période riche pour ces jeunes sorciers qui se découvrent et s'affirment. Cependant, il ne faut sûrement pas pour autant trop s'éloigner de sa famille, c'est après tout dans son terreau qu'on grandit.
« Bonjour Rosaleen ! Ravie de te rencontrer. Tu peux m'appeler Alyona, si tu veux. »
Le Miss Farrow me laisse une sensation étrange. C'est celle que j'attends, Miss Farrow. Ce sera toujours elle avant moi, au vu de son rôle. Néanmoins, cela ne me dérange pas. L'idée d'un « Miss » et d'un vouvoiement me fait paraître grande et solidement ancrée dans le monde quand je suis encore jeune et en pleine découverte, de moi-même et de ce qui m'entoure. Loin de moi l'envie de m'accaparer une maturité et une sagesse que je ne pense pas encore tout à fait posséder. Il me reste quelques années devant moi avant d'être une Miss Farrow. Du moins, je l'espère. Ou l'espérais, au regard de cette appellation encore fraîchement exprimée ? Cela s'annonce difficile d'inciter un adulte à changer de vocable, d'autant plus s'il me voit à travers le prisme du rôle politique de ma mère. Alors, pour lui je n'ajoute rien.
« Et cela te plaît, Poudlard et cette deuxième année ? demandé-je à la Rouge et Or avant de m'attarder sur ses questions. J'étais bien à Serdaigle, oui. Je n'y suis plus depuis... Eh bien, ta rentrée à Poudlard. Je suis rentrée en études supérieures à l'Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques. J'y étudie la botanique depuis maintenant deux ans. C'est ma dernière année, normalement. »
Est-ce que cela fait beaucoup d'informations à la fois ? Sûrement. La jeune sorcière ne devait probablement même pas connaître l'Institut. Le post-ASPIC doit lui paraître très lointain, et il est vrai qu'il l'est encore assez. Est-ce que cela attisera sa curiosité ? Peut-être. À cet âge, on veut chasser toutes les brumes de l'inconnu. Je sais d'avance que je ne lui en voudrai pas pour ses questions. Je les comprends ; moi aussi j'en aurais posé. Alors, je glisse un regard apaisé à Mr Winston, de manière à lui signifier que rien ne me dérange dans le comportement de sa fille. Qu'elle parle ! Je me plais à lui répondre.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Cultiver l'hiver
Rosaleen regardait toujours ses chaussures, convaincue qu'elle avait froissé la jeune fille en face d'elle. Mais il avait suffi que la jeune adulte s'adresse à elle d'une voix bienveillante pour que la Gryffone lève les yeux. Elle lui demanda même de l'appeler par son prénom. Cela lui rappela la première fois qu'elle avait parlé à Dawn en fin de sa première année. Elle avait toujours vu les grands à Poudlard comme des personnes qui s'ennuyer des premières ou deuxièmes années. Mais avec Dawn et maintenant, Alyona, sa vision n'était plus pareil à présent.
Jetant un regard furtif à son père -qi la rassura- elle se tourna vers l'étudiante, les yeux pétillants :
- Ravie aussi !
Puis elle écouta son interlocutrice lui demander des nouvelles de Poudlard avant de parler de ses études. Elle devait être sacrément douée pour faire des études de botanique. Rosaleen ne manqua pas de répondre à Alyona :
- Oui, c'est vraiment chouette d'être à Poudlard ! Mais j'ai vraiment hâte d'être en troisième année pour ne plus avoir cours de vol et de potions. Je suis pas à l'aise dans ces matières mais les professeures sont très gentilles ! Tu veux devenir botaniste ? J'aime beaucoup cette matière et Mr Charleston est trop sympa. Le cours est bien plus marrant avec lui ! Toi aussi tu as des profs qui aiment faire des blagues ?
Rosaleen devenait un vrai moulin à paroles si bien que Jake ria doucement en s'adressant à sa fille :
- Doucement Rosie.
Après un sourire a son père, elle se tourna vers Alyona :
- En tout cas, je suis bien contente si tu deviens botaniste ! Parce que ceux que papa connaît ils sont tous vieux !
- Rosaleen Winston ! réprimanda Jake avec un léger sourire.
- Ben quoi, c'est vrai ! Ils ont soit ton âge, soir l'âge d'être mon grand-père. Et Alyona a l'air d'être moins ennuyante qu'eux !
Jake souria avant de s'adresser a Alyona :
- Ne faites pas attention à ce que dit ma fille. Vous avez déjà une idée de la suite, l'endroit dans lequel vous souhaitez travailler ?
