C'est scientifique, la tartine tombe toujours du mauvais côté !

Vendredi 7 octobre 2050.


J'en reviens toujours pas d'avoir oublié mon réveil. Quelle idiote ! Heureusement que les filles du dortoir ne sont pas particulièrement discrètes, sinon j'aurais passé le cours d'Histoire de la Magie dans les bras de Morphée.
En même temps, si j'avais pas révisé le cours de métamorphose jusqu'à minuit passé...
Résultat, j'ai accroché les boutons de mon chemisier blanc en décalé et mes cheveux ont l'air d'avoir subi un mauvais sort. Heureusement que je suis pas en pantoufles !

J'arrive à la grande salle, avec les joues rouges et le cœur qui bat au rythme d'une musique électro.
Je m'arrête un instant pour reprendre mon souffle et chercher Diana.
Elle est pas là. Bah non logique, elle oublie pas son réveil elle ! Et elle va pas non plus arriver en retard en cours.

Réfléchis Charlie. Je regarde ma montre. Il est 7h36. Je suis pas en avance. Mais pas encore en retard.
Si j'avale un petit déj' rapide, ça peut le faire. Je me dirige d'un pas décidé vers le buffet des petits déjeuner. Mon ventre gargouille de bonheur devant les viennoiseries, la brioche et les pancakes fumant... Pas le temps de choisir. J'attrape un plateau et les premiers trucs qui viennent.
Je me dirige vers une place libre. A cette heure-là, c'est pas ce qui manque. Je m'assoie sur le banc et jette un oeil à mon plateau improvisé. Mon ventre a clairement pris la fuite devant ce spectacle. Des céréales informes qui flottent dans un bol de lait et des tartines recouvertes d'un coulis non identifié. Ça va pas le faire.

Mon regard se porte aussitôt vers le buffet. Quasiment vide. Super, je vais échanger ma bouillie contre des croissants.
Je me lève avec mon plateau et enjambe le banc avec énergie pour me retrouver dans l'allée. Ou plutôt dans quelqu'un...

Je regarde l'espèce de marmelade sombre couler sur le bout d'une des chaussures de l'Autre et la tartine écrasée au sol, juste à côté.
Et en posant les mains sur mon chemisier baigné de petits bout de céréales et de lait, je relève la tête pour rencontrer deux yeux au couleur de l'orage.


@Cyrélias Sharp
Dernière modification par Charlotte Adams le 8 oct. 2025, 18:34, modifié 1 fois.

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C'est scientifique, la tartine tombe toujours du mauvais côté !
Il n’a jamais été du matin, le Sharp. Non. Vraiment. Jamais. Il était peut-être chez les aigles à présent mais en termes de cycle de sommeil animal – et pour s’en tenir aux rapaces – il était certainement plus proche du Hiboux. Ou de la chouette. C’est bien une chouette. C’est chouette une chouette. Bref. Le réveil chez lui, était la pire étape de la journée. Dommage que ce soit la première. Et la phrase de Jacques Rigaut disant « Quand je me réveille c’est malgré moi » aurait clairement pu être écrite pour lui. Ou carrément par lui ! Mais dans quelques années évidement. Même les sorties matinales en mer avec son père ne faisait pas exception c’est dire ! Pourtant, il les adorait, le môme. Quand Théophane annonçait à son fils l’aventure du lendemain, ce dernier préférait se priver de quelques heures de sommeil et ne pas dormir du tout – pensant tromper son père sur ce point, le naïf – que de prendre le risque de ne pas profiter pleinement de la sortie ou pire, de la rater complétement. Evidement, il tombait en général de fatigue avant le retour au port, mais cela est une autre histoire.

Ce matin en fit donc pas exception à la règle déjà établie lors de ses cinq premières semaines dans l’école : Il était en retard et arriverait certainement en cour avec un gobelet de jus indéterminé dans une main, une moitié de viennoiserie dans l’autre et des restes de l’autre partie de la gourmandise répartie aléatoirement entre sa chemise, sa robe et ses joues. Les gobelets, il les dissimulait ensuite dans son sac pour les oublier à midi et les ramener dans le dortoir le soir. Dans un endroit plus classique, il aurait une jolie collection de tasse sur sa table de nuit mais ici, d’un soir pour le matin, elles disparaissaient. Le gamin était bien en peine de savoir comment mais soupçonnait quelques peu la magie de cet état de fait.

C’est néanmoins un mystère qu’il était trop tôt de déchiffrer.
Bâillement.

