27 août 2025, 17:53
 Halo d'elle  Défragmentation  Solo ++ 
A la fin octobre 2049



Les soirées se répartissent équitablement dans son planning de l’IMSM. Lecture, approfondissement, discussions avec Aly, soirée récréative une semaine sur trois afin de ne jamais se couper de la vie de l’institut. Elle désapprouve certaines fêtes, du moins ce qu’il s’y vit. Mais bon, il faut parfois donner la change… Restent les autres soirées au contenu plus nébuleux.

Une fois par semaine, elle s’adonne à son passe temps favori, marcher seule dans le noir, à la recherche d’elle-même. Cette quête, avouons-le, est inconsciente. Ce soir elle éprouve un malaise, consécutif à sa rencontre avec une sorcière qui lui était inconnue jusque-là. Leur discussion a mis au jour des restes archéologiques insoupçonnés. Souvent ces promenades dans les rues de Newhaven lui donnent à retrouver des figures du passé. Sa grand-mère surtout. Mais aussi sa mère. Le choixpeau magique croyait bien faire en l’envoyant à Serdaigle. Peut-être est-elle effectivement une créatrice mais en cette heure, la création lui semble différente. On peut inventer de nouvelles potions, des onguents. Et d’ailleurs, peut-être devra-t-elle réfléchir à la meilleure manière de créer le bien. Mais c’est une autre affaire, cela concerne les études et pour l’instant, elle réfléchit ailleurs. On lui avait prédit une aptitude à chaque maison. Et si finalement elle avait en elle les mêmes gènes que sa grand-mère ? Gryffondor… Cela expliquerait certaines de ses... vertus, qu’elle refuse avec obstination mais qui transpirent à chaque fois qu’il faut se défendre, se faufiler… Elle sait étudier, y réussit à sa manière. En cela elle est sans doute plus « facile » que sa sœur, moins implacable dans l’effort… Elle se trouve face à une trahison. Des gens prétendument sang pur ont pris la vie de Circéia. Il y a là une lecture pour le moins elliptique mais par Merlin, c’est l’évidente réalité. Que sa soeur ait été un dégât collatéral d’une guerre générale, après tout… il faut l’accepter. Mais c’est l’origine du combat qui l’écoeure. La cause. La cause politique lui semble d’un coup exagérée.

Ivanovna est loin d’avoir décidé s’il faut revoir sa lecture de la vie sur ce plan. En fait, elle doute. Comme si la pensée tentait de s’insinuer en elle, qu’à chaque assaut la bulle protectrice perdait en force, tenait encore pourtant, elle fait mine d’ignorer ce débat intime. Mais invariablement le doute lui revient dès qu’elle cesse de repousser l’idée. Il réside en cette pensée un mystère qu’elle doit élucider tant elle le sait, ce venin ne l’abandonnera plus. Le digérer ou succomber. Il n’y a pas de repoussoir possible. En tout cas rien d’efficace. Assise sur un banc, à regarder la lune dans les feuillages, elle ignore que trait pour trait elle adopte la pause de sa sœur dans ce jardin public d’Edimbourg, un samedi d'hiver. C’est peut-être d’ailleurs cela qui les relie le plus. Une impossible vision différente du monde. Que pensait-elle, cette grande petite sœur ? Aimait-elle les moldus ? Les appréciait-elle au minimum ? Une fois encore, est-ce le gène Alekhin qui les a faites vriller toutes autant qu’elles étaient ? La famille Gunnray n’a jamais eu ces idées-là. Est-il finalement heureux qu’elle ait grandi loin de cet homme à l’influence néfaste ? Ce passé qu’elle s’évertue à ne pas scruter, peut-être serait-il bon d’en connaître un peu plus la réalité, dans l'espoir de décider en toute connaissance de cause ? Quatre grands-parents, chacun d’une maison différente. Et si la proximité Serdaigle entre mère et fille n’était que… fortuite ? Alors devrait-elle revoir son jugement repoussoir ?

