Pour une poignée de caillasse
Elle enlève ses lunettes. C'est comme si, tout à coup, une barrière tombait. Non pas que Christopher ait voulu que cette barrière tombe, il n'en est pas rassuré ni même soulagé, mais disons qu'il voit dans ce geste une sorte de victoire : comme si en ôtant ses lunettes, la Sangblanc cessait de dresser le menton avec l'orgueil des gens bien nés. Et puis sans ces verres fumés, il ne manque rien de son regard gris qui dégringole jusqu'à son pantalon en cuir. Il aurait voulu qu'elle l'observe un peu plus longtemps, pour qu'il puisse avoir le temps de mettre la pièce qu'il porte en avant et qu'elle ne puisse plus cracher dessus ou sous-entendre qu'elle lui donne un air ridicule — juste parce qu'il la porte en été... Aurait-elle été moins avare en compliment s'ils s'étaient rencontrés en hiver ?
Son rire le surprend. Figé, les yeux grands ouverts à cause de la surprise, Christopher penche la tête en arrière comme pour mieux regarder la jeune femme. Un rire ? Pourquoi ça ? Il n'a pas l'air moqueur, ni insultant. Elle se contente juste de... Rire. À cause de sa démonstration ? Elle s'est voulu offensante, pas amusante. Il voulait la voir s'énerver ou alors... Non, il voulait seulement qu'elle revienne dans le jeu, qu'elle arrête avec son sérieux, qu'elle cesse de lui montrer qu'elle était vraiment blessée. Il voulait qu'elle retrouve son ton mordant et ses répliques sur lesquelles il est si facile de rebondir. C'était ce qu'il voulait. Et qu'a-t-il à la place ? Ces yeux gris sans la moindre protection et cette paire de lunette qui rebondit sur son torse.
Christopher baisse un regard ahuri sur son torse avant de remonter les yeux sur le visage de la dame qui, c'est maintenant clair et net, ne fera pas de caprice. Elle le dit elle-même, d'ailleurs, mais elle le fait comme si elle parlait du temps ou comme s'ils échangeaient des banalités. Non, elle ne fera pas de caprice parce que elle, elle, elle ne fait pas ce genre de choses. Elle voulait sans doute dire autre chose mais Christopher, tout habitué qu'il est à fréquenter dans son cercle familial et les soirées mondaines des personnes qui pensent que tout leur est dû, comprend ceci : moi, je ne suis pas comme ces personnes que vous mimez si bien. Est-ce vrai ? N'est-elle pas comme elles ? Les voilà de retour, les questions ! les doutes ! Et après tant de perches tendues, difficile de les ignorer, maintenant, ces doutes. Cela fait bien trop longtemps que Christopher essaie tant bien que mal — mais plus mal que bien — de se persuader que la fille qu'il a sous les yeux est l'exemplaire parfait de la bonne bourgeoise qu'il ne supporte pas. Ça aurait été plus simple comme ça. Mais aussi moins amusant car Christopher n'aime, dans les hautes-sphères, que les personnes qui savent s'en dérober quand ils le désirent.
Pour la forme, et parce qu'il n'aime pas la direction de ses pensées, Christopher lance un regard faussement méprisant à la paire de lunettes qui a osé frôler son précieux torse.
« J'ai déjà essayé, réplique-t-il d'une voix cassante, ses yeux glissant sur la robe en tulle de Sangblanc. Mais ça ne me va pas. »
Contrairement à grand nombre d'hommes de sa connaissance, à commencer par Donovan je-suis-mieux-que-tout-le-monde Hangoover, Christopher n'a jamais été frileux quand il s'agissait d'essayer des vêtements féminins. Il n'a certes pas l'habitude de s'en vanter, surtout dans certains cercles, mais il n'en a pas honte pour autant. Aussi la petite pique destinée à le blesser dans sa fierté masculine (vraiment ?) ne fonctionne pas avec lui. Cela dit, elle le réjouit parce qu'elle est ce qu'elle est, justement : une pique. Et les piques dans la bouche de cette femme sont bien mieux que les blessures qui peuvent s'y cacher. Parce qu'avec les piques, on joue.
« Et bien sûr que je fais ça très bien, j'ai appris en observant les meilleurs. Malheureusement, les femmes n'ont pas l’apanage des caprices, lâche-t-il après coup dans un soupir. Même si elles les expriment de façon bien plus flamboyantes. Vous êtes sûre, vous ne voulez pas essayer ? » Un sourire goguenard dévoile les dents de Christopher quand il avance le buste vers la Sangblanc. « Même pas une toute petite crise qui irait bien avec votre parfaite petite robe en tulle ? »
Il l'attrape à cœur perdu, comme un enfant ou comme un homme qui préfère jouer plutôt que de parler de choses sérieuses. Cette perche qu'elle lui tend. Il l'attrape des deux mains, sans même faire semblant qu'il ne vient pas de faire un caprice (un vrai caprice déguisé sous un faux caprice) pour qu'elle arrête de tout gâcher avec ses vérités sérieuses.
Une femme blessée qui fait un caprice et une crise, c'est une femme dont Christopher doit se moquer. Alice Sangblanc ne fait pas de caprice même quand elle est blessée. Alice Sangblanc a de la répartie, elle apprécie apparemment le Rock et elle s'y connait en mode et en haute couture. Qu'est-ce que cela fait d'elle ? Certainement pas une emmerdante fille bien née semblable à toutes les autres, cela est une certitude. Et Christopher est en train de le comprendre.
Son rire le surprend. Figé, les yeux grands ouverts à cause de la surprise, Christopher penche la tête en arrière comme pour mieux regarder la jeune femme. Un rire ? Pourquoi ça ? Il n'a pas l'air moqueur, ni insultant. Elle se contente juste de... Rire. À cause de sa démonstration ? Elle s'est voulu offensante, pas amusante. Il voulait la voir s'énerver ou alors... Non, il voulait seulement qu'elle revienne dans le jeu, qu'elle arrête avec son sérieux, qu'elle cesse de lui montrer qu'elle était vraiment blessée. Il voulait qu'elle retrouve son ton mordant et ses répliques sur lesquelles il est si facile de rebondir. C'était ce qu'il voulait. Et qu'a-t-il à la place ? Ces yeux gris sans la moindre protection et cette paire de lunette qui rebondit sur son torse.
Christopher baisse un regard ahuri sur son torse avant de remonter les yeux sur le visage de la dame qui, c'est maintenant clair et net, ne fera pas de caprice. Elle le dit elle-même, d'ailleurs, mais elle le fait comme si elle parlait du temps ou comme s'ils échangeaient des banalités. Non, elle ne fera pas de caprice parce que elle, elle, elle ne fait pas ce genre de choses. Elle voulait sans doute dire autre chose mais Christopher, tout habitué qu'il est à fréquenter dans son cercle familial et les soirées mondaines des personnes qui pensent que tout leur est dû, comprend ceci : moi, je ne suis pas comme ces personnes que vous mimez si bien. Est-ce vrai ? N'est-elle pas comme elles ? Les voilà de retour, les questions ! les doutes ! Et après tant de perches tendues, difficile de les ignorer, maintenant, ces doutes. Cela fait bien trop longtemps que Christopher essaie tant bien que mal — mais plus mal que bien — de se persuader que la fille qu'il a sous les yeux est l'exemplaire parfait de la bonne bourgeoise qu'il ne supporte pas. Ça aurait été plus simple comme ça. Mais aussi moins amusant car Christopher n'aime, dans les hautes-sphères, que les personnes qui savent s'en dérober quand ils le désirent.
Pour la forme, et parce qu'il n'aime pas la direction de ses pensées, Christopher lance un regard faussement méprisant à la paire de lunettes qui a osé frôler son précieux torse.
« J'ai déjà essayé, réplique-t-il d'une voix cassante, ses yeux glissant sur la robe en tulle de Sangblanc. Mais ça ne me va pas. »
Contrairement à grand nombre d'hommes de sa connaissance, à commencer par Donovan je-suis-mieux-que-tout-le-monde Hangoover, Christopher n'a jamais été frileux quand il s'agissait d'essayer des vêtements féminins. Il n'a certes pas l'habitude de s'en vanter, surtout dans certains cercles, mais il n'en a pas honte pour autant. Aussi la petite pique destinée à le blesser dans sa fierté masculine (vraiment ?) ne fonctionne pas avec lui. Cela dit, elle le réjouit parce qu'elle est ce qu'elle est, justement : une pique. Et les piques dans la bouche de cette femme sont bien mieux que les blessures qui peuvent s'y cacher. Parce qu'avec les piques, on joue.
« Et bien sûr que je fais ça très bien, j'ai appris en observant les meilleurs. Malheureusement, les femmes n'ont pas l’apanage des caprices, lâche-t-il après coup dans un soupir. Même si elles les expriment de façon bien plus flamboyantes. Vous êtes sûre, vous ne voulez pas essayer ? » Un sourire goguenard dévoile les dents de Christopher quand il avance le buste vers la Sangblanc. « Même pas une toute petite crise qui irait bien avec votre parfaite petite robe en tulle ? »
Il l'attrape à cœur perdu, comme un enfant ou comme un homme qui préfère jouer plutôt que de parler de choses sérieuses. Cette perche qu'elle lui tend. Il l'attrape des deux mains, sans même faire semblant qu'il ne vient pas de faire un caprice (un vrai caprice déguisé sous un faux caprice) pour qu'elle arrête de tout gâcher avec ses vérités sérieuses.
Une femme blessée qui fait un caprice et une crise, c'est une femme dont Christopher doit se moquer. Alice Sangblanc ne fait pas de caprice même quand elle est blessée. Alice Sangblanc a de la répartie, elle apprécie apparemment le Rock et elle s'y connait en mode et en haute couture. Qu'est-ce que cela fait d'elle ? Certainement pas une emmerdante fille bien née semblable à toutes les autres, cela est une certitude. Et Christopher est en train de le comprendre.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Pour une poignée de caillasse
Alice pouvait se féliciter : elle avait réussi à reprendre le controle sur elle même avec une facilité déconcertante. Oh, ses troubles soudains ne s’étaient point envolés, elle en avait toute conscience. Ils étaient encore là, quelque part, étouffés par des émotions un peu plus fortes qu’eux. Mais…. Il ne fallait pas songer à tout cela pour le moment, au risque de leur donner un second souffle. On étouffe, on écrase, on range.