C’est donc à s’en décroché la mâchoire qu’il pénétra dans la Grande Salle, quelques doigts – trop compliqué de monter la main entière - devant la bouche histoire de ne pas recevoir de reproche sur sa politesse et les paupières à demi ouverte. Autant dire qu’il était plus guidé par son odorat et les arômes de chocolat que par sa vue. Avançant à grand pas – fatigué d’accord mais en retard surtout – il alla droit vers la table des B&B, avisant un bout de banc libre prêt d’il-ne-savait-pas-qui-mais-il-allait-bientôt-le-savoir et amorça d’y jeter son sac pour libérer sa main non occupée par le masquage de sa bouche.

PAF !
VLAM !
BOUM !
Biiinnggg ….

Secondes de silence. Instant de stupéfiions. Il lui fallut bien ça, au Sharp, pour essayer de comprendre ce qui venait de se passer. Avisant d’abord sa chaussure nouvellement baptiser avant de lever le regard – beaucoup plus éveillé que quelques secondes plus tôt - vers sa condisciple – jolie il faut le dire -, il le baissa de nouveau sur la marmelade dégoulinante avant de le relever encore sur elle. Incrédule.


- « Sérieux, t’aime vraiment ce truc à l’abricot ?! »

Il hésitait entre rire et dégout, et cela dû se voir à la bataille des expressions faciales qui se joua entre ses yeux et sa bouche. Nouveau regard au sol pour tenter d’identifier les restes non consommé ou consommable du petit déjeuné, il haussa finalement les épaules.

- « Va falloir se resservir... »

Il y a des évidences qui sont parfois bonnes à dire.

@Charlotte Adams

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C'est scientifique, la tartine tombe toujours du mauvais côté !
Comme à mon habitude quand j'ai fait une bêtise, je sais plus où me mettre et je voudrais disparaître. *Il y a peut-être un sortilège pour ça.*
J'accroche mes yeux à ceux du blondinet et suit leur mouvement, qui regardent ses chaussures toutes collantes de confiture. Dégueu. Puis, qui reviennent sur moi. Je suis rouge de honte.

Je m'attend à me faire engueuler comme il faut, mais non. Au lieu de ça, il me demande si j'aime la confiture à l'abricot. *Si j'aime la confiture à l'abricot ?* Est-ce qu'il est sérieux ? A vrai dire, j'en sais trop rien. Il devrait être en colère mais il a plutôt l'air... je sais pas trop. Gentil. Il a un truc dans le regard que j'arrive pas à définir. C'est déconcertant.
Je le regarde avec de grands yeux de biche étonnée. Je le regarde, un peu plus longtemps que nécessaire. *Arrête !* Ma bouche s'ouvre mais aucun son n'a le temps de sortir, qu'il hausse les épaules et envoie, comme une évidence :
- Va falloir se resservir...

J'éclate de rire.
D'un rire franc qui fait pétiller mes yeux. Je cache ma bouche avec le dos de ma main.
Je jette un coup d'œil à ses pieds et relève les yeux en fronçant le nez dans une moue dubitative. Et d'un sourire, je lui lance :
- Humm je crois que tu as raison.
Mais faut aussi qu'on nettoie tes chaussures...

Et j'ajoute, avec un air un peu dégouté, en retirant un bout de céréale collé sur un bouton de mon haut :
- ... et mon chemisier.

Je me baisse pour ramasser la tartine et du bout des doigts, je la tiens entre nos deux visages. Tout en la regardant avec attention, je demande d'un ton ironique :
- Tu crois vraiment que c'est à l'abricot ce truc là ?

Je jette le bout de pain confituré - enfin ce qu'il en reste - dans le bol.
Et d'un air qui se veut sérieux, mais trahi par un large sourire, j'annonce :
- C'est scientifique, la tartine tombe toujours du mauvais côté !

*Mais qu'est ce que tu racontes ? Tu viens de tapisser ses chaussures de confiture, il s'en fou de la science ! Arrête de parler !*

Gênée, je baisse les yeux sur le bout de mes converses que je fais se chevaucher nerveusement.

@Cyrélias Sharp

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C'est scientifique, la tartine tombe toujours du mauvais côté !
Une Serdaigle qui rit.