Rosaleen regarda son père, puis Alyona. Quand elle s'intéressait aux professeurs, son père s'intéressait plus à l'avenir de la jeune étudiante. Puis, elle soupçonna ce dernier de s'y intéresser afin de pouvoir appuyer ou faciliter son admission quelque part. Car il y avait bien deux choses que la jeune fille savait sur son père : d'une, il connaissait nombre de botanistes entre ces voyages d'affaires avec des collègues botanistes -parfois étrangers- ainsi qu'à son titre de membre au secrétariat. Et de deux, son père était quelqu'un de professionnel qui se souciait des jeunes. Si ces derniers étaient motivés, il ferait tout pour leur donner des contacts. Et puis, être recommandé de la part de son père c'était une excellente chose puisqu'il était toujours bien perçu par ses collègues.
Et ça, Rosaleen avait pu le voir de ses propres yeux et l'entendre de ses oreilles.
Désolée pour cet affreux retard !
@Dawn Wolf & @Sigmund Charleston pour la mention
Jetant un regard furtif à son père -qi la rassura- elle se tourna vers l'étudiante, les yeux pétillants :
- Ravie aussi !
Puis elle écouta son interlocutrice lui demander des nouvelles de Poudlard avant de parler de ses études. Elle devait être sacrément douée pour faire des études de botanique. Rosaleen ne manqua pas de répondre à Alyona :
- Oui, c'est vraiment chouette d'être à Poudlard ! Mais j'ai vraiment hâte d'être en troisième année pour ne plus avoir cours de vol et de potions. Je suis pas à l'aise dans ces matières mais les professeures sont très gentilles ! Tu veux devenir botaniste ? J'aime beaucoup cette matière et Mr Charleston est trop sympa. Le cours est bien plus marrant avec lui ! Toi aussi tu as des profs qui aiment faire des blagues ?
Rosaleen devenait un vrai moulin à paroles si bien que Jake ria doucement en s'adressant à sa fille :
- Doucement Rosie.
Après un sourire a son père, elle se tourna vers Alyona :
- En tout cas, je suis bien contente si tu deviens botaniste ! Parce que ceux que papa connaît ils sont tous vieux !
- Rosaleen Winston ! réprimanda Jake avec un léger sourire.
- Ben quoi, c'est vrai ! Ils ont soit ton âge, soir l'âge d'être mon grand-père. Et Alyona a l'air d'être moins ennuyante qu'eux !
Jake souria avant de s'adresser a Alyona :
- Ne faites pas attention à ce que dit ma fille. Vous avez déjà une idée de la suite, l'endroit dans lequel vous souhaitez travailler ?
Rosaleen regarda son père, puis Alyona. Quand elle s'intéressait aux professeurs, son père s'intéressait plus à l'avenir de la jeune étudiante. Puis, elle soupçonna ce dernier de s'y intéresser afin de pouvoir appuyer ou faciliter son admission quelque part. Car il y avait bien deux choses que la jeune fille savait sur son père : d'une, il connaissait nombre de botanistes entre ces voyages d'affaires avec des collègues botanistes -parfois étrangers- ainsi qu'à son titre de membre au secrétariat. Et de deux, son père était quelqu'un de professionnel qui se souciait des jeunes. Si ces derniers étaient motivés, il ferait tout pour leur donner des contacts. Et puis, être recommandé de la part de son père c'était une excellente chose puisqu'il était toujours bien perçu par ses collègues.
Et ça, Rosaleen avait pu le voir de ses propres yeux et l'entendre de ses oreilles.
Désolée pour cet affreux retard !
@Dawn Wolf & @Sigmund Charleston pour la mention
Cultiver l'hiver
La jeune sorcière paraît pétillante et enjouée, son contact est agréable, facile, il m'éloigne un peu de cette place, du grand bâtiment sombre et amer devant lequel j'attends, plantée dans son ombre étouffante, à deux doigts de faner. La Rouge dégage une énergie qui me plaît et me ranime, si bien qu'un sourire finit par s'installer sur mon visage sans que je ne le vois venir.
Les cours de vol, de potions, et les cours de Mr Charleston. Merlin, ils me manqueraient presque ! Cela fait bien longtemps que je n'ai pas volé, et même mes cours de potions m'apparaissent désormais lointains. Pourtant, je me souviens avec une exactitude déconcertante de certaines heures, de recettes, de jeux avec les balais, de la sensation de hauteur, et même des examens, de leurs oraux, de l'inquiétude et de tous ces apprentissages qui ont façonné ma vie d'élève à Poudlard. Comme j'aimerais y retourner parfois, glisser un œil à travers l'ouverture d'une porte, me faire toute petite pour écouter un cours ! Cependant, ma place est ailleurs, je le sais bien, et cela me convient. J'en apprends plus à l'Institut, et c'est dans cette autre école que je devais aller après toutes ces années dans le château écossais. Que d'autres aient pris ma place sur les bancs de Poudlard ne me gêne pas, ils y apportent l'enthousiasme de la jeunesse qui chez moi n'est sûrement plus aussi fort.
