1 nov. 2025, 11:20
Un jeu idiot  PV   PNJ 
Suite directe de la Soirée d'intégration
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24 septembre 2050
PITIPONK
Après 23 heures


Un sourire s’épanouit sur les lèvres de Christopher qui ricane. Il s’appuie plus confortablement contre le chambranle de la porte. L’air extérieur rafraîchit sa peau brûlante. Il surveille la Sangblanc d’un œil en retroussant les manches de sa chemise jusqu’au-dessus des coudes. Il pousse un soupir d’aise en sentant la brise caresser ses avant-bras. Puis, le regard tourné vers la jeune femme dont le corps semble tout mou contre le buste de ce garçon imberbe, il déboutonne un bouton de sa chemise, puis un second. Le vent s’engouffre sous le tissu. Un nouveau soupir d’aise. L’alcool commence tout doucement à faire effet. Il n’aurait sans doute pas dû boire ce dernier verre, celui qu’Alice lui a donné lorsqu’ils étaient dans la rue. C’était le verre de trop. Non pas qu’il ait atteint ses limites, loin de là, mais il y des barrières à ne pas franchir lorsque l’on est de service… Et il en a clairement dépassé une ou deux. Bah, ce sera une affaire pour demain ! Christopher est de toute manière maître de ses agissements. Ce n’est pas quelques verres et un certain nombre de shots qui auront raison de lui, hein ?

Il aurait bien voulu traverser la cour en conquérant et se placer près d’Alice, passer une main sur son épaule et lancer un sourire goguenard aux autres en s’exclamant : « Et bien, ma fiancée, je vous cherchais partout mais vous vous cachiez ici ! Vous me présentez ? ». Seulement pour le plaisir de la sentir se tendre sous son bras et pour qu’elle s’enfonce un peu plus dans le mensonge qu’ils ont créé à deux, ce soir. Mais voilà, alcoolisé ou non, Christopher n’oublie pas les paroles de Thomas, alors… Il reste à sa place et il pousse soupirs sur soupirs en s’imaginant combien tout serait tellement plus drôle si Alice n’était pas la sœur de Thomas et s’il n’avait pas à cœur de protéger la réputation de sa famille.

Un éclat de chevelure blanche attire d’ailleurs le regard de Christopher vers la gauche, en direction de la salle pleine à craquer dans laquelle s’amasse une foule grouillante et compacte qui se meut au rythme de la musique. Au milieu des corps et des bras qui s’agitent, il croit voir… Oui, c’est lui ! Thomas apparaît subitement devant Christopher et il s’approche si près que son immense taille le force à se tordre la nuque pour pouvoir le regarder dans les yeux.

« Mon Tommy ! » s’exclame Chris avec un sourire plein de dents.

Il a suffisamment bu avec cet homme, l’a suffisamment ramassé les lendemains de soirée ou soutenu pour les sortir d’un bar qui les mettait dehors parce qu’ils fermaient pour savoir reconnaître aux yeux lourds de Thomas, à son air hagard et à ce petit quelque chose dans le regard qu’il est dans un état d’alcoolémie particulièrement avancé. Ce qui est assez amusant, en fait. Christopher se décale pour avoir le chambranle dans le dos. Il s’y appuie de tout son poids, la tête posée sur le bois, son sourire bête levé vers l’homme. Pendant une fraction, Christopher s’imagine faire à Thomas quelque chose qu’il ne s’imagine faire que lorsqu’il a de l’alcool qui coule dans le sang. L’instant d’après, les longues mains blanches du sorciers lui agrippent vivement les épaules et Thomas se penche jusqu’à lui faire sentir toute l’horreur de son haleine.

« Eeeeeh Chriiiiis ! Mon p'tit Chris… »

Son p’tit Chris essaie de se dérober, mais impossible. Alors il grimace et pousse un « pouah ! » dégoûté en éloignant son nez, mais Thomas ne le lâche pas. D’ailleurs, il n’a pas l’air aussi ravi que ça, Thomas. Il a même plutôt l’air agité et il…

« Chriiis, répète Thomas en se retenant difficilement à lui, avec le regard vide et incapable de se fixer des hommes bourrés, Chriiis… T’cache ma sœur… J’ai un PLAN !
Hein ? fait bêtement Christopher, le bras passé autour de Thomas pour le soutenir. Un plan pourq… »

Thomas se place à côté de lui, épaule contre épaule, et désigne vaguement la foule compacte qui s’agite dans l’obscurité.

« Lui, c’est un problème… »

Christopher se penche pour voir le problème. Un grand blondinet au visage sérieux. L’a pas l’air marrant, celui-là. Il me rappelle un peu… On ne saura jamais qui l’homme aux traits graves qui avance doucement mais sûrement dans leur direction lui rappelle, parce que Thomas reprend :

« Je vais m’en occuper… Je vais essayer.
Ooook, articule vaguement Christopher qui ne comprend rien mais qui est toujours du côté de Tommy, par principe.
Toi, tu caches ma sœur.
Ooook, répète-t-il en fronçant les sourcils parce qu’il n’est pas trop d’accord avec cette partie du plan qui consiste à babysitter une petite bourgeoise imbue d’elle-même et insupportable... qu’il doit d’ailleurs essayer de ridiculiser encore un peu ce soir, alors ce n’est finalement pas une aussi mauvaise idée que ça.
Eeeet… Et puis voilà, baragouine Thomas en lui tapotant l’épaule, puis la joue. Je dois improviser. Je te la ramène. »

Christopher tend le cou pour apercevoir Alice qui n’a rien encore rien vu de leur échange et dont l’attention est partagée par les deux hommes qui se trouvent encore en sa compagnie. Puis il regarde de nouveau le fameux problème.

« Il est mignon, » se moque-t-il en souriant parce qu’il ne sait pas quoi dire d'autre.

Les mots s’embrouillent dans son esprit. Problème. Sœur. Cacher. Je vais m’en occuper. Improviser. Il ne comprend rien à ce qu’il se passe mais il sait une chose : Thomas a cet air sur le visage, celui qui dit j’ai besoin de toi. Qui que puisse être ce petit blondinet au visage familier, il ne doit pas trouver Alice Sangblanc. Pourquoi ? Aucune idée. Les conséquences ? La réputation de Thomas, certainement. Des Sangblanc. La réputation, Christopher s’en tape royalement. Mais pour Thomas…

Il lui attrape l’épaule d’un geste sûr.

« Je gère, mon couillon. »

Un sourire grivois dévoile ses dents.

« Tu me paieras en nature pour ce service ? »

Le sourire dégringole des lèvres de Christopher lorsque son regard croise celui de Thomas, si sérieux. Sur son visage, pas l’ombre du sourire amusé qu’il aurait eu en d’autres circonstance.

« Oui, oui en nature, en monnaie, en boisson, ce que tu veux tant que tu me la gardes ! »

Christopher soutient son regard un instant avant de hocher la tête, désormais aussi sérieux que son ami.

« D’accord, fait-il avant de tourner la tête vers Alice, dans la cour. D’accord, Thomas. Va la chercher. Je t’attends devant l’entrée de la cuisine. File. »

Il le pousse vers la cour et résiste même à l’envie de lui coller la main au fesse. Ce n’est clairement pas le moment. Il jette un dernier regard au drôle de trio qu’Alice forme avec les deux autres jeunes avant de se détourner pour traverser de nouveau la foule d’étudiants qui grouillent dans le couloir pour aller attendre devant la cuisine, comme promis. Son cerveau surchauffe pour tenter de comprendre quelque chose à cette histoire. Et surtout, pour trouver une solution pour cacher une femme qui n’a pas envie d’être en sa compagnie et qui n’est intéressée par rien d’autre que par la musique qu’elle lui a demandé de passer pour valider ces fichus défis.

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Paroles et agissements de Thomas vus avec sa joueuse !
@Alice Sangblanc, je crois que c'est toi dont il s'agit.


PNJ : Sasha, Pierce, Elisha

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

1 nov. 2025, 23:15
Un jeu idiot  PV   PNJ 
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Alice se sentait légère, comme une marionnette qui aurait enfin arraché les fils solidement accrochés à ses membres. Bras, jambes et tête s’articulaient sans la moindre contestation d’un esprit supérieur. Sa gorge n’étranglait plus ses paroles et les laissait se déverser en une cascade à laquelle les êtres appréciés, tolérés, les éphémères et tout les autres pouvaient s’abreuver sans craindre de voir la source se tarir comme c’était pourtant le cas au quotidien. Alice se donnait comme elle était, comme elle pensait, sans craindre de sentir un collier invisible la tirer en arrière pour la garder droite, forte et digne.