Ok, le constat peut paraître banale mais pour le tout récent B&B s’en était un que son impatience légendaire ne lui faisait plus espérait. C’est qu’ils sont très sérieux, les aigles, discrets aussi, réservés, peut-être timide. C’est en tout cas l’impression qu’ils lui avaient faite jusqu’ici. Peut-être ne s’était-il juste pas trouvé au bon moment au bon endroit, tout simplement. Ou peut-être ne leur avait-il pas accordé assez de temps pour les découvrir pleinement. Cette jeune condisciple en était peut-être la preuve et non l’exception après tout. Peut-être. Toujours est-il que lui qui avait plus tendance à courir que marcher – Son père le surnommé régulièrement Forest et pas uniquement pour la course – et à rire beaucoup, l’ambiance feutré de la Tour Ouest le déconcerté souvent et l’étouffait parfois. Alors d’entendre la maladroite rire de la sorte lui fit reprendre espoir en sa propre maison et cela se traduisit par un large sourire.

Qui se transforma en moue de réflexion à l’évocation du nettoyage.

Nouveau haussement d’épaule. Lui ses chaussures, il n’en avait clairement rien à ciré car il ne lui vient pas une seconde à l’idée que parcourir le château en long en large et en travers durant toute une journée avec une semelle qui colle à chaque pas pouvait être quelques peu agaçant à la longue. Autant pour lui que pour ses camarades condamnés à écouter un « Scratch » à chacune de ses foulées. Non, l’idée ne lui vient pas. Par contre le coup d’œil au dit chemisier lui fit admettre que pour elle, l’urgence était autre.


- « C’est qu’on va pas avoir le temps de manger si tu veux le nettoyer … »

Et il y a beaucoup de chose que le Sharp était prêt à faire ou ne pas faire mais clairement, sauter le petit déjeuné n’était pas l’une des options envisageable – sauf à courir le risque de lâcher un garou sans morsure dans les couloirs. Jetant un regard autour de lui pour trouver une solution – Table des bleu, plafond, table des jaunes, sol, elle et la tartine poussiéreuse qu’elle lui présentait – il fit de nouveau remonter ses omoplates en tordant les coins de la bouche vers le bas en signe d’ignorance à la question qu’elle lui posa
.

- « J’suppose vu la couleur mais j’ai pas goûté, j’aime pas ça. »

Cherchant toujours une résolution au dilemme repas/nettoyage, son attention fut finalement attirée par son propre sac - jeté là un instant plus tôt - et plus précisément par une manche qui en dépassait. Attrapant le vêtement – en l’occurrence un pull d’uniforme – il le lui tendit sans plus se poser de question et sans songer qu’elle pourrait tout à fait refuser l’idée.

- « Mets ça et viens, faut manger. »

Solution trouvée. Problème réglé. Du moins, le cru-t-il. Amorçant – sans plus de préambule - un mouvement vers les bancs des aigles, il planta son soulier encore propre dans un mélange – créé par glissement et gravité - de confiture et de lait et grimaça à l’écoute de la mélasse s’étalant entre le carrelage ancien et la nouvelle semelle. Soupire. Soufflement qui ne dura pas à l’écoute de l’évidence émise par la petite brune – pas plus petite que lui cela dit – et de nouveau il rit, ravi de découvrir en elle une adepte de cette conviction.

- « Ah toi aussi tu l’as vu ?! Mon père m’a foutu dehors le jour ou j’ai testé à la maison. Il dit que c’est chiant à nettoyer. N’empêche que j’ai essayé avec six tranches et elles sont toutes tombées sur le beurre. Bon d’accord, c’était du beurre mais la confiture, ça fait la même chose non ? »

Très sérieux dans sa question - oubliant les dégâts causés par leur impact initial et ses chaussures collantes – il glissa une jambe au-dessus d’un banc, la main déjà posé sur une viennoiserie. Et à peine ses fesses avaient-elles rencontrée la surface en bois que le môme avait rassemblé un certain nombre de victuailles devant lui et croquait dans une première, cherchant le lait chaud du regard.

- « D’ailleurs, t’as grandi de quel côté toi, sorcier ou pas sorcier ? »

Qui à dit qu’on devait nécessairement faire connaissance en commençant par les identités ? Personne.

@Charlotte Adams

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C'est scientifique, la tartine tombe toujours du mauvais côté !
Merde, le temps ! Je l'avais complétement oublié celui là. Oui clairement, si je dois courir jusqu'au sixième étage de la Tour Ouest pour me changer, autant sécher le cours d'histoire de la magie. Mais sécher, c'est pas trop dans mes habitudes. Je réfléchis rapidement à mes différentes options. Mais c'est finalement le garçon qui trouve la solution. Il sort de son sac, un pull qu'il me tend. Je le prend avec un sourire gêné. Mais je ne dis rien. Son invitation à le suivre est déterminée. Ce n'est pas un ordre mais je sais pas, il a un truc qui le rend confiant, sûr de lui. Tout l'inverse de moi qui réfléchit toujours pendant une plombe avant de me décider.