Ce n’était pas de la versatilité, mais de la stratégie émotionnelle.
Christopher jeta un regard méprisant à la paire de lunettes d’Alice… mais pas à elle. Non. A elle, il préférait répondre à la moquerie qui ne l’avait pas touché. Tant mieux. Alice n’espérait point que ce soit le cas.
Elle laissa son regard dévaler le long du corps de Christopher pour l’imaginer porter sa robe à elle. Non, définitivement… cela ne lui irait pas. Un corset serait plus adapté. Ou un serre-taille, puisqu’il était hors de question que les vêtements de ces messieurs puissent être associés à ceux typiquement féminins. Pauvres choses.
Un serre-taille, donc.
Un sourire flottant sur son visage, elle écouta continuer sur son histoire de caprice. Les Hangoover étaient-ils donc prompt à faire ce genre de choses ? Misérables nouveaux riches. Il n’y avait bien que ceux-là pour se donner en spectacle à la moindre contrariété. Alice et les siens ne fondraient jamais en larme pour quoi que ce soit, et certainement pas pour un ego blessé. Dans ses veines coulait plus d’honneur que de sang. Les problématiques des siens, des Sang-Pur de longues lignées, se réglaient dans la bataille et non dans les simagrées. Que Christopher ai osé penser que tel aurait pu être le cas pour Alice l’indisposait véritablement. Elle était grande dame de sang et fierté, pas une fillette geignant à la moindre contrariété.
La colère d’être associé à telle idiote ne vint jamais puisque le sourire qu’il lui adressait étouffait tout début de feu. Thomas avait ce sourire là, lui aussi. Il avait tendance à se pencher sur elle pour qu’elle le voit de plus près, comme pour s’assurer qu’elle pouvait voir la lueur joueuse dans ses yeux gris.
Depuis combien de temps n’avait-elle pas vu son frère ? Et depuis quand avait-il commencé à lui manquer ?
Etait-ce pour cela qu’Alice restait là, à endurer les ganacheries d’un inconnu ? Circée… Thomas lui manquait véritablement, alors.
Son regard planté dans le sien, Alice dressa le menton, ses lèvres singeant la désapprobation. « Dois-je enfiler tout autre apparat pour que vous cessiez de m’importuner avec vos arlequinades, Christopher ? » Elle osa poser ses lunettes sur son torse pour l’inviter à reculer ce buste qu’il avait avancé. Un souffle amusé, presque un rire, franchit ses lèvres ourlées d’un demi-sourire. « Avez-vous un jour songé à louer vos talents dans une salle de théâtre ? M’est d’avis que celle de Godric’s Hollow serait honorée d’engager un sorcier tel que vous pour leurs comédies. » Son sourire s’aiguisa, plus complice que moqueur. « Les dames en tulle que vous semblez tant exécrer vous acclameraient sans savoir qu’elles sont votre meilleure source d’inspiration. »
Ce que Alice ne serait pas. Jamais. Le comprendrait-il a l’issu de leur… qu’était-ce ? Une conversation ou bien une confrontation ?
Ce n’était pas de la versatilité, mais de la stratégie émotionnelle.
Christopher jeta un regard méprisant à la paire de lunettes d’Alice… mais pas à elle. Non. A elle, il préférait répondre à la moquerie qui ne l’avait pas touché. Tant mieux. Alice n’espérait point que ce soit le cas.
Elle laissa son regard dévaler le long du corps de Christopher pour l’imaginer porter sa robe à elle. Non, définitivement… cela ne lui irait pas. Un corset serait plus adapté. Ou un serre-taille, puisqu’il était hors de question que les vêtements de ces messieurs puissent être associés à ceux typiquement féminins. Pauvres choses.
Un serre-taille, donc.
Un sourire flottant sur son visage, elle écouta continuer sur son histoire de caprice. Les Hangoover étaient-ils donc prompt à faire ce genre de choses ? Misérables nouveaux riches. Il n’y avait bien que ceux-là pour se donner en spectacle à la moindre contrariété. Alice et les siens ne fondraient jamais en larme pour quoi que ce soit, et certainement pas pour un ego blessé. Dans ses veines coulait plus d’honneur que de sang. Les problématiques des siens, des Sang-Pur de longues lignées, se réglaient dans la bataille et non dans les simagrées. Que Christopher ai osé penser que tel aurait pu être le cas pour Alice l’indisposait véritablement. Elle était grande dame de sang et fierté, pas une fillette geignant à la moindre contrariété.
La colère d’être associé à telle idiote ne vint jamais puisque le sourire qu’il lui adressait étouffait tout début de feu. Thomas avait ce sourire là, lui aussi. Il avait tendance à se pencher sur elle pour qu’elle le voit de plus près, comme pour s’assurer qu’elle pouvait voir la lueur joueuse dans ses yeux gris.
Depuis combien de temps n’avait-elle pas vu son frère ? Et depuis quand avait-il commencé à lui manquer ?
Etait-ce pour cela qu’Alice restait là, à endurer les ganacheries d’un inconnu ? Circée… Thomas lui manquait véritablement, alors.
Son regard planté dans le sien, Alice dressa le menton, ses lèvres singeant la désapprobation. « Dois-je enfiler tout autre apparat pour que vous cessiez de m’importuner avec vos arlequinades, Christopher ? » Elle osa poser ses lunettes sur son torse pour l’inviter à reculer ce buste qu’il avait avancé. Un souffle amusé, presque un rire, franchit ses lèvres ourlées d’un demi-sourire. « Avez-vous un jour songé à louer vos talents dans une salle de théâtre ? M’est d’avis que celle de Godric’s Hollow serait honorée d’engager un sorcier tel que vous pour leurs comédies. » Son sourire s’aiguisa, plus complice que moqueur. « Les dames en tulle que vous semblez tant exécrer vous acclameraient sans savoir qu’elles sont votre meilleure source d’inspiration. »
Ce que Alice ne serait pas. Jamais. Le comprendrait-il a l’issu de leur… qu’était-ce ? Une conversation ou bien une confrontation ?
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Pour une poignée de caillasse
De grands mots, un menton dressé et cette paire de lunette qui revient s'appuyer sur son torse pour le forcer à reculer. Christopher ne fait pas un mouvement vers l'arrière, au contraire même, et s'appuie contre les lunettes sans se départir de son sourire. Sourire qui grandit lorsque la jeune femme expire un souffle amusé — amusé, oui, Christopher serait prêt à parier de l'argent que c'est bien de l'amusement qu'il a entendu dans cette petite expiration tout en discrétion. Ainsi donc, la revoilà de retour dans le jeu, avec tout son honneur et sa fierté de fille bien née. Pour Christopher, c'est comme si les choses revenaient à leur place. La frustration qui faisait comme un nœud à l'intérieur de lui disparaît, la légèreté revient au devant de la scène. Et puisque l'on parle de scène...
Enfin, Christopher se redresse, sans pour autant s'éloigner vraiment de celle qu'il se plaît à embêter. Qu'elle reconnaisse ses talents d'acteurs qu'il n'a jamais cherché à améliorer le flatte, même s'il ne l'avouerait jamais. On lui a toujours reproché d'être trop dramatique, d'en « faire des caisses », de se donner en spectacle. Ses parents détestaient cela. C'est peut-être la raison pour laquelle en grandissant, Christopher a toujours fait plus d'effort pour être dramatique, à un tel point que ça a fini par devenir une partie à part entière de sa personnalité.
Une moue insatisfaite vient troubler le visage de Christopher lorsqu'Alice sous-entend que les jeunes femmes qu'il exècre sont sa meilleure source d'inspiration ; se donner en spectacle, c'est une chose, mimer celles et ceux qu'il n'aime pas aussi, mais de là à dire qu'elles sont sa source d'inspiration ? Ça non ! Ce serait leur donner trop d'importance. Elles sont tout au plus un bon sujet de spectacle, voilà tout.
D'un geste vif qu'il prépare depuis quelques secondes et qu'il a peaufiné le temps qu'elle termine son petit discours piquant, Christopher se saisit des lunettes qui appuyait contre son torse. Il se recule instantanément en arrière pour qu'elle ne puisse pas les récupérer et un sourire provocant lui étire les lèvres et dévoile ses dents.
« Vous serez là pour m'acclamer, alors ? la raille-t-il en ouvrant lentement, l'une après l'autre, les branches de la paire de lunette. Vous pourriez bien tenter d'autres apparats que vous serez toujours pour moi cette fille en tulle que j'ai rencontrée dans les rues de Tinworth. Alors je ne doute pas une seule seconde que je vous trouverai dans le public si un jour je performe sur la scène de la salle de spectacle. »
Son sourire s'agrandit et devient moqueur. Au cas où, Christopher continue de reculer de quelques pas et, les yeux bien plantés dans ceux de la Sanglanc, il glisse les lunettes sur son nez. Il s'arrête juste avant que les verres cachent ses yeux. L'index entre les deux verres, il penche la tête pour lancer un regard joueur à la jeune femme. Ses sourcils font des vagues sur son front, comme pour l'encourager à approcher pour venir récupérer son bien.