Mon sourire s'agrandit. Rosaleen est franche, et de ce fait assez amusante. Malgré les mesures de son père, elle dit ce qu'elle pense, et parle avec une légèreté à laquelle je suis moins habituée, mais qui m'est agréable. Pourquoi se contient-on en grandissant ? La bienséance nous pousse à avaler bien des mots pourtant pensés. Que j'aimerais être capable de regarder ma mère dans les yeux et de lui dire ce que je pense de ses opinions, de son attitude et de ses manières d'être et de faire ! Elle ne s'y attendrait pas, je la surprendrai assurément. Mais je ne suis pas comme cela, j'ai perdu cet affranchissement, même si je souhaitais le retrouver je n'y parviendrai pas, je suis bien trop enfermée dans des exigences de politesse et de respect.
Mais je ne peux pas nier que la botanique est un domaine qui mérite un vent de fraîcheur. La jeunesse arrive.
Je me tourne vers Mr Winston, séduite et amusée, détendue par les paroles de sa fille.
« Ne vous en faites pas, cela ne me dérange pas, le rassuré-je avant de me tourner vers la Rouge, décidée à lui répondre et non à l'ignorer. J'ai quelques professeurs qui peuvent être drôles, oui, mais ils sont souvent très concentrés sur leurs cours, malheureusement... Enfin, on rit tout de même quelques fois. »
C'est important, je crois, de ne pas toujours être dans le sérieux, le travail, la droiture. Qui n'aime pas éclater de rire, partager une hilarité à plusieurs et en conserver un souvenir réjouissant et marquant ? J'ai en mémoire bien des fous rire, et bien que la plupart n'aient pas eu lieu à l'Institut, ce n'est pas impossible que les suivants y naissent. Cela me ferait plaisir, je crois que ce serait agréable.
Néanmoins, mon attention revient vite sur la question de Mr Winston, peut-être parce qu'elle occupe plus facilement mes pensées, ces temps-ci, que les souvenirs de mes derniers éclats de rire. Elle est terre-à-terre, concrète et trop réelle, elle résonne particulièrement avec mes inquiétudes actuelles.
« Je pense que je travaillerai où l'on voudra bien de moi, je ne serai pas difficile, j'ai encore beaucoup à apprendre. Je commencerai sûrement au Consilium, ou dans un établissement qui lui est lié... articulé-je en tournant mon regard vers ce grand bâtiment qui me donne des frissons. Mais j'aimerais bien m'essayer à l'enseignement, ou voir si cela peut vraiment me plaire. Ou peut-être aller ailleurs au Royaume-Uni... »
Parce que le Consilium ne m'attire pas du tout, et j'ai besoin de contact, d'humain, pas seulement de plantes, d'études dans des bureaux fermés ou de serres aux lumières artificielles. Il me faut de l'espace, des herbes sauvages, du vent, des odeurs, un vert nourrit par la pluie et des compagnies attentives, qui me permettraient d'en apprendre sur moi autant que je pourrai leur apprendre du monde. Le Consilium est une perspective d'avenir qui me repousse de plus en plus. Mais j'irai sûrement, puisqu'il le faut, puisque ma mère le souhaite.
Cependant, comment expliquer ce soupir qui repose sur mon cœur à Mr Winston, quand lui travaille pour le Conseil ? Ce serait malvenu et déplacé. Il peut peut-être lire la résignation dans mon regard, mais la comprendrait-il ?
Les cours de vol, de potions, et les cours de Mr Charleston. Merlin, ils me manqueraient presque ! Cela fait bien longtemps que je n'ai pas volé, et même mes cours de potions m'apparaissent désormais lointains. Pourtant, je me souviens avec une exactitude déconcertante de certaines heures, de recettes, de jeux avec les balais, de la sensation de hauteur, et même des examens, de leurs oraux, de l'inquiétude et de tous ces apprentissages qui ont façonné ma vie d'élève à Poudlard. Comme j'aimerais y retourner parfois, glisser un œil à travers l'ouverture d'une porte, me faire toute petite pour écouter un cours ! Cependant, ma place est ailleurs, je le sais bien, et cela me convient. J'en apprends plus à l'Institut, et c'est dans cette autre école que je devais aller après toutes ces années dans le château écossais. Que d'autres aient pris ma place sur les bancs de Poudlard ne me gêne pas, ils y apportent l'enthousiasme de la jeunesse qui chez moi n'est sûrement plus aussi fort.
