9 oct. 2025, 20:39
Les roues de l'autobus tournent, tournent
18 Septembre 2050


T’sais ce qu’il manque au monde sorcier ? Des transports en commun. Je sais, il y a le Magicobus, ça n’a rien à voir. C’est trop… sorcier. Et ça va trop vite. Ouais, c’est moi qui dit ça. Mais les bus moldus, t’as bien le temps de profiter. Tu t’installes sur un siège, tu regardes la ville défiler, parfois tu te lèves pour laisser une vieille s’asseoir. Ce que je préfère, c’est quand c’est plein à craquer. Là, c’est jackpot. Tu t’installes pas, tu restes debout, et tu laisses tes mains te balader d’une poche à une autre. Je me suis fait pas mal de pognon, comme ça ! Une fois, j’ai réussi à choper une montre. Une vraie, hein. Pas la daube en plastique. Parfois, ce sont des chewing-gums, mais ça fait le taf quand j’oublie de me brosser les dents. Ah, des paquets de clope aussi ! Bordel quand je tombe sur un paquet de clope, qu’est-ce que je suis content ! Sauf quand ce sont des menthols, là… une fois, j’en avais chopé une. Je l’ai mis dans la poche d’un gamin qui rentrait de l’école. Ça m’a refait ma soirée. J’ai imaginé la gueule de ses parents et… bref, j’aime bien prendre le bus.

Debout dans l’allée, bien accroché à la barre de maintient au dessus de ma tête, je souris comme un débile en sentant mon corps osciller de droite à gauche. Il n’y a pas grand monde aujourd’hui, enfin pas de quoi se coller à quelqu’un pour lui choper facilement son porte-monnaie, quoi. Alors je profite juste du paysage. J’ai des courses à faire. Je sais plus ce que je dois acheter, d’ailleurs…
Je glisse ma main libre dans la poche de mon jean troué et tire la liste sur Jude m’a fourré dans la main avant de me virer de l’appart. Je déplie le papier avec deux doigts. Du pain de mie, du chocolat, des cacahuètes, et…. Je lève le mot jusqu’à sous mes yeux. Qu’est-ce qu’elle écrit mal… bah, ça devait pas être important.

Je me penche sur le côté quand j’aperçois une jolie petite moldue qui attend pour traverser le passage piéton. Salut, toi… Qu’est-ce que j’aime les rouquines. Je sais pas pourquoi. Ça a toujours été comme ça. Eh, on a chacun nos préférences, non ?
Je me penche un peu plus au dessus du siège, je sens l’air sur mon ventre qui se découvre a cause de ma position mais… rien à faire, j’ai vraiment, mais alors vraiment pas envie de louper le moment où la miss se mettra en marche pour traverser. Petit tailleur, jupe crayon… ça, ça bosse dans les bureaux. Je suis sûr qu’elle a des lunettes de vue qui lui vont très bien… ah… Pas une fille pour Lloyd, c’est clair.
Je ricane et me replace bien droit. Ça dure qu’une seconde avant que je me soulève pour voir si j’arrive à tenir plus de cinq secondes… et le crac que je sens dans mes doigts mz fait dire que la barre, elle… elle tiendra pas autant de temps. Maiiiis… oh c’est tentant, quand même. Allez. Une… deux… trois…


Bon courage avec ce charmant jeune homme, @Fabio Dermott !
524 mots

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

15 oct. 2025, 17:59
Les roues de l'autobus tournent, tournent
Le bus démarra et Fabio regretta amèrement de ne pas avoir pris de taxi : s'il ne s'était pas agrippé in extremis à la barre en métal à côté de lui, il aurait fini assis – et certainement pas sur l'un des sièges encore libres de cet écarlate monstre métallique sur roues à bord duquel il avait eu le malheur de monter. Pourtant, le sorcier ne se débrouillait généralement pas trop mal dans le monde moldu. Certes, nombreuses étaient les références qui lui échappaient, tout comme un certain – disons-le – considérable lot de technologies le dépassaient tout à fait. Mais Fabio avait, au fil des années, développé un certain nombre de stratégies de survie qui lui permettaient de naviguer parmi les moldus sans risquer d'alerter le Secrétariat en charge du secret magique.