Dans ce jardin public de Newhaven, les hérissons se font discrets, ce soir elle ne les entend pas. Peut-être tiennent-ils une conférence sur la dureté de la vie dans le parc depuis qu’un nouveau jardinier est apparu ? Plus sûrement, ils préparent déjà l’hiver, l’hibernation est proche. La discrétion...
Il lui semble que le monde d’ici ressemble à la Russie, avec juste ce qu’il faut de vernis laissant croire en sa beauté. Mais tout est factice. Quelle famille pourrait-elle construire dans ces conditions ?



1/2

10 sept. 2025, 16:22
 Halo d'elle  Défragmentation  Solo ++ 
Fouille. Comme si je recevais un ordre. Mais fouiller où ? Fouiller pour trouver quoi ? Je n’ai pas envie, ce n’est pas ce que j’ai en moi. Si je dois trouver l’objet dont vous semblez m’imposer la recherche, je le ferai pour le bien de ma sœur. Pas dans un esprit d’enquête ou d’archéologie. Je ne fouille pas, pas plus que je ne chine. Car rien de ce qui m’intéresse n’a de but futile. L’abeille butinant fleur après fleur dans l’espoir d’occuper les après-midi de solitude, ça n’est pas moi. Je ne suis pas désoeuvrée au point de perdre ainsi ma vie chez les antiquaires ou sur les marchés. Mon existence est peuplée de bien d’autres quêtes.

Mes fouilles ont lieu dans des terrains intimes faits d’idées non encore défrichées. Je suis une chercheuse oui, du moins en ai-je l’ambition ultime. Mais s’il m’arrive de parcourir les rayons des bibliothèques, si vous me croisez souvent dans les librairies vendant des livres rares, c’est pour un jour trouver. Et non simplement fouiller pour le plaisir de remuer la poussière. Je ne suis pas un rat de bibliothèque. C’est d’abord en moi que se nichent les réponses et non dans un sol putréfié... dans des objets d’autrui dont je devrais retrouver la saveur, le sens, l’importance…
Je ne dis pas que je suis sans questions. Au contraire, j’ai toujours voulu savoir. Concernant ma famille, mes geôliers, les raisons de mon dégoût d’école… Et d’ailleurs, ces questionnements me traversent encore aujourd’hui. Mais sans l’appât d’un mystère à percer. Je ne te dirai pas l’objet qui me taraude. Ou plutôt… devras-tu toi-même enquêter sur l’enquêtrice si tu veux la comprendre, oui par toi-même fouiller dans les tréfonds de mon esprit. Car en fin de compte, et tu viens de comprendre, fouiller, c’est trifouiller, farfouiller, grattouiller. Dans ces mots, une idée, la saleté. Et vois-tu, elle me répugne. Non pas l’idée du sale, au sens du sanitaire. Percer les secrets des autres, vouloir savoir qui ils étaient et quelle était leur existence ? Leurs amours...C’est malsain, malpropre. Fouiller n’est pas tâter mais toucher. Au point de faire mal sans vergogne. Une fouille au corps porte bien son nom. Elle te dénude, te réduisant à une chose que l’on manipule à loisir, sans limites. Une fouille est par nature totalitaire.

On me dira que tout cela n’est qu’une question de vocabulaire, que mon esprit mal orienté déterre le mal partout sans discernement... Que me soit démontré l’intérêt de ce mot plutôt qu’un autre. Les substituts à ces sept lettres ne sont pas légion. Souvent des adjectifs, j’ai beau creuser moi-même l’étendue des possibilités, je n’en trouve pas de plus approprié. J’y vois le signe que le mot est bel et bien inélégant. Et qu’il est difficile de lui trouver un élément chiral, un double sans l’effluve de la mort. Deux ou trois termes purement techniques mais au final maladroits s’il s’agit de décrire un acte dans toute son abstraction. Oui, fouiller, c’est toujours affirmer un méfait. Ce qui était mort doit le rester, jusqu’à ce que plus aucune trace ne se voie ; que tout se soit décomposé.
Fouiller, c’est réveiller les morts et les laisser vous prendre, vous happer, vous enterrer avec eux. Leurs turpitudes vous enveniment, par le fait c’est vous qui les rejoignez, jamais l’inverse. Vivre à travers des restes n’a pas de sens. Il faut laisser le passé au passé, séparer les vivants et les morts. Quand je pense à tout ça, je me dis que je dois prendre garde, ne jamais me tromper quant à mes intentions. Je ne dois pas fouiller si ce n’est pour demain. Etre claire quant aux buts que je m’assigne.

Ma sœur, si un jour je dois agir ainsi qu’on le suggère, je ne le ferai que pour le bien des gens souffrant des mêmes maux que toi, eux qui auront besoin de mon savoir pour ne pas franchir le rideau. Hier pour demain.



Thème à la folie : Fouille

10 oct. 2025, 19:29
 Halo d'elle  Défragmentation  Solo ++ 
Un jour,
ou un autre.
Qu'importe.


Assise devant moi. Face à moi. Contre moi.
Que vois-je mise à part une touffe de cheveux trop bien coiffés, à la mode de Mère ? Cinq minutes plus tôt, j’étais habillée comme elle, drapée dans ce bleu Serdaigle qui lui allait si bien, tellement mieux qu’à moi. Lui ressembler ne suffit pas, elle avait un soupçon de magie que jamais je n’aurai. Miroir, dis-moi. Cette fois je suis nue, personne n’est là pour chercher à imaginer ce qui est mon enveloppe. Des formes dignes d’un tableau de peintre moldu. C’est tellement plus dur de figer un être tout en lui donnant vie. Nos peintres n’ont aucun mérite, leurs personnages sont vivants par nature. Mais elles. Ces Vénus, ces saintes comme ils les appellent aisément. Des perles au bout de l’oreille, un petit ruban de couleur autour de cheveux que l’on devine sages. Même les plus imprécis savent capter la beauté d’un corps. Sa perfection.
Et moi, qui suis-je dans ce miroir sinon une bête de foire, un objet d’admiration factice ? Jeune je le suis. Mais pour combien de temps ? Porter des enfants modifiera mon corps. Ce satané miroir trahira le sacrifice en le montrant. Ou pire en le taisant si je l’ensorcelle. Dans tous les cas cela ne durera pas. Je rejette ces regards sur mes rondeurs, elles me mettent mal à l’aise. Je n’y vois aucun attrait. Pourquoi souhaiter la profusion ? Des avantages encombrants qui ne piègent que les hommes, incapables de regarder ailleurs.
Et toi, miroir, tu ne sais de moi que cet extérieur. Ces yeux noirs au point d’eux aussi faire de moi un objet hermétique. Ici rien ne s'ouvre vers l’intérieur. Je crois que je me déteste. Encore plus quand je suis nue. La raison de mes manches longues, mes gants, ces prolongements au coup. Et jusqu’aux pieds. Ne rien montrer, laisser croire que je veux rester blanche. Facile de les tromper avec ces croyances dépassées. Seul mon visage est un peu bronzé, si peu bruni par ce soleil du Nord, qui rase sans jamais réchauffer la terre.

Miroir je te touche. Multiplier mes mains, les seules que j’aime en moi. Ces petits doigts créateurs de mes fleurs. Tout ce qui est beau vient d’elles. Alors je les plaque contre toi pour que peut-être le miracle ait lieu. Faire naître une autre moi, moins improbable. Une femme normale, que personne ne regarde comme un trophée. Miroir, dis-moi que je suis telle cette autre, ni plus ni moins. Cache-moi mes défauts et mes découragements, éclipse mes faiblesses et tout ce dont j’ai honte. Jamais personne ne m’a dit autre chose. Belle. Mais créative ? Douce ? Désirable pour ce que je suis et non ce que tu vois ? Tu sais, je ne voudrais pas être une image dont j’ai envie. Je demande seulement la vérité, pas celle que j’imagine, que je lis dans tes yeux, et les miens. En fait, je voudrais tant savoir qui je suis réellement. Mais ce n’est pas ton rôle. Je t’en demande bien trop.

