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Si Diarmuid était incapable de savoir ce qu'il se tramait exactement dans l'esprit de la jeune fille, il n'eut aucun mal à distinguer qu'elle était bel et bien en train de faire le chemin du retour. Son corps parlait pour elle, ces petits gestes discrets étaient en effet largement perceptibles pour le pédiatromage qui était en train de l'observer. De ce fait, il sut même quand elle s'apprêta à ouvrir les yeux, cette grande inspiration était un signe généralement annonciateur du retour à la réalité.

Patient, il la laissa revenir totalement à elle avant de la questionner sur son état. Il sourit à sa réponse et glissa un "
Oui, ça se voit." Juste avant qu'elle ne lui retourne son interrogation. Il en fut surpris, même si le dissimula plutôt bien. En effet, en dehors d'un léger écarquillement des yeux qu'il était difficile de percevoir dans la luminosité ambiance, rien dans son attitude ne laissait présager qu'il ne s'y attendait pas vraiment. "C'est vrai que ça m'a permit aussi de prendre un moment pour moi. Un tellement bon moment que j'ai failli entrer en méditation réelle." Lui indiqua-t-il avec un sourire tout en changeant la position de ses jambes pour que la circulation s'y intensifie et ainsi préparer le retour à une position verticale. "C'est pour moi le signe que vous êtes désormais capable de faire ces séances de méditation seule. Vous êtes prête, vous avez tous les outils pour." Poursuivit-il d'un ton de voix calme et posé mais emplie de confiance. Mais qu'il soit confiant ne faisait pas tout. "Et vous? Vous vous sentez prête?" De toute façon, si elle doutait après une tentative en solo, il ne serait pas loin pour répondre à ses questions.


INKTOBER 2025 - JOUR 2 - WEAVE

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Lorsqu'il lui affirma qu'en effet, elle paraissait apaisée et calme, Lylas sourit. Dans son attitude, sa démarche et son apparence, cela était imperceptible pour qui n'était pas habitué à sa compagnie. Pourtant, elle était plus légère, plus ouverte, plus libre. Ce qu'elle aimait cette sensation. Être encore à moitié dans un autre monde, se sentir vivante et libre. La jeune fille le savait, cette sensation, elle la chercherait toute sa vie, en toute circonstance.

Mister O'Belt lui avoua ensuite que lui aussi avait passé un agréable moment. Lylas en était heureuse, elle ne supportait pas l'idée d'être un poids pour l'adulte. De l'empêcher de se détendre. D'être la seule à avoir le droit d'accéder à son cocon intérieur. Lors des premières séances, elle se trouvait même égoïste de le priver de ce moment si particulier.

La gryffone imita l'infirmier et bougea les jambes afin d'intensifier sa circulation sanguine. Le sourire apaisé étirant le visage de Lylas se figea, avant de disparaître. C'était comme s'il n'avait jamais été là. Même l'étincelle qui brillait légèrement au fond de son regard avait disparu. Elle se retint de cligner des yeux et se repassa mentalement les dernières paroles de l'infirmier.

Capable de réaliser ces séances seules. Lylas avait pris conscience de cette vérité une semaine auparavant. Elle n'avait plus vraiment besoin de l'infirmier pour la guider, elle connaissait les étapes, elle connaissait son âme et les pièges de son esprit. Mais, elle ne voulait pas méditer seule. Pourquoi voulait-il arrêter de l'aider ? En avait-il assez de passer son temps à superviser ses séances de méditation ? Pourquoi l'abandonner maintenant, pourquoi ne pas continuer ensemble, comme ils l'avaient fait aujourd'hui ? Avait-il menti depuis le début ? N'appréciait-il pas leurs diverses séances de médiation ?

Lylas garda le silence. Son souffle, cependant, s'était légèrement accéléré. Si quelques instants plus tôt son esprit était encore calme et embrumé, conséquences directes de la méditation réussie, à présent, il était bel et bien en état de fonctionner. Et par état de fonctionner, comprenez, torturer Lylas en lui imposant des centaines de questions.

Une seule pensée dominée dans son esprit chaotique : lui aussi, il m'abandonne.



@Diarmuid O'Belt, elle est prête, mais elle panique...

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Alors que Diarmuid évoquait qu'il sentait l'adolescente prête pour continuer à profiter des leçons de méditation des dernières semaines mais en solitaire, il sentit que quelque chose se passait. D'un coup, malgré la luminosité plus faible que dans d'autres pièces, il perçut des changement dans la manière d'être de la jeune fille. Tout en elle se figea. Pire, elle sembla se décomposer. Le châtain ne pensait pas qu'aborder le sujet de la fin de cette période où il jouait le guide provoquerait quelque chose d'aussi fort chez la Gryffondor. Il cherchait donc comment reprendre une forme de contact. Car là, elle n'allait pas bien. En effet, passé le moment de stupeur, voilà qu'il voyait sa cage thoracique se soulever à un rythme beaucoup plus rapide.

- "
Lylas?" Tenta-t-il en utilisant son prénom pour diminuer la distance formelle qu'il conservait habituellement. Après plusieurs séances de méditation et en situation d'urgence il fallait parfois faire fi de ce à quoi il s'astreignait. "Concentrez-vous sur votre respiration." Il parlait doucement, d'un ton apaisant et se rapprochait doucement, tout en respectant la distance dont elle pouvait avoir besoin. Le but n'était pas de l'envahir mais de pouvoir intervenir en cas de nécessité. "Ca va aller. On va parler de tout ça." Dit-il pour qu'elle cherche à reprendre le contrôle. "Pensez à votre ancre." Poursuivit-il, toujours doucement, pour qu'elle trouve en elle ses capacités à s'apaiser. Elle les maîtrisait parfaitement, il le savait.


INKTOBER 2025 - JOUR 29 - LESSON

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C'était comme si elle n'avait jamais médité. Comme si le moment qu'elle venait de partager avec l'infirmier n'avait jamais existé. Comme si elle n'avait jamais atteint cet état si particulier qui mêlait liberté et apaisement. Lylas était revenue à elle, à son état naturel, rempli de contradiction, où elle mettait un point d'honneur à tout maîtriser. Et pourtant, son corps ne lui appartenait plus. Si, elle avait voulu bouger ne serait-ce qu'un orteil, elle n'aurait pas pu. La cinquième année était comme figée sur place. Son regard perdu dans le vide. Sans étincelle, sans aucune intensité, sans aucune trace de vie. Si l'adulte plongeait ses yeux dans les siens, il pourrait prendre peur. Il aurait alors un accès direct à son âme fragilisée. Un accès direct à son esprit torturé.

Le son d'une voix parvint à effleurer l'esprit de l'anglaise. Un prénom. Son prénom. L'adulte face à elle essayait tant bien que mal de rétablir le contact qui semblait s'être brisé depuis qu'il avait prononcé les mots fatidiques. Des consignes, des conseils. Lylas n'aurait pas su le dire. Elle était dans un autre monde. Ses pensées la retenaient prisonnières et l'empêchaient de revenir à la réalité. Voulait-elle seulement retourner à la réalité ? Pourrait-elle affronter un autre abandon ? Aurait-elle la force de faire face à l'adulte après la discussion qu'il lui proposait ?

Elle finit par se rendre compte qu'il s'était déplacé, rapprocher. Ne croyait-il plus en elle ? Ne la pensait-il pas capable de retrouver ses esprits, toute seule ? Et, s'il devait intervenir, est-ce qu'il reviendrait sur sa décision ? Accepterait-il de continuer à méditer à ses côtés ? Serait-il déçu qu'elle ne parvienne pas à gérer ses pensées intrusives ?

Les questions se multipliaient à une vitesse impressionnante. Tout n'était que désordre. Ses pensées lui martelaient le cerveau. Elle n'arrivait plus à desceller l'envisageable de l'inconcevable.

La voix de l'infirmier se fraya un chemin et parvint assez clairement à l'esprit de la gryffone, sûrement grâce aux nombreuses séances de méditation qu'ils avaient réalisé. Son ancre. Procéder par étapes. Retrouver ses esprits. Calmer ses pensées. Se concentrer sur son ancre. Le médiator sombre aux lettres d'argent se matérialisa dans l'esprit de Lylas. Petit à petit, sa respiration se mit à ralentir. Ses pensées virevoltaient toujours dans tous les sens, laissant son esprit sens dessus dessous. Pourtant, au bout de quelques minutes, qui lui parurent durer des heures entières, le calme commença à regagner la place qui lui était dû. Le regard de la gryffone reprit contenance. Doucement, tout rentrait dans l'ordre.

Sans oser relever la tête vers l'adulte, et d'une voix à peine audible, Lylas remercia l'infirmier. Sans lui, elle n'aurait jamais repris le contrôle aussi vite. Une petite voix lui souffla que sans lui, elle n'aurait jamais perdu les pédales. Satanés pensées ! L'esprit contradictoire de la gryffone n'était peut-être pas réellement apaisé.



@Diarmuid O'Belt

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Du temps. La seule chose qu'il avait à offrir à l'adolescente et qui allait pouvoir lui permettre de reprendre pied, c'était du temps. Et s'il était une aide il n'était plus indispensable. Il le savait et en était persuadé. Restait à savoir si elle y croyait quand il le disait. Le fait qu'elle se décompose et que son rythme respiratoire s'accélère ainsi laissait plutôt à penser que l'idée de se débrouiller seule soit un vecteur de panique. Aurait-il pu faire autrement? Peut-être. En lui demandant comment elle envisageait la suite à la place d'une annonce? Avec sa sensibilité cela aurait pu aider à ce que cela se passe mieux.

Elle murmura. Le calme ambiant lui permit de distinguer les deux syllabes malgré tout. "
Sans soucis." Répondit-il à voix basse avant de laisser le silence de la salle sensorielle reprendre de la place. Il voulait laisser à la rouge et or du temps, toujours, et de l'espace aussi. Aussi il ne sut pas vraiment combien de minutes avaient pu s'écouler avant qu'il ne parle à nouveau. "Quand vous le sentirez, n'hésitez pas à me dire ce que vous ressentez." Dit-il avant d'ajouter. "Peu importe si c'est décousu." Il voulait juste qu'elle s'exprime sur ce qu'il venait de se passer. Ainsi il comprendrait comment donner suite à cette médiation guidée - à peine certes, mais où il avait été présent.

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Sans soucis. Autrement dit, il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Sauf qu'il se trompait. Lylas avait des milliers de raisons de s'inquiéter. La première étant la manière dont elle allait gérer cet abandon. Parce qu'elle avait beau essayé de se répéter que si elle avait besoin, il serait là, la vérité, c'était qu'il venait de lui annoncer qu'à présent, elle devrait se débrouiller seule.

Lylas ouvrit la bouche, prête à lui faire part de toutes ses questions qui l'avaient assailli quelques instants plus tôt. Prête à lui dire qu'il était injuste. Qu'il n'avait pas le droit de faire ca. Pas le droit de la laisser seule. Qu'elle n'était pas prête. Qu'elle ne voulait pas revivre tout cela. Qu'il y avait forcément une autre solution. Que leurs séances, elle les adorait. Que ça lui faisait du bien. Que sa présence la rassurer. Qu'ils pouvaient bien continuer à méditer ensemble. Que cela ne leur coûter rien.

À la place, rien ne sortit. Aucun mot. Aucun son. C'était le calme plat. Même l'esprit de Lylas était vide. Elle avait beau réfléchir, elle ne trouvait rien à dire. Parce qu'au fond, elle savait. Il avait pris sa décision. Sans la consulter. Parce que c'était un adulte et elle une adolescente. Parce qu'il avait seulement fait son travail. Parce qu'il n'avait pas qu'elle qui avait besoin de son aide. Parce que c'était trop douloureux, de savoir qu'encore une fois, elle serait livrée à elle-même.

L'infirmier ouvrit la bouche pour lui dire de prendre son temps. Pour lui octroyer le droit de s'exprimer. Avec de simples mots. Sans aucune phrase. C'était peut-être plus simple ainsi. Au moins, elle n'aurait rien à expliquer. Elle rouvrit la bouche, et ce fut un mélange, que dis-je, une avalanche, de mots en vrac qui en sortit.
" Pas le droit... Seule. Capable, abandon, peur, vous aussi, devoir... Méditation. De votre faute... Pas prête. Pourquoi ? "

Cela n'avait ni queue ni tête. C'était complètement incompréhensible. Elle n'avait même pas fait l'effort d'essayer de faire des phrases. Elle était ridicule. Et comme pour s'en convaincre, elle le dit à haute voix.

L'anglaise observa son mentor. Il était toujours là, il n'avait pas bougé d'un seul millimètre. Une larme dévala la joue de la gryffone. Sans attendre un seul instant, elle l'efface d'un geste vif de la main. Trop vif pour une jeune fille aussi gracieuse que Lylas.

Sa crise lui avait pris beaucoup d'énergie et elle ne s'en était pas rendu compte avant cet instant. Lessivée, elle annonça la vérité. Elle était lasse de cette situation, et elle ne voulait pas faire semblant. Pas aujourd'hui. Pas face à son mentor.


" Je sais que je peux me débrouiller seule, mais je ne veux pas. Parce que j'aime nos séances, et je pensais que vous les appréciez un minimum vous aussi... Et puis, je ne comprends pas. Pourquoi est-ce que vous m'abandonnez comme ça ? Ai-je fait quelque chose qui vous a déçu ? "


@Diarmuid O'Belt

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