RP ++ Baby blues 12.10.2050 E.W

12 octobre 2050
Aux environs de 19h
À la Ruche Noire (résidence)



Plus tôt dans la journée, vers midi, Redose avait eu un coup d'éclat. Rien d'étonnant venant de lui, vraiment. Il n'est pas connu pour très bien gérer ses émotions, ni pour les exprimer de manière décente. Il n'est pas non plus connu pour sa personnalité calme et abordable.

Mais à ses yeux ça reste très frustrant d'agir d'une manière aussi gamine. Il était revenu à la Ruche un peu plus tard, après avoir passé quelques temps dehors à se concentrer et à, juste être seul avec lui-même. Il avait réparé l'artefact, et avait réessayé de lancer le sort. Une des tentatives a d'ailleurs été parfaitement fructueuse, faisant taire l'artefact. Sans doute un coup de chance, mais il suffit de réussir une fois pour que le reste suive, alors sans doute la prochaine fois aurait-il plus de facilité.

Ce n'est pas vraiment le sujet. Aujourd'hui, Élisabeth avait l'air vraiment triste. Et à certains moment de la journée, Redose ne pouvait s'empêcher de l'entendre geindre et pleurer. Bien qu'il n'ai pas énormément d'empathie, il en a suffisamment pour ceux qu'il aime. Et Élisabeth, il l'aime profondément. Sans doute plus que n'importe qui, y comprit lui-même.
L'entendre pleurer ainsi fit naître des doutes et des questions, comme la raison de ses sanglots, si c'était de la faute du garçon, si elle regrettait d'en arriver là aujourd'hui, et d'autres questions... Relativement autocentrées.
Bien qu'on ai pas vraiment l'habitude d'entendre ça de Redose, et bien qu'il ne manifeste pas grand chose extérieurement, ni qu'il ne manifeste une grande empathie à l'intérieur.
Entendre sa meilleure amie pleurer, ça lui fend le cœur, et l'attriste.

Il lui a laissé de la distance toute la journée, il en a profité pour se mettre à cuisiner un peu des choses qu'elle aimerait sans doute.

Là, d'ailleurs, les cookies sont dans le four. Et il prépare à côté des frites et un burger. Ce sont les meilleurs moyens de réconforter un Poufsouffle probablement en manque de sa maison.
Le garçon s'était vraiment appliquer pour tout ça, utilisant des ingrédients qu'il avait pourtant acheter avec SON argent, pour SON plaisir. Il n'aurait certainement pas cru les utiliser pour faire un plat qu'il partagerait.
Ce n'est pas tant que Redose n'aime pas partager, il s'en fiche assez de la majorité des choses au point de les laisser entre des mains qu'il ne connait pas, ou qu'il n'aime pas. Si il s'agissait de prêter une cape, un chapeau, ou de donner une partie de son assiette de haricots, il ne rôchignerait pas.

Mais pour le coup, Redose a utilisé son propre argent pour acheter ses propres ingrédients pour se faire plaisir, à lui et à lui seul. Et c'est sans doute la plus grande preuve d'amour que de partager quelque chose qui lui est si intime. Un plat qu'il a spécialement acheté, et spécialement conçu, pour lui.

Le goût sera particulièrement exquis, il a fait une double friture pour les frites auxquelles il avait préalablement ajouté des épices, une double friture en utilisant du beurre et de la graisse de canard. Et en parlant de canard, il avait cuit un beau morceau magret de canard en complément de deux steaks hachés. Il avait confectionné une sauce spéciale à partir de cette graisse, de poivre, de whisky pur feu dont on taira la provenance. Il avait fait confire des oignon, et venu le moment de l'assemblage.

Il plaça sur les deux pains brioché du bas, préalablement toastés, sa sauce au poivre. Puis il écrasa ses oignons confits, il plaça les steaks hachés, puis une première tranche de cheddar.
Il plaça avec délicatesse les fines tranches de magret et à nouveau du cheddar. Il mit une feuille de salade, puis deux tranches de tomate.

Sur le côté du burger, dans chaque assiette, les frites. Puis les tranches de magret.

Il laissa les deux assiettes se reposer sous des cloches qu'il avait métamorphosé au préalable.

Il avait, en parallèle, préparé deux cocktails rafraichissants. Ne s'y connaissant pas du tout en cocktail, ce ne sont en réalité que des jus de canneberge en majorité, d'orange en minorité, et une pointe de citron, ainsi que beaucoup de glace dans des grands verres.

Le garçon sortit les cookies du four, les mit dans une assiette, et sorti Crenguţa de son fourreau. Il lança le sortilège de lévitation sur l'assiette de cookies. Les verres dans les mains, les assiettes sous cloche posés sur ses avants-bras, il se rend à la chambre d'Élisabeth et toqua délicatement avec son pieds.

- Je peux entrer ? Demande t-il.

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Rem et Elizabeth avaient gentiment proposé de prendre Eden quelques heures avec eux pour soulager Éli. Il était sûrement assez évident que ces deux derniers jours à refuser presque à chaque fois les coups de mains qu'ils lui proposaient, trop fière de prouver qu'elle était capable de gérer seule, devait maintenant se lire sur son visage fatigué, mais peu importe, elle avait tenu sans ciller jusque-là. Pourtant cet après-midi, même si la jeune fille ne sentit aucun changement dans leur demande ni aucune pression supplémentaire dans leur voix, dépassée, elle avait fini par accepter leur aide.

Son enfant entre de bonnes mains la jeune fille aurait dû se sentir apaisée, mais rien ne semblait avoir cet effet sur elle aujourd'hui. Impossible de dormir, elle était comme enfermée dans un tourbillon de mal-être inexplicable. Elle n'avait pas du tout envie d'être comme ça ! Elle etait heureuse d'avoir Eden !!! Elle se sentait chanceuse de vivre ici !!! Pourquoi elle se sentait comme ça alors....si mal ?! Tout aller bien, pourquoi n'arrivait elle plus à reprendre le dessus ? Pourquoi ses larmes coulaient sans réserve ?

Ce matin, même regarder Eden avait été compliqué, chaque parcelle de sa peau de bébé lui offrait de nouveaux questionnements. Des questions auxquelles elle avait pourtant déjà trouvé des réponses, mais qui aujourd'hui ne semblaient d'un coup plus lui convenir ! Des questions sur sa capacité a être mère, et sur son incapacité surtout. Tout allait....puis rien n'allait.

À la rigueur elle pouvait comprendre le doute, ça lui arrivait si souvent de douter d'elle, mais aujourd'hui même ce qui la rendait heureuse un instant la faisait craquer de façon incontrôlée l'instant d'apres. Des crises de larmes, des crises sans aucune explication, sans changement apparent, tout aller bien... et pourtant.