Alice était joliment entourée. Sa jolie compagnie, la belle rousse aux muscles saillant s’en était allée sans lui donner son nom, mais sans la dépouiller du tendre souvenir de sa présence. Elle ne l’avait pas laissée seule, bien sûr, car une soeur n’abandonnait jamais la sienne dans un bar miteux rempli de prédateurs tous convaincus de voir en Alice une proie. Alors, elle s’en était allée, oui, mais après s’être assurée que la jeune héritière était en sécurité.
Malone Melrose d’un côté.
Maxence Caldin d’un autre.
Elle avait palpé le bras de l’un.
S’était lovée contre l’autre.
Le tout dans une allégresse bienvenue qu’il ne lui semblait jamais avoir connu. Alice le savait, elle aurait pu rester ainsi pendant longtemps, à passer d’un Maxence à un Malone dans le sourire béat de la femme qui se sent en sécurité. Elle l’était. Circée, Alice était en sécurité avec ses petits soldats. Avait-elle confiance en eux ? Difficile à dire. Et en réalité ? Il s’agissait du cadet de ses soucis ! Ils étaient là, à la soutenir si elle venait à perdre l’équilibre, et voilà tout ce qui importait pour l’heure. Le présent importait. La proximité avec ces jeunes hommes importaient… ainsi que le souvenir de la jeune femme qui s’en était allée.

Après s’être perdue dans le cou de Maxence et sentit la caresse de sa main dans son dos dont la chaleur flottait encore au dessus de sa jolie chemise en dentelle, Alice prit un temps non négligeable à prendre connaissance de l’existence de Thomas. Elle leva son visage dans sa direction, se décrochant les cervicales pour pouvoir apercevoir son visage. Il souriait, alors Alice sourit également. Le regard d’argent de son frère vagabonda un instant sur le visage de sa sœur, et son sourire s’agrandit. Celui d’Alice ? Également.

« Voilà une bien charmante compagnie… » lança t-il d’une voix basse. Alice entendait l’alcool buter dans quelques lettres. Il se maîtrisait, bien sûr, car un Sangblanc, de surcroît un héritier, se maîtrise toujours. Mais Alice ? Alice connaissait son frère et l’effet que l’alcool avait sur lui. Thomas s’approcha, son long bras vint se glisser derrière l’épaule de sa soeur. La hanche d’Alice heurta la cuisse de Thomas, seulement pour se reposer un instant. Qu’il était bon de retrouver son frère qui, lui également, était d’agréable compagnie. Lorsqu’il daignait se comporter comme… eh bien, comme un héritier ! Et que fait un héritier ? Il prend soin de sa jeune soeur, naturellement.
« Je suis heureux que vous ayez retrouvé », lança t-il à l’attention de Maxence et Malone. « Quelle chipie… Heureusement que vous étiez là. N’est-ce pas, Alice ? Soyez sans crainte, je m’en occupe à présent. Allez, rentre vite chez vous. Je vais attendre que la demoiselle… se calme un peu avant de la ramener. J’ai déjà prévenu Aliosus, rassurez-vous ! »

Aliosus.
Une rivière gelée dégringola le long de l’échine d’Alice. Aliosus ? Avait-elle bien entendu ? Pourquoi diable avait-elle entendu le nom d’Aliosus ? Alice leva son visage vers Thomas, ses lèvres entrouvertes, ses yeux arrondis par la surprise. Thomas continuait à sourire, mais un tic nerveux de sa mâchoire indiquait à Alice qu’il était tout à fait sérieux et conscient.
Sans perdre plus de temps que nécessaire avec Maxence et Malone, Thomas recula en emportant sa soeur. Il se faufila à travers un groupe de jeunes gens en gardant Alice près de lui. Elle suivait, jetant des regards autour d’elle, forçant Thomas à la tenir un peu plus fermement contre elle. Elle essayait de parler, de poser des questions mais les mots butaient contre ses lèvres sans parvenir à se former. Elle cherchait à comprendre, car peut-être avait-elle mal compris ? Thomas avait annoncé… quelque chose à propos d’Aliosus. Qu’il avait été prévenu ! Qu’elle était ici, bien sûr, puisque l’information avait été donnée à l’appartement devant Aliosus. Un soupir, un long, très long soupir échappa à Alice. Il se mua en râle.

« Je n’ai point envie de rentrer de suite, entends-tu ? Je veux ma chanson. Christopher doit me donner ma chanson. Je l’ai gagnée. J’ai gagné le droit d’entendre ma chanson. Si tu crois que je vais rentrer avant d’avoir obtenu ma récompense, alors là ! … tu rêves. »

La grande main de Thomas s’écrasa sur la tête d’Alice pour qu’elle la baisse. Un nouveau râle, presque un grognement, grinça dans la gorge de la jeune femme qui, en vain, essayait de se débarrasser de ses longs doigts dans sa tresse. Il allait la décoiffer !
Enfin, il consentit à détacher Alice de sa désagréable étreinte. La jeune femme rouspéta sans un mot, seulement avec le regard, furibond, qu’elle usa pour poignarder Thomas.

« Je compte sur toi, mon poussin ! »

Alice haussa un sourcil en regardant son frère repartir. Mon poussin ? Ses sourcils se froncèrent, sa main cherchant à lisser sa natte endommagée par la brusquerie de cet alcoolique fait héritier par naissance. Mon poussin… il ne manquait pas de toupet.
Ses yeux levés au plafond pour marquer une indignation qui n’appartenait plus qu’à elle, Alice porta son cocktail à ses lèvres en se tournant vers le mur contre lequel elle était prête à se laisser aller en attendant… quelque chose. Rien. Tout. Qu’importe.

Son épaule heurta le mur. Son regard, lui, heurta quelque chose de bien différent, plus désagréable, plus collant, plus sale, plus débauché qu’un coin de mur de bar miteux.

« …VOUS. » Alice dégaina son index pour le ficher sous le menton de Christopher. « J’attends. Ma. Chanson. »

Actions de Maxence et Malone vues en amonts avec leurs joueuses.

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

2 nov. 2025, 10:28
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Ils apparaissent tout à coup dans l'angle du petit renfoncement. Christopher se penche pour les regarder arriver, ses yeux passant de grand Tommy au regard bien trop sérieux pour un homme dans son état à sa jeune sœur dont la tête est penchée vers l'avant par une main aux longs doigts. Christopher se redresse, la mine soucieuse : lui faire pencher la tête, d'accord, mais quand on a une chevelure aussi exubérante que la leur impossible de rester discret, même dans un pub remplit d'étudiants. Mais personne ne semble le suivre, alors peut-être ont-ils réussi l'exploit de passer inaperçus, pour une fois ?

À Thomas, Christopher répond par un clin d'œil et un simple geste du menton. Leur relation peut se passer de mots. Dans ceux de Thomas, il a déjà entendu tout ce qu'il lui fallait savoir ; et dans ses yeux, l'héritier alcoolisé trouvera tout ce qu'il a besoin de voir : la certitude que sa sœur sera en sécurité, quand bien même l'homme qui s'en chargera a l'impression d'être tombé dans un plan vraiment très mauvais.

Le dos toujours collé contre le mur et Thomas désormais disparu, Christopher se tourne vers Alice, affalée contre un mur, les lèvres collées contre un verre remplit d'alcool — encore un ? Décidément.... En un coup d'œil, il prend conscience de son état : il côtoie suffisamment d'étudiants bourrés au quotidien pour reconnaître un regard vitreux, des lèvres molles et ces gestes lourds et patauds qu'ont toutes les personnes alcoolisées du monde — les petites bourgeoises propres sur elles et habituellement si maîtresses de leurs paraître ne sont pas épargnées.

Un fin sourire amusé étire les lèvres de Christopher, parce que c'est quand même bien drôle, l'état d'Alice. Il recule à peine la tête quand elle brandit son doigt devant lui. Il est étonné qu'elle parvienne encore à parler. Oh. Oh, voilà qu'elle lui facilite la tâche, qui l'aurait cru ! Lui-même avait complètement oublié cette chanson qui ne devrait plus tarder à passer, maintenant. Autant que ce soit quand ils sont loin d'ici sinon il est certain qu'il n'arrivera pas à contrôler l'engouement d'Alice : elle semble si impatiente de l'entendre que pourrait lui prendre l'envie de se jeter sur la piste de danse. Aucun moyen que cela arrive : pas avec le problème qui traîne dans les parages.

« Mais bien sûr, consent Christopher en allongeant le bras pour désigner le mur qui termine le couloir, je vais aller mettre votre chanson. Vous m’accompagnez pour vous assurer que je sois à la hauteur de vos exigences ? »

Il n'attend pas sa réponse. Il se place derrière elle pour la forcer à avancer, ou reculer cela dépend le point de vue, vers le mur. Avant qu'elle ne croit qu'il compte la coincer dans un recoin sombre, il se décale sur le côté et fait traverser à son corps la moitié du mur magique pour lui montrer comment il faut faire. Son regard se déporte vers le bout du couloir où il surveille par-dessus Alice qu'aucun blondinet aux traits sévères apparaît.

