La reine des sirènes
𝔰𝔢đť”đť”± 𝔰𝔢đť”𝔱𝔢𝔪𝔟𝔯𝔢 𝔡𝔢𝔲𝔵 𝔪𝔦𝔩𝔩𝔢 𝔠𝔦𝔫𝔮𝔲𝔞𝔫𝔱𝔢
fin du déjeuner
avec @isée cavell
fin du déjeuner
avec @isée cavell
Bon sang, elle n'avait plus onze ans !
Alors pourquoi ne pouvait-elle s'enlever de la tête cette idée saugrenue ? Depuis qu'elle l'avait vue au banquet de début d'année, Tamsin était persuadée que Miss Cavell, la nouvelle professeure de Soins aux Créatures Magiques était une sirène. Si durant les premières années de sa scolarité, la gamine avait élaboré avec Veronica les théories les plus farfelues sur leur différents professeurs, là il s'agissait d'une tout autre intuition. Elle avait passé le cours de Soins aux Créatures Magiques de la matinée, à griffonner dans le creux de sa main et à l'encre marine tout ce qui pouvait faire de la nouvelle enseignante, un être de l'eau :
— Très belle
— Jolie voix
— Fascinée par les créatures magiques
— Penchant pour les créatures de l'eau
— Habite sur un bateau
— Jolie voix
— Fascinée par les créatures magiques
— Penchant pour les créatures de l'eau
— Habite sur un bateau
C'est cette dernière information qui l'avait convaincue. Il fallait qu'elle perce ce secret. Voilà pourquoi elle traînait si longtemps à la longue table de bois des Serpentard — ce qui n'était pas dans ses habitudes, elle était plutôt du genre à expédier les repas en communauté, le brouhaha de la Grande Salle lui donnant bien souvent la migraine.
L'autre fascination qu'éprouvait Tamsin pour cette Isée, c'était ses lunettes. La professeure possédait une jolie monture qui lui allait à ravir. Or, depuis cet été, la jeune adolescente avait découvert que sa vue n'était pas parfaite et qu'il lui fallait désormais porter des lunettes pour lire de près : ses manuels, ses notes, ses devoirs. Elle ne pouvait pas s'en passer en classe, mais les rangeait hâtivement dès qu'elles ne lui servaient plus. À ses yeux, c'était la honte. Alors comment se faisait-il qu'une jolie créature comme Miss Cavell, les porte si bien ?
Mais d'abord, il fallait qu'elle s'assure de sa théorie. D'ailleurs, ce n'était plus une théorie, elle en était sûre et certaine. Quand l'enseignante se leva pour quitter la Grande Salle, Tamsin avait déjà empoigné un verre d'eau rempli à ras bord et fonçait droit vers elle.
Dernière modification par Tamsin Gillies le 11 sept. 2025, 20:36, modifié 1 fois.
astre au 𝔷𝔢𝔫𝔦𝔱𝔥.
absence totale du 3 au 14 août.
La reine des sirènes
J'avais finalement bien fait de m'occuper des créatures magiques de la zone de soins avant le petit-déjeuner. J'avais croisé une élève, là , près de la volière, et j'avais pris le temps de discuter. Ce moment avait été précieux pour moi. J'apprenais à ralentir le rythme, à profiter de moments calmes avant la tempête.
Lorsque je m'étais engouffrée dans la Grande Salle à l'heure du repas de midi, le bourdonnement des discussions et de la porcelaine qui teintait me fit l'effet d'un aquarium géant. Le cours du matin s'était admirablement bien passé, et le calme du parc me faisait un bien fou, contrairement à la Grande Salle bondée. Heureusement, j'étais d'excellente humeur, et je m'installais au bout de la table des Serpentard. Cela m'arrivait parfois, de m'asseoir aux tables des différentes maisons, juste pour discuter un peu avec l'un ou l'autre, ou tout simplement pour profiter de l'énergie des adolescents avant les cours de l'après-midi.