Mon sourire s'agrandit. Rosaleen est franche, et de ce fait assez amusante. Malgré les mesures de son père, elle dit ce qu'elle pense, et parle avec une légèreté à laquelle je suis moins habituée, mais qui m'est agréable. Pourquoi se contient-on en grandissant ? La bienséance nous pousse à avaler bien des mots pourtant pensés. Que j'aimerais être capable de regarder ma mère dans les yeux et de lui dire ce que je pense de ses opinions, de son attitude et de ses manières d'être et de faire ! Elle ne s'y attendrait pas, je la surprendrai assurément. Mais je ne suis pas comme cela, j'ai perdu cet affranchissement, même si je souhaitais le retrouver je n'y parviendrai pas, je suis bien trop enfermée dans des exigences de politesse et de respect.
Mais je ne peux pas nier que la botanique est un domaine qui mérite un vent de fraîcheur. La jeunesse arrive.
Je me tourne vers Mr Winston, séduite et amusée, détendue par les paroles de sa fille.
« Ne vous en faites pas, cela ne me dérange pas, le rassuré-je avant de me tourner vers la Rouge, décidée à lui répondre et non à l'ignorer. J'ai quelques professeurs qui peuvent être drôles, oui, mais ils sont souvent très concentrés sur leurs cours, malheureusement... Enfin, on rit tout de même quelques fois. »
C'est important, je crois, de ne pas toujours être dans le sérieux, le travail, la droiture. Qui n'aime pas éclater de rire, partager une hilarité à plusieurs et en conserver un souvenir réjouissant et marquant ? J'ai en mémoire bien des fous rire, et bien que la plupart n'aient pas eu lieu à l'Institut, ce n'est pas impossible que les suivants y naissent. Cela me ferait plaisir, je crois que ce serait agréable.
Néanmoins, mon attention revient vite sur la question de Mr Winston, peut-être parce qu'elle occupe plus facilement mes pensées, ces temps-ci, que les souvenirs de mes derniers éclats de rire. Elle est terre-à-terre, concrète et trop réelle, elle résonne particulièrement avec mes inquiétudes actuelles.
« Je pense que je travaillerai où l'on voudra bien de moi, je ne serai pas difficile, j'ai encore beaucoup à apprendre. Je commencerai sûrement au Consilium, ou dans un établissement qui lui est lié... articulé-je en tournant mon regard vers ce grand bâtiment qui me donne des frissons. Mais j'aimerais bien m'essayer à l'enseignement, ou voir si cela peut vraiment me plaire. Ou peut-être aller ailleurs au Royaume-Uni... »
Parce que le Consilium ne m'attire pas du tout, et j'ai besoin de contact, d'humain, pas seulement de plantes, d'études dans des bureaux fermés ou de serres aux lumières artificielles. Il me faut de l'espace, des herbes sauvages, du vent, des odeurs, un vert nourrit par la pluie et des compagnies attentives, qui me permettraient d'en apprendre sur moi autant que je pourrai leur apprendre du monde. Le Consilium est une perspective d'avenir qui me repousse de plus en plus. Mais j'irai sûrement, puisqu'il le faut, puisque ma mère le souhaite.
Cependant, comment expliquer ce soupir qui repose sur mon cœur à Mr Winston, quand lui travaille pour le Conseil ? Ce serait malvenu et déplacé. Il peut peut-être lire la résignation dans mon regard, mais la comprendrait-il ?
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Cultiver l'hiver
Rosaleen appréciait de plus en plus l'échange avec Alyona. Le sourire de l'étudiante ravissait le cœur de la deuxième année. Elle aimait la personne qu'elle voyait en face d'elle et qui se faisait un plaisir à répondre à ses questions. Malgré le froid de l'hiver qui rayonnait dans l'air, la rouge et or ressentit une vive chaleur en elle qui ne pouvait que s'expliquer par la gentillesse d'Alyona et la présence rassurante de son père.
Rosaleen écouta l'étudiante prendre le temps de lui répondre en trouvant cela bien triste qu'une fois à l'université, les rires s'estompaient. Elle hocha cependant la tête gardant pour elle ses observations et préservant un sourire sur son visage. Elle se contenta ensuite de suivre l'échange entre la jeune femme et son père.
