Ce détail qui déborde
Les émotions forment une boule compacte dans ma gorge. Même mes poings serrés ne peuvent pas diminuer la douleur de ces choses coincées à l'intérieur de moi. Mes pensées sont du poison et elles coulent jusque dans mes veines pour envenimer mon cœur. Déçue. Déçue. Déçue. Le mot tourne en boucle. Mais ce n'est pas la voix de Willis qui le prononce, c'est la mienne et elle ne veut pas se taire. Elle ne veut jamais se taire, cela fait des mois qu'elle refuse de se taire, cette voix que je déteste. Je me trouve idiote d'avoir cru que Willis pouvait être sincère, qu'elle avait pu un jour penser ce qu'elle m'a écrit dans ses courriers. Même si j'ai toujours douté de sa sincérité, elle m'a tellement répété les choses que j'ai commencé à me dire qu'elles étaient peut-être vraies, mais ce qu'elle vient d'affirmer là, la vitesse avec laquelle elle a changé d'avis, cela montre bien que tout ce qu'elle a dit avant ce jour n'était que mensonge, n'est-ce pas ? Je ne sais pas, je ne sais plus, tout est embrouillé dans ma tête et surtout je me sens mal. J'en ai assez de me sentir mal. Alors je vais partir, partir et oublier tout cela. Je n'ai pas d'énergie à mettre là-dedans. Je m'épuise déjà trop au quotidien avec Kristen pour me fatiguer avec ça.
Au moment où je passe près d'elle pour m'éloigner, elle reprend la parole. Je m'immobilise et tourne mon visage crispé vers elle. Elle est si proche désormais que je vois les nuances dans la couleur de ses yeux. Si je le désirais, je pourrais lui faire très mal. La pousser, la frapper, lui faire payer. Je serre les poings plus fort, crispe les mâchoires. Elle ne mérite certainement pas toute cette colère. Elle ne mérite pas que je la ressente pour elle. Mais je n'arrive pas à m'en débarrasser, c'est plus fort que moi.
Il a fallut que nous en arrivions là pour qu'elle avoue ce que je sais déjà depuis le début ? Je lui lance un regard atterré avant de me reculer d'un pas pour que nous retrouvions toutes les deux notre espace. Elle dit des paroles que je n'écoute qu'à moitié. Je ne me sens pas concernée par son « mais j'm'en fous pas de ceux qui comptent vraiment pour moi ». Elle mélange tout, je ne sais pas ce que j'ai réveillé en elle, mais elle mélange tout, je ne comprends même pas la raison de l'existence de cette phrase qui ne me concerne en rien.
Son éclat force mes yeux que j'avais détourné vers le fond de la libraire à revenir sur elle. Brille dans son regard quelque chose que je ne comprends pas. Elle parle de respect, d'estime... Fait-elle référence à moi ? Aimerait-elle que je l'estime, pense-t-elle mériter mon respect ? Qu'a-t-elle fait pour le mériter ? Nous ne nous connaissons qu'à peine. Forte de ce constat, je me persuade que ce n'est pas réellement de moi dont elle parle, qu'elle mélange encore tout. Sauf que sa dernière phrase tombe et qu'elle est tellement étonnante qu'elle éteint tout dans ma tête, brutalement.
Je ne décrispe pas les traits, mais à l'intérieur c'est un grand blanc. Je cligne des yeux. J'ai de l'importance pour elle ? Au regard de cet aveu, je comprends soudainement mieux tout ce qu'elle a dit avant. Elle ne se fiche pas de mon regard à moi pour des raisons qu'elle a clairement énoncées. Et elle a envie que je l'estime et la respecte pour les mêmes raisons. Si tout cela était vrai, ce serait des raisons valables, compréhensibles. Sauf que... Je n'arrive pas à y croire. Pourquoi serais-je importante pour elle ? Je la vexe à chaque fois que nous nous voyons, c'est à peine si je réponds à ses courriers, nous sommes totalement opposées, moi avec mes ambitions elle avec son enfant. Pourquoi serais-je importante pour elle ? À quel moment cela a-t-il le moindre foutu sens ?
Les secondes passent et je n'ai pas bougé. Je suis toujours plantée à quelques pas d'elle, mes yeux fouillant les siens à la recherche d'un mensonge. Mes poings se sont desserrés. La colère et la douleur sont encore là, latente, au fond de moi, mais une question plus importante a pris sa place. Il me faut quelques secondes encore pour réussir à arracher mon regard d'elle et à me concentrer sur ma respiration pour réussir à calmer les battements effrénés de mon cœur. Je laisse mes yeux se perdre sur les rayonnages le temps de mettre de l'ordre dans mes pensées, avant de les diriger vers elle :
« Mais pourquoi ? »
J'ai les mâchoires serrés et le regard noir, mais ma voix est un souffle qui ne reflète que ma profonde et sincère perplexité, ainsi que l'immensité de mes doutes. Pourquoi, Willis ? Pourquoi moi ? Pourquoi ? Il n'y a aucune explication valable. Aucune cohérence. Aucune raison. Alors pourquoi ? Où sont les preuves ? Sur quoi puis-je me baser pour considérer que tu n'es pas en train de me mentir et de te mentir ?
Au moment où je passe près d'elle pour m'éloigner, elle reprend la parole. Je m'immobilise et tourne mon visage crispé vers elle. Elle est si proche désormais que je vois les nuances dans la couleur de ses yeux. Si je le désirais, je pourrais lui faire très mal. La pousser, la frapper, lui faire payer. Je serre les poings plus fort, crispe les mâchoires. Elle ne mérite certainement pas toute cette colère. Elle ne mérite pas que je la ressente pour elle. Mais je n'arrive pas à m'en débarrasser, c'est plus fort que moi.
Il a fallut que nous en arrivions là pour qu'elle avoue ce que je sais déjà depuis le début ? Je lui lance un regard atterré avant de me reculer d'un pas pour que nous retrouvions toutes les deux notre espace. Elle dit des paroles que je n'écoute qu'à moitié. Je ne me sens pas concernée par son « mais j'm'en fous pas de ceux qui comptent vraiment pour moi ». Elle mélange tout, je ne sais pas ce que j'ai réveillé en elle, mais elle mélange tout, je ne comprends même pas la raison de l'existence de cette phrase qui ne me concerne en rien.
Son éclat force mes yeux que j'avais détourné vers le fond de la libraire à revenir sur elle. Brille dans son regard quelque chose que je ne comprends pas. Elle parle de respect, d'estime... Fait-elle référence à moi ? Aimerait-elle que je l'estime, pense-t-elle mériter mon respect ? Qu'a-t-elle fait pour le mériter ? Nous ne nous connaissons qu'à peine. Forte de ce constat, je me persuade que ce n'est pas réellement de moi dont elle parle, qu'elle mélange encore tout. Sauf que sa dernière phrase tombe et qu'elle est tellement étonnante qu'elle éteint tout dans ma tête, brutalement.
Je ne décrispe pas les traits, mais à l'intérieur c'est un grand blanc. Je cligne des yeux. J'ai de l'importance pour elle ? Au regard de cet aveu, je comprends soudainement mieux tout ce qu'elle a dit avant. Elle ne se fiche pas de mon regard à moi pour des raisons qu'elle a clairement énoncées. Et elle a envie que je l'estime et la respecte pour les mêmes raisons. Si tout cela était vrai, ce serait des raisons valables, compréhensibles. Sauf que... Je n'arrive pas à y croire. Pourquoi serais-je importante pour elle ? Je la vexe à chaque fois que nous nous voyons, c'est à peine si je réponds à ses courriers, nous sommes totalement opposées, moi avec mes ambitions elle avec son enfant. Pourquoi serais-je importante pour elle ? À quel moment cela a-t-il le moindre foutu sens ?
Les secondes passent et je n'ai pas bougé. Je suis toujours plantée à quelques pas d'elle, mes yeux fouillant les siens à la recherche d'un mensonge. Mes poings se sont desserrés. La colère et la douleur sont encore là, latente, au fond de moi, mais une question plus importante a pris sa place. Il me faut quelques secondes encore pour réussir à arracher mon regard d'elle et à me concentrer sur ma respiration pour réussir à calmer les battements effrénés de mon cœur. Je laisse mes yeux se perdre sur les rayonnages le temps de mettre de l'ordre dans mes pensées, avant de les diriger vers elle :
« Mais pourquoi ? »
J'ai les mâchoires serrés et le regard noir, mais ma voix est un souffle qui ne reflète que ma profonde et sincère perplexité, ainsi que l'immensité de mes doutes. Pourquoi, Willis ? Pourquoi moi ? Pourquoi ? Il n'y a aucune explication valable. Aucune cohérence. Aucune raison. Alors pourquoi ? Où sont les preuves ? Sur quoi puis-je me baser pour considérer que tu n'es pas en train de me mentir et de te mentir ?
Ce détail qui déborde
Ses mots s'étaient enfuis bien plus loin qu'elle ne l'aurait voulu, et la jeune fille retenait maintenant son souffle en observant Aelle. À cet instant, ses émotions ambivalentes la faisait osciller entre la fierté d'avoir enfin sorti sa vérité sans filtre, et la panique de voir ce que celle-ci aller lui offrir maintenant qu'elle se trouvait à l'extérieur, soustrait de la protection rassurante de ses pensées. Bien sûr qu'il y avait autre chose derrière cette discussion, derrière cette façon de réagir à chaud, bien sûr que la question importante qu'elle devrait lui poser d'ici peu y était pour beaucoup dans son élan de sincérité du jour, mais peu importe, c'était dit maintenant.
Son corps raidit de stress ne lui appartenait presque plus, comme si ce qu'elle venait de dire à son ancienne camarade avait transformé en une fraction de seconde son apparence. Elle n'habitait plus vraiment celui de la petite fille pleurnicharde, ni celui de la camarade de classe facilement détestable, mais juste celui de la future mère qui assumait ce qu'elle pensait. Enfin... assumer, assumer... elle n'était pas encore tout à fait sur d'avoir fait le bon choix en parlant, Aelle n'avait pas l'air de vouloir lui offrir de réponse, et son départ n'allait sûrement plus tarder maintenant à cause de ça.
Les secondes de silences étaient longues, beaucoup trop longues pour Éli. Le regard puissant et sans coupure de son ainée lui brûlait la rétine, et pourtant elle ne ciller pas. Elle n'avait pas l'intention de détourner les yeux, mais l'occasion ne se présenta même pas puisqu'Aelle le fit à sa place. Depuis quand ne supportait-elle plus les regards trop prolongés ? Depuis quand éli avait-elle l'ascendant sur ce genre de duels d'intensité ? Même si une certaine tension se lisait en elle, l'aînée était clairement en train d'observer son environnement comme si rien n'avait été dit, comme si elle ne lui "devait" aucun commentaire en réponse. Définitivement le comportement d'Aelle paraisait très diffèrent de celui que la Poufsouffle lui connaissait, et ça en devenait presque inquiétant. Même si dans un sens, la rupture du contact visuel allégeait un peu la pression chez éli, une fois de plus cette façon de lâcher que venait d'avoir son ex camarade, raviver à nouveau la frustration, et la déception de la plus jeune. Allait-elle vraiment la laisser là, sans rien ajouter d'autres ? Allait-elle vraiment....
...Et puis soudain, les yeux noirs et puissants de vérité d'Aelle vinrent de nouveau se fixer dans les siens, juste accompagnés de deux mots.
Mais pourquoi ?
Pourquoi tu es importante pour moi ? Sérieusement ? Tu veux vraiment savoir, ou est ce que c'est une technique pour me déstabiliser ? T'es la seule à ne pas voir ce qui a de la valeur chez toi ou je rêve ? C'est pas assez évident ? Est-ce que je dois vraiment te faire une liste des raisons qui me pousse à te maintenir dans ma vie ? Oui, je galère, et je m'y prends trop mal parfois mais bon... J'essaye au moins. Est-ce que tu te moques, ou est ce que t'as vraiment besoin d'entendre ce que j'en pense ?
Après tout, le mal était déjà fait. Plus rien ne viendrait effacer les mots qu'elle avait posé entre elles, alors autant aller au bout en les expliquant un peu. Redressant sa posture, éli lança un dernier regard hésitant vers Aelle, comme si la jeune fille pouvait jauger de la véracité de la demande à travers ses iris. Sans indice probant, elle inspira profondément avant de se lancer dans une réponse sur un ton qu'elle voulait des plus sérieux.
-Parce que tu dégages de la colère comme tu respires, que t'as l'air d'avoir un sacré paquet de failles sous ta putain de couche de glace, et pourtant, même comme ça tu sembles toujours fonctionner mieux que n'importe qui. Une légère flamme de fascination passa un instant dans les yeux d'éli, avant de rapidement retrouver sa neutralité. Parce qu'il y a un truc dans ton regard... Meme si tu fais genre, on dirait qu'parfois t'es seule au milieu des autres... comme si on t'avait abandonnée, et que personne ne s'rendait compte de rien. j'me goure peut-être complètement, mais j'ressens ça aussi parfois, et j'ai toujours eut l'impression que toi aussi tu savais c'que ça faisait... Des fois t'es hyper dure avec moi...souvent en fait, mais quand tu choisis de m'dire un truc, c'est toujours hyper juste. J'vais pas t'mentir, ça m'soûle de fou qu't'ais raison, mais ça m'fait grave avancer aussi. T'en a rien à faire de m'faire du mal, t'en a rien à faire de moi tout court, mais tu me laisses quand même rester pas trop loin d'toi, alors que t'es bien plus forte et manip' que moi, j'sais bien que si tu l'voulais tu pourrais tellement me ban complet. À cette pensée, le regard d'éli se fit un peu plus distant, presque lointain et triste. Il fallait qu'elle se reprenne, elle n'avait pas fini. De nouveau concentrée sur le moment présent, la Poufsouffle refit le focus sur Aelle. t'en a rien à foutre d'être toi devant les autres, peu importe qui tu es, et c'est tellement une force !
Tout en reprenant une respiration plus profonde, éli s'autorisa un petit temps comme pour signaler à la jeune femme en face d'elle que ce qui aller venir juste après avait bien plus d'importance que tout le reste.
- Parce que tu ne m'a jamais menti.... Laissant de nouveau quelques secondes passer, éli respira de nouveau profondément avant de finir sa phrase ... et parce que même si t'es loin d'être quelqu'un de parfait, genre tres tres loin, à ces mots la jeune fille autorisa un très léger sourire sournois à grimper aux coins de ses lèvres avant de reprendre. ...si on m'demander, tu s'rais sûrement la sorcière à qui j'aimerais le plus ressembler. Oui, la jeune femme était importante pour elle, bien plus qu'elle ne le pensait, encore bien plus que ce que ses mots venaient de transmettre médiocrement aujourd'hui sous la pression, et si Aelle ne voulait rien entendre et bien tant pis. Et puis merde en fait ! On n'est pas toujours obligé de savoir pourquoi les choses sont ce qu'elles sont pour être certaine qu'elles soient vraies. De toute façon j'te l'disais pas pour te faire plaisir, et si ça t'plait pas ben tant pis, j'compte pas changer d'avis parce que tu comprends pas pourquoi t'es quelqu'un qui mérites qu'on s'intéresse à elle.
Cette fois-ci, Éli avait dit ce qu'elle avait à dire, et doucement elle enclencha un mouvement pour contourner Aelle.
Son corps raidit de stress ne lui appartenait presque plus, comme si ce qu'elle venait de dire à son ancienne camarade avait transformé en une fraction de seconde son apparence. Elle n'habitait plus vraiment celui de la petite fille pleurnicharde, ni celui de la camarade de classe facilement détestable, mais juste celui de la future mère qui assumait ce qu'elle pensait. Enfin... assumer, assumer... elle n'était pas encore tout à fait sur d'avoir fait le bon choix en parlant, Aelle n'avait pas l'air de vouloir lui offrir de réponse, et son départ n'allait sûrement plus tarder maintenant à cause de ça.
Les secondes de silences étaient longues, beaucoup trop longues pour Éli. Le regard puissant et sans coupure de son ainée lui brûlait la rétine, et pourtant elle ne ciller pas. Elle n'avait pas l'intention de détourner les yeux, mais l'occasion ne se présenta même pas puisqu'Aelle le fit à sa place. Depuis quand ne supportait-elle plus les regards trop prolongés ? Depuis quand éli avait-elle l'ascendant sur ce genre de duels d'intensité ? Même si une certaine tension se lisait en elle, l'aînée était clairement en train d'observer son environnement comme si rien n'avait été dit, comme si elle ne lui "devait" aucun commentaire en réponse. Définitivement le comportement d'Aelle paraisait très diffèrent de celui que la Poufsouffle lui connaissait, et ça en devenait presque inquiétant. Même si dans un sens, la rupture du contact visuel allégeait un peu la pression chez éli, une fois de plus cette façon de lâcher que venait d'avoir son ex camarade, raviver à nouveau la frustration, et la déception de la plus jeune. Allait-elle vraiment la laisser là, sans rien ajouter d'autres ? Allait-elle vraiment....
