Un ciel pas si magique
𓆩♡𓆪Date: octobre 2050
Avec: @Callen Kerrigan-RowleJe fixe le gros ouvrage qui est allongé devant moi avec un regard sombre. Malgré toute la motivation du monde, il m'échappe petit à petit, les mots devenant un mélange d'encre et de lettres que je n'arrive pas à comprendre. Un ciel magique de Sir Elaine Ainstain m'évade par moments et je sais alors que c'est le moment pour moi de me concentrer sur autre chose. Donc, d'une main délicate, je ferme la couverture, faisant attention à ne faire aucun bruit. Je suis dans les grâces de Mme Pinehead et je souhaite y rester, car c'est fort confortable, et son aide est précieuse.
Ma liste de choses à faire m'observe alors, et je la saisis sans trop y penser. Mes révisions sont en route, mes fiches déjà faites pour les quelques cours que nous avons pu avoir en cette année, et mon temps libre est consacré à d'autres choses. Comme l'équipe de cheer, ou quelques heures d'études de plus. Et aujourd'hui, j'ai bien envie de me pencher sur les quelques programmes des années supérieures, mais eux aussi m'évadent. Il semblerait que je ne sois pas aussi douée que je le pensais quand il s'agit de trouver ce que je recherche, et l'idée me rend folle, donc je repose ma liste et m'adosse contre ma chaise, le regard vagabondant.
La bibliothèque est peu remplie. Où peut-être me suis-je assise à un endroit assez vide, je ne sais pas trop, et puis je m'en fiche, au final. Il faut que je trouve une solution à mon léger problème. Donc, je me lève et je parcours les rangs de la bibliothèque, à la recherche de quelqu'un qui pourrait me conseiller, et c'est alors qu'au loin, je le vois, ce garçon qui m'est presque familier. Callen est son nom, je m'en rappelle. Je me rappelle aussi de mon comportement restreint lors des vacances, quand sa famille a visité la mienne, et j'ai assez de conscience pour m'en vouloir. Son séjour devait être ennuyeux, ou du moins je le suppose, car je n'en ai rien vu, enfermée dans ma chambre, prétextant un froid terrible. Je suppose qu'ils savaient tous que je n'avais rien, et c'est pour ça que je me dirige vers lui d'un pas décidé;
"Callen ?" je l'appelle, un minuscule sourire sur les lèvres. "Je ne sais pas si tu te rappelles de moi. Freya Moors, on s'est vus pendant les vacances. Enfin, vus...je m'excuse de ne pas avoir été très présente," j'ajoute, observant son visage. Et puis, ça me vient : il est plus âgé que moi. Donc, il y connaît sûrement quelque chose aux programmes des années supérieures. "Dis, tu pourrais m'aider, s'il te plaît ? Vois-tu, je cherche quelques informations sur les programmes de cours des années supérieures."𓆩♡𓆪
Un ciel pas si magique
Le retour à Poudlard s’est fait sans histoire. Comme si on remettait une vieille horloge en marche. Le train, les valises, les uniformes qui grattent, les cris dans le couloir. Rien de nouveau, mais tout paraît plus bruyant après deux mois à Édimbourg. Les premières semaines sont passées vite. Les cours ont repris leur rythme, les profs ont recommencé à lancer des regards fatigués. Rien n’a vraiment changé, sauf peut-être moi.
Les soirs de semaine, je profite du calme pour descendre à la bibliothèque quand le château se vide lentement. C’est devenu une habitude. Peut-être même une manie. Les couloirs font entendre les derniers rires, puis tout s’étouffe derrière les grandes portes. Là , c’est le calme. Celui qui oblige à réfléchir.
Je prends toujours la même table. Pas trop près des fenêtres où les bougies se font souffler par le vent. Ni trop loin des rayonnages de potions et de botanique.
J’empile les grimoires comme d’autres empilent les paris. Les effets secondaires des philtres instables, Essai sur la maturation des Mandragores naines, Réactions croisées des décoctions à base de sang-de-dragon. Des titres poussiéreux qui sentent l’encre séchée et le parchemin oublié.
Cette fois, je cherchais un traité sur les interactions entre les essences végétales et les flux magiques. Un vieux texte qui avait été mentionné par un professeur. Mais je ne l’ai pas trouvé. À la place, j’ai mis la main sur un ouvrage de six cents pages. Les cycles de distillation des éléments vivants. Rien que le titre m’a fait sourire. Le genre de truc qui prétend tout expliquer et qui finit par t’embrouiller encore plus.
Puis je sursaute. Pas à cause d'un bruit, la bibliothèque n’est jamais vraiment silencieuse. Mais à cause du nom.
Callen.
Je relève lentement la tête pour voir d’où ça vient.
Entre deux rayonnages, elle est lĂ . Freya Moors.
Les souvenirs remontent en morceaux: une maison trop bien rangée, tout comme la table du déjeuner. Des politesses échangées entre adultes, des discussions où je n'avais pas ma place.
Je me souviens à peine d’elle. Ou plutôt, je me souviens de son absence. Une silhouette derrière une porte close, des pas légers dans le couloir. On m’avait dit qu’elle n’était pas bien.
J’avais hoché la tête comme si ça m’intéressait.
Freya m’explique pourquoi elle est là pendant que je me contente d’un bref signe de tête en guise de salut.
Je dis ça parce que j’ai vu ce que ça donne quand on ne le fait pas. L’année dernière, un élève a versé des écaillettes de scarabée dans un chaudron où il restait des racines de valériane. Deux ingrédients qui ne supportent pas la chaleur ensemble. Résultat? Le fond du chaudron a fondu et la moitié de la salle de potions sentait le soufre pendant une semaine.
Je bouge un peu les bouquins éparpillés sur la table. Certains sont ouverts depuis des heures ainsi que mon cahier de notes couvert d’encres effacées. Les pages portent encore des traces de manipulations maladroites : cercles, flèches, formules raturées, remarques griffonnées à la hâte.. avant d'apporter une nouvelle fois attention sur Freya.
Les soirs de semaine, je profite du calme pour descendre à la bibliothèque quand le château se vide lentement. C’est devenu une habitude. Peut-être même une manie. Les couloirs font entendre les derniers rires, puis tout s’étouffe derrière les grandes portes. Là , c’est le calme. Celui qui oblige à réfléchir.
Je prends toujours la même table. Pas trop près des fenêtres où les bougies se font souffler par le vent. Ni trop loin des rayonnages de potions et de botanique.
J’empile les grimoires comme d’autres empilent les paris. Les effets secondaires des philtres instables, Essai sur la maturation des Mandragores naines, Réactions croisées des décoctions à base de sang-de-dragon. Des titres poussiéreux qui sentent l’encre séchée et le parchemin oublié.
Cette fois, je cherchais un traité sur les interactions entre les essences végétales et les flux magiques. Un vieux texte qui avait été mentionné par un professeur. Mais je ne l’ai pas trouvé. À la place, j’ai mis la main sur un ouvrage de six cents pages. Les cycles de distillation des éléments vivants. Rien que le titre m’a fait sourire. Le genre de truc qui prétend tout expliquer et qui finit par t’embrouiller encore plus.
Puis je sursaute. Pas à cause d'un bruit, la bibliothèque n’est jamais vraiment silencieuse. Mais à cause du nom.
Callen.
Je relève lentement la tête pour voir d’où ça vient.
Entre deux rayonnages, elle est lĂ . Freya Moors.
Les souvenirs remontent en morceaux: une maison trop bien rangée, tout comme la table du déjeuner. Des politesses échangées entre adultes, des discussions où je n'avais pas ma place.
Je me souviens à peine d’elle. Ou plutôt, je me souviens de son absence. Une silhouette derrière une porte close, des pas légers dans le couloir. On m’avait dit qu’elle n’était pas bien.
J’avais hoché la tête comme si ça m’intéressait.
Freya m’explique pourquoi elle est là pendant que je me contente d’un bref signe de tête en guise de salut.
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Je dis ça parce que j’ai vu ce que ça donne quand on ne le fait pas. L’année dernière, un élève a versé des écaillettes de scarabée dans un chaudron où il restait des racines de valériane. Deux ingrédients qui ne supportent pas la chaleur ensemble. Résultat? Le fond du chaudron a fondu et la moitié de la salle de potions sentait le soufre pendant une semaine.
Je bouge un peu les bouquins éparpillés sur la table. Certains sont ouverts depuis des heures ainsi que mon cahier de notes couvert d’encres effacées. Les pages portent encore des traces de manipulations maladroites : cercles, flèches, formules raturées, remarques griffonnées à la hâte.. avant d'apporter une nouvelle fois attention sur Freya.
Non inscrit dans la chronologie.
4ème année 2050-2051
Un ciel pas si magique
𓆩♡𓆪Date: octobre 2050
Avec: @Callen Kerrigan-RowlePas une once de colère ni de déception ne transparaît sur son visage lorsqu'il réagit à ses paroles, et je souris, soulagée. Il ne semble pas s'offusquer de son manque de gentillesse, et c'est un souci de moins. Alors, je me penche légèrement au-dessus de la table, jetant un coup d'œil à la pile de livres qu'il a trouvée, et je me demande pourquoi elle tenait tant à rester discrète, car sa liste de lecture me paraît longue et bien pensée, et je suis plutôt impressionnée.
Et puis, ses mots. Je me fige et le fixe une seconde de trop, l'esprit déjà en ébullition. Vais-je faire partie de ceux qui succombent à la pression ? À peine en troisième année, je sens déjà la pression monter, même si je m'en sors plutôt bien, à ma façon, car j'ai des amis, des études et une vie qui me plaît, un peu.
"Je peux m'asseoir avec toi ?" je lui demande sans trop attendre sa réponse, parce qu'en a peine une minute j'ai récupéré mes affaires et j'occupe la chaise libre à sa droite, feuilletant mon petit carnet à la recherche de questions spécifiques à lui poser. Puis, quand ça prend trop de temps, parce que j'en ai trop, je ferme mon carnet.
"L'astronomie m'intéresse," je lui explique. "À vrai dire, je voulais en apprendre plus sur tous les programmes, pour m'avancer quand j'en ai le temps, mais en vue de ce que tu m'as dit, c'est peut-être pas possible? Aurais-tu des lectures à recommander plutôt qui traitent de sujets que je pourrais voir l'année prochaine?"𓆩♡𓆪
Un ciel pas si magique
Je la laisse s’installer sans rien dire.
La chaise grince un peu, ce qui fait lever les yeux d’un élève à deux tables plus loin. Freya s’en fiche. Moi aussi. Elle feuillette son carnet avec l’énergie de quelqu’un qui veut bien faire. Le genre d’énergie que j’ai perdue depuis un moment.
Je jette un coup d’œil à ses notes, puis à elle. Elle parle d’astronomie. C’est pas ce que j’attendais. J’hoche la tête, l’air concentré, pour lui laisser croire que je réfléchis à une vraie réponse. Mais en réalité, je cherche juste par où commencer.
Pendant l’été, j’étais tombé sur une vieille carte chez le grand-père. Pas un plan céleste de Poudlard, non. Une vraie, d’astronome, épinglée dans son bureau.
Du papier jauni et les bords mangés par le temps. Il y avait des cercles tracés à la plume et des symboles que je n’ai pas vraiment compris. Constellations célestes, étoiles circompolaires boréales, pour la latitude boréale de 45° était son intitulé.
La carte a des constellations emmêlées, des astres reliés par des traits nerveux, des chiffres dans les marges. Et en bas, une annotation à moitié effacée : Les cycles reviennent, les erreurs aussi.
Je ne sais pas pourquoi cette phrase m’est restée. Peut-être parce que le grand-père avait dit que c’était une lubie d’un autre âge. Une tentative de donner du sens à ce qu’on ne contrôle pas.
Mais moi, ça m’avait intrigué. Je crois que j’ai passé une heure entière à suivre les lignes en essayant de comprendre quel type de personne pouvait passer sa vie à chercher un ordre dans tout ce chaos. J'ai conclus que j'aurai pu être ce type-là .
Perdu dans mes souvenirs, je tire un livre de ma pile et le fais glisser vers elle. La couverture est terne et usé. Celui-là parle pas de constellations, mais de corrélations magiques. Les influences lunaires sur les potions et les sortilèges, ce genre de trucs.
Je sens que je m’emballe un peu sans trop savoir pourquoi.
Je crois que j’étais plus enthousiaste avant. Les premières années, j’adorais ça. Je levais les yeux vers le plafond enchanté, essayais de repérer Orion ou Cassiopée, notais les trajectoires comme si ça servait à quelque chose. J’avais même acheté une petite lunette d’observation que j’utilisais chez mes parents. Parfois dans le parc de l'école, aussi. J’étais persuadé que si je regardais assez longtemps, je finirais par comprendre comment tout ça tenait ensemble.
Maintenant.. j’en suis moins sûr. L’écart s’est creusé.
Y’a les potions, les sortilèges, la botanique; des trucs concrets où je vois de suite si j'ai réussi ou pas. L’astronomie, elle, elle me laisse parfois sans réponse. J'observe, je note. Et à la fin, j'ai plus de questions qu’au début.
Je continue d’aimer ça, mais différemment. Comme une habitude dont je me détache sans m'en rendre compte. Mais je ne perds pas espoir.
La chaise grince un peu, ce qui fait lever les yeux d’un élève à deux tables plus loin. Freya s’en fiche. Moi aussi. Elle feuillette son carnet avec l’énergie de quelqu’un qui veut bien faire. Le genre d’énergie que j’ai perdue depuis un moment.
Je jette un coup d’œil à ses notes, puis à elle. Elle parle d’astronomie. C’est pas ce que j’attendais. J’hoche la tête, l’air concentré, pour lui laisser croire que je réfléchis à une vraie réponse. Mais en réalité, je cherche juste par où commencer.
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Pendant l’été, j’étais tombé sur une vieille carte chez le grand-père. Pas un plan céleste de Poudlard, non. Une vraie, d’astronome, épinglée dans son bureau.
Du papier jauni et les bords mangés par le temps. Il y avait des cercles tracés à la plume et des symboles que je n’ai pas vraiment compris. Constellations célestes, étoiles circompolaires boréales, pour la latitude boréale de 45° était son intitulé.
La carte a des constellations emmêlées, des astres reliés par des traits nerveux, des chiffres dans les marges. Et en bas, une annotation à moitié effacée : Les cycles reviennent, les erreurs aussi.
Je ne sais pas pourquoi cette phrase m’est restée. Peut-être parce que le grand-père avait dit que c’était une lubie d’un autre âge. Une tentative de donner du sens à ce qu’on ne contrôle pas.
Mais moi, ça m’avait intrigué. Je crois que j’ai passé une heure entière à suivre les lignes en essayant de comprendre quel type de personne pouvait passer sa vie à chercher un ordre dans tout ce chaos. J'ai conclus que j'aurai pu être ce type-là .
Perdu dans mes souvenirs, je tire un livre de ma pile et le fais glisser vers elle. La couverture est terne et usé. Celui-là parle pas de constellations, mais de corrélations magiques. Les influences lunaires sur les potions et les sortilèges, ce genre de trucs.
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Je sens que je m’emballe un peu sans trop savoir pourquoi.
Je crois que j’étais plus enthousiaste avant. Les premières années, j’adorais ça. Je levais les yeux vers le plafond enchanté, essayais de repérer Orion ou Cassiopée, notais les trajectoires comme si ça servait à quelque chose. J’avais même acheté une petite lunette d’observation que j’utilisais chez mes parents. Parfois dans le parc de l'école, aussi. J’étais persuadé que si je regardais assez longtemps, je finirais par comprendre comment tout ça tenait ensemble.
Maintenant.. j’en suis moins sûr. L’écart s’est creusé.
Y’a les potions, les sortilèges, la botanique; des trucs concrets où je vois de suite si j'ai réussi ou pas. L’astronomie, elle, elle me laisse parfois sans réponse. J'observe, je note. Et à la fin, j'ai plus de questions qu’au début.
Je continue d’aimer ça, mais différemment. Comme une habitude dont je me détache sans m'en rendre compte. Mais je ne perds pas espoir.
642 mots
Non inscrit dans la chronologie.
4ème année 2050-2051