Un jus de citrouille en mains, j'étais assise de façon à avoir une vue d'ensemble sur la table, souriant aux élèves, ou répondant à quelques questions si on me les posait. J'avais espoir de casser les barrières entre les adultes et les élèves, et c'était ma manière à moi d'y contribuer. Enfin, j'avalais ma dernière bouchée, avant de me lever pour sortir de la Grande Salle. Je pouvais percevoir les rayons du soleil à travers les vitraux.
J'avançais rapidement lorsque mes pieds s'arrêtèrent net devant l'une de mes élèves que j'avais eue en classe le matin même. Celle-ci me barrait la route, et je levais un sourcil, curieuse.
- Tout va bien, Tamsin ? demandais-je. Tu as une question sur le cours de ce matin ?
Lorsque je m'étais engouffrée dans la Grande Salle à l'heure du repas de midi, le bourdonnement des discussions et de la porcelaine qui teintait me fit l'effet d'un aquarium géant. Le cours du matin s'était admirablement bien passé, et le calme du parc me faisait un bien fou, contrairement à la Grande Salle bondée. Heureusement, j'étais d'excellente humeur, et je m'installais au bout de la table des Serpentard. Cela m'arrivait parfois, de m'asseoir aux tables des différentes maisons, juste pour discuter un peu avec l'un ou l'autre, ou tout simplement pour profiter de l'énergie des adolescents avant les cours de l'après-midi.
Un jus de citrouille en mains, j'étais assise de façon à avoir une vue d'ensemble sur la table, souriant aux élèves, ou répondant à quelques questions si on me les posait. J'avais espoir de casser les barrières entre les adultes et les élèves, et c'était ma manière à moi d'y contribuer. Enfin, j'avalais ma dernière bouchée, avant de me lever pour sortir de la Grande Salle. Je pouvais percevoir les rayons du soleil à travers les vitraux.
J'avançais rapidement lorsque mes pieds s'arrêtèrent net devant l'une de mes élèves que j'avais eue en classe le matin même. Celle-ci me barrait la route, et je levais un sourcil, curieuse.
- Tout va bien, Tamsin ? demandais-je. Tu as une question sur le cours de ce matin ?
professeure et farfadet malicieux des Serpentard
DDM Ă partir de novembre 2050
DDM Ă partir de novembre 2050
La reine des sirènes
Tamsin ? Son nom était déjà sur les lèvres de sa professeure, elle avait retenu son prénom alors même que l'année ne faisait que commencer. Les sirènes devaient avoir une mémoire infaillible alors, comment sinon expliquer cette mnémotechnie incroyable de Miss Cavell. Il y avait là de nombreux témoins et en scrutant les quelques centilitres que contenait son verre, Tamsin eut un doute concernant la possibilité d'une transformation immédiate, mais son plan ne pouvait pas (encore) aller jusqu'à faire plonger la nouvelle professeure de Soins aux Créatures Magiques dans le Lac — quoiqu'elle nota dans un coin de son esprit d'entreprendre des recherches sur les habitudes d'Isée. En effet, si cette dernière habitait sur une embarcation navale, il y avait fort à parier que cela lui permettait facilement de se jeter à l'eau — sans mauvais jeux de mots — et ainsi voguer dans les eaux du Lac Noir, une fois sa transformation sirénique achevée.
Ce flot de pensée lui traversait l'esprit, et peut-être cela se voyait-il à la manière dont elle s'était figée face à l'enseignante. Il était trop tard pour reculer, et peut-être que sa main décida toute seule d'envoyer le verre d'eau rempli à ras bord sur le visage de la nouvelle arrivante. Il fallait qu'elle en ait le cœur net, que dans cette flaque d'eau qui maintenant dégoulinait sur les pommettes de la professeure Cavell, elle distingue ne serait-ce qu'une infime lueur iridescente, signe qu'une écaille de poisson couvait sous cette peau pâle. Peut-être même qu'à travers les verres de ses lunettes, elle distinguerait la pupille jaunâtre d'un être de l'eau. Elle l'espérait tant et elle était sûre de son coup.