...Et puis soudain, les yeux noirs et puissants de vérité d'Aelle vinrent de nouveau se fixer dans les siens, juste accompagnés de deux mots.
Mais pourquoi ?
Pourquoi tu es importante pour moi ? Sérieusement ? Tu veux vraiment savoir, ou est ce que c'est une technique pour me déstabiliser ? T'es la seule à ne pas voir ce qui a de la valeur chez toi ou je rêve ? C'est pas assez évident ? Est-ce que je dois vraiment te faire une liste des raisons qui me pousse à te maintenir dans ma vie ? Oui, je galère, et je m'y prends trop mal parfois mais bon... J'essaye au moins. Est-ce que tu te moques, ou est ce que t'as vraiment besoin d'entendre ce que j'en pense ?
Après tout, le mal était déjà fait. Plus rien ne viendrait effacer les mots qu'elle avait posé entre elles, alors autant aller au bout en les expliquant un peu. Redressant sa posture, éli lança un dernier regard hésitant vers Aelle, comme si la jeune fille pouvait jauger de la véracité de la demande à travers ses iris. Sans indice probant, elle inspira profondément avant de se lancer dans une réponse sur un ton qu'elle voulait des plus sérieux.
-Parce que tu dégages de la colère comme tu respires, que t'as l'air d'avoir un sacré paquet de failles sous ta putain de couche de glace, et pourtant, même comme ça tu sembles toujours fonctionner mieux que n'importe qui. Une légère flamme de fascination passa un instant dans les yeux d'éli, avant de rapidement retrouver sa neutralité. Parce qu'il y a un truc dans ton regard... Meme si tu fais genre, on dirait qu'parfois t'es seule au milieu des autres... comme si on t'avait abandonnée, et que personne ne s'rendait compte de rien. j'me goure peut-être complètement, mais j'ressens ça aussi parfois, et j'ai toujours eut l'impression que toi aussi tu savais c'que ça faisait... Des fois t'es hyper dure avec moi...souvent en fait, mais quand tu choisis de m'dire un truc, c'est toujours hyper juste. J'vais pas t'mentir, ça m'soûle de fou qu't'ais raison, mais ça m'fait grave avancer aussi. T'en a rien à faire de m'faire du mal, t'en a rien à faire de moi tout court, mais tu me laisses quand même rester pas trop loin d'toi, alors que t'es bien plus forte et manip' que moi, j'sais bien que si tu l'voulais tu pourrais tellement me ban complet. À cette pensée, le regard d'éli se fit un peu plus distant, presque lointain et triste. Il fallait qu'elle se reprenne, elle n'avait pas fini. De nouveau concentrée sur le moment présent, la Poufsouffle refit le focus sur Aelle. t'en a rien à foutre d'être toi devant les autres, peu importe qui tu es, et c'est tellement une force !
Tout en reprenant une respiration plus profonde, éli s'autorisa un petit temps comme pour signaler à la jeune femme en face d'elle que ce qui aller venir juste après avait bien plus d'importance que tout le reste.
- Parce que tu ne m'a jamais menti.... Laissant de nouveau quelques secondes passer, éli respira de nouveau profondément avant de finir sa phrase ... et parce que même si t'es loin d'être quelqu'un de parfait, genre tres tres loin, à ces mots la jeune fille autorisa un très léger sourire sournois à grimper aux coins de ses lèvres avant de reprendre. ...si on m'demander, tu s'rais sûrement la sorcière à qui j'aimerais le plus ressembler. Oui, la jeune femme était importante pour elle, bien plus qu'elle ne le pensait, encore bien plus que ce que ses mots venaient de transmettre médiocrement aujourd'hui sous la pression, et si Aelle ne voulait rien entendre et bien tant pis. Et puis merde en fait ! On n'est pas toujours obligé de savoir pourquoi les choses sont ce qu'elles sont pour être certaine qu'elles soient vraies. De toute façon j'te l'disais pas pour te faire plaisir, et si ça t'plait pas ben tant pis, j'compte pas changer d'avis parce que tu comprends pas pourquoi t'es quelqu'un qui mérites qu'on s'intéresse à elle.
Cette fois-ci, Éli avait dit ce qu'elle avait à dire, et doucement elle enclencha un mouvement pour contourner Aelle.
Dernière modification par Élisabeth Willis le 30 nov. 2025, 01:23, modifié 1 fois.
❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - bouilleur de chaudron
Ce détail qui déborde
L'incompréhension est une langue glacée qui vient disperser ma colère. Je n'aime pas ne pas comprendre, plus encore lorsqu'il s'agit de quelque chose qui me concerne autant. J'ai besoin d'une réponse, j'ai besoin d'une preuve que ce qui vient d'être affirmé est vrai. Je me rends compte avec horreur que si une partie de moi attend sincèrement ce que Willis dira, une autre partie est absolument persuadée qu'elle ne pourra de toute manière rien me dire qui me conviendra. Mais finalement, qu'importe ce que j'espère et attends ? Je veux seulement comprendre pourquoi elle a affirmé une telle chose. Plus tard, je pourrais décider si je crois ou non ce qu'elle me raconte.
L'espace d'un instant, je crains qu'elle ne veuille rien me dire, qu'elle conclue cette discussion sur un « je le dis, c'est tout, j'ai pas besoin de m'expliquer » qui m'aurait fait regretter très fort l'espoir que j'ai que son affirmation soit vrai. Mais elle finit par prendre une grande inspiration, signe qu'elle va se mettre à parler et j'attends, tendue, que se déversent ses vérités, qui ne seront peut-être pas les miennes.
Dès les premiers mots, mon visage exprime toute mon incompréhension et ma surprise, même ma colère lorsqu'elle parle de failles. Sourcils froncés, lèvres pincés, colère fugace qui passe dans mes yeux. À la seconde phrase, comprenant que Willis, qui parle toujours beaucoup, est très loin d'en avoir terminé, je respire longuement par le nez et me cache derrière un masque froid et distant.
Elle parle d'abandon et ça me défonce le cœur. Comme si on y avait enfoncé une lame très longue mais que la pointe ne ressortait jamais de l'autre côté. Elle reste coincée à l'intérieur et s'enfonce toujours plus loin dans l'organe. Cette douleur invoque dans mon esprit le visage de Kristen. Pas le nouveau. L'ancien. Celui qui n'existe plus et qui n'existera plus jamais. Cela me coupe le souffle. Une cape glacée me recouvre les épaules et je me fige entièrement pendant que Willis continue de parler comme si de rien n'était. Elle parle d'abandon, elle dit que ça se voit et je me demande si c'est ce que Kristen voulait la première fois qu'elle est partie, si elle voulait laisser en moi une trace tellement indélébile qu'elle deviendrait visible de l'extérieur, visible par Willis qui a l'impression de savoir ce que je ressens, mais qui n'en pas la moindre idée. Même si elle pose dessus des mots tellement exacts que j'ai peur qu'elle comprenne en fait totalement ce que je ressens.
J'essaie d'éloigner Kristen de ma tête pour me concentrer sur la jeune fille qui me fait face. Ce qu'elle dit se mélange dans ma tête. Il y a des choses qui me font bizarrement plaisir, d'autres qui me font mal. Pendant un instant, j'en oublie que c'est moi qui lui ai demandé de me dire tout ça, et je me demande pourquoi est-ce qu'elle me le raconte. J'aurais préféré qu'elle se taise. Et en même temps, cela me fait bizarre de savoir qu'elle trouve que c'est une force, elle, d'être moi-même devant les autres, alors que c'est juste d'une banalité folle. On m'a reproché toute ma vie d'être moi-même devant les autres. « Souris, Aelle ! » répétaient toujours mes frères quand j'étais petite. « Arrête de faire la tête, après tout le monde croit que t'es méchante, » disait Aodren en parlant des autres enfants dont s'occupait notre précepteur. Sois plus comme ceci ou plus comme cela. Toute ma vie. Et elle, elle qui n'est qu'une gamine, une gamine qui est une future mère, elle me dit que c'est une force. Je sais qu'elle a raison, parce que c'est ce que j'ai pensé toute ma vie, mais là, dans cette librairie, je prends conscience que l'on ne m'a pas dit une chose comme cela depuis très longtemps.