Jake, quant à lui, fut complètement désarçonné. Il avait pu entreprendre le potentiel d'Alyona par l'intermédiaire de sa collègue Anastasia Farrow -la mère de cette dernière. Alors pourquoi voulait-elle gâcher ses chances au Consilium, cloîtrée dans un bureau dès son jeune âge ? Jake ne pouvait décemment pas laisser la jeune Farrow commettre l'erreur de sa vie et s'empressa de lui dire :
- Miss Farrow, vous ne le pensez pas ! Travailler au Consilium vous apportera certes de bonnes compétences et des atouts complémentaires à ce que vous apprenez à l'Institut mais ce n'est pas pour vous ! Ou du moins, si c'est ce que vous souhaitez, je vous le conseille pour dans une bonne vingtaine d'années !
Jake marqua une pause et en profita pour regarder la future botaniste. Ce qu'il vit alors dans le regard d'Alyona l'étonna : son cœur semblait suivre un tout autre projet que celui de se trouver au Consilium. Anastasia se mettait-elle au travers des rêves de sa fille ? Sentant la main de Rosaleen dans la sienne, Jake se rappela d'une discussion qu'il avait eu avec elle. Sa fille souhaitait plus que tout devenir magizoologiste comme lui et Jake avait toujours dit à Rosaleen de ne pas oublier d'écouter ce que son cœur lui dictait. Car, un jour peut-être arrivera la possibilité que ses projets changent et qu'il n'y avait pas de mal à cela.
Ce fut donc avec délicatesse que Jake s'adressa à Alyona :
- Miss Farrow et je pense que cela s'adresse aussi à toi Rosaleen.
Celle-ci sortit de ses pensées et leva la tête vers son père.
- Ne laissez personne vous dicter votre avenir. Ne gâcher pas votre potentiel ou vos rêves pour des ambitions qui ne sont pas les vôtres et qui ne vous passionnent pas. Miss Farrow, Alyona...
Jake regarda l'étudiante dans les yeux et ce qu'Alyona pourrait y lire c'était une certaine douceur paternelle dans son regard. Il ne l'avait que très rarement appelé par son prénom mais l'occasion s'y prêtait.
- Alyona, vous êtes jeune avec de très grandes capacités en vous. Vous avez besoin d'être sur le terrain pour apprendre et pour vous perfectionner. Vous dîtes vouoir enseigner ; faites-le ! Vous envisagez de voyager ; allez-y ! Ce n'est que comme cela que vous découvrirez de nouvelles approches, de nouvelles méthodes ! Et je sais de quoi je parle puisque j'ai énormément voyagé pour le travail et encore maintenant je voyage mais beaucoup moins avec ma vie de famille. Vous avez un bel avenir devant vous. Et comme vous l'a confirmé ma fille, je connais plus d'un botaniste de bonne réputation avec qui j'ai collaboré. Je n'hésiterai pas une seule seconde à vous recommander si tel est votre souhait.
Jake avait dit l'essentiel. Il n'avait cependant pas exprimé clairement ses soupçons quant aux ambitions que projetaient Anastasia Farrow sur sa fille. Mais il espérait que ces paroles allaient encourager Alyona à se lancer dans ses propres projets et ses rêves sans se fier à ce que pourrait penser sa mère. Et, s'il devait parler de son propre vécu -du jour où il a renoncé lui aussi aux ambitions que son père projetaient pour lui afin de d'être magizoologiste- pour l'encourager davantage, il le ferait sans hésiter.
Rosaleen regardait son père avec fierté. Il disait les choses avec sincérité sans porter de jugement. Il n'avait pas honte de ses opinions et il avait osé remettre en question les futurs choix d'Alyona pour la pousser au plus haut. Pour la jeune fille, c'était absolument impolie mais elle savait que son père ne l'avait fait que dans l'intérêt de l'étudiante. Elle tourna son regard vers l'ancienne Serdaigle se demandant comme elle allait réagir face au discours de son père.
Rosaleen écouta l'étudiante prendre le temps de lui répondre en trouvant cela bien triste qu'une fois à l'université, les rires s'estompaient. Elle hocha cependant la tête gardant pour elle ses observations et préservant un sourire sur son visage. Elle se contenta ensuite de suivre l'échange entre la jeune femme et son père.
Jake, quant à lui, fut complètement désarçonné. Il avait pu entreprendre le potentiel d'Alyona par l'intermédiaire de sa collègue Anastasia Farrow -la mère de cette dernière. Alors pourquoi voulait-elle gâcher ses chances au Consilium, cloîtrée dans un bureau dès son jeune âge ? Jake ne pouvait décemment pas laisser la jeune Farrow commettre l'erreur de sa vie et s'empressa de lui dire :
- Miss Farrow, vous ne le pensez pas ! Travailler au Consilium vous apportera certes de bonnes compétences et des atouts complémentaires à ce que vous apprenez à l'Institut mais ce n'est pas pour vous ! Ou du moins, si c'est ce que vous souhaitez, je vous le conseille pour dans une bonne vingtaine d'années !