Il rit de ma blague. Et moi je le regarde rire. Il est beau quand il rit.
Je l'imite et passe une jambe par dessus le banc et replie l'autre sous mes fesses, à côté de lui.
Puis je lui répond en souriant, tout en enfilant son pull, si bien que ma voix se retrouve à moitié étouffée :
- T'as vraiment essayé six fois ? (Je sors ma tête de sous l'uniforme, en remettant mes boucles en ordre) Franchement je sais pas si ça change grand chose que ce soit du beurre ou de la confiture mais... (J'attrape un croissant posé devant lui, et je le picore du bout des doigts) de toute façon, Happy, mon chien est un vrai aspirateur sur pattes, alors j'aurais pas eu le temps d'étudier le truc. Et puis, je crois que ma mère m'aurait tuée si j'avais volontairement jeté une tartine par terre. Elle a horreur du bazard et de la saleté.

Mon sourire s'efface et j'avale ma salive lorsqu'il me demande d'où je viens.
Je sais bien qu'ici, il y a des élèves qui viennent de familles de sorcies et d'autres non. C'est pas ça le problème.
Je baisse les yeux sur mes doigts qui triturent machinalement les lacets de ma converse.
Je respire, mais je garde les yeux baissés, pour ne pas croiser les siens.
- Pas sorciers. Mes parents, ma sœur... ils sont tous "normaux" mais... ma mère est une sorcière. Enfin je crois... (je laisse tomber les lacets et relève mon visage vers lui) c'est compliqué. Et toi alors ? sorcier ou pas sorcier ?

@Cyrélias Sharp

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C'est scientifique, la tartine tombe toujours du mauvais côté !
- « T’as un chien ?! La chance ! Papa n’a jamais voulu qu’on en prenne un … »

Un toute petite – vraiment très petite – voix intérieur ajouta « un chien et une mère … » mais ce murmure, l’inconscient protecteur du gamin faisait bien attention de ne pas l’écouter. Car depuis longtemps - pour respecter le tabou présent autour d’elle - le mental du jeune Sharp avait oblitéré cette absence dans sa vie et passait régulièrement sous silence toute mention qui aurait pu la lui rappeler. Chez lui, à Dale, tout le monde savait donc tout le monde faisait attention de ne la lui évoquer. Enfin presque. Seule la bande rivale à la sienne utilisait parfois ce rappel pour faire mouche durant les attaques verbales dont les deux cliques étaient friandes. Attaque à laquelle son propre groupe n’était pas sans savoir répondre avec autant de bassesse, d’ailleurs. Il y a difficilement plus cruel qu’un enfant. Match nul, balle au centre.

Mais loin de tous ces souvenirs et l’appétit toujours présent, le jeune aigle croqua dans une viennoiserie, préalablement trempée dans un bol de chocolat. Et – sans s’émouvoir de l’étiquette de table – c’est bien la bouche qui rejoignit la main et non l’inverse. Il ne savait pas faire autrement pour ne pas se tacher et niveau bavure, lui et nouvelle voisine en avaient déjà assez fait pour la journée. Ou au moins la première moitié de matinée.


- « Il est comment, ton chien ? Happy c’est ça ? Cool comme nom. »

Nouvelle bouchée et un pain au chocolat d’avaler. Tendant le bras, il attrapa une cruche remplie d’un liquide orangé et – reniflant un instant au-dessus – s’assura qu’il s’agisse du jus du fruit portant le même nom que la couleur et non celui d’une de ses fameuses courges d’Halloween.

- « J’sais pas ce qu’ils ont avec les citrouilles tout l’temps ici, mais pouah, c’est écœurant parfois ! »

Rassuré sur ce point, il s’en versa un grand verre et allait proposer à la petite brune d’un simple mouvement de bras et de carafe. Mais un regard sur elle lui fit réaliser son changement d’expression. Oh la boulette ! Comprenant que sa question sur son ascendance était à l’origine de cette perte de gaîté – gaîté qui lui manquait déjà, il hésita sur la marche à suivre, les coins de la bouche tordue en tous sens. Faire comme si ne rien était et passer à un autre sujet ou mettre les pieds dans le plat ? Choix cornélien.