Le silence revient entre nous. Je fronce davantage les sourcils, abandonnant de ce fait mon masque d'impassibilité. J'essaie de faire le tri dans tout ce qui vient d'être dit. En vain. Et puis elle reprend la parole. Je garde mes yeux dans les siens car je veux déceler toute trace de mensonge. Je ne trouve rien. À ma très grande surprise, au moment où elle énonce que je suis très très loin d'être quelqu'un de parfait, en réponse à son sourire narquois un sursaut secoue mes lèvres. Ce n'est pas un sourire, pas même une grimace ; mais c'est un « certes » que je ne prononcerai jamais et que je n'ai pas su retenir. Là, je détourne brièvement les yeux avant de les ramener rapidement vers elle, écarquillés, lorsqu'elle m'annonce que c'est à moi qu'elle voudrait ressembler.
Je lui lance un regard ahuri. Puis quand le « merde » lui échappe soudainement et que le ton de la conversation change tout à coup, je recule la tête en arrière, surprise. Evidemment que si, on est obligé de savoir pourquoi les choses sont ce qu'elles sont pour être certaine qu'elles soient vraies ! C'est le concept même de la recherche ! Pour connaître le monde, il faut le comprendre. J'aurais pu le lui expliquer dans un discours survolté d'une dizaine de minutes, mais voilà elle conclue subitement par un « t'es quelqu'un qui mérite qu'on s'intéresse à elle » et elle fait mine de s'en aller. S'en aller comme ça, après m'avoir dit ces choses ! C'est peut-être ça plus que tous les mots qu'elle vient de prononcer qui me fait réaliser qu'elle n'a pas menti. Elle n'en a rien à faire de ce que je vais dire ou de comment je vais réagir. Elle va juste partir comme ça, après m'avoir dit ces choses.
Mon bras se lève avant même que ma tête ait fini de penser. Je le place en travers du corps de Willis, suffisamment loin pour ne pas la toucher mais assez près pour qu'elle le percute si elle ne s'arrête pas.
« Attends, » lui dis-je simplement d'un ton un peu brusque.
Ma mine est toujours aussi froncée, mes yeux noirs et mes sourcils froncés ; je la regarde sans la moindre chaleur, comme je l'ai toujours fait. Les vérités qu'elles vient de me balancer tournent dans ma tête. Et je réalise que j'en ai marre. J'en ai assez de me demander si elle a raison, si elle me ment, si elle me manipule. Aujourd'hui, elle allait partir sans même attendre de voir ma réaction. Elle allait s'en aller, parce qu'elle s'en fout de comment je vais réagir. Une grande fatigue me tombe soudainement dessus.
« Ok, affirmé-je alors à mi-voix, mes yeux plongés dans les siens. D'accord. »
Je crois que je n'ai plus jamais envie qu'elle me dise ce qu'elle pense de moi. Parce que cela me fait ressentir des choses immenses et minuscules à la fois. Des sentiments comme des vagues qui inondent mon esprit avant de se retirer subitement. Je n'ai plus jamais envie d'entendre toutes ces choses, car si elle les répète je chercherai à les contredire, chacune d'elles. Et je n'ai pas envie de ça. La prochaine fois que l'on se reverra, je chercherai certainement des preuves de ce qu'elle a affirmé et si elle a le malheur de faire quelque chose qui me fait croire le contraire de ce qu'elle m'a dit, elle le paiera au centuple. Mais pour aujourd'hui, je n'en veux pas davantage. Alors... D'accord. D'accord, Willis. Tu as dit des choses. Je les ai entendues. Et je vais y croire, juste pour cette fois-là. Je vais y croire et essayer d'intégrer que tu penses ces choses-là de moi et que c'est pour ça que tu dis que je suis importante. Je ne m'abaisserai pas à croire que c'est un sentiment solide que tu ressens, car si tu me connaissais réellement tu partirai comme tous les autres, mais je vais accepter le fait que dans ta grande méconnaissance de qui je suis, celle que tu crois voir de moi est importante pour toi.
Mes yeux tombent sur son ventre qui déborde. Puis remontent jusqu'à son visage.
« C'est pour quand ? »
Je recule d'un pas et range ma main au fond de poche. Je dresse légèrement le menton et fronce les sourcils. Ok. D'accord. J'ai entendu ce que tu as dit et je l'ai accepté. Pour le moment. Je n'ai plus envie que l'on en parle.
L'espace d'un instant, je crains qu'elle ne veuille rien me dire, qu'elle conclue cette discussion sur un « je le dis, c'est tout, j'ai pas besoin de m'expliquer » qui m'aurait fait regretter très fort l'espoir que j'ai que son affirmation soit vrai. Mais elle finit par prendre une grande inspiration, signe qu'elle va se mettre à parler et j'attends, tendue, que se déversent ses vérités, qui ne seront peut-être pas les miennes.
Dès les premiers mots, mon visage exprime toute mon incompréhension et ma surprise, même ma colère lorsqu'elle parle de failles. Sourcils froncés, lèvres pincés, colère fugace qui passe dans mes yeux. À la seconde phrase, comprenant que Willis, qui parle toujours beaucoup, est très loin d'en avoir terminé, je respire longuement par le nez et me cache derrière un masque froid et distant.
Elle parle d'abandon et ça me défonce le cœur. Comme si on y avait enfoncé une lame très longue mais que la pointe ne ressortait jamais de l'autre côté. Elle reste coincée à l'intérieur et s'enfonce toujours plus loin dans l'organe. Cette douleur invoque dans mon esprit le visage de Kristen. Pas le nouveau. L'ancien. Celui qui n'existe plus et qui n'existera plus jamais. Cela me coupe le souffle. Une cape glacée me recouvre les épaules et je me fige entièrement pendant que Willis continue de parler comme si de rien n'était. Elle parle d'abandon, elle dit que ça se voit et je me demande si c'est ce que Kristen voulait la première fois qu'elle est partie, si elle voulait laisser en moi une trace tellement indélébile qu'elle deviendrait visible de l'extérieur, visible par Willis qui a l'impression de savoir ce que je ressens, mais qui n'en pas la moindre idée. Même si elle pose dessus des mots tellement exacts que j'ai peur qu'elle comprenne en fait totalement ce que je ressens.
J'essaie d'éloigner Kristen de ma tête pour me concentrer sur la jeune fille qui me fait face. Ce qu'elle dit se mélange dans ma tête. Il y a des choses qui me font bizarrement plaisir, d'autres qui me font mal. Pendant un instant, j'en oublie que c'est moi qui lui ai demandé de me dire tout ça, et je me demande pourquoi est-ce qu'elle me le raconte. J'aurais préféré qu'elle se taise. Et en même temps, cela me fait bizarre de savoir qu'elle trouve que c'est une force, elle, d'être moi-même devant les autres, alors que c'est juste d'une banalité folle. On m'a reproché toute ma vie d'être moi-même devant les autres. « Souris, Aelle ! » répétaient toujours mes frères quand j'étais petite. « Arrête de faire la tête, après tout le monde croit que t'es méchante, » disait Aodren en parlant des autres enfants dont s'occupait notre précepteur. Sois plus comme ceci ou plus comme cela. Toute ma vie. Et elle, elle qui n'est qu'une gamine, une gamine qui est une future mère, elle me dit que c'est une force. Je sais qu'elle a raison, parce que c'est ce que j'ai pensé toute ma vie, mais là, dans cette librairie, je prends conscience que l'on ne m'a pas dit une chose comme cela depuis très longtemps.
Le silence revient entre nous. Je fronce davantage les sourcils, abandonnant de ce fait mon masque d'impassibilité. J'essaie de faire le tri dans tout ce qui vient d'être dit. En vain. Et puis elle reprend la parole. Je garde mes yeux dans les siens car je veux déceler toute trace de mensonge. Je ne trouve rien. À ma très grande surprise, au moment où elle énonce que je suis très très loin d'être quelqu'un de parfait, en réponse à son sourire narquois un sursaut secoue mes lèvres. Ce n'est pas un sourire, pas même une grimace ; mais c'est un « certes » que je ne prononcerai jamais et que je n'ai pas su retenir. Là, je détourne brièvement les yeux avant de les ramener rapidement vers elle, écarquillés, lorsqu'elle m'annonce que c'est à moi qu'elle voudrait ressembler.
Je lui lance un regard ahuri. Puis quand le « merde » lui échappe soudainement et que le ton de la conversation change tout à coup, je recule la tête en arrière, surprise. Evidemment que si, on est obligé de savoir pourquoi les choses sont ce qu'elles sont pour être certaine qu'elles soient vraies ! C'est le concept même de la recherche ! Pour connaître le monde, il faut le comprendre. J'aurais pu le lui expliquer dans un discours survolté d'une dizaine de minutes, mais voilà elle conclue subitement par un « t'es quelqu'un qui mérite qu'on s'intéresse à elle » et elle fait mine de s'en aller. S'en aller comme ça, après m'avoir dit ces choses ! C'est peut-être ça plus que tous les mots qu'elle vient de prononcer qui me fait réaliser qu'elle n'a pas menti. Elle n'en a rien à faire de ce que je vais dire ou de comment je vais réagir. Elle va juste partir comme ça, après m'avoir dit ces choses.
Mon bras se lève avant même que ma tête ait fini de penser. Je le place en travers du corps de Willis, suffisamment loin pour ne pas la toucher mais assez près pour qu'elle le percute si elle ne s'arrête pas.
« Attends, » lui dis-je simplement d'un ton un peu brusque.
Ma mine est toujours aussi froncée, mes yeux noirs et mes sourcils froncés ; je la regarde sans la moindre chaleur, comme je l'ai toujours fait. Les vérités qu'elles vient de me balancer tournent dans ma tête. Et je réalise que j'en ai marre. J'en ai assez de me demander si elle a raison, si elle me ment, si elle me manipule. Aujourd'hui, elle allait partir sans même attendre de voir ma réaction. Elle allait s'en aller, parce qu'elle s'en fout de comment je vais réagir. Une grande fatigue me tombe soudainement dessus.
« Ok, affirmé-je alors à mi-voix, mes yeux plongés dans les siens. D'accord. »
Je crois que je n'ai plus jamais envie qu'elle me dise ce qu'elle pense de moi. Parce que cela me fait ressentir des choses immenses et minuscules à la fois. Des sentiments comme des vagues qui inondent mon esprit avant de se retirer subitement. Je n'ai plus jamais envie d'entendre toutes ces choses, car si elle les répète je chercherai à les contredire, chacune d'elles. Et je n'ai pas envie de ça. La prochaine fois que l'on se reverra, je chercherai certainement des preuves de ce qu'elle a affirmé et si elle a le malheur de faire quelque chose qui me fait croire le contraire de ce qu'elle m'a dit, elle le paiera au centuple. Mais pour aujourd'hui, je n'en veux pas davantage. Alors... D'accord. D'accord, Willis. Tu as dit des choses. Je les ai entendues. Et je vais y croire, juste pour cette fois-là. Je vais y croire et essayer d'intégrer que tu penses ces choses-là de moi et que c'est pour ça que tu dis que je suis importante. Je ne m'abaisserai pas à croire que c'est un sentiment solide que tu ressens, car si tu me connaissais réellement tu partirai comme tous les autres, mais je vais accepter le fait que dans ta grande méconnaissance de qui je suis, celle que tu crois voir de moi est importante pour toi.
Mes yeux tombent sur son ventre qui déborde. Puis remontent jusqu'à son visage.
« C'est pour quand ? »
Je recule d'un pas et range ma main au fond de poche. Je dresse légèrement le menton et fronce les sourcils. Ok. D'accord. J'ai entendu ce que tu as dit et je l'ai accepté. Pour le moment. Je n'ai plus envie que l'on en parle.
Ce détail qui déborde
Toute l'attention et l'énergie de la jeune fille s'étaient rassemblées au profit de la sincérité qu'elle portait à ses mots. Sans chercher à faire quoique se soit d'autre qu'être vraie, Éli avait aperçu malgré tout les quelques micros réactions sur le visage d'Aelle durant son discours. Mais si la jeune fille avait réussi à figer dans sa mémoire ce qu'elle avait vu passer chez sa camarade, elle ne savait pas comment interpréter ses réactions. Même si elle ne s'interdirait pas de faire plus tard un detail de tout cela dans le silence de sa chambre, en tout cas, rien ne pouvait laisser croire qu'elle avait envie de comprendre là tout de suite. Peut-être sa camarade était elle en colère, ou surprise de ses mots ? Tout ce qui importait pour la poufsouffle actuellement, c'était d'avoir réussi à dire ce qu'elle avait trop longtemps gardé dans le secret de ses lâches pensées. Si pour seule réponse elle n'obtenait que le silence d'Aelle, au moins pouvait-elle déjà se réjouir qu'il ne soit plus ignorant.
Malgré son apparente confiance, faussement portée par la recente fougue de ses paroles, Éli intérieurement bien plus fébrile était pressée de quitter cet endroit. La jeune fille n'avait aucune envie de compromettre cette carapace d'assurance qu'elle avait eu tant de peine à forger, pourtant, sans remettre la faute unique sur ses hormones maternelles, l'intensité de cette rencontre ne tarderait plus à réveiller ses insécurités. Elle ne fuyait pas, elle protégeait ses remparts.
Alors qu'elle n'espérait plus grand-chose de cet échange, et que ses pas avaient déjà pour but de mettre de la distance entre elle et son ainée, le bras d'Aelle se dressa au travers de sa route. Plissant les yeux, presque frustrée d'être ainsi bloquée dans sa tentative assumée d'évasion, le front d'Éli revêti les plis d'une tout autre expression : la surprise. En entendant le mot qui accompagna aussitôt le geste d'Aelle, la poufsouffle, encore plus déconcertée, s'arrêta net ne sachant plus quoi penser.
"Attends"
Etait ce bien la Reine de glace, celle qui ne supportait que peu ce genre de discours trop longs, qui n'offrait son attention que dans de rares instants choisit par elle, sans jamais réellement laisser croire à l'autre que le sujet l'intéressait pour autant, cette reine au cœur gelé dont la verve, certes passionnante, laissait bien plus de cicatrices et d'énigmes sur son passage que tout autres choses... Était-ce bien cette même personne qui venait à l'instant de retenir le départ de la plus jeune par un geste si ouvertement lisible de tous ? Sans laisser à Éli l'occasion de savoir s'il n'était qu'un mirage, le geste barrage de la plus âgée s'effaça aussi vite qu'il était apparu. Heureusement la suite, directe et concise, clarifia la situation. Quelques mots de plus qui confirmaient ce qu'Éli n'avait fait que supposer.
"Ok. D'accord "
Ce n'était qu'un "presque rien" pour une oreille extérieure, pourtant la jeune fille n'avait pas besoin de sous-titre pour savoir que derrière cette simple validation orale inesperée, il y avait tellement plus à comprendre. Aucun doute possible, la scène n'avaient rien d'une hallucination créée par son esprit lyrique, tout été bien réel, improbable mais réel. La poufsouffle n'arrivait à bouger, et plus encore que son corps, c'est son esprit qui se trouvait figé sur place par la situation. Elle savait à qu'elle point ce genre de moment était rare à capter chez sa camarade, et elle savait encore plus à quel point ce qu'elle venait de dire elle, avait du toucher Aelle pour qu'elle laisse entrevoir ne serait ce qu'une parcelle d'elle-même à Éli de la sorte.
Tu me crois sans chercher plus loin, sans me contredire, sans piquer ? Juste tu me crois ?! De la pulpe de ses doigts, au sommet de son crâne, Éli ressentit toute la tension et l'importance de ce qui se jouait entre elles. Aelle la prenait au sérieux, elle voyait dans ses yeux que sa vérité, loin de faire l'unanimité, était considérée. Éli ne se souvenait pas d'avoir déjà été parcouru d'une pareille sensation. Le temps sembla s'étirer quelques secondes, un timing durant lequel, seule sa respiration appauvrie lui rappelait que la réalité existée au dehors. À la fois étouffante et confortable, elle ne savait plus vraiment comment réagir à cette nouvelle émotion qui semblait ne plus vouloir la quitter.