Jake marqua une pause et en profita pour regarder la future botaniste. Ce qu'il vit alors dans le regard d'Alyona l'étonna : son cœur semblait suivre un tout autre projet que celui de se trouver au Consilium. Anastasia se mettait-elle au travers des rêves de sa fille ? Sentant la main de Rosaleen dans la sienne, Jake se rappela d'une discussion qu'il avait eu avec elle. Sa fille souhaitait plus que tout devenir magizoologiste comme lui et Jake avait toujours dit à Rosaleen de ne pas oublier d'écouter ce que son cœur lui dictait. Car, un jour peut-être arrivera la possibilité que ses projets changent et qu'il n'y avait pas de mal à cela.
Ce fut donc avec délicatesse que Jake s'adressa à Alyona :
- Miss Farrow et je pense que cela s'adresse aussi à toi Rosaleen.
Celle-ci sortit de ses pensées et leva la tête vers son père.
- Ne laissez personne vous dicter votre avenir. Ne gâcher pas votre potentiel ou vos rêves pour des ambitions qui ne sont pas les vôtres et qui ne vous passionnent pas. Miss Farrow, Alyona...
Jake regarda l'étudiante dans les yeux et ce qu'Alyona pourrait y lire c'était une certaine douceur paternelle dans son regard. Il ne l'avait que très rarement appelé par son prénom mais l'occasion s'y prêtait.
- Alyona, vous êtes jeune avec de très grandes capacités en vous. Vous avez besoin d'être sur le terrain pour apprendre et pour vous perfectionner. Vous dîtes vouoir enseigner ; faites-le ! Vous envisagez de voyager ; allez-y ! Ce n'est que comme cela que vous découvrirez de nouvelles approches, de nouvelles méthodes ! Et je sais de quoi je parle puisque j'ai énormément voyagé pour le travail et encore maintenant je voyage mais beaucoup moins avec ma vie de famille. Vous avez un bel avenir devant vous. Et comme vous l'a confirmé ma fille, je connais plus d'un botaniste de bonne réputation avec qui j'ai collaboré. Je n'hésiterai pas une seule seconde à vous recommander si tel est votre souhait.
Jake avait dit l'essentiel. Il n'avait cependant pas exprimé clairement ses soupçons quant aux ambitions que projetaient Anastasia Farrow sur sa fille. Mais il espérait que ces paroles allaient encourager Alyona à se lancer dans ses propres projets et ses rêves sans se fier à ce que pourrait penser sa mère. Et, s'il devait parler de son propre vécu -du jour où il a renoncé lui aussi aux ambitions que son père projetaient pour lui afin de d'être magizoologiste- pour l'encourager davantage, il le ferait sans hésiter.
Rosaleen regardait son père avec fierté. Il disait les choses avec sincérité sans porter de jugement. Il n'avait pas honte de ses opinions et il avait osé remettre en question les futurs choix d'Alyona pour la pousser au plus haut. Pour la jeune fille, c'était absolument impolie mais elle savait que son père ne l'avait fait que dans l'intérêt de l'étudiante. Elle tourna son regard vers l'ancienne Serdaigle se demandant comme elle allait réagir face au discours de son père.
Cultiver l'hiver
« une bonne vingtaine d'années ! »
Je suis bousculée par ces chiffres, qui s'accumulent, se multiplient. Cela fait dix fois deux ans, quatre fois cinq ans, deux fois dix ans, vingt ans c'est le double de mon âge, cela signifie quarante ans. Quarante ans ! C'est ma vie multipliée par deux. Deux fois tout ce que j'ai déjà vécu. C'est le moment où son existence est stable, installée, routinière. C'est des connaissances, des enfants, une maison. Une vie de famille, du bonheur. Le début des cheveux blancs. L'expérience professionnelle. Merlin ! C'est si lointain !
Je me sens sonnée, surprise, comme si je venais de trébucher et de tomber à terre. Cela doit se voir sur mon visage. Mes yeux ronds, ma bouche légèrement ouverte, mes sourcils dressés haut. Vingt ans ! Il peut s'en passer, des choses, durant tout ce temps.
Ma mère ne serait pas du tout d'accord avec Mr Winston. Selon elle, tout doit se faire le plus rapidement possible, il faut que je suive sa trace, que je grimpe les échelons, que je devienne importante, que je fasse parler de moi, et surtout de ma famille, de mon nom, il est nécessaire que je ne sois pas n'importe quelle botaniste, fidèle au Conseil, à son sang, aux efforts et aux sacrifices de ses aïeux, prête à prendre un jour la place de ma mère, à défendre les valeurs des miens à mon tour, prête à tout, finalement, pour les précédentes branches de cet arbre auquel j'appartiens, celles qui m'ont permis d'être là où je suis.