« Oh comme j'ai hâte de vous voir tomber en pâmoison devant moi et que vous vous haïssiez pour ça, » dit-il à mi-voix. Puis il ajoute en enfonçant les lunettes sur son nez, cachant ainsi ses yeux à la demoiselle. « Et si vous vous posez la question, j'accepte que mes fans en tulle me jettent sur scène tout ce qu'elles désirent, mais que ma préférence va aux pièces d'or plutôt qu'aux soutiens-gorge. »
Enfin, Christopher se redresse, sans pour autant s'éloigner vraiment de celle qu'il se plaît à embêter. Qu'elle reconnaisse ses talents d'acteurs qu'il n'a jamais cherché à améliorer le flatte, même s'il ne l'avouerait jamais. On lui a toujours reproché d'être trop dramatique, d'en « faire des caisses », de se donner en spectacle. Ses parents détestaient cela. C'est peut-être la raison pour laquelle en grandissant, Christopher a toujours fait plus d'effort pour être dramatique, à un tel point que ça a fini par devenir une partie à part entière de sa personnalité.
Une moue insatisfaite vient troubler le visage de Christopher lorsqu'Alice sous-entend que les jeunes femmes qu'il exècre sont sa meilleure source d'inspiration ; se donner en spectacle, c'est une chose, mimer celles et ceux qu'il n'aime pas aussi, mais de là à dire qu'elles sont sa source d'inspiration ? Ça non ! Ce serait leur donner trop d'importance. Elles sont tout au plus un bon sujet de spectacle, voilà tout.
D'un geste vif qu'il prépare depuis quelques secondes et qu'il a peaufiné le temps qu'elle termine son petit discours piquant, Christopher se saisit des lunettes qui appuyait contre son torse. Il se recule instantanément en arrière pour qu'elle ne puisse pas les récupérer et un sourire provocant lui étire les lèvres et dévoile ses dents.
« Vous serez là pour m'acclamer, alors ? la raille-t-il en ouvrant lentement, l'une après l'autre, les branches de la paire de lunette. Vous pourriez bien tenter d'autres apparats que vous serez toujours pour moi cette fille en tulle que j'ai rencontrée dans les rues de Tinworth. Alors je ne doute pas une seule seconde que je vous trouverai dans le public si un jour je performe sur la scène de la salle de spectacle. »
Son sourire s'agrandit et devient moqueur. Au cas où, Christopher continue de reculer de quelques pas et, les yeux bien plantés dans ceux de la Sanglanc, il glisse les lunettes sur son nez. Il s'arrête juste avant que les verres cachent ses yeux. L'index entre les deux verres, il penche la tête pour lancer un regard joueur à la jeune femme. Ses sourcils font des vagues sur son front, comme pour l'encourager à approcher pour venir récupérer son bien.
« Oh comme j'ai hâte de vous voir tomber en pâmoison devant moi et que vous vous haïssiez pour ça, » dit-il à mi-voix. Puis il ajoute en enfonçant les lunettes sur son nez, cachant ainsi ses yeux à la demoiselle. « Et si vous vous posez la question, j'accepte que mes fans en tulle me jettent sur scène tout ce qu'elles désirent, mais que ma préférence va aux pièces d'or plutôt qu'aux soutiens-gorge. »
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Pour une poignée de caillasse
Alice devrait s’en aller, à présent. Ce serait plus raisonnable que de continuer ce petit jeu qui pourrait finir par redevenir éprouvant, puisqu’ils étaient tout les deux capables de vexer l’autre. Elle devrait, mais ne cherchait point à le faire. Pourquoi ? Parce que l’autre prendrait cela pour une fuite. Ce ne serait pas le cas, mais il verrait cela ainsi. C’était chose inconcevable pour Alice. Il fuirait. Pas elle.
La française n’eut pas le temps de se repaître de l’insatisfaction que ses propos avaient marqués sur le visage de Christopher : vif comme un chat, il lui vola ses lunettes de soleil et bondit en arrière. Elle resta stupéfaite, ses doigts ouverts sur un bien qui n’était plus là. Mais… vraiment ? Venait-il vraiment de la chaparder ? Et avec le sourire, en plus ! Quel faquin !
Alice poussa un soupir désabusé en baissant la main. Non, finalement, elle la leva à hauteur de visage pour s’assurer que toutes ses bagues étaient encore là. Chiper ses lunettes, Alice pouvait momentanément l’accepter. Les bagues de Grand-Mère Elise transmises à tante Pauline, puis à elle ? Aucun abri ne serait assez solide pour retenir la fureur d’Alice.
Elle croisa finalement les bras, une moue agacée dessinée sur son visage alors que Christopher parlait, parlait, parlait encore et toujours. Il adorait le son de sa voix, c’était certain. Elle n’était pas désagréable aux oreilles d’Alice, aussi déplorait-elle qu’elle appartienne à cet homme.
Elle jeta un regard mauvais aux doigts qui s’amusaient avec ses lunettes. Il allait les enfiler, c’était évident. Et Alice, si daignait amorcer un geste pour les récupérer, ne les porterait plus. Alors, qu’il recule. Qu’il s’échappe avec, si cela lui chantait ! Cette paire de lunettes n’étaient point précieuses. Si il avait s’agit de ses premières, celles d’oncle Kenneth, là… il aurait regretté son geste. Amèrement.
Et voilà. Comme prévu, il les enfilait avec tout la théâtralité dont il était capable. Alice leva les yeux au ciel pour marqué tout son mépris. Il pouvait les garder. Elle ne les porterait plus, cela non. Ou bien, elle les récupérerait, et les piétinerait d’un coup de talon, le tout dans un sourire. De quoi lui faire pousser un petit cri d’indignation.
Alice papillonna des yeux, soufflée par son culot. A présent armé de ses lunettes -qu’elle n’irait pas chercher, alors que cesse ces jeux de sourcils-, Christopher osait utiliser Alice pour habiller ses fantasmes d’acteur. Certes, elle l’avait lancé sur ce chemin, mais certainement pas pour qu’il l’utilise.
Le rouge lui monta aux joues. Parler des sous-vêtements féminins d’une jeune femme ? Vraiment ? N’avait-il aucune limite ? Pourquoi Diable faire cette précision ? Oh, mais précisément pour la voir rougir, évidemment ! Et cela fonctionnait à merveille.
Alice baissa la tête pour pousser un profond soupir d’exaspération. Ses bras se décroisèrent pour que de ses doigts, elle puisse tapoter ses pommettes rosies. Cela ne servirait à rien, mais il était nécessaire de marquer son désintéressement pour ses réactions corporelles. Pire encore : elle en jouerait. Alice allait lui montrer que personne n'est aussi doué qu'elle pour faire fi de n'importe quelle situation. Elle en avait assez de se sentir souris effarouchée.
Alice consentie à faire un pas vers lui, son regard cherchant à nouveau le sien… à présent caché sous ses lunettes de soleil. Voilà qui était frustrant. Et désagréable.
« Vous aurez donc mon soutien-gorge. »
Son regard glissa jusqu’à la bretelle de sa robe posée contre épaule. Elle y posa son index, qu’elle fit rouler sur la tulle. Elle la dévia un peu sur la droite, et mima la surprise. Alice leva vivement le visage vers Christopher
« Oh ! Et si je n’en porte pas, et que je ne souhaite nullement vous récompenser en monnaie trébuchante, que dois-je jeter à vos pieds, monsieur ? » Elle fit un nouveau pas vers lui, ses grands cils battant. « Je vous en conjure, dîtes-moi ! Je ne peux tout de même pas assister à vos représentation sans présent a jeter à votre glorieuse personne ! »
Alice leva les sourcils, ses lèvres rosées entrouvertes. Elle glissa sa main dans son sac à main, fouilla quelques secondes et, dans un soupir soulagé, brandit une nouvelle paire de lunettes. Les montures étaient toujours d’or, mais le verre d’un joli bleu teinté.
Alice les agita un peu, un beau sourire aux lèvres qu’elle jeta au visage de Christopher.
« Voilà qui serait original. Vous aurez à vos pieds une belle collection de lunettes de soleil qui n’iront ni avec la forme de votre nez, ni à celle de votre visage. » Sans perdre son sourire, Alice lui tendit ses montures. « Tenez, très cher. Pour toute cette merveilleuse pitrerie. Oh, vraiment, ne lâchez rien, vous tenez votre personnage. Avec ce présent, vous pourrez vous offrir un joli costume pour aller avec. »
La française n’eut pas le temps de se repaître de l’insatisfaction que ses propos avaient marqués sur le visage de Christopher : vif comme un chat, il lui vola ses lunettes de soleil et bondit en arrière. Elle resta stupéfaite, ses doigts ouverts sur un bien qui n’était plus là. Mais… vraiment ? Venait-il vraiment de la chaparder ? Et avec le sourire, en plus ! Quel faquin !
Alice poussa un soupir désabusé en baissant la main. Non, finalement, elle la leva à hauteur de visage pour s’assurer que toutes ses bagues étaient encore là. Chiper ses lunettes, Alice pouvait momentanément l’accepter. Les bagues de Grand-Mère Elise transmises à tante Pauline, puis à elle ? Aucun abri ne serait assez solide pour retenir la fureur d’Alice.
Elle croisa finalement les bras, une moue agacée dessinée sur son visage alors que Christopher parlait, parlait, parlait encore et toujours. Il adorait le son de sa voix, c’était certain. Elle n’était pas désagréable aux oreilles d’Alice, aussi déplorait-elle qu’elle appartienne à cet homme.
Elle jeta un regard mauvais aux doigts qui s’amusaient avec ses lunettes. Il allait les enfiler, c’était évident. Et Alice, si daignait amorcer un geste pour les récupérer, ne les porterait plus. Alors, qu’il recule. Qu’il s’échappe avec, si cela lui chantait ! Cette paire de lunettes n’étaient point précieuses. Si il avait s’agit de ses premières, celles d’oncle Kenneth, là… il aurait regretté son geste. Amèrement.
Et voilà. Comme prévu, il les enfilait avec tout la théâtralité dont il était capable. Alice leva les yeux au ciel pour marqué tout son mépris. Il pouvait les garder. Elle ne les porterait plus, cela non. Ou bien, elle les récupérerait, et les piétinerait d’un coup de talon, le tout dans un sourire. De quoi lui faire pousser un petit cri d’indignation.