Pourvu que ça marche.
Ce flot de pensée lui traversait l'esprit, et peut-être cela se voyait-il à la manière dont elle s'était figée face à l'enseignante. Il était trop tard pour reculer, et peut-être que sa main décida toute seule d'envoyer le verre d'eau rempli à ras bord sur le visage de la nouvelle arrivante. Il fallait qu'elle en ait le cœur net, que dans cette flaque d'eau qui maintenant dégoulinait sur les pommettes de la professeure Cavell, elle distingue ne serait-ce qu'une infime lueur iridescente, signe qu'une écaille de poisson couvait sous cette peau pâle. Peut-être même qu'à travers les verres de ses lunettes, elle distinguerait la pupille jaunâtre d'un être de l'eau. Elle l'espérait tant et elle était sûre de son coup.
Pourvu que ça marche.
CAP !
astre au 𝔷𝔢𝔫𝔦𝔱𝔥.
absence totale du 3 au 14 août.
La reine des sirènes
J'avais l'impression d'être là depuis un demi-siècle tant le silence qui avait suivi ma question était lourd. Pourtant, j'avais bien vu cette petite ouvrir la bouche, et parler tout à fait correctement lors du cours de ce matin, j'en étais sûre. Je ne pensais pas non plus qu'elle ait des troubles de l'audition. Je penchais la tête vers la droite, cherchant une réponse à ce silence. Ses yeux étaient braqués sur moi, analysant chaque centimètre de ma peau.
Je suis presque sûre de ne plus avoir de bouton sur le visage depuis au moins quinze ans. Pourtant là , je n'avais qu'une envie : vérifier mon visage.
- Eh bien ? dis-je, en tentant de la sortir de ses pensées.
Ni une, ni deux, elle déversa le contenant de son verre sur le dit-visage. Surprise, j'eus un hoquet de stupeur, et dans la salle, j'entendis au loin quelques autre petits cris semblables au mien. Immobile, j'avais tout de même fermé les yeux, même si la grande paire de lunettes que je possédais m'avait protégé le haut des pommettes. J'ouvris un oeil, puis l'autre. Tamsin était toujours face à moi, fixée sur mon visage, curieuse. S'attendait-elle à ce que je hurle, ou que je me transforme en citrouille ? Pensait-elle que j'allais fondre, telle une sorcière de conte mordu ? Je retirais lentement mes lunettes, pour regarder les dégâts sur la monture, puis les essuya doucement sur un bout de ma cape qui n'était pas mouillé.
- Alors, lĂ , je vais avoir besoin d'explications. marmonnais-je d'une voix tremblante.
Je suis presque sûre de ne plus avoir de bouton sur le visage depuis au moins quinze ans. Pourtant là , je n'avais qu'une envie : vérifier mon visage.
- Eh bien ? dis-je, en tentant de la sortir de ses pensées.
Ni une, ni deux, elle déversa le contenant de son verre sur le dit-visage. Surprise, j'eus un hoquet de stupeur, et dans la salle, j'entendis au loin quelques autre petits cris semblables au mien. Immobile, j'avais tout de même fermé les yeux, même si la grande paire de lunettes que je possédais m'avait protégé le haut des pommettes. J'ouvris un oeil, puis l'autre. Tamsin était toujours face à moi, fixée sur mon visage, curieuse. S'attendait-elle à ce que je hurle, ou que je me transforme en citrouille ? Pensait-elle que j'allais fondre, telle une sorcière de conte mordu ? Je retirais lentement mes lunettes, pour regarder les dégâts sur la monture, puis les essuya doucement sur un bout de ma cape qui n'était pas mouillé.
- Alors, lĂ , je vais avoir besoin d'explications. marmonnais-je d'une voix tremblante.
professeure et farfadet malicieux des Serpentard
DDM Ă partir de novembre 2050
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