« Le mur est magique, précise-t-il d'une voix pressée en ramenant ses yeux sur Alice, venez. »

Il est étonné de sentir l'angoisse monter dans son corps et nouer ses entrailles. Il ne sera rassuré que lorsqu'elle sera de l'autre côté, à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes. Son regard se fait insistant, mais la sorcière a l'air hermétique à absolument tout ce qui l'entoure. Cela ne l'empêche pas de passer la barrière. Sans l'alcool qui coule dans ses veines, elle se serait certainement enfuie dans la direction opposée en flairant le pièce peu subtil de Christopher. Ce dernier ramène son bras derrière elle pour accompagner son mouvement, mais il prend soin de ne pas la toucher.

Enfin, ils se retrouvent dans la cuisine. Les bruits et la musique ont dramatiquement baissés, mais ils sont à l'abri des regards. Des regards, vraiment ? Ceux des clients, peut-être, mais ceux de l'équipe...

« Oh putain de merde ! C'était vrai alors ? »

Le cri provient de Sasha qui, courbée en deux pour pouvoir regarder dans leur direction, arrondis de grands yeux choqués. Elle a reconnu au premier coup d'œil la personne qui accompagne Christopher. Avec ces foutus cheveux blancs, aussi !

« Christopher, intervient Pierce d'une voix grave sans lui laisser le temps de réagir, ce n'est pas parce que c'est ta fiancée qu'elle a le droit de...
On ne fait que passer ! se presse d'expliquer Christopher en grimaçant. On doit vérifier un... Truc à l'étage et après...
Un truc, hein ? »

Le sourire grivois de Sasha foudroie Christopher qui se sent rougir de honte et de gêne mêlées — cela arrive si rarement que ça n'aide pas à faire le jour sur cette histoire qui lui échappe totalement. De fait, Pierce et Sasha se lance un regard choqué, comme si Christopher venait de leur avouer ce qu'ils pensent qu'il va faire à l'étage. Le simple fait que l'on puisse imaginer ça de lui... D'elle, le choque tellement qu'il en perd ses mots. L'horreur se transforme en honte. L'alcool n'aide évidemment pas. Et le rouge qui grimpe sur ses joues non plus.

« Christopher, grommelle Pierce d'une voix bourrue, un air à la fois gêné et mécontent passant sur son visage, je crois que tu devrais...
Non, non, non, je n'vais pas... Il faut qu'on..., commence-t-il d'une voix trop aiguë qui informe toutes les personnes le connaissant un tant soit peu qu'il est en train de paniquer. La musique ! C'est tout ! »

Et avant que qui que ce soit ait pu ajouter quelque chose, il se tourne vers Alice dont il n'ose pas croiser le regard.

« On va pouvoir changer la musique là-haut, » lui dit-il d'une voix précipitée en désignant les escaliers qui se trouvent sur le mur du fond, derrière Pierce et Sasha, derrière les plans de travail.

Et il avance à pas de crabe contre le mur de gauche pour rejoindre le fond de la pièce, la main vaguement tendue vers Alice. Pas pour qu'elle l'attrape, mais pour l'encourager à le suivre. Il aurait peut-être dû rester derrière elle, s'inquiète-t-il : et si elle décidait de se retourner et de s'enfuir soudainement ? Osera-t-elle repasser le mur ? Son ventre se noue. Thomas va me déglinguer ! Alors il arrête d'avancer et commence à reculer pour revenir vers elle, essayant, pour une fois, d'avoir l'air avenant. Mais son sourire censément doux est tellement crispé qu'il n'a pas l'air plus avenant que cela.

Le regard de Pierce et de Sasha qu'il sent braqués sur eux n'aide en rien. Il ne sait pas ce qu'ils sont en train de penser mais il n'a pas envie de savoir, il n'a absolument pas envie de savoir.

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2 nov. 2025, 11:44
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Christopher. Il fallait bien sûr qu’ils finissent par se retrouver. Fort bien. Alice avait tout un tas de choses à lui dire et à lui faire payer. Le misérable, toujours drapé dans sa somptueuse cape de cachemire qu’il osait porter pour s’adosser au mur crasseux de ce bar étudiant ! Comment osait-il ? Comment osait-il sourire alors qu’elle le menaçait de son doigt à l’ongle aiguisé ! Alice sentit sa bouche se plissée d’inconfort. Elle détestait ce sourire, presque autant qu’elle détestait Christopher Hangoover.
Pourquoi Diable Thomas l’avait arraché à Malone et Maxence pour la jeter à cet énergumène détestable ? Pourquoi…
Alice suivit le bras de Christopher d’un regard vitreux, pas moins colérique. Sa chanson. Alice ramena son regard dans celui de l’autre. Il allait enfin mettre sa chanson ! Un sourire satisfait effaça la moue contrariée d’Alice. Il n’avait point oublié ! Mieux encore, Alice allait pouvoir le regarder se plier à ses exigences. Son coeur se mit à battre plus fort, ses lèvres s’étirant plus fort encore. Elle allait pouvoir se perdre dans la chanson qu’elle avait mérité après tant et tant d’effort. Ils avaient payés ! Alice n’avait pas fait tout cela pour rien ! Bien sûr que non, sotte. Jamais Alice Sangblanc n’agissait pour rien

Soudain, Christopher quitta son champ de vision. Elle se contorsionna pour entrapercevoir un morceau de corps, derrière elle, dans son angle mort. Alice avançait par réflexe pour ne point avoir à souffrir de sa proximité, ses lèvres entrouvertes, ses yeux arrondis… avant de lui jeter un regard par dessus son épaule pour les braquer dans les siens comme deux gueules draconniques prêtes à cracher leurs flammes. Elle n’aimait pas la proximité qu’il cherchait à lui arracher. Alors voilà ? Voilà ce qu’il attendait depuis le début ? Alice le savait. Il n’avait pas su résister à son charme, voilà pourquoi il avait tout fait pour la forcer à rester auprès de lui pour la soirée. Et à présent qu’elle avait bu un verre de trop, il pensait pouvoir se rapprocher d’Alice ? Lui voler un baiser ? Chercher à la coller contre un mur pour lui faire profiter de son haleine alcoolisée ? Eh bien la position était bien mal choisie !
Avant qu’Alice ne pivote pour avoir l’angle idéal et nécessaire à la projection d’un coude dans un foie imbibé d’alcool, Christopher se décala. Le bras levé, figé pour donner un coup qui n’était plus nécessaire, la française observa la moitié du corps de Christopher se faire avaler par le mur. Elle observa sans un mot en laissant doucement tomber son bras le long de son corps. Que la Magie était belle, tout de même. Un pas supplémentaire, et elle pourrait faire disparaître Christopher de son champ de vision.
Les prunelles grises se fixèrent à nouveau sur le visage de Christopher, à qui elle offrit un sourire moqueur. « Non, le mur est magique…? Sans rire… » murmura t-elle avant de ricaner. Elle l’imita pourtant, collant sa hanche contre le mur pour se laisser engloutir non sans un soupir d’aise. Elle appréciait sentir la Magie couler le long de son corps, et dans l’état dans lequel Alice se trouvait ? Il lui semblait la sentir plus nettement. Son cocktail prendrait-il un coup plus particulier ? Elle vérifia d’une longue gorgée, ses cils blancs se fermant avec lenteur. La caresse du chocolat était suffisamment enchanteresse pour qu’Alice ne perçoive pas un goût différent. Une gorgée supplémentaire, un pas supplémentaire, mais pas un regard de plus pour son grossier fiancé incapable de prendre soin d’elle ou de sa cape en cachemire. Ou de quoi que ce soit, finalement ! Regardez ce bras flottant derrière elle comme si il craignait qu’elle ne s’échappe ! Il ne s’agissait nullement de la douceur qu’un homme doit avoir pour sa jeune fiancée, cela non.

Les lèvres d’Alice quittèrent son breuvage en entendant un mot grossier lécher ses tympans. Elle leva la tête, et s’étonna de voir qu’elle se trouvait dans une cuisine.
Ce n’est point un lieu pour changer une chanson.
Son regard accrocha un visage. Puis un autre. Un autre avec une moustache lui rappelant celle qu’arborait le portrait de son arrière Grand-Père Rufus. Rufus Tarn. Pas un français, nenni. Un Suisse. C’était assez notable pour le souligner, puisque la branche principale s’évertue, depuis des générations, à s’unir entre sorciers, et uniquement entre sorciers. Arrière Grand-Mère Irène n’avait nullement brisé cette tradition par amour, mais par nécessité : elle avait dû endosser la lourde tache de cheffe de famille à la mort de son frère, et avait donc déjà épousé… un suisse. Alice fronça les sourcils. Elle était donc composée de sang suisse, français, et allemand. Curieusement, ce détail la choquait aujourd’hui, dans une cuisine de bar estudiantin.

Alice observa l’échange, son visage suivant le chemin de son regard, passant d’une personne à une autre. Miss Peyton n’était point là… alors celui ci, avec sa moustache devait être… Pierce Savage ! Le frère, donc. Le grand frère, ou bien le petit frère ? Le jumeau ? Alice sourit, satisfaite de découvrir un nouveau visage amical. Quoi qu’un tantinet grave. Elle se fit un peu plus droite, son menton dressé juste comme il le fallait pour participer à la conversation qui, de toutes évidences, la concernait.
Elle… et Christopher.

Un… truc. Un truc ? Un truc à l’étage ? Voilà donc où ils iraient pour choisir Lonely Day ! La cuisine n’était qu’un passage. Tout devenait bien plus logique, désormais.
Alice se tourna vers Christopher, et… Grands Ancêtres ! Etait-ce… mais oui ! Christopher Hangoover rougissait ! La vision lui semblait chimérique, tant qu’elle plissait les yeux pour s’assurer qu’il ne s’agissait pas là d’un vilain tour de son esprit. Christopher Hangoover rougissait. Alice sourit, ses dents se découvrant. Elle se pencha légèrement en avant pour absorber chaque détail flou que lui rendait sa vision. Quelles jolies teintes ! Alice se tourna vers les collègues de Christopher pour s’assurer qu’eux mêmes avaient vu cette singulière vision d’un homme imbu de lui même se laissant saisir par ses propres émotions. Ah, et cette voix se perdant dans les aiguë… Alice se laissait bercée, ses lèvres s’entrouvrant doucement dans un soupir d’aise. Les rares fois où elle avait pu entendre cette chatoyante mélodie, Alice avait découvert que Christopher était agacé, perdu, chamboulé, qu’importe ! Il ne souriait plus, et cela suffisait à la jeune femme pour être heureuse.

Alice leva les yeux sur son fiancé d’un soir pour capter le regard de Christopher. Elle lui sourit, amusée par sa voix, par son corps s’agitant pour désigner les escaliers. Ou l’équipe.
Elle vit Christopher se déplacer, et observa sans bouger la singulière manière qu’il avait d’avancer. Un rire roula dans sa gorge, qu’elle vint cacher sous ses doigts pâles avant qu’il n’éclate. Et le voilà qui revenait. Ses lèvres s’étiraient, amusée, moqueuse. Allait-il faire cela encore un peu, avancer, reculer, sourire, perdre son sourire ?
Grands Dieux, Alice ! As-tu noyé tes manières dans ton verre ?

Elle se tourna vers l’équipe, l’homme à la moustache et … la grossière. Elle s’avança d’un pas, puis d’un autre, sa main libre effleurant tout ce qui pourrait lui garantir une stabilité. Arrivée à bonne distance, elle s’arrêta pour offrir une petite révérence, suffisamment ample pour être respectueuse, pas assez pour risquer de se briser une cheville.

« Je suis enchantée de faire votre connaissance », dit-elle en relevant le visage pour leur jeter un sourire. Son regard passa de la grossière au moustachu. « Christopher manque à tout ces devoirs… Monsieur Pierce Savage, n’est-ce pas ? Quelle joie de vous rencontrer. J’ai tantôt fait la connaissance de votre soeur, hm ? Peyton. Quelle femme. Et vous… milles excuses, ma Dame… mademoiselle… miss… Vous devez être la collègue de Christopher. » Son regard dégringola le long de la jeune femme, la vision qu’il lui était donné était… agréable. Satisfaisante. Alice leva bien vite son visage pour sourire, tant à l’un qu’à l’autre. « Nous allons monter à l’étage, car Christopher a décidé d’être un peu moins décevant ce soir. » Elle sourit effrontément à l’autre tout en lui levant son verre. Le cocktail ! Il fallait remercier monsieur Pierce et… la jeune femme, pour la qualité du cocktail ! Alice se tourna à nouveau dans leur direction, ses yeux arrondis par sa propre impolitesse. Mais quelle polissonne, vraiment ! « Vos Godiva Chocolate Martini sont une pure merveille ! Le premier qu’il m’eut été donné de boire fut commandé à Paris, et je vous le dis les yeux dans les yeux, très chers : vous n’avez rien à envier aux établissements de la capitale sorcière. » Parfait, Alice. Politesse, compliment, douceur, volupté… Absolument charmante ! De quoi montrer à tous ici qu’Alice Sangblanc était digne de la réputation de sa glorieuse et noble famille.

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2 nov. 2025, 16:37
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Christopher s'immobilise à quelques pas d'Alice. Son bras retombe lentement. Elle sourit. Un désagréable frisson glisse dans son dos car ce sourire, c'est un sourire de petite peste. Il le sait. Et s'il le sait, c'est parce qu'il a maintes fois eu l'occasion de le découvrir, que ce soit ce soir ou à Tinworth. Cette petite vipère est capable de sourire joliment et de laisser croire que c'est sincère, alors qu'en fait se cachent derrière ces lèvres étirées de sournoises pensées. Il le sait parfaitement. Et il en a la preuve lorsqu'elle se tourne vers l'équipe au lieu de marcher vers l'escalier comme il espérait qu'elle le fasse.

Christopher observe la scène avec l'impression de ne rien pouvoir faire pour l'empêcher. Il voit venir la catastrophe, il la sent arriver, mais impossible de bouger pour l'arrêter ; il aurait pourtant pu intervenir, se mettre entre elle et eux, sortir une dinguerie qui aurait poussé Alice à monter, ou alors il aurait pu la tirer quitte à se prendre une baffe — il aurait pu supporter —, mais il ne fait rien. Appuyé contre le mur, la mine affligée, il ne peut qu'assister à la représentation d'Alice Sangblanc qui joue à la perfection... son propre rôle. Et Merlin qu'elle est bonne à ça ! Les mâchoires de Christopher se crispent. Elle est trop bonne à ça et pour cause ! Comme Thomas, élevés depuis le berceau à faire semblant, à contrôler leur paraître... Évidemment qu'elle est bonne à ce jeu... Et tout le monde s'y laisse prendre.

Pierce perd aussitôt son air mécontent. Sa moustache tressaute lorsqu'il sourit chaleureusement à la jeune femme qui s'approche de lui et qui fait une parfaite révérence. Christopher observe Alice avec attention, aussi est-il capable de voir que cette révérence est réussi, mais il ne s'y laisse pas prendre : sa façon de marcher en effleurant le plan de travail montre bien qu'elle doute de sa stabilité. Mais cette révérence... Comment elle fait pour rester droite... Le pire arrive quand elle prend la parole. Christopher voit bien que Pierce tombe aussitôt sous le charme de sa politesse. Sa façon de crocheter ses bretelles avec ses pouces, de la regarder avec chaleur, ce petit sourire sur ses lèvres. Il écoute avec une attention toute particulière. Une seule fois son regard se détourne de la jeune Sangblanc pour se braquer en direction de Christopher. Cela lui rappelle qu'il existe et il s'approche d'un pas ou deux vers le groupe, les yeux plissés par la méfiance.

Comme avec Peyton, Christopher a l'impression que se passe sous ses yeux quelque chose qu'il ne peut pas comprendre en totalité et ça lui déplaît particulièrement. Mais il ne peut rien y faire parce qu'Alice est lancé et qu'il se prendra des remontrances de la part de toutes les personnes présentes dans la pièce s'il ouvre la bouche. Il glisse ses mains dans les poches de ses pantalons et braque son regard sur le profil d'Alice dont la voix l'insupporte particulièrement. Il pousse des petits soupirs, lève les yeux au ciel quand elle lui lance des piques et ose même taper du pied d'un air impatient quand elle perd son temps à lécher les bottes de Sasha. Sasha qui... Bordel, elle sourit !

« Vous êtes Alice Sangblanc, s'exclame-t-elle avec un immense sourire, ses yeux dégringolant le long du corps de la jeune héritière avant de l'escalader dans l'autre sens. Et je vous adore. Pas pour avoir réussi à vous faire aimer de celui-ci... »

Elle désigne Christopher du pouce, Christopher qui se décompose au verbe aimer et qui suffoque tout seul dans son coin parce que personne ne fait attention à lui, pas même Pierce qui regarde l'échange entre les deux jeunes femmes avec curiosité.

« ...mais parce que vous avez un goût excellent pour les cocktails. J'ai toujours su que j'avais un talent digne de la capitale française.
Ce n'est pas très modeste ça, Sasha, commente Pierce en lui adressant un sourire amusé auquel la femme répond par un haussement d'épaules. Mais je reconnais que tu as du talent. » Il se tourne vers Alice. « C'est elle qu'il faut remercier, mademoiselle Sangblanc, je n'y suis pour rien dans votre cocktail. Mais je suis tout aussi enchanté de faire votre connaissance. »

Le grand homme se penche légèrement en avant, une main sur le cœur. Sans doute a-t-il été sensible aux compliments à propos de sa sœur — Peyton a toujours été son point faible. Alice le savait-elle ? Si non, pourquoi avoir parlé de Peyton ? La méfiance de Christopher monte d'un cran. Il s'avance d'un pas pour interrompre toute cette mascarade, récupérer son paquet et monter à l'étage où il n'aura à gérer plus qu'une seule personne et ce sera déjà bien assez vu le profil de la personne en question.

« Tout le monde est apparemment enchanté, » intervient-il avec un large sourire insolent, provocant, agaçant, qui signifie en fait : que tout le monde la ferme et me laisse quitter cette cuisine !

Sasha se tourne vers lui et accroche son regard ; ses lèvres articulent une phrase que Christopher n'a pas envie de comprendre mais qu'il comprend tout de même : elle est canon. Il la fusille du regard. Sasha n'en sourit que davantage. Pierce, quant à lui, lui adresse un regard sévère avant d'offrir de nouveau son attention à Sangblanc.

« Ma sœur et moi-même serions ravis de faire plus ample connaissance avec vous, ma chère, lorsque votre... » Il coule un regard rusé en direction de Christopher. « ...fiancé cessera de nous presser pour vous laisser vous en aller.
Oui, c'est ça, sourit faussement Christopher, inquiet à l'idée que la musique se mette à résonner alors qu'ils sont encore si proches de l'entrée. Ma chère fiancée... »

Le mot lui laisse un goût désagréable dans la bouche. Christopher tourne les yeux vers Alice. Il se place de sorte que Pierce et Sasha ne voient pas qu'il lui lance un regard assassin qu'il aurait peut-être réussi à camoufler derrière une grimace avenante s'il n'avait pas bu tout cet alcool.

« Si vous voulez bien vous donner la peine de me suivre maintenant que les présentations sont faites, nous allons monter à l'étage pour changer la musique.
Mais Elisha est déjà m..., commence Sasha.
Venez ! » l'interrompt Christopher en haussant la voix pour couvrir celle de sa collège.

Il fait les gros yeux à Sasha et tend un bras vers Alice. L'autre est dirigé vers les escaliers. Il sent sa patiente s'effilocher.

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2 nov. 2025, 22:47
Un jeu idiot  PV   PNJ 
Alice aurait pu rester ici à bavarder pendant de longues heures, elle en avait toute conscience, et en éprouvait même une certaine nécessité. Elle aimait savoir que la dénommée Sasha avait connaissance de son identité alors même qu’elle ne s’était nullement présentée. Elle aimait le sourire que ses propos lui inspiraient. Sasha l’adorait, pas pour son mensonge - quelle abominable chose que d’entendre son mensonge dans une si jolie bouche - mais pour son goût. Un goût sûr, naturellement. Alice avait l’amour des bonnes choses, les gourmandes, les sucrées, les savoureuses. Mais, même en le sachant parfaitement, il était toujours appréciable de voir les autres le reconnaître. Cette Sasha, Alice l’appréciait.

Il en allait de même pour monsieur Pierce Savage, dont la frisottée moustache n’avait de cesse de lui rappeler son arrière Grand-Père Rufus. L’homme était poli, ses manières agréables à observer. Il n’avait pas la tendance presque naturelle de sa soeur à chercher le contact physique, et cela n’était pas pour déplaire à Alice : elle n’avait point envie de se saisir de doigts affairés en cuisine, tripotant sans doute tantôt moustache, tantôt bretelles. Ceux de Sasha ? Sans doute sucrés de liqueur, rafraîchis par les glaçons des cocktails ? Bien plus.

La voix de Christopher ramena Alice à la raison alors qu’elle sentait son esprit dérivé vers le plaisir qu’elle ressentirait à laisser les doigts de Sasha dévaler le long de son échine. Elle ne lui adressa nulle oeillade, sachant pertinemment qu’elle y verrait un sourire qu’elle rêverait d’arracher. Elle préféra conserver toute son attention sur monsieur Savage et sa moustache. Il semblait en prendre grand soin. Elle ne rata pas son regard qui venait de changer, avant de le poser à nouveau sur elle pour poursuivre la conversation.
Ou bien y mettre un terme. A cause de son fiancé pressé de se retrouver en tête à tête avec elle. Cette fois, elle s’autorisa à lui faire grâce d’un regard. Ma chère fiancée… c’était tout bonnement abominable à entendre. Elle déglutit pour cacher son dégoût, et porta son verre à ses lèvres pour noyer son aversion.
Et ce fut dans cette position, la bouche plongée dans son breuvage liquoreux, qu’Alice observa Christopher se planter devant elle pour lui donner à voir un vilain regard. Une moue sauvage tira ses sourcils vers le bas. Quoi ? N’avait-elle pas le droit de faire connaissance ? Que craignait-il ? Qu’elle dise des choses pouvant ridiculiser Christopher ? Il le faisait bien assez au quotidien !

Grands Ancêtres… elle se décida à abaisser son verre pour soupirer longuement. Elle n’aimait point l’entendre dire qu’il fallait encore supporter sa présence alors qu’elle avait trouver bien plus charmante compagnie. Elle avait envie de dire non, et le mot était même coincé derrière ses dents ! Elle voulait rester ici, bavarder, en savoir plus sur Sasha, sur ses méthodes de mixologies, sur ses études. Elle voulait voir quel effet un rire pouvait avoir sur la belle et longue moustache de Pierce Savage, savoir si il partageait les mêmes idéaux politiques qu’Alice avait pressentie chez sa soeur. Elle voulait voir la dîtes soeur s’émerveiller de voir Alice ici, aux côtés du frère. Elle voulait…
Elle voulait monter à l’étage, changer la musique, et se laisser bercer par la guitare de Lonely Day, se blottir contre la voix de son chanteur. Elle se laisserait aller contre un mur, fermerait les yeux, et chantonnerait sans voix les paroles qui lui avaient tenues compagnie de longues nuits d’angoisse et d’insomnie.

Alice considéra un temps le bras que Christopher lui tendit. Ce bras sans tissu puisqu’il avait été retroussé comme pour laisser à la jeune femme le soin d’apprécier ses tatouages. Ce qu’elle fit sans honte, ses yeux se promenant au fil de l’encre. Elle bu une nouvelle gorgée de son cocktail qui, elle le remarqua d’un coup lent coup d’oeil, se vidait lentement. Ces verres étaient décidément bien trop petits.

Elle abaissa son bras dans un lent soupir, agacée tant par sa délicieuse boisson se raréfiant que par l’injonction de Christopher. Mais… elle voulait sa chanson. Elle la méritait. Elle voulait entendre Christopher pester de voir Alice obtenir quelque chose qu’elle avait gagné, lui qui s’imaginait la voir échouer ! Elle sourit, son menton se dressant pour affronter le misérable. « Allons changer ma chanson », décida t-elle. Alice fit un pas de côté, sa hanche heurtant un peu trop vite le plan de travail sans douleur. Curieux. Ses os étaient pourtant saillant ? Oh, qu’importe ! La douleur n’était qu’une information, et celle ci n’était point arrivé. Elle sourit à l’attention de Pierce et Sasha à qui elle leva plus nettement son verre, son regard cherchant le sien pour s’y plonger. « Ce fut un plaisir de vous rencontrer. Il m’aurait plus de faire plus ample connaissance mais, de toutes évidences… mon cher fiancé à grande hâte de me garder rien que pour lui ! Ce n’est que partie remise. » Cette fois, ce fut Pierce en particulier qu’elle s’adressa. « Vous avez une moustache incroyable, monsieur Savage. Il fallait à tout prix que je vous le dise ! »

Et, cette fois, Alice se tourna vers Christopher. Elle dressa le menton, lui sourit, et prit la destination qu’il lui indiquait… non sans s’accrocher discrètement au plan de travail. Alice essuierait ses doigts plus tard.

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3 nov. 2025, 10:51
Un jeu idiot  PV   PNJ 
Dans ce face à face silencieux, les secondes s'égrènent sans que les autres personnes présentes dans la pièce en soient conscientes ; peut-être que Christopher est le seul pour qui ce silence dure une éternité. Son regard fouille les yeux pâles d'Alice. Il la voit détailler ses tatouages ; il la voit dire non ; il la voit accorder plus d'attention au goût de son cocktail qu'à lui. Et pendant un instant, Christopher est absolument persuadé qu'elle va le planter là, lui préférant la présence de Pierce et de Sasha, que le jeu se terminera ainsi. Sur un simple non. Il en éprouve une frustration viscérale et une crainte incompréhensible... Qui s'enfuient au premier soupir agacé d'Alice. Et qui disparaissent totalement lorsqu'elle dresse le menton comme elle le fait depuis leur rencontre ; et depuis leur rencontre ce mouvement agace profondément Christopher.

Ma chanson. Un sourire sans joie s'étire sur les lèvres de Christopher qui se retient très fort de lui expliquer en dix points qu'elle ne pourra contredire pourquoi cette chanson n'est en rien la sienne, surtout pas dans un pub qui est le sien à lui. Peut-être qu'il se retient parce que le vrai propriétaire du pub se trouve à un mètre de lui. Et parce que dans la foulée, Alice fait un pas de côté... Et se cogne contre le plan de travail sans exprimer la moindre contrariété ; un sourcil inquisiteur se dresse sur le front de Christopher qui se déplace à la fois pour encourager Alice à atteindre les escaliers et pour observer ses interactions avec Pierce et Sasha.

