Trois cadavres sur le tapis PV PNJ

Dimanche 25 septembre 2050
QUELQUE PART, DANS UN APPARTEMENT INCONNU


Christopher ouvre les yeux sur une obscurité totale et épaisse. Une douleur sourde bat dans ses tempes et lui donne l'impression d'avoir une barre en fer enfoncée dans le front. Quand il redresse la nuque, un gémissement lui échappe : la douleur se diffuse dans son crâne et coule jusque dans sa colonne vertébrale. Tout son corps lui fait mal, de la tête au pied. Et cette obscurité totale, dérangeante et effray… Christopher se rend compte assez subitement qu’il n’avait tout simplement pas ouvert les paupières. Alors il le fait, il les soulève, pour mieux les refermer dans un cri de douleur. La lumière explose dans ses pupilles, c’est comme si une lame s’était enfoncée dans son œil pour venir trifouiller dans son cerveau. Il se laisse retomber en arrière, épuisé, gémissant de douleur et en se sentant passablement misérable.

Le temps qu’il essaie de contrôler la douleur qui se diffuse dans son cerveau, Christopher prend conscience de deux choses. La première : il a un morceau de cuir à la place de la langue et du sable au fond de la gorge, ce qui signifie qu’il a trop fumé hier soir. Et trop bu. La seconde : il est particulièrement mal installé et a quelque chose de chaud et de moite enfoncé dans la joue. Il songe d’abord à rester comme ça, sans bouger le temps que la mort vienne le prendre, parce qu’il se sent vraiment misérable, là. Mais maintenant qu’il est réveillé, la position commence à devenir insupportable. Alors il ouvre prudemment un œil, puis un second et fait l’effort de se redresser pour regarder autour de lui.

La scène est invraisemblable. Christopher se frotte les yeux pour mieux y voir. Cette chose moite et chaude n’était en fait qu’un bras, remarque-t-il. Un bras joliment tatoué et nu, comme le corps auquel il appartient. Ah non, sourit-il en voyant que Jude porte toujours la large chemise qu’elle avait la veille. Mais les jambes qui dépassent de sous le tissu sont nues et étendues sur les siennes. C’est pour ça que j’avais mal, bordel elle m’écrase totalement. Jude est plus affalée qu’allongée sur lui. Son bras est tordu dans un angle étrange et ses doigts remontent sur le buste nu — pourquoi j’suis torse poil ? — de Christopher jusqu'à son visage. Une respiration profonde sort de la bouche de Jude dont la tête est confortablement enfoncée dans son bide, comme si elle avait décidé au moment de s’endormir que son ventre ferait un agréable coussin. Sur ce ventre se trouve également une jambe inconnue, nue, musclée, que Christopher remonte du regard jusqu'à voir à qui elle appartient. Il grimace avant de se retourner vers Jude. Il aurait bien aimé se foutre de la tête de ses cheveux, parce qu’ils sont vraiment en bataille et que ça lui donne l’air ridicule, et aussi rire parce qu'elle a des traces rouges sur le visage et que son maquillage a coulé, mais voilà il a trop mal à la tête pour ça. Et l’impression de s’être fait rouer de coups n’aide pas. Alors il ne rit pas et, à moitié appuyé sur la femme endormie, il tord la nuque pour essayer d'apercevoir le corps Lloyd qui l'écrase de sa lourde jambe.

Il est dans une position encore pire que la leur et encore plus dénudé qu’eux. Heureusement, il porte encore son caleçon. Les yeux de Christopher courent sur les abdominaux saillants du chanteur. De drôles de scènes éclosent dans son esprit. Comme des flashs de souvenirs qui ne lui appartiendraient pas réellement. Lloyd est étalé de tout son long par terre, sur un tapis à la propreté douteuse, comme eux. L’une de ses grandes jambes est appuyée sur une table basse, le pied au milieu des bouteilles. Il a un bras coincé derrière la tête, l'autre à quelques centimètres à peine de celle de Christopher. Et sa seconde jambe repose en travers du torse de Christopher qui se sent complètement emprisonné. Lloyd a une trace suspecte sur le haut du buste. Couleur rouge ketchup. Christopher grimace de dégoût. Mais son état est toujours mieux que celui de la pièce dans laquelle ils se trouvent.

« C’est où ici ? » marmonne Chris dont la voix n’est qu’un croassement incompréhensible à cause de sa gorge sèche.

Trois grandes fenêtres illuminent une pièce dans laquelle s’amoncellent cadavres de bouteilles, sachets vide de bouffe, cendriers remplis à craquer de mégots et de cendre, et des vêtements, ci-et-là. Christopher n’aperçoit pas la chemise qu’il portait hier. Par contre il a une vue de choix sur une assiette remplie de nourriture — c’est censé être des pâtes, ça ? — sur la table basse dont la moitié est en-dehors et surtout tombée sur le sol. Un haut-le-cœur surprend Christopher qui doit fermer les yeux pour le contrôler.

Soudainement, une envie irrésistible de se lever, de boire et de retrouver un minimum d’humanité lui donne la force de bouger. Il attrape le bras de Jude entre ses doigts et essaie de s’en dégager, mais il est dans un angle si improbable qu’il n’y arrive pas. Quant à la jambe de Lloyd ? Merlin qu'elle est lourde ! Il pousse sur ses bras pour essayer de récupérer ses jambes mais voilà, cela fait bouger la jeune femme dont le corps appuie tout à coup sur le bas de son ventre. Un couinement s’échappe des lèvres de Christopher. Et jaillit en lui une insupportable et douloureuse envie de…

« Faut que je pisse ! » braille-t-il soudain en poussant de toutes ses forces sur le corps de Jude.

Si elle se réveille à temps, elle pourra se redresser. Sinon, elle roulera par terre, au milieu des pâtes. Tant pis.


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@Lloyd River, bouh le réveil de la honte !
Dernière modification par Christopher Hangoover le 7 juil. 2026, 15:53, modifié 1 fois.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Trois cadavres sur le tapis PV PNJ
Je crois que je suis mort. T’es forcément mort quand tu sens plus ton corps, mais une lourdeur. Sérieux, j’ai les organes collés au sol… Ah la vache… J’ai déjà les vers qui me rongent la cervelle…
J’essaye de lever mon bras pour essuyer le… truc qui coule le long de ma joue et me chatouille l’oreille… ça veut pas. Ça bouge pas.
Un râle gras et rauque sort de mes lèvres gercées, ça me tire la peau, ça me brûle… j’suis mort empoisonné, c’est sûr, ça expliquerait clairement le goût qui tapisse ma gorge. Oh non mais l’enfer… J’essaye de bouger, encore… ah la vache, j’y arrive vraiment pas. Vas y, j’abandonne, je suis mort. Voilà. Mort… et puant. Et j’ai froid… j’ai super froid… pourquoi je sens un vent frais sur mes…

Mes paupières sont lourdes, j’essaye de les soulever, j’y arrive, je referme aussitôt dans un râle. Putain… je suis mort où… pourquoi ça me pète les yeux… Lloyd, qu’est-ce que t’as encore foutu… J’entends un croassement, ça me fait sursauter. Ah… la vache… J’entends un grognement enraillé que je reconnais pour l’entendre chaque main : Jude. La vache… elle a l’air bien éclatée… il est long, son grognement, on dirait une grosse Harley qui peine à démarrer.
J’ai encore envie de dormir, ou de mourir, ou je sais pas… putain si je bouge, je gerbe, c’est clair. J’ai les organes tellement… lourds. Ouais, si je bouge, j’ai l’estomac qui remonte. T’as déjà vomit dans ta bouche ? Je souhaite ça a personne. Je vais rester là, jusqu’à ce que ça passe. L’enfer… qu’est-ce que j’ai encore foutu… J’arrive pas à réfléchir, j’ai la cervelle qui lance. C’est pas les vers, je sais… enfin, ça se trouve…
J’entends un nouveau grognement, plus agressif celui là. La Harley démarre, ça y est. J’ai la jambe qui bouge toute seule et… c’est moi qui ai parlé ? Non… sinon, c’était le vomi assuré.
J’essaye d’ouvrir un oeil, j’y arrive, je le referme juste après avoir reçu un pic de lumière direct dans la prunelle et la vue d’un asiatique qui bouge et gémit.

« Mais ferme laaaaaaaaaaa… » je grommelle en essayant de me tourner. Ah, il est là le vomi ! Allez… position latérale de sécurité… non, là c’est un peu trop demandé. Je vais pas vomir. Je vais me rendormir, laisser l’autre aller pisser et…

« Ah… aaaah bordel… » L’autre jambe, celle que je sentais plus, m’envoie un gros coup d’électricité direct dans le mollet quand j’essaye de me retourner. Et… paf, elle retombe d’un coup sur le sol, pile sur le talon. Je me fige, les muscles de la jambe tétanisée. « Aïe… aïe… aaaaaaaïe… » Je vais crever, je la sens plus et en même temps je sens que ça ! Ah putain non, c’est pas une crampe, c’est pas une crampe… Si, si s’en est une. Je tape le point parterre une fois, deux fois, je sais plus, ça fait MAL.

J’entends encore la Harley qui grogne. Je tourne la tête vers elle, les yeux plissés. Je vois Chris… je vois Jude, qui s’accroche à lui alors qu’il essaye de se lever… ah mais c’était lui l’asiat… Ah bordel ma JAMBE ! J’essaye de me relever, j’y arrive pas, je me tend, je serre les poings, j’ai envie de vomir, envie de hurler, de dormir, de crever. Merde, c’est quoi ça… J’arrive pas à… et ces vers là…

Jude roule sur le côté pour libérer Chris, mais pas sans grogner. Je l’entends qui grogne encore un peu, avant de pousser un râle.

« Putain… c’est… non… »

Elle se redresse sur un coude, et là, je vois la force de la nature qu’elle est. Je vois pas sa gueule, je vois juste ses cheveux en cul de canard, des nœuds plein l’arrière du crâne et… c’est des pâtes ?
Elle retombe sur le dos, ses mains venant couvrir ses yeux. « J’vais crever… Lloyd… t’es là… »

Elle tourne la tête, et fixe ses yeux de panda cocaïnomane sur Chris. Oh la tronche qu’elle se tape…
Je la vois qui plisse la bouche, avant d’éclater de rire. Enfin, elle essaye. Moi, j’entends toujours la grosse Harley qui a le moteur noyé. « T’as vu ta gueule… » qu’elle lui balance de sa voix plus rauque que d’ordinaire, la marque du nombril de Chris sur la joue.

Bon… ok… ok… la crampe est passée, merci Jude, et merci Chris et sa… c’est une moustache…?
A mon tour de faire la Harley. Pas longtemps.
Je récupère mes jambes pour me mettre en PLS, pas sans mal. Putain… il est à qui ce bras… ah mais c’est le mien… je le sens plus. Pourquoi je le sens plus… J’essaye de le bouger, je le soulève avec l’autre main, il retombe mollement, et il arrive quand même à me faire mal.

« J’ai mal… » que je grince, la bouche entrouverte, un filet de salive me reliant au tapis qui gratte.

T'appelle ça un réveil ? J'appelle ça de la nécromancie.
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PNJ actif : Jude River

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Trois cadavres sur le tapis PV PNJ
Un râle s'échappe de la bouche de Jude, mais elle est encore en train de lui écraser la vessie. Christopher ferme très fort les yeux pour se retenir, ce qui est la chose la plus difficile qu'il ait faite ces dernières années, non de toute sa vie, même. Dans trois secondes, il lui fout un coup de pied pour se débarrasser d'elle. Un, deux... Elle retombe en arrière. Libéré, il pousse un grand soupir de soulagement qui ressemble plus à un gémissement de douleur qu'autre chose. Jude est tombée dans les pâtes. Le rire de Christopher tourne au haut-le-cœur ; il est forcé de se détourner, les lèvres serrées, pour ne pas tout rendre sur le tapis. Et Lloyd qui jure, qui s'agite déjà de bon réveil, comment est-ce qu'il fait ? Ses cris de douleur font vriller le cerveau de Christopher qui mène une main à son crâne comme pour empêcher sa cervelle de couler par ses oreilles. Il se tourne vaguement vers Lloyd qui est recroquevillé sur le sol. C'est quoi son problème ? Ferme-la ! Il l'a bien dit à voix haute, hein ? Il espère, il n'a pas la force de recommencer.

Une main sur la tête, l'autre entre ses jambes pour empêcher sa vessie de se vider sans son accord, Christopher essaie de focaliser sur Jude qui s'est extirpée de son matelas, à savoir lui-même et qui... Il ne sait pas ce qu'elle est en train de faire et il n'a pas envie de savoir. Il sait juste que ses grommellements sont comme une basse trop profonde, ça gronde dans la poitrine et ça fait mal. Tout fait mal. La lumière, les bruits, respirer et même se maintenir dans cette position mi-assis mi-allongé. Tout est trop, tout est douloureux, à commencer par chaque partie de son putain de crâne. La question est : récupérer sa main pour la plaquer sur son autre tempe ou la laisser au cas où entre ses jambes ?

Le regard de Christopher croise par hasard celui de Jude. Ce n'est plus seulement son maquillage qui a coulé, à ce niveau-là, elle a l'air d'avoir passé la tête dans une tornade. Il plisse les yeux pour mieux discerner la trace sur sa joue. Sa peau est toute plissée. Christopher se sent rire, ses épaules remuent, mais chaque mouvement lui arrache un cri de douleur, si bien qu'il a plus l'air de pleurer qu'autre chose. Et puis Jude, avec sa tête défoncée, se permet de lui jeter un « t'as vu ta gueule... » ? C'est clair qu'elle n'a pas vu la sienne. Un bruit rauque et désagréable retentit juste à côté ; Lloyd se marre, lui aussi, sûrement parce qu'il a remarqué que Jude avait les cheveux tout emmêlés et les yeux noirs de maquillage. Christopher le laisse rire et se plaindre dans son coin.

« T'as clairement pas vu la tienne, » réplique-t-il en direction de Jude avant de pousser un long, très long gémissement, parce que parler lui donne la nausée.

Maintenant qu'il peut le faire, il remonte les jambes vers son torse, la main toujours coincée au milieu, et se met en position fœtale au milieu de la pièce.

« On a tous mal, » geint-il en fermant les yeux et en frappant trois fois le front sur son genou.

Puis il relève la tête et la tourne d'un côté, puis de l'autre. Il y a bien un couloir qui s'étire vers la droite et vers la gauche, et une lourde porte au milieu, mais aucune indication. Christopher ne reconnaît rien. Même la lumière lui paraît étrange, peu reconnaissable. Il jette à peine un regard à Lloyd qui bave sur le tapis, son regard affolé ne parvient pas à se poser sur quoi que ce soit, ce qui ne l'arrange pas car chaque mouvement oculaire aggrave la douleur sourde qui gronde sous son crâne.

« Est-ce que... »

Il déglutit péniblement pour essayer de saliver. Sa bouche est cendreuse et pâteuse, il a du mal à articuler.

« C'est par où, les chiottes ? Si je me lève je vais... »

Le simple fait d'y penser lui donne l'impression qu'on compresse sa vessie. Il pousse un gémissement qui se termine en un râle. Il ne se sent pas capable de terminer sa phrase, alors il la laisse comme ça, en suspend, ses yeux exagérément ouverts fixés dans le vide. Il a l'espoir secret que quelqu'un en meilleure forme que lui le porte dans ses bras jusqu'aux toilettes les plus proches.

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Trois cadavres sur le tapis PV PNJ
Allez, Lloyd, on respire. Tu vas pas vomir. T’es un bonhomme, tu vas pas vomir. Alors tu respires, tu respires… oh bordel, l’haleine… ça me relance mon envie de vomir avec supplément envie de s’évanouir. J’ai bouffé Dolly, c’est pas possible ? C’est quoi, ça ?
… Elle est où, ma Dolly ?
Je me relève mollement sur le cul, m’accrochant à tout ce qui me passe sous la main - la seule que je peux utiliser et qui fonctionne encore. Merde… je peux pas gratter si j’ai qu’une main ! Ok… ok, ça va revenir… j’ai juste dormi dessus. Bordel, j’envie Jude et son coussin de viande Hangoover.
Je souffle, j’inspire… et laisse retomber ma joue sur le bord de la table, entre les bouteilles qu’on a l’air d’avoir descendu par millier. Mon regard se fixe sur une étiquette, les lettres bougent, me donnent le vertige, je referme les yeux.
Et l’autre qui geint, làààààà ! J’agite ma main vers lui, enfin j’essaye, et j’abandonne. Flemme. Qu’il aille pisser ! On s’en fout d’où sont les chiottes ! Tu prends un pot de fleur, et basta !

J’entends Jude qui bouge. Comment je sais que c’est elle ? J’entends le bruit spongieux des pâtes dans lesquelles elle est tombée. Elle pousse un râle, ça me fait finalement ouvrir les yeux. Je la suis du regard. Mais quelle femme ! Regardez là se relever. Bon, se relever, faut le dire vite. Elle s’accroche à un coin de canapé… pourquoi on a pas dormi sur le canapé, en fait …? Jude chope un pied qui dépasse et tire dessus. « Eh… elles sont où les chiottes… Il va se pisser dessus… » Pas de réponse. Elle secoue le pied. Pas de réponse.
Sa tête retombe sur le bord du canapé, sa bouche entrouverte, toute barbouillée de rouge à lèvre… c’est pas sa couleur, ça. Et… il y a beaucoup de couleur. Je ricane.

« — Eh… Jude… Tu...
Ferme bien… ta grande bouche… Ou j’te jure que j’te fais bouffer ta langue… »

Je souris et ferme la bouche par réflexe. Je la connais, elle pourrait le faire.

« Chris… prend une bouteille et fais pas ta prude, c’est bon… on l’a tous déjà vu ta… » Elle fait un vague geste de la main avant qu’elle ne retombe le long de son corps. « Bref… » Elle tourne la tête vers le mec qui est allongé sur le canapé, et le fixe un bon paquet de secondes. Elle a buggé.

Moi ? Moi je bugge quand je vois qu’elle est à moitié à oilp. Pourquoi elle est à moitié à oilp ? Je détourne le regard, dégoûté. Je chope une bouteille du bout des doigts, et la lance vers Chris. En espérant qu’il l’attrape… rah et je m’en fous, je veux juste qu’il arrête de gémir. Ça me vrille les tympans…

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Trois cadavres sur le tapis PV PNJ
Christopher aperçoit à l'orée de sa vision un Lloyd affalé au milieu de la table. Il le voit à travers le filtre flou de son mal de crâne et de son intense envie d'aller aux toilettes ; autant dire qu'il ne voit pas grand chose et qu'il n'intègre rien de ce qui se passe sous ses yeux. Le seul geste de la tête qu'il fait, c'est pour suivre du regard Jude quand elle se lève, le visage crispé dans une grimace de douleur. De toute façon, elle a toujours été la plus forte d'entre eux. Il l'observe, brûlant d'espoir. Elle ne va peut-être pas le porter pour l'amener aux toilettes mais elle va sûrement lui donner une direction sûre pour qu'il puisse courir aller se soulager. Oui, oui, elle va le faire.

Il la suit des yeux jusqu'à apercevoir une vision beaucoup trop surprenante pour qu'il puisse continuer de réfléchir : là, sur le canapé, un corps. Christopher cligne plusieurs fois des yeux mais le corps ne disparaît pas. D'ailleurs, il ne fait rien de plus qu'être là : Jude a beau le secouer, il ne réagit pas. Christopher pousse un gémissement de frustration. C'est sûr que c'était lui qui savait où étaient les chiottes !

Il ferme très fort les paupières, au point d'en avoir la vision parsemée de points blancs pendant que les River se disputent. C'est dommage qu'il ait si mal parce que dans ces cas-là il rit toujours d'eux et prend le parti de l'un ou de l'autre en fonction du moment juste pour voir un visage s'illuminer ou l'autre s'assombrir. Mais là, il ne peut pas, parce qu'au premier gloussement qui le secoue en entendant Jude menacer Lloyd, sa vessie se compresse subitement et pendant un terrible instant, Christopher est absolument persuadé qu'il ne va pas pouvoir se retenir. Et ce putain de pantalon est tellement serré que ça n'arrange pas ses affaires ! Il se crispe, se crispe, retient sa respiration... Jusqu'à ce que la pression se relâche. La pression, pas sa vessie.

Il relève la tête pour jeter un regard larmoyant à Jude qui agite la main vers lui. Il la regarde d'abord sans réagir. Une seconde, deux secondes. Puis ce qu'elle vient de dire remonte jusque dans son cerveau.

« C'est pas vrai ! s'écrie-t-il d'une voix aiguë qui lui fait mal à la gorge. Personne ne l'a jamais v... »

Il se reçoit à ce moment-là une bouteille vide sur l'épaule. Il se recroqueville dans un cri de douleur légèrement exagéré. La bouteille retombe sur le tapis et roule à quelques centimètres de lui. Christopher lui lance un regard absolument horrifié avant de se tourner vers celui responsable de ce misérable lancer.

« Jamais je pisserai dans ce truc ! s'offusque-t-il en jetant un regard noir à Lloyd et en attrapant la bouteille pour la lui renvoyer, ce qu'il regrette aussitôt car une étincelle de douleur explose dans son lobe frontal. Aïe aïe aïe aïe, j'vais vo... »

On baisse la tête sur les genoux, on respire fort par le nez, on déglutit, les doigts resserrés autour du goulot de la bouteille vide. Tout va bien. Tout va bien, il ne va pas vomir. La nausée passe doucement. Il a l'impression de se tenir sur un bateau particulièrement fragile au milieu de la mer du Nord mais tout va bien, il ne va pas vomir, ça non.

Quand il parvient à relever la tête, c'est pour mieux s'offusquer en direction des River. De l'une, qui a le regard fixé sur le canapé et de l'autre, dont la tête repose sur la table basse au milieu des cadavres de bouteilles et des cendriers. Il agite la bouteille dans leur direction.

« Personne l'a vue ! » martèle-t-il d'une voix beaucoup trop misérable pour qu'il ait réellement l'air sérieux. Il jette un regard à Jude. « Enfin... Peut-être... Un peu, mais... » Puis vers Lloyd. « Arrêtez de parler d'elle, de toute façon j'vais pas pisser dans une bouteille, insiste-t-il en balançant la bouteille en direction de Lloyd — il se loupe d'un bon mètre, j'ai encore un minimum de dé..... Aaaaah... »

Sa vessie s'est contractée. Christopher se serre l'entrejambe dans le vague espoir que ça serve à quelque chose. Ça ne sert à rien mais au moins a-t-il l'illusion de contrôler quelque chose. Dans un gémissement d'effort, il se laisse tomber sur le côté pour se mettre sur les genoux. Objectif : se relever. Jamais de la vie il se soulagera dans une bouteille. Déjà parce qu'il n'est pas sûr de réussir à ne pas en mettre à côté et aussi parce qu'il trouve cela dégoûtant. Non, il lui faut des toilettes. Des toilettes propres, qui sentent bon et contre les murs desquelles il pourra s'affaler et s'oublier après avoir fait son affaire.

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Trois cadavres sur le tapis PV PNJ
J’écrase ma main sur mon oreille quand le cri de Chris vient me percer le tympan. Jude grogne, gémit, sa voix d’un coup étouffé par le fauteuil qu’elle a l’air de bouffer. Pourquoi faut toujours qu’il crie ! Pourquoi il peut pas juste… Pourquoi il crie, d’ailleurs ? Oh ça va, c’est juste une bouteille… j’ai même pas tiré fort. J’ai jamais rencontré une aussi grosse drama queen que Chris. C’est abusé…
Et vla qu’il me regarde mal… je lui renvoie un froncement de sourcil qui me fait gémir. Putain… j’ai une barre dans la tête, c’est abusé. Il veut pas de ma bouteille ? Ben qu’il pisse parterre ! Qu’est-ce que je m’en fous, moi… tant qu’il fait ça dans un coin, qu’on marche pas dedans, il fait bien ce qu’il veut d’sa kic.
Ok, Lloyd. On se concentre… là, t’as l’air d’un déchet… putain, mais je suis un déchet. J’ai jamais connu un réveil aussi naze alors que, franchement, je m’y connais en réveil merdique. Mais celui là ? C’est le pire. J’ai mal partout, comme si on m’avait piétiné. C’est ça qui s’est passé, hein ? Ouais, on m’a piétiné. On nous a tous piétiné.
Oh la vache… j’ai envie de gerber. J’ai un rot qui remonte et me gonfle les joues. Si je bouge, je gerbe. Alors je vais pas bouger. J’vais juste… rester là. Et regarder Chris se pisser dessus, quand il aura terminé d’agiter la bouteille. Je la suis des yeux, gauche, droite, gauche, droite…

Pourquoi il nous parle encore de son engin ? Personne veut entendre parler de son engin… attends. Il a dit quoi, là ?
J’ai les yeux qui coulent jusqu’à Jude, sa tête enfoncée dans le canapé. Je l’entends qui ricane contre le cuir, ça donne un drôle de bruit. Un peu ? Un peu quoi ? Pourquoi il regarde ma soeur, parle de son machin, et dit un peu ? Et pourquoi il jette la bouteille ! Putain qu’est-ce qu’il tire mal… Je me foutrai bien de sa gueule si j’avais pas l’impression de crever à chaque fois que j’ouvre la bouche -je parle pas de l’odeur qui s’en échappe et me laisse clairement penser que j’ai bouffé un cadavre.
J’essaye de me relever, enfin ma tête. J’y arrive, un centimètre, peut-être deux.

« Chris… » Ah la vache, qu’est-ce que j’ai fumé pour avoir la voix aussi grave, là ? Faut que je crache. Et que je vomisse. Je ferai tout ça quand je saurai pourquoi il…
Ma tête retombe.
Non… non mais… putain j’y arrive pas… j’veux crever…

« T’verras la tronche de ta décence quand tu t’seras pissé dessus… » ricane Jude. Elle souffle un bon coup, et se relève en prenant appui sur sa tête. Elle manque de se casser la gueule sur le type qui est étendu sur le canapé, mais plante son coude dans son ventre nu pour pas retomber. Il grogne, donc il est vivant. C’est rassurant.
Jude titube, une main sur sa bouche. Elle avance, fait quelques pas, part vers la gauche, revient vers la droite, marche sur un truc qui fait “sprouich”, donne un coup de pied dedans… et s’arrête d’un coup. Je vois sa tête qui tombe en avant. Elle reste un moment comme ça, à regarder ses cuisses apparentes tatouées, sa chemise suffisamment longue pour cacher ce qui doit être caché.

« … j’ai pas de pantalon… » elle constate d’un ton attristé. Si elle avait pas la voix aussi rauque, ça aurait vraiment donné l’air d’une gamine qui a perdu son doudou. Mais ma Jude, elle continue à avancer, elle se rapproche de Chris, et s’arrête à sa hauteur. Elle plante son doigt dans son torse nu, ses yeux vitreux braqué sur lui.

« Viens… on va faire pipi… C’est… par… » Jude reste muette un moment, sa main venant couvrir sa bouche. Ses joues gonflent, et son doigt se lève quand son visage se tourne, l’air de lui dire d’attendre. Elle souffle finalement, sa main retombe, autant que sa tête contre l’épaule de Chris. « — Allez… toilettes… Allez… hop… Allez…
Pourquoi il a dit… un peu, Jude… » Je croasse dans mon coin. « Eh… Chris… Chriiiiis… j’vais te démarrer… J’te jure… que j’vais te démarrer… »

Je referme les yeux dans un long soupir. J’vais gerber…

723 mots

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Il parvient à pousser sur ses pieds et à se mettre plus ou moins debout. Davantage moins qu'autre chose, d'ailleurs, car ses jambes tremblantes peines à s'ouvrir complètement et il reste à moitié penché, à moitié relevé. Les lèvres crispées, les yeux presque fermés, Christopher pousse un long, très long, vraiment très long gémissement, comme si cette longue et profonde mélodie pouvait l'aider à se contrôler. Lloyd baragouine des choses qu'il n'écoute pas. Jude se fiche de la gueule de sa décence en essayant de se relever. Et lui fait un bruit de ronflement dans l'espoir que ça apaise la pression sur sa vessie. Le pire, c'est que ça semble fonctionner. Un peu. Ou alors c'est le simple fait de se concentrer sur quelque chose d'autre ?

Christopher suit des yeux Jude. Exploit ! Elle est débout ! Elle tangue d'un côté, puis de l'autre ; quand il se concentre sur elle, la douleur se fait moins forte. Elle a l'air à deux doigts de tout dégueuler et il espère vraiment que ça n'arrivera pas car ils finiront tous les trois par vomir si l'un d'eux craque. D'ailleurs, il ne faut même pas commencer à y penser parce que rien que d'imaginer l'odeur... Christopher retient sa respiration. Cela lui donne un air coincé, d'autant plus dans sa position, tout crispé, les deux mains coincées entre les cuisses.

Jude avance vaguement dans sa direction. C'est vrai qu'elle n'a plus de pantalon. Les yeux de Christopher dégringolent le long de son corps et s'arrête sur ses jambes. Nues. Il sourit vaguement en apercevant les tatouages qu'il connaît déjà. Il les aime bien. Et il aime bien ses jambes aussi, c'est vrai, alors il se perd un instant dans leur contemplation avant d'être ramené à l'ordre par un doigt qui s'enfonce dans son torse. Le visage de Christopher s'illumine quand il comprend que Jude va l'aider à trouver les toilettes.

Il hoche frénétiquement la tête, prêt à y aller. Au simple fait d'imaginer que la libération est proche il se sent à deux doigts, vraiment deux doigts de faire sur place. Non, non, non, non, surtout pas ! Jude gonfle les joues comme si elle allait vomir. Lui-même gonfle les siennes comme s'il allait pisser sur place. Mais heureusement, Jude se retient, alors lui aussi trouve la force de se retenir.

« Ouais, toilettes, » baragouine-t-il en miroir.

Mais au lieu de le soutenir, Jude s'affaisse sur lui, sa tête roulant sur son épaule comme si elle ne parvenait pas à la tenir droite. Il la comprend, lui aussi à du mal car la douleur hurle dans chacun de ses muscles, mais son envie d'uriner est beaucoup plus forte que tout cela. Et puis Lloyd braille des trucs, il n'arrête pas de parler, Christopher est obligé de se concentrer sur ce qu'il dit. J'ai vraiment dit un peu ? Bah oui, c'est vrai que Jude l'a un peu vue. Ou peut-être beaucoup ? Mais Lloyd le savait, non ? Il le savait ?

Sa main vient crocheter l'épaule de Jude. L'autre reste sagement entre ses cuisses. À moitié penché comme il est, on croirait que tout son poids repose sur la femme. Mais c'est elle qui est appuyée sur lui. Ou peut-être qu'ils se soutiennent mutuellement. Christopher sent ses muscles se relâcher et le poids qu'il fait peser sur Jude se faire plus lourd.

« Il va m'démarrer, » articule Christopher en essayant de chuchoter — c'est un échec. Sa voix se perd dans un rire rauque, la situation lui semble soudainement hilarante. « Jude, il va me-mmmh... »

Sa vessie. Christopher frappe trois fois du front contre la tête de Jude, pas très fort, mais suffisamment pour qu'au troisième coup il prenne conscience de ce qu'il est en train de faire et qu'il arrête.

« Pipi, pipi, pipi, pipi, » gémit-il en se reculant subitement en emportant Jude avec lui.

Il titube de trois pas en arrière, courbé vers l'avant, la main glissant sur le bras de la femme pour l'emmener dans son sillage.

« Pipi, pipi, pipi, pipi, pipi ! »

C'est désormais la première de ses priorités. Comme si son corps avait compris que la gravité était en train de faire son œuvre, se retenir devient quasiment impossible. Une pression constante dans le bas-ventre, une douleur qui crispe tout le bas de son corps, accompagnée de la crainte originelle de se ridiculiser en se pissant dessus, ce qui ne lui est pas arrivé depuis ses six ans. Et plus il pense à cette peur, plus il pense à la libération que ce serait de ne plus se retenir. Tout à coup, il n'a plus du tout envie de rire. Parce que de la décence, Christopher en a encore suffisamment pour ne pas avoir envie de s'oublier devant Jude et Lloyd River. Alors il se précipite vers la première porte qu'il voit en trainant Jude derrière lui.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Trois cadavres sur le tapis PV PNJ
Je sais plus si j’ai envie de rester là, me lever pour aller vomir, vomir en restant là, casser la gueule de Chris ou… rester là, ouais, c’est bien.
Je fixe Jude et Chris d’un oeil vitreux, la bouche entrouverte contre la surface froide de la table.

« Aie… aie… aaaaaie… » gémit Jude à chaque fois que la tête de Chris percute la sienne. « J’ai la cervelle qui baigne-eeeeeh ! » Chris emporte Jude avec elle, et elle le suit comme elle peut, son buste penché en avant, sa tête et sa main toujours sur Chris, les fesses en arrière. Je les suis du regard, la bouche qui s’ouvre pour lâcher un « eeeeeeeeh ! » grave… et qui meurt dans un rot qui, clairement, est signe que faut vraiment que j’arrête de parler si je veux pas béger sur la table. Ils m’abandonnent… je tend une main vers leur silhouette qui s’éloigne dans le couloir, mais elle retombe d’un coup, tape contre mon genou, et me fait mal.
Mes yeux se referment, ça fait du bien. Mes paupières sont lourdes… comme tout le reste de mon coeur. ‘Tain, l’état de déchet…
« Hey…Jude… don’t make it bad » je chantonne, la voix enraillée, pâteuse, minable. Ma tête oscille à droite, à gauche, chopant une miette, une tache, « Take sad soOooooOOngand it betteeeeEeer… pam pam pam… pam pam… lâcheuse… Juuuuuude… sérieux… »

Je tend l’oreille, j’ai que ça à foutre… j’entends que je chante encore. « Ooooh garçon… allez… »

« … voilà… p’tain… prends un pantalon à ta taille » j’entends au loin. Attends, sérieux ? Ma tête pivote, et je prends appui sur mon front. Allez, Lloyd. T’es un bonhomme ! Tu te lèves ! Une main attrape un rebord de la table, l’autre fait pareil. Tête se lève, lentement, comme mon buste qui se lève un peu… allez… encore un effort, Lloyd ! C’est toi le leader du groupe, alors tu t’lèves, et tu vas les aider à faire pipi, ok ? C’est ton job, donc tu te lèves !
Je pousse sur mes bras, je me relève un peu. Mes grandes jambes se déplient. Allez, une ! Encore une et… je suis à genoux. La tête toujours sur la table, mais à genoux. Oh bordel ça me lance de partout… J’ai les genoux qui piquent à cause de ce foutu de tapis. Je souffle contre la table, ça fait de la buée. J’y pose mon nez, je le frotte un peu, de droite à gauche, droite, gauche…

« Voilà...Eh… mais… putain CHRIS ! C’est mon FROC ! Bouge, dégage de mon cuir putaiiiiiiin MAIS SÉRIEUX ! TU VAS M'L'ETIRER ! BORDEL ! »

Ouch… vaudrait mieux que j’aille voir… ou pas. Eh, non, t’sais quoi ? Si j’entends Jude crier jusqu’ici, j’imagine pas dans la salle de bain ou… ou qu’ils soient, en fait. Allez, Chris, courage. Courage…
Qu’est-ce qu’il fout avec le cuir de Jude ? Oh et, je m’en fous… mais d’une force… Qu’il se débrouille avec Jude. Elle est hyper chiante, question fringue.
En parlant de fringue… faudra que je retrouve les miens. Je me les pèle… je ricane.

« Eh, Juuuuude… Tu pourras regarder si il m’a pas… fauché le mien ? Il adore collectionner nos fringues… c’t’espèce de kleptooooo… kleeeeeptoooooo… »

Ça remue dans mon ventre, je le sens d’un coup, ça me remonte dans la gorge. Je me relève d’un coup, me précipite sur la gauche et chope le premier truc qui me passe sous les doigts pour vomir dedans.

596 mots

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

Trois cadavres sur le tapis PV PNJ
Ils avancent difficilement, lui courbé en deux pour se retenir et elle à moitié affalée sur lui parce qu'elle ne peut pas faire autrement. Dans d'autres circonstances, la scène aurait été si drôle que Chris se serait moqué et qu'il aurait ri jusqu'à avoir mal à la gorge. Mais là, il n'a pas du tout envie de rire. Alors il se contente d'avancer en tirant Jude avec lui ou alors c'est Jude qui le pousse, il ne sait pas trop. Chaque pas est plus douloureux que le précédent, sa vessie pleine à craquer manquant de se vider chaque seconde qui passe. Et son pantalon ne l'aide pas, il appuie sur son bas ventre, lui compresse les parties et lui serre les jambes, ce qui est flagrant maintenant qu'il marche. Pourtant, Christopher était à l'aise dedans quand il est parti de chez lui, hier.

Ils déboulent ensemble dans le couloir. Il jette un regard affolé à gauche puis à droite. Des portes des deux côtés. Son visage se tord en une grimace affligée ; trop de possibilités, pas assez de temps ! Un gémissement sort de sa bouche, un énième. Entre ses cuisses ses doigts se crispent, ce qui n'aide finalement pas du tout. Son autre bras qui s'est retrouvée allez savoir comment autour des épaules de Jude ramène la jeune femme contre lui.

« J'vais crever si j'pisse pas maintenant ! » braille-t-il à ses oreilles.

Alors il prend la première porte qui s'offre à lui, la plus proche. À gauche dans le couloir, une porte qui donne sur la pièce attenante au salon. Il l'ouvre à grand, en s'affalant dessus, entraînant une Jude trop lourde dans son sillage. Christopher cligne des yeux pour se protéger de la lumière qui se déverse d'une grande fenêtre. Et là, c'est la désillusion. Ce n'est pas les toilettes, seulement la cuisine. Une longue cuisine avec une table recouverte de plats à moitié dévorés et de vieilles bouteilles abandonnés, des plans de travail sur la droite et un évier.

« C'pas les toilettes, ça... »

Christopher s'affaisse contre le chambranle de la porte en poussant un râle de désespoir. Il n'a pas la force d'aller plus loin. C'est comme si quelqu'un sautait à pieds joints sur sa vessie. Et chacun de ses muscles lui fait mal, sans parler de sa tête et de son estomac dont il aurait déjà échoué à contrôler les spasmes s'il n'avait pas aussi envie de...

Il baisse la tête en sentant des doigts s'affairer sur son pantalon. Jude. Il regarde son visage puis tourne de nouveau les yeux vers ses doigts qu'elle glisse entre la ceinture de son pantalon et sa peau. Il ricane un peu parce que ça fait des chatouilles. Et arrête subitement de ricaner parce que ça secoue sa vessie.

« Ouais t'as raison, marmonne-t-il en essayant de déboutonner le pantalon. Faut l'enl... Faut que j'l'enl... »

Il pousse un soupir en se taisant. C'est trop dur de parler. Les mots s'embrouillent dans sa bouche, sont de la mélasse et dans sa tête, c'est encore pire. Réfléchir fait trop mal, il a seulement envie de se laisser tomber en avant et de ne plus penser à rien. Mais seulement après avoir fait pipi, parce qu'il doit vraiment, vraiment, vraiment faire pipi, là. Il entend la voix de Lloyd dans le salon, mais n'écoute pas ce qu'il baragouine. Un sourire reconnaissant s'étire sur les lèvres de Christopher en regardant Jude qui se plaint de son pantalon trop serré. C'est vrai qu'ils galèrent, le cuir ne veut pas glisser parce que c'est beaucoup trop serré, mais il est content qu'elle l'aide, c'est vraiment trop gentil de sa part.

« T'es vraiment suuuuuper, sourit-il, les yeux dans le vague. Suuuuper, Judie ! »

Oh, le bouton s'est ouvert ! Enfin ! Christopher glisse les mains sous le tissu, Jude tire aussi de son côté et il sent que ça va marcher, qu'il sera bientôt libéré et sa vessie le sent. Puis Jude se met à hurler tout à coup et son visage exprime quelque chose de vraiment pas sympa. C'est l'impression qu'en a Chris, du moins, qui sent son cerveau rebondir contre sa boite crânienne. Il lui faut un certain temps pour comprendre ce qu'elle raconte et encore plus pour saisir qu'elle a raison : ce n'est pas du tout son pantalon. Pendant ce temps-là, elle a eu le temps de s'accrocher au froc pour essayer de le lui enlever. Christopher se sent glisser contre le mur. Il se rattrape vaguement à la table, sa main plonge dans un plat en sauce refroidi dont l'odeur lui donne un haut-le-cœur qu'il peine à maîtriser parce que Jude essaie de lui enlever son pantalon.

« J'ai fait pas exprès ! glapit-il. J'sais même pas pourquoi j'le... Aaaah arrête, stop-top-top-top ! Ma vess... »

Un gémissement, il se recroqueville sur lui-même, ferme les yeux très fort pour retenir sa vessie, mais vraiment, là, il n'est pas sûr d'y arriver. Il est presque certain de sentir une goutte couler. Et ça le fait paniquer. Vraiment paniquer. Parce qu'il est désormais sûr et certain que Jude avait raison : c'est bien son pantalon à elle, parce que lui ne porterait jamais cette coupe-là. Donc c'est le sien, il ne sait pas du tout pourquoi il le porte, mais ce qu'il sait c'est qu'il doit pisser maintenant avant qu'une catastrophe arrive.

Christopher se redresse, attrape les mains entreprenantes de Jude, les écarte de son pantalon avant de la saisir par les épaules. Il la pousse sans le moindre effort, son regard paniqué plongé dans le sien, avant de se précipiter vers l'évier. Heureusement, les efforts de Jude ont payé et il n'a pas besoin de se débattre avec le pantalon. Sur la pointe des pieds, main appuyée contre le plan de travail, l'autre sur le meuble au-dessus, Christopher ferme les yeux lorsque la délivrance, merveilleuse et sensationnelle, survient. Un bruit de jet qui rebondit contre l'inox de l'évier retentit. Un poids appuie contre son dos. Il a vaguement conscience que c'est Jude qui essaie... de l'aider ? Peu importe. Un long gémissement s'échappe des lèvres du sorcier. Pendant de longues secondes, sans doute trop longues pour Jude derrière lui, Christopher est parfaitement incapable de faire attention à ce qui l'entoure tant la sensation de sa vessie qui se vide est agréable. C'est la meilleure chose qu'il ait faite ces derniers heures, ces derniers jours, ces derniers mois, il n'y a rien de mieux, vraiment rien.

Il ne dit rien jusqu'à ce qu'elle se soit entièrement vidée. Là, il prend conscience de trois choses : premièrement, il a tellement mal à la tête qu'il n'est pas sûr de pouvoir se retourner sans vomir ; deuxièmement, il a pissé devant Jude River et il en aura sûrement honte plus tard quand il sera capable de réfléchir ; et troisièmement...

Christopher prend soin de ranger tout ce qu'il y a à ranger avant de retourner lentement vers Jude en remerciant Merlin que le plan de travail supporte son poids car il n'est pas sûr que ses propres jambes puissent le faire.

« Ton pantalon..., commence-t-il d'une voix pâteuse et un peu gênée, les sourcils froncés pour essayer d'accommoder sur la femme, j'vais pas pouvoir t'le rendre. Parce que... » Un hoquet l'interrompt. Christopher serre le poing devant sa bouche, avant de reprendre : « J'sais pas où est passé mon caleçon... »

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« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

Trois cadavres sur le tapis PV PNJ
Les larmes aux yeux, la bouche encore ouverte, j’halète comme un boeuf. Je sais pas dans quoi j’ai gerbé, mais je vais pas regarder. Je souffle, le coeur qui tape comme un malade et résonne dans mon crâne. Je bascule en arrière pour retomber sur les fesses. D’un revers du poing, j’essuie ma bouche, puis la main sur le tapis. Oh la vache… ça remue plus dans mon bide, et ça fait du bien. J’ai moins l’impression de patauger dans un espèce d’océan en pleine tempête, t’as capté ?

Sur le cul, je recule pour m’éloigner de… ce truc… Mon dos heurte la table que j’ai abandonné plus tôt. Je pousse un long soupir d’aise en m’appuyant dessus. Putain… ça fait du bien, quand même. Je souffle un grand coup, et me redresse. Mollement. Mon corps se déplie, une patte après l’autre. Et enfin, je suis debout. Je titube, me rattrape à ma copine la table sur laquelle je reste penchée assez de temps pour compter les bouteilles. Dix neuf. C’est pas un chiffre rond. Ça me casse les…
Je tend l’oreille. Un bruit spongieux me fait tourner la tête vers le plat de pâtes dans lequel Jude a roulé et marché.

« Dolly ! »

La furette lève son museau plein de sauce tomate sur moi. Attends, c’est quoi le truc qu’elle a enroulé autour du bide… eh mais… c’est un slip ! Je baisse les yeux pour regarder mon entre jambe. J’ai le mien, et va savoir pourquoi j’ai pas le pantalon, ni les chaussettes et encore moins mon sweat-shirt. Quand je relève la tête, Dolly s’est barrée en poussant des petits put put put joyeux. « Pssssht ! Dolly ! Viens voir papa, mon bébé ! » Rien à faire, elle sautille partout, ce qui me permet de voir un peu le salon dans lequel on est. Ok… on est ni chez nous, ni chez Chris. Merde…


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Jude River - Soeur - 35 ans


J’ai envie de lui hurler dessus, et en même temps, à chaque fois que j’ouvre la bouche, j’ai l’impression que je vais… bref. Dés qu’il ouvre sa grande bouche, dés qu’il parle avec sa petite voix de gamine effarouchée, c’est comme si ma tête allait exploser. Ça résonne, ça résonne, un truc de dingue. Il pisse dans l’évier, j’entends le jet comme si il pissait dans ma tête. Je dis rien, je serre fort les yeux, j’écrase mon visage contre son dos… et j’espère qu’il videra sa vessie bientôt. Et… moi la mienne. Ça me pèse dans le bas du ventre modèle géant. Juré, dés qu’il a terminé de repeindre l’évier, je monte et c’est mon tour. Rah non, devant Chris, quand même ? Bon, c’est pas comme si on était à ça près, mais… non, lui il a peut-être pas de dignité, mais moi j’en ai une, et j’y tiens.
Enfin, il a terminé. Je me recule d’un pas, un petit pas. Les jambes serrées autant que les dents, je l’écoute ranger tout son attirail, les yeux penchés sur mon pantalon en cuir qu’il m’a étiré avec ses grosses fesses, lààààà ! J’ai la haine… je l’avais acheté hier, sérieux… Pince ou pas pince, il va me le repayer, j’en ai rien à foutre. Quand il se retourne vers moi, je lève le menton pour le fixer. Enfin, essayer. J’ai les yeux qui partent d’un côté, de l’autre… ou alors c’est lui qui tangue. Putain… je recule un peu pour appuyer mon dos contre le plan de travail. Je m’y accroche.
Dés qu’il commence par ton pantalon avec sa tête là… je fronce les sourcils, je regrette aussitôt, ça me flanque une barre dans la tête… Je ferme les yeux un instant, je souffle… et je me fige quand j’entends le reste.
Mes yeux s’ouvrent d’un coup sur son visage, ronds comme des culs de bouteille. Ils tombent sur son pantalon… MON pantalon.

« … T’as dit quoi, là…? » Ma voix s’étrangle. Je m’avance d’un pas, la main tendue vers lui, et lui chope l’épaule. Je le tire vers moi, mes yeux se plantant dans les siens. « … T’as enfilé mon froc… et t’as pas de caleçon…? » Je ferme les yeux. Ma tête trop lourde tombe contre son autre épaule, les lèvres entrouvertes frôlant sa peau, un espèce de souffle rauque s’en extirpant. Je le lâche pas. Putain, je vais pas le lâcher. Mais… j’ai besoin d’une pause. Une petite… le temps d’enregistrer l’info.
Ça galère, et j’en ai une autre qui m’arrive en plein dans le bide.
« … faut que j’aille faire pipi… »

760 mots

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