TW Au delà du regard des autres

Au delà du regard des autres

TW : Mention de trouble alimentaire, souffrance, trouble émotionnel intense et de mal être physique
Lundi 14 Mars 2050
@Sonia Ross
Toilettes abandonnées


Est-ce que ça vous est déjà arrivé, ce sentiment ? Ce sentiment d’inconfort dans son propre corps. Que ce soit à cause de son poids, de sa taille, de ses cheveux, de ses yeux, de son menton ou de son nez.
Pour ma part, c’est mon poids… ou plutôt, ma morphologie. C’est ridicule, non, de se trouver trop fine, mince, maigre ? Et pourtant, quand je me regarde, je ne vois que ça.

Les gens me disent :
« C’est ridicule, regarde comme tu es fine, tu as le corps parfait. »
Ou encore :
« Tout le monde rêverait d’avoir ce corps, pourquoi tu te plains ? »

Mais moi, quand je me vois dans la glace, je vois un corps sans forme. Des jambes comme des allumettes, des bâtons. Mes bras ? Pareil. Un cou trop fin.
Quand je me courbe, on voit ma colonne vertébrale à travers la peau de mon dos.
Tous les vêtements ne me vont pas. Il faut toujours que je prenne la plus petite taille, ou que je serre au maximum.

Mais pourquoi ? Pourquoi moi ?
Ces habilles qui ne disent probablement rien aux autres… moi, quand je les regarde, j’ai l’impression d’être difforme à côté des autres.

J’étais donc là, devant mon assiette. Livide. Je l’avais remplie à ras bord, j’y avais tout mis.
Je me remplissais la bouche, les larmes aux yeux.
Je mangeais. Encore et encore. Sans m’arrêter. Jusqu’à avoir des hauts-le-cœur. Puis, une fois l’assiette vide, je me suis regardée… dégoûtée de moi-même. J’avais envie de crier, hurler, pleurer.
Mais je ne fis rien. Strictement, absolument rien.
Je fixais mon assiette, comme si elle pouvait me répondre.
Puis je me suis levée, et j’ai quitté la salle, vide d’émotion.

Je savais que les cours de l’après-midi allaient commencer — je voyais les élèves retourner en classe — mais moi, je n’en avais pas envie.
Non, je n’irais pas.

Puis soudain, un spasme.
Quelque chose remontait.
Je me dégoûtais.
Je me sentais vide, sans défense, sans rien.
Alors j’ai couru jusqu’aux toilettes les plus proches. Je savais qu’elles étaient abandonnées. Là-bas, au moins, personne ne viendrait me chercher. On me laisserait tranquille. Je savais ce qui allait arriver.
Je l’avais déjà vécu.

Je m’étais goinfrée, et maintenant j’en payais le prix.
Mon estomac ne pouvait pas absorber autant d’un coup. Peu importe ce que je faisais, je ne grossissais jamais.
Jamais.

Je suis entrée dans la première cabine que j’ai vue, sans même fermer la porte.
Et j’ai tout rendu.
Tout ce que j’avais mangé depuis le matin.

Tout. Absolument tout.

Les larmes coulaient à flot sur mes joues.
Puis, une fois que j’ai cru que c’était fini, je me suis passée de l’eau sur le visage, je me suis rincé la bouche.
Mais je suis restée là. Dans cette cabine. Parce que je savais que ça allait revenir.
Et j’ai pleuré.
Une goutte, puis deux.
J’ai crié.
Je me suis vidée de toutes mes larmes.

J’ai attendu…
Jusqu’à ce qu’un autre spasme secoue mon ventre, m’arrache ce qu’il restait, et l’emporte dans la cuvette une seconde fois.
_____
RP libre car mon partenaire semble être absent depuis un petit moment partenaire trouvée finalement, :cute: 553 mots
Dernière modification par Nina De Almeida le 30 nov. 2025, 23:40, modifié 2 fois.

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Bravoure et audace Grffondor en chasse ! "Red hair, the crown you never take off"

TW Au delà du regard des autres
Lieu : Toilettes abandonnées
Date : Lundi 14 mars 2050
Heure : Après le déjeuner
Avec : @Nina De Almeida
TW : mention de fugue et de suicide, de façon plus ou moins imagée |
C'était dur la vie, parfois. Sonia en avait encore plus pris conscience depuis cette thérapie de groupe, fin février. Finalement, elle ne connaissait pas si bien son amie. Et cette dernière ne la connaissait pas aussi bien non plus. Toutes les deux subissaient la même chose, mais elles ne le savaient pas. Enfin si, Rosaleen l'avait dit devant tout le monde, haut et fort. Alors que la brune, elle, le gardait profondément en elle, ne voulant pas avouer ce qu'elle ne devrait pas penser. Oui, si avant elle voulait trouver un endroit dans lequel où elle se sentirait mieux — acceptée — depuis quelques temps, elle avait pensé à une autre alternative. Personne ne devait être au courant, et personne ne serait au courant. Elle s'en était fait la promesse. La tiendrait-elle ? C'était moins sûr. Néanmoins, elle ferait tout pour s'y tenir.

La pause déjeunée était, à présent, terminée, elle avait encore du temps avant son cours avec Miss Priddy. Qu'allait-elle faire de tout ce temps devant elle ? Aller en salle commune ? Lire un livre à la bibliothèque ? Prendre l'air dans le Parc, en compagnie de Namax, son boursouflet ? Finalement, la deuxième année avait décidé de se diriger au deuxième étage, là où elle pourrait trouver la salle d'études. C'était une alternative comme les autres. Et puis, elle pourrait essayer de terminer ce fichu devoir de potions. Avec un semblant de motivations, la rouge et or déambula dans les couloirs. Soudain, elle entendit un bruit qui la sortit de ses pensées.

S'il fallait préciser la chose, il semblerait que quelqu'un ait besoin d'aide. L'anglaise entendait des cris, des coups donnés dans le mur et... des vomissements ? A la fois prise de panique et inquiète, elle pressa le pas. Les sons se firent de plus en plus forts et persistants. Des pleurs ? Quelqu'un de mal intentionné s'en prenait à un de ses camarades ? Sonia ne laisserait pas passer. Elle savait ce que cela faisait de subir le courroux de personnes méchantes et imbues d'elle-même — c'était la raison pour laquelle elle avait cherché la fuite, puis l'idée d'en finir par un autre moyen — et elle ne laisserait personne subir le même sort.

Avec le courage gagné, la jeune sorcière arpenta les couloirs jusqu'à tomber sur les toilettes abandonnées. Elle connaissait si bien cet endroit. Ce n'était pas la première fois qu'elle y entrait, et sûrement pas la dernière. Les fois précédentes, elle y venait pour pleurer. S'isoler. Rester seule. Loin. Loin du danger de ces personnes qui exprimaient leur mécontentement sur de pauvres personnes innocentes. Il semblerait que l'élève était seul. Il pleurait. Non, elle ? Oui, il s'agissait d'une voix au timbre féminin. Un pincement. Son cœur se serra de plus en plus, à mesure qu'elle pénétrait la pièce. Ce refuge.

A petits pas, elle s'approcha. Elle ne voulait pas effrayer l'élève en détresse. Une cabine était ouverte, mettant à nu la douleur de la jeune sorcière. Sonia l'avait déjà vu en salle commune. Elle ne pouvait que reconnaître cette chevelure rousse. Peu de personnes avaient les cheveux roux, et peu étaient à Gryffondor. Toutefois, son nom lui échappait. Un sanglot pour la jeune fille équivalait à un pincement au cœur pour l'anglaise. Poings serrés, elle s'approcha. Elle s'accroupit et ne dit rien, cherchant les bons moments. Pour elle, un câlin fonctionnait souvent pour apaiser son cœur. Mais pouvait-elle se permettre une telle proximité avec cette fille qu'elle ne connaissait pas ?

« Eh... » dit-elle d'une voix douce. « Qu'est-ce qui s'est passé ? Ne t'en fais pas, je suis là pour t'aider. »

Dos à elle, elle approcha sa main et la pose, tout doucement sur son épaule. Selon la réaction de la jeune fille, elle masserait son épaule, puis caresserait son dos. Au contraire, si sa camarade se recroquevillait sur elle-même, Sonia enlèverait sa main et s'éloignerait pour la laisser respirer. Elle-même savait que parfois, il valait mieux être seul. En tout cas au début. Après, savoir que quelqu'un était présent, ressentir sa chaleur et sa présence, cela aidait grandement.

682 mots
Encore désolée, Nina, j'espère que ça te plaît ! N'hésite pas, si tu veux que je change quelque chose :cute:

#3E0576 | 3A RP | 3A devoir | rédactrice | fanfariste | choriste - soliste en formation | marraine | gérante du Club Théâtre | membre du Fich'tre !


TW Au delà du regard des autres
J’avais du mal à reprendre mes esprits.
Ma tête me faisait un mal de chien à force de pleurer, mes yeux me brûlaient comme si on y avait versé du sel, et le goût acide dans ma bouche me donnait la nausée. Tout mon corps tremblait, chaque muscle, chaque os, chaque battement de cœur semblait crier sa douleur. Et pourtant, je ne voulais rien. Je voulais juste rester là. Là, à même le sol, seule. Qu’on me laisse m’effondrer, qu’on me laisse dépérir, qu’on me laisse disparaître.

Je n’en pouvais plus de ressentir. De souffrir. De devoir sourire quand tout s’écroule à l’intérieur. Je voulais juste… ne plus rien sentir. Ni la peine, ni la peur, ni le vide. Juste… plus rien.

Puis j’entendis des pas. Lents, hésitants. Quelqu’un approchait.
Mon cœur manqua un battement. Une part de moi espérait qu’on me tende la main, qu’on m’arrache à ce gouffre, mais une autre murmurait que c’était trop tard. Que je n’avais plus la force d’être sauvée.

Je m’étais recroquevillée sur moi-même, les genoux serrés contre ma poitrine, les bras autour du corps, comme pour me protéger d’un monde qui ne voulait plus de moi. Quand je sentis la présence tout près, je relevai lentement la tête.
Mes lèvres tremblaient. Mes yeux, rougis par les larmes, ne voyaient plus qu’à moitié à travers le voile de chagrin.

C’était elle. Sonia. Une Gryffondor d’un an mon aînée. Je l’avais déjà croisée dans la salle commune, toujours rayonnante, toujours entourée. Et là, elle se tenait devant moi, les traits tirés, l’air inquiet, comme si elle cherchait à comprendre ce qu’on avait bien pu me faire pour me briser ainsi.

J’aurais voulu lui parler.
Tout lui dire.
Hurler, vider ce trop-plein qui me déchirait la poitrine.
Mais rien ne sortait. Rien d’autre que ce tremblement désespéré sur mes lèvres.

Je la fixais, incapable d’articuler un seul mot. Mon regard la suppliait, silencieusement. De m’aider. De ne pas partir. De juste rester là, encore un peu.
Puis, doucement, elle posa une main sur mon épaule. Ce contact, si léger, me fit l’effet d’une décharge. Ses mots furent tendres, murmurés, emplis d’une douceur que je n’avais plus entendue depuis longtemps : elle me demandait ce qu’il s’était passé.

Mais avant même de pouvoir répondre, ma voix se brisa.
Un sanglot m’échappa, profond, guttural, arraché du plus profond de moi. Et soudain, tout lâcha. Je m’effondrai.

Des larmes brûlantes roulèrent sans fin sur mes joues, inarrêtables, incontrôlables. Mes doigts agrippaient ma robe, comme si je pouvais m’y accrocher pour ne pas me dissoudre complètement. Entre deux pleurs, ma voix étranglée réussit à articuler :

- Je n’en peux plus... Soniaa... snif... j’ai tellement mal... je peux plus... continuer ainsi... aide-moi, je t’en supplie... sauve-moi... je suis tellement seule...

Mes mots se perdirent dans le silence lourd qui suivit, étouffés par mes pleurs. Mon corps secoué de spasmes, mon souffle saccadé, je m’enfonçais encore, plus profondément, dans cette obscurité qui m’appelait.
Je voulais juste qu’on m’entende.
Qu’on me voie.
Qu’on me retienne avant de sombrer pour de bon.

Mais tout ce que je sentais, à cet instant, c’était le froid du sol contre ma peau… et le poids insupportable de ma propre solitude.

___
Et voilà pour moi, désolée du retard, j'ai de la peine pour ma protégée :cry:
@Sonia Ross
535 mots

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Sa main posée sur la frêle épaule de sa cadette sentie à quel point elle se sentait détruite de l'intérieur. Lorsque sa voix grave et rongée par la souffrance se fit entendre, le cœur de Sonia se serra. Aussitôt, elle n'hésita plus à entourer Nina de ses bras et à la serrer fort contre elle. Elle éloigna ses cheveux roux de son visage et la caressait.

« Tu n'es pas seule, je suis là, moi. Okay ? Tu n'es pas seule. »

Elle ne savait pas exactement ce qu'avait fait sa cadette. Au vu de ses mots, peut-être une dispute avec une amie ? C'était plausible, se disputer avec quelqu'un qu'on appréciait beaucoup pouvait faire très mal. On se disait que tout était fini, si même cette personne qui comptait énormément à nos yeux nous avait abandonné.

En berçant Nina dans ses bras, Sonia se rendit compte qu'elle était aussi maigre qu'elle, voire un peu plus. La deuxième année n'était pas une grosse mangeuse, ce n'était pas une nouveauté. Parfois, si elle le pouvait, elle aimerait bien manquer un ou deux repas ; mais ce n'était pas possible, alors elle se forçait à manger un petit peu. Mais là, c'était trop. La première année était tellement mince. Ses épaules étaient si petites et sa taille... C'en était à peine croyable.

Comme elle l'avait avoué lors de la thérapie de groupe, la deuxième année n'était pas bien vue par les enfants de son quartier, notamment Tom. L'anglais aimait l'appelé le zombie, à cause de sa maigreur, de son teint pâle et de ses longs cheveux bruns qui encadraient son visage. Il l'avait comparé, une fois, à un personnage dans un film, mais elle n'avait pas saisi le propos, ne regardant pas la télévision moldue.

La rouge et or revint à la réalité, chassant de son esprit ses mauvais souvenirs et le sourire narquois de Tom. Qu'il aille voir ailleurs si j'y suis ! se dit-elle. Elle se reconcentra sur sa cadette en détresse et se lança à la recherche d'un mouchoir, tout en câlinant Nina. Lorsqu'elle en trouva un propre, elle le tendit et se pencha pour voir son visage, mais ne vit rien d'autre qu'un flot de larmes.

« Eh, ça va aller, d'accord ? Tiens prends ça et sèches tes larmes. » dit-elle d'une voix douce, ne laissant paraître aucune inquiétude.

392 mots
Nina me fait beaucoup de peine, @Nina De Almeida :cry:

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TW Au delà du regard des autres
Quand Sonia me prit dans ses bras, je crus que mes jambes allaient lâcher une seconde fois. On était déjà assises par terre, contre les carreaux froids des toilettes, mais c’est comme si mon corps avait encore trouvé le moyen de s’effondrer davantage. Je me cramponnai à elle comme si ma vie en dépendait, incapable d’arrêter les sanglots qui secouaient ma poitrine. C’était comme si tout ce que j’avais retenu ces derniers jours – la fatigue, la culpabilité, le stress – tout explosait d’un coup. Je ne contrôlais plus rien.

Je sentais ses bras autour de moi, la chaleur rassurante qu’elle essayait de me transmettre… mais ça ne suffisait pas à stopper ce torrent qui me brûlait les yeux. J’avais l’impression d’être minuscule, de disparaître dans mes propres émotions.

Le mouchoir qu’elle me tendit se transforma rapidement en éponge détrempée.

- Je… j’y arrive p-pas… balbutiai-je entre deux hoquets douloureux.

Ma gorge me brûlait tellement que chaque mot était un effort. Je relevai un peu la tête, juste assez pour sentir mes cheveux coller contre mes joues humides. Mes mains tremblaient. J’avais honte, tellement honte de me montrer comme ça. Et pourtant, je ne pouvais plus rien contrôler. Mes doigts s’enfonçaient toujours dans mes bras, ils zebraient ma peau de lignes rouges écarlates. Je sentais mes ongles riper légèrement contre ma peau mais ça ne m’arrêtait pas. C’était comme si serrer fort me donnait l’impression d’être encore là, encore réelle.

- Je suis désolée… j’suis tellement désolée… répétais-je, comme un disque rayé, sans même être sûre de ce dont je m’excusais exactement.

Peut-être d’être un poids. Peut-être d’être ici, à craquer dans les toilettes comme une idiote. Peut-être d’être moi, simplement.

Je me frottai les yeux mais ça n’arrangea rien. Les larmes revenaient aussitôt.

- J’sais pas… j’sais pas ce qui va pas, Sonia… murmurai-je, la voix brisée.
- J’arrête pas de tout garder… j’me dis que ça va passer, que c’est rien… et puis d’un coup ça explose et… et ça fait trop mal…

Je me mordis la lèvre si fort que je crus sentir le goût métallique du sang. Tout tournait dans ma tête, comme si je suffoquais dans un espace pourtant grand ouvert.

Je posai une main contre le mur froid des toilettes, essayant de reprendre un appui, de ramener un minimum de réalité autour de moi. Mais le froid ne calma pas la tempête dans ma poitrine.

- J’avais dit que j’allais bien… mais c’est faux…

Une autre larme roula. Puis une autre. Ça ne s’arrêtait pas.

- J’suis fatiguée, Sonia… vraiment fatiguée. J’dors pas, j’mange presque pas… je… j’arrive plus à respirer des fois. Et aujourd’hui…

Ma voix se brisa. Je dus avaler un sanglot pour continuer.

- Aujourd’hui j’ai… j’ai craqué.

Je fermai les yeux très fort, comme si ça allait empêcher la vague suivante d’arriver.

Je resserrai mes doigts dans le tissu de la robe de Sonia, comme une ancre pour ne pas m’effondrer complètement.

- Ça fait longtemps que je me sens toute seule… même quand je suis entourée. Et je veux pas être un poids. Je veux pas que les gens pensent que je dramatise tout ou que je suis fragile… mais j’en peux plus, Sonia…

Ma voix trembla, plus qu’avant encore.

- J’avais tellement besoin que quelqu’un reste avec moi… juste… juste pour pas me sentir invisible…

Je me recroquevillai davantage dans ses bras, mes jambes repliant presque d’elles-mêmes.

- Merci d’être venue… vraiment… soufflai-je, épuisée.
- Je… je sais pas ce que j’aurais fait si t’avais pas été là…

Mes larmes continuaient de couler, plus silencieuses maintenant, mais toujours aussi douloureuses. Je tremblais encore, mais au fond, être là, contre quelqu’un qui ne me lâchait pas, ça m’empêchait juste de me perdre complètement.

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Un peu dur le post que j'ai du faire, même moi j'avais du mal là. :'(
624 mots
@Sonia Ross

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Sonia fit du mieux qu'elle pouvait. Elle n'était pas sûre de ce que subissait Nina, mais elle comprenait très bien ce qu'elle ressentait. Elle aussi avait subi des choses peu recommandables, elle se disait que la solitude était préférable, si c'était pour devoir supporter des comportements ou des remarques douteux.

Nina s'accrochait à elle, comme si elle était le seul moyen pour elle de se rattraper et de ne pas s'effondrer pour de bon. La deuxième année la serra encore plus fort contre elle. Comme le faisait Ethan. Quand elle pleurait seule en silence, parfois être seul et remettre ses idées en place était une bonne idée. Mais on avait largement dépassé ce stade. Nina en avait-elle parlé à Miss Vermillon ? Sonia avait pris du temps à s'ouvrir à elle, mais c'était quelqu'un de très bon.

Le mouchoir s'évanouissait presque dans l'air, tant il était mouillé. Lui aussi suffoquait à force d'absorber les larmes et la morve. Entendre sa voix enrouée et presque éteinte lui fit mal au cœur. A force de pleurer et de déverser des flots de larmes, la gorge devenait très sèche, mais aussi tellement étroite, qu'il était difficile de déglutir. Sonia connaissait plutôt bien le phénomène. Nina ne devait pas se forcer. En tant qu'aînée, elle devait l'aider. Instinctivement, elle posa sa main sur sa tête et caressa ses cheveux roux.

En écoutant ses lamentations, Sonia eut un haut-le-cœur. Elle qui pensait comprendre sa situation... c'était bien pire. Elle avait vécu et ressenti exactement la même chose. Cette impression d'être trop pour les autres, que ses soucis ne comptaient pas ; qu'il valait mieux pleurer et rester dans son coin ; tout garder pour soi pour ne pas blesser les autres. Mais au final, elle en ressortait encore plus blessée et meurtrie.

« Eh... ne t'excuses pas, d'accord ? Tu n'as rien fait de mal... » dit-elle dans un premier temps. Sonia continuait de serrer sa cadette fort contre elle, comme pour remplacer ce mouchoir vaincu par les larmes, devenant à son tour un tissu capable d'absorber le mal être que ressentait la jeune Nina. « Tu vas peut-être pas me croire mais... Je comprends parfaitement ce que tu ressens... Tu sais, moi aussi je garde beaucoup de choses pour moi... En ce moment même... Moi aussi ça ne va pas fort et quand ça ne va pas fort... Je préfère tout garder pour moi. Même Ethan ne sait pas tout ce que je ressens et pourtant... Parfois, j'me dis que je devrais lui dire, que je lui dois bien ça. Mais les mots ne sortent pas... Alors je pleure dans mon coin, comme toi. Je ne veux pas déranger et je me sens de trop. Je veux être invisible au yeux de tous. Mais tu as réussi à passer au dessus de ça ! Tu vois, tu m'as raconté que ça ne va pas et je sens déjà ton cœur se calmer... Parler, c'est dur, mais tu l'as fait. Et tu peux revenir me voir quand tu veux, tu ne me dérangeras jamais. Jamais, tu m'entends ? Jamais. Tu ne me dérangeras jamais. »

Elle insista sur ces derniers mots, espérant que cela atteigne Nina. Elle avait prononcé son discours d'une voix calme et la plus posée possible, même si ses sentiments étaient confus — après tout, elle venait d'avouer quelque chose d'important pour elle — mais elle voulait garder consistance et avoir un peu cet aspect de grande sœur. D'après elle, Ethan était le frère parfait, l'âme parfaite. Il avait toujours raison et une solution à tout. Malgré ses problèmes, elle voulait être un Ethan pour Nina.

« Je sais que ça fait mal... qu'ici, ça ne va pas. » Elle prit la main de Nina et la posa au niveau de son cœur, puis sa tête. « Je ne te forcerai jamais à me dire quoi que ce soit, ou à me répondre, d'accord ? M-Mais... » Une défaillance. « Qu'est-ce qui te préoccupe ? » Erreur. « Pourquoi tu n'as plus envie de manger, ou ne trouves plus le sommeil. Il y a forcément quelque chose qui te préoccupe. Si je peux t'aider, je ferai n'importe quoi. Si tu veux juste que je te serre plus fort dans mes bras, alors je le ferai sans hésiter. Mais pose-toi ces questions. Si tu peux régler ce problème, fais-le, parce qu'après, ça va s'aggraver et... e-et tu seras encore plus malheureuse... »

739 mots
Je suis sincèrement désolée pour le retard, @Nina De Almeida :sad:

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