Oui elle était fatiguée, oui elle avait peur de mal faire, mais une heure sur deux toutes ses angoisses prenait des proportions exagéré, se transformant en rejet d'elle même, de la situation, de sa fille... Depuis la naissance et même avant, le clan avait veillé a bien l'entourer, et rien n'avait changer sur ce point dans leur comportement bienveillant, alors pourquoi se sentait elle si ... délaissée et vide aujourdhui ? Seule et incapable. Bien sûr que dans son manuel un chapitre sur le fameux baby-blues expliquait cette période de chute hormonale massive qui chamboulé la jeune mère actuellement, et le pire c'est qu'elle l'avait lu il y a quelques mois. Tout dans son état aurait du lui faire penser à ça, pourtant dans le tourbillon de ces ressenti du moment, Eli était loin de voir dans son mal être les explications données dans ce passage du livre. Son corps et son esprit étaient enfin en train de prendre pleinement conscience de cette naissance, de sa nouvelle vie et de s'y adapter, voilà ce qui était en train de se passer. Ce n'était pas simple, mais c'était tout à fait normal.

Assise sur son lit les jambes repliées et entourées de ses bras, le menton posé sur ses genoux, le regard lointain de la jeune mère fixait l'extérieur de la maison les joues mouillées. Eden n'était pas dans la pièce, elle devait se reposer comme le lui avait suggérer Rem et Elizabeth, mais elle n'y arrivait pas. Elle n'avait eu aucun souci, tout le monde était en bonne santé, alors pourquoi ?? Pourquoi se sentait-elle si mal à cet instant ? Pourquoi tout avait aujourd'hui un autre aspect ? Est ce qu'elle était juste nulle ? Est ce qu'elle devait tout laissait tomber pour le bien de sa fille, de Red, de cette famille, et s'enfuir de cette vie qui lui faisait beaucoup trop peur ? Mais non !!! Elle n'avait qu'une envie aller reprendre Eden pour la tenir au plus près d'elle, et se rassurer de sentir son petit cœur battre. Et puis....
Finalement, c'était peut-être elle le problème ? Pourquoi était-elle comme ça, indécise, insécure ? Pourquoi avait-elle envie de sourire en pensant au visage de sa fille tout en pleurant d'en avoir une ? Est-ce que ses parents avaient raison ? Est ce qu'elle était en train de prouver qu'elle en était incapable ? Est-ce qu'Eden ne serait pas mieux avec d'autres ? Cette idée eut l'effet d'un tsunami faisant déborder encore plus ses vannes lacrymales, révoltée. Elle aimait sa fille, elle l'aimait plus que tout, elle le sentait, elle ne pouvait pas imaginer la laisser, encore moins maintenant qu'elle la connaissait pour de vrai ! Comment avait-elle pu imaginer la laisser ? Pourquoi toutes ses pensées venaient d'un coup la tester, là, aujourd'hui ? Est-ce qu'elle était en train de devenir dingue ?

Elle était vraiment une mère horrible, c'était sûr !

Fermant les yeux sur cette idée elle sursauta au bruit que fit la porte, puis la voix de Redose qui s'éleva juste après. La jeune fille un peu honteuse essuya vaguement ses yeux d'un revers de main sans pour autant changer de position. Sur son lit, la tête toujours posée tristement sur ses genoux, le visage à demi enfoui entre ses bras jusqu'au nez, elle se contenta de répondre au garçon d'une voix légèrement étouffée, sans détourner son regard de la fenêtre.

- entre si tu veux, y a rien d'intéressant mais t'es chez toi.

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Le garçon ferma les yeux, et inspira une grande quantité d'air en entendant sa camarade l'inviter, oui oui, l'inviter à entrer. Elle y avait mit tant d'énergie, tant de volonté, tant d'amour... Comment le garçon aurait-il pu refuser ? Ce n'est pas envisageable.

Demandé si gentiment la présence du garçon, ce dernier expira un grand coup. "Sois Redose" se supplie t-il mentalement.

Ses yeux s'ouvrent à nouveau sur la porte.

- Question de secondes. M'exclamais-je alors que j'essayais d'ouvrir la porte.

Ce n'est peut-être pas bien respectueux, mais quand l'ai-je été ? Et puis, ne m'aime t-elle pas pour cette raison ? Peu importe en vérité. Mon pieds vient baisser la poignée de la porte dans un mouvement légèrement brutal. Il poussa bien plus gentiment la porte et apparu, l'air ridicule avec ces verres dans les mains, ce plateau flottant au dessus de lui, ces assiettes clochées commençant à lui brûler les avants-bras.

- Soirée pyjama suuurpriiiiise ! Maintenant y'a plein de trucs intéressants ici. S'écria t-il alors qu'il avançait dans une fausse course vers sa camarade. Profitant de l'occasion pour fouler un peu le sol et taper une rotation sur lui-même pour donner un effet spectaculaire. Enfin, ça l'aurait peut-être été si la peur de faire tomber quoique ce soit, une goutte du cocktail, une assiette, le plat, n'était pas si forte.
Le garçon n'a aucunement confiance en son équilibre précaire pour faire "mieux".

Il posa les assiettes au sol, une du côté d'Élisabeth et une de son côté. Puis il plaça les cocktails. L'avantage de ce plat est qu'il n'avait pas besoin de couvert.
Le plat à cookies, il le plaça sur le bureau pour l'instant.

Il s'allongea d'une manière romantique, décomplexée, s'il avait une rose entre les dents ça aurait sans doute été légèrement plus... Beau. Et ça donnerait beaucoup moins l'effet louche que renvoie Redose. Ça aurait aussi le mérite d'attirer l'attention sur autre chose que le gros orteil de Redose sortant de sa chaussette. Fort malheureusement, il n'a pas de rose sur lui. Ni même de tournesol. Quelle honte.

- Au menu de ce soir, madame. Burger maison, frites et magret de canard. Accompagné de cocktails molotov, ainsi que d'un plat entier de cookies. Dis-je, je sais qu'elle va adoré. Et d'ailleurs, maintenant que j'y pense, j'ai mis le poivre et le sel dans mes poches, je me doute que ce serait pas nécessaire, mais je les mets à coté des assiettes. En mettant la main dans la poche d'ailleurs, je remarque quelque chose d'un peu chaud, et je me rappelle que j'avais embarqué le reste de la sauce dans un flacon. Je suis vraiment trop prévenant, alala, je suis trop fort et je fais même pas exprès.

- Au programme ? Je lui demande, comme si elle allait avoir la réponse. Je me lève, fais quelques mouvements de danse. Enfin, je tourne surtout sur moi-même et j'aime pas du tout. Mais je ferais n'importe quoi pour qu'elle se sente mieux. Elle est un peu tout ce qui compte à mes yeux.

J'avance vers ma chambre, baguette à la main, la porte était fermée et sur sa poignée se trouvait le sac que j'avais préparé. Accio sac à jeux ! Lançais-je, c'était inutile. Trois pas m'auraient suffit à l'atteindre, mais j'ai préféré lancer un sortilège alors que je sais parfaitement quel est le problème avec ce sort.

Le sac accéléra dans ma direction et je parviens à le réceptionner, ça me coûte la peau des fesses. Littéralement. Ça m'a fait tombé au sol comme si je venais d'attraper un poisson qui sautait sur moi.
Ce sac est lourd, je dois me souvenir de pas lancer le sortilège d'attaction si je veux pas parraître ridicule.

Je suis tellement chanceux d'un autre côté, de ne pas être tombé comme la dernière fois, loin. Ce qui aurait sans doute été l'équivalent de tomber sur la bouffe.