Par exemple : Fabio aimait imaginer les villes moldues comme un vaste décor dans lequel lui, comédien improvisé, avait pour tâche d'évoluer avec une convaincante désinvolture. Or, il avait vite compris qu'en somme, deux choix s'offraient à lui. S'il tentait de jouer un moldu trop moldu, ses lacunes le trahiraient aussitôt et le feraient passer pour un idiot – et inutile de préciser que renvoyer une image ridicule et maladroite ne l'enchantait guère. Alternativement, il pouvait cultiver une légère distance qui lui conférait alors un certain charme plein d'assurance – un rôle qu'il incarnait à vrai dire plutôt naturellement (du moins était-ce ce que Fabio et son égo aimaient penser, on laissera le soin aux moldus de ce monde d'en juger). Si l'extravagance pouvait s'avérer délicate dans de petits villages reculés, Londres était plus clémente. Non, Londres lui semblait presque parfois précisément friande de ces figures à l'allure mystérieuse et décalée telle que la sienne, pour offrir à ses rues colorées, animées et bruyantes un supplément d'originalité dont elle semblait se nourrir avec reconnaissance.

Et tous les quelques mois, Londres pouvait ajouter Fabio Dermott à son répertoire de curiosités ambulantes. Homme de culture qu'il était, le directeur aimait se laisser inspirer par ce que la capitale avait à proposer ; théâtre, expositions, concerts, ballets – tout y passait. Quand ce n'était pas l'art qui l'y attirait, c'était peut-être l'une des deux occasions dans l'année – d'une importance strictement primordiale et à n'absolument pas rater – à laquelle il venait refaire ses stocks de thé dans une petite boutique étroite qui se pressait entre deux bâtiments plus grands du quartier de Bloomsbury. Comme aujourd'hui.

Ainsi, à défaut d'avoir pu trouver un confortable taxi à la gare, Fabio se redressa dans ce fameux bus avec toute la dignité que permettait la situation. Sans trop tanguer, il avança en direction d'un siège vide tout en veillant à contourner avec soin le ventre dénudé d'un homme suspendu de façon quelque peu flasque à la barre de maintien. Malgré lui, l'image d'un ver de terre gigotant au bout d'une canne à pêche se matérialisa dans son esprit. Fabio prit place. Il glissa un regard au visage de l'homme et songea – tout en ressentant une étrange impression de déjà vu – qu'il n'était visiblement pas le seul à manquer de tenue. À ceci prêt qu'îl était à présent à l'abri des virages et accélération inattendues. Mais pouvoir profiter des rues qui défilaient, tranquillement adossé à son siège, aurait été bien trop beau. Il suffit qu'un craquement lui fasse tourner la tête pour qu'il constate – sans réellement être surpris – que le passager au jeans déchiré était à l'origine de ce bruitage inquiétant. Si même les moldus ne savaient pas prendre leurs transports correctement… Avec un soupir, Fabio sortit son porte-monnaie pour y glisser le ticket qu'il avait acheté (non sans peine face à un écran qui refusait de réagir correctement sous ses doigts), faisant au passage tombe une pièce qui roula jusqu'à s'immobiliser… pile sous les pieds de cet héroïque sportif des transports communs. Spontanément, il l'interpella.

Excusez-moi, ça vous dérangerait d'attraper la pièce ? Elle est juste-là.

Il la désigna et lui servit un sourire poli. Hors de question de s'aventurer lui-même dans l'inquiétante région à craquements ! Et si cela pouvait le faire descendre de la barre pour ainsi éviter que tout le bus ne s'effondre sur leurs tête dans des étincelles et une grande explosion de ferraille, Fabio n'en serait que plus heureux.

charmant… ah oui, c'est le mot :roll:

Fab’ulous
#583400

23 oct. 2025, 20:40
Les roues de l'autobus tournent, tournent
Eh, franchement ! Franchement. J’assure. Les tractions, c’est super pour tout le haut du corps. Ça te fait les bras, le dos et les abdos. Si j’étais pas aussi grand, j’installerai des bars à l’appart. Mais la génétique a voulu que je sois hypée grand et hyper massif. Comme un gros félin. Genre un jaguar !