Alice papillonna des yeux, soufflée par son culot. A présent armé de ses lunettes -qu’elle n’irait pas chercher, alors que cesse ces jeux de sourcils-, Christopher osait utiliser Alice pour habiller ses fantasmes d’acteur. Certes, elle l’avait lancé sur ce chemin, mais certainement pas pour qu’il l’utilise.
Le rouge lui monta aux joues. Parler des sous-vêtements féminins d’une jeune femme ? Vraiment ? N’avait-il aucune limite ? Pourquoi Diable faire cette précision ? Oh, mais précisément pour la voir rougir, évidemment ! Et cela fonctionnait à merveille.
Alice baissa la tête pour pousser un profond soupir d’exaspération. Ses bras se décroisèrent pour que de ses doigts, elle puisse tapoter ses pommettes rosies. Cela ne servirait à rien, mais il était nécessaire de marquer son désintéressement pour ses réactions corporelles. Pire encore : elle en jouerait. Alice allait lui montrer que personne n'est aussi doué qu'elle pour faire fi de n'importe quelle situation. Elle en avait assez de se sentir souris effarouchée.
Alice consentie à faire un pas vers lui, son regard cherchant à nouveau le sien… à présent caché sous ses lunettes de soleil. Voilà qui était frustrant. Et désagréable.
« Vous aurez donc mon soutien-gorge. »
Son regard glissa jusqu’à la bretelle de sa robe posée contre épaule. Elle y posa son index, qu’elle fit rouler sur la tulle. Elle la dévia un peu sur la droite, et mima la surprise. Alice leva vivement le visage vers Christopher
« Oh ! Et si je n’en porte pas, et que je ne souhaite nullement vous récompenser en monnaie trébuchante, que dois-je jeter à vos pieds, monsieur ? » Elle fit un nouveau pas vers lui, ses grands cils battant. « Je vous en conjure, dîtes-moi ! Je ne peux tout de même pas assister à vos représentation sans présent a jeter à votre glorieuse personne ! »
Alice leva les sourcils, ses lèvres rosées entrouvertes. Elle glissa sa main dans son sac à main, fouilla quelques secondes et, dans un soupir soulagé, brandit une nouvelle paire de lunettes. Les montures étaient toujours d’or, mais le verre d’un joli bleu teinté.
Alice les agita un peu, un beau sourire aux lèvres qu’elle jeta au visage de Christopher.
« Voilà qui serait original. Vous aurez à vos pieds une belle collection de lunettes de soleil qui n’iront ni avec la forme de votre nez, ni à celle de votre visage. » Sans perdre son sourire, Alice lui tendit ses montures. « Tenez, très cher. Pour toute cette merveilleuse pitrerie. Oh, vraiment, ne lâchez rien, vous tenez votre personnage. Avec ce présent, vous pourrez vous offrir un joli costume pour aller avec. »
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Pour une poignée de caillasse
Oh qu'il se sent fier avec cette paire de lunettes sur le nez ! Sa vision désormais légèrement plus sombre, il étire un regard insolent et moqueur en direction de la jeune fille devant lui. Même l'obscurité des verres ne peut pas cacher le soudain rougissement de ses joues et Christopher s'en repaît avec une indécente joie. Il se penche même un peu en avant pour mieux profiter de la couleur. S'il ne se sentait pas aussi bien avec ces lunettes, tout persuadé qu'il est que la Sangblanc doit fulminer de rage de les savoir sur son nez, il les aurait un peu baissé pour pouvoir profiter de la vue. Si simplement prononcer le mot « soutien-gorge » peut créer chez cette fille un tel rougissement, Christopher a dans sa poche beaucoup d'autres mots, d'autres insolences, d'autres provocations à lui donner pour qu'elle s'étouffe dans sa gêne de petite fille bien née. Il commence d'ailleurs à y réfléchir et à imaginer comment il pourrait rebondir sur ce qu'elle lui dira pour la gêner encore davantage.
Christopher sourit bien, Christopher sourit grand, paré de toute son arrogance... Jusqu'au moment où elle ouvre la bouche pour lui dire qu'elle lui donnera son soutien-gorge. Est-ce d'entendre ce mot qui l'a fait rougir dans sa bouche ? Ou alors qu'elle ose dire devant un homme qu'elle enlèvera un sous-vêtement pour lui ? Quoi qu'il en soit, la mâchoire de Christopher se décroche en même temps qu'il se fige, son insolence soufflée par l'audace de la jeune femme. C'est un euphémisme de dire qu'il ne s'y attendait pas. Il est si surpris qu'il se sent comme un abruti. Il remonte sa mâchoire dans un claquement de dents et se redresse en perdant son sourire : a-t-elle fait exprès de rougir pour lui faire croire qu'il avait visé juste ? Elle ne serait tout de même pas si bonne actrice, n'est-ce pas ? La couleur rosée était bel et bien réelle, il ne l'a pas inventé, alors pourquoi...
Cachés sous ses lunettes en verre fumé, les yeux de Christopher s'arrondissent lorsqu'Alice mène la main à son épaule et fait glisser sa bretelle sur son épaule. Il en aurait crié de surprise et se serait peut-être caché les yeux pour répondre à cette provocation par un dégoût feint qui aurait sans doute fait regretter à la jeune femme son audace, mais voilà le regard de cette dernière repart à l'assaut du visage de Christopher et il perd ses mots parce qu'elle désormais, chacun de ses gestes ressemble à un insulte et qu'il se les prend de plein fouet.
Christopher a beau grimacer, elle ne s'arrête pas pour autant. Alors il la laisse parler, encore surpris qu'elle ait joué son jeu alors qu'il pensait la court-circuiter. Et ce faux rougissement... Par Morgane, il ne peut pas s'en remettre et il refuse d'admettre qu'il était feint. C'est impossible d'être aussi bonne actrice, impossible ! se dit-il en se complaisant dans la certitude qu'il est capable de la faire rougir et de la choquer si elle en a envie.
Une moue sur les lèvres, Christopher perd un peu de sa superbe et laisse le spectacle se dérouler devant lui, les bras ballants, sa chemise pendant toujours au bout de son bras. Elle bat des cils, joue à l’amourachée, et ça fait lui fait lever les yeux au ciel. Il se retient de croiser les bras sur son torse comme elle-même l'a fait il y a quelques secondes : il a vu dans ce geste une forme de vexation qu'il lui ait piqué si facilement ses lunettes et il refuse qu'elle voit la même chose chez lui, alors il se retient. Mais la moue sur son visage, elle, est bien marquée.
Il suit du regard sa main quand elle la plonge dans son sac. Il s'en veut d'être curieux de voir ce qu'elle sortira, ce qu'elle peut bien avoir l'idée de lui jeter aux pieds s'il était vraiment cet homme qui donnait des représentations sur scène. Quelque chose qui l'humiliera, certainement, il s'y attend, mais Christopher est frustré de ne pas pouvoir deviner ce dont il va s'agir exactement... Puis elle sort une nouvelle paire de lunettes et les épaules du sorcier s'affaissent : bien évidemment. Il lance un regard à Alice qui veut dire : « ouah, c'est tout ce que vous avez trouvé de mieux ? ». Même s'il veut bien avouer qu'elles sont plutôt belles, ces lunettes, et que la façon qu'elle a de les sortir ainsi prouve au moins une chose : elle se fiche complètement qu'il lui ait volé sa paire ou alors elle feint très bien n'en avoir rien à faire. Dans les deux cas, Christopher est blessé dans sa fierté et il a envie de se venger de ce qu'il ressent.
Il baisse les yeux sur la paire qu'elle tend entre eux deux. C'est totalement humiliant, songe-t-il avec aigreur. Mais avant de pouvoir les attraper, ce qu'il comptait faire, Alice ajoute un petit commentaire qui vient réveiller quelque chose de désagréable en Christopher. Il relève aussitôt la tête pour la fusiller du regard.
« Elles me vont bien ! réplique-t-il d'une voix offusquée avant d'arracher la paire de lunettes tendue d'un geste brusque. Et si vous aviez de meilleurs goûts, vous auriez choisi une paire qui me serait allée, je vous ferais dire. »
C'est une bien lamentable attaque et Christopher en a conscience. D'autant que les lunettes, celles qu'il a sur le nez et celles qu'il serre entre ses doigts, vont toutes les deux parfaitement bien à la Sangblanc et correspondent à la forme de son visage, c'est vrai. Et pas à celui de Christopher, cela aussi, c'est vrai. Mais hors de question de l'avouer.
« Et je compte bien me l'offrir, ce costume, poursuit-il de cette même voix offusquée. Puisque vous vous fichez apparemment que je reparte avec ces deux paires de lunettes. »
Il baisse les yeux sur celle qu'il vient d'attraper et la tourne dans tous les sens pour l'observer. C'est vrai qu'elle est jolie, de qualité, et le terme n'est pas suffisant. Christopher sent le matériau dont elles sont faites sous ses doigts. Il est suffisamment rodé dans le métier pour savoir qu'elles valent beaucoup d'argent. C'est d'autant plus rageant. Et Christopher en éprouve une colère plus grande à l'égard d'Alice Sangblanc qui peut se permettre de donner des accessoires qui ont une réelle valeur monétaire. Cela en dit long sur elle.
Soudainement, Christopher se met à ricaner. Il se secoue la tête avant de lever les yeux vers Alice qui ne peut désormais plus voir la couleur de ses pupilles — et il espère qu'elle en éprouve de la frustration.
« Vous aussi vous tenez bien votre rôle, lâche-t-il d'une voix aigre qui n'a plus rien de l'offuscation dramatique de tout à l'heure. L'héritière bien née qui jette l'argent de sa famille par la fenêtre... »
Il lève la paire de lunettes devant lui, à hauteur de visage, et la secoue un peu pour attirer le regard d'Alice. Sa bouche est tordue dans un angle mécontent. Si elle devait se jeter sur lui pour l'attraper, il saurait l'en empêcher. Maintenant qu'elles sont entre ses mains, il ne compte pas s'en débarrasser : il est certain qu'il saura les revendre à un très bon prix.
