fanfiction La Voie des Champions

La Voie des Champions


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Résumé : Chaque année, l’école de Magie Durmstrang organise divers tournois. Mais tous les deux ans, le tournoi le plus prestigieux est organisé : le Championnat de l’école, où les meilleurs élèves s’affrontent dans une série d’épreuves redoutables pour la gloire éternelle. Cette année, pour la première fois depuis des siècles, des journalistes ont été autorisés à couvrir l’événement. Ainsi, chers lecteurs, je vous invite à me suivre, moi, Audrey Smith, envoyée spéciale de la Gazette du Sorcier, a pénétré dans cet univers impénétrable qu'est Durmstrang.

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Chapitre 1 : L’arrivée des journalistes à Durmstrang


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Le froid mordant du nord de la Russie s’insinuait jusque sous mes vêtements les plus épais, je me trouvais à bord du navire fantôme qui glissait silencieusement sur les eaux glacées du lac Ladoga. La brume dense enveloppait l’embarcation, j’aurai été incapable de reconnaître le chemin que nous avions pris, tant je n’arrivais à ne rien percevoir, même en plissant mes yeux. Par ailleurs, l’atmosphère était étrangement silencieuse. Tout cela s’ajoutait à l’aura de mystère qui entourait Durmstrang, l’école de sorcellerie la plus secrète d’Europe.

Je serrai plus fermement les pans de mon manteau en laine autour de mon corps et j’observai les autres journalistes qui m’accompagnaient. Ils étaient cinq en tout, chacun représentant un continent, un choix probablement calculé par le directeur Andreï Volkoski pour montrer une ouverture internationale soigneusement maîtrisée.

Arthur Morgan, l’Américain du Nord, était un homme grand et large d’épaules, vêtu d’un manteau de cuir noir qui semblait plus adapté à un western qu’à la Russie enneigée, mais il ne semblait pas avoir froid, sans doute s’était-il lancer un sortilège de réchauffement. Il mâchonnait distraitement un cure-dent, ses yeux clairs scrutant les environs avec une méfiance que je partageais. Pablo Portas, représentant l’Amérique du Sud, avait un air plus détendu. Son écharpe en laine multicolore, probablement tissée à la main, tranchait avec la grisaille ambiante. Il esquissa un sourire chaleureux lorsqu’il croisa mon regard, mais je n’étais pas d’humeur à lui répondre.

Okoye Massan, la représentante de l’Afrique, semblait imperturbable. Elle était élégante, dans un long manteau noir, et tenait fermement une sacoche en cuir où elle rangeait ses notes et son matériel. Enfin, Jongkyun Lee, l’Asiatique, était le plus jeune du groupe. Il observait tout avec des yeux vifs et curieux, tenant une caméra d’apparence moldue mais qui émettait de temps en temps un léger sifflement, je me suis dis que je devrais l’interroger dessus à un moment.

Je me demandai si eux aussi ressentaient cette appréhension sourde qui montait à mesure que le château de Durmstrang se dessinait à travers le brouillard. L’imposant édifice semblait taillé directement dans la roche, ses murs austères se dressant comme une menace silencieuse. Les fenêtres étroites brillaient faiblement, illuminées par des flammes vacillantes, et le tout dégageait une impression d’inhospitalité. Le navire accosta sans bruit au quai de pierre, et les journalistes descendirent, accueillis par un groupe de sorciers en manteaux rouges bordés de fourrure noire. Au centre, Andreï Volkoski, le directeur de Durmstrang, les attendait. C’était un homme de grande taille, son visage dur et taillée comme de la pierre ne trahissant aucune émotion. Ses cheveux gris impeccablement peignés et son regard glacial donnaient l’impression qu’il pouvait sonder votre âme en un coup d’œil.

- Bienvenue à Durmstrang, déclara-t-il d’une voix grave et posée, en anglais avec un fort accent russe. Vous êtes ici pour couvrir un événement unique dans l’histoire de notre école. Toutefois, il y a des règles. Vous serez encadrés en permanence, et toutes vos interactions avec nos élèves et notre personnel devront être supervisées. Toute infraction entraînera votre expulsion immédiate.

Je sentis une bouffée d’indignation monter en moi. Je n’aimais pas les restrictions, et encore moins ce genre de discours, ne connaissait-il pas la liberté journalistique ? La liberté d’expression ? Je croisai les bras, levant un sourcil, mais je ne dis rien, car le moment n’était pas venu de provoquer une confrontation, bien que je susse que je poserai des questions, tôt ou tard.

Nous fûmes conduits à travers le château pour une visite guidée. L’intérieur était aussi austère que l’extérieur, avec ses murs de pierre brute, ses cheminées imposantes où brûlaient des feux qui peinaient à réchauffer l’air glacial, et ses longs couloirs éclairés par des rangées de bougies magiques. Le réfectoire, où se tiendrait la cérémonie d’accueil, était un vaste espace avec des tables rectangulaires et de grandes bannières représentant les différentes maisons. Tout était fonctionnel, presque militaire, dépourvu de la moindre chaleur ou convivialité.

- Vos chambres se trouvent dans l’aile nord du premier étage, annonça le sous-directeur Mitko Borisov, un homme petit mais trapu, avec des cheveux clairsemés et des lunettes rondes. Vous serez appelés à 18h précise pour assister à la cérémonie. Soyez prêts.

Les chambres étaient exactement comme je l’avais imaginé : spartiates. Un lit, une petite commode, une chaise et une table. Les murs de pierre nus renforçaient l’impression d’être dans une cellule. Je déposai ma valise près du lit, soupirant et pensant qu’au moins j’allais m’améliorer dans les sortilèges pour me réchauffer. Puis, je m’assis sur le matelas dur, jetant un regard par la petite fenêtre étroite qui donnait sur la forêt de conifères. La vue était magnifique, mais cela ne suffisait pas à dissiper le sentiment oppressant que je ressentais. Je m’allongeai en fermant les yeux, essayant de ne pas penser au fait qu’ici, chaque regard, chaque mot, et chaque mouvement seraient surveillés.

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Chapitre 2 : La cérémonie d’accueil


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J’avais choisi une tenue qui combinait élégance et praticité pour affronter le froid de Durmstrang tout en restant professionnelle. Ainsi, je portais une robe en laine épaisse de couleur prune, descendant jusqu’aux genoux, avec un col roulé orné de broderies argentés, rappelant des runes. Par-dessus, j’ai enfilé un long manteau noir, cintré à la taille par une ceinture en cuir sombre. Et j’avais des bottes en cuir noir brillant qui montaient juste en dessous des genoux, doublée de fourrure pour me protéger du froid. Peut-être que le manteau était de trop, mais je n’étais pas encore habitué à de telles températures. À 17h55 précises, trois coups nets furent frappés à ma porte. Je me levai rapidement et ouvris.

Devant moi se tenait une femme d’une élégance froide et impeccable. Miroslava Todorova Savova, professeure de Magie élémentaire, qui m’avait été présentée plus tôt comme l’une des figures les plus respectées et redoutées de l’école. Sa longue chevelure noire encadrait un visage fin, mais ses traits, renforcés par un maquillage sombre, donnaient l’impression qu’elle ne souriait jamais.

- Madame Smith ? dit-elle d’une voix douce.

- Oui, c’est moi, répondis-je en essayant de masquer ma nervosité.

- Suivez-moi, je vous prie.

Elle pivota sans attendre et commença à marcher d’un pas sûr dans les couloirs du château. Je tentais de ne pas trébucher sur les pavés inégaux en la suivant. Le trajet nous fit traverser un dédale de couloirs à la lumière vacillante des bougies, illuminant des tapisseries sombres, brodées de motifs représentant des créatures magiques qui semblaient nous observer et des paysages montagneux. Arrivés au rez-de-chaussée, nous pénétrâmes dans le réfectoire, une vaste salle à l’atmosphère pesante. Les murs de pierre brute montaient haut jusqu’au plafond voûté où des runes s’illuminaient doucement, projetant une lumière froide, je ne reconnais pas tous les symboles, mais je me promis de les prendre en photo pour les faire étudier, elles étaient magnifiques. Les tables rectangulaires en bois sombre étaient alignées avec une précision militaire.

Tous les élèves étaient déjà debout, alignés derrière les tables, revêtus de l’uniforme rouge et noir typique de Durmstrang. Je n’avais jamais vu des élèves aussi silencieux, ils ne bougeaient pas, on aurait dit des statuts. Miroslava m’indiqua d’un geste une table réservée aux journalistes, placée à l’avant de la salle, face aux élèves et près de la table des professeurs. Les autres journalistes étaient déjà assis, chacun observant la scène avec un mélange de curiosité et de malaise. Puis, le silence se renforça et une note claire et puissante s’éleva, portée par une centaine de voix d’élèves. Les paroles, en russe, retentirent dans la salle :
« Nous somme la pierre, nous somme le feu,
Nous sommes la fierté de l’imposante Durmstrang.
Malgré le vent et le froid, nous forgeons notre force,
Par la Magie, nous dévoilons notre héritage.
Notre savoir est une flamme,
Nos épreuves, un chemin vers la gloire.
Vive Durmstrang, indomptable et fière,
Que son nom reste dans les mémoires ! »
Une émotion brute se dégageait de ce chant, ce qui me fit frissonner. Malgré la rigueur apparente de cette école, il était évident que ses élèves ressentaient une immense fierté envers leur école. À la fin du chant, le directeur de Durmstrang, Andreï Volkoski, se leva et d’un geste de la main, tout le monde s’assit en silence.

- Bienvenue, chers élèves, anciens et nouveaux, commença-t-il de sa voix grave. Ce soir marque le début d’une année exceptionnelle, et d’un événement qui ne se produit que tous les deux ans : le Championnat de l’école.

Les murmures excités des élèves furent vite réprimés par un simple regard de Volkoski.

- Ce tournoi qui symbolise l’excellence de Durmstrang, est une tradition remontant à 1294. Les règles sont simples : chaque épreuve testera vos compétences que vous avez pu acquérir tout au long de ces six années d’études. Chaque étape permettra d’éliminer les candidats les moins performants. À la fin, il n’en restera qu’un, le Champion, représentant notre école avec honneur.

Je ne pus m’empêcher d’être surprise par l’intensité presque féroce dans les yeux de certains élèves. Ce championnat semblait être plus qu’une compétition, c’était un chemin vers la gloire et la renommée pour eux. Volkoski sortit sa baguette et murmura une incantation. La pointe de sa baguette s’illumina d’une lueur argentée qui se divisa en cinq filets qui serpentèrent dans les airs avant de s’arrêter devant cinq élèves, illuminant leur visage.

- Voici les cinq élèves choisis pour ce tournoi, grâce à leurs résultats exceptionnels durant ces six dernières années.

Il les nomma un à un.

- Anna Ivanova.

Une jeune fille aux longs cheveux blonds tressé, au visage angélique et à la silhouette frêle se leva. Mais, sa posture droite et son regard déterminé montraient une force intérieure.

- Milena Luba.

Une jeune fille brune, à la silhouette élancée, aux traits marqués et un regard perçant, se leva à son tour.

- Nicolas Andreev.

Un garçon à la silhouette imposante, avec des épaules larges et un air de défi, s’inclina légèrement devant le directeur.

- Dimitri Belinski.

Grand, à la silhouette athlétique, il avait un sourire en coin qui montrait une grande confiance en lui.

- Serge Bolkonski.

Ce dernier était un garçon mince, mais dans ses yeux sombres, brillait une intelligence redoutable. Volkoski se tourna alors vers notre table.

- Chers journalistes, chacun d’entre vous se verra assigné un champion.

Je me redressai légèrement lorsque Miroslava s’approcha de moi et sans un mot, désigna Anna Ivanova, d’un geste de la main. Mon regard se posa sur elle et elle m’offrit un sourire discret. Elle était belle, mais semblait presque fragile à côté des autres candidats. Je me demandais si elle avait réellement une chance de gagner.

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Chapitre 3 : Une journée avec Anna


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Une autre matinée glaciale s’était levée à Durmstrang. J’eus toutes les difficultés au monde à me motiver pour ne serait-ce que sortir l’extrémité de mes orteils. Cependant, je n’eus guère le choix et le froid mordait encore lorsque je retrouvai Anna sur le parvis de l’aile nord. Aujourd’hui, j’avais opté pour une tenue élégante et chaude : un pantalon en laine beige, un pull en cachemire noir sous un long manteau bleu nuit avec un col en fourrure noire. Le tout complété par une paire de bottes en cuir noir, des gants assortis et mes cheveux relevés en un chignon strict. Évidemment, cette tenue avait été pensée pour être fonctionnelle et renvoyé l’image d’une journaliste investie dans son travail. D’ailleurs, j’avais avec moi, mon fameux carnet en cuir noir que je comptais bien remplir tout au long de la journée.
Anna, elle, avec ses cheveux blonds soigneusement tressés, se distinguait dans ce paysage grâce à son uniforme, sa fourrure marron indiquait qu’elle suivait le cursus « Voie de la Magie des Esprits », et la boucle de sa ceinture cuivrée indiquait son statut de Sang-Mêlé. Bien évidemment, je notai tout cela dans mon carnet. À ses côtés, la présence silencieuse mais pesante de la professeure Larina Kirillovna m’indiquait que tout écart était interdit : aucune question personnelle, aucun trouble lors des cours, et surtout, le secret absolu sur le Championnat. Malgré l’agacement que sa présence me procurait, je lui souris, en retour elle hocha la tête avec un air glacial. Eh bien, espérons qu’elle se dégèle un peu, songeais-je en souriant à ma blague, mais je le perdis rapidement quand ses yeux se posèrent sur moi. Puis, je les suivis pour cette journée.

05h45 – Réveil
Comme je n’avais pas accès aux dortoirs, sans doute pour une question de sécurité des élèves ou pour garder un secret, Anna me confia, à voix basse, les apparences de sa chambre. Contrairement aux dortoirs chaleureux de Poudlard auquel je fus habituée durant ma scolarité, à Durmstrang, les élèves étaient regroupés par cursus, dans une chambre de quatre, un espace restreint, une seule bougie pour éclairer la pièce et une salle de bain commune qui possédait le strict nécessaire pour répondre à ses besoins.
Carnet d’Audrey :
On ressent ici une rigueur glaciale dès le réveil. Aucun luxe n’est permis, aucune distraction, juste le strict nécessaire pour répondre aux besoins des élèves. Je me demande si Durmstrang est bien une école ou un camp militaire…

06h00 – Renforcement mental et physique
On me conduisit dans la cour intérieure sans fioriture, de forme carrée, un sol en pierre gelée. Alors que je tentais de me réchauffer avec un sortilège, j’observai avec effroi les élèves retirés leurs chaussures, se positionnés dans la cour et commencés à exécuter des mouvements lents avec une parfaite synchronisation. J’observai Anna qui avec une expression impassible, semblait transcender la douleur du froid.
Carnet d’Audrey :
Durant 45 minutes, les élèves ont bravé le froid, sans aucune plainte. D’après ce que j’ai pu observer l’exercice du renforcement paraît être une métaphore de la philosophie de Durmstrang : affronter l’adversité et repousser ses propres limites.

06h45 – Petit-déjeuner
Le réfectoire offrait une lumière tamisée et semblait tellement plus chaud qu’hier soir, sans doute, à cause des 45 minutes passés sous ce froid glacial. Contrairement à la cérémonie d’accueil, le repas fut frugal : pain noir, ragoût de betteraves, œufs pochés. Encore une fois, je ne pus m’empêcher de comparer aux repas à Poudlard, et en regardant mes collègues, j’ai vu qu’ils pensaient la même chose. Autour des tables, les discussions chuchotées se faisaient rares.
Carnet d’Audrey :
Ici, tout semble chronométrée à la seconde près, même pendant un repas où il y a peu de choix. Malgré les quelques discussions, la plupart des élèves sont silencieux, concentrés sur leur assiette, sous l’œil vigilant de certains professeurs. Je me demande quand peuvent-ils relâcher la pression, où peut-être est-ce dû à notre présence…

07h55 : Étude de la Mort avec Spravtsev Rollan Tikhonovich
Avec Okoye Massan qui suivait Serge Bolkonski qui était dans le même cursus que ma protégée, nous pénétrâmes dans une salle circulaire aux allures de sanctuaire. Les murs, couverts de fresques représentaient d’anciens rites et des silhouettes fantomatiques, rien de bien chaleureux. De lourds rideaux noirs atténuait la lumière et une odeur de cire flottait dans l’espace.
Le professeur fit son entrée dans un silence quasi religieux. Physiquement, il imposait le respect : un homme massif, au crâne rasé, à la mâchoire carrée et aux traits marqués par l’expérience. Sa peau portait les marques d’une vie rude, et ses yeux, sombres et perçants, semblaient capable de sonder votre âme. Il se positionna devant le bureau, face aux élèves, et sa voix grave et lente, presque rocailleuse retentit :
- Aujourd’hui, pour cette première partie de l’année, nous commencerons l’étude des Inferis. Cette étude vous permettra de comprendre les mécanismes d’un inferis de sa création à sa mort et surtout comment s’en protéger.
Commença alors une cours théorique passionnant faisant références aux anciennes guerres sorcières où certains mages noirs utilisaient les inferis comme des armes. Cependant, il nuança en disant que certains sorciers, souvent des Sang-Pur de vieilles familles, les utilisaient pour protéger leur tombeau ou d’autres lieux. Puis, commença une partie pratique, où les élèves devaient examiner un crâne d’inferi et trouver la signification des gravures et runes inscrites.
Carnet d’Audrey :
4h de cours passionnant, j’avais déjà entendu parler des Inferis, mais je me rends compte que je ne connaissais rien à ces créatures des ténèbres. Par ailleurs, ce fut l’occasion pour moi de constater l’intelligence d’Anna qui fut une des seules, avec Serge, à déchiffrer toutes les runes et gravures de son crâne.

12h – Déjeuner
De retour au réfectoire pour déjeuner un autre repas frugal : potage de légume et des tranches de viande séchée, j’en profitais pour échanger avec mes collègues sur leur impression de cette première matinée. On avait tous la même impression : une rigueur à toute épreuve, des cours intéressants et des champions vifs d’esprit. Cependant, je ne pus m’empêcher de remarquer qu’Anna se montrait toujours réservée, elle prenait très peu de nourriture, la mastiquait lentement et surtout elle ne participait à aucune conversation. Ainsi, je tentai de l’aborder, mais aussitôt Larina Kirillovna apparut à mes côtés et aux quelques questions que je pus poser, je reçus d’Anna des réponses claires mais qui ne laissaient transparaître aucune personnalité.
Carnet d’Audrey :
Il est 13h et les élèves ont une heure d’étude, même ça, c’est imposé dans leur emploi du temps. Ainsi, j’en profite pour faire part de mes nouvelles observations : Anna n’a pas d’amis, elle est seule, elle mange seule, elle révise seule et en classe, elle s’assoit seule. Je me demande si cet isolement est subit ou voulu, je vais devoir travailler mes questions pour l’interview si je veux recevoir des réponses intéressantes…

13h55 – Légilimancie avec Lennart Ström
Le dernier cours de la journée avait lieu dans une salle plus sombre que les autres, entièrement ronde, sans fenêtre, seulement éclairée par une lumière bleutée émanant du plafond.
Le professeur Lennart Ström était déjà là quand nous arrivâmes. Je ne pus m’empêcher de remarquer à quel point, il était bel homme, il ressemblait à un seigneur du nord : grand, élancé, vêtu d’un manteau sombre bien ajusté, la tête légèrement inclinée comme s’il jugeait chacun de nos mouvements. Sa chevelure argentée, longue et soigneusement tirée en arrière, encadrait son beau visage. Mais surtout, ses yeux gris acier, perçants et froids, semblaient capables de sonder toutes mes pensées. D’ailleurs, c’était sans aucun doute le cas, vu la discipline qu’il enseignait, ainsi je détournai rapidement le regard, sans raté le petit sourire moqueur qui étirait ses lèvres. Sa voix basse et pénétrante résonnait dans le silence de la salle :
- Cette année, vous allez perfectionner l’art de la lecture des pensées et l’art de la modulation vocale pour influencer vos interlocuteurs. Debout et en binôme.
Anna fut la première à lire dans les pensées d’un camarade, je ne pus m’empêcher de remarquer qu’elle évita soigneusement Serge. Puis, à influencer sa voix pour obtenir une demande précise :
- « Donne-moi ton encrier. »
Sa camarade obéit sans broncher.
Carnet d’Audrey :
Je dois vous avouer que ce cours m’a glacé le sang, les élèves semblaient entrés dans les esprits des autres avec une telle facilité. Surtout Anna qui bien que discrète, montre une maîtrise inquiétante dans cette discipline. Je me demande si durant l’interview et les autres cours, je dois éviter tout contact visuel avec elle.