Heureusement, le coup d'œil qu'Aelle posa en direction de son ventre, et qui fit d'ailleurs bien moins réagir la jeune fille que le premier, la libéra de son état de choc. Légèrement moins figée, Éli entendit la question posée par sa camarade. Flottant entre elles comme une pause, cette question créa un espace, une respiration dans cette conversation qui en disait depuis le début, bien plus sur l'une et l'autre qu'elles ne voulaient le laisser croire. Simple et attendue, la réponse apriori si évidente pour la jeune fille, n'aurait dû nécessiter qu'un faible temps de réflexion, pourtant, les mots mirent bien plus pour arriver à destination. Dans un autre contexte Éli aurait sans doute parlé sans retenue, mais c'était Aelle. Être enceinte à son âge n'était pas chose courante à faire entendre, et la révélation de sa date d'accouchement donnerait en plus à sa camarade un élément d'interrogation que la jeune poufsouffle n'était pas très sûr d'avoir envie de développer aujourd'hui. Pourtant, comme semblait aussi l'avoir ressenti Aelle, meubler ce moment étrange en détournant la conversation devenait une nécessité.
Posant à son tour ses yeux sur son ventre, et n'ayant pas d'autre idée pour changer de sujet, Éli laissa tomber sa réponse.
- Début novembre... mais replaçant rapidement l'attention de son regard dans celui d'Aelle, la future mère ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire. ...enfin s'il me ressemble, pas sur du tout qu'il respecte ça.
@Aelle Bristyle
Malgré son apparente confiance, faussement portée par la recente fougue de ses paroles, Éli intérieurement bien plus fébrile était pressée de quitter cet endroit. La jeune fille n'avait aucune envie de compromettre cette carapace d'assurance qu'elle avait eu tant de peine à forger, pourtant, sans remettre la faute unique sur ses hormones maternelles, l'intensité de cette rencontre ne tarderait plus à réveiller ses insécurités. Elle ne fuyait pas, elle protégeait ses remparts.
Alors qu'elle n'espérait plus grand-chose de cet échange, et que ses pas avaient déjà pour but de mettre de la distance entre elle et son ainée, le bras d'Aelle se dressa au travers de sa route. Plissant les yeux, presque frustrée d'être ainsi bloquée dans sa tentative assumée d'évasion, le front d'Éli revêti les plis d'une tout autre expression : la surprise. En entendant le mot qui accompagna aussitôt le geste d'Aelle, la poufsouffle, encore plus déconcertée, s'arrêta net ne sachant plus quoi penser.
"Attends"
Etait ce bien la Reine de glace, celle qui ne supportait que peu ce genre de discours trop longs, qui n'offrait son attention que dans de rares instants choisit par elle, sans jamais réellement laisser croire à l'autre que le sujet l'intéressait pour autant, cette reine au cœur gelé dont la verve, certes passionnante, laissait bien plus de cicatrices et d'énigmes sur son passage que tout autres choses... Était-ce bien cette même personne qui venait à l'instant de retenir le départ de la plus jeune par un geste si ouvertement lisible de tous ? Sans laisser à Éli l'occasion de savoir s'il n'était qu'un mirage, le geste barrage de la plus âgée s'effaça aussi vite qu'il était apparu. Heureusement la suite, directe et concise, clarifia la situation. Quelques mots de plus qui confirmaient ce qu'Éli n'avait fait que supposer.
"Ok. D'accord "
Ce n'était qu'un "presque rien" pour une oreille extérieure, pourtant la jeune fille n'avait pas besoin de sous-titre pour savoir que derrière cette simple validation orale inesperée, il y avait tellement plus à comprendre. Aucun doute possible, la scène n'avaient rien d'une hallucination créée par son esprit lyrique, tout été bien réel, improbable mais réel. La poufsouffle n'arrivait à bouger, et plus encore que son corps, c'est son esprit qui se trouvait figé sur place par la situation. Elle savait à qu'elle point ce genre de moment était rare à capter chez sa camarade, et elle savait encore plus à quel point ce qu'elle venait de dire elle, avait du toucher Aelle pour qu'elle laisse entrevoir ne serait ce qu'une parcelle d'elle-même à Éli de la sorte.
Tu me crois sans chercher plus loin, sans me contredire, sans piquer ? Juste tu me crois ?! De la pulpe de ses doigts, au sommet de son crâne, Éli ressentit toute la tension et l'importance de ce qui se jouait entre elles. Aelle la prenait au sérieux, elle voyait dans ses yeux que sa vérité, loin de faire l'unanimité, était considérée. Éli ne se souvenait pas d'avoir déjà été parcouru d'une pareille sensation. Le temps sembla s'étirer quelques secondes, un timing durant lequel, seule sa respiration appauvrie lui rappelait que la réalité existée au dehors. À la fois étouffante et confortable, elle ne savait plus vraiment comment réagir à cette nouvelle émotion qui semblait ne plus vouloir la quitter.
Heureusement, le coup d'œil qu'Aelle posa en direction de son ventre, et qui fit d'ailleurs bien moins réagir la jeune fille que le premier, la libéra de son état de choc. Légèrement moins figée, Éli entendit la question posée par sa camarade. Flottant entre elles comme une pause, cette question créa un espace, une respiration dans cette conversation qui en disait depuis le début, bien plus sur l'une et l'autre qu'elles ne voulaient le laisser croire. Simple et attendue, la réponse apriori si évidente pour la jeune fille, n'aurait dû nécessiter qu'un faible temps de réflexion, pourtant, les mots mirent bien plus pour arriver à destination. Dans un autre contexte Éli aurait sans doute parlé sans retenue, mais c'était Aelle. Être enceinte à son âge n'était pas chose courante à faire entendre, et la révélation de sa date d'accouchement donnerait en plus à sa camarade un élément d'interrogation que la jeune poufsouffle n'était pas très sûr d'avoir envie de développer aujourd'hui. Pourtant, comme semblait aussi l'avoir ressenti Aelle, meubler ce moment étrange en détournant la conversation devenait une nécessité.
Posant à son tour ses yeux sur son ventre, et n'ayant pas d'autre idée pour changer de sujet, Éli laissa tomber sa réponse.
- Début novembre... mais replaçant rapidement l'attention de son regard dans celui d'Aelle, la future mère ne put s'empêcher d'esquisser un léger sourire. ...enfin s'il me ressemble, pas sur du tout qu'il respecte ça.
@Aelle Bristyle
❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - bouilleur de chaudron
Ce détail qui déborde
Son silence s'étire et accroisse le sentiment d'inconfort que je ressens. Mon regard reste bien droit, braqué sur elle, et je ne fais rien pour attendrir l'angle dans lequel se dresse mon menton. Mes yeux affirment mon accord précédemment prononcé à voix haute et mes mâchoires serrées montrent que je refuserais toute tentative d'évoquer de nouveau le sujet à propos duquel nous nous sommes une énième fois confrontées. Malgré cela, je suis absolument persuadée qu'elle n'acceptera pas mon changement de sujet et qu'elle voudra en reparler, insister, exiger une autre réponse de moi, puisqu'elle n'est jamais satisfaite de ma façon de répondre à ses paroles. J'attends que le glas résonne, que sa voix tombe sur moi et qu'elle réveille ma colère désormais étouffée. Mais le son ne vient jamais, contrairement à sa voix qui finit par s'élever et qui est très loin d'énoncer des paroles que je pourrais condamner.
Si elle-même baisse les yeux sur son ventre rebondit, moi j'observe son visage sans m'en cacher. Alors elle accepte mon changement de sujet ? Elle me répond comme cela, comme si elle acceptait ma réponse ? J'ouvre la bouche et la referme avant qu'elle n'ait l'idée de relever les yeux sur moi. Tout s'embrouille dans ma tête, alors naturellement mon esprit se concentre sur le sujet que j'ai moi-même évoqué et auquel elle répond avec un désarmant naturel.
Début novembre. Je réalise en comptant les mois qui lui restent que cette information me laisse totalement de marbre. À vrai dire, je me fiche de la date à laquelle elle accouchera, tout simplement parce que j'ai déjà du mal à réaliser que cette fille qui est encore une enfant puisse accoucher. Je hoche malgré tout brièvement la tête, m'arrachant à cette posture sèche, distante et déterminée qui était la mienne jusque là. Puis quand elle lève les yeux vers moi et me sors cette phrase avec ce petit sourire, j'affiche à mon tour une grimace qui n'a rien d'un sourire mais qui ressemble davantage à un rictus.