Christopher sourit bien, Christopher sourit grand, paré de toute son arrogance... Jusqu'au moment où elle ouvre la bouche pour lui dire qu'elle lui donnera son soutien-gorge. Est-ce d'entendre ce mot qui l'a fait rougir dans sa bouche ? Ou alors qu'elle ose dire devant un homme qu'elle enlèvera un sous-vêtement pour lui ? Quoi qu'il en soit, la mâchoire de Christopher se décroche en même temps qu'il se fige, son insolence soufflée par l'audace de la jeune femme. C'est un euphémisme de dire qu'il ne s'y attendait pas. Il est si surpris qu'il se sent comme un abruti. Il remonte sa mâchoire dans un claquement de dents et se redresse en perdant son sourire : a-t-elle fait exprès de rougir pour lui faire croire qu'il avait visé juste ? Elle ne serait tout de même pas si bonne actrice, n'est-ce pas ? La couleur rosée était bel et bien réelle, il ne l'a pas inventé, alors pourquoi...
Cachés sous ses lunettes en verre fumé, les yeux de Christopher s'arrondissent lorsqu'Alice mène la main à son épaule et fait glisser sa bretelle sur son épaule. Il en aurait crié de surprise et se serait peut-être caché les yeux pour répondre à cette provocation par un dégoût feint qui aurait sans doute fait regretter à la jeune femme son audace, mais voilà le regard de cette dernière repart à l'assaut du visage de Christopher et il perd ses mots parce qu'elle désormais, chacun de ses gestes ressemble à un insulte et qu'il se les prend de plein fouet.
Christopher a beau grimacer, elle ne s'arrête pas pour autant. Alors il la laisse parler, encore surpris qu'elle ait joué son jeu alors qu'il pensait la court-circuiter. Et ce faux rougissement... Par Morgane, il ne peut pas s'en remettre et il refuse d'admettre qu'il était feint. C'est impossible d'être aussi bonne actrice, impossible ! se dit-il en se complaisant dans la certitude qu'il est capable de la faire rougir et de la choquer si elle en a envie.
Une moue sur les lèvres, Christopher perd un peu de sa superbe et laisse le spectacle se dérouler devant lui, les bras ballants, sa chemise pendant toujours au bout de son bras. Elle bat des cils, joue à l’amourachée, et ça fait lui fait lever les yeux au ciel. Il se retient de croiser les bras sur son torse comme elle-même l'a fait il y a quelques secondes : il a vu dans ce geste une forme de vexation qu'il lui ait piqué si facilement ses lunettes et il refuse qu'elle voit la même chose chez lui, alors il se retient. Mais la moue sur son visage, elle, est bien marquée.
Il suit du regard sa main quand elle la plonge dans son sac. Il s'en veut d'être curieux de voir ce qu'elle sortira, ce qu'elle peut bien avoir l'idée de lui jeter aux pieds s'il était vraiment cet homme qui donnait des représentations sur scène. Quelque chose qui l'humiliera, certainement, il s'y attend, mais Christopher est frustré de ne pas pouvoir deviner ce dont il va s'agir exactement... Puis elle sort une nouvelle paire de lunettes et les épaules du sorcier s'affaissent : bien évidemment. Il lance un regard à Alice qui veut dire : « ouah, c'est tout ce que vous avez trouvé de mieux ? ». Même s'il veut bien avouer qu'elles sont plutôt belles, ces lunettes, et que la façon qu'elle a de les sortir ainsi prouve au moins une chose : elle se fiche complètement qu'il lui ait volé sa paire ou alors elle feint très bien n'en avoir rien à faire. Dans les deux cas, Christopher est blessé dans sa fierté et il a envie de se venger de ce qu'il ressent.
Il baisse les yeux sur la paire qu'elle tend entre eux deux. C'est totalement humiliant, songe-t-il avec aigreur. Mais avant de pouvoir les attraper, ce qu'il comptait faire, Alice ajoute un petit commentaire qui vient réveiller quelque chose de désagréable en Christopher. Il relève aussitôt la tête pour la fusiller du regard.
« Elles me vont bien ! réplique-t-il d'une voix offusquée avant d'arracher la paire de lunettes tendue d'un geste brusque. Et si vous aviez de meilleurs goûts, vous auriez choisi une paire qui me serait allée, je vous ferais dire. »
C'est une bien lamentable attaque et Christopher en a conscience. D'autant que les lunettes, celles qu'il a sur le nez et celles qu'il serre entre ses doigts, vont toutes les deux parfaitement bien à la Sangblanc et correspondent à la forme de son visage, c'est vrai. Et pas à celui de Christopher, cela aussi, c'est vrai. Mais hors de question de l'avouer.
« Et je compte bien me l'offrir, ce costume, poursuit-il de cette même voix offusquée. Puisque vous vous fichez apparemment que je reparte avec ces deux paires de lunettes. »
Il baisse les yeux sur celle qu'il vient d'attraper et la tourne dans tous les sens pour l'observer. C'est vrai qu'elle est jolie, de qualité, et le terme n'est pas suffisant. Christopher sent le matériau dont elles sont faites sous ses doigts. Il est suffisamment rodé dans le métier pour savoir qu'elles valent beaucoup d'argent. C'est d'autant plus rageant. Et Christopher en éprouve une colère plus grande à l'égard d'Alice Sangblanc qui peut se permettre de donner des accessoires qui ont une réelle valeur monétaire. Cela en dit long sur elle.
Soudainement, Christopher se met à ricaner. Il se secoue la tête avant de lever les yeux vers Alice qui ne peut désormais plus voir la couleur de ses pupilles — et il espère qu'elle en éprouve de la frustration.
« Vous aussi vous tenez bien votre rôle, lâche-t-il d'une voix aigre qui n'a plus rien de l'offuscation dramatique de tout à l'heure. L'héritière bien née qui jette l'argent de sa famille par la fenêtre... »
Il lève la paire de lunettes devant lui, à hauteur de visage, et la secoue un peu pour attirer le regard d'Alice. Sa bouche est tordue dans un angle mécontent. Si elle devait se jeter sur lui pour l'attraper, il saurait l'en empêcher. Maintenant qu'elles sont entre ses mains, il ne compte pas s'en débarrasser : il est certain qu'il saura les revendre à un très bon prix.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Pour une poignée de caillasse
Alice n’aurait pas dû tenir ce genre de propos, et certainement pas devant un homme, un inconnu, un sinistre personnage grossier et mal éduqué. Si Tante Elise avait assisté à cet échange, nul doute qu’elle aurait retrouvé ses émotions égarées pour ressentir honte et scandale. Mais voilà : Tante Elise n’était pas là. Il n’y avait que Hangoover, Alice et ses remords pour le moment muselé par l’envie irrémédiable de voir son petit air suffisant disparaître dans les limbes où fut un jour jeté la décence de ce malotru.
Son sourire bien accroché à ses lèvres, sa main tendue vers Christopher pour lui faire don de ses jolies parures, Alice le laissa s’agacer de son commentaire. Ses doigts se resserrèrent dans le vide jusqu’à rejoindre sa cuisse. Ses lunettes de Soleil lui allaient-elles si bien, comme il le scandait sans pourtant avoir un miroir à consulter ? Alice osa pencher la tête sur le côté, une moue dubitative chassant son sourire de parure. Elle ne dit rien. Absolument rien. Il ne fallait pas. Surtout pas. Le doute était une réponse suffisante.
Et… non, Alice ne se fichait pas qu’ils repartent avec ses lunettes, certainement pas à présent qu’elle réalisait que son confort occulaire de tantôt, elle le devait qu’au passage d’un gros nuage dans le ciel. Dans quelques secondes… elle regretterait ce choix peu judicieux. Pour le moment, Alice préférait continuer à jouer ce rôle qu’il semblait exécrer : celui de la jeune femme qui se moque éperdument de perdre quelques accessoires.
Ce rôle lui allait bien, n’est-ce pas ?
Le voilà qui se remettait à ricaner. Alice leva un peu le menton, prête à affronter la nouvelle ganacherie du Hangoover.
Il complimentait son rôle d’héritière exécrable, mais sans qu’elle puisse voir la couleur de ses paroles dans ses pupilles. Voilà donc la frustration qu’il avait ressenti jusqu’à présent. Ce n’était pas agréable… mais Alice pouvait faire avec. Ces lunettes n’étaient finalement qu’un masque de plus à arracher.
Alice passa une main dans ses longues boucles dont la blancheur accrochaient chaque éclat de lumière. Elle osa pousser un rire dont chaque expiration sentait l’or et le champagne.
« Oh, Christopher… » souffla t-elle, son visage joliment sculpté pour embraser la haine du Hangoover pour ce genre de minois. « Je suis une amoureuse de l’art, je fais donc un don à l’artiste qui se trouve face à moi. Mais si cela vous dérange, si vous voyez là un geste déplacé… » Alice déplia ses doigts devant lui, laissant le Soleil revenu frapper l’or blanc de ses bagues. « Vous n’avez qu’à me les rendre. »
Alice sourit, ses yeux légèrement plissé par les éclats de Père-Soleil. Qu’il lui rende. De suite.
Son sourire bien accroché à ses lèvres, sa main tendue vers Christopher pour lui faire don de ses jolies parures, Alice le laissa s’agacer de son commentaire. Ses doigts se resserrèrent dans le vide jusqu’à rejoindre sa cuisse. Ses lunettes de Soleil lui allaient-elles si bien, comme il le scandait sans pourtant avoir un miroir à consulter ? Alice osa pencher la tête sur le côté, une moue dubitative chassant son sourire de parure. Elle ne dit rien. Absolument rien. Il ne fallait pas. Surtout pas. Le doute était une réponse suffisante.
Et… non, Alice ne se fichait pas qu’ils repartent avec ses lunettes, certainement pas à présent qu’elle réalisait que son confort occulaire de tantôt, elle le devait qu’au passage d’un gros nuage dans le ciel. Dans quelques secondes… elle regretterait ce choix peu judicieux. Pour le moment, Alice préférait continuer à jouer ce rôle qu’il semblait exécrer : celui de la jeune femme qui se moque éperdument de perdre quelques accessoires.