- Ça va t'étonner, mais j'ai des bd qui sont en français, en japonais et dans une langue totalement inconnue ??? Des jeux de société dont aucun n'est complet, il manque des dés, des cartes, mais j'ai pas vraiment pu trouver mieux en si peu de temps et sans trop taper dans ma bourse. Les moldus sont vraiment des arnaqueurs, y'a rien qui marche dans leurs bric-à-bracs... Ce qui fait sens. Deux oreillers Ah, pour le coup ils sont parfaits ! Je les ai piqués sur le canapé. Personne s'est plaint pour l'instant, enfin si, mais peu importe ils ont qu'à en métamorphoser, ça leur coûte rien. Et dans ma chambre y'a de quoi faire des activités passionantes. Y'a vraiment juste des pèces de métal et des manuels, mais je suis sûr qu'elle va adorer.

Je m'allonge de manière nonchalante, la même que d'habitude, devant mon assiette et je la regarde. Attendant un mot de sa part.

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Tournant juste assez la tête pour voir Redose faire son entrée, et s'installer après avoir déposé ses victuailles, Éli resta de marbre face au spectacle qu'il lui offrait. Il ne fallait pas se mentir, même s'ils travaillaient tous les deux sur eux même, que leur éducation étaient bien plus structurée et constructive chez Elizabeth et Rem, la relation entre les deux adolescents, bien que plus apaisée, restait encore très fragile. Effacer peu à peu les traces de leurs mauvais débuts pour reconstruire des liens plus sains et solides aller prendre du temps, pourtant c'était necessaire, il était primordial qu'ils trouvent un équilibre convenable pour eux, pour la famille, et surtout pour Eden. Même si éli avait plutôt bien réussit à les mettre en sourdine depuis quelques mois, ses sentiments pour Redose n'avaient pas changé, contrairement à ses attentes. Durant ce temps de pause obligatoire que lui avait offert la vie ces derniers mois, elle avait vraiment beaucoup réfléchis, et offrir le meilleur à sa fille était incontestablement sa priorité. Bien s'entourer, et travailler dur pour créer la meilleure version d'elle, pour avoir acces au meilleur avenir possible, c'était son plan d'action. Malheureusement, imaginer que Redose en fasse autant, croire qu'il puisse choisir de travailler à la construction de leur avenir commun d'une façon ou d'une autre était si utopique pour la jeune fille cet été, qu'à force elle avait finit par se persuader du contraire. Ne rien espérer de lui du tout était surement la meilleure chose à faire pour ne pas en souffrir. Malgré la force de ses sentiments, elle s'était donc employée chaque jour à en taire le moindre fragment, parce qu'enfermé à double tour loin dans sa cage thoracique, plus rien ne risquait de faire tomber sa carapace, plus rien ne la rendrait a nouveau vulnerable comme lui savait le faire. Depuis qu'il était revenu habiter avec eux, le garçon ne semblait ni prêt à être un petit ami, ni prêt à être un père, et elle ne voulait pas qu'il devienne l'un ou l'autre sans en avoir vraiment envie. Endosser ces rôles semblait trop pour lui, ou peut-être que le croire était plus simple pour éli, comme l'impression d'être moins seule dépassée par tout ça.

Dans sa tête, tout ce qui ne la faisait pas avancer devait passer au second plan, et tant qu'il n'avait pas choisit d'emprunter le même chemin qu'elle, la jeune mère ne se donner plus le droit d'y penser comme une eventualité. Ce n'était plus seulement d'elle qu'il était question maintenant...

Même s'il n'avait visiblement pas choisit de prendre son nouveau statut comme un etat de fait, éli ne pouvait pas reprocher a Redose d'être un ami absent pour elle. Ses tentatives étaient souvent maladroites, mais il essayait d'exister dans ce role là, et elle s'en rendait compte. En temps normal, la jeune mère aurait justement prit cette scène pour un acte d'amitié criant, et son sourire serait sûrement né de cette vision, mais aujourd'hui, au plus mal, chaque parole, chaque acte se projetait sur elle de façon négative.

Pourquoi voudrait-il être sympa ? Pourquoi partager du temps avec ....ce qu'elle était aujourd'hui...qu'était elle d'ailleurs ? Une ex élève de Poudlard, une ex presque copine, une ex pauvre fille perdue, la pâle copie d'une ado en crise, l'esquisse désastreuse d'une mère ? Qui était-elle finalement dans les yeux du griffon, si même dans les siens elle ne se sentait personne ? Qui était-elle ? "Rien du tout "était l'une des réponses qui sortait le plus facilement, dans cette chambre à cet instant "rien du tout" était la seule réponse qu'elle s'offrait.

Toujours devant le miroir déformé de ses pensées, éli prenait la presence de Redose comme une réponse à la pitié qu'il ressentait pour elle. Est ce qu'il avait voulu faire une B.A en réconfortant la pauvre petite pleureuse ? Sans réussir à prendre cet instant pour ce qu'il était, la jeune mère ne pouvait que se rendre à l'évidence : ce mal être inexpliqué la submergé au point d'en deformer ses traits exteriement, ce qui la rendit encore plus triste.

Cette folie improbable qu'elle aimait chez lui, aujourdhui n'était que le top départ d'un nouveau flot de larmes incontrôlées. Sur un ton las et très fatigué, abandonnant toute idée de paraître autre chose que le peu qu'elle pensait être, éli répondit au garçon sans y mettre aucune fougue.
- j'suis nulle comme mère.... et en plus j'fais pitié...génial. Voulant se détourner du regard Gryffondor qu'elle imaginait très jugeant, elle tourna la tête et découvrit l'assiette posée sur le bureau.
- et t'as fait des cookies... Ce simple fait qui la rendait heureuse habituellement laissa place à un large sanglot, lui même suivit d'une nouvelle vague salée, comme si la présence de ses gâteaux préférés, signe d'une réelle attention du garçon qui avait choisit et réfléchit tout ça dans l'unique but de lui faire plaisir, agissait comme un booster de tristesse. Vraiment, elle ne comprenait pas elle même pourquoi cet élan de gentillesse la rendait aussi mal, et Redose n'allait sûrement pas comprendre pourquoi son attention lui faisait autant de peine, il ne voudrait plus jamais lui faire plaisir, et éviterait encore plus sa compagnie ininteressante, et c'était de sa faute parce qu'elle était vraiment horrible et incapble de rien...
Enfouissant complètement sa tête entre ses bras, cachée dans la noirceur que lui offrait ses jambes repliées, elle détestait tout ce qui passait dans sa tête à cet instant.

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Le garçon fut ému d'entendre ça, et tellement en colère. Il avait l'impression de revoir la même Élisabeth qui se plaignait de problèmes futiles à côté de lui. Pas parce que ce qu'elle ressent est futile, mais parce qu'il n'y a rien de plus illégitime pour elle, que de croire qu'elle est une mauvaise mère. Aux yeux du garçon, des mauvaises mères il y'en a un tas, des mauvais parents il n'a jamais connu que ça, et aujourd'hui, lui-même est un mauvais parent.
Mais Élisabeth.

Toi. Éli. Personne ne pourra jamais dire que tu es une mauvaise mère. On peut douter de nombreuses choses, on peut même douter de notre existence apparemment. Mais personne ne pourra me convaincre de ne serait-ce que remettre en question ta compétence, pourquoi tu peux pas le voir sérieux... Pourquoi tu t'en prends à toi, quand je suis tellement nul que je supporte rien. Que j'ai peur de tout. Réveille-toi à la fin !

- T'y connais rien à la pitié, et encore moins à la nullité en tant que mère. Je lui dis.

Car c'est vrai. Loin de moi l'idée de remettre ses sentiments en question, ça fait sans doute du bien de pleurer. Avoir de la peine c'est normal. Mais qu'elle pense qu'elle fait pitié, sérieusement ? Alors qu'elle a littéralement supporté une grossesse donné naissance ?? C'est l'une des épreuves les plus compliquées et les plus douloureuses qui soit, entre les hormones, les difficultés, le rejet social, tout ce qu'elle a fait et la douleur physique et morale. Et le faire alors qu'on traverse autant de choses dans sa vie, c'est hyper impressionnant. Je n'ai jamais rien vu ou fait d'aussi impressionnant. Non. Moi j'ai fouillé des poubelles pour manger, je sais ce que c'est que de faire pitié. Et ça m'énerve qu'elle croit qu'elle fait pitié, pourquoi elle croit ça ?? Les hormones ?? Si c'était le cas ils se seraient manifestés plus tôt, non ???

- Ça fait quoi, trois jours qu'elle est née, tu peux pas te juger sur une si courte période et si tu le fais tu pourras jamais pensé que t'es une mauvaise mère. Je lui sors. Priant je ne sais quel personnage excentrique voudra bien entendre mes prières. Je veux juste qu'elle entende ce que je dis. Je sais parfaitement ce que c'est d'avoir de l'eau dans la tête, qui bouche les oreilles... Mais en criant assez fort peut-être que l'eau finira enfin par sortir.

Je m'approche d'elle en essayant d'avoir un timbre de voix doux malgré ma voix constamment cassée maintenant, je sens que ma frustration, ma colère, mais surtout mon rejet total de ce qu'elle dit se fait sentir par moment.

- Je veux dire, tu as fait ce qu'il y'avait de mieux pour cet... Eden. Avant même qu'elle vienne au monde. Je lui dis, doucement.

- T'as quitté Poudlard, quitté tes amis, quitté ta famille, quitté ta maison, tenu tête à tes parents, à moi. T'es venu habité chez des gens que tu connais pas pour offrir une vie meilleure à ta fille. Tu la nourris, la surveille, tu en prends tellement bien soin que quand tu sens que ça va pas, tu mets ton égo de côté pour aller mieux et quand tu iras mieux tu continueras. J'énumère en hochant la tête de gauche à droite, je pense que le dire d'une manière plus ironique ça fait... Ça fait drôle, et la suite fera moins mal.

- Merde quoi, tu veux savoir c'est quoi une mauvaise mère ? Lui dis-je avec colère.

- Une mère qui s'en fout de sa fille, et qui ne s'inquiète que de son statut social. Ta mère. Une mère qui abandonne son gosse et ne lui donne jamais aucune affection. Ma mère. Lui dis-je un peu en colère.

Plus calme maintenant, à sa hauteur, proche d'elle. Je tend mon bras vers elle et saisit son menton avec trois doigts. Lentement, je tourne sa tête pour qu'elle me fasse face. Je la force à me regarder dans les yeux, son regard plongé dans le mien, l'air de dire "je te vois".

Mon regard n'est pas tout tendre, il ne l'a jamais été. La pitié, on me l'a volé. Je suis Redose Omniak, je n'ai quasiment aucune empathie. Au moins tu peux être sûr de mon honnêteté.

- Toi, t'es pas comme ça, et tu le seras jamais. Je lui dis, avec toute la sincérité qu'il m'est loisible d'octroyer. Car je te connais, Éli, et je t'aime.

Ma main quitte ton menton et j'étends mes bras. Je suis sûr qu'après un câlin, ça ira mieux.
Au moins un peu.

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Sans prendre la peine de relever la tête, les pensées d'Éli venaient de s'assombrir un peu plus en entendant la première phrase choisie par Redose. Bien sûr que j'y connais rien, j'connais rien à rien c'est bien c'que j'te dis, même en tristesse j'suis pas douée tu vois. Est-ce que le garçon avait voulu la réconforter ? Parce que si c'était son but, ça ne marchait pas du tout ! En même temps pourquoi voudrait il faire ça ? Tu lui as presque imposé cette vie, et regardes maintenant.... T'es même pas capable d'être une mère plus de trois jours... Non, il n'avait aucune raison de vouloir la sortir de cet état alors qu'il avait sans doute raison depuis le début sur la situation. Comment avait-elle cru qu'à son âge, avec le peu d'expérience sur la vie elle serait capable de faire mieux que ses parents ? Qu'est-ce que tu crois espèce de veracrasse, les chiens n'font pas des boursoulet c'est bien connu ! En vrai t'es pareille qu'eux. Eden sera aussi perdu que toi plus tard, elle fera n'imp' comme toi...et ça s'ra ta faute !

Mais la suite du discours qu'il lui réserva, contrairement à ce qu'elle pensait n'avait rien de reprochant, au contraire. Est-ce qu'il le pensait vraiment ? Est ce qu'à travers ses yeux, elle ne semblait pas si nulle que ça ? Il ne lui avait jamais reproché quoique se soit sur son comportement, mais peut être s'en fichait il juste assez pour ne pas voir a qu'elle point elle était perdue ? Peut-être qu'il lui disait ça uniquement pour calmer ses pleurs, en plus de ceux d'Eden, les siens était sûrement de trop.

Mais ses mots avaient continué de couler, surprenant la Poufsouffle. C'était la première fois en trois jours qu'elle l'entendait prononcer le prénom de leur fille. Un pincement resserra la poitrine d'Éli, la rendant malgré tout un peu plus attentive à ce qu'il continuait de dire, comme si cette fois ses mots ne pouvaient qu'être prit pour un réel témoignage. Il avait vu. Il avait compris pourquoi elle avait fait les choix qu'elle avait faits ces derniers mois. Étonnamment surprise même si elle ne s'attendait pas à tant de franchise, ou de communication sur ce sujet venant de lui, elle ne put que se figer en entendant les paroles plus colériques, mais criantes de vérité, que le garçon lui envoya juste après.

Merde quoi, tu veux savoir c'est quoi une mauvaise mère ?

Sortant légèrement la tête de ses bras, la Poufsouffle un peu saisi du changement de ton du garçon, fronça les sourcils sans pour autant réussir à le regarder pendant qu'il continuait. Non, leurs mères n'avaient clairement pas été des modèles à suivre, c'était d'ailleurs une similitude évidente dans leurs histoires pourtant si différentes, mais entendre Redose le dire à voix haute relança la douleur d'une plaie encore bien trop ouverte chez Éli. Il n'avait pas tort, mais pourquoi s'énervait il sur elle comme ça ? Qu'est-ce qu'il essayait de provoquer en lui balançant ça maintenant ? Encore plus de pleurs ? Il allait réussir à force ! Le regard de la jeune fille fuyait la scène, comme si observer le griffon renforcerait l'impact que ses mots avaient sur elle.

Elle voulait qu'il parte...
Elle voulait être seule...

Si elle n'était pas capable de s'occuper de sa fille correctement, c'était sûrement la preuve qu'elle ne l'aimait pas assez, quoi d'autre ? Et lui ....lui venait lui jeter au visage qu'elle n'avait, elle non plus, jamais été aimé par sa mère. Pourquoi faisait-il ça ? Pourquoi ne l'avait-il pas laissé dans son coin à pleurer ? Pourquoi être venu si c'était pour tout empirer ? Si elle n'été pas aussi dépitée, Éli aurait sûrement à cet instant demandé au garçon de sortir de sa chambre sans ménagement, mais sans même avoir le temps d'y songer elle sentit la main de Redose attirer son visage, l'obligeant doucement à capter le sien.

Ce geste...cette proximité...ce regard sans filtre dans lequel elle n'avait pas osé replonger vraiment depuis si longtemps...
En-dehors de tout le reste, en dehors du vaste travail qu'ils avaient encore à faire sur eux même, Éli ressentit directement à quel point, dans un moment comme celui-là, les yeux du garçon restaient un encrage pour elle. Cette noirceur, cette intensité, cette vérité brute, il n'y avait que lui pour réussir à lui faire passer autant de choses sans parler. Elle savait que quoiqu'il dise après il ne lui mentirait pas, que ses mots ne feraient que renforcer ce que ses yeux lui avait dit déja.

Toi, t'es pas comme ça, et tu le seras jamais.

Redose ne laissait là aucun doute sur ce qu'elle deviendrait, ou du moins sur ce qu'elle ne deviendrait jamais, et même si ce n'était que son avis, elle avait envie de le croire. Cette confiance qu'il avait en elle, une confiance aveugle et avouée eut un effet positif immédiat sur la jeune mère. Ce n'était que son avis, mais c'était ce qu'elle avait besoin d'entendre à ce moment précis. Aussi surprenant qu'avait été le contact de ses doigts sur sa peau, leur fuite provoqua l'étonnement chez la jeune fille lorsque les bras du griffon s'ouvrirent finalement comme pour lui offrir l'espace d'un câlin. Laissant Éli quelques instant interdite, muette elle se contenta de l'observer sans savoir comment réagir.

Des amis, des rivaux, des amants, des parents....ces derniers mois, la frontière de leur lien n'avait jamais été aussi confuse, mélangée et incertaine. Pourtant, depuis maintenant plusieurs semaines de cette cohabitation encadrée, ils ne s'en sortaient pas si mal vu les circonstances, et elle n'avait pas envie de tout gacher. Elle n'avait plus le droit de tout gacher. Depuis qu'elle avait appris la présence de cet enfant, la jeune fille avait tellement manipulé son cerveau pour ranger ses sentiments très loin, qu'à cet instant elle se sentait complètement dépassé par ce simple choix qui la ramener à des émotions qu'elle avait peur de faire ressurgir. Redose n'était pas parfait loin de là, et personne n'avait misé favorablement sur lui en le voyant entrer dans la vie d'Éli, encore moins ses amis. Pourtant jusque-là, quoiqu'elle fasse elle n'avait pas réussit à éteindre ce qu'elle ressentait pour lui, et elle savait que ce genre de situation pouvait être dangereuse pour sa volonté. Est ce qu'elle devait accepter ou non ce contact physique pourtant anodin ? Est-ce que tout n'allait pas de nouveau redevenir compliqué, et douloureux pour elle après ça ? Mais de la même façon qu'il avait dû ressentir l'appel à l'aide en la voyant dans cet état, la jeune fille ressentait le besoin urgent d'accepter ce qu'il lui offrait simplement. Elle n'allait pas très bien, il était là pour elle, point. Ce qu'ils étaient l'un pour l'autre à cet instant importait peu finalement.

Éli ne prononça aucun mot, mais ses yeux remplis de gratitude venaient d'accepter avant même que son corps ne lâche prise. Se laissant glisser fébrilement entre les bras du garçon, elle ferma les yeux pour absorber toute l'énergie générée par ce moment. Épuisée mais légèrement plus apaisée, elle laissa pour la première fois depuis des mois, ses pensées prendre l'espace aussi librement que son corps, sans se faire de reproche. Si tu savais à quel point je t'aime Redose Omniak...

Pour le NaNo : 1196 mots ( 1217 mots - 21 mots en citation de Redose Omniak )

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Élisabeth, tu as accepté l'étreinte de mes bras. Je ressers le piège sur toi. Au plus proche de ton corps, j'entends ton cœur battre. C'est comme si je l'entendais me parler, me dire à quel point il a peur, me dire à quel point il est désolé, me dire à quel point tu m'aimes. Je l'entends battre, j'entends ce qu'il tient tant à me dire, et pourtant je ne saurais déterminer ce que nous sommes à travers ces battements.

Élisabeth, si tu entends mon cœur toi aussi. J'aimerais te dire à quel point je suis désolé, d'avoir si mal. À quel point je me sens seul, entouré par des gens meilleurs que moi. Je déteste mon corps, je méprise mes émotions. J'aimerais être fort. J'aimerais arrêter de souffrir. Mon étreinte se fait plus intense, sans pour autant te faire mal, je voudrais juste que tu entendes toute la peine que j'ai à te laisser seule ainsi. Entends juste comme je crois en toi.

Je ne peux qu'imaginer ce que c'est de devoir me supporter. C'est mo... C'est moi qui suis le père. Je suis là et je ne m'en occupe pas. Je ne sais même pas si j'agis ainsi pour moi ou pour l'enfant.

Je suis Redose Omniak. Après tout, qu'importe ce que je fais, qu'importe les changements s'opérant en moi, peu importe qui je crois être, je suis et je serais à jamais Redose Omniak.
Je serais à jamais le fils d'Edouard Omniak, le monstre qui a abandonné sa famille, qui m'a maudit avec sa marque, qui a semé la graine de la haine, de la rage, de la peine en moi au crépuscule de ma vie. Je serais toujours le fils d'Anastasia Kasparov, le monstre qui a abandonné ses enfants, qui m'a pris l'amour qui me revenait, qui a souillé un sang pur pour l'abandonner. Je serais pour toujours l'élève d'Andrei Omniak, le monstre qui a fait de moi sa marionnette, l'objet de sa vengeance, celui qui a imprégné mes mains, mes pieds, mon esprit même de violence.

Comment un tel personnage, comment quelqu'un comme moi, moi. Moi comment je pourrais faire une bonne figure paternelle ? Sérieusement, j'suis pas seulement immature, si ce n'était que ça... Je suis violent. Je déteste ce monde. Je me déteste. Si j'avais un rôle dans l'éducation de cet enfant il finirait par détruire tout ce qu'il peut détruire, et plus encore. Je ne veux pas...
Je ne peux pas... L'étreinte se sert légèrement. Corrompre sa vie comme on a corrompu la mienne. Si elle grandit ici elle aura quelques personnes sur qui compter, des gens on ne peut plus empathiques, on ne peut plus bons. Elizabeth, Rem, Éli, ils vont être des tuteurs formidables. Ils sont bons, éduqués, soudés.

Moi je ne serais jamais plus que Redose Omniak.
Je ne me sens pas à ma place ici, ni nul part ailleurs. Si je venais à l'éduquer, même partiellement, même un peu, comment pourrait-elle trouver sa place ici ou ailleurs ?

