Là où le vent s'échappe
Pendant de longues secondes, je suis persuadée qu'elle va me la lancer au visage, cette boule de neige que j'attends, alors je bande mes muscles et je me prépare à réagir. J'invente une stratégie, je liste les sortilèges que je vais utiliser pour me venger, j'ai un plan très précis dans la tête que je compte respecter à la lettre. Je sais qu'elle va le faire, je le sais car elle a cet air là. Et pourtant... Pourtant c'est avec étonnement que je la vois se tourner pour lancer la boule de neige vers l'un des enfants qui jouent un peu plus loin. La boule blanche retombe en cloche. Le bruit du jeu des petits s'arrêtent, ils se tournent vers nous. Les sourcils froncés, moi je me tourne vers elle pour essayer de comprendre ce qui est en train de se passer.
Elle s'est déjà détournée et elle s'éloigne de moi. Une grimace ravie traverse les traits de mon visage. Alors c'est tout ? Elle abandonne comme ça ? Un rire s'échappe par mon nez, bref, moqueur. Le dos plaqué contre le dossier du banc, affligée que ce soit parfois si facile de se débarrasser des autres, surtout ceux qui nous emmerdent, je la regarde s'éloigner.
Elle se retourne au moment où je ne m'y attendais pas. Je redresse le menton et me penche très légèrement vers l'avant comme pour mieux l'écouter. Un sourcil dubitatif s'arque sur mon front. Elle se retourne et disparaît sans attendre ma réponse. Ses paroles flottent encore dans l'air. Elle a dit « je vous laisse gagner ». Un sourire vorace et encore plus moqueur que le précédent s'étire sur mes lèvres et cette fois je secoue la tête avec un vrai amusement. Ainsi donc elle se persuade m'avoir laissé gagner ou quelque chose comme ça. Incroyable de pouvoir faire preuve d'une aussi grande mauvaise foi ! Du début à la fin cette gamine aura été persuadée d'être dans son bon droit alors qu'elle m'a insulté à la première seconde où son regard s'est posé sur moi.
Le silence s'étire de nouveau autour de moi, à peine perturbé par le bruit des discussions des enfants qui ont repris leur jeu un peu plus loin sur la place. Il me faut un moment pour comprendre que cette chose coincée à l'intérieur de moi et qui n'est pas agréable n'est rien d'autre que de la déception. J'aurais aimé qu'elle me la lance, cette boule de neige, qu'elle soit moins lâche et idiote, et qu'elle le fasse. Comme cela, dans une effusion de colère, j'aurais pu oublier la colère et la tristesse que m'a inspiré Narym. J'aurais pu oublier tout cela et j'aurais pu me persuader l'espace d'une minute ou deux que tout allait bien. Maintenant que je me retrouve de nouveau seule, ces pensées obscures reviennent et je déteste ça.
Le regard coincé sur la paroi d'un grand immeuble, mes pensées dérivent peu à peu vers un appartement camouflé au cœur de cette grande capitale. Un appartement dans lequel je retrouverai peut-être une jeune femme blonde elle aussi affligée parce qu'elle déteste cette période de l'année. Peut-être qu'elle aura une bouteille dans un placard. Et peut-être qu'elle voudra qu'on se déteste mutuellement ensemble. Oui, c'est une bonne idée. Je me redresse d'un geste fluide et abandonne la place derrière moi pour prendre la direction de l'appartement d'Ashley.
Un grand merci à toi pour ce RP, je me suis amusée aussi ! Décidément, elles ne sont pas faites pour s'entendre ces deux-là !
Elle s'est déjà détournée et elle s'éloigne de moi. Une grimace ravie traverse les traits de mon visage. Alors c'est tout ? Elle abandonne comme ça ? Un rire s'échappe par mon nez, bref, moqueur. Le dos plaqué contre le dossier du banc, affligée que ce soit parfois si facile de se débarrasser des autres, surtout ceux qui nous emmerdent, je la regarde s'éloigner.
Elle se retourne au moment où je ne m'y attendais pas. Je redresse le menton et me penche très légèrement vers l'avant comme pour mieux l'écouter. Un sourcil dubitatif s'arque sur mon front. Elle se retourne et disparaît sans attendre ma réponse. Ses paroles flottent encore dans l'air. Elle a dit « je vous laisse gagner ». Un sourire vorace et encore plus moqueur que le précédent s'étire sur mes lèvres et cette fois je secoue la tête avec un vrai amusement. Ainsi donc elle se persuade m'avoir laissé gagner ou quelque chose comme ça. Incroyable de pouvoir faire preuve d'une aussi grande mauvaise foi ! Du début à la fin cette gamine aura été persuadée d'être dans son bon droit alors qu'elle m'a insulté à la première seconde où son regard s'est posé sur moi.
Le silence s'étire de nouveau autour de moi, à peine perturbé par le bruit des discussions des enfants qui ont repris leur jeu un peu plus loin sur la place. Il me faut un moment pour comprendre que cette chose coincée à l'intérieur de moi et qui n'est pas agréable n'est rien d'autre que de la déception. J'aurais aimé qu'elle me la lance, cette boule de neige, qu'elle soit moins lâche et idiote, et qu'elle le fasse. Comme cela, dans une effusion de colère, j'aurais pu oublier la colère et la tristesse que m'a inspiré Narym. J'aurais pu oublier tout cela et j'aurais pu me persuader l'espace d'une minute ou deux que tout allait bien. Maintenant que je me retrouve de nouveau seule, ces pensées obscures reviennent et je déteste ça.
Le regard coincé sur la paroi d'un grand immeuble, mes pensées dérivent peu à peu vers un appartement camouflé au cœur de cette grande capitale. Un appartement dans lequel je retrouverai peut-être une jeune femme blonde elle aussi affligée parce qu'elle déteste cette période de l'année. Peut-être qu'elle aura une bouteille dans un placard. Et peut-être qu'elle voudra qu'on se déteste mutuellement ensemble. Oui, c'est une bonne idée. Je me redresse d'un geste fluide et abandonne la place derrière moi pour prendre la direction de l'appartement d'Ashley.
— Fin —
Un grand merci à toi pour ce RP, je me suis amusée aussi ! Décidément, elles ne sont pas faites pour s'entendre ces deux-là !