- « Mon père n’est pas sorcier et ses parents non plus. Mais ma tante, sa sœur, oui donc mon cousin aussi. Mais pas son père, ‘fin je crois pas … » Et autant dire qu’il n’irait pas demander cette précision à son irascible parent poudlarien . « En fait, tout ça, j’le sais que depuis cet été donc c’est pas encore hyper clair. » Et finalement - en désaccord total avec son inconscient qui tentait encore de balayer le sujet sous le tapis en distrayant son esprit d’envie de chien - il finit par ajouter après une brève pause et un léger soupir. « Et j’ai pas de mère donc je sais pas ce qu’elle est. » Haussement d’épaule suivit d’un petit sourire essayant de chasser le malaise. « J’en ai pas et t’en ai deux, c’est pas compliqué en fait et ça équilibre. »

Petit clin d’œil vers elle essayant de dédramatiser la situation et la faire sourire de nouveau, il avala ensuite d’un coup son verre de jus d’orange. Pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple.

- « On commence par quoi ce matin ? »

Même année, même maison, il y avait tout à parier qu’ils aient le même planning et quoi de mieux qu’un planning pour changer de sujet ?

@Charlotte Adams

1ère année - Code couleur : #483D8B
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C'est scientifique, la tartine tombe toujours du mauvais côté !
- Merci. Happy, c'est un bouvier bernois. Il est énoooorme !! Une vraie patate.
Je souris à ma description, et au souvenir de mon gros patapouf de chien.
- C'est triste que tu ais jamais eu d'animaux. Franchement c'est trop bien ! Avec ma copine Millie, on lui a appris pleins de tours et tout. C'était trop cool. Bon c'est vrai qu'il bave et qu'il met des poils partout mais il fait aussi plein de câlins d'amour. Je l'aime trop. Je lui fais un sourire, en laissant tomber mes mains sur mes cuisses, comme si tout ça était une évidence... Puis j'ajoute, plus songeuse :
- Mais j'aurais bien aimé avoir un chat aussi...

Je pose mon coude sur la table, ma main soutenant ma tête et je l'observe engloutir les viennoiseries les unes après les autres - sans se soucier des gouttes de chocolat qui tombent sur la table - et renifler le jus d'orange.
Je ne peux pas m'empêcher de rire à sa réflexion.
- Bah non c'est pas du jus de citrouille, c'est degeu ça ! C'est un boooon jus d'abricot.
Je ris de ma bêtise et lui tire la langue, le regard pétillant d'espièglerie.

Puis attentive, je l'écoute me raconter son histoire, essayant de garder le fil, son père non, sa tante oui, son cousin oui, mais pas son oncle. Et sa mère ?
La réponse à ma question muette arrive dans la foulée. Pas de mère. C'est vrai qu'il a mentionné son père qui ne veut pas de chien et qui a ronchonné pour la confiture sur le carrelage... Mais pas de mère. J'ai un pincement au coeur pour lui. "Je ne sais pas ce qu'elle est" c'est du présent, ce qui veut dire qu'elle est toujours là, mais absente de la vie de son fils... Comment peut-on abandonner son enfant ? C'est une chose qu'on a en commun tout les deux...

Je suis un peu triste pour lui, et pour moi aussi, mais ce coup-ci, je ne baisse pas les yeux, je plonge mes yeux bleus dans ses yeux gris et je lui souris gentiment. Pas un sourire qui monte jusqu'aux yeux, juste un sourire pour dire "je comprends" et j'ajoute :
- Bah en fait, ma vraie mère, j'la connais pas donc...

Je ne finis pas ma phrase. De toute façon, qu'est ce que je pourrais bien ajouter à ça ? Alors je me tais, pendant qu'il fait couler le jus de fruit dans sa bouche.

Puis sa question me fait comme un électrochoc. Le cours !! J'ai complétement oublié le cours d'Histoire, et... le temps aussi. Je regarde ma montre. 7h58.
Je me lève d'un bond, renversant la carafe dont le jus restant se répand sur le bois vernis de la table.
- Zut !! Tant pis, pas le temps de nettoyer, on est en retard. Miss Soulton va nous tuer !
Allez viens... Cyrélias, c'est bien ça ?

Je lui prend la main, pour le faire lever et je commence à avancer.
- Au fait, moi c'est Charlotte.

@ Cyrélias Sharp



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