« Il se précipitera sans réfléchir, » reformulé-je en coulant mes yeux dans ceux de Willis.
Je ne donne aucune nuance à mon ton qui pourrait lui permettre de comprendre si je fais un trait d'esprit ou si je suis sérieuse et donc insultante.
« Heureusement qu'il ne parlera pas avant plusieurs années, poursuis-je d'une voix basse en détournant mes yeux vers les étagères lourdes de livres, cela t'épargnera ses longs discours... S'il te ressemble. »
Cette fois-ci encore, bien que mon ton ne le laisse pas paraître non plus, il s'agit bel et bien d'un trait d'esprit. Et comme pour le premier, que ce soit une plaisanterie n'empêche en rien cette affirmation d'être le reflet parfait de la réalité — du moins, de la réalité qui est la mienne lorsque je pense à Élisabeth Willis.
Je ramène mes yeux sur elle sans pouvoir m'empêcher de jeter un coup d'œil à son ventre sur le chemin. Le verbe ressembler me force à me questionner sur la seconde personne à laquelle ce gosse pourrait ressembler. Evidemment, que je pense au père. Mais la question passe dans mon esprit et le quitte rapidement. Je me fiche absolument de l'identité de ce garçon.
Si elle-même baisse les yeux sur son ventre rebondit, moi j'observe son visage sans m'en cacher. Alors elle accepte mon changement de sujet ? Elle me répond comme cela, comme si elle acceptait ma réponse ? J'ouvre la bouche et la referme avant qu'elle n'ait l'idée de relever les yeux sur moi. Tout s'embrouille dans ma tête, alors naturellement mon esprit se concentre sur le sujet que j'ai moi-même évoqué et auquel elle répond avec un désarmant naturel.
Début novembre. Je réalise en comptant les mois qui lui restent que cette information me laisse totalement de marbre. À vrai dire, je me fiche de la date à laquelle elle accouchera, tout simplement parce que j'ai déjà du mal à réaliser que cette fille qui est encore une enfant puisse accoucher. Je hoche malgré tout brièvement la tête, m'arrachant à cette posture sèche, distante et déterminée qui était la mienne jusque là. Puis quand elle lève les yeux vers moi et me sors cette phrase avec ce petit sourire, j'affiche à mon tour une grimace qui n'a rien d'un sourire mais qui ressemble davantage à un rictus.
« Il se précipitera sans réfléchir, » reformulé-je en coulant mes yeux dans ceux de Willis.
Je ne donne aucune nuance à mon ton qui pourrait lui permettre de comprendre si je fais un trait d'esprit ou si je suis sérieuse et donc insultante.
« Heureusement qu'il ne parlera pas avant plusieurs années, poursuis-je d'une voix basse en détournant mes yeux vers les étagères lourdes de livres, cela t'épargnera ses longs discours... S'il te ressemble. »
Cette fois-ci encore, bien que mon ton ne le laisse pas paraître non plus, il s'agit bel et bien d'un trait d'esprit. Et comme pour le premier, que ce soit une plaisanterie n'empêche en rien cette affirmation d'être le reflet parfait de la réalité — du moins, de la réalité qui est la mienne lorsque je pense à Élisabeth Willis.
Je ramène mes yeux sur elle sans pouvoir m'empêcher de jeter un coup d'œil à son ventre sur le chemin. Le verbe ressembler me force à me questionner sur la seconde personne à laquelle ce gosse pourrait ressembler. Evidemment, que je pense au père. Mais la question passe dans mon esprit et le quitte rapidement. Je me fiche absolument de l'identité de ce garçon.
Ce détail qui déborde
Sans en rire, Aelle semblait jouer de ses paroles, et étrangement cela faisait du bien à la jeune fille. Elle appréciait son piquant, et ce ton cinglant avec lequel elle lui parlait enfin. Leurs échanges visuels presque traversants, cette intensité douloureuse qu'elle voyait au fond des iris de son ainée, cette vérité acide qui ne laissait aucune place à l'hypocrisie, depuis leur dernier face-à-face à Poudlard, c'était sans conteste ce qui lui avait manqué le plus. Peu importe ce que leurs mots venaient parfois contredire en protection, leurs regards s'offraient toujours une sincérité brute et silencieuse qu'Éli aimait beaucoup.
Même si c'était assez inconfortable pour la jeune fille d'entendre ce qu'Aelle n'avait même pas prit la peine d'enrober d'un soupçon de gentillesse, la poufsouffle savait qu'elle méritait toutes ses remarques. Bien sûr que la plus âgée touchait juste, Éli ne pouvait pas nier les faits reprochés sans édulcorer leur passé, et pourtant la jeune fille ne put retenir le léger sourire qui monta sur ses joues. Mais Aelle avait déja détourné les yeux, et diminué le ton de sa voix pour finir sa phrase. Ce qu'elle affirmé n'avait rien de contestable, et elle le savait, pourquoi semblait elle un peu moins franche ? Étrange.
Peu importe....
Lorsqu'elle recentra à nouveau son attention vers elle, Éli ne manqua pas le détour qu'emprunta le regard d'Aelle. Ses yeux avaient de nouveau effleuré son ventre occupé. Sans doute avait-elle encore du mal à croire ce qu'elle voyait ? La future mère pouvait-elle vraiment la blâmer ? Elle non plus n'y avait pas vraiment cru au début. Certains jours n'était elle pas encore elle-même dans un déni que seule la naissance viendrait dissiper ? Probablement.
...S'il te ressemble.
Éli s'était concentrée sur le regard d'Aelle, mais la fin de sa phrase vint enfin résonner en écho. ...S'il te ressemble. La jeune fille n'avait jamais osé pousser son imagination si loin. Bien sûr, en rêve l'image floue des traits que pourrait avoir son enfant lui était apparue quelques fois, mais elle ne s'était pas encore autorisée consciemment à se projeter assez précisément pour en imaginer son caractère. La pique d'Aelle n'était en rien une question, pourtant Éli se sentit presque obligé d'y répondre. Que les années donnent raison à sa camarade ou non, en réfléchissant à sa réplique la jeune fille ne put s'empêcher de penser à ce futur avec cet enfant, et au caractère qu'il aurait. Mais même si aujourd'hui elle portait seule ce ventre, et les questions gravitant autour de cette maternité, tout ne dépendait pas d'elle.
Depuis le début, cela avait toujours été bien plus explosif que serein entre Redose et Éli. Jusque-là, leur histoire compliquée avait eu un impact sur leur scolarité, sur leurs relations avec les autres, et sur leur réputation, maintenant elle devait limiter les risques. Les conséquences seraient encore plus graves aujourd'hui, elle en avait conscience. Elle travaillait sérieusement sur son comportement, pour donner la meilleure chance à cette nouvelle vie, mais elle n'avait pas du tout pensé que la difficulté pouvait aussi se trouver en elle, littéralement. Est-ce que ce mélange d'ADN si contradictoires n'allait pas créer des étincelles ? Est ce que de leur chaos, les deux ados avaient pu créer du positif malgré tout ? Leur enfant prendrait il la meilleure ou la pire partie d'eux ? Son sourire laissa place à un air bien plus soucieux. Les mots presque inoffensifs d'Aelle venaient de réveiller plus de questions qu'Éli ne s'en était posé dans le tumulte des événements qui avait traversé sa vie ces derniers mois.
Sans chercher à révéler quoi que ce soit à sa camarade, la jeune fille avait besoin de répondre à ses propres interrogations. Sa réflexion encore inachevée, elle regarda Aelle sans vraiment la voir. Un peu perdue dans ses pensées, elle posa ses mots d'une voix légèrement moins assurée qu'elle ne l'avait été pour le reste de son discours.
- Je suppose qu'avec des gènes Omniak je dois m'attendre à tout.
Jusque-là, elle avait réussi à tenir sa nouvelle version devant sa camarade, sans revenir à ses mauvaises habitudes, et elle en était plutôt fière, ce n'était pas le moment de laisser ses pensées parasites détruire tout son travail. Reprendre le contrôle, et reporter sa réflexion à plus tard dans l'intimité de sa chambre, là ou elle pourrait à loisir laisser sa vulnérabilité ressortir, voilà ce qu'elle devait faire. Se redressant légèrement, Éli reprit un air bien plus sournois, bien plus encrée dans l'instant présent.