Elle est adorable. N'importe qui se dirait ça. Ses jolis sourires, ses regards, le verre qu'elle lève pour eux, ses douces paroles. La moustache frémissante de Pierce est la preuve que c'est ce qu'il doit se dire. Le sourire sincère de Sasha également. Mais Christopher, lui, sous cette agréable façade ne voit que le poison, la méchanceté et la manipulation. Il entend les piques qui se cachent derrière les mots et les mensonges aussi. Il voit un tas de choses qui figent son sourire sur ses lèvres et qui lui donnent envie de tout faire pour que la sorcière perde son air adorable et le fusille du regard parce qu'il l'a mise hors d'elle.

Tout à sa vengeance, Christopher se prend de plein fouet sa propre surprise quand Alice Sangblanc parle de la moustache de son patron. Il arrondit les yeux et se tourne aussitôt vers Pierce qui est à deux doigts de succomber de joie — il est si fier de sa moustache ! À ses côtés, Sasha a la tête ravie d'une femme qui n'en croit pas ses yeux mais qui adore ce qu'elle voit. Est-ce qu'elle est sérieuse ? Christopher suit d'un regard atterré Alice qui lui passe à côté, non sans lui adresser au passage un sourire qu'il meurt d'envie de lui arracher. Au moins marche-t-elle vers les escaliers...

Resté en arrière avec les deux autres, Christopher ramène ses yeux vers Pierce et Sasha. Si le premier observe la jeune femme s'éloigner, la seconde a récupéré sa baguette et s'est déjà remise à servir des verres. Cela ne l'empêche pas de se tourner vers son collègue et supérieur pour lui lancer un sourire rusé.

« Je suis rassurée de voir que tu es aussi chiant avec ta fiancée qu'avec tes collègues, Chris, » se moque-t-elle avant de se retourner dans un éclat de rire.

Pierce sourit, amusé, avant de ramener ses yeux sur son responsable de bar.

« Elle est vraiment charmante, » lui glisse-t-il en baissant la voix pour ne pas être entendu.

Il laisse tomber sa lourde main sur l'épaule de Christopher et le force à se pencher vers lui. Il a le même regard que Peyton quand elle le prend à part pour lui expliquer ce qui changera désormais au Pitiponk. Christopher se laisse faire car il sait que s'il essaie de résister Pierce n'hésitera pas à se montrer sévère — c'est quand même son boss. Alors il laisse l'homme le tirer à lui et approcher sa bouche de son oreille.

« Celle-ci, tu ne me la blesses pas, Christopher, d'accord ? » Il s'éloigne juste suffisamment pour plonger son regard implacable dans le sien. « Et pas parce qu'elle a du caractère et qu'elle te le rendra au centuple : son nom est plus dangereux que son caractère. » Ses yeux coulent vers la droite et Christopher sait qu'il regarde Alice derrière lui. « J'espère que tu sais ce que tu fais, mon garçon. »

Il le lâche aussi soudainement qu'il l'a attrapé. Perturbé, Christopher fait un pas en arrière. Il a envie d'éclater de rire et de tout avouer, de hurler que ce n'est pas vrai, que ce n'est qu'une mascarade, que c'est impossible qu'ils aient pu y croire réellement. Lui, se marier ? Jamais ! Jamais, par Morgane ! Il a envie de répondre par une pirouette, de les faire rire et de s'en aller en fanfare. Mais voilà, ses pensées sont engluées dans sa tête. Il sent qu'il déteste ce qui est en train d'arriver, mais il ne peut rien faire de cette information. Alors à la place, il lâche un éclat de rire nerveux — ou alcoolisé, ça dépend du point de vue — et il désigne Pierce de l'index, comme pour dire : toi, tu es vraiment très drôle ! Il l'accompagne même d'un clin d'œil. Pierce reste évidement imperturbable, si bien que Christopher se sent obligé de se détourner pour ne plus subir la force de son regard.

Il a la tête qui tourne lorsqu'il se retrouve face aux escaliers desquels s'approche déjà celle qu'il a embarquée dans un mensonge qui devient moins drôle lorsque les gens comment à y croire. Christopher n'a qu'une envie : s'éloigner de cette cuisine et ne surtout, surtout plus croiser personne de sa connaissance jusqu'au lendemain matin. Son regard se braque sur le dos d'Alice Sangblanc. Ses mâchoires se serrent au souvenir du regard sérieux de Thomas. Il inspire par le nez et allonge le pas pour dépasser la sorcière. Il se retourne juste avant d'atteindre les escaliers pour vérifier d'un regard que Pierce et Sasha sont bien repartis au travail ; c'est le cas. Ses yeux croisent ceux d'Alice. Il se hisse sur la première marche. Ses lèvres s'ourlent en un sourire narquois.

« Besoin de mon bras pour grimper les escaliers, héritière ? »

Il lui présente son avant-bras tatoué... Mais le récupère avant qu'elle n'ait pu faire le moindre geste pour s'en saisir et se retourne pour grimper vivement les marches. La seule chose qui l'empêche de la planter là pour aller directement dans son bureau, c'est la crainte qu'elle s'étale de tout son long sur les marches : il se ferait tuer par Thomas si sa sœur revenait avec des bleus. Alors il ralentit le pas pour jeter des coups d'œil en arrière pour s'assurer qu'elle suive bien. Et elle suit. Mais elle suit lentement. Marche par marche. Comme si elle craignait que le sol se dérobe sous ses pieds. La cuisine ne s'éloigne que lentement et Christopher se découvre une subite envie, en voyant Alice monter marche par marche, de se cogner la tête contre le mur.

Après ce qui semble avoir été une éternité, Christopher arrive sur le palier de l'étage. Ici, la musique est encore plus sourde que dans la cuisine et lui rappelle la définition du mot silence qu'il commençait à oublier. Il se décale d'un pas sur le côté pour laisser grimper Alice qui est encore plusieurs marches plus bas. La large coursive s'étire devant eux, composée à gauche des vitres qui donnent sur la salle en contrebas et sur la droite de plusieurs portes menant aux bureaux. Directement sur leur gauche, une seconde coursive se perd dans l'ombre. L'endroit où elle mène ne les intéresse en rien, ce soir, Christopher n'a aucune intention de faire un tour des lieux à l'insupportable petite héritière dont il a la charge.

Au moment même où la jeune femme atteint le palier, Chris s'éloigne vers la première porte qui est entrouverte. Il l'ouvre à la volée, le grincement résonne dans la coursive. Son cœur s'envole lorsqu'il aperçoit la lueur d'une baguette magique dans le bureau. Et un cri de surprise lui échappe lorsqu'il comprend qu'une silhouette se cache dans la pénombre. Silhouette qui glapit en même temps que lui et qui sursaute si violemment qu'elle se cogne contre l'armoire qui se trouve dans son dos. Armoire qui contient tous les vinyles de Christopher. Elisha.

« Qu'est-ce que tu fous là ? râle Christopher avant de se rappeler de ce qu'il lui a ordonné il y une éternité ; il se corrige aussitôt : Qu'est-ce que tu fous encore là ?
J-je ne trouve p-pas l'album, monsieur... Euh, Christopher. »

La lumière s'allume brutalement sous l'impulsion de Christopher. Elisha apparaît dans la pièce, tout recroquevillé malgré sa grande taille. Il tient un vinyle dans chaque main. Tous les deux des albums de System of A Down. Aucun n'est Hypnotize.

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3 nov. 2025, 15:27
Un jeu idiot  PV   PNJ 
Ses grands yeux -plus tant- levés vers les escaliers que Christopher lui avait désigné tantôt, Alice n’avait jamais été plus proche de System of A Down. A chaque pas qui la rapprochait de sa destination, son sourire s’élargissait. Elle avait hâte, si hâte qu’elle en venait à être pressée de sentir Christopher la rejoindre. Ce qu’il pouvait être lent ! Pourquoi était-il si lent ? Alice ne se donnerait point la peine de lui montrer son impatience. Elle irait changer la chanson elle même si il le fallait. Elle n’avait nullement besoin de lui. Elle était indépendante, et savait user d’un gramophone. Avant qu’elle ne puisse poser un premier pied sur la première marche, le corps de Christopher s’imposa devant elle. Ses sourcils se froncèrent aussitôt alors qu’il montait, lui aussi, et gagnait ainsi de précieux centimètres sur elle. Grands Dieux, la voilà contrainte de lever la tête pour le regarder.

« Fiancée », corrigea t-elle immédiatement dans un sourire aiguisé. Héritière, elle ne l’était plus, désormais, puisqu’elle avait quitté la branche principale. Cheffe de famille, oui, mais Christopher n’était pas assez alcoolisé pour utiliser ce mot pour désigner Alice… et il ne le serait sans doute jamais.

Alice baissa les yeux sur l’avant-bras qu’il lui proposa faussement pour monter. Elle n’eut pas assez de temps pour contempler à nouveau les tatouages, il lui arrachait déjà. Alice le sermonna d’une oeillade mauvaise. Enfin, elle sermonna le dos qu’il lui donna à voir. Ce dos drapé de sa cape en cachemire brossé ! Puissent les Dieux prendre naissance dans le tissu pour qu’il gêne Christopher dans son ascension et lui fasse croquer à pleines dents la marche du dessus.
Alice inspira, et expira avec agacement, et monta elle aussi.
Marche.
Après.
Marche.
Pour deux raisons, en réalité. La première, Alice craignait de choir. Elle sentait sa stabilité moins assurée que d’ordinaire et ne voulait point tomber. Bien que pressée de pouvoir enfin écouter sa chanson, il était parfaitement hors de question de vivre l’abominable expérience de tomber dans les escaliers avec comme public une charmante jeune femme, un homme d’une agréable finesse et, surtout, l’engeance Hangoover. Il ne la laisserait pas oublier cet événement.
La deuxième raison était un poil immature, puisqu’Alice avait décidé qu’il méritait de développer une impatience à l’idée de la voir loin de lui plus longtemps que nécessaire.

L’ascension prit fin et Alice se félicita de ne point avoir chu. Elle n’osa jeter un regard derrière elle pour prendre conscience de la hauteur qui la séparait du rez-de-chaussée, craignait, comme à chaque fois, de ressentir un vertige sans le moindre sens. Aussi suivit-elle Christopher, son regard planté dans son dos, ses doigts accrochés au mur. Elle s’autorisa quelques oeillades autour d’elle, mais abandonna bientôt l’idée d’exiger une visite dans le seul but d’entendre Christopher pousser un râle agacé : elle voulait sa chanson, et la voulait de suite.
Et ce vertige qu’Alice avait tantôt repoussé ? Il la prit à la gorge lors d’un coup d’oeil vers la gauche, là où s’offrait à elle la vue de la salle en contrebas. Elle déglutit, et s’éloigna des vitres, son menton plus haut, ses mains plus moites.

Alice suivit Christopher qui s’avançait dans une pièce. Elle s’arrêta néanmoins, non sans grogner puisqu’elle avait manqué de heurter le dos couvert de sa cape. Elle se pencha sur l côté pour voir ce qui l’avait arrêté en si bon chemin.
Le cri de Christopher fit sursauter Alice avec un temps de retard. Mais ne pouvait-il pas être silencieux, une fois dans sa misérable existence ? Alice allait lui dire, et s’apprêtait à le dire ! Ses mots se heurtèrent contre ses dents lorsqu’elle l’entendit parler… à quelqu’un qui lui répondit.
Alice leva les yeux sur le profil de Chris, avant de laisser tomber son regard sur l’autre. Un pauvre garçon balbutiant tenant deux albums qu’Alice reconnaissait. Ses yeux se mirent à pétiller. Elle se glissa entre Christopher et le chambranle, non sans le repousser pour y parvenir. Elle s’avança lentement, son regard passant d’un album à un autre, ses lèvres s’ourlant d’un beau sourire.

« C’est merveilleux », murmura t-elle d’une voix fébrile. Elle leva les yeux sur le visage inconnu qui tenait les deux vinyle, sans jamais perdre son sourire. « Vous cherchez mon album ? Celui comportant Lonely Day, c’est cela ? » Elle étendit ses doigts pour effleurer l’un d’entre eux, Mezmerize dont elle avait apprit à reconnaître chaque détail pour l’avoir écouté de longues heures étant plus jeune. Le visage d’Imogen s’imposa dans son esprit, elle en sourit davantage. L’effleurement de ses doigts devint caresse. « J’adore les chansons de cet album… » dit-elle en levant les yeux sur le grand jeune homme devant elle. Sa tête se pencha doucement, sa longue tresse blanche retombant dans le geste. « Grand merci, monsieur. »

Elle se tourna pour jeter une oeillade mauvaise à Christopher, prenant soudain conscience de quelque chose. « Vous aviez déjà commandé à quelqu’un de choisir ma chanson, finalement ? Que fais-je ici, alors ? »

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3 nov. 2025, 20:26
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Le regard atterré de Christopher passe d'un album à l'autre ; aucun n'est celui qu'il a demandé à son employé d'aller chercher. Ce n'est pourtant pas bien compliqué comme tâche, non ? Il range ses vinyles par ordre alphabétique des noms des artistes. Il n'y a pas système plus simple ! Elisha est vraiment une brêle, hein ? C'est ce que Christopher se dit et c'est ce qu'il allait dire au grand garçon aux traits décomposés qui se tient épaules et yeux bas, mais voilà qu'un mouvement dans son dos lui rappelle qu'il est accompagné... D'une petite vipère. Qui le bouscule purement et simplement pour se faufiler dans le bureau.

« Eh ! » se plaint Christopher.

Mais c'est trop tard, elle est déjà entrée et se tient désormais devant Elisha qui baisse ses grands yeux arrondis et luisants dans la pénombre sur elle. Dès qu'il l'aperçoit, il redresse les épaules et se fige entièrement. Ses mains deviennent moites, sa paume d'Adam monte et descend sur sa gorge et il ouvre la bouche sur un grand o en entendant les paroles d'Alice. Christopher lève les yeux au ciel quand Elisha baisse les yeux sur l'album qu'il tient dans la main gauche puis celui qu'il tient dans la main droite, étonné qu'une femme aussi belle qu'Alice qualifie de merveilleux quoi que ce soit qu'il ait pu faire.

« O-o-oui..., » bafouille-t-il quand elle lui demande s'il cherchait Hypnotize, mais sa voix est si basse que c'est à peine si on l'entend dans le bureau.

Et puis Alice est trop concentrée sur la merveilleuse découverte qu'elle vient de faire pour se concentrer sur lui. C'est du moins ce qu'imagine Christopher qui s'avance de quelques pas dans le bureau, ses yeux plissés surveillant à la fois la jeune femme aux yeux brillants et le grand garçon qui n'arrive pas à détacher ses yeux d'elle. Il connait suffisamment son jeune employé pour savoir qu'il est en train de paniquer — ce qui est dommage car plus Elisha panique, moins c'est facile de le gérer. Puis Alice fait son numéro de charme en le remerciant, sa tresse glisse même sur son épaule, tresse qu'Elisha regarde comme si c'était une écharpe dont il voulait se draper. Christopher ricane doucement à cette vision, ricanement qui se transforme en grognement lorsque la Sangblanc se confond en remerciement. Le grand jeune homme face à elle réagit vivement aussi : il se décompose, jusque avant qu'un long, immense, large, hésitant, craintif, angoissé, perdu, touché, méfiant sourire étire ses lèvres.

Si la sorcière ne s'était pas subitement retournée vers Christopher et n'avait pas cruellement arraché son regard d'un Elisha Aberthol Veatch touché par la grâce, il aurait sans nulle doute encore plus bafouillé que d'habitude pour articuler une pauvre phrase inutile. Mais voilà, la grâce d'Alice lui est violemment refusée parce qu'elle ne trouve rien de mieux à faire que de jeter à Christopher une œillade particulièrement mauvaise qu'il trouve beaucoup plus sincère que les innombrables compliments qu'elle a fait à son équipe. Et pendant qu'Elisha baisse ses yeux vers le sol, honteux d'avoir osé sourire à une si jolie fille qu'il n'intéresse clairement pas car de toute manière il n'intéresse pas grand monde, pense-t-il, Christopher, lui, réalise violemment qu'Alice est en train de comprendre qu'il l'a menée en bateau. Et merde !

Le naturel reprend le dessus. Christopher fait les yeux ronds, fait mine d'être profondément surpris et fait un large sourire innocent à Alice en désignant Elisha de la main :

« Apparemment, ce quelqu'un n'a pas rempli sa mission, proteste-t-il d'une voix lente pour se forcer à rester poli alors que cet énième « ma chanson » lui tape sur les nerfs. Alors nous avons toutes nos raisons d'être ici. »

Il dévoile ses dents à Alice dans un simulacre de sourire mielleux avant d'accorder son attention à Elisha qui essaie visiblement de se cacher dans les ombres pour se faire oublier et qui y arrive plutôt bien. Christopher aurait pu l'oublier s'il n'avait pas à cœur d'éviter le drame qui se profile. Alors sans attendre, mais en s'efforçant de ne pas avoir l'air d'agir dans la précipitation, il s'approche du grand garçon et passe son bras sur ses épaules — du moins essaie-t-il, car pour cela il doit se mettre sur la pointe des pieds car le garçon est vraiment grand. Elisha coule un regard craintif vers lui. Christopher lui tapote l'épaule avant de récupérer un vinyle, puis un second, et de les fourrer entre les mains qu'il sait soigneuses d'Alice, même s'il ne lui avouera jamais — voilà qui devrait l'occuper quelques sedonces.

« Tu as fait un boulot fantastique, mon petit Veatch, sourit-il largement en emportant ce grand dadais d'Elisha avec lui. Mais ils ont besoin de toi en cuisine, maintenant.
Oh, je... J'suis désolé, je pensais que... Je suis désolé..., » tente Elisha qui n'est jamais autre chose que désolé.

Ils marchent en crapahutant vers la porte, Christopher essayant de garder la jeune femme dans son champ de vision. Évidemment, Elisha est tellement crispé qu'il ne l'aide pas beaucoup, mais il faut reconnaître qu'il ne fait rien non plus l'entraver. En fait, il se laisse totalement faire, si bien qu'ils arrivent à atteindre la porte que Christopher agrippe de sa main libre. Puis d'un geste fluide, il fait passer le garçon par l'ouverture et le pousse dans le couloir. Il ne quitte Alice des yeux que quelques secondes, le temps de se retourner vers Elisha, planté comme un piquet dans le couloir et les yeux écarquillés.

« C'est si compliqué que ça de trouver un vinyle ? » ironise Christopher.

Les yeux du serveur se mettent à briller. Le bas de son visage s'affaisse. Christopher sait exactement ce que cela signifie. Il pousse un soupire, jette un œil dans son dos pour voir venir la fuite éventuelle de la petite vipère, puis se penche en avant pour attraper vivement Elisha par l'épaule avant qu'il se mette à chialer. Il la lui serre chaleureusement — mais vu la tête que son employé tire, on aurait tendance à croire que pour lui, cela n'a rien de chaleureux.

« Un boulot remarquable ! s'écrit Christopher à voix haute en le secouant par l'épaule. Du bon boulot ! »

Le visage du gosse s'éclaire. Au moins, Pierce ne risque pas de monter pour m'engueuler d'avoir mal pal parlé au petit. Christopher lui claque la porte au nez. Enfin ! Enfin en paix ! Ou presque...

Christopher roule sur le battant pour faire face à la pièce et reste là, dos contre la porte, bras croisés derrière lui. Maintenant que la porte est refermée et qu'Elisha et sa baguette ont quitté la pièce, le bureau est plongé dans une douce pénombre seulement entrecoupée par les lumières de Londres qui coulent par la fenêtre. Les yeux de Christopher ont besoin d'un moment pour s'habituer, mais il les plante malgré tout sur la silhouette obscure d'Alice. Ses cheveux se détachent étrangement dans l'obscurité. De même que ses yeux pales.

« Ce n'est pas votre chanson. »

Sa voix s'élève à peine dans le bureau, mais elle est totalement discernable. Et il n'y reste pas la moindre trace de la fausse réjouissance avec laquelle il s'est adressé à Elisha. Dans son dos, son bras droit bouge lentement, lentement jusqu'à ce que ses doigts atteignent la clé dans la serrure.

« Vous n'avez pas une once du talent de System of a Down, » poursuit Christopher en se servant du son de sa voix pour cacher le bruit de la clé qui tourne.

Il fait un tour, puis un second avant d'ôter la clé de son emplacement et de la glisser dans sa poche. Et enfin, ses épaules se relâchent. Alice Sangblanc n'est pas prête de sortir d'ici. Je vais te la garder jusqu'à ce qu'elle décuve, ta vipère de sœur, mon petit Tommy.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER

3 nov. 2025, 22:40
Un jeu idiot  PV   PNJ 
Alice n’aimait pas, mais alors pas du tout le sourire que Chris lui jeta au visage, pas plus que la main qu’il osa lever pour désigner son collège. Tout était faux chez cet homme. Ce sourire innocent ? Ces yeux arrondis par la surprise ? Un masque, encore un. Il n’était sincère que lorsqu’il laissait l’arrogance peindre ses traits. Les sourcils d’Alice se froncèrent un peu plus, et ses mâchoires claquèrent lorsqu’il osa faire preuve de mièvrerie avec elle. Elle suivit son déplacement sans quitter sa position, son regard vissé sur le profil de l’homme. Elle le guettait, cherchant vainement à suivre chaque geste pour prédire chaque mouvement car, à cet instant précis, Alice ne se sentait plus en sécurité. Elle était alcoolisée, en présence d’un abruti s’était juré de lui nuire… et un inconnu, dans un bureau, dans un bar, dans les quartiers du personnel. Alice avait été imprudente, bien trop imprudente. Elle jeta une oeillade vers la porte, prête à s’y élancer à la moindre suspicion. Alice était à un souffle de récupéré sa baguette, soigneusement rangée à sa ceinture. Si Christopher pensait pouvoir l’attirer dans un guet-apens… il s’en mordrait bien vite les doigts. Si tant est qu’il lui reste des dents… et des doigts.

Elle observait l’échange, son équilibre passant d’un appui à un autre. Grands dieux, Alice avait besoin de s’asseoir. Avant qu’elle ne cherche un mur contre lequel s’adosser -sans nul doute près de la sortie-, Christopher lui confia les vinyles tantôt tenus par le jeune homme… Veatch ? Était-ce son prénom ? Alice baissa les yeux sur le trésor qu’elle tenait entre ses doigts, son souffle coupé. Mezmerize et Toxicity. Là. Entre ses doigts. Ils étaient larges, superbes. Les lettres composant les noms des albums dansaient sous ses yeux éprouvés par ses lentilles et l’alcool, mais Alice les avait suffisamment observés quelques années auparavant pour les replacer dans le bon ordres. Circée. Quelle claque. Son pouce caressait la pochette, appréciait le papier lisse de la pulpe de son doigt. Elle souriait bêtement.
Non, ce sourire n’était pas bête.
Il était doux, tendre, nostalgique.
Alice revoyait les hanches d’Imogen s’agiter dans la cuisine, jouant le rythme de chaque chanson avec son corps athlétique. Alice la trouvait souvent ridicule. Bien trop souvent, en réalité. Ses lèvres roulèrent l’une contre l’autre, son visage prenant des airs bien moins délicats. Imogen ne danserait plus jamais dans sa cuisine, n’est-ce pas ? Et plus jamais Alice ne pourrait la trouver ridicule.
Alice sentit sa gorge se contracter le temps d’un instant, puis elle expulsa tout ce qu’elle retenait tant dans ses poumons que dans son coeur. Elle retourna les deux vinyles dans un même geste pour se rafraîchir la mémoire, et reconnaître les titres de chacun. Aerials, bien sûr. Quelle magnifique chanson. Toxicity, évidemment ! Une pure symphonie de bonheur pour qui sait reconnaître les guitares délicates. Sans parler de la voix du chanteur qui lui plaisant tant. Alice aimait sa voix. Si elle avait oublié une grande, trop grande majorité des mélodies, la voix de l’homme, elle, restée gravée dans ses tympans.
Bientôt, très bientôt, Alice l’entendrait à nouveau. Ce n’était plus qu’une questions de minutes, désormais. Plus rien ni personne ne pourrait se mettre en travers d’elle et lui. Ni Père et ses sourires polis mais sévères lorsqu’il était question de trouver des vinyles de System of a Down pour sa fille. Ni Thomas qui lui riait au nez avec toute la condescendance du grand sorcier convaincu de valoir bien plus que quelque Sans-Pouvoir que ce soit.

Un sursaut secoua les épaules d’Alice en entendant la porte se refermer. Elle jeta un regard vitreux par dessus son épaule, et constata que le charmant jeune homme de tantôt s’en était allé, désormais. La laissant seule avec Christopher dans la pénombre du bureau. Elle dressa un peu le menton, ses sourcils se fronçant. Elle restait campée sur sa position, quoi qu’un peu… chancelante, n’est-ce pas ?
Il se mit à parler, provoquant une moue agressive chez Alice. Qu’en savait-il ? Cette chanson lui tenait à coeur, bien plus qu’il ne pourrait jamais l’imaginer.
La suite des propos de Christopher lui arrachèrent cette fois un grognement agacé. Elle était complètement tournée, désormais… et reposait contre la porte. Sa seule échappatoire si il fallait fuir. Fuir ? Alice ne fuyait pas. Jamais.
Enfin, si, une fois, il y a longtemps. Dans la pénombre de Glasgow. Pour sa vie.

« Dans votre bouche, le mot talent perd tout son sens », articula t-elle sans le quitter des yeux… jusqu’à les baisser sur les albums qu’elle gardait contre elle comme deux trésors. Du talent, Alice en avait. Elle n’avait que cela ! Elle était une divine harpiste, une excellente pianiste et une violoniste merveilleuse. Du talent, Alice en avait à revendre ! Lui ? Qui connaissait-il ? Rien ! Il n’avait pas les doigts d’un musicien, il n’avait que son air cabochard pour laisser croire au reste du monde qu’il y connaissait quelque chose. Mais il n’y connaissait rien, absolument rien.
Elle inspira lourdement en levant à nouveau le nez vers lui. Elle ne parvenait plus à discerner ses traits… et Alice n’aimait pas cela.

« Ouvrez la porte. Et passez ma chanson. Je l’ai gagnée loyalement, et n’ai pas méritée de me retrouver en tête à tête avec vous. »

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050