Ce rôle lui allait bien, n’est-ce pas ?
Le voilà qui se remettait à ricaner. Alice leva un peu le menton, prête à affronter la nouvelle ganacherie du Hangoover.
Il complimentait son rôle d’héritière exécrable, mais sans qu’elle puisse voir la couleur de ses paroles dans ses pupilles. Voilà donc la frustration qu’il avait ressenti jusqu’à présent. Ce n’était pas agréable… mais Alice pouvait faire avec. Ces lunettes n’étaient finalement qu’un masque de plus à arracher.
Alice passa une main dans ses longues boucles dont la blancheur accrochaient chaque éclat de lumière. Elle osa pousser un rire dont chaque expiration sentait l’or et le champagne.
« Oh, Christopher… » souffla t-elle, son visage joliment sculpté pour embraser la haine du Hangoover pour ce genre de minois. « Je suis une amoureuse de l’art, je fais donc un don à l’artiste qui se trouve face à moi. Mais si cela vous dérange, si vous voyez là un geste déplacé… » Alice déplia ses doigts devant lui, laissant le Soleil revenu frapper l’or blanc de ses bagues. « Vous n’avez qu’à me les rendre. »
Alice sourit, ses yeux légèrement plissé par les éclats de Père-Soleil. Qu’il lui rende. De suite.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Pour une poignée de caillasse
Aucun mot, seulement un visage qui transpire tout ce que Christopher déteste le plus : la richesse que l'on a pas soi-même mérité, l'arrogance et le mépris. Il s'enrage de la plus petite étincelle de satisfaction qu'il croit déceler dans son regard à la couleur indistincte. Et Christopher atteint le summum de son agacement quand elle expire un petit rire qui insulte chaque mot qu'il vient de prononcer. Il serre les mâchoires parce que face à une personne qui sait si bien se maîtriser il ne souhaite pas perdre le face. Il se prépare à ses répliques comme un guerrier se préparerait à son futur combat.
Quelle fameuse idée de s'être préparé ! Une fameuse idée, mais bien inutile, parce que dès qu'elle parle d'art et d'artiste, Christopher laisse la surprise monter jusqu'à son regard et arquer ses sourcils. Est-elle réellement en train d'essayer de le convaincre de lui rendre ses lunettes ? Est-ce une misérable tentative pour revenir sur l'idiotie qu'elle a faite ou essaie-t-elle vraiment de l'insulter ? Christopher se pose sincèrement la question et laisse le silence s'étirer. Il baisse les yeux sur la main tendue de la demoiselle avant de les remonter vers son visage et ses yeux plissés par la lumière.
Christopher finit par conclure qu'elle en arrivera de toute manière à regretter ce qu'elle vient de faire, à savoir lui avoir permis de garder une paire de lunette dérobée et une autre donnée en toute connaissance de cause, et qu'il sera gagnant quoi qu'il arrive. Malgré son air insolent et les insultes qui se camouflent dans la moindre de ses phrases.
Alors d'un geste tout à fait calculé, il baisse de nouveau les yeux sur cette main tendue, étire un sourire moqueur et prend son temps pour déplier les branches de la jolie paire de lunette qui lui a été offerte. D'abord la gauche. Puis la droite. On jette un vilain petit regard en direction du visage pâle et du menton hautain de la Sangblanc. Et enfin, on glisse les branches sur ses tempes et on fait glisser les lunettes sur le sommet de son crâne pour les garder là, parfaitement en équilibre sur sa tête, sur ses cheveux déjà tirés en arrière par la noisette de gel qu'il a mis avant de partir.
« Non, » affirme-t-il d'une voix déterminée.
Il plante fièrement ses mains sur ses hanches. Sa chemise, coincée entre les doigts de sa main gauche, pend misérablement le long de sa jambe.
« Voyez-vous, s'amuse-t-il à mi-voix, moi je ne donne pas mes objets précieux à... La première personne qui passe. »
Son regard dévale le corps d'Alice avant de l'escalader dans le sens inverse. Il baisse juste assez le menton pour faire comprendre que « la première personne qui passe », c'est elle et que ce n'est pas un compliment.
« Et cette belle paire de lunette... » Il lève la main pour frôler les jolies branches, ses lèvres se relevant en un sourire narquois. « ...est désormais à moi. »
Quelle fameuse idée de s'être préparé ! Une fameuse idée, mais bien inutile, parce que dès qu'elle parle d'art et d'artiste, Christopher laisse la surprise monter jusqu'à son regard et arquer ses sourcils. Est-elle réellement en train d'essayer de le convaincre de lui rendre ses lunettes ? Est-ce une misérable tentative pour revenir sur l'idiotie qu'elle a faite ou essaie-t-elle vraiment de l'insulter ? Christopher se pose sincèrement la question et laisse le silence s'étirer. Il baisse les yeux sur la main tendue de la demoiselle avant de les remonter vers son visage et ses yeux plissés par la lumière.
Christopher finit par conclure qu'elle en arrivera de toute manière à regretter ce qu'elle vient de faire, à savoir lui avoir permis de garder une paire de lunette dérobée et une autre donnée en toute connaissance de cause, et qu'il sera gagnant quoi qu'il arrive. Malgré son air insolent et les insultes qui se camouflent dans la moindre de ses phrases.
Alors d'un geste tout à fait calculé, il baisse de nouveau les yeux sur cette main tendue, étire un sourire moqueur et prend son temps pour déplier les branches de la jolie paire de lunette qui lui a été offerte. D'abord la gauche. Puis la droite. On jette un vilain petit regard en direction du visage pâle et du menton hautain de la Sangblanc. Et enfin, on glisse les branches sur ses tempes et on fait glisser les lunettes sur le sommet de son crâne pour les garder là, parfaitement en équilibre sur sa tête, sur ses cheveux déjà tirés en arrière par la noisette de gel qu'il a mis avant de partir.
« Non, » affirme-t-il d'une voix déterminée.
Il plante fièrement ses mains sur ses hanches. Sa chemise, coincée entre les doigts de sa main gauche, pend misérablement le long de sa jambe.
« Voyez-vous, s'amuse-t-il à mi-voix, moi je ne donne pas mes objets précieux à... La première personne qui passe. »
Son regard dévale le corps d'Alice avant de l'escalader dans le sens inverse. Il baisse juste assez le menton pour faire comprendre que « la première personne qui passe », c'est elle et que ce n'est pas un compliment.
« Et cette belle paire de lunette... » Il lève la main pour frôler les jolies branches, ses lèvres se relevant en un sourire narquois. « ...est désormais à moi. »
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Pour une poignée de caillasse
Ses doigts blancs dépliés dans l’attente de se voir offrir le tribut exigé ne tremblait pas, pas plus que le regard d’Alice. Dans quelques secondes, il vacillerait. Pas par sa faute à lui, mais bien parce que le Soleil lui rôtirait ses rétines sensibles. Alice portait de bien trop nombreux fardeaux familiaux sur ses maigres épaules. Du sang pur à préserver en passant par l’excellence en toutes circonstances, aucun d’entre eux ne lui semblait plus lourd à porter que celui de l’intolérance au Soleil. Sa peau brûlait à son contact, prenait des éclats vermillon et finissait par abîmer sa peau délicate. Cela, Alice pouvait le maîtriser aisément d’un coup de baguette et d’un déploiement d’ombrelle. Pour ses yeux, en revanche, nulle baguette, nulle dentelle ne saurait les préserver. Il n’y avait que ses lunettes pour remplir cette tâche. Et ces deux paires ? Christopher Hangoover les détenait.
Si Alice avait pressenti qu’elle ne devait son confort oculaire qu’à la présence d’un gros nuage, jamais elle n’aurait jouer ainsi avec ses lunettes. Quelle sotte. A présent, il fallait seulement compter sur le refus catégorique de Christopher à laisser Alice le considérer comme un intermittent du spectacle sans le sou.
Et aux vues du spectacle qu’il lui avait donné à voir tantôt, il allait lui rendre ses lunettes.
Ce qu’il… ne fit pas.
Sa main toujours tendue entre eux, ses yeux se plissant au fur et à mesure que le Soleil revenait, Alice sentait sa poitrine se gonfler d’agacement à mesure que l’autre imbécile prenait son temps pour annoncer sans un mot qu’il ne lui rendrait pas ses lunettes, et préférait même passer pour un idiot sans aucun sens du style en enfilant ses deux paires. Non sans, bien évidemment, faire montre de toute l’insolence dont il était capable en quelques regards et sourires narquois. Armée d’une lame, elle lui arracherait volontiers.
Le non tomba, comme si il était nécessaire de parler après cela. Comme si Alice avait besoin d’entendre pour comprendre. Elle roula des yeux dans un soupir muet, agacée par cette occasion de se taire manquée.
Sans un mot, ses yeux plissés par l’inconfort grandissant, Alice le laissait faire, s’amuser, parler, parler encore, car il n’était bon qu’à cela ! Parler, se moquer, faire montre de l’insolence caractéristique aux engeances de la société sorcière ! Plus aucun doute désormais, Christopher Hangoover était bel et bien le fils qui fait honte à la famille.
Alice dressa le menton un peu plus haut, sans répondre à l’amusement qui flottait sur les mots de l’homme. La… première personne qui passe. Alice était donc… la première personne qui passe, et puisque ces lunettes étaient désormais les siennes…
Un grondement grimpa le long de sa gorge.
Alice n’était pas une personne de passage, pas plus que ces lunettes de soleil n’étaient celles de Christopher ! Alice se sentit avancer d’un pas pour lui arracher ses précieuses protections et, avec un peu de chance, lui griffer le visage. Elle s’arrêta avant que son talon ne se pose sur le sol.
Non.
Non, cela lui ferait bien trop plaisir.
Le talon se posa au sol avec lenteur, bientôt rejoint par l’autre. Un pas avait été fait, avalant à nouveau la distance qui les séparait. Elle inspira doucement, ses yeux se refermant totalement désormais. Père Soleil était là, et visiblement, du côté de Christopher.
Bien, il était temps d’être calme et d’user de stratégie.
Et… prendre congé car, Alice le savait, elle ne pourrait désormais plus soutenir le regard de cet énergumène sans froncer les yeux, et cela lui donnerait un air idiot. Celui ci allait bien mieux à Christopher qu’à elle.
Elle inspira une nouvelle fois, sa main venant trouver sa hanche à la manière de cet… énergumène qui, lui, était bel et bien de passage ! Autant dans sa vie que dans ses songes.
« Vous êtes touchant, vous savez ? » commença t-elle en réouvrant les yeux avec lenteur, laissant le temps à sa main libre de se placer sur son front pour tenter d’amoindrir la morsure de Père-Soleil. « A faire vôtre mes propres possessions, comme tantôt, lorsque la tentation vous poussa presque à couvrir d’attention ma combinaison… Qui ne vous irait pas. Pas plus que mes lunettes de Soleil ne vous vont. » Elle lui sourit, effrontée, yeux plissés, rétines agressées. Peste soit de l’Été ! Et de celui ci !
Dans un nouvelle courbette bien trop basse pour être sincère, Alice salua l’homme, sa tête basse, sa nuque offerte, ses cheveux blancs tombant en cascade autour d’elle. Elle ne lui jeta nul regard supplémentaire en se redressant.
Ce fut seulement lorsqu’elle le devança d’un pas, son épaule effleurant la sienne, qu’elle osa lui jeter dans une œillade en biais :
« Je vous laisse avec votre mauvais goût et votre Edgard Komba. »
Dans un pas supplémentaire, la pointe de son pied à peine posé sur le sol, Alice s’évapora dans un transplanage, laissant l’homme à son insolence et ses ruminations.
Il n’avait pas eu le dernier mot.
C'est une fin pour moi, mon cher et détestable fiancé ! A très, très bientôt...
Si Alice avait pressenti qu’elle ne devait son confort oculaire qu’à la présence d’un gros nuage, jamais elle n’aurait jouer ainsi avec ses lunettes. Quelle sotte. A présent, il fallait seulement compter sur le refus catégorique de Christopher à laisser Alice le considérer comme un intermittent du spectacle sans le sou.
Et aux vues du spectacle qu’il lui avait donné à voir tantôt, il allait lui rendre ses lunettes.
Ce qu’il… ne fit pas.
Sa main toujours tendue entre eux, ses yeux se plissant au fur et à mesure que le Soleil revenait, Alice sentait sa poitrine se gonfler d’agacement à mesure que l’autre imbécile prenait son temps pour annoncer sans un mot qu’il ne lui rendrait pas ses lunettes, et préférait même passer pour un idiot sans aucun sens du style en enfilant ses deux paires. Non sans, bien évidemment, faire montre de toute l’insolence dont il était capable en quelques regards et sourires narquois. Armée d’une lame, elle lui arracherait volontiers.
Le non tomba, comme si il était nécessaire de parler après cela. Comme si Alice avait besoin d’entendre pour comprendre. Elle roula des yeux dans un soupir muet, agacée par cette occasion de se taire manquée.
Sans un mot, ses yeux plissés par l’inconfort grandissant, Alice le laissait faire, s’amuser, parler, parler encore, car il n’était bon qu’à cela ! Parler, se moquer, faire montre de l’insolence caractéristique aux engeances de la société sorcière ! Plus aucun doute désormais, Christopher Hangoover était bel et bien le fils qui fait honte à la famille.
Alice dressa le menton un peu plus haut, sans répondre à l’amusement qui flottait sur les mots de l’homme. La… première personne qui passe. Alice était donc… la première personne qui passe, et puisque ces lunettes étaient désormais les siennes…
Un grondement grimpa le long de sa gorge.
Alice n’était pas une personne de passage, pas plus que ces lunettes de soleil n’étaient celles de Christopher ! Alice se sentit avancer d’un pas pour lui arracher ses précieuses protections et, avec un peu de chance, lui griffer le visage. Elle s’arrêta avant que son talon ne se pose sur le sol.
Non.
Non, cela lui ferait bien trop plaisir.
Le talon se posa au sol avec lenteur, bientôt rejoint par l’autre. Un pas avait été fait, avalant à nouveau la distance qui les séparait. Elle inspira doucement, ses yeux se refermant totalement désormais. Père Soleil était là, et visiblement, du côté de Christopher.
Bien, il était temps d’être calme et d’user de stratégie.
Et… prendre congé car, Alice le savait, elle ne pourrait désormais plus soutenir le regard de cet énergumène sans froncer les yeux, et cela lui donnerait un air idiot. Celui ci allait bien mieux à Christopher qu’à elle.
Elle inspira une nouvelle fois, sa main venant trouver sa hanche à la manière de cet… énergumène qui, lui, était bel et bien de passage ! Autant dans sa vie que dans ses songes.
« Vous êtes touchant, vous savez ? » commença t-elle en réouvrant les yeux avec lenteur, laissant le temps à sa main libre de se placer sur son front pour tenter d’amoindrir la morsure de Père-Soleil. « A faire vôtre mes propres possessions, comme tantôt, lorsque la tentation vous poussa presque à couvrir d’attention ma combinaison… Qui ne vous irait pas. Pas plus que mes lunettes de Soleil ne vous vont. » Elle lui sourit, effrontée, yeux plissés, rétines agressées. Peste soit de l’Été ! Et de celui ci !
Dans un nouvelle courbette bien trop basse pour être sincère, Alice salua l’homme, sa tête basse, sa nuque offerte, ses cheveux blancs tombant en cascade autour d’elle. Elle ne lui jeta nul regard supplémentaire en se redressant.
Ce fut seulement lorsqu’elle le devança d’un pas, son épaule effleurant la sienne, qu’elle osa lui jeter dans une œillade en biais :
« Je vous laisse avec votre mauvais goût et votre Edgard Komba. »
Dans un pas supplémentaire, la pointe de son pied à peine posé sur le sol, Alice s’évapora dans un transplanage, laissant l’homme à son insolence et ses ruminations.
Il n’avait pas eu le dernier mot.
C'est une fin pour moi, mon cher et détestable fiancé ! A très, très bientôt...
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Pour une poignée de caillasse
Tout est dans la façon de se tenir. N'importe qui d'autre aurait pu avoir l'air idiot avec deux paires de lunettes sur la tête. Pas Christopher. Une main plantée sur sa hanche, le sourire large, le menton haut, il agit comme s'il portait les créations d'un grand couturier (oh, mais c'est le cas !) et qu'avoir deux paires de lunettes sur la tête était le summum de la mode. Et il se sent bel et bien resplendir sous la caresse du soleil, d'autant plus en ayant sous les yeux le visage agacé d'une petite bourgeoise insolente. Rien ne pourrait rendre Christopher plus heureux que cette vision d'elle qui avance d'un pas comme pour le menacer après avoir si joliment montré sa colère. Quel plaisir de voir sa main se baisser lorsqu'elle comprend qu'il ne lui rendra pas ses biens ! Christopher sourit avec satisfaction et espère qu'elle se mordra les doigts de lui avoir tendu ces lunettes de son plein gré, parce qu'il ne les lui rendra jamais, il s'en fait la promesse.
La langue jaunâtre du soleil coule sur le visage pâle de la Sangblanc jusqu'à la forcer à fermer ses yeux à la couleur si particulière. Bien qu'elle ne puisse désormais plus le voir, Christopher sourit plus grand à la voyant faire. Sa main quitte sa hanche, miroir contraire de celle d'Alice qui se pose sur la sienne propre. Il perd pendant un instant cette posture insolente qu'il ne tenait que pour l'agacer. Il ne la retrouve que lorsqu'elle ouvre bouche et yeux, et lève la main pour protéger ses fragiles iris de la caresse du soleil.
Ses paroles sont du venin qui tombe en gouttes brûlantes sur la peau sensible de Christopher qui n'a jamais apprécié qu'on lui dise que quoi que ce soit ne lui allait pas — ce qui est de toute manière très faux. Mais au lieu de réagir vivement, il se contente d'un ricanement moqueur qui lui secoue les épaules et soutient le regard surplombé de l'ombre de sa main d'Alice. Il place sur ses lèvres un sourire provocant destiné à l'agacer. Il fait mine d'attendre impatiemment qu'elle termine de parler. Il lève les yeux au ciel, soupir, et lève encore les yeux au ciel. Et il essaie de résister à l'envie de lui arracher cet insupportable sourire qu'elle lui offre. Oh qu'il le méprise, ce sourire ! qu'il l'agace !
Christopher prépare soigneusement ses répliques. Elle lui a donné au moins trois bonnes occasions de rebondir sur ce qu'elle vient de lui dire, sans oublier au passage de lui tendre des perches pour qu'il se moque d'elle et l'enfonce dans sa propre incohérence. Il s'en donnera à cœur joie ! Mais il la laisse terminer son petit spectacle agaçant.
Le prochain acte est celui dans lequel elle se courbe bas devant lui. Surpris, Christopher fronce les sourcils, pince les lèvres et se recule d'un pas. Pourquoi se courbe-t-elle si bas ? Qu'a-t-elle encore en tête pour l'humilier ? Il déteste cette façon de se courber, en plus. C'est d'un pitoyable. Et d'autant plus agaçant quand la personne qui le fait maîtrise si bien l'art de la courbette qu'elle est capable de réaliser parfaitement le geste tout en lui faisant clairement comprendre qu'il est destiné à l'insulter.
Puis elle se redresse et lui passe à côté. Tout s'est déroulé si rapidement que Christopher n'a le temps que de tourner la tête pour la suivre du regard, la bouche ouverte sur une réplique savamment travaillée. Mais il n'a pas encore terminé de se retourner totalement vers elle que résonne bruyamment dans la rue calme le craquement de son transplanage. Christopher cligne des yeux sur l'espace où elle se tenait un instant plus tôt et où elle n'est visiblement plus.
Il ouvre la bouche, la referme. Puis il se tourne d'un côté de la rue et de l'autre, comme si elle allait apparaître derrière son dos ou dans un recoin pour le surprendre avec un « bouh » immature. Évidemment, aucune trace de sa chevelure blanchâtre. Aucune trace d'elle tout court, Christopher a beau se tourner dans tous les sens, l'évidence s'impose à lui : elle n'est plus là. Il finit donc par arrêter de s'agiter et reste les bras ballants, sa chemise pendant lamentablement dans sa main, le poids des lunettes de soleil pesant sur son crâne. Tourné vers l'océan qui s'étire au contre-bas de la rue, Christopher réalise avec une sainte horreur qu'il est absolument et irrémédiablement frustré de n'avoir rien pu répliquer avant qu'elle ne disparaisse comme la lâche... L'espèce de...
« La petite peste ! » siffle-t-il entre ses dents, agacé.
Une petite peste qui lui inspire des sentiments brûlant de frustration. Christopher inspire profondément par le nez pour endiguer ce qu'il ressent et se calmer. Mais c'est difficile lorsque l'on a des répliques coincées dans la bouche et que l'on ne peut pas les balancer au visage de la personne qui nous insupporte. D'un bout des doigts il touche la paire de lunette qu'il porte sur la tête comme pour s'assurer qu'il ne les a pas rêvé. Non, elles sont encore là. Il les attrape, râle quand les plaquettes centrales s'emmêlent dans ses cheveux, le forçant à s'en arracher un ou deux pour les ôter de sa tête. Il approche la paire de son visage pour mieux les observer à travers les verres sombres de celles qu'il a sur le nez. Il ne peut que constater ce qu'il savait déjà : ce sont des lunettes de qualité, indéniablement. Christopher les plie soigneusement et en fait de même pour la seconde paire, clignant des yeux quand le monde retrouve ses vraies couleurs vives.
Un soupir aux lèvres, Christopher entreprend d'enfiler sa chemise et d'arranger le col sur son cou. Il se sent mieux avec sa tenue complète. Il n'est même plus sûr de se souvenir pourquoi il a décidé d'enlever cette chemise au préalable. De toute manière, tout ce qu'il a fait n'a été motivé que par les comportements immatures de cette peste qui, il le décide subitement, ne lui gâchera pas la journée à cause de son mauvais souvenir.
Déterminé, Christopher glisse les deux paires de lunettes dans la poche de sa chemise. Il passe les pouces dans les poches de son pantalon en cuir, se tourne vers l'océan et se met en marche. Le soleil pèse lourd au-dessus de lui, ses caresses sont brûlantes et désagréables, mais il a besoin de faire quelques pas avant de repartir à ses occupations, le temps de digérer ces quelques répliques qu'Alice Sangblanc lui a refusé.
Son seul réconfort est la certitude qu'il ne reverra jamais cette bourgeoise française à laquelle il vient d'extorquer deux paires de lunettes de qualité. Il n'a évidemment aucune idée que l'anneau qu'il porte aujourd'hui à l'index ceindra celui d'Alice dans exactement soixante-et-un jours, lorsqu'il posera un genou devant elle pour demander sa main afin de la ridiculiser et qu'elle acceptera sa bague dans le seul objectif de l'humilier. Christopher n'a pas la moindre idée de ce qui se profile. Il marche en direction du soleil, frustré d'avoir perdu une joute verbale, mais satisfait de se savoir plus riche qu'il l'était ce matin en se levant.
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Rendez-vous dans soixante-et-un jours, chère fiancée.
La langue jaunâtre du soleil coule sur le visage pâle de la Sangblanc jusqu'à la forcer à fermer ses yeux à la couleur si particulière. Bien qu'elle ne puisse désormais plus le voir, Christopher sourit plus grand à la voyant faire. Sa main quitte sa hanche, miroir contraire de celle d'Alice qui se pose sur la sienne propre. Il perd pendant un instant cette posture insolente qu'il ne tenait que pour l'agacer. Il ne la retrouve que lorsqu'elle ouvre bouche et yeux, et lève la main pour protéger ses fragiles iris de la caresse du soleil.
Ses paroles sont du venin qui tombe en gouttes brûlantes sur la peau sensible de Christopher qui n'a jamais apprécié qu'on lui dise que quoi que ce soit ne lui allait pas — ce qui est de toute manière très faux. Mais au lieu de réagir vivement, il se contente d'un ricanement moqueur qui lui secoue les épaules et soutient le regard surplombé de l'ombre de sa main d'Alice. Il place sur ses lèvres un sourire provocant destiné à l'agacer. Il fait mine d'attendre impatiemment qu'elle termine de parler. Il lève les yeux au ciel, soupir, et lève encore les yeux au ciel. Et il essaie de résister à l'envie de lui arracher cet insupportable sourire qu'elle lui offre. Oh qu'il le méprise, ce sourire ! qu'il l'agace !
Christopher prépare soigneusement ses répliques. Elle lui a donné au moins trois bonnes occasions de rebondir sur ce qu'elle vient de lui dire, sans oublier au passage de lui tendre des perches pour qu'il se moque d'elle et l'enfonce dans sa propre incohérence. Il s'en donnera à cœur joie ! Mais il la laisse terminer son petit spectacle agaçant.
Le prochain acte est celui dans lequel elle se courbe bas devant lui. Surpris, Christopher fronce les sourcils, pince les lèvres et se recule d'un pas. Pourquoi se courbe-t-elle si bas ? Qu'a-t-elle encore en tête pour l'humilier ? Il déteste cette façon de se courber, en plus. C'est d'un pitoyable. Et d'autant plus agaçant quand la personne qui le fait maîtrise si bien l'art de la courbette qu'elle est capable de réaliser parfaitement le geste tout en lui faisant clairement comprendre qu'il est destiné à l'insulter.
Puis elle se redresse et lui passe à côté. Tout s'est déroulé si rapidement que Christopher n'a le temps que de tourner la tête pour la suivre du regard, la bouche ouverte sur une réplique savamment travaillée. Mais il n'a pas encore terminé de se retourner totalement vers elle que résonne bruyamment dans la rue calme le craquement de son transplanage. Christopher cligne des yeux sur l'espace où elle se tenait un instant plus tôt et où elle n'est visiblement plus.
Il ouvre la bouche, la referme. Puis il se tourne d'un côté de la rue et de l'autre, comme si elle allait apparaître derrière son dos ou dans un recoin pour le surprendre avec un « bouh » immature. Évidemment, aucune trace de sa chevelure blanchâtre. Aucune trace d'elle tout court, Christopher a beau se tourner dans tous les sens, l'évidence s'impose à lui : elle n'est plus là. Il finit donc par arrêter de s'agiter et reste les bras ballants, sa chemise pendant lamentablement dans sa main, le poids des lunettes de soleil pesant sur son crâne. Tourné vers l'océan qui s'étire au contre-bas de la rue, Christopher réalise avec une sainte horreur qu'il est absolument et irrémédiablement frustré de n'avoir rien pu répliquer avant qu'elle ne disparaisse comme la lâche... L'espèce de...
« La petite peste ! » siffle-t-il entre ses dents, agacé.
Une petite peste qui lui inspire des sentiments brûlant de frustration. Christopher inspire profondément par le nez pour endiguer ce qu'il ressent et se calmer. Mais c'est difficile lorsque l'on a des répliques coincées dans la bouche et que l'on ne peut pas les balancer au visage de la personne qui nous insupporte. D'un bout des doigts il touche la paire de lunette qu'il porte sur la tête comme pour s'assurer qu'il ne les a pas rêvé. Non, elles sont encore là. Il les attrape, râle quand les plaquettes centrales s'emmêlent dans ses cheveux, le forçant à s'en arracher un ou deux pour les ôter de sa tête. Il approche la paire de son visage pour mieux les observer à travers les verres sombres de celles qu'il a sur le nez. Il ne peut que constater ce qu'il savait déjà : ce sont des lunettes de qualité, indéniablement. Christopher les plie soigneusement et en fait de même pour la seconde paire, clignant des yeux quand le monde retrouve ses vraies couleurs vives.
Un soupir aux lèvres, Christopher entreprend d'enfiler sa chemise et d'arranger le col sur son cou. Il se sent mieux avec sa tenue complète. Il n'est même plus sûr de se souvenir pourquoi il a décidé d'enlever cette chemise au préalable. De toute manière, tout ce qu'il a fait n'a été motivé que par les comportements immatures de cette peste qui, il le décide subitement, ne lui gâchera pas la journée à cause de son mauvais souvenir.
Déterminé, Christopher glisse les deux paires de lunettes dans la poche de sa chemise. Il passe les pouces dans les poches de son pantalon en cuir, se tourne vers l'océan et se met en marche. Le soleil pèse lourd au-dessus de lui, ses caresses sont brûlantes et désagréables, mais il a besoin de faire quelques pas avant de repartir à ses occupations, le temps de digérer ces quelques répliques qu'Alice Sangblanc lui a refusé.
Son seul réconfort est la certitude qu'il ne reverra jamais cette bourgeoise française à laquelle il vient d'extorquer deux paires de lunettes de qualité. Il n'a évidemment aucune idée que l'anneau qu'il porte aujourd'hui à l'index ceindra celui d'Alice dans exactement soixante-et-un jours, lorsqu'il posera un genou devant elle pour demander sa main afin de la ridiculiser et qu'elle acceptera sa bague dans le seul objectif de l'humilier. Christopher n'a pas la moindre idée de ce qui se profile. Il marche en direction du soleil, frustré d'avoir perdu une joute verbale, mais satisfait de se savoir plus riche qu'il l'était ce matin en se levant.
FIN
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Rendez-vous dans soixante-et-un jours, chère fiancée.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER