S'il vous plaît, dessine-moi un mouton!

vendredi 7 octobre 2050,
dans la soirée

au bord du lac

rp avec @Lou Chaise


Solveig s’était installée au bord du lac, là où l’herbe penchait un peu vers l’eau. Elle portait encore son uniforme de Poufsouffle, un peu froissé après la journée, et par-dessus, son éternel hoodie renard, à capuche . Le jaune de sa cravate dépassait à peine de l’encolure, et ses manches retroussées laissaient voir des traces de graphite sur ses poignets.
Son carnet était ouvert sur les genoux, et elle traçait des lignes sans trop réfléchir, laissant le crayon faire son chemin tout seul. La journée touchait à sa fin, mais elle ne s’en souciait pas vraiment. Tant qu’elle voyait assez clair pour dessiner, elle restait.
Ses chaussures étaient posées à côté d’elle, les orteils enfoncés dans la terre fraîche. De temps en temps, elle relevait la tête, observait un détail — un reflet, une ombre — puis revenait au papier, comme si le reste du monde s’était éteint.
Le crayon crissait doucement. Ce son-là, elle le trouvait apaisant. Il couvrait le reste : les cris d’élèves qui traînaient encore dans la cour, le bruissement des feuilles derrière elle. Tout s’éloignait. Il ne restait que le trait, la texture du papier sous sa main, le petit nœud de concentration qui se formait entre ses sourcils.
Par moments, elle s’interrompait, fixant son dessin d’un air critique. Pas pour le juger vraiment — juste pour vérifier qu’elle n’était pas en train de trahir ce qu’elle voyait. Elle avait cette manie de vouloir que les choses soient justes, pas seulement jolies. Alors elle rectifiait un trait, effaçait une ombre, reprenait. Toujours doucement, sans se déconcentrer.
Le vent s’était levé un peu, juste assez pour faire danser ses mèches rousses.
Ce n’est que lorsque le gris de son crayon lui parut plus sombre qu’elle leva enfin la tête. Le soleil avait glissé derrière les arbres. Le lac paraissait plus dense, plus silencieux. Elle plissa les yeux, ajouta encore quelques hachures rapides pour figer l’instant.
Puis elle resta immobile. Son crayon suspendu au-dessus du papier, le regard perdu quelque part entre le reflet de l’eau et son dessin. Ses doigts étaient tachés de graphite, une trace sur sa joue aussi. Elle ne bougea pas pour l’essuyer.
Un bruit, derrière. Léger, à peine un froissement d’herbes.
Elle ne dit rien, ne se retourna pas, et se remis à dessiner.

environ 380 mots

Couleur :b88d00
La peinture est juste une autre manière de tenir un journal intime...

S'il vous plaît, dessine-moi un mouton!
Avec @Solveig Sinclair
Une dure semaine de cours (la première) venait de s'achever pour Lou. Cette année avait bien commencé. La jeune fille arrivait à s’avancer dans ses devoirs, à ne pas tout laisser pour le dernier moment comme l’année passé. L’apprentissage de ses cours se passait sans trop de difficulté, mais la jeune fille se sentait moins bien que l’année précédente. Elle était trop stressée. Lou avait commencé à se balader près du lac, elle comptait en faire le tour. La Poufsouffle aimait marcher non loin des bois. Elle aimait aussi grimper dans les arbres, car peu de personnes osaient, ça lui permettait d’être seule, enfin pas totalement, car là-haut, il est impossible d’être totalement seule…
La jeune fille marchait dans l’herbe verte du parc de Poudlard. Elle avait envie d’enlever ses chaussures, faire comme cet été ou elle avait pu marcher, courir, grimper, et construire des cabanes dans les arbres avec son frère adoré. Faire comme avant, sans se soucier du regard des autres.

La galloise jeta un coup d’œil à droite, puis à gauche. Le parc était presque désert. Lou délassa ses chaussures, les enleva, et les prix à la main. Ses pieds s’enfonçaient dans l’herbe fraîche. Elle repris sa balade comme si de rien n’était.

Une dizaine de minutes plus tard, elle s’arrêta de marcher. Elle venait d’apercevoir une jeune fille hors du chemin. La fillette tournait le dos à la Poufsouffle. Lou voyait seulement ses cheveux roux qui dansait dans le vent. Ils lui firent se souvenir de la petite galloise, cette jeune fille qu’elle avait observée durant l’été. Elle n’était pas bien haute et s’acharnait à peindre chaque jour le même paysage. Lou regrettait de n’avoir pas eu le courage de lui parler, même pas un “bonjour”.
La Poufsouffle s’approcha très discrètement de la rouquine et l’observa : Elle dessinait... merveilleusement bien ! Ses doigts dansaient tout seul sur le papier et son crayon donnait l’impression d’être vivant, d’obéir au paysage. Les mouvements de la mine sur la feuille l'apaisait. Elle resta une longue minute sans bougé, les yeux rivé sur le papier, telle une plume stoppée dans son élan par le temps. Mais Lou ne pu retenir ses émotions plus longtemps :

Ouah, c’est trop beau ! Comment tu fais ? dit-elle sans décrocher les yeux du carnet.
environ 380 mots

Reducio
Pour l'animation : Moi, le Magicien :
Les mots en gras sont pour le défit :
2 PTS ♦ Placer les mots "souvenir, passé, émotions, apprentissage" dans un même post RP.
Les mots soulignés sont pour le défit :
2 PTS ♦ Décrire dans un RP ce qui apaise votre personnage.

"Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin !" #Pouffyfamily • Jamais bien loin ! promo 49/50 2A rp #791a3d

S'il vous plaît, dessine-moi un mouton!
Ouah, c’est trop beau ! Comment tu fais ?

Solveig sursauta violemment, son crayon manquant de riper sur la feuille. Son cœur fit un bond dans sa poitrine — elle n’avait pas entendu venir la personne a qui appartenait la voix.
Elle tourna lentement la tête, et ses yeux verts croisèrent ceux de l’autre fille., une Poufsouffle, de par son uniforme. Une seconde, elle resta muette, figée, la bouche entrouverte. Puis elle rit, d’un petit rire nerveux.
Ah… je… je ne t’avais pas entendue venir.
Elle referma légèrement son carnet, pas par gêne, mais par réflexe. Comme pour protéger ce qu’elle dessinait. Et pourtant, le compliment la toucha visiblement : son visage s’adoucit, un mince sourire vint effacer la surprise.
Solveig mordilla le coin de sa lèvre, cherchant ses mots.
C’est pas… pas si compliqué que ça, tu sais. Enfin, un peu, mais… pas tant que ça.
Elle replaça le carnet sur ses genoux, le rouvrit à demi. Son index, tâché de graphite, suivit le contour du paysage tracé : les rives, les arbres, le jeu de lumière sur l’eau.
D’abord, j’observe un peu. Enfin, longtemps, en fait. Je regarde où la lumière tombe, ce qu’elle touche, ce qu’elle cache. C’est toujours une histoire de lumière. Sans elle, on ne voit rien. Sans ombre, non plus.
Elle s’interrompit, chercha une gomme qu’elle ne trouva pas et tourna la page .
Je trace d’abord les formes les plus grandes. Les détails, c’est à la fin. Si tu commences par les petites choses, tout devient bancal. Il faut d’abord… poser les bases.
Ses gestes étaient de nouveau précis. On sentait que, petit à petit, la gêne s’effaçait sous l’habitude. Quand elle parlait dessin, Solveig oubliait d’avoir peur. Sa voix prenait un ton plus assuré, malgré la timidité.
Et après, je joue avec la pression. Regarde.
Elle fit glisser son crayon sur la page, d’abord légèrement, puis de plus en plus épais.
Si tu appuies trop, ça devient trop rigide. Faut laisser le crayon respirer, tracer tout doucement les lignes. Tu commence doucement et ensuite tu fonce. C’est plus simple de rattraper du clair et d’y mettre du foncé que le contraire.
Un nouveau sourire. L’ombre d’un rire.
Et parfois… bah je rate. Souvent, même. Alors j’efface, ou je recommence ailleurs. Parfois je laisse la trace. Ça donne un certain charme au dessin, tu vois ?
Elle s’arrêta, son regard flottant sur le papier. On aurait dit qu’elle hésitait à ajouter quelque chose. Puis elle releva les yeux vers la fille, cette fois sans rougir.
En vrai, faut juste aimer regarder. C’est ça, le secret. Pas le talent, pas la technique… juste le regard, et l’imagination. L’idéal c’est de regarder, et réfléchir a comment on voudrait montrer aux autres ce qu’on a vu. Et pourquoi on aimerait le montrer. Si tu t’y tiens, alors ton dessin finira toujours par ressembler a quelque chose, mais surtout, a te ressembler.
Solveig baissa à nouveau les yeux, traçant une dernière ligne pour ajuster une ombre.
Le vent fit voler une mèche de ses cheveux, qu’elle repoussa du bout des doigts.
Puis, sans lever la tête, elle ajouta doucement :
Tu veux que je te montre ? Que voudrais-tu dessiner ?

@Lou Chaise

Couleur :b88d00
La peinture est juste une autre manière de tenir un journal intime...

S'il vous plaît, dessine-moi un mouton!
Lou regardait le croquis de la fillette par dessus son épaule. Celle-ci tourna la tête et dévisagea Lou d'une mine surprise :

- Ah… je… je ne t’avais pas entendue venir.

La Poufsouffle ne fut pas surprise par la réaction de sa camarade. A force d'avoir passé ses précédentes années à observer les animaux, la jeune fille avait développer une démarche discrète. Elle répondit à sa benjamine :

- Désolé, je ne voulais pas t'effrayer.

La rouquine referma à demi son carnet de dessin. Lou recula alors d'un demi pas.
Elle s'était approcher et avait jugé l'œuvre qui se tenait devant elle sans trop prêter attention à la personne qui portait le carnet. La Poufsouffle s'apprêtait à s'excuser encore une fois quand la rouquine dit :

- C’est pas… pas si compliqué que ça, tu sais. Enfin, un peu, mais… pas tant que ça.
- Ah... dit Lou, contente que la fillette ose engager une conversation.

La rouquine rouvrit son carnet et commença à lui expliquer :

- D’abord, j’observe un peu. Enfin, longtemps, en fait. Je regarde où la lumière tombe, ce qu’elle touche, ce qu’elle cache. C’est toujours une histoire de lumière. Sans elle, on ne voit rien. Sans ombre, non plus.

Lou releva la tête et admira le paysage : les arbres faisaient de l'ombre sur le lac et le soleil éclairait une grande partie de l'eau.
Lou reporta son attention sur ce que lui expliquait la jeune fille. Entre temps, celle-ci avait changé de page :

- Je trace d’abord les formes les plus grandes. Les détails, c’est à la fin. Si tu commences par les petites choses, tout devient bancal. Il faut d’abord… poser les bases.
- Des grandes formes, répéta Lou.
- Et après, je joue avec la pression. Regarde.

La Poufsouffle se mise à déplacer son crayon plus furtivement de gauche à droite fonçant des parties de son dessin :

- Si tu appuies trop, ça devient trop rigide. Faut laisser le crayon respirer, tracer tout doucement les lignes. Tu commence doucement et ensuite tu fonce. C’est plus simple de rattraper du clair et d’y mettre du foncé que le contraire.
- Ne pas trop appuyer, dit Lou comme si elle prenait des notes.
- Et parfois… bah je rate. Souvent, même. Alors j’efface, ou je recommence ailleurs. Parfois je laisse la trace. Ça donne un certain charme au dessin, tu vois ?
- Oui. C'est comme si tu montrais aux autres ton échec recouvert par la réussite.

La rouquine s'interrompit, se retourna, et dit à Lou :

- En vrai, faut juste aimer regarder. C’est ça, le secret. Pas le talent, pas la technique… juste le regard, et l’imagination. L’idéal c’est de regarder, et réfléchir a comment on voudrait montrer aux autres ce qu’on a vu. Et pourquoi on aimerait le montrer. Si tu t’y tiens, alors ton dessin finira toujours par ressembler a quelque chose, mais surtout, a te ressembler.

Cette fois ci, Lou ne dit rien. Elle venait d'apercevoir - sur cette jeune fille - la magie du dessin. Elle venait de lui parler par passion et avait fait disparaitre sa timidité en quelque coup de crayon :

- Tu veux que je te montre ? Que voudrais-tu dessiner ?

La Poufsouffle ne savait pas quoi répondre. Devant elle se trouvait un lac, des collines, des arbres...elle pouvait même apercevoir des oiseaux cachés entre leurs branches.
Lou fit un tour sur elle même mais ne le termina pas. Devant elle, se trouvait Poudlard...

- Tu crois que se serais possible de dessiner le château ?

La jeune fille, qui tournait toujours le dos à sa benjamine, acheva son tour sur elle même, puis - réalisant qu'elle ne connaissait pas le nom de celle qui était devenue sa dessinatrice préférée - elle dit :

- Au fait, tu t'appelles comment ?

Puis, voulant faire comme les grandes personnes, la jeune fille lui tendit la main.
Lou se rendit alors compte qu'elle portait toujours ses chaussures qu'elle avait décidé d'enlever un peu plus tôt :

- Oups... dit la jeune fille à qui le visage était devenue rouge de honte.
Ce que je peux être mal adroite des fois...

Lou se pencha, posa ses chaussures au sol, et retendit sa main à la jeune fille :

- Je m'appelle Lou !
@Solveig Sinclair
487 mots

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