Je baisse les yeux sur un type qui s’adresse à moi, je crois. Je le regarde longuement, cherchant à comprendre ce qu’il me veut. Attraper la pièce… Je suis le chemin de son poing qui mène jusqu’à sous mes pieds.
Eh ben… fin des tractions pour Lloyd.
Je retombe sur mes papattes, et manque de me casser la gueule, évidemment. Je m’accroche aux sièges, et tend un sourire à la vieille dame qui me regardait faire mes tractions. J’espère qu’elle a bien profiter de la vue, c’est pas son mari qui lui donnera ce genre de spectacle ! Mais c’est ça, Lloyd. Le plaisir d’offrir, la joie de recevoir !

« Je te ramasse ça. »

Je m’accroupis d’un coup, chope la pièce entre mon index et mon pouce, je galère, évidemment… mais j’y arrive. Une main accrochée au siège, je me redresse d’un bond.

« Ça tangue, hein ? » je lui lance en lui tendant sa pièce dans un sourire. « Londres en bus, c’est une vraie galère. » J’allais continuer, lui parler des embouteillages où, parfois, le bus pile d’un coup et que ça m’est déjà arrivé de valdinguer trois mètres plus loin, que j’ai marché sur un chien un coup comme ça dans l’allée. Pas un gros chien, non, pire : un petit truc tout moche, là ! Ceux avec les yeux globuleux ! Les… je sais plus, mais c’est hyper moche.
Je lui dis pas tout ça, parce que ses yeux attrapent toute mon attention déjà pas bien fidèle. C’est marrant, j’ai vraiment un air de déjà vu. Les miens se plissent, les doigts tendus vers lui avec sa pièce, mon joli kelpie tatoué bien exposé sur tout mon . Je l'aime ce tatouage, bordel. C'est pas pour rien que je passe ma vie en débardeur ou en t-shirt. Ça, et aussi parce que j'ai toujours chaud. Non mais vu le prix qu'il m'a coûté, faut que je le montre, t'as capté. Et puis... c'est une pure beauté.
Ah, oui, oui, l'autre.

«… J’te connais, toi… » C’est plus une réflexion personnelle qu’un vrai échange. J’en ai besoin, le temps de me remémorer son visage. C’est toujours un bordel. J’arrive jamais à me souvenir des gens. Faut vraiment qu’ils me marquent, ou qu’ils aient un truc qui fait tilt, tu vois ? Lui… je sais pas, je suis sur que j’ai déjà vu ses yeux quelque part.

458 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin

28 oct. 2025, 20:41
Les roues de l'autobus tournent, tournent
Non sans une certaine satisfaction, Fabio vit l'homme lâcher la barre pour plonger après sa pièce. Mais il n'était pas seulement soulagé de voir que le bus était sauvé de l'effondrement de sa structure. Car lorsqu'il le vit en action, tanguant, s'accrochant à des dossiers de sièges pour tenter de maintenir l'équilibre et de ne pas tomber, l'Egyptien songea qu'il n'aurait vraiment pas aimé être à sa place – celle du ridicule – et se félicita de lui avoir délégué la désagréable tâche. Égoïstement, oui : c'était une question d'égo. De toute façon, l'autre n'avait pas l'air spécialement dérangé par les secousses, alors sa conscience restait relativement tranquille.

C'est plus simple si vous vous asseyez, répondit-il simplement avant de tendre la main afin de récupérer la pièce. Je vous remercie, ponctua-t-il la séquence avec un sourire reconnaissant.

Son regard tomba sur le bras de l'autre passager et resta accroché à l'étonnant tatouage qui recouvrait sa peau. Il plissa légèrement les yeux, regarda encore un peu mieux. Et à l'instant où la réalisation – un kelpie ! – se matérialisa dans son esprit, l'homme formula à voix la réponse à toutes les questions. Il releva les yeux sur son vis-à-vis.

Possible…

Voilà qui expliquait tout. Cet homme était un sorcier et c'était logiquement cela la raison pour laquelle il ne s'avait pas se tenir comme il faut dans un bus moldu. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à se rappeler où il avait bien pu le croiser… Fabio passa rapidement les options en revue. À vrai dire, à le voir ainsi, ils n'avaient pas réellement l'air de fréquenter les mêmes endroits. Hormis peut-être… – et tout à coup, ça lui revint : l'Allée. Cet homme était l'un des nouveaux responsables de la Fausse Danse. Voilà, c'était ça. Qu'était-ce donc satisfaisant d'avoir la solution ! Mais ce qui serait encore plus satisfaisant, ce serait de savoir qu'il avait suffisamment marqué l'autre pour qu'il se souvienne de lui. C'était quelque chose dont il n'arrivait pas à se défaire, Fabio, qu'il traînait avec lui depuis sa jeune adolescence : ce besoin absolument primordial de marquer les esprits. Et même face à ce sorcier au jeans troué qui ne savait pas se tenir, il lui parut nécessaire d'en avoir la confirmation. Alors il ne dit rien, se contentant de demander innocemment :

À quoi pensez-vous ?

Fab’ulous
#583400

3 nov. 2025, 13:52
Les roues de l'autobus tournent, tournent
M’asseoir qu’il dit ? Je ricane en secouant la tête de droite à gauche. Il m’a pas jamais vu obligé de rester les fesses vissés quelque part, lui. Je supporte pas ça. J’ai besoin de bouger, d’étirer mes longues pattes, de regarder partout, de causer avec les gens. Sinon je me trémousse dans mon siège, je balance mes coudes dans le dossier devant moi, je me tortille pour regarder autour de moi… Alors non, mon gars. Je vais pas m’asseoir.

Lui, que je regarde de plus en plus en détail, je sais qu’il est pas du genre à rester debout dans un bus en marche. Ça se voit. Il a même pas la tronche à prendre le bus, ou un autre moyen de transport autre que le taxi. Rah mais ces yeux, sérieux… J’te jure, ils me disent vraiment quelque chose. Je l’ai déjà vu, c’est sûr.
Je le vois qui regarde mon kelpie, j’ai les muscles qui se contractent direct pour qu’il capte toutes les nuances. Eh, un morceau pareil, ça s’observe en détail. J’ai pas passé six heures à mordre un siège en cuir pour pas me la péter avec, t’as capté ? Je suis pas douillet, hein. Quand t’es douillet, tu fais pas du combat clandestin pour t’amuser. Mais le tatouage, c’est pas pareil. C’est de la douleur en discontinue. Et le pire ? C’est qu’il faut pas bouger. Et moi, ben… Ce tatouage, en fait, c’est la preuve que je suis capable de me tenir tranquille, en fait ! Tain j’avais jamais réalisé. Je suis capable de rester tranquille ! Faut que j’en parle à Jude, on verra ce qu’elle aura à redire. Gneugneugneu tu bouges tout le temps… eh ben dans tes dents ! Elle, elle gère bien la douleur. Elle est tatouée des pieds à la tête, et quand elle passe en refaire un, elle tape la discute avec sa tatoueuse. T’y crois, ça ? J’ai jamais capté comment elle arrive à faire ça. A chaque fois que je l’ai accompagné, elle a jamais crié, jamais gémit, rien ! Une putain de force de la nature, la meuf. Même quand elle s’est faite tatouée la gorge ! Bon, là, j’avoue… elle parlait pas. Non, ben non : elle lisait un foutu bouquin en lévitation au dessus d’elle ! Je te jure, je comprends pas.

Je renifle un coup en baissant les yeux sur le type devant moi. Parce qu’il est toujours là, déjà, et parce qu’il a l’air de chercher lui aussi où on a pu se voir. A quoi je pense ? A plein de truc, actuellement. A ce foutu eye liner qui lui va trop bien, à moi qui ai déjà…

« Ah bordel mais ouais ! » je m’écris, les yeux s’arrondissant d’un coup. « La Fausse Danse ! Rah j’le savais ! Ton eye liner ! Tes cheveux trop soyeux là ! Eh, j’ai essayé l’amande dans les cheveux ! » Je glisse une main dans mes cheveux, je les secoue dans un grand sourire. « Eh, pas mal, hein ? Rah la vache, ça fait bizarre de croiser un autre… » Le mot sorcier s’étrangle dans ma gorge et me donne, je le sais, un air débile, comme à deux doigts de gerber. «… pote. »

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin