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Mardi 1er Novembre 2050, 10h
Café du Rosier
avec @Cinaed Wallace


Il est définitivement trop tard pour faire demi-tour. Sachant que... si je transplane, il n'y aura techniquement pas de demi-tour. Je fixe de loin le bâtiment encore quelques minutes, planté au milieu du trottoir. C’était une mauvaise idée. Comme la plupart de celles que Rhys sort de sa tête, mais celle-ci tout particulièrement. Il fallait que ce soit ce café. Probablement le plus fréquenté des alentours. Définitivement le quartier général des habitants et travailleurs de Godric’s Hollow.

Un café à Londres aurait très bien fait l’affaire, surtout pour moi. Parler avec toute la ville toute la journée ? Avec tout le passage qu’ils ont chaque jour, ça veut aussi dire sourire aux clients pour ne pas montrer de façon trop évidente que je ne veux pas entendre parler du voisin qui a été trompé par sa femme. Avec son meilleur ami. Les visites chez ma mère sont déjà suffisamment remplies de ragots, la différence c’est que je ne peux pas souffler d’exaspération en lui demandant d’arrêter. Ici non plus, j’imagine, mais j’aurai plus de mal à me retenir.

Transplaner semble clairement la meilleure option. Pour ma santé mentale, celles des clients et pour les affaires des gérants. « гавно. » Je me suis engagé, je suis obligé d’aller jusqu’au bout. Même si ça doit durer uniquement quelques heures. Il suffit que je fasse le vide et... que j’entre. Je me craque la nuque en espérant éloigner l’excès de stress et reprends ma position figée. Les yeux encore et toujours rivés sur l’enseigne. Le demi-tour ne semble plus si désespéré finalement. Rester caché pendant encore quelques années dans l’appartement non plus. On ne pourra pas dire que je n’ai pas essayé.

280 mots
Surprise !

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« C'est pas parce que t'as l'air d'un dépressif accro à la caféine probablement emo raté dans ta jeunesse [...] » – C.W.

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Il y avait probablement plusieurs raisons à cette envie soudaine d'aller mieux. Peut-être que c'était la soirée d'Halloween et le fait d'avoir vu Adeline qui l'avaient remotivé. Peut-être que c'était simplement le temps, car tout passait quand on attendait assez longtemps, même les pires tempêtes. Ou peut-être que ce n'était qu'une envie passagère de se remettre sur les rails et que, dès le lendemain, Cinaed pleurnicherait à nouveau. En tout cas, ce matin là, il s'était réveillé dans son appartement sans avoir la même envie de pleurer qui le prenait aux tripes à chaque fois qu'il ouvrait les yeux dans sa chambre. Sa chambre, à côté de celle vide qui attendait probablement un nouvel occupant. Sa chambre, au bout du couloir qui partait du salon où les quelques meubles qu'il avait choisi et acheté semblaient bien triste sans les bibelots de Magnus.

Il secoua la tête : ce n'était pas le moment de se rappeler tout ça. En fait, Cinaed avait précisément envie de ne plus s'en rappeler à chaque fois que son esprit dérivait. Il allait changer son quotidien. C'était une décision prise un peu à l'arrache, juste avant de quitter son appartement ce matin là alors c'était probablement la raison de sa venue au Café. S'il restait tout seul à penser ses plans, il ne les réaliserait jamais et il le savait. Car, même si ça faisait mal, Cinaed ne voulait pas véritablement passer à autre chose. Bien sûr, une partie de lui avait envie d'avancer et de ne plus se sentir mal mais l'autre, bien plus bruyante dans sa tête, ne souhaitait pas perdre les derniers liens qu'il avait avec Magnus. Le cracmol ne reviendrait jamais dans l'appartement et l'ébéniste le savait mais y accueillir quelqu'un d'autre à la place... C'était comme abandonner les derniers petits espoirs en miettes qui se battaient encore.

L'idée faisait aussi mal que le jour où il avait pleuré sur l'épaule d'Adélaïde en disant que, oui, il avait aimé Magnus. Fort. Comme il avait toujours été certain de ne jamais pouvoir tomber amoureux. Au final, il n'était pas si brisé qu'il le pensait et c'était une torture de se rendre compte que ça ne suffisait pas à ce que ses envies se réalisent. Il aurait eu une chance, peut-être, s'il avait dit quelque chose. Mais il ne le saurait jamais vraiment, alors il faisait le deuil de quelque chose qui n'avait jamais commencé, tout en ne sachant pas vraiment s'il y avait eu une possibilité ou pas. C'était dur.

Enfin bref, ce n'était pas pour jouer au déprimé sur pattes au milieu du café qu'il était venu, mais bien pour se donner une excuse de rendre visite à Adélaïde. Ces dernières semaines, c'était elle qui faisait les allers-retours à son appartement et sa boutique, alors Cinaed allait faire un pas vers elle. En plus, l'univers, dans sa grande candeur, avait décidé qu'un de leur jour de congé était partagé et c'était une vraie chance. Cela signifiait que, à moins qu'elle ne soit sortie, elle serait toujours chez elle quand Cinaed arriverait avec une boite de macarons fraichement achetée pour lui parler de ses projets. S'il en parlait avec Adélaïde, il était certain que ceux-ci se réaliseraient. La pauvre Allemande le voyait dépérir depuis trop de semaines pour ne pas le pousser dans la bonne direction s'il en exprimait l'envie. Elle lui donnerait la force de passer par dessus les derniers espoirs qu'il se faisait pour réussir à faire son deuil correctement. Et, si elle n'y arrivait pas, au moins elle serait préparée à la crise de larmes qui arriverait indéniablement dans les prochains jours.

Sa boite de macarons, du coup, c'était un peu la friandise du "je ne sais pas comment te dire que j'ai envie d'aller mieux, car ça serait dire à voix haute que je suis mal et j'en ai pas la force". Il l'avait déjà exprimé, bien sûr, mais il évitait de le répéter quand il n'y était pas obligé. Il avait l'impression que s'il se taisait suffisamment là dessus, personne ne verrait à quel point son cœur avait mal. Et ça fonctionnait ! Pas avec ses amis proches, évidemment, mais Cinaed était presque certain que Adeline n'avait pas remarqué sa tristesse, et c'était le plus important.

En ouvrant la porte pour quitter le café, il avait en fait deux boites de macarons dans un petit sachet. La deuxième serait probablement envoyée à ce cher Cillian, si Cinaed avait le cran de le faire. Aller mieux, ça voulait dire s'intéresser un peu plus à ses connaissances amicales, non ? Et comme le roux travaillait à Poudlard, il était difficile de lui proposer de boire un café. Une boite de macarons, ça lui ferait plaisir et puis ça leur permettrait de papoter un peu en lettres. L'ébéniste avait bien apprécié leur discussion au Chaudron-Baveur, alors pourquoi pas ? Ewan serait content que son meilleur ami commence à s'ouvrir à d'autres gens et qu'il fasse des efforts pour les autres au lieu de n'en faire que pour lui-même. En fait, Ewan était déjà content que Cinaed commence à être plus avisé concernant ses relations, même si c'était dû à une peine de cœur.

L'ébéniste ne comptait plus refaire les mêmes erreurs que par le passé. L'année écoulée lui avait montré que même s'il ne savait pas faire certaines choses et que toute cette histoire de sentiments et de relation avec les autres était difficile, il pouvait apprendre. Adeline lui avait apprit, Adélaïde et Morgan aussi. Magnus, également, et peut-être même la leçon la plus importante. Les relations n'étaient pas éternelles, même si Cinaed n'imaginait jamais qu'elles puissent se terminer. Et le brun n'avait pas envie d'être seul. Plus jamais. Pour cela, il fallait apprendre parce que les gens ne feraient jamais tous les efforts pour lui sans rien en retour, même si c'était une leçon qui avait mis plusieurs dizaines d'années à lui rentrer dans le crâne.

Outch ! s'exclama-t-il d'un coup alors qu'il se précipitait contre la personne derrière la porte. La collision eut le mérite de le sortir de ses pensées et il rattrapa avec agilité le sac de petites sucrerie qu'il portait. De grands yeux surpris se posèrent ensuite sur l'homme devant lui avant que Cinaed ne lui fasse un grand sourire. Désolé ! J't'ai pas fait mal, hein ? Il tapota avec énergie l'épaule de l'autre. M'enfin, t'as l'air tout résistant alors ça ira, hein ? Sans penser à s'écarter de l'entrebâillement de la porte, l'ébéniste continua : Mais qu'est-ce que tu fais planté là ? C'est ouvert hein, t'es pas obligé de poireauter devant la porte. Tu vas finir par te la prendre en pleine bouche, en plus !

Un nouveau coup d'œil au jeune homme en face lui apprit une information importante qu'il s'empressa de partager. Pourquoi tu fais la gueule ? L'ébéniste se pencha un peu vers l'avant, la tête sur le côté comme un chat curieux. Je t'ai pas vraiment fais mal, si ?

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@Adélaïde Brennen pour la mention

Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon

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Ça n'en vaut vraiment pas la peine. Je me répète ça un dizaine de fois quand je vois trop tard quelqu'un qui marche droit dans ma direction. Merlin, il ne va quand même p-... Si. J'encaisse le coup en baissant les yeux sur ce monsieur dont la tête me dit vaguement quelque chose. Une personne dont Rhys m'aurait parlé ? Ou Nyra peut-être, qui parle à beaucoup trop de monde. Mais je reste à le toiser du regard sans rien dire, parce que ce n'est pas si compliqué de regarder droit devant soit en marchant dans le rue, pas de doute que c'est la première chose qu'ont dû lui apprendre ses parents, mais le voilà qui fonce dans les gens.

Mais ce sont sa main sur son épaule et le tutoiement avec lequel il s'adresse à moi qui finissent de m'achever. Ça me confirme que cette ville et ce café qui ont si bonne réputation ne sont pas ce qu'ils semblent être. Et qu'ils abritent des gens vraiment peu recommandables.

Je me recule d'un pas pour m'éloigner de ses mains trop tactiles et je retiens un juron quand il dit que je fais la gueule. Il y a définitivement trop de témoins pour que lui montre ce que c'est de faire vraiment mal à quelqu'un. « C'est à peine si je vous ai senti m'effleurer. » Je regarde derrière lui pour vérifier qu'il n'y a pas un autre client qui aurait la même merveilleuse idée de vouloir faire des collisions ce matin. « Ce qui aurait même pu être évité si vous aviez un tout petit peu levé la tête. » Comme ça c'est dit. C'est le moment où je devrais rentrer à l'appartement avec comme excuse que le fameux Café du Rosier a une clientèle... déplorable ? Ce mot convaincra Rhys de ne pas me traîner ici pour que je fasse du café à des gens comme ce monsieur devant moi.

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Bien peu attentif à l'emploi du vouvoiement par l'autre, Cinaed lui fait un large sourire et lui tapote les deux épaules d'un coup en levant les bras. Dans le mouvement, le sac qui contient les boites de macarons se tortille, émettant plusieurs bruits de froissements désagréables mais Cinaed les ignore. Bien, il ne lui a pas fait mal. De toute façon, il a beau avoir quelques kilo en trop, ce n'est pas non plus suffisant pour se transformer en bulldozer. Et puis, il fait du sport, maintenant. Il va à la boxe, et puis au club de duel alors la majorité de ses kilos se sont transformés en muscle. Il n'est plus aussi moelleux qu'avant, mais là encore, ce n'est pas suffisant pour se transformer en parpaing.

Si l'autre avait été blessé pour si peu, Cinaed se serait surtout inquiété de sa santé. Il y avait bien des gens qui pouvaient se casser juste en se faisant bousculer, donc il n'aurait pas été idiot de le tirer à la Nouvelle Sainte Mangouste. Juste au cas où. Et puis peut-être que là bas, ils lui auraient donné un petit filtre euphorisant pour lui remonter le moral et faire tendre ses lèvres vers le haut plutôt que de les laisser pendre mollement vers le bas comme un chiot triste. Ou mécontent. Merlin, voilà l'image : maintenant Cinaed avait l'impression d'avoir ôté sa friandise préférée à un petit chiot. Et de lui avoir marché sur la queue en voulant lui remplir sa gamelle.

Bah voilà ! s'exclame-t-il avec un ravissement visible C'est c'que j'te disais : un vrai gaillard. C'est pas un vieil homme qui va te faire passer un sale quart d'heure. Enfin, il pourrait sûrement essayer : il avait fait un duel contre Morgan, alors il pouvait bien se défendre contre un petit minet. L'autre en face de lui donnait l'impression d'avoir la moitié de son âge. L'ébéniste ne savait pas si c'était son visage qui faisait jeune ou juste la vérité, mais nul doute qu'il avait vécu plusieurs vies de plus que l'autre en face de lui. C'était peut-être pour ça que, lui, il avait un peu le sourire. Quand on vivait vraiment, on se rendait compte que beaucoup de choses valaient qu'on passe sa journée avec un sourire collé aux lèvres. Et puis, c'était tellement plus facile d'être joyeux que d'être triste. Ca demandait moins d'énergie, même quand on faisait simplement en sorte de cacher des mauvais moods. Le déni, c'était son arme fatale pour affronter la vie.

Un grand sourire c'était tout ce qu'il fallait pour qu'au moins une partie de sa journée se passe bien. Prendre tout à la rigolade ça voulait forcément dire que quelques passages de nos journées nous apportaient du bonheur. C'était une technique infaillible que l'autre devrait peut-être essayer de mettre en pratique parce qu'il avait vraiment une tête à travailler chez les croque-morts. Pas que Cinaed n'apprécie pas ce corps de métier, mais il fallait dire qu'on ne les imaginait pas courir dans des chants en jetant des pâquerettes. Non, on les imaginait plutôt habillés en noir. Mornes. Tristes, presque. Et surtout, qui faisaient la gueule. Une description parfaite pour le jeune homme.

Cinaed laissa échapper un petit rire gêné et se frotta la nuque. Ouais, j'ai tendance à être un peu dans la lune. Mais c'est que c'est vachement plus amusant là haut, tu vois ? Il se frotta l'arête du nez, louchant quelques secondes sur son doigt avant de baisser à nouveau la main. Faudrait que je fasse plus attention à là où je mets les pieds, on m'le dit souvent. Mais bon, sans rancune, hein ? Tout en parlant, il fouille dans ses sacs pour piquer un macaron de la boite prévue pour Adélaïde. Il n'aura qu'à lui dire qu'il l'a mangé en chemin. Elle ne sera pas plus surprise que ça. Et puis, il s'est bien assuré de ne pas prendre un de ses parfums préférés. Celui-ci, elle le laisse toujours au fond de la boite quand il lui ramène de quoi grignoter. Elle ne le manquera pas. Il le lève à hauteur de ses yeux, fais un nouveau grand et lumineux sourire et le tend à l'autre. Pour me faire pardonner ! Dit-il avec joie avant de fredonner en attendant que l'autre ne s'empare du petit bonbon sucré.

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Gaillard. Il... est sérieux ? Je ne peux rien faire d'autre que froncer encore plus les sourcils en faisant un pas en arrière pour m'éloigner de ce vieillard. Ce sont ses mots, pas les miens. Je comprends les gens qui disent à tout va que le monde est bien trop dangereux et qu'il faut faire attention en sortant. Pas à cause de ceux qui pourraient malencontreusement nous attaquer, ça il n'y a pas d'inquiétude à sa faire, je peux m'en occuper. Mais c'est bien à cause de ceux qui décident de nous alpaguer dans la rue pour nous parler. Et nous toucher. Par Morgane, s'il tapote encore une fois mon épaule je ne promets pas de rester politiquement correct. L'emmener loin d'ici pour pouvoir m'occuper de lui, ce serait tellement plus simple.

« Restez bien là-haut et loin de moi sur la Lune, ça n'explique pas pourquoi vous ne regardez pas devant vous quand vous marchez. » Je détourne les yeux, en essayant de garder un visage neutre, de son doigt qu'il frotte contre son visage pour regarder la rue par laquelle je pourrais passer afin de rentrer afin chez moi et échapper à ces gens qui ne font que parler. Mon attention se reporte sur lui quand il fait toujours plus de bruit avec ses achats. Ne me dites pas qu'il va tout manger comme ça, dehors et debout, dans la rue.

À ma plus grande surprise il me tend un macaron qu'il a choisi et pris avec ses doigts. Les siens. « Non. » Trop direct ? « Merci. » Sans parler de la petite musique qu'il vient de commencer à chanter, à l'aide. Est-ce que tous les Godrichiens sont comme lui ? « Je pense que je vais y aller et vous laisser faire... ça, avec quelqu'un d'autre. » C'est tout simplement terrifiant, hors de question que je sorte de nouveau dans cette ville de fous. Transplaner depuis la maison c'est très bien, pas besoin de parler ni de se faire manipuler physiquement par un étranger qui te fonce dedans avant de te nourrir avec des mains sales. « Mangez bien. » Mes parents m'ont toujours appris à rester poli. Ou presque.

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Plus il ouvrait la bouche, plus Cinaed avait l'impression d'agacer son interlocuteur. En fait, il avait presque l'impression d'être en train de pousser à bout le jeune homme en face de lui. Et, franchement, il ne comprenait pas trop pourquoi. Globalement, il n'avait rien fait de mal : il s'excusait pour une bousculade qui n'était techniquement pas tellement de sa faute, et il avait le sourire. C'était comme ça qu'on faisait pour faire en sorte que les autres sorciers qui vous parlaient passent un bon moment, et ça fonctionnait presque tout le temps pour lui. Mais le jeune homme en face de lui ne semblait pas être du même avis et Cinaed trouvait qu'il ressemblait de plus en plus à la jeune femme qu'il avait vu il y a déjà plus d'un an à Pré-au-Lard. Elle aussi avait semblé particulièrement agacée par sa présence, même s'il avait fait de son mieux pour placer une ambiance sympathique pendant qu'ils papotaient.

Mais peut-être que certaines personnes avaient juste été créées par la vie pour faire la gueule, histoire de contrebalancer les gens comme lui qui étaient trop heureux tout le temps. Ca devait être bien triste, cependant, de vivre une existence comme ça. Pour peu, Cinaed aurait eu véritablement de la peine pour l'autre. Pas étonnant qu'il ait l'air déprimé si son existence était aussi pathétique qu'une vie sans soleil. Bah dis donc, pas besoin d'être aussi agressif, hein. Dit-il en penchant la tête sur le côté. Non, vraiment, il lui fait de la peine ce pauvre jeune homme. On dirait que personne ne lui a jamais permis de sourire dans sa courte vie et que, malheureusement, Cinaed ne sera pas celui qui arrivera à lui apprendre comment faire. Pourtant, ce n'est pas difficile, au contraire. Si l'ébéniste devait choisir un truc difficile, ce serait de continuer à faire la gueule toute la journée. Il y avait forcément des choses qui devaient lui donner une envie irrépressible de sourire, non ?

Il soupire quand son offrande est refusée - mais au moins, cette fois-ci, l'autre est plutôt poli - avant de ranger le macaron dans sa boite, et la boite dans son sachet. Une nouvelle moue s'étend sur ses lèvres alors qu'il fait un pas sur le côté pour permettre à l'autre de reprendre son chemin. J'avais déjà prévu d'aller déjeuner avec quelqu'un de toute façon. Dit-il en haussant les épaules, comme pour montrer à l'autre que son refus ne change rien à sa vie. Par contre, l'idée qu'il puisse simplement faire demi-tour et s'enfuir sans être rentré dans le café - alors qu'il l'avait manifestement souhaité avant de le rencontrer - lui tire un regard triste. Cinaed n'aime pas l'idée de ne pas s'entendre avec les autres, même s'il aura oublié cette interaction dans les prochaines heures. C'est toujours déprimant de se rendre compte que notre façon d'être ne plait pas aux autres, même quand on se fiche de leur avis. Et l'idée qu'il ait tellement dégoûté l'autre qu'il préfère rentrer chez lui plutôt que de faire ses emplètes comme prévu ? Franchement, ça ça le rend triste.

Non non, j'vais pas vous forcer à rentrer chez vous, quand même. Il lève les mains au ciel comme pour montrer qu'il n'est pas un danger - mais un danger de quoi ? - avant de se décaler et de s'éloigner dans la rue à reculons. Hop, je m'en vais, promis, voilà, je suis loin ! dit-il en élevant la voix un peu plus à chaque pas pour que l'autre puisse continuer à l'entendre. Et merci ! Les macarons sont délicieux, vous devriez essayer si vous savez pas quoi prendre !

Et puis Cinaed tourne les talons et commence à dévaler la rue à moitié en courant. Quelques mètres plus loin, il se tourne à nouveau et fait un signe de pouce à l'autre avec un grand sourire avant de lui tourner à nouveau le dos et de continuer son chemin. Il va aller embêter Adélaïde, maintenant. Au moins, elle, même si elle fait semblant de le trouver débile, elle ne semble pas dégoutée par sa présence au point de fuir en sens inverse. Peut-être qu'il va se plaindre un peu avec elle, d'ailleurs, et faire une crise existentielle sur Est-ce que Cillian aura envie de fuir, lui aussi, s'il reçoit des macarons ?

721.
Fin pour moi, merciiii ! <3

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