Comme d'habitude, j'ai peur. Je suis tellement terrifié, j'en tremble parfois tant je suis terrifié par l'influence que je pourrais avoir si je reste prêt de cet enfant. Je... Je crois que je tiens suffisamment à elle, à Eden, pour ne pas rester proche d'elle. Élisabeth, les autres, je ne pense pas qu'ils puissent comprendre ma peur. Ils me diraient sans doute que je suis irrationnel ou quelque chose du genre, j'en sais rien honnêtement.
Mais à mes yeux, à mes yeux je suis dangereux.
Et je sais qu'ils le savent.

Après quelques minutes en câlin je me retire, j'ai chaud. J'ai vraiment chaud. Je sais pas si c'est le câlin, le fait que je sois pas habitué à être si proche de quelqu'un, ou les plats qui réchauffent la pièces... C'est sans doute tout ça à la fois.

Je m'assieds à côté d'elle.
- Tu sais, même si j'en ai pas l'air, je m'inquiète pour toi et Eden. J'ai juste tellement peur, je suis désolé. Je me sens obligé de le dire et le répété, car je suis sincèrement navré. Tellement navré d'être ainsi.

J'aimerais aller bien, j'aimerais ne plus souffrir, être en paix avec moi-même et avec les autre aussi. Je fais tout ce que je peux pour ça, mais je ne vois pas où je vais. C'est comme si dès que j'essayais de voir le positif, d'avancer vers lui, mes yeux se fermaient instinctivement. Et le chemin que j'ai moi-même tracé, que je trace constamment à la sueur de mon front, en évitant avec tout le minutieux qu'il m'est possible la violence. Ce chemin-là semble se dérober à mes pas, et me laisser au même point qu'hier.

Pour l'instant je dois me concentrer sur mon chemin, je suis sûr que si j'arrive, par je ne sais quel miracle à le tracer enfin, là enfin je pourrais être là pour elles de la meilleure manière qui soit.

- Mais je veux que tu saches que je serais toujours là pour vous. Même si c'est compliqué, même si j'ai peur, je serais là. Pas par contrainte... Par amour. Dis-je, un peu rouge. Cette foutue chaleur, c'est vraiment étouffant.

Mes yeux dirigés vers le sol, ça fait bizarre de le dire à haute voix comme ça. J'ai faim en plus... Mais j'ose pas manger, je crois pas que ce soit le moment. J'espère que ça lui a fait du bien d'ailleurs, que ses doutes se sont dissipés, au moins pour l'instant. C'est compliqué d'ouvrir son cœur comme ça, je me sens hyper fatigué d'être aussi ouvert, d'être aussi authentique. J'aurais besoin de repos avant de pouvoir être comme ça à nouveau... Si elle va constamment mal, j'aurais sans doute vraiment du mal à être là pour elle. Et si elle venait à abandonner, si tous abandonnaient... Ce sera une mission suicide.

Je pourrais pas me dérober à mon devoir, j'éduquerais Eden, seul s'il le faut.
Mais je doute qu'on finisse par en arriver là, je divague simplement. Sans doute la chaleur, et la fatigue.

- J'ai la dalle. Je lui dis en la regardant, un sourire chaleureux aux lèvres.

NaNoWriMo : 1018 mots

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Elle avait tant hésité à franchir de nouveau le cap de ses bras, et pourtant, maintenant qu'elle y été l'envie d'y rester était forte. Elle sentait l'étreinte du garçon se resserrer parfois, et elle ne pouvait que se demander s'il faisait ça juste pour elle, ou si lui aussi finalement n'en avait pas un peu besoin. Sans qu'elle n'ait eu à le faire, le griffon mit fin de lui même à cet instant réconfortant, laissant ses mots prendre le relais de son corps. Ils avaient déjà partagé des moments bien plus intimes que ce simple échange, pourtant en l'entendant parler, en l'entendant dévoiler une partie de ses non-dits, éli se rendait compte à quel point se mettre à nu de cette façon devait l'être encore plus pour lui. Ses yeux baissés, ça aussi c'était une nouveauté, tout dans son attitude appuyé la vérité du message qu'il lui faisait passer, ce qui toucha encore plus la jeune fille. En lui avouant cette peur, il se rendait presque volontairement vulnérable devant elle, et c'était le genre de chose qui avait une vraie valeur pour éli.

Il était loin d'être un père parfait, il était même loin d'être un père tout court, peut être ne le serait il jamais, mais il les aimait. Si elle était malheureusement sûr que ni l'un ni l'autre n'était prêt à construire autre chose que cette relation particulière pour l'instant, les mots du griffon donnaient malgré tout la certitude d'un futur ou ils seraient présent l'un pour l'autre d'une façon ou d'une autre. Si Redose semblait avoir réduit considérablement le sentiment de culpabilité chez la jeune fille, en abolissant le fait que ses actions seraient biaisés par contrainte, il lui avait aussi bien fait comprendre que ses actes, ou plutôt ses non-actes étaient encore dirigés par la peur. Pendant quelques instants, elle avait bloqué, anxieuse, cherchant de ou provenait cette peur, pour finalement la trouver rassurante. Si le garçon n'avait eu aucune crainte, s'il ne se faisait aucune réflexion sur cette nouvelle situation, cela aurait prouvé bien plus à quel point il s'en foutait. La, il avait peur....dans un sens c'est aussi que cela comptait au moins assez pour lui pour s'en soucier.

Éli ne lui reprocherait jamais de se poser des questions, mais aujourd'hui elle n'avait pas assez de force pour se convaincre elle-même de ses capacités, alors réussir à faire disparaître les peurs du garçon, dont elle ne connaissait même pas la véritable nature semblait difficile. Elle aurait aimé lui dire qu'elle n'avait besoin de rien d'autre que ça, que ce qu'il faisait là. Qu'elle avait juste besoin qu'il soit là, qu'il ne les abandonne pas, mais est ce que c'était vraiment ce qu'il avait besoin d'entendre ? Est ce que ça l'aiderait ou pas du tout ? Aucune idée, rien ne semblait très clair dans la tête d'éli aujourd'hui. Heureusement le léger malaise que ce moment de confidences venait de créer, switcha très vite pour tout autre chose lorsque Redose reprit une attitude bien plus détendue. S'il était capable de se livrer comme ça, elle était capable de croire un peu plus en elle pour reprendre le dessus sur son état !!! Oui, ils n'étaient que deux gamins effrayés, et alors !!! Ils devaient tout construire à leur façon, et alors !? Ils le feraient. Savoir qu'Eden ne se sentirait pas abandonnée, ou de trop était une force qu'éli devait garder à l'esprit. Elle n'était pas seule dans cette galère.

Sans vouloir alourdir l'ambiance, qui était bien plus détendue après la demande gourmande du griffon, éli lui rendit son sourire comme pour lui dire "merci", avant de le suivre dans son changement de sujet.
- moi aussi j'ai trop faim. Si on commençait par le début pour une fois ? Cette phrase avait clairement un double sens, mais dit sous le ton léger de la rigolade elle pouvait très facilement passer pour ce qu'elle n'était pas aux yeux du garçon. Attrapant les assiettes pour les rapprocher d'eux, elle respira au passage les odeurs alléchantes qui s'en dégageaient, avant de saisir et les verres et d'en donner un à Redose. Comme si ce câlin, ses mots, accompagnés de ce réconfort gustatif, avaient temporairement ressuscité le moral de la poufsouffle, elle essuya d'un geste déterminé ses larmes de sa main libre, avant de se redresser un peu. Bien sûr, elle se sentait encore sur une pente savonneuse sur laquelle elle pouvait glisser à tout moment, mais en le regardant, en jetant un rapide coup d'œil sur les efforts qu'il avait fait pour lui rendre le sourire, elle avait envie de juste y voir le positif, elle avait envie de croire qu'elle avait le droit à tout ça.

Sur un ton légèrement sournois, un sourire en coin monta avec amusement chez la jeune fille qui retrouva ponctuellement sa malice habituelle.
- de toute façon, maintenant j'pourrais grave plus me passer de tout ça ! T'es foutu... Posant un regard circulaire sur tout ce qu'il lui avait préparé, elle osa un petit saut dans le futur comme pour se rassurer de la réaction qu'il aurait, croisant les doigts pour y voir une confirmation de ce qu'elle avait cru comprendre juste avant. En plus y a pas un monde ou Eden ne goûte pas à tes cookies un jour... Rapprochant son verre proche de celui du garçon, elle prononça un Cheers ?.

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Le garçon saisit son verre puis le leva devant Éli, avec un peu de délai il répond.

- Cheers. Avant de faire entrer les deux verres en collision.

Aussi peu étonnant que ça puisse paraître, c'était la première fois de sa vie que Redose trinquait. Enfin, pour être plus précis, c'était la première fois de sa vie que Redose trinquait avec quelqu'un.

Il n'avait jamais vraiment eu d'amis, ou de membres de sa famille avec qui trinquer. Et dans les moments rares où il en avait, la situation ne se prêtait pas. Il n'y a rien à fêter, ou la boisson est de l'alcool, l'environnement est inconfortable. Tant de raisons pour lesquelles Redose gardait son verre dans sa poche, et sa langue dans sa bouche.
Même là, parler ainsi d'Eden, le met assez mal à l'aise.
Ce n'est pas tant qu'il la déteste, au contraire.
Seulement, il ressent un profond mal-être à propos de cet enfant. Tout les pères que le garçon a connu au sein de sa famille, qu'il s'agisse de son propre père Edouard Omniak, de son grand-père Rose Roşu, de son arrière grand-père Redose Roşu, semblaient avoir failli d'une manière ou d'une autre dans leur rôle. Ça aurait sans doute été le cas de son oncle Andreï aussi, s'il n'était pas mort. Et quand bien même il peut apprécier son arrière grand-père, celui-ci a négligé son fils. Son fils, Rose, a perpétué une tradition compétitive dévastatrice entre ses enfants. Puis Redose, plus que n'importe lequel de sa fratrie en a fait les frais.

Dans l'esprit de Redose, Eden est précieuse. Elle est fragile. Il exècre tellement la paternité, la peur l'envahit chaque nuit. Chaque nuit il se demande si il la nuira en la négligeant tout en restant dans les parages, ou s'il la nuira en étant présent pour elle et en lui transmettant le pire de lui, sachant que le mieux de lui est tellement rare que le nombre de personnes prétendant avoir pu le voir se comptent sur le doigt d'une main. L'une est complétement folle, l'autre est vieux, seul, et à plusieurs milliers de kilomètres d'ici, Redose a trahi et abandonné un autre, et la dernière et la mère de l'objet de ses plus grandes angoisses.

Même si Redose n'est plus vraiment lui-même. Même si ses doutes le consume. Il a tout de même lever son verre, et il sera toujours là pour elles. Même si c'est pour tenir de petites discussions.

- Mieux vaut qu'elle ne goûte pas trop, elle risquerait de devenir une petite Poufsouffle mal avisée. Dit le gryffon en riant légèrement avant de prendre une gorgée de sa boisson. C'était immonde. Mais la boisson en elle-même avait un certain charme, disons que ça aurait été parfait pour accompagner un médicament ou un traitement qu'une infirmière ou un médecin nous administrerait.

Et puis, la boisson était plutôt jolie et franchement bien présentée, mais certainement pas au goût du garçon. Peut-être en guise d'objet de contemplation éventuellement. Le garçon ne laissa rien paraître, mais c'était honnêtement pas bon. Il souriait comme si la boisson avait été à son goût. Berk. Berk immonde. "Me laisser plus jamais boire ça" pria t-il.

Il se saisit de son assiette, c'était celle qui était la moins bien présentée, le bun du dessus était bancal et semblait vouloir tomber. L'autre burger était bien droit pourtant, pourquoi celui-ci ne pourrait-il pas l'être, il pourrait totalement prendre exemple, mais non. Son égoïsme n'a d'égal que sa cruauté. Il veut faire paraître Redose absolument ridicule devant Élisabeth.
Fort heureusement pour le sort de l'humanité, Redose replaça discrètement le bun du dessus, et le menaça dans sa tête "je vais te manger" pensa t-il si fort, que le burger n'aurait eu d'autre choix que de se rendre et de se laisser faire, pour qu'au moins le garçon ne le mange d'une part proprement, et d'autre part délicatement. Pour qu'il n'en gâche aucunement la saveur, et respecte son ennemi dans la mort qu'il va lui infliger. La mort... Par dévorement. C'est une mort lente et douce à la fois, qui vaut sans fois mieux que la mort qu'il a réservé à ses ennemis jusque là, une mort rapide et cruelle. Jusque là, il mangeait vite car il avait autre chose à faire, notamment les corvées de Poudlard aka le château crasseux qui peut même pas se laver tout seul, alors que Redose peut se laver le dos seul. Il suffit de vouloir !

Ici, à côté d'Élisabeth, le garçon préfère manger lentement. Histoire de passer le plus de temps avec elle, enfin, le plus de temps légitime. C'est vrai quoi... Ils ne sont pas vraiment mariés, et ils ont beau être amis, Redose l'a tout de même mise enceinte. C'est une information qui joue forcément dans l'équation lorsqu'ils font une soirée pyjama.

Le garçon a beau ignorer cette information en surface, et n'avoir aucune intention avec Éli, il ne savait pas ce qu'elle en pensait pour sa part. Théoriquement, ce serait mieux pour un enfant d'avoir ses deux parents, d'un autre côté l'un des parents est un Omniak et le pire d'entre eux qui plus est.

Le garçon prit une petite bouchée, c'était un délice, un régale, c'est sans doute la meilleure chose qu'il ai jamais mangé de sa vie. Il était tellement heureux d'en profiter, il en espérait presque qu'Éli n'ait pas faim ou commence par les frites. Après avoir mâché ce morceau de paradis et l'avoir avalé, le garçon se dit qu'il pourrait faire un petit morceau de conversation.

- Tu penses qu'elle aura des pouvoirs ? Je sais que c'est pas vraiment possible de savoir, mais je me demande juste... Je me dis qu'une mère peut peut-être sentir ces choses-là. C'est sans doute une chose impossible à savoir pour une mère, surtout à cet âge là. Mais la magie trouve toujours un chemin pense le garçon.

La divination est ouverte à tout le monde après tout, il suffit de s'asseoir sur un fauteuil, tourner les mains autour d'une boule de crystal, mettre de la fumée, beaucoup beaucoup de fumée, dire "hmmm" et lâcher une information qui a environ 50% d'être vraie et qui ne sera vérifiable que dans sept ans, largement le temps d'encaisser l'argent, trouver un entre endroit, d'autre pigeons à dépouiller, et répéter l'opération jusqu'à se reconvertir dans le lancer de malédictions qui s'avère bien plus simple et bien plus efficace. Le garçon du moins, s'amuse à penser cela.

Redose reste bien curieux de la réponse que sa camarade va lui apporter, si tant est qu'elle lui en apporte une.
D'un point de vue personnel, il serait sans doute meilleur pour la petite d'être une sorcière.
Les moldus, à ses yeux, sont terrifiants. Leur monde est en guerre constante contre tout et tout le monde. Et surtout, dans ce monde, sa famille ne pourra pas la suivre et la protéger.
Elle sera seule. Même si trois de ses grands-parents sont des moldus, aucun d'eux ne saurait être là pour elle.

Même Redose, terrifié comme il est, est plus présent.

NaNoWriMo : 1176 mots

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Même si c'était elle qui avait incité ce geste, au moment où le garçon fit retentir leurs verres, la jeune fille trouva finalement ça très étrange. Trinquer avec lui raisonner un peu comme un acte les propulsant encore plus dans ce monde d'adultes dont ils avaient déjà un peu trop emprunté le chemin ces derniers temps. Légèrement mal à l'aise de sa propre initiative, Éli dégluti difficilement en essayant de ne pas montrer à l'extérieur ses pensées perturbées. Heureusement, une fois encore le garçon lança une remarque qui rattrapa en un instant l'énergie positive de la jeune fille, de nouveau sur le point de s'étioler.

Sérieusement Red ?! Tu oses attaquer la maison Poufsouffle en te servant de notre fille-là ? Amusée, Éli trouvait vraiment que le griffon ne manquait pas d'audace ! Si elle n'avait pas eu aussi peur de le braquer, elle aurait directement répliqué que c'était facile de dire ça maintenant, mais qu'il n'avait pourtant pas tout rejeter de poufsouffle cette année, et qu'il avait même choisi de trahir ses propres couleurs et surtout celle de son meilleur ami, par celles jaune et or plusieurs fois. Bien sûr elle n'en fit rien, tournant sept fois sa langue dans sa bouche elle retint ses mots malheureux. C'était trop tôt, beaucoup trop tôt pour ce genre de blague, l'ombre de leur relation avec Gideon planée encore bien trop coupable, au-dessus d'eux pour s'amuser de leur trahison commune. À la place, Éli ouvrit la bouche d'un "o", faussement offusquée de le voir rire de sa remarque anti-pouffy, avant d'attraper le coussin le plus proche d'elle pour le lui balancer en signe de légère révolte, avant de lui offrir un sourire mutin.
- Hey !

Amusée, elle le regarda porter le verre à ses lèvres, et l'imita quelques secondes après, laissant malheureusement le liquide glisser sans se méfier. ARGGG.... Elle dut se retenir de justesse pour ne pas tout lui recracher dessus tant le goût était …spécial, pour ne pas dire absolument dégoutant. Pinçant ses lèvres, la jeune fille reposa son verre sans faire de commentaires, puis grignota rapidement une frite pour tenter d'effacer le goût encore coincé dans sa gorge. La nourriture qu'il lui avait préparée, ça au moins elle pouvait être sûre à 98 % qu'elle n'en serait pas déçu. Redose avait toujours eu ce talent pour la cuisine, et entre les plats qu'il préparait assez souvent pour la famille depuis qu'ils vivaient ici, pour ne pas dire chaque jour, et les Tips qu'il avait sûrement appris dans le livre de recettes offert par son frère, tout poussait à croire que ses progrès ne feraient que leur offrir des plats de plus en plus gourmands, pour le plus grand plaisir de la Pouffy qui résidait en elle. C'était très ironique de penser qu'il la taquinée sur son appartenance jaune et or, tout en entretenant pourtant l'une des caractéristique principale de cette maison par ses attentions culinaires finalement.

Hum...
Elle n'avait pas eu tort, dès la première bouchée, la nourriture du jeune homme eut l'effet d'un réconfort immédiat sur la jeune mère. C'était quand même dommage de savoir si peu faire les boissons, face à un talent si poussé pour la cuisine !!! Quel gâchis... Peut-être vaudrait-il mieux qu'elle recommande à Elizabeth d'acheter à son petit frère un livre sur les recettes de breuvages, lors de sa prochaine visite chez Fleury et Bott ?! Juste histoire de ne pas périr sous l'un de ses prochains cocktails. Il en allait d'une question de survie pour tous les membres de cette famille quand même ! Riant intérieurement de ses pensées, Éli fut très vite ramenée au présent par le griffon.

En entendant l'interrogation qu'il venait de poser entre eux, la jeune fille ressentit une certaine satisfaction. Cette fois, il ne prenait rien à la rigolade pour détourner le sujet, c'était une vraie question, et bien qu'elle n'avait aucune réponse certaine à lui offrir, il était hors de question qu'elle refuse d'en parler. Après tout, c'était leur toute première discussion sur l'avenir de leur fille, leur première vraie discussion de "parents", et même si cette interrogation reflétait leurs incertitudes mutuelles sur le sujet, Redose s'interrogeait sur Eden, et c'était ça le plus important aux yeux d'éli.

Se laissant quelques secondes de réflexions pour accuser la question, elle finit par poser ses mots maladroitement.
- J'sais pas si je peux sentir ça. Apres....tu vas grave me prendre pour une folle mais.... Baisant la tête pour regarder ses mains tripoter le couvre-lit, Éli hésita une nouvelle fois à ouvrir complètement ses pensées au garçon. Elle n'avait pas envie de replonger encore dans le flou de ces derniers mois, mais s'il avait réussi à parler d'Eden, elle n'avait pas le droit de manquer de courage devant lui. j'faisait nimp', avec mes parents c'était pas ouff, et si j'étais resté à Poudlard j'aurais sûrement fini par tout détruire autour de moi comme j'ai commencé à l'faire... j'dis pas qu's'est plus simple maintenant, mais... j'déteste pas faire partie de cette famille, j'aime plutôt bien même. C'est la première fois qu'j'ai l'impression d'faire partie d'une vraie famille, et j'pense qu'ici, j'pourrais réussir à faire quelque chose de pas trop mal de moi. Sa voix se fit légèrement plus basse, comme si elle se recouvrait d'un voile de triste réalité, mais sans y mettre aucune note de reproche pour autant. Je sais qu'pour toi c'est pas génial tout ça, mais moi Eden m'a un peu sauvée... La jeune fille laissa passer un léger rire nerveux, un peu anxieuse de savoir ce qu'il allait penser de cette dernière phrase. Elle espérait fortement que Redose ne ferait pas de ses mots des raccourcis trop négatifs, et pour ne pas lui laisser trop de temps d'analyse, très vite la jeune fille releva la tête, et enchaîna souriante avec sa véritable réponse à la question. ...donc c'est p'tete un signe qu'il y a déjà un peu de magie en elle.

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