18h – Club
C’est la fin des cours. Les élèves participent soit à un club ou soit vont en étude pendant deux heures. Anna m’indique qu’elle est inscrite au club de duel. Malheureusement, je ne pourrais pas la voir en action, car ce créneau a été choisi pour que nous puissions interviewer nos champions.
Carnet d’Audrey :
Durmstrang est un institut passionnant, certes l’austérité et la rigueur peut en faire fuir plus d’un, je comprends mieux pourquoi ceux qui ne peuvent pas y résister sont simplement renvoyer chez eux. J’ai appris beaucoup de chose sur ma championne : Anna cache un intellectuel et une force insoupçonnée. En outre, j’ai entrevu les rouages de cette institution au système impitoyable… et je suis désormais encore plus déterminée à en dévoiler tous les secrets.

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Chapitre 4 : L’interview


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La salle d’interview était petite et intimiste, un contraste saisissant avec l’austérité habituelle de Durmstrang. Les murs étaient lambrissés, une douce chaleur nous enveloppait, des chandelles éclairaient la pièce, et la table ronde en bois sombre donnaient presque l’impression d’un salon privé. Pourtant, la présence de Larina Kirillovna, debout près de la porte, bras croisés et regard glacial, me ramenait à la réalité, cet échange serait strictement surveillé.

Je pris place sur un fauteuil confortable, posant mon carnet devant moi. J’avais passé la journée à réfléchir aux questions que je poserais, car il me fallait obtenir des réponses intéressantes. Au vu du silence régnant dans la salle et le regard concentré de mes confrères, ils devaient sans doute penser la même chose. J’étais la première à passer, les autres journalistes assisteront à mon entretien à Anna, tout comme j’assisterai aux leurs.

Anna entra sans bruit. Comme toujours, son uniforme était irréprochable. Ses cheveux blonds, tressés, encadraient son visage pâle et sérieux. Elle s’assit, les mains posées bien à plat sur ses genoux, me fixant de ses yeux calmes. Je lui adressai un sourire cordial.

- Merci d’être venue, Anna. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

- Bien, merci, madame Smith, répondit-elle poliment, sa voix douce mais parfaitement maîtrisée. Aucune émotion dans son ton, rien.

Je décidai de commencer par des sujets anodins en apparence pour la mettre en confiance.

- Parlons un peu de votre baguette. De quoi est-elle faite ?

- Bois d’if. Cœur de crin de sombral. Fabriquée par un artisan de la lignée Gregorovicth. Elle est rigide, précise et exige de la discipline.

Je notai rapidement : Baguette sombre et exigeante = reflet de sa personnalité. Choix qui semble assumer.

- Avez-vous une matière préférée dans votre cursus ?

- La légilimancie, répondit-elle sans hésiter. Comprendre l’esprit des autres, c’est… fascinant. Et utile. Elle eut un petit sourire qui me mit mal à l’aise. Vous savez, on apprend beaucoup en écoutant ce qui n’est pas dit.

Je fis semblant de sourire, tout en me promettant de rester sur mes gardes. Observation constante. Danger potentiel. Maintenant, je décidai de revenir à son parcours pour mieux comprendre qui elle était.

-Pouvez-vous me décrire votre arrivée à Durmstrang ?

- Tout est décidé dès la naissance, dit Anna d’un ton neutre. Deux jours après ma venue au monde, un aigle bicéphale a apporté la lettre scellée de l’école. Elle contenant la date, l’heure et le lieu d’embarquement sur le navire fantôme. Elle eut un léger sourire, presque amer. Mon destin était tracé avant même que je ne dise mon premier mot.

Elle poursuivit :

- À onze ans, le directeur m’a soumise à un entretien d’orientation. Il me posait des questions et à un moment, il m’a tendu un objet. Je l’ai tocuhé sans hésiter. Puis, il a récité une phrase en ancien russe et m’a demandé de la répéter. Je ne connaissais pas la langue, mais je l’ai fait et sans faute.

Un éclat passa dans ses yeux, presqu’imperceptible.

- Il a seulement dit : « Voie de la Magie des Esprits ». Et ma pelisse a changé de couleur.

Je notai rapidement dans mon carnet : réflexes rapides. Bonne intuition. Déjà promise à la Voie des Esprits.

Tandis que l’interview se passait bien, j’eus l’impression d’avoir réussis à fissurer la glace entre nous. Ainsi, je décidai de m’intéresser à son isolement.

- Aujourd’hui, j’ai remarqué que vous étiez souvent seule que ce soit en classe, aux repas ou même pendant les pauses. Est-ce un choix ?

Un long silence. Son regard se posa sur moi, intense. Pendant un moment, je cru bien qu’elle ne répondrait jamais à ma question.

- À Durmstrang, la solitude est une protection. Sa voix restait douce mais glaciale. Beaucoup pensent que je suis distante. En réalité, j’observe. Les gestes, les silences, les regards… tout est information. Parler, c’est se découvrir. Alors que se taire, c’est se préserver.

- Et cela ne vous pèse pas ?

- Non. La solitude me rend plus forte. Ses lèvres s’étirèrent en un petit sourire. Et elle me donne un avantage que d’autres n’ont pas.

À cette réponse, je sentis un frisson me parcourir. Elle ne subissait pas son isolement. Elle le cultivait. En regardant ma montre, je me rendis compte que la fin de l’entretien approchait. Il était donc temps de poser la question clé. Je pris une profonde respiration, choisissant mes mots avec soin.

- Pourquoi voulez-vous devenir championne, Anna ?

Cette fois, elle eut un petit rire sans joie.

- Parce que personne ne s’y attendait. Ses yeux brillèrent d’une intensité nouvelle. On me voit comme une élève sérieuse, peut-être même fragile, invisible. Mais, je pense que l’ombre peut frapper bien plus fort que la lumière.

Elle se pencha légèrement vers moi, sa voix plus basse, presque hypnotique.

- Je veux leur prouver qu’ils avaient tous tort. Mes camarades, mes professeurs, ma famille et moi-même.

Pendant un moment, je restai immobile, fascinée et légèrement terrifiée avant de noter fébrilement : ambition brûlante sous une façade calme. Une détermination qui pourrait devenir une obsession.

Larina Kirillovna s’avança et d’un ton sec annonça la fin de l’entretien. Anna se leva avec grâce, son visage redevenu parfaitement neutre. Elle inclina la tête, puis quitta la pièce sans un mot.
Carnet d’Audrey
Silence comme arme. Solitude choisie, pas subie. Elle se voit comme une ombre qui frappera au moment opportun. Derrière la fragilité apparente se cache une ambition implacable. Elle ne veut pas seulement gagner, elle veut être vue et briller.
Après l’entretien avec Anna, j’assistai aux interviews des autres champions et notai mes impressions.
Carnet d’Audrey
Milena Luba : c’est une chef née. Charismatique et autoritaire. Sa confiance peut être un atout, mais aussi une faiblesse. Elle se voit déjà comme un général victorieux. Cet excès de confiance va-t-il provoquer sa chute ?
Nicolas Andreev : C’est une machine à réfléchir. Brillant, mais sans vie. Tout semble être calcul, comme s’il jouait aux échecs et que chaque personne est un pion. Impressionnant, mais peut-être trop prévisible.
Dimitri Belinski : Quel charmeur ! Il vous séduit avec ses paroles, mais ce masque semble cacher quelque chose. Un traumatisme ? Ou un secret honteux ?
Serge Bolkonski : Intimidant. Il est l’incarnation même de Durmstrang. Froid, discipliné, implacable. Je ne sais pas s’il veut gagner pour lui-même ou pour quelqu’un d’autre. Mais je suis sûre qu’il ne reculera devant rien pour s’assurer la victoire… effrayant…
En sortant de la salle, je refermai mon carnet d’un geste sec. Ces cinq élèves débordaient d’ambition. Mais c’était Serge et Anna qui m’avaient le plus marqué, j’avais hâte de voir leur évolution durant ce tournoi.

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Chapitre 5 : La cérémonie d’ouverture


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Aujourd’hui, l’air froid ne me fis pas frissonner autant. Cela étant sans doute dû à l’excitation liée à ce jour solennel : l’ouverture du tournoi. On nous plaça sur une estrade en hauteur, avec une vue plongeante sur toute la cour. Je ne pus m’empêcher de remarquer que notre place n’était pas neutre, car nous étions placés pour voir, mais aussi pour être vus.

Ainsi, je fus heureuse d’avoir choisi avec soin ma tenue : un long manteau bleu nuit bordé de fourrure noire, une longue robe en laine noire cintrée à la taille par une ceinture fine en argent et des bottes hautes lacées en cuir. Mes collègues avaient aussi sorti leurs plus beaux atours : Arthur portait un manteau en tweed, Okoye était drapée dans une cape vert sombre aux broderies dorées, Pablo portait un pull roulé bleu nuit sur un pantalon noir et Jongkyun, un impeccable costard noir.

Un tambour retentit. Puis, un autre. Puis, l’ensemble des tambours et le défilé commença.

Des centaines d’élèves vêtus de leur uniforme avancèrent en colonnes, même rythme, mêmes pas, même respiration. Chacun portait sa baguette tenue contre la poitrine, pointe vers le haut, comme une arme. Puis, le professeur Savova fit un geste et les rangs changèrent de formation.

D’abord, un cercle parfait. Un symbole d’unité, montrant que les élèves de l’école ne formaient qu’un seul corps.

Puis, les colonnes se resserrèrent, pivotèrent, et formèrent un triangle. Un symbole de puissance montrant une structure et une hiérarchie.

Ensuite, avec une incroyable précision, les lignes se brisèrent en un mouvement unique et se reformèrent en une longue ligne verticale, parfaitement droite, plantée au milieu de la cour comme une épée. Cela pouvait symboliser une frontière ou un passage.

Cependant, en voyant ces trois formes, j’échangea un regard avec mes collègues. Je ne fus donc pas la seule à le remarquer. Les élèves venaient de tracer, sans nommer, sans commenter, le symbole des Reliques de la Mort. C’était audacieux de la part du directeur, ou provocateur.

Un jeune homme s’avança, il devait être en dernière année. Il porta sa main droite à son cœur, il fut suivit par les autres élèves, il inspira, puis entonna un chant grave, dont le refrain fut chanté par ses camarades :

Nous sommes solide comme la glace.
Notre cœur brûle d’un feu ardent.
Nous avançons sans connaître la peur.
Nous ne reculons jamais.

Durmstrang, nous ne faisons qu’un.
Durmstrang, nous sommes la force.
Durmstrang, nous sommes et nous seront.


Nous sommes l’acier forgé dans l’ombre.
Nous sommes le vent qui brise le silence.
Aucun chemin ne nous arrêtera.
Aucun ennemi ne nous vaincra.

Durmstrang, nous ne faisons qu’un.
Durmstrang, nous sommes la force.
Durmstrang, nous sommes et nous seront.


Les voix résonnaient sans vibrato, sans tremblement. Pas d’émotion. On aurait dit un serment plutôt qu’un chant d’ouverture d’une cérémonie. Nous nous regardâmes se demandant si nous devions applaudir ou pas. Au moment, où Pablo commença à applaudir, le directeur, Andreï Volkoski se leva et le silence se fit encore plus lourd.

- Depuis 1294, à travers ce tournoi, Durmstrang forge celles et ceux qui ne reculent devant rien. On nous craints, on nous a jugés, on nous a détestés.

Il marque une pause.

- Ce fut un honneur.

Ses yeux se posèrent sur nous.

- Aujourd’hui, le monde sorcier est instable. Les alliances d’hier vacillent et se défont. C’est pourquoi, pour la première fois, nous ouvrons ce Championnat. Non pour chercher l’approbation, mais pour laisser au monde constater que Durmstrang fut, que Durmstrang est et que Durmstrang sera.

Autour de moi, personne n’osait respirer.

- Que l’Europe regarde. Que les Amériques observent. Que l’Afrique constate. Que l’Asie remarque. Et qu’ils se souviennent d’une chose. Durmstrang ne faiblit pas, Durmstrang s’impose.

Puis, un tonnerre d’applaudissement retentit. Cela dura bien 5 minutes avant que le directeur ne lève une main. Ce fut comme un signal, les applaudissements cessèrent et les élèves, en rang, prirent place sur les estrades. Les tambours reprirent et le directeur adjoint, Mitko Borislavov Borisov, s’avança et prononça d’une voix claire :

- Que s’avancent ceux qui ont été jugés dignes.

Les élèves se levèrent comme un seul homme.

- Milena Luba qui étudie la voie de la magie des éléments.

Sa pelisse rouge semblait plus flamboyante que les autres. Elle marchait sans hésitation, le menton haut, avec une certaine arrogance, chaque semblait dire : « je suis née pour être vue ». Elle s’arrêta devant l’estrade des professeurs, face à nous, posa la main sur le cœur et attendit.

- Nicolas Andreev, élève de la voie de la magie des individus.

Il avança à son tour. Ses pas étaient plus mesurés, plus calculés. Son regard balayait les lieux. Puis, il s’inclina brièvement d’un arc parfait.

- Dimitri Belinski qui suit la voie de la magie des découvertes.

Il marchait d’un pas déterminé, sûr de lui, un sourire léger sur les lèvres, les cheveux brillants, l’œil vif. Il fit une révérence qui semblait presque trop extravagante pour un élève de Durmstrang, je ne pus m’empêcher de sourire.

- Serge Bolkonski, élève de la voie de la magie des esprits.

J’eus l’impression que l’ambiance changea. Il marchait comme un homme qui n’a rien à prouver, parce qu’il sait déjà qu’il peut traverser tous les obstacles qui se dresse sur sa route. Il s’arrêta aux côtés de ses camarades, mais ne fit aucun geste solennel, ni révérence.

- Anna Ivanova, élève de la voie de la magie des esprits.

Elle n’avait ni une démarche d’une combattante, ni une démarche déterminée. Elle marchait juste, elle semblait presque effacée. Pas d’une manière soumise ou timide, juste il n’y avait rien de particulier dans sa démarche. Elle ne salua pas le public et regarda seulement le sol, comme si elle était déjà en train de l’étudier.

- Voici ceux qui portent l’honneur de Durmstrang. Qu’ils affrontent ces épreuves et révèlent leur force.

Un gong résonna, les élèves s’assirent. Le sol se fissura et la cour se transforma. La première épreuve allait commencer.

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fanfiction La Voie des Champions
Chapitre 6 – Le Cercle des Éléments


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L’arène, au centre de la cour intérieure, avait entièrement changé de forme. Les dalles avaient glissé les unes contre les autres, dévoilant un immense cerclé gravé de runes. Le vent s’était levé et un lourd silence pesait sur les spectateurs, aggravant la tension. Les cinq champions se tenaient prêtes.

Puis, un tambour retentit. Lent. Solonnel. Le sous-directeur Borisov leva les bras et annonça d’une voix claire :

- Voici la première épreuve, le cercle des éléments qui mettra en avant la voie de la magie des éléments. Cependant c’est l’adaptation, l’endurance et la maîtrise de soi qui permettront de réussir.

La chaleur arriva d’un seul coup. Le sol se fissura et des flammes jaillirent. Dimitri ne recula pas. Il eut une seconde d’immobilité, tandis qu’il observait la situation. Il suivait les mouvements du feu, puis il se mit en mouvement. Ses pas étaient rapides, comme s’il dansait, il contournait les flammes en suivant un rythme que seul lui comprenait. Ce fut un beau spectacle. Les autres utilisant d’autres tactiques réussirent à passer ce premier parcours. Cependant, Milena fut dépassée. Elle avait cherché à dominer les flemmes, à leur imposé sa volonté. Soudain, une flamme s’éleva, et la frappa au visage. Elle chancela, mais elle tint bon et réussit à passer. Néanmoins, son visage ne brûlait pas que de douleur, il y avait une certaine humiliation.

Lorsque les flammes retombèrent, la terre se mit à onduler. Les pierres montaient et descendaient au hasard, formant des passages qui disparaissaient la seconde suivante. Les champions ne devaient pas hésiter. Et ce fut le cas de Nicolas, qui s’avança lentement, observant, attendant. Il posait le pied seulement quand la terre se stabilisait sous lui. Son visage n’exprimer ni peur, ni tension, mais la concentration absolue de quelqu’un qui n’a pas l’habitude d’échouer. Derrière lui, Dimitri, sûr de sa précédente réussite, suivait. Mais sa respiration était trop rapide, il n’était plus précis dans ses gestes. Il était trop ambitieux, voulant rattraper son retard par un bond. Mais, la terre se déroba sous lui, il glissa et se rattrapa de justesse ? Il continua et réussit difficilement à passer le second parcours. Il semblait avoir perdu de sa confiance.

Lorsque les cinq champions furent passé. Un bassin surgit dans un bruit sourd. Une eau noire, glaciale, sans aucun reflet apparut. Un soupir choqué parcourut la foule quand Milena décida de plonger sans aucune autre forme de cérémonie dans l’eau. Son entrée ne fut ni élégante, ni mesurée, elle était volontaire. Elle nageait avec une détermination que je n’avais jamais vu, le froid ne semblait pas la toucher. Quand elle ressortit ses lèvres étaient violettes, ses mains tremblaient, mais elle fut la première à sortir du bassin sans utiliser la magie. Les autres passèrent grâce à l’aide de leur baguette magique. Cependant, Nicolas eut toutes les peines du monde à sortir vivant de cette eau. Le froid fut cruel avec lui, il sortit du bassin très pâles, presque chancelant. Et je me suis dit qu’il abandonnerait. Néanmoins, il ne le fit pas, mais je demandais comment il allait bien pouvoir poursuivre l’épreuve.

L’eau avait à peine disparue qu’un vent violent se leva. Il semblait chercher à renverser, à briser, faisant voler les capes. Des chapeaux s’envolèrent, certains spectateurs se tenaient aux gradins comme si leur vie en dépendait, même moi, je ne me sentais pas en sécurité. Parmi toutes ces incertitudes, Serge avança, je fus obligé de plisser les yeux pour le voir. Il ne prononça aucune formule, ne fit aucun geste de baguette. Cependant, lorsqu’il s’avança je vis la façon dont le sol craquait légèrement sous ses pieds. Intelligent, il s’était lancé un sortilège d’alourdissement. Ainsi, le vent eut beau le frapper de plein fouet, il avançait tranquillement sans aucune difficulté. Derrière lui, Anna suivait, le vent la fit fléchir une fois. Puis, une deuxième. Elle tomba à genou avant de se relever. Elle eut toutes les peines du monde à terminer ce parcours, mais elle le termina.

- Maintenant, cher spectateur, la voix du directeur, me fit sursauter. Nous avons le plaisir d’assister à la fin de cette épreuve. Les champions vont affronter une créature élémentaire, le Koloss ferreux qui nous a été amené par le professeur Ihorovych Hryshko qui enseigne la magie du métal et l’apprivoisement des créatures élémentaires.

Un tonnerre d’applaudissement résonna depuis les gradins. Je me demandais bien à quoi pouvait ressembler. Mais j’eus ma réponse quand une masse sombre émergea, un assemblage de métal noirci, de plaques soudées par la magie, d’anneaux et de chaînes qui tintaient faiblement à chacun de ses pas. Ses yeux n’étaient que deux fentes rougeoyantes, sans pupilles, sans âme. Derrière lui, d’une allure calme, s’avançait Ostap Ihorovych Hryshko.

- Le métal ne cède qu’à la volonté. Le métal suit l’âme qui ne tremble pas.

Sur ces mots énigmatiques, il se retira et l’épreuve commença. Dimitri fut le premier à avancer. Il leva sa baguette et tenta un sort qui ricocha sur la cuirasse du Koloss comme une étincelle insignifiante. Le koloss répondit d’un simple mouvement de bras, et balaya Dimitri qui retomba à quelques mètres telle une poupée de chiffon. Mon souffle se coupa devant cette scène. Cependant, personne ne réagit, les autres champions tentèrent à leur tour de maîtriser la créature, mais nul ne réussit à s’imposer durant un bon moment. Les sorts fusèrent, mais aucun ne fit vaciller le Koloss. Cependant, au bout d’un moment. Anna baissa sa baguette et avança lentement vers le Koloss, elle posa simplement sa main contre le métal et ferma les yeux. Je ne sais pas ce qu’elle fit, ce qu’elle dit, ce qu’elle pensa. Mais, la créature s’agenouilla. Je ne sus quoi penser de cette fin, ce n’était pas spectaculaire. Cependant, je repensai aux mots du professeur. Il suffisait de dompter cette créature en faisant preuve d’une grande volonté.

L’épreuve se termina. Serge, même s’il n’était pas venu à bout du Koloss, avait dominé tous les parcours. Anna avait réussi à persévérer et à s’imposer. Milena s’était brûlée, mais elle avait continué jusqu’au bout. Nicolas semblait avoir compris qu’il devait être plus flexible dans sa stratégie. Et Dimitri, qui avait enfin été pris en charge, était le perdant de cette épreuve. Le tournoi se terminait ici pour lui.

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