Mais dans vingt ans ! C'est tellement lointain. Comment me projeter jusque là-bas ? Et qu'est-ce que cela signifie ? Que je peux prendre la voie qui me convient le mieux dans un avenir proche ? Que je peux choisir d'aller où je le souhaite, de travailler là où je me sens bien, de grandir dans un environnement qu'on ne m'impose pas ? Que j'ai droit à une liberté ? à ma liberté ? Les idées me montent à la tête.
Je ne suis pas obligée de suivre un chemin qu'on me désigne. Je ne suis pas contrainte d'être liée au Conseil, je pourrai l'être plus tard. Plus tard, vraiment ? Le serai-je seulement un jour ? Je peux voyager, apprendre, et enseigner, me former sur d'autres terres, dans d'autres villes, qui ne sont pas forcément proches de Godric's Hollow, ni reliée à elle. Je peux m'écarter, faire un pas sur le côté.
Non, non ! Il n'est même pas question de possibilité, de capacité ! C'est un devoir ! Je dois, absolument, suivre ma route. La mienne, à moi. Que personne ne me désignera.
Ma bouche s'ouvre et se ferme. C'est gênant, je ne sais pas quoi dire. Les paroles de Mr Winston tournent en boucle dans mon crâne, mélangeant l'entièreté de mes idées. Je me sens confuse.
Travailler pour le Conseil n'est pour le moment pas pour moi. Je ne dois laisser personne me dicter mon avenir. Mes ambitions, ses ambitions ; mes rêves, ses rêves. Je dois être sur le terrain. Faire ce qui me plaît, ce qui me donne envie. Apprendre, enseigner, voyager. Une bonne vingtaine d'années de liberté. J'y ai droit. Je suis jeune, j'ai des capacités. Ma voix compte.
Alyona, Alyona, Alyona. Tu comprends ?
On dirait qu'on me secoue dans tous les sens. Il faut que je me reprenne en main avant d'avoir l'air ridicule. Le silence s'installe, et je ne peux pas lui laisser toute cette place.
Un air songeur remplace la surprise peinte sur mon visage.
« Merci beaucoup Mr Winston, articulé-je doucement. Vous avez sûrement raison. »
Il n'y a aucune hésitation dans ma voix, c'est presque inespéré. Pourtant, je ne suis pas tout à fait certaine de ce que j'avance. Je tâtonne. Je sais que le magizoologiste parle avec sincérité, que son regard n'est ni celui d'un membre de ma famille, ni celui d'un de mes professeurs. En cela, ses propos sont louables, il m'offre ses conseils mais il n'en était pas obligé, il m'offre un accès à ses contacts mais il n'en était pas contraint ; je n'ai rien réclamé, rien demandé, je ne peux que lui en être reconnaissante. Et en profiter ? Le puis-je ? Je tangue sur cette question. Peut-être. Ne me l'a-t-il pas proposé ?
Mon regard glisse un instant sur la jeune Rosaleen. Que pense-t-elle de tout cela ? S'interroge-t-elle ? Qu'aurais-je pensé à son âge ? Qu'aurais-je aimé entendre ?
« Je dois réaliser un stage cette année, auprès d'un botaniste, ou d'un professeur de botanique. J'essaierai de faire en sorte qu'il me permette de voyager, d'envisager d'autres possibilités », terminé-je avec un sourire sincère.
Je ne ferai pas mon stage au Consilium. Mon cœur bat fort à cette idée. Je ne ferai pas mon stage au Consilium ! Ce sera ma résolution.
________________________
Je suis bousculée par ces chiffres, qui s'accumulent, se multiplient. Cela fait dix fois deux ans, quatre fois cinq ans, deux fois dix ans, vingt ans c'est le double de mon âge, cela signifie quarante ans. Quarante ans ! C'est ma vie multipliée par deux. Deux fois tout ce que j'ai déjà vécu. C'est le moment où son existence est stable, installée, routinière. C'est des connaissances, des enfants, une maison. Une vie de famille, du bonheur. Le début des cheveux blancs. L'expérience professionnelle. Merlin ! C'est si lointain !
Je me sens sonnée, surprise, comme si je venais de trébucher et de tomber à terre. Cela doit se voir sur mon visage. Mes yeux ronds, ma bouche légèrement ouverte, mes sourcils dressés haut. Vingt ans ! Il peut s'en passer, des choses, durant tout ce temps.
Ma mère ne serait pas du tout d'accord avec Mr Winston. Selon elle, tout doit se faire le plus rapidement possible, il faut que je suive sa trace, que je grimpe les échelons, que je devienne importante, que je fasse parler de moi, et surtout de ma famille, de mon nom, il est nécessaire que je ne sois pas n'importe quelle botaniste, fidèle au Conseil, à son sang, aux efforts et aux sacrifices de ses aïeux, prête à prendre un jour la place de ma mère, à défendre les valeurs des miens à mon tour, prête à tout, finalement, pour les précédentes branches de cet arbre auquel j'appartiens, celles qui m'ont permis d'être là où je suis.
Mais dans vingt ans ! C'est tellement lointain. Comment me projeter jusque là-bas ? Et qu'est-ce que cela signifie ? Que je peux prendre la voie qui me convient le mieux dans un avenir proche ? Que je peux choisir d'aller où je le souhaite, de travailler là où je me sens bien, de grandir dans un environnement qu'on ne m'impose pas ? Que j'ai droit à une liberté ? à ma liberté ? Les idées me montent à la tête.
Je ne suis pas obligée de suivre un chemin qu'on me désigne. Je ne suis pas contrainte d'être liée au Conseil, je pourrai l'être plus tard. Plus tard, vraiment ? Le serai-je seulement un jour ? Je peux voyager, apprendre, et enseigner, me former sur d'autres terres, dans d'autres villes, qui ne sont pas forcément proches de Godric's Hollow, ni reliée à elle. Je peux m'écarter, faire un pas sur le côté.
Non, non ! Il n'est même pas question de possibilité, de capacité ! C'est un devoir ! Je dois, absolument, suivre ma route. La mienne, à moi. Que personne ne me désignera.
Ma bouche s'ouvre et se ferme. C'est gênant, je ne sais pas quoi dire. Les paroles de Mr Winston tournent en boucle dans mon crâne, mélangeant l'entièreté de mes idées. Je me sens confuse.
Travailler pour le Conseil n'est pour le moment pas pour moi. Je ne dois laisser personne me dicter mon avenir. Mes ambitions, ses ambitions ; mes rêves, ses rêves. Je dois être sur le terrain. Faire ce qui me plaît, ce qui me donne envie. Apprendre, enseigner, voyager. Une bonne vingtaine d'années de liberté. J'y ai droit. Je suis jeune, j'ai des capacités. Ma voix compte.
Alyona, Alyona, Alyona. Tu comprends ?
On dirait qu'on me secoue dans tous les sens. Il faut que je me reprenne en main avant d'avoir l'air ridicule. Le silence s'installe, et je ne peux pas lui laisser toute cette place.
Un air songeur remplace la surprise peinte sur mon visage.
« Merci beaucoup Mr Winston, articulé-je doucement. Vous avez sûrement raison. »
Il n'y a aucune hésitation dans ma voix, c'est presque inespéré. Pourtant, je ne suis pas tout à fait certaine de ce que j'avance. Je tâtonne. Je sais que le magizoologiste parle avec sincérité, que son regard n'est ni celui d'un membre de ma famille, ni celui d'un de mes professeurs. En cela, ses propos sont louables, il m'offre ses conseils mais il n'en était pas obligé, il m'offre un accès à ses contacts mais il n'en était pas contraint ; je n'ai rien réclamé, rien demandé, je ne peux que lui en être reconnaissante. Et en profiter ? Le puis-je ? Je tangue sur cette question. Peut-être. Ne me l'a-t-il pas proposé ?
Mon regard glisse un instant sur la jeune Rosaleen. Que pense-t-elle de tout cela ? S'interroge-t-elle ? Qu'aurais-je pensé à son âge ? Qu'aurais-je aimé entendre ?
« Je dois réaliser un stage cette année, auprès d'un botaniste, ou d'un professeur de botanique. J'essaierai de faire en sorte qu'il me permette de voyager, d'envisager d'autres possibilités », terminé-je avec un sourire sincère.
Je ne ferai pas mon stage au Consilium. Mon cœur bat fort à cette idée. Je ne ferai pas mon stage au Consilium ! Ce sera ma résolution.
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(Et si tu repasses un jour par ici Rosaleen, merci beaucoup pour ce rp qui fut très agréable à écrire.)ÉDIT 8 nov. 2025 :
Suite au départ du site de Rosaleen, ce RP est considéré comme terminé. Il avait été convenu que Jake Winston, connaissance de Bernhard McClure, informerait Alyona de l'existence du Jardin de Draíocht, lui permettant d'obtenir son stage là-bas, qui plus tard découlerait sur un emploi. J'estime donc que si les mots avaient été écrits, c'est la suite qu'aurait pris ce RP. En l'état, ils ne sont pas écrits, mais inRP, c'est ainsi que les choses se sont passées.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht