9 oct. 2025, 22:42
Viens couper, ça soigne l'esprit !
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Aaron n’était pas vraiment surpris par cette réaction. Evalia, sa sœur, avait toujours été du côté du Conseil depuis la chute du ministère de la Magie, et elle semblait se réjouir à chaque nouveau décret instauré. Lui, au contraire, n’avait jamais vu les choses de cette manière. Son parcours — qui l’avait mené à étudier la politique avant de devenir inventeur d’excuses pour les non-sorciers — lui avait permis de découvrir le monde Moldu sous un jour nouveau loin des théories. Il savait que derrière les préjugés se cachaient souvent des personnes passionnantes ; avec lesquelles il souhaitait échanger et se mettre à jour, parfois même en toute discrétion.
Cependant, tout cela — la succession de critiques et d’insultes qu’Evalia lui adressait — finissait par peser lourd sur le moral d’Aaron. Il avait été si fier de devenir professeur et de retrouver le Poudlard de son enfance, mais désormais, le doute s’installait dangereusement. C’est ce sentiment oppressant qui l’avait poussé à tenter la recherche d’une aide auprès de Hyacinthe Kyros.
Aaron frappa doucement à la porte, laissant le son résonner avant d’oser passer la tête ; espérant ne pas interrompre le propriétaire des lieux dans une consultation, que ce soit avec un élève ou un autre adulte de l’établissement. Hésitant mais déterminé, il s’adressa à la personne présente.
— Excusez-moi, Docteur Hyacinthe, avez-vous cinq minutes à m’accorder ? J’ai besoin de vous demander quelque chose à propos d'une chose un peu personnelle. Oui, un peu...
Sa phrase resta en suspens, tandis qu’il prit le temps d’observer l’immense cabinet qui — malgré sa taille — dégageait l’atmosphère d’un cocon rassurant. Ce décor apaisant l’incitait à se livrer sur le problème qui, depuis quelque temps, lui salissait le moral. Néanmoins, Aaron ne put s’empêcher de ressentir une certaine gêne lorsqu’il pénétra le bureau du psychomage. Il avait la désagréable impression d’importuner ce collègue qu’il ne connaissait qu’à peine depuis la rentrée et avec lequel il n’avait pas encore eu l’occasion d’échanger véritablement. Cette crainte ; celle de troubler la quiétude de l’autre et d’imposer le poids de ses propres soucis ; le tiraillait alors même qu’il venait à la recherche d’une aide. Pourtant, le besoin de partager ses tourments et de trouver une oreille attentive l’emportait sur son hésitation, le poussant à franchir ce pas plus que nécessaire...
Mots en gras pour l'Inktober professeur 2025
Vav-mi-ia.
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10 oct. 2025, 16:22
Viens couper, ça soigne l'esprit !
Le bruissement feutré du papier qu’il découpait se mêlait doucement aux notes du vieil air de jazz qui emplissait la pièce. À défaut d'avoir un équipement électronique, une vieille platine tournait près de la fenêtre entrouverte, diffusant le timbre chaud d’un saxophone qui se perdait dans l’air d’automne. Le vent portait avec lui cette odeur de bois humide, de feuilles mortes et d'une fraîcheur à venir ; un parfum que Hyacinthe adorait, presque autant que la façon dont l'environnement changeait en cette saison tranquille.
Sur le bureau s’étalait une véritable mer de feuilles cartonnées, de ciseaux, et de patrons de guirlandes aux formes diverses : citrouilles stylisées, étoiles, lunes, silhouettes de créatures et animaux forestiers. Hyacinthe en avait déjà suspendu quelques-unes au-dessus de la porte, testant la solidité de ses épingles tout en s'assurant que les sortilèges qu'il avait utilisé pour faire courir un petit dessin de chat noir. Les guirlandes flottaient mollement, les petites billes qui y étaient accrochées tintaient en de petits bruits agréables. De l'autre côté de la pièce, un carton était posé sur la table basse. De sobres lettres majuscules étaient inscrites sur le côté, indiquant que des "DÉCORATIONS" emplissaient la boîte encore fermée.
Hyacinthe fredonnait à demi, les lèvres entrouvertes, lorsqu’un toc-toc discret à la porte lui fit lever les yeux. Il cligna des paupières, le regard papillonnant un instant vers l'entrée, puis tendit l'oreille. Était-ce un élève ? Son hypothèse fut vite remise en question à l'entente d'une voix grave et légèrement nerveuse.
- ...Docteur Hyacinthe, avez-vous cinq minutes à m’accorder ?...
Oh, un collègue, alors. Si ses souvenirs étaient clairs (et Hyacinthe savait qu'ils l'étaient), il devait s'agir du professeur d’Études des Moldus qui avait rejoint l'équipe enseignante en cette nouvelle année. Le psychomage posa alors ses ciseaux, reposant le tout sur le bureau avant de se diriger vers la porte. L'ouvrant, il découvrit le visage posé d'Aaron. Le sorcier, qu'il n'avait pas côtoyé plus que cela depuis le mois précédent, semblait tiraillé. Peut-être avait-il un service à demander à Hyacinthe, ou alors qu'il souhaitait prendre rendez-vous. Ce dernier point pourrait expliquer l'expression qu'il abordait, derrière ses lunettes à la monture noire. S'adaptant, Hyacinthe aborda un sourire se voulant ouvert, tentant de détendre son collègue quant à la raison de sa venue.
- Cinq minutes ? Répéta-t-il doucement, le ton glissant sur la musique que l'on entendait toujours en fond. J'espérais pouvoir discuter un peu plus que ça avec vous, Aaron. C'était vrai. Quoi de mieux pour entretenir ses relations de travail ? Allons, entrez donc, je vous en prie.
Un rire léger lui échappa tandis qu’il faisait signe à Aaron d’avancer. Il se recula pour lui dégager un espace, d’un geste fluide. L'état dans lequel se trouvait actuellement son bureau, bien différent de d'habitude, semblait le forcer à expliciter ses activités d'un air désolé.
- Veuillez m'excuser, j'expérimentais certaines choses pour redécorer le bureau. Rien d'urgent, cependant, je vais déplacer ça... Hyacinthe s'approcha de la table basse après avoir refermé la porte, attrapant le carton à deux bras pour le déposer contre un mur. Son travail en cours était brouillon, mais pas particulièrement désagréable à découvrir. Relissant les plis de sa chemise, le roux poursuivit. Que puis-je pour vous ?
Sur le bureau s’étalait une véritable mer de feuilles cartonnées, de ciseaux, et de patrons de guirlandes aux formes diverses : citrouilles stylisées, étoiles, lunes, silhouettes de créatures et animaux forestiers. Hyacinthe en avait déjà suspendu quelques-unes au-dessus de la porte, testant la solidité de ses épingles tout en s'assurant que les sortilèges qu'il avait utilisé pour faire courir un petit dessin de chat noir. Les guirlandes flottaient mollement, les petites billes qui y étaient accrochées tintaient en de petits bruits agréables. De l'autre côté de la pièce, un carton était posé sur la table basse. De sobres lettres majuscules étaient inscrites sur le côté, indiquant que des "DÉCORATIONS" emplissaient la boîte encore fermée.
Hyacinthe fredonnait à demi, les lèvres entrouvertes, lorsqu’un toc-toc discret à la porte lui fit lever les yeux. Il cligna des paupières, le regard papillonnant un instant vers l'entrée, puis tendit l'oreille. Était-ce un élève ? Son hypothèse fut vite remise en question à l'entente d'une voix grave et légèrement nerveuse.
- ...Docteur Hyacinthe, avez-vous cinq minutes à m’accorder ?...
Oh, un collègue, alors. Si ses souvenirs étaient clairs (et Hyacinthe savait qu'ils l'étaient), il devait s'agir du professeur d’Études des Moldus qui avait rejoint l'équipe enseignante en cette nouvelle année. Le psychomage posa alors ses ciseaux, reposant le tout sur le bureau avant de se diriger vers la porte. L'ouvrant, il découvrit le visage posé d'Aaron. Le sorcier, qu'il n'avait pas côtoyé plus que cela depuis le mois précédent, semblait tiraillé. Peut-être avait-il un service à demander à Hyacinthe, ou alors qu'il souhaitait prendre rendez-vous. Ce dernier point pourrait expliquer l'expression qu'il abordait, derrière ses lunettes à la monture noire. S'adaptant, Hyacinthe aborda un sourire se voulant ouvert, tentant de détendre son collègue quant à la raison de sa venue.
- Cinq minutes ? Répéta-t-il doucement, le ton glissant sur la musique que l'on entendait toujours en fond. J'espérais pouvoir discuter un peu plus que ça avec vous, Aaron. C'était vrai. Quoi de mieux pour entretenir ses relations de travail ? Allons, entrez donc, je vous en prie.
Un rire léger lui échappa tandis qu’il faisait signe à Aaron d’avancer. Il se recula pour lui dégager un espace, d’un geste fluide. L'état dans lequel se trouvait actuellement son bureau, bien différent de d'habitude, semblait le forcer à expliciter ses activités d'un air désolé.
- Veuillez m'excuser, j'expérimentais certaines choses pour redécorer le bureau. Rien d'urgent, cependant, je vais déplacer ça... Hyacinthe s'approcha de la table basse après avoir refermé la porte, attrapant le carton à deux bras pour le déposer contre un mur. Son travail en cours était brouillon, mais pas particulièrement désagréable à découvrir. Relissant les plis de sa chemise, le roux poursuivit. Que puis-je pour vous ?
539 - @Aaron Bagans
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
10 oct. 2025, 23:14
Viens couper, ça soigne l'esprit !
En entrant à l’invitation de son collègue Hyacinthe, Aaron laissa son regard balayer la pièce, imprégnant chaque détail de l’atmosphère qui s’en dégageait. Ce qu’il n’avait pas remarqué auparavant se révéla progressivement : la salle était animée par des préparatifs de décoration automnale, des nuances chatoyantes s’entremêlaient aux outils épars ; notamment des ciseaux aux couleurs vives, témoignant d’une activité créative en cours. Il comprit alors que Hyacinthe n’était pas en consultation, mais occupé à transformer son bureau en un jardin d’automne, propice à la confidence et à l’écoute. Un bref instant de gêne traversa Aaron, conscient de déranger son collègue dans ses préparations, mais l’accueil chaleureux et la disponibilité de Hyacinthe le rassurèrent immédiatement. Ce dernier lui fit entendre que les cinq minutes qu’Aaron sollicitait pourraient être largement dépassées, accordant ainsi toute l’attention nécessaire à sa demande.
Aaron savait pertinemment que cette entrevue réclamerait bien plus de temps que ce qu’il avait évoqué. Pour l’heure, il souhaitait simplement poser les bases d’une future rencontre, organiser un entretien afin de ne pas empiéter sur la période consacrée aux élèves.
— Je ne doute pas que cela prendra bien plus que cinq minutes, Hyacinthe. Mais actuellement, je pensais prendre un rendez-vous pour laisser aux élèves la majorité de la journée pour discuter. Je peux bien passer après eux… Mais effectivement, il faudra plus de cinq minutes pour parler de ce qui me travaille à présent. Disons que j’aurais besoin de décharger toutes les émotions négatives que je ne cesse de recevoir de la part de ce que j’appellerai un parasite familial : ma sœur jumelle.
Il manifestait ainsi sa volonté de patienter, offrant la priorité à ceux qui, comme lui, avaient envie d’écoute. Cependant, il ressentait l’urgence de déposer les fondations de sa quête de compréhension, de verbaliser enfin ce qui le tourmentait depuis trop longtemps.
Aaron se montrait particulièrement réservé, évitant de croiser le regard de Hyacinthe en évoquant ses difficultés domestiques. Il avait conscience que tout le monde connaissait des conflits avec des frères ou des sœurs, mais dans son cas, l’histoire prenait une dimension singulière. Pour les autres, cela ne serait sans doute qu’un simple différend, peut-être même un sujet de plaisanterie. Pourtant, il s’agissait là d’une souffrance réelle : une sœur qui, depuis toujours, monopolisait l’attention, rendant chaque rapprochement pesant, chaque échange source de malaise. Aaron anticipait la réaction du psychomage, s’attendant à être perçu comme un adulte venant se plaindre de ses querelles fraternelles. Mais il savait, au fond de lui, que ce mal-être méritait d’être entendu et compris.
Dans l'attente de la réponse de ce collègue, les yeux d’Aaron se perdaient dans les détails de la décoration automnale, comme s'il s'agissait d'un véritable apaisement pour l’esprit. Ces couleurs flamboyantes évoquaient pour lui la chaleur rassurante d’un feu de cheminée ; le symbole du réconfort et de la convivialité. Il s’imagina — l’espace d’un instant — installé devant l’âtre, un roman d’action à la main ; ou bien préparant la découpe d’une citrouille pour la fête de Samain, entouré de feuilles séchées, prêt à placer sa création sur le seuil de sa porte. Ces images lui insufflaient un léger sentiment de paix, contrastant avec l’agitation intérieure qui l’animait.
Ce premier échange avec Hyacinthe — même s’il ne marquait que le début d’une démarche — représentait pour Aaron une seconde étape cruciale. Il franchissait encore plus le pas, bravant sa gêne et ses doutes, pour entamer un processus d’apaisement et de reconstruction. S’ouvrir à un collègue — accepter d’être vulnérable — c’était déjà faire preuve de courage et amorcer la voie vers une meilleure compréhension de soi ; et du courage, il devait en avoir en tant qu'ancien Gryffondor. Dans ce bureau aux couleurs de l’automne, Aaron entrevoyait la possibilité de se libérer peu à peu du poids des rancœurs familiales, de retrouver l’équilibre et la sérénité dont il avait tant besoin.
Vav-mi-ia.
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Aaron savait pertinemment que cette entrevue réclamerait bien plus de temps que ce qu’il avait évoqué. Pour l’heure, il souhaitait simplement poser les bases d’une future rencontre, organiser un entretien afin de ne pas empiéter sur la période consacrée aux élèves.
— Je ne doute pas que cela prendra bien plus que cinq minutes, Hyacinthe. Mais actuellement, je pensais prendre un rendez-vous pour laisser aux élèves la majorité de la journée pour discuter. Je peux bien passer après eux… Mais effectivement, il faudra plus de cinq minutes pour parler de ce qui me travaille à présent. Disons que j’aurais besoin de décharger toutes les émotions négatives que je ne cesse de recevoir de la part de ce que j’appellerai un parasite familial : ma sœur jumelle.
Il manifestait ainsi sa volonté de patienter, offrant la priorité à ceux qui, comme lui, avaient envie d’écoute. Cependant, il ressentait l’urgence de déposer les fondations de sa quête de compréhension, de verbaliser enfin ce qui le tourmentait depuis trop longtemps.
Aaron se montrait particulièrement réservé, évitant de croiser le regard de Hyacinthe en évoquant ses difficultés domestiques. Il avait conscience que tout le monde connaissait des conflits avec des frères ou des sœurs, mais dans son cas, l’histoire prenait une dimension singulière. Pour les autres, cela ne serait sans doute qu’un simple différend, peut-être même un sujet de plaisanterie. Pourtant, il s’agissait là d’une souffrance réelle : une sœur qui, depuis toujours, monopolisait l’attention, rendant chaque rapprochement pesant, chaque échange source de malaise. Aaron anticipait la réaction du psychomage, s’attendant à être perçu comme un adulte venant se plaindre de ses querelles fraternelles. Mais il savait, au fond de lui, que ce mal-être méritait d’être entendu et compris.
Dans l'attente de la réponse de ce collègue, les yeux d’Aaron se perdaient dans les détails de la décoration automnale, comme s'il s'agissait d'un véritable apaisement pour l’esprit. Ces couleurs flamboyantes évoquaient pour lui la chaleur rassurante d’un feu de cheminée ; le symbole du réconfort et de la convivialité. Il s’imagina — l’espace d’un instant — installé devant l’âtre, un roman d’action à la main ; ou bien préparant la découpe d’une citrouille pour la fête de Samain, entouré de feuilles séchées, prêt à placer sa création sur le seuil de sa porte. Ces images lui insufflaient un léger sentiment de paix, contrastant avec l’agitation intérieure qui l’animait.
Ce premier échange avec Hyacinthe — même s’il ne marquait que le début d’une démarche — représentait pour Aaron une seconde étape cruciale. Il franchissait encore plus le pas, bravant sa gêne et ses doutes, pour entamer un processus d’apaisement et de reconstruction. S’ouvrir à un collègue — accepter d’être vulnérable — c’était déjà faire preuve de courage et amorcer la voie vers une meilleure compréhension de soi ; et du courage, il devait en avoir en tant qu'ancien Gryffondor. Dans ce bureau aux couleurs de l’automne, Aaron entrevoyait la possibilité de se libérer peu à peu du poids des rancœurs familiales, de retrouver l’équilibre et la sérénité dont il avait tant besoin.
@Hyacinthe Kyros
Mots en gras pour l'inktober professeur 2025
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11 oct. 2025, 21:37
Viens couper, ça soigne l'esprit !
Hyacinthe resta un instant silencieux après qu’Aaron eut terminé sa phrase. Il l’observa simplement, sans jugement ni commentaire précipité, laissant au silence la place nécessaire pour apaiser la tension que son collègue semblait traîner avec lui. Les petites billes accrochées aux guirlandes au-dessus de la porte tintèrent à nouveau, discrètement, dans une ambiance douce issue des notes de jazz qui flottaient dans l'air
Le psychomage inclina légèrement la tête, les doigts jouant machinalement avec une bande de papier orange, qu’il faisait rouler entre ses phalanges. Il se contenta, d’abord, d’une simple question, songeant en même temps à recaler ses activités pour prévoir une session avec son collègue.
- Votre sœur jumelle... répéta-t-il doucement, sans y apposer la moindre intonation de curiosité malsaine. Pardonnez-moi de poser la question aussi directement, mais de quelle nature sont ces “émotions négatives” que vous évoquez ? Des reproches, des menaces, ou, hm, plutôt... des mots qui usent, à force d’être répétés ?
Ses yeux, d’un brun un peu fané, se relevèrent vers Aaron. Il y avait dans son regard quelque chose d’à la fois analytique et humain, une écoute totale, mais surtout une absence d’urgence. Peut-être qu'une session typique n'était pas ce qu'il fallait au sorcier. L'atmosphère inhabituelle du bureau ne semblait jusque là ne pas l'avoir dérangé, que ce soit son désordre créatif ou la musique de fond qui tournait toujours. Avait-il simplement besoin d'une oreille, de conseils, dans un cadre sécure et reposant ?
Hyacinthe se redressa, se détachant du bord du bureau pour faire quelques pas dans la pièce. Il referma la fenêtre, le temps de calmer le souffle du vent, puis fit signe à Aaron de s’installer plus confortablement sur l'un des fauteuils. Sa voix reprit, basse, posée, presque veloutée :
- Je suis content que vous soyez passé, Aaron, si vous ressentiez le besoin de vous ouvrir. Je... voulez-vous que je vous prépare la pièce ? Ce n'est pas long. Juste déplacer mon bazar et couper la musique, que vous puissiez vous mettre à l'aise... ou... Hyacinthe fit une pause, réfléchissant. Il pensait à autre chose, une opportunité qui pourrait peut-être autant l'arranger lui que son collègue. Ou... nous pouvons discuter autour d'une activité manuelle, si cela vous intéresse ?
Un léger sourire effleura ses lèvres, plutôt curieux à l'idée de voir comment sa proposition sera reçue. Bien sûr, cela ne partait pas de nulle part : les activités manuelles étaient d'excellents supports de médiation pour la discussion et la mise en place d'une objectivation de la pensée, en plus de participer à la régulation des émotions.
- J'ai encore beaucoup de formes à découper, et... Le roux pointa du doigt la guirlande inachevée qu'il avait posée plus tôt. C'est un bon exercice, je vous assure. La médiation artistique a des bienfaits bien trop nombreux pour que je vous les énumère tous et l'occasion est idéale pour vous la proposer.
Un souffle amusé, un peu plus sincère que la politesse dont il faisait preuve depuis l'entrée d'Aaron, lui échappa.
- Et puis... j’avoue que ce serait moins triste de décorer le bureau à deux. Vous m’éviteriez le ridicule d’avoir collé une citrouille de travers.
Bien sûr, c'était une chose qu'il aurait facilement pu corriger avec la magie. Mais pourquoi se reposer sur elle quand il pouvait partager l'activité ? Le ton du roux se voulait détendu, mais sous la plaisanterie se glissait une invitation réelle. Hyacinthe resta néanmoins immobile jusqu'à la réponse de son collègue, prêt à chercher une seconde paire de ciseaux ou à ranger ses affaires au moindre signe perçu. Dans un coin de son esprit, le trentenaire songea qu'avec cette interaction, il n'aurait pas besoin d'aller dîner avec tout le monde, ce soir. Il pourrait prendre le repas dans ses appartements et prendre un peu de temps pour lui.
Le psychomage inclina légèrement la tête, les doigts jouant machinalement avec une bande de papier orange, qu’il faisait rouler entre ses phalanges. Il se contenta, d’abord, d’une simple question, songeant en même temps à recaler ses activités pour prévoir une session avec son collègue.
- Votre sœur jumelle... répéta-t-il doucement, sans y apposer la moindre intonation de curiosité malsaine. Pardonnez-moi de poser la question aussi directement, mais de quelle nature sont ces “émotions négatives” que vous évoquez ? Des reproches, des menaces, ou, hm, plutôt... des mots qui usent, à force d’être répétés ?
Ses yeux, d’un brun un peu fané, se relevèrent vers Aaron. Il y avait dans son regard quelque chose d’à la fois analytique et humain, une écoute totale, mais surtout une absence d’urgence. Peut-être qu'une session typique n'était pas ce qu'il fallait au sorcier. L'atmosphère inhabituelle du bureau ne semblait jusque là ne pas l'avoir dérangé, que ce soit son désordre créatif ou la musique de fond qui tournait toujours. Avait-il simplement besoin d'une oreille, de conseils, dans un cadre sécure et reposant ?
Hyacinthe se redressa, se détachant du bord du bureau pour faire quelques pas dans la pièce. Il referma la fenêtre, le temps de calmer le souffle du vent, puis fit signe à Aaron de s’installer plus confortablement sur l'un des fauteuils. Sa voix reprit, basse, posée, presque veloutée :
- Je suis content que vous soyez passé, Aaron, si vous ressentiez le besoin de vous ouvrir. Je... voulez-vous que je vous prépare la pièce ? Ce n'est pas long. Juste déplacer mon bazar et couper la musique, que vous puissiez vous mettre à l'aise... ou... Hyacinthe fit une pause, réfléchissant. Il pensait à autre chose, une opportunité qui pourrait peut-être autant l'arranger lui que son collègue. Ou... nous pouvons discuter autour d'une activité manuelle, si cela vous intéresse ?
Un léger sourire effleura ses lèvres, plutôt curieux à l'idée de voir comment sa proposition sera reçue. Bien sûr, cela ne partait pas de nulle part : les activités manuelles étaient d'excellents supports de médiation pour la discussion et la mise en place d'une objectivation de la pensée, en plus de participer à la régulation des émotions.
- J'ai encore beaucoup de formes à découper, et... Le roux pointa du doigt la guirlande inachevée qu'il avait posée plus tôt. C'est un bon exercice, je vous assure. La médiation artistique a des bienfaits bien trop nombreux pour que je vous les énumère tous et l'occasion est idéale pour vous la proposer.
Un souffle amusé, un peu plus sincère que la politesse dont il faisait preuve depuis l'entrée d'Aaron, lui échappa.
- Et puis... j’avoue que ce serait moins triste de décorer le bureau à deux. Vous m’éviteriez le ridicule d’avoir collé une citrouille de travers.
Bien sûr, c'était une chose qu'il aurait facilement pu corriger avec la magie. Mais pourquoi se reposer sur elle quand il pouvait partager l'activité ? Le ton du roux se voulait détendu, mais sous la plaisanterie se glissait une invitation réelle. Hyacinthe resta néanmoins immobile jusqu'à la réponse de son collègue, prêt à chercher une seconde paire de ciseaux ou à ranger ses affaires au moindre signe perçu. Dans un coin de son esprit, le trentenaire songea qu'avec cette interaction, il n'aurait pas besoin d'aller dîner avec tout le monde, ce soir. Il pourrait prendre le repas dans ses appartements et prendre un peu de temps pour lui.
634 - @Aaron Bagans
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
11 oct. 2025, 23:54
Viens couper, ça soigne l'esprit !
La posture d'Aaron, marquée par une certaine réserve, changea brusquement lorsque Hyacinthe aborda sans détour la nature exacte de ses difficultés. Le psychomage — en posant des questions précises sur l'origine de cette souffrance : répétitions, insultes ou remarques négatives — parvint à toucher un point particulièrement sensible chez Aaron telle une piqûre de rappel. Ce dernier, qui n'avait pas osé s'exprimer plus en détail, pensant que cela attendrait le rendez-vous officiel, fut surpris de sentir qu'il pouvait déjà aborder le sujet en profondeur. Ce constat agissait sur lui comme une douce consolation, une permission implicite de déposer son fardeau dès à présent.
— C'est un peu de tout dans cet ensemble…
Aaron l'admettait — tout en se repliant brièvement sur lui-même — laissant à Hyacinthe le soin de poursuivre. Le regard d'Aaron se posa alors sur les activités manuelles entamées par son collègue, dont chacun de ses gestes soulignaient l’importance donnée à la création d'une atmosphère propice à la discussion et à l'apaisement qu'Aaron recherchait au plus profond de lui. Participer à ce type d'activité n'était certes pas une habitude pour Aaron, mais l'idée ne lui déplaisait pas ; au contraire, elle éveillait sa curiosité. Lui qui appréciait d'ordinaire les approches concrètes, y vit l'occasion de s'investir autrement dans l'échange. Il accepta l'invitation avec un léger signe de tête, une détermination naissante traversant son regard.
— D'accord, si cela est théoriquement faisable, cela ne me dérange pas de pratiquer une activité manuelle. Et si cela peut vous aider dans votre avancement, c'est un plaisir de pouvoir y mettre de l'huile de coude.
Un sourire sincère illumina alors le visage d'Aaron. Il n'était nullement dérangé par l'idée d'utiliser des matériaux moldus. Il s'approcha de la table où étaient disposées les futures guirlandes de papier et une paire de ciseaux. La prise en main fut intuitive, même s’il n'avait pas pratiqué ce type d'activité depuis longtemps ; la familiarité du geste lui procura déjà un certain apaisement.
— Je vous crois. Le fait de voir cette lame bouger en fonction de ma pression m'apporte déjà une certaine satisfaction, comme si… je pouvais couper cette petite pression quotidienne. Mais dites-moi ce que vous souhaitez que je fasse réellement, je le ferai avec plaisir, si cela me permet d'effacer une part de cette souffrance.
Il poursuivit, ouvrant enfin la porte à ses ressentis les plus intimes.
— Comme je l'ai dit, c’est un ensemble de tout ce que vous avez supposé. Ma sœur jumelle ne supporte pas ce que je fais maintenant à Poudlard ; elle n'a jamais apprécié ce que j'ai fait dans la vie. Elle adore me dire que je suis un traître à la magie, que je ne mérite plus de porter le nom de ma famille… Et tous les jours, ça devient long.
Ce moment de partage marqua un pas important dans la démarche d'Aaron : il acceptait de s'impliquer dans une activité nouvelle ; tout en se livrant avec une sincérité croissante sur la nature de sa souffrance, ouvrant ainsi la voie à un accompagnement où l'écoute et la créativité se conjugueraient pour l'aider à alléger le poids de son quotidien.
— Depuis notre naissance, une différence fondamentale s'est installée entre ma sœur et moi. Alors qu'Evalia incarnait une force brute, j'étais son exact opposé : la tranquillité. Cette dichotomie s'est manifestée très tôt, jusque dans la découverte de nos pouvoirs magiques, un événement survenu le même jour alors que notre mère nous initiait à sa passion pour les Moldus. Notre mère était fascinée par la culture et la technologie moldue, et elle s'efforçait de nous transmettre cette curiosité. J'écoutais ses paroles avec intérêt, appréciant la vision qu'elle portait sur ce monde si différent du nôtre. Evalia, au contraire, rejetait tout ce qui touchait aux Moldus ; elle ne supportait pas de devoir suivre ces cours. Sa frustration a atteint son paroxysme un jour, lorsqu'elle a laissé exploser sa magie et coupé une télévision en deux d'un simple énervement. Voir cet objet réduit à l'état de débris fut pour moi une grande déception, car j'attendais pouvoir l'étudier plus en détail. Fait étrange, cette espérance fut si forte que l'objet s'est reconstruit, comme mû par ma volonté, mais ce n'était que ma magie qui avait répondu à ma demande. Par la suite, notre différence s'est cristallisée lors de notre entrée à Poudlard. Nous avons été classés dans des maisons opposées : elle à Serpentard, moi à Gryffondor. Ce choix dans la répartition n'a fait qu'accentuer la distance qui s'était creusée entre nous depuis notre petite enfance…
À cet instant, Aaron marqua une pause, la conversation venant d'effleurer pour la première fois — avec une telle intensité — le sujet de sa sœur. Le simple fait d'avoir évoqué Evalia semblait suffire à raviver en lui le souvenir âpre et douloureux des derniers mots acerbes qu'elle lui avait adressés. Saisi par cette réminiscence, il sentit une vague de tristesse mêlée de colère monter en lui, poignante et brutale. Pour tenter de la contenir, il serra davantage la paire de ciseaux entre ses doigts, laissant son geste trahir l'émotion qui le traversait. La lame mordit le papier orange avec une force inhabituelle, presque rageuse, révélant à la fois la tension qu'il s'efforçait de masquer et la violence intérieure que les paroles de sa sœur avaient imprimée en lui. Ce simple mouvement, jusqu'alors mécanique et apaisant, devint soudain l'expression tangible d'une souffrance restée trop longtemps enfouie.
Vav-mi-ia.
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Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
— C'est un peu de tout dans cet ensemble…
Aaron l'admettait — tout en se repliant brièvement sur lui-même — laissant à Hyacinthe le soin de poursuivre. Le regard d'Aaron se posa alors sur les activités manuelles entamées par son collègue, dont chacun de ses gestes soulignaient l’importance donnée à la création d'une atmosphère propice à la discussion et à l'apaisement qu'Aaron recherchait au plus profond de lui. Participer à ce type d'activité n'était certes pas une habitude pour Aaron, mais l'idée ne lui déplaisait pas ; au contraire, elle éveillait sa curiosité. Lui qui appréciait d'ordinaire les approches concrètes, y vit l'occasion de s'investir autrement dans l'échange. Il accepta l'invitation avec un léger signe de tête, une détermination naissante traversant son regard.
— D'accord, si cela est théoriquement faisable, cela ne me dérange pas de pratiquer une activité manuelle. Et si cela peut vous aider dans votre avancement, c'est un plaisir de pouvoir y mettre de l'huile de coude.
Un sourire sincère illumina alors le visage d'Aaron. Il n'était nullement dérangé par l'idée d'utiliser des matériaux moldus. Il s'approcha de la table où étaient disposées les futures guirlandes de papier et une paire de ciseaux. La prise en main fut intuitive, même s’il n'avait pas pratiqué ce type d'activité depuis longtemps ; la familiarité du geste lui procura déjà un certain apaisement.
— Je vous crois. Le fait de voir cette lame bouger en fonction de ma pression m'apporte déjà une certaine satisfaction, comme si… je pouvais couper cette petite pression quotidienne. Mais dites-moi ce que vous souhaitez que je fasse réellement, je le ferai avec plaisir, si cela me permet d'effacer une part de cette souffrance.
Il poursuivit, ouvrant enfin la porte à ses ressentis les plus intimes.
— Comme je l'ai dit, c’est un ensemble de tout ce que vous avez supposé. Ma sœur jumelle ne supporte pas ce que je fais maintenant à Poudlard ; elle n'a jamais apprécié ce que j'ai fait dans la vie. Elle adore me dire que je suis un traître à la magie, que je ne mérite plus de porter le nom de ma famille… Et tous les jours, ça devient long.
Ce moment de partage marqua un pas important dans la démarche d'Aaron : il acceptait de s'impliquer dans une activité nouvelle ; tout en se livrant avec une sincérité croissante sur la nature de sa souffrance, ouvrant ainsi la voie à un accompagnement où l'écoute et la créativité se conjugueraient pour l'aider à alléger le poids de son quotidien.
— Depuis notre naissance, une différence fondamentale s'est installée entre ma sœur et moi. Alors qu'Evalia incarnait une force brute, j'étais son exact opposé : la tranquillité. Cette dichotomie s'est manifestée très tôt, jusque dans la découverte de nos pouvoirs magiques, un événement survenu le même jour alors que notre mère nous initiait à sa passion pour les Moldus. Notre mère était fascinée par la culture et la technologie moldue, et elle s'efforçait de nous transmettre cette curiosité. J'écoutais ses paroles avec intérêt, appréciant la vision qu'elle portait sur ce monde si différent du nôtre. Evalia, au contraire, rejetait tout ce qui touchait aux Moldus ; elle ne supportait pas de devoir suivre ces cours. Sa frustration a atteint son paroxysme un jour, lorsqu'elle a laissé exploser sa magie et coupé une télévision en deux d'un simple énervement. Voir cet objet réduit à l'état de débris fut pour moi une grande déception, car j'attendais pouvoir l'étudier plus en détail. Fait étrange, cette espérance fut si forte que l'objet s'est reconstruit, comme mû par ma volonté, mais ce n'était que ma magie qui avait répondu à ma demande. Par la suite, notre différence s'est cristallisée lors de notre entrée à Poudlard. Nous avons été classés dans des maisons opposées : elle à Serpentard, moi à Gryffondor. Ce choix dans la répartition n'a fait qu'accentuer la distance qui s'était creusée entre nous depuis notre petite enfance…
À cet instant, Aaron marqua une pause, la conversation venant d'effleurer pour la première fois — avec une telle intensité — le sujet de sa sœur. Le simple fait d'avoir évoqué Evalia semblait suffire à raviver en lui le souvenir âpre et douloureux des derniers mots acerbes qu'elle lui avait adressés. Saisi par cette réminiscence, il sentit une vague de tristesse mêlée de colère monter en lui, poignante et brutale. Pour tenter de la contenir, il serra davantage la paire de ciseaux entre ses doigts, laissant son geste trahir l'émotion qui le traversait. La lame mordit le papier orange avec une force inhabituelle, presque rageuse, révélant à la fois la tension qu'il s'efforçait de masquer et la violence intérieure que les paroles de sa sœur avaient imprimée en lui. Ce simple mouvement, jusqu'alors mécanique et apaisant, devint soudain l'expression tangible d'une souffrance restée trop longtemps enfouie.
@Hyacinthe Kyros
Mots en gras pour l'Inktober Professeur 2025
Mots en gras pour l'Inktober Professeur 2025
Vav-mi-ia.
Code couleur dialogue :
Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
12 oct. 2025, 14:12
Viens couper, ça soigne l'esprit !
Un fin bruissement s’éleva lorsque Hyacinthe fit glisser une feuille de papier beige sur la table, lissant du bout des doigts ses plis pour la ramener à plat. Il écoutait Aaron sans l’interrompre, son regard oscillant parfois entre la découpe qu’exécutait le sorcier et la lueur trouble de ses yeux lorsqu’il évoquait sa sœur. Le ton, d’abord mesuré, s’était progressivement chargé d’un poids émotionnel que même les mots ne parvenaient plus à dissimuler. Le psychomage, attentif, percevait tension et retenue, mais aussi souvenir d'une colère qui n'avait jamais vraiment trouvé sa résolution. Lorsque la lame de du professeur mordit trop fort le papier, il releva les yeux avec patience et compréhension.
- La pression quotidienne, disiez-vous tout à l’heure... murmura-t-il, presque à lui-même. Parfois, on croit la couper, mais elle se reforme aussitôt qu’on repose les ciseaux. Il laissa tomber sa main contre la table, caressant du bout du pouce une découpe de feuille d’érable avant de poursuivre. Vous parlez d’un rejet très profond de la part de votre sœur, dépassant même la rivalité fraternelle. C’est... comme une attaque dirigée vers ce que vous êtes, dans votre essence. Ais-je fait une erreur dans ma compréhension de la situation ?
Ses mots étaient prudents, comme s’il avançait sur un sol qu’il connaissait trop bien pour le fouler sans précaution. Intérieurement, pourtant, un nœud discret se formait dans sa poitrine.
Traître à la magie.
Le terme résonnait encore. C'était un sujet qui le touchait, lui dont les parents étaient moldus. Hyacinthe avait vite compris l'importance que certains sorciers accordaient au sang et aux tradition. Cela n'était un secret pour personne, le fait même que le Conseil existe en était la preuve. L'ouverture culturelle dont certains sorciers faisaient preuve à l'égard des moldus pouvait être mal perçue, et le roux en était désolé. Voir à quel point cet élément qui lui semblait si simple, si dérisoire, pouvait impacter une famille... Mais Hyacinthe ne laissa rien paraître. Le trentenaire respirait lentement, s’accordant le luxe d’un léger recul, le temps d’apaiser les sentiments relevés par ces mots avant qu'ils ne viennent interférer. Il était là pour Aaron, pas pour les fantômes de son passé.
Son ton reprit alors cette douceur feutrée qu’il savait si bien maintenir alors qu'il répondait avec aisance.
- Je suppose que vous êtes blessé par le rejet qu'elle vous impose, non ? Alors que vous portez si fièrement la paix, l'ouverture et la curiosité nécessaire à l'inclusion des nés-moldus dans notre monde... Vous sentez-vous oppressé quant à votre identité et vos valeurs ?
Ses doigts allèrent chercher une paire de ciseaux plus fine, et il commença à découper un petit motif de feuille, plus ronde que la précédente, lentement, avec application. Hyacinthe releva les yeux vers Aaron, un coin de sourire plus sincère, presque complice, venant briser la tension.
- Je suppose que vous savez déjà tout ça, mais c'est toujours bon à entendre lorsque notre esprit est embrumé par les émotions. Hyacinthe marqua une petite respiration avant de poursuivre, les ciseaux glissant paisiblement dans sa main. La curiosité et l'ouverture dont vous me faites mention est honorable. Et quand quelqu’un comme votre sœur attaque ce qui fonde votre identité, que ce soit vos valeurs, vos choix, ou même votre rapport au monde moldu, il faut bien comprendre que ce n’est pas tant vous qu’elle rejette, mais ce qu’elle ne parvient pas à accepter en elle-même. C'est une interprétation possible que je me permet de vous proposer, mais n'hésitez pas à me corriger.
Le ton restait mesuré, pas professoral, mais empreint d’une certaine clarté professionnelle.
- Sa colère est peut-être aussi un aveu d’impuissance. Vous êtes devenu, d’une certaine manière, ce qu’elle n’a jamais su comprendre. Et ça... ça met les gens face à leur propres émotions d'une façon difficile à gérer.
Hyacinthe termina sa phrase dans un souffle, puis posa les ciseaux. Sur la table, la petite feuille qu’il venait de découper avait une jolie forme. Il la tourna entre ses doigts, pensif, en pensant à la couleur qu'il pourrait utiliser pour lui donner plus de vie.
- Vous savez, Aaron... je ne peux pas prétendre à une objectivité parfaite dans ces questions-là, étant directement impacté par mon statut. Mais... il ne faut pas que vos émotions soient réduites à une simple différence d'opinion. C'est impor-, c'est nécessaire à votre bien-être. Ses yeux se firent plus doux, presque fatigués, mais profondément sincères. Avez vous essayé de faire comprendre à votre sœur que ses mots vous blessaient ?
La lumière se refléta alors dans la vitre du bureau, peignant leurs silhouettes sur la paroi, deux hommes assis au milieu des couleurs de l’automne ; l’un cherchant à reconstruire, l’autre à écouter sans juger. Hyacinthe ponctua sa prise de parole par une proposition.
- J'ai une décoration à accrocher sur le cadre de la fenêtre. Pourriez-vous m'aider ?
Il montra la banderole sobre où cristaux, feuilles et plumes tombaient élégamment, qui était posée sur le comptoir d'une étagère.
- La pression quotidienne, disiez-vous tout à l’heure... murmura-t-il, presque à lui-même. Parfois, on croit la couper, mais elle se reforme aussitôt qu’on repose les ciseaux. Il laissa tomber sa main contre la table, caressant du bout du pouce une découpe de feuille d’érable avant de poursuivre. Vous parlez d’un rejet très profond de la part de votre sœur, dépassant même la rivalité fraternelle. C’est... comme une attaque dirigée vers ce que vous êtes, dans votre essence. Ais-je fait une erreur dans ma compréhension de la situation ?
Ses mots étaient prudents, comme s’il avançait sur un sol qu’il connaissait trop bien pour le fouler sans précaution. Intérieurement, pourtant, un nœud discret se formait dans sa poitrine.
Traître à la magie.
Le terme résonnait encore. C'était un sujet qui le touchait, lui dont les parents étaient moldus. Hyacinthe avait vite compris l'importance que certains sorciers accordaient au sang et aux tradition. Cela n'était un secret pour personne, le fait même que le Conseil existe en était la preuve. L'ouverture culturelle dont certains sorciers faisaient preuve à l'égard des moldus pouvait être mal perçue, et le roux en était désolé. Voir à quel point cet élément qui lui semblait si simple, si dérisoire, pouvait impacter une famille... Mais Hyacinthe ne laissa rien paraître. Le trentenaire respirait lentement, s’accordant le luxe d’un léger recul, le temps d’apaiser les sentiments relevés par ces mots avant qu'ils ne viennent interférer. Il était là pour Aaron, pas pour les fantômes de son passé.
Son ton reprit alors cette douceur feutrée qu’il savait si bien maintenir alors qu'il répondait avec aisance.
- Je suppose que vous êtes blessé par le rejet qu'elle vous impose, non ? Alors que vous portez si fièrement la paix, l'ouverture et la curiosité nécessaire à l'inclusion des nés-moldus dans notre monde... Vous sentez-vous oppressé quant à votre identité et vos valeurs ?
Ses doigts allèrent chercher une paire de ciseaux plus fine, et il commença à découper un petit motif de feuille, plus ronde que la précédente, lentement, avec application. Hyacinthe releva les yeux vers Aaron, un coin de sourire plus sincère, presque complice, venant briser la tension.
- Je suppose que vous savez déjà tout ça, mais c'est toujours bon à entendre lorsque notre esprit est embrumé par les émotions. Hyacinthe marqua une petite respiration avant de poursuivre, les ciseaux glissant paisiblement dans sa main. La curiosité et l'ouverture dont vous me faites mention est honorable. Et quand quelqu’un comme votre sœur attaque ce qui fonde votre identité, que ce soit vos valeurs, vos choix, ou même votre rapport au monde moldu, il faut bien comprendre que ce n’est pas tant vous qu’elle rejette, mais ce qu’elle ne parvient pas à accepter en elle-même. C'est une interprétation possible que je me permet de vous proposer, mais n'hésitez pas à me corriger.
Le ton restait mesuré, pas professoral, mais empreint d’une certaine clarté professionnelle.
- Sa colère est peut-être aussi un aveu d’impuissance. Vous êtes devenu, d’une certaine manière, ce qu’elle n’a jamais su comprendre. Et ça... ça met les gens face à leur propres émotions d'une façon difficile à gérer.
Hyacinthe termina sa phrase dans un souffle, puis posa les ciseaux. Sur la table, la petite feuille qu’il venait de découper avait une jolie forme. Il la tourna entre ses doigts, pensif, en pensant à la couleur qu'il pourrait utiliser pour lui donner plus de vie.
- Vous savez, Aaron... je ne peux pas prétendre à une objectivité parfaite dans ces questions-là, étant directement impacté par mon statut. Mais... il ne faut pas que vos émotions soient réduites à une simple différence d'opinion. C'est impor-, c'est nécessaire à votre bien-être. Ses yeux se firent plus doux, presque fatigués, mais profondément sincères. Avez vous essayé de faire comprendre à votre sœur que ses mots vous blessaient ?
La lumière se refléta alors dans la vitre du bureau, peignant leurs silhouettes sur la paroi, deux hommes assis au milieu des couleurs de l’automne ; l’un cherchant à reconstruire, l’autre à écouter sans juger. Hyacinthe ponctua sa prise de parole par une proposition.
- J'ai une décoration à accrocher sur le cadre de la fenêtre. Pourriez-vous m'aider ?
Il montra la banderole sobre où cristaux, feuilles et plumes tombaient élégamment, qui était posée sur le comptoir d'une étagère.
831 - @Aaron Bagans
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
12 oct. 2025, 23:56
Viens couper, ça soigne l'esprit !
Alors qu'Aaron poursuivait consciencieusement la découpe du papier, il écoutait attentivement la première analyse de Hyacinthe. Ce dernier avait su cerner, avec une justesse déconcertante, les ressentis profonds d'Aaron. Impressionné, Aaron reconnaissait que c'était précisément dans ce but qu'il était venu : être enfin compris, ne plus craindre d'aborder le sujet de sa sœur et de la souffrance qu'elle lui infligeait.
Au fond de lui, Aaron regrettait d'avoir — tout au long de sa vie — mentalement désigné Evalia comme un parasite. Pourtant, leur différence était si marquée qu'il lui semblait impossible de la percevoir autrement. Cette certitude s'imposait à lui, inévitable et douloureuse. Il laissa échapper un soupir et hocha la tête, la main droite continuant de déchiqueter au ciseau le papier d'un geste machinal.
— Non, vous n'avez pas tort ! C'est… c'est bien cela. Vous m'avez parfaitement bien résumé.
Après ces mots, il se replongea dans sa tâche, tout en restant attentif aux paroles de Hyacinthe. Pour Aaron, entendre cet homme — qui ne le connaissait pourtant que peu — poser des mots précis sur sa situation, constituait une révélation : Hyacinthe était sans aucun doute la personne dont il avait véritablement besoin à cet instant. Evalia perturbait profondément son identité, malgré tous les efforts qu'il avait déployés pour elle ; allant même jusqu'à se faire arrêter après l'achat d'une offrande de paix. Pourtant, rien n'y faisait : Evalia persistait à le dénigrer et à lui faire sentir que ses choix de vie étaient guidés par une obsession maternelle, et donc, à ses yeux, étaient irrémédiablement mauvais.
— Oui, enfin, je ne sais pas si je peux appeler cela une oppression, mais c'est comme si je me retrouvais dans une prison et qu'elle en était la geôlière et que tant que je ne fais pas amende honorable, je ne pourrais en sortir. Il faut le dire, j'ai cru qu'en prenant une option ouverte durant ma scolarité, elle me ferait confiance. Le seul moment où elle a cru en mon choix c'était quand j'ai été au département politique de la Magic Fac ; mais quand j'ai pris cette décision de devenir inventeur d'excuses, cela a recommencé ; parce que cela concernait les Moldus, leurs cultures. Comme si elle oubliait qu'en les approchant de si près pour savoir comment valoriser nos excuses, on ne les protégeait pas seulement de la magie, mais qu'on protégeait les sorciers de problématiques comme les évènements de Salem…
Le souffle d'Aaron sembla alors être aussi tranchant qu'une fibre de parchemin. Même s'il détestait devoir se justifier ; l'idée que ses actions puissent être porteuses de sens et de valeur apaisait — ne serait-ce qu’un instant — la colère qu'il éprouvait envers sa sœur jumelle.
Hyacinthe évoqua, ensuite, la possibilité d'une jalousie chez Evalia ; une hypothèse qui fit sourire Aaron. Il savait pourtant — au fond de lui — que cette explication ne correspondait pas à la réalité de leur relation, mais cette pensée lui apportait malgré tout une forme de réconfort.
— Vous êtes légitime de le penser, Hyacinthe, je n'ai rien pour aller contre l'avis de quelqu'un. Le statut de sang n'est qu'une bêtise administrative ; il ne donne pas plus de pouvoir à l'un qu'à l'autre. Nous sommes tous sorciers au final ; ça c'est important. Mais en effet, c'est nécessaire. J'ai déjà essayé, en lui offrant des choses en même temps, pour faire passer le baume, mais ça ne suffit pas. C'est un… un parasite ; je la pense toujours ainsi depuis que je suis en âge de penser…
À cet instant, Aaron ressentit une profonde honte d'avoir qualifié sa sœur ainsi devant Hyacinthe. Il ne souhaitait pas manquer de respect à Evalia ; il voulait simplement exposer son problème sans pour autant la rabaisser. Tentant d'échapper à ce malaise, il accepta la tâche confiée par son collègue. Il saisit délicatement la guirlande, admirant sa beauté et sa douceur. Il se dirigea vers la fenêtre, sans recourir à la magie : l’activité manuelle lui permettait de libérer sa parole tout en préservant son équilibre intérieur.
Vav-mi-ia.
Code couleur dialogue :
Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
Au fond de lui, Aaron regrettait d'avoir — tout au long de sa vie — mentalement désigné Evalia comme un parasite. Pourtant, leur différence était si marquée qu'il lui semblait impossible de la percevoir autrement. Cette certitude s'imposait à lui, inévitable et douloureuse. Il laissa échapper un soupir et hocha la tête, la main droite continuant de déchiqueter au ciseau le papier d'un geste machinal.
— Non, vous n'avez pas tort ! C'est… c'est bien cela. Vous m'avez parfaitement bien résumé.
Après ces mots, il se replongea dans sa tâche, tout en restant attentif aux paroles de Hyacinthe. Pour Aaron, entendre cet homme — qui ne le connaissait pourtant que peu — poser des mots précis sur sa situation, constituait une révélation : Hyacinthe était sans aucun doute la personne dont il avait véritablement besoin à cet instant. Evalia perturbait profondément son identité, malgré tous les efforts qu'il avait déployés pour elle ; allant même jusqu'à se faire arrêter après l'achat d'une offrande de paix. Pourtant, rien n'y faisait : Evalia persistait à le dénigrer et à lui faire sentir que ses choix de vie étaient guidés par une obsession maternelle, et donc, à ses yeux, étaient irrémédiablement mauvais.
— Oui, enfin, je ne sais pas si je peux appeler cela une oppression, mais c'est comme si je me retrouvais dans une prison et qu'elle en était la geôlière et que tant que je ne fais pas amende honorable, je ne pourrais en sortir. Il faut le dire, j'ai cru qu'en prenant une option ouverte durant ma scolarité, elle me ferait confiance. Le seul moment où elle a cru en mon choix c'était quand j'ai été au département politique de la Magic Fac ; mais quand j'ai pris cette décision de devenir inventeur d'excuses, cela a recommencé ; parce que cela concernait les Moldus, leurs cultures. Comme si elle oubliait qu'en les approchant de si près pour savoir comment valoriser nos excuses, on ne les protégeait pas seulement de la magie, mais qu'on protégeait les sorciers de problématiques comme les évènements de Salem…
Le souffle d'Aaron sembla alors être aussi tranchant qu'une fibre de parchemin. Même s'il détestait devoir se justifier ; l'idée que ses actions puissent être porteuses de sens et de valeur apaisait — ne serait-ce qu’un instant — la colère qu'il éprouvait envers sa sœur jumelle.
Hyacinthe évoqua, ensuite, la possibilité d'une jalousie chez Evalia ; une hypothèse qui fit sourire Aaron. Il savait pourtant — au fond de lui — que cette explication ne correspondait pas à la réalité de leur relation, mais cette pensée lui apportait malgré tout une forme de réconfort.
— Vous êtes légitime de le penser, Hyacinthe, je n'ai rien pour aller contre l'avis de quelqu'un. Le statut de sang n'est qu'une bêtise administrative ; il ne donne pas plus de pouvoir à l'un qu'à l'autre. Nous sommes tous sorciers au final ; ça c'est important. Mais en effet, c'est nécessaire. J'ai déjà essayé, en lui offrant des choses en même temps, pour faire passer le baume, mais ça ne suffit pas. C'est un… un parasite ; je la pense toujours ainsi depuis que je suis en âge de penser…
À cet instant, Aaron ressentit une profonde honte d'avoir qualifié sa sœur ainsi devant Hyacinthe. Il ne souhaitait pas manquer de respect à Evalia ; il voulait simplement exposer son problème sans pour autant la rabaisser. Tentant d'échapper à ce malaise, il accepta la tâche confiée par son collègue. Il saisit délicatement la guirlande, admirant sa beauté et sa douceur. Il se dirigea vers la fenêtre, sans recourir à la magie : l’activité manuelle lui permettait de libérer sa parole tout en préservant son équilibre intérieur.
@Hyacinthe Kyros
Mots en gras pour l'Inktober des professeurs 2025
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Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
14 oct. 2025, 13:41
Viens couper, ça soigne l'esprit !
Le bruissement régulier du papier accompagna les mots d’Aaron, pareils à une trame que Hyacinthe laissait se tisser d’elle-même. Le psychomage restait en mouvement, dos légèrement penché en avant, alors qu'il préparait sa guirlande de papier pour la coloration. Il observait la manière dont son collègue maniait les ciseaux, cette précision soucieuse qui trahissait à la fois la retenue et la tension. Dans le calme doré de l’après-midi, la lumière du soleil filtrait à travers la vitre et se posait sur les feuilles colorées, leur donnant un éclat doux et chaleureux pour ce début d'automne.
Hyacinthe attendit qu’Aaron termine avant de parler, laissant le silence jouer son rôle de respiration. Il se contenta d’un bref hochement de tête, plus une marque d’écoute que de jugement.
- Vous savez... il n’y a rien de honteux à éprouver ce que vous venez de dire. Le mot parasite, peut-être, vous semble dur, mais... à mon sens, il traduit autre chose que du mépris. Il laisse entendre votre fatigue, votre épuisement face à une relation qui ne se nourrit que d’un seul côté.
Sa voix était calme, sans reproche. Ce n'était pas tant l'aspect professionnel de sa personnalité qui restait de marbre face à ce mot, mais aussi ses facettes plus intimes. On ne choisit pas dans quelle famille on nait. Hyacinthe le savait bien, et il n'avait aucune envie de juger les sentiments d'Aaron pour sa sœur puisqu'il avait tant ressenti envers son propre père. Le roux effleura la table du bout de ses doigts, faisant glisser quelques chutes de papier vers un petit tas, geste minutieux qui lui permettait d’organiser sa pensée. Cela ne fut pas particulièrement efficace, puisque les mots de l'homme le désarmèrent à nouveau.
Le statut de sang n’est qu’une bêtise administrative…
Cette phrase, pourtant dite sur le ton de la réflexion, résonna dans l’esprit de Hyacinthe plus fort qu’il ne l’aurait voulu. Combien de fois, adolescent, avait-il rêvé d’entendre quelqu’un dire cela avec autant de conviction ? Combien de fois s’était-il efforcé de prouver qu’il méritait sa baguette autant que les autres ? Et voilà qu’un collègue, d’un calme désarmant, le formulait sans trembler... même si Hyacinthe avait fait sa place, avait pris confiance, s'était parfaitement inclut dans ce monde, cela toucha une partie enfouie au fond de lui. Il détourna légèrement le regard pour masquer ce léger trouble. Un sourire, discret mais sincère, vint néanmoins étirer ses lèvres.
- Vous... vous avez essayé de la ménager et malgré tout, elle vous renvoie à la faute. Je comprend qu'à force, cela ne fonctionne plus. Cela doit vous user, forcément. Après une courte pause, le trentenaire reprit. Vous avez raison de ne pas renier ce que vous faites. Vous donnez du sens à un domaine que beaucoup préfèrent mépriser plutôt que de comprendre. Et ça, Aaron, c’est tout sauf une faute.
Il marqua une nouvelle pause pour déposer ses affaires tout en se levant, accompagnant le professeur vers la fenêtre. Attrapant l'autre extrémité de la guirlande, son mouvement mima celui d'Aaron tandis qu'ils accrochaient la décoration. Le rendu était satisfaisant, et Hyacinthe se sentit fier quant à la nouvelle décoration qui ornait son bureau. De son côté, l'autre sorcier semblait tout aussi calme et concentré face à son activité : le contraste entre cette scène paisible et le tumulte intérieur qu’il percevait chez son lui le toucha. Hyacinthe espérait que ces activités, ces mouvements et choix faits, pourraient être des gestes suffisamment forts pour qu'Aaron puisse se réapproprier ses pensées, ses émotions et ses valeurs.
En retournant à sa place, Hyacinthe attrapa les ciseaux abandonnés à côté de lui. Il découpa de derniers détails dans sa guirlande puis sortit sa baguette. Ce n'était pas son option préférée, mais sa peinture était à l'étage, et il ne voulait pas perdre de temps pour un détail pareil.
- Colovaria, lança-t-il. Puis, la partie inférieure des feuilles prit une teinte rouge, se dégradant sur le orange original du papier. Par ailleurs, je vous remercie pour l'aide. C'est agréable de travailler ainsi. Pensez-vous que des lanternes pourraient être intéressantes à sortir ? Je dois en avoir quelques unes dans un carton, avec des motifs qui s'apprêtent bien à Samain.
Un court silence, presque respectueux, s’installa à nouveau, tandis que Hyacinthe jetait un coup d'oeil sur le lourd carton qu'il avait reculé plus tôt. Le morceau de jazz qui tournait changea et le roux afficha un air satisfait à la découverte du nouveau son.
- Pour en revenir à notre discussion, pensez-vous être capable, au fil du temps, de faire exister votre regard, indépendamment de ce que votre sœur pense ? J'entend par là une appréciation de ce que vous faites, de ce que vous pensez. Pour qu'à vos yeux, cela soit légitime.
Hyacinthe attendit qu’Aaron termine avant de parler, laissant le silence jouer son rôle de respiration. Il se contenta d’un bref hochement de tête, plus une marque d’écoute que de jugement.
- Vous savez... il n’y a rien de honteux à éprouver ce que vous venez de dire. Le mot parasite, peut-être, vous semble dur, mais... à mon sens, il traduit autre chose que du mépris. Il laisse entendre votre fatigue, votre épuisement face à une relation qui ne se nourrit que d’un seul côté.
Sa voix était calme, sans reproche. Ce n'était pas tant l'aspect professionnel de sa personnalité qui restait de marbre face à ce mot, mais aussi ses facettes plus intimes. On ne choisit pas dans quelle famille on nait. Hyacinthe le savait bien, et il n'avait aucune envie de juger les sentiments d'Aaron pour sa sœur puisqu'il avait tant ressenti envers son propre père. Le roux effleura la table du bout de ses doigts, faisant glisser quelques chutes de papier vers un petit tas, geste minutieux qui lui permettait d’organiser sa pensée. Cela ne fut pas particulièrement efficace, puisque les mots de l'homme le désarmèrent à nouveau.
Le statut de sang n’est qu’une bêtise administrative…
Cette phrase, pourtant dite sur le ton de la réflexion, résonna dans l’esprit de Hyacinthe plus fort qu’il ne l’aurait voulu. Combien de fois, adolescent, avait-il rêvé d’entendre quelqu’un dire cela avec autant de conviction ? Combien de fois s’était-il efforcé de prouver qu’il méritait sa baguette autant que les autres ? Et voilà qu’un collègue, d’un calme désarmant, le formulait sans trembler... même si Hyacinthe avait fait sa place, avait pris confiance, s'était parfaitement inclut dans ce monde, cela toucha une partie enfouie au fond de lui. Il détourna légèrement le regard pour masquer ce léger trouble. Un sourire, discret mais sincère, vint néanmoins étirer ses lèvres.
- Vous... vous avez essayé de la ménager et malgré tout, elle vous renvoie à la faute. Je comprend qu'à force, cela ne fonctionne plus. Cela doit vous user, forcément. Après une courte pause, le trentenaire reprit. Vous avez raison de ne pas renier ce que vous faites. Vous donnez du sens à un domaine que beaucoup préfèrent mépriser plutôt que de comprendre. Et ça, Aaron, c’est tout sauf une faute.
Il marqua une nouvelle pause pour déposer ses affaires tout en se levant, accompagnant le professeur vers la fenêtre. Attrapant l'autre extrémité de la guirlande, son mouvement mima celui d'Aaron tandis qu'ils accrochaient la décoration. Le rendu était satisfaisant, et Hyacinthe se sentit fier quant à la nouvelle décoration qui ornait son bureau. De son côté, l'autre sorcier semblait tout aussi calme et concentré face à son activité : le contraste entre cette scène paisible et le tumulte intérieur qu’il percevait chez son lui le toucha. Hyacinthe espérait que ces activités, ces mouvements et choix faits, pourraient être des gestes suffisamment forts pour qu'Aaron puisse se réapproprier ses pensées, ses émotions et ses valeurs.
En retournant à sa place, Hyacinthe attrapa les ciseaux abandonnés à côté de lui. Il découpa de derniers détails dans sa guirlande puis sortit sa baguette. Ce n'était pas son option préférée, mais sa peinture était à l'étage, et il ne voulait pas perdre de temps pour un détail pareil.
- Colovaria, lança-t-il. Puis, la partie inférieure des feuilles prit une teinte rouge, se dégradant sur le orange original du papier. Par ailleurs, je vous remercie pour l'aide. C'est agréable de travailler ainsi. Pensez-vous que des lanternes pourraient être intéressantes à sortir ? Je dois en avoir quelques unes dans un carton, avec des motifs qui s'apprêtent bien à Samain.
Un court silence, presque respectueux, s’installa à nouveau, tandis que Hyacinthe jetait un coup d'oeil sur le lourd carton qu'il avait reculé plus tôt. Le morceau de jazz qui tournait changea et le roux afficha un air satisfait à la découverte du nouveau son.
- Pour en revenir à notre discussion, pensez-vous être capable, au fil du temps, de faire exister votre regard, indépendamment de ce que votre sœur pense ? J'entend par là une appréciation de ce que vous faites, de ce que vous pensez. Pour qu'à vos yeux, cela soit légitime.
789 mots - @Aaron Bagans
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
14 oct. 2025, 23:55
Viens couper, ça soigne l'esprit !
Aaron savait que Hyacinthe avait raison. Au fil des années, il avait tenté de ramener sa sœur à une rationalité plus ouverte, mais force était de constater qu'il avait lamentablement échoué. Cette pensée le fit soupirer lentement, tout en hochant la tête, alors que le reste de la décoration quittait ses mains pour se parer des couleurs de l'automne. Les remerciements exprimés par le psychomage le touchaient profondément : être gracié ainsi le bouleversait, comme s'il était le tronc d'un arbre félicité pour dix ans d'existence et de protection de la Terre. Ce geste de gratitude lui donnait envie de pleurer, tant il ne seattendait pas à de tels mots.
Son regard se posa ensuite sur son collègue lorsque celui-ci évoqua les lanternes, proches de celles de la fête de Samain. Leidée fit germer dans son esprit une image chaleureuse et festive, et un sourire véritablement franc apparut sur ses lèvres. Oui, cela pouvait fonctionner, réchauffer les cœurs et apaiser les colères, comme si des fangieux allaient se noyer dans le fleuve du cœur.
— Je pense que c'est une excellente idée ! Je pense que nous pourrions peut-être aussi installer quelques citrouilles de carton en trois dimensions pour qu'elles deviennent les chaises de cette période. Peut-être que cela pourrait détendre les élèves en se sentant dans une ambiance festive ? Enfin, je ne sais pas ce que vous en pensez ?
Le sourire d'Aaron persistait, traduisant le plaisir qu'il ressentait à cet instant. Il n'était nullement déçu de voir la conversation s'orienter ainsi : tant sur sa croyance difficile en lui-même et sa relation avec sa sœur, que sur la décoration de la pièce. Il appréciait cette dispersion des sujets, qui lui permettait de se montrer plus sincère, d'être le véritable Aaron et non le personnage qu'il s'efforçait d'incarner.
— Je ne suis pas certain que cela puisse fonctionner directement ; mais oui, avec le temps, peut-être que j'arriverais à me détacher d'elle et de son avis. J’ai beaucoup aimé faire ce que j'ai fait pour le Ministère quand il n'était pas encore à la merci du Conseil. J'ai toujours aimé protéger les deux mondes ; il faut le dire, concevoir des excuses était une activité vraiment… allez, comment le formuler, satisfaisante. Voilà, tout cela était satisfaisant, car elle justifiait la création de mensonges pour la sécurité des uns et des autres. Et c'est ce que je veux permettre d'apprendre à nos élèves ; oui, tous les mondes ne sont pas innocents, ils ont chacun leur faute. Et cela me ferait tellement de bien qu'ils le comprennent, au moins pour qu'ils sachent quoi faire s'ils venaient à faire une petite erreur. L'erreur est vivante, et que nous soyons sorciers ou non, on en réalise. Alors… si j'arrive à leur faire saisir le plaisir que j'avais moi-même à cet ancien poste et qu'ils font attention à leur intégrité et à celle des autres — sans préjugés — je me sentirais gagnant.
Vav-mi-ia.
Code couleur dialogue :
Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
Son regard se posa ensuite sur son collègue lorsque celui-ci évoqua les lanternes, proches de celles de la fête de Samain. Leidée fit germer dans son esprit une image chaleureuse et festive, et un sourire véritablement franc apparut sur ses lèvres. Oui, cela pouvait fonctionner, réchauffer les cœurs et apaiser les colères, comme si des fangieux allaient se noyer dans le fleuve du cœur.
— Je pense que c'est une excellente idée ! Je pense que nous pourrions peut-être aussi installer quelques citrouilles de carton en trois dimensions pour qu'elles deviennent les chaises de cette période. Peut-être que cela pourrait détendre les élèves en se sentant dans une ambiance festive ? Enfin, je ne sais pas ce que vous en pensez ?
Le sourire d'Aaron persistait, traduisant le plaisir qu'il ressentait à cet instant. Il n'était nullement déçu de voir la conversation s'orienter ainsi : tant sur sa croyance difficile en lui-même et sa relation avec sa sœur, que sur la décoration de la pièce. Il appréciait cette dispersion des sujets, qui lui permettait de se montrer plus sincère, d'être le véritable Aaron et non le personnage qu'il s'efforçait d'incarner.
— Je ne suis pas certain que cela puisse fonctionner directement ; mais oui, avec le temps, peut-être que j'arriverais à me détacher d'elle et de son avis. J’ai beaucoup aimé faire ce que j'ai fait pour le Ministère quand il n'était pas encore à la merci du Conseil. J'ai toujours aimé protéger les deux mondes ; il faut le dire, concevoir des excuses était une activité vraiment… allez, comment le formuler, satisfaisante. Voilà, tout cela était satisfaisant, car elle justifiait la création de mensonges pour la sécurité des uns et des autres. Et c'est ce que je veux permettre d'apprendre à nos élèves ; oui, tous les mondes ne sont pas innocents, ils ont chacun leur faute. Et cela me ferait tellement de bien qu'ils le comprennent, au moins pour qu'ils sachent quoi faire s'ils venaient à faire une petite erreur. L'erreur est vivante, et que nous soyons sorciers ou non, on en réalise. Alors… si j'arrive à leur faire saisir le plaisir que j'avais moi-même à cet ancien poste et qu'ils font attention à leur intégrité et à celle des autres — sans préjugés — je me sentirais gagnant.
@Hyacinthe Kyros
Mots en gras pour l'Inktober des professeurs 2025
Mots en gras pour l'Inktober des professeurs 2025
Vav-mi-ia.
Code couleur dialogue :
Lieu froid #5f084e | Lieu chaud #500442 | Lieu neutre #53124d
15 oct. 2025, 23:40
Viens couper, ça soigne l'esprit !
Le sourire d’Aaron, aussi sincère qu’inattendu, fit naître un écho presque imperceptible chez Hyacinthe. Quelque chose de semblable à un soulagement silencieux. Le psychomage sentit la tension de la conversation s’assouplir, se diluer dans cette idée partagée de décorations, de lanternes et de citrouilles. Quelle bonne idée était-ce, par ailleurs ! Cela formait une transition douce et chargée de sens, et Hyacinthe savait combien le geste de faire pouvait parfois apaiser plus sûrement que celui de parler.
- Des citrouilles en trois dimensions, reprit-il avec un léger rire, l’air songeur. C'est une excellente initiative ! Voilà qui plairait sûrement aux élèves- à moi aussi, par la même occasion. Ils seront plus enclins à se mettre à l'aise si l’endroit semble accueillant.
Son regard glissa vers la fenêtre, où la guirlande nouvellement installée oscillait doucement suite à son dépôt. Ce détail lui arracha un sourire pensif puisque l’idée d’un décor vivant, évoluant au fil de l'année, lui plaisait.
- Pensez-vous qu'il serait intéressant de métamorphoser les chaises déjà à disposition ? Les tons des citrouilles iraient parfaitement avec le reste des décorations. En plus de la couleur verte du papier peint... ça ne choquera pas, au contraire.
L'attrait pour les couleurs et leur harmonie était évidente. Mais Hyacinthe peignait régulièrement, ses œuvres témoignant d'un intérêt important pour la façon dont les différentes couleurs rencontraient leurs congénères. Il poursuivit alors avec une autre idée.
- Je vais prendre les lanternes. Ce serait dommage de les oublier.
Les doigts de Hyacinthe s’activèrent à nouveau sur la table, rassemblant les morceaux de papier restants, avant que le roux ne se lève pour ouvrir le carton qu'il avait mis de côté. Il en sortit trois petites lanternes qu'il déposa sur les meubles alentours. Pas sur un emplacement fixe, mais surtout pour ne pas les oublier.
- Vous parliez tout à l’heure de mensonges protecteurs, dit-il en redressant la tête vers Aaron. C’est une notion fascinante. Vous savez, j’ai souvent pensé que la frontière entre la vérité et le mensonge n'était pas toujours une ligne droite, mais un entrelacement. On peut mentir avec bonté, tout comme on peut dire la vérité avec cruauté. L’intention, à mes yeux, est ce qui donne au geste sa nature.
Il laissa planer un bref silence, le temps d’un battement de musique sur le vinyle, tout en prenant la première lanterne.
- Ce sont là des motivations tout à fait honorables. Des qualités qui valent mieux que toutes les distinctions ou les titres. Si vos élèves parviennent à ressentir cela - si vous leur enseignez cette nuance - alors oui, vous serez gagnant. Vous leur offrirez un regard lucide sur le monde... c'est enviable pour leur avenir.
Hyacinthe se dirigea vers le meuble qui trônait sur le côté droit de la fenêtre et y déplaça quelques objets. Avec attention, il plaça la lanterne sur une étagère, s'assurant qu'elle soit à vue et que la lumière puisse atteindre une bonne partie de la pièce. Lorsqu’il reprit la parole, sa voix se fit plus douce encore :
- Pensez-vous que notre discussion, qui est à mon sens une façon pour vous de faire exister votre regard, vous permet d'entamer une démarche de prise de distance vis-à-vis des mots de votre sœur ?
Retournant prendre la seconde lanterne, Hyacinthe observa son bureau à la recherche d'un emplacement cohérent. Il alla près de la porte d'entrée et accrocha l'objet au plafond. Satisfait, le roux baissa un instant le visage, ses yeux ambrés croisant ceux d’Aaron avec une curiosité tranquille.
- Qu'en pensez-vous ? Peut-être y glisser un ruban ou deux, pour habiller ?
Un silence confortable s’installa à nouveau, où seuls les craquements du vinyle et le froissement des papiers accompagnaient leurs respirations. Hyacinthe tourna la tête vers la guirlande déjà suspendue, puis vers les morceaux restants. Il pensa aux quelques décorations qui étaient restées dans ses appartements, un peu trop effrayantes pour l'atmosphère qu'il voulait offrir au bureau.
- Des citrouilles en trois dimensions, reprit-il avec un léger rire, l’air songeur. C'est une excellente initiative ! Voilà qui plairait sûrement aux élèves- à moi aussi, par la même occasion. Ils seront plus enclins à se mettre à l'aise si l’endroit semble accueillant.
Son regard glissa vers la fenêtre, où la guirlande nouvellement installée oscillait doucement suite à son dépôt. Ce détail lui arracha un sourire pensif puisque l’idée d’un décor vivant, évoluant au fil de l'année, lui plaisait.
- Pensez-vous qu'il serait intéressant de métamorphoser les chaises déjà à disposition ? Les tons des citrouilles iraient parfaitement avec le reste des décorations. En plus de la couleur verte du papier peint... ça ne choquera pas, au contraire.
L'attrait pour les couleurs et leur harmonie était évidente. Mais Hyacinthe peignait régulièrement, ses œuvres témoignant d'un intérêt important pour la façon dont les différentes couleurs rencontraient leurs congénères. Il poursuivit alors avec une autre idée.
- Je vais prendre les lanternes. Ce serait dommage de les oublier.
Les doigts de Hyacinthe s’activèrent à nouveau sur la table, rassemblant les morceaux de papier restants, avant que le roux ne se lève pour ouvrir le carton qu'il avait mis de côté. Il en sortit trois petites lanternes qu'il déposa sur les meubles alentours. Pas sur un emplacement fixe, mais surtout pour ne pas les oublier.
- Vous parliez tout à l’heure de mensonges protecteurs, dit-il en redressant la tête vers Aaron. C’est une notion fascinante. Vous savez, j’ai souvent pensé que la frontière entre la vérité et le mensonge n'était pas toujours une ligne droite, mais un entrelacement. On peut mentir avec bonté, tout comme on peut dire la vérité avec cruauté. L’intention, à mes yeux, est ce qui donne au geste sa nature.
Il laissa planer un bref silence, le temps d’un battement de musique sur le vinyle, tout en prenant la première lanterne.
- Ce sont là des motivations tout à fait honorables. Des qualités qui valent mieux que toutes les distinctions ou les titres. Si vos élèves parviennent à ressentir cela - si vous leur enseignez cette nuance - alors oui, vous serez gagnant. Vous leur offrirez un regard lucide sur le monde... c'est enviable pour leur avenir.
Hyacinthe se dirigea vers le meuble qui trônait sur le côté droit de la fenêtre et y déplaça quelques objets. Avec attention, il plaça la lanterne sur une étagère, s'assurant qu'elle soit à vue et que la lumière puisse atteindre une bonne partie de la pièce. Lorsqu’il reprit la parole, sa voix se fit plus douce encore :
- Pensez-vous que notre discussion, qui est à mon sens une façon pour vous de faire exister votre regard, vous permet d'entamer une démarche de prise de distance vis-à-vis des mots de votre sœur ?
Retournant prendre la seconde lanterne, Hyacinthe observa son bureau à la recherche d'un emplacement cohérent. Il alla près de la porte d'entrée et accrocha l'objet au plafond. Satisfait, le roux baissa un instant le visage, ses yeux ambrés croisant ceux d’Aaron avec une curiosité tranquille.
- Qu'en pensez-vous ? Peut-être y glisser un ruban ou deux, pour habiller ?
Un silence confortable s’installa à nouveau, où seuls les craquements du vinyle et le froissement des papiers accompagnaient leurs respirations. Hyacinthe tourna la tête vers la guirlande déjà suspendue, puis vers les morceaux restants. Il pensa aux quelques décorations qui étaient restées dans ses appartements, un peu trop effrayantes pour l'atmosphère qu'il voulait offrir au bureau.
658 - @Aaron Bagans
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c