Ce que nous croyons être. Ou que nous voudrions. Et puis… ce que nous sommes. Tu ne réponds qu’au premier des critères. Pour la suite, des pastels, des fanfreluches. Le maquillage et les trinkets. Des artifices… Parfois j’effleure ce que je suis, il suffit d’un sourire, un instant devant toi. Mais c’est rare. C’est précieux. Et je m’oublie si vite.
Je ne me souviens plus du jour ou de la nuit. L’émotion est pénible, un brin trop lancinante. Un état permanent dont je ne sais comment me dépétrer. Tout cacher au mieux pour paraître invisible. Voir sans jamais être vue. Voilà mon état préféré. Que j’existe sans l'enveloppe, un spectre, une âme en peine délestée de sa peine. Juste moi sans les atours qui vous distraient de moi. Un miroir sans tain, un miroir abîmé, un objet allégé de sa fonction nuisible. Je voudrais être moi sans que cela soit moi. La banshee sans le cri.

Thème à la folie : Miroir

16 oct. 2025, 19:29
 Halo d'elle  Défragmentation  Solo ++ 
Dans un hier lointain,
on ne sait pour qui,
on ne sait pas quand...pas vraiment.


- Mon enfant, écoute bien ma question… comment peux-tu faire pour voler ?

-….

- Comment font les oiseaux ? Ils n’ont pas la magie !?! Et pourtant eux aussi savent voler. Comme nous autres sorciers. Regarde la nature, étudie la consciencieusement. La grue, la frégate, la perdrix… Tous ont un point commun, leurs plumes. Si tu les observes, tu verras des mouvements dont nous n’avons pas besoin, il n’est pas question de gymnastique, pas de contorsions ! Mais la plume a des vertus. Il faut y méditer. Je te laisse les trouver.

-….

- Allons, un petit effort, tu as bien une idée non ?

-...Une plume est légère ? Je dois m’imaginer…

- Non ! Tu ne dois pas t’imaginer, tu dois être. C’est une incarnation, pas une imitation. Tout est une question de jeu. Sans l’illusionnisme ! Un vrai sorcier n'abuse pas d'artifices. Tu dois être et non pas ressembler. Tu comprends ?

-…La légèreté, je la vois. Cela me semble… facile.

- Non ! Pas facile, accessible mais rien n’est jamais facile en magie. Tu dois te concentrer, trouver en toi le chemin, la magie est en toi je te le certifie. Mais il faut te lier à elle. Communier. Aujourd’hui, tu dois trouver la plume en toi. Elle est légère mais quoi d’autre ?

- Je…

- Réfléchis ! Que m’as-tu dit l’autre jour quand nous volions ensemble ?

- J’avais froid…

- Et l’oiseau, crois-tu qu’il ait froid ? Comment fait-il ?

- Je ne sais pas...P…

- Bon, alors faisons des travaux pratiques. Mets ta main dans cet arrosoir.

- Mais…

- Je t’ai pris ta broche, je la jette au fond, tu dois la récupérer sans te mouiller, sans magie…

- … C’est impossible !

- Comment les oiseaux font-ils pour voler sous la pluie ? Quelle est leur atout, ce qui les protège ?

- Leurs…

- Allez, dis-le !

- Leurs plumes ? Les plumes les protègent de la pluie ?

- Tu vois !?! Tu sais. Il faut être une plume, ne pas sentir le poids ni d’autres conditions extérieures. C’est comme un sortilège de protection. Sans le sortilège lui-même. Ils sont habillés naturellement de plumes et comme par hasard ils en tirent bénéfice. Sois une plume !

- Je croyais qu’il fallait entrer en lien avec le balai, que c’était tout ?

- Les moins forts le voient ainsi, ils volent comme les autres mais sans instinct. Ils sont...des techniciens. Tu dois chercher l’art en toi. D’ailleurs, les imbéciles voient dans les plumes un moyen de paraître, comme si porter des plumes allait changer quelque chose. S’il est question d’un costume, autant voler à l’ancienne, nus comme des vers. C’est plus impressionnant. Mais on n’en est pas là. Tu peux choisir de voler avec élégance, peut-être sentir la plume t’y aidera…
il reste des qualités à explorer, c’est déjà bien pour aujourd’hui. On doit s’inspirer de la nature, elle enseigne beaucoup. C’est un état d’esprit, pas une contingence. La plume est fragile en apparence, encore faut-il trouver le moyen de l’arracher, lui faire perdre ses talents. Tu as souvent trouvé des plumes dans la forêt, as-tu souvent trouvé un corps mort entièrement déplumé ? La vie repousse, elle rebondit. Si tu préfères une autre image, la plume est un principe, ensemble elles font l’oiseau, profilé, né pour voler sans effort. Tu dois chercher l’oiseau dessous la plume. Elle n’est que le début, l’élément premier.


-…

- Frappe le sol, ordonne à ton balai, pense à elle.


Ces mots sont ceux d’un père à son enfant. S’agit-il de Sergeï, le père maudit d’Ivanovna ? Est-ce une histoire que Konstantin lui raconta dans leur prison commune ? Ou peut-être Gordon, le fils par trop parfait… Nul ne sait l’élément déclencheur d’une passion, ou parlons d’un talent. Il se dit que Sergeï, une fois, a été Père pour elle. Nous y sommes il me semble. Mais rien n’est jamais sûr dans l’amas de souvenirs construisant nos mémoires.


Reducio
Ce OS est conçu comme une pièce de théâtre, le jeu dépend de l'acteur, à chacun d'imaginer le ton de ces répliques. Rien n'est décrit, à toi de déterminer la scène.




Thème à la folie : Plume

29 oct. 2025, 19:34
 Halo d'elle  Défragmentation  Solo ++ 
Ce qui suit est la copie d'un hibou envoyé à Alyona Farrow afin qu'il lui arrive impérativement le 10 Novembre 2049. Il figure ici, illustrant les pulsions qui peuvent animer Ivanovna, parfois. Et qui sont les témoins de sa reconstruction.




10 novembre 2049


Vous recevez ce jour un hibou. C’est un jour de semaine comme un autre. Il n’est que moyennement agréable de se faire réveiller par le tac tac d’un bec contre les carreaux. Quand bien même serait-il le signe d’un intérêt pour vous.
C’est un petit paquet accompagné d’un message.


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Avant toute chose, vous remarquez qu’Ivanovna n’écrit plus tout à fait de la même manière, anciennement ampoulée, difficile à lire… Ses études, les remarques désobligeantes des professeurs quant à sa calligraphie… ou simplement un changement de matériel sont des explications plausibles.

Pour le reste, vous disposez aussi d’un petit paquet sentant l’olivier. Il s’ouvre à votre contact si vous le caressez selon un geste précis que vous ne mettez pas longtemps à trouver (vous connaissez Ivanovna, ce geste, elle le fait souvent par bravade, il suffit de le reproduire doucement).
Alors de jolies plumes sortent de la boîte qui s’est agrandie.

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Elles vous tournent autour selon une danse impossible à reproduire. Elles sont en même temps liées entre elles et désireuses d’occuper au mieux un espace défini par la pièce dans laquelle vous êtes. C’est un ballet surprenant, doux et soyeux. Il vous suffit de faire le geste inverse pour que les plumes retournent dans leur contenant. Sans aucun bruit, ni poussière ni casse. Elles volent en indépendance totale des autres, dociles et gracieuses.

Ivanovna n’est pas raisonnable. Elle est cachotière en outre.
Mercredi 10 Novembre 2049, où que vous soyez, elle est là, comme une plume parmi les autres, qui vous chérit et vous entoure, dans un silence profond, celui des gens qui n’ont plus besoin de mots pour se dire les choses. Comment a-t-elle su pour les plumes ? Allez trouver la réponse… est-elle même sûre d’avoir eu la bonne information ? Quand on offre un présent, jamais nous ne savons avant s’il sera apprécié. Souvent, malgré nos efforts, il est juste un plaisir mais devient un encombrant supplémentaire dont on n’aura jamais l’usage. Parfois, il est un signe, un symbole alors nous l’aimons pour ce qu’il représente. Sans plus. Et plus rarement, il incarne un filament tout petit mais qui jamais ne rompra. Seul le temps détermine la force qui dort en lui.
Cette fille est fidèle, insatiablement. Elle se questionne sans cesse, cherchant une chose l’ayant quitté depuis longtemps. Elle souffre, il est manifeste qu’aucune parole, aucun geste, rien ne pourra jamais guérir l’être meurtrie. Et pourtant elle déborde d’une énergie étonnante. Rarement où on l’attend, dans un tourbillon de pensées et d’amour qui n’attend qu’un pistil, une âme qui l’y dépose.

En volant, par moments, les plumes laissent derrière elles des traces de leurs couleurs. Alors l’espace devient un mur vivant où fusionnent les pigments, dans une féerie colorée. Si vous les laissez faire le temps qu’il faut, vous constatez que jamais elles ne reproduisent les mêmes tableaux. Chacun est un fruit unique.

2 nov. 2025, 19:11
 Halo d'elle  Défragmentation  Solo ++ 
Vous recevez ce jour un hibou au léger parfum d’olivier. L’animal qui vous le livre est docile, il patiente calmement dans l’attente du paiement « contractuel ».
Le parchemin est aisé à ouvrir, souple et dans une matière de qualité. L’écriture est soignée, naturelle, féminine.


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Le hasard a peu de place dans nos vies, si certaines lettres sont mises en valeur, c’est qu’il y a un sens caché. Rien ne vous permet en l’état d’en comprendre le sens, c’est juste un fait, peut-être le…
Bien entendu, et comme à chaque instant de l’existence, libre à vous d’en penser ce que vous voulez. Une main s’est tendue, à moins que ce soit la joue. Pour dire merci. Une chose est avérée, aucun mot dans les écrits entre vos mains ne permet de mettre en cause ce qui relève du secret entre vous deux. Ce hibou est comment dire… inoffensif. Au point de ne pas être accompagné d’un sortilège d’auto-destruction ce qui démontre, s’il était besoin, combien tout cela est de l’ordre de la cordialité entre gens attentionnés.


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Ainsi s’achève, pour le moment, le travail de remise en état de l’esprit d’une sauvageonne que les expériences multiples vécues depuis de longs mois ont remis sur pieds depuis son retour de Russie. Un kaléïdoscope d’expériences, de moments de vie, qui permettent un peu mieux d’établir une ligne générale, la trace.
Mais vous le savez, les machines de notre siècle ont toutes besoin d’une défragmentation régulière. Il n’est pas dit que celle-ci soit la seule « remise à niveau » nécessaire. Point n’est ici question de mettre en chantier une suite. Ou de délester ce travail sur d’autres territoires de sa vie. Nous dirons qu’une partie du travail de reconstruction est désormais achevée. Ce n’est pas si mal quand on y réfléchit. Ivanovna sait où elle va, ne trouvez -vous pas qu’il y a là une magnifique conclusion pour elle ?

Une dernière chose. Dans cette restructuration, les hiboux à des tiers ont beaucoup compté. C’était pour elle une manière de se raccrocher à un monde semblant refuser de l’intégrer comme partie prenante du cosmos sorcier. Et il n’est pas innocent non plus de remarquer que les liens tissés l’aient été avec des femmes. Tout comme les liens passés sont manifestement le fruit d’une importance masculine ancienne. Mais l’enfant devenue grande s’est rapprochée de ses congénères, sans doute une façon de s’affirmer comme femme. Je ne l’ai pas cherché, il est seulement intéressant de le constater.