- Heureusement que j'ai quelques notions de défenses contre les répliques cinglantes. Le regard appuyé, juste ce qu'il faut provocateur, la poufsouffle n'avait besoin d'aucun mot supplémentaire pour cibler Aelle, mais elle atténua rapidement son affront pour laisser place à tout autre chose. Il n'était pas très malin de mettre à nouveau l'accent sur des zones de frictions, elle devait se taire maintenant. Même si saisir cette occasion pour tout lui dire était tentante, pour une fois la future mère devait faire preuve de patience, et réfléchir avant d'agir. Parler aujourd'hui réduirait considérablement ses chances, déjà très faibles, d'obtenir de son ainée une réponse favorable. Prolonger cette discussion devenait presque une perte de chance à chaque seconde, il fallait maintenant qu'elle laisse l'information de sa situation mûrir dans l'esprit d'Aelle, et dans le sien de la savoir au courant.
- C'est pas que tu m'ennuies, mais j'ai encore un million de choses à apprendre pour réussir à faire quelque chose de nous. Je ne voudrais pas "perdre un temps inqualifiable d'études". Légèrement brillants d'effronterie, les yeux d'Éli fixèrent intensément ceux de la jeune femme pendant quelques secondes, puis d'un léger mouvement de tête, ferme et définitif, elle acta son départ en saluant sa camarade d'un très sobre : Bristyle , avant de la dépasser d'un pas motivé. Sans arrêter sa marche, sur un ton légèrement augmenté pour être entendu, elle lâcha presque comme une menace : tu me sous-estimes encore beaucoup. Mais ça changera. Se fondant dans les allées de la librairie, la future mère alla rapidement payer son article avant de sortir de la boutique.
Enfin dehors, Éli prit une grande respiration en fermant les yeux.
Ce moment complètement improbable l'avait bouleversé. Et sans savoir mettre des mots précis sur ce qu'elle ressentait, un large sourire s'étendit finalement sur ses joues.
Dernier post pour moi, merciii
Hate de commencer la suite...
@Aelle Bristyle
Même si c'était assez inconfortable pour la jeune fille d'entendre ce qu'Aelle n'avait même pas prit la peine d'enrober d'un soupçon de gentillesse, la poufsouffle savait qu'elle méritait toutes ses remarques. Bien sûr que la plus âgée touchait juste, Éli ne pouvait pas nier les faits reprochés sans édulcorer leur passé, et pourtant la jeune fille ne put retenir le léger sourire qui monta sur ses joues. Mais Aelle avait déja détourné les yeux, et diminué le ton de sa voix pour finir sa phrase. Ce qu'elle affirmé n'avait rien de contestable, et elle le savait, pourquoi semblait elle un peu moins franche ? Étrange.
Peu importe....
Lorsqu'elle recentra à nouveau son attention vers elle, Éli ne manqua pas le détour qu'emprunta le regard d'Aelle. Ses yeux avaient de nouveau effleuré son ventre occupé. Sans doute avait-elle encore du mal à croire ce qu'elle voyait ? La future mère pouvait-elle vraiment la blâmer ? Elle non plus n'y avait pas vraiment cru au début. Certains jours n'était elle pas encore elle-même dans un déni que seule la naissance viendrait dissiper ? Probablement.
...S'il te ressemble.
Éli s'était concentrée sur le regard d'Aelle, mais la fin de sa phrase vint enfin résonner en écho. ...S'il te ressemble. La jeune fille n'avait jamais osé pousser son imagination si loin. Bien sûr, en rêve l'image floue des traits que pourrait avoir son enfant lui était apparue quelques fois, mais elle ne s'était pas encore autorisée consciemment à se projeter assez précisément pour en imaginer son caractère. La pique d'Aelle n'était en rien une question, pourtant Éli se sentit presque obligé d'y répondre. Que les années donnent raison à sa camarade ou non, en réfléchissant à sa réplique la jeune fille ne put s'empêcher de penser à ce futur avec cet enfant, et au caractère qu'il aurait. Mais même si aujourd'hui elle portait seule ce ventre, et les questions gravitant autour de cette maternité, tout ne dépendait pas d'elle.
Depuis le début, cela avait toujours été bien plus explosif que serein entre Redose et Éli. Jusque-là, leur histoire compliquée avait eu un impact sur leur scolarité, sur leurs relations avec les autres, et sur leur réputation, maintenant elle devait limiter les risques. Les conséquences seraient encore plus graves aujourd'hui, elle en avait conscience. Elle travaillait sérieusement sur son comportement, pour donner la meilleure chance à cette nouvelle vie, mais elle n'avait pas du tout pensé que la difficulté pouvait aussi se trouver en elle, littéralement. Est-ce que ce mélange d'ADN si contradictoires n'allait pas créer des étincelles ? Est ce que de leur chaos, les deux ados avaient pu créer du positif malgré tout ? Leur enfant prendrait il la meilleure ou la pire partie d'eux ? Son sourire laissa place à un air bien plus soucieux. Les mots presque inoffensifs d'Aelle venaient de réveiller plus de questions qu'Éli ne s'en était posé dans le tumulte des événements qui avait traversé sa vie ces derniers mois.
Sans chercher à révéler quoi que ce soit à sa camarade, la jeune fille avait besoin de répondre à ses propres interrogations. Sa réflexion encore inachevée, elle regarda Aelle sans vraiment la voir. Un peu perdue dans ses pensées, elle posa ses mots d'une voix légèrement moins assurée qu'elle ne l'avait été pour le reste de son discours.
- Je suppose qu'avec des gènes Omniak je dois m'attendre à tout.
Jusque-là, elle avait réussi à tenir sa nouvelle version devant sa camarade, sans revenir à ses mauvaises habitudes, et elle en était plutôt fière, ce n'était pas le moment de laisser ses pensées parasites détruire tout son travail. Reprendre le contrôle, et reporter sa réflexion à plus tard dans l'intimité de sa chambre, là ou elle pourrait à loisir laisser sa vulnérabilité ressortir, voilà ce qu'elle devait faire. Se redressant légèrement, Éli reprit un air bien plus sournois, bien plus encrée dans l'instant présent.
- Heureusement que j'ai quelques notions de défenses contre les répliques cinglantes. Le regard appuyé, juste ce qu'il faut provocateur, la poufsouffle n'avait besoin d'aucun mot supplémentaire pour cibler Aelle, mais elle atténua rapidement son affront pour laisser place à tout autre chose. Il n'était pas très malin de mettre à nouveau l'accent sur des zones de frictions, elle devait se taire maintenant. Même si saisir cette occasion pour tout lui dire était tentante, pour une fois la future mère devait faire preuve de patience, et réfléchir avant d'agir. Parler aujourd'hui réduirait considérablement ses chances, déjà très faibles, d'obtenir de son ainée une réponse favorable. Prolonger cette discussion devenait presque une perte de chance à chaque seconde, il fallait maintenant qu'elle laisse l'information de sa situation mûrir dans l'esprit d'Aelle, et dans le sien de la savoir au courant.
- C'est pas que tu m'ennuies, mais j'ai encore un million de choses à apprendre pour réussir à faire quelque chose de nous. Je ne voudrais pas "perdre un temps inqualifiable d'études". Légèrement brillants d'effronterie, les yeux d'Éli fixèrent intensément ceux de la jeune femme pendant quelques secondes, puis d'un léger mouvement de tête, ferme et définitif, elle acta son départ en saluant sa camarade d'un très sobre : Bristyle , avant de la dépasser d'un pas motivé. Sans arrêter sa marche, sur un ton légèrement augmenté pour être entendu, elle lâcha presque comme une menace : tu me sous-estimes encore beaucoup. Mais ça changera. Se fondant dans les allées de la librairie, la future mère alla rapidement payer son article avant de sortir de la boutique.
Enfin dehors, Éli prit une grande respiration en fermant les yeux.
Ce moment complètement improbable l'avait bouleversé. Et sans savoir mettre des mots précis sur ce qu'elle ressentait, un large sourire s'étendit finalement sur ses joues.
Dernier post pour moi, merciii
Hate de commencer la suite...
@Aelle Bristyle
❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - bouilleur de chaudron
Ce détail qui déborde
Je ne ramène mes yeux sur elle que lorsqu'elle reprend la parole. La signification de ses paroles me passe totalement au-dessus tant je suis surprise qu'elle me confie l'identité du père. Je fronce légèrement les sourcils en fouillant son visage. Omniak... Omniak... C'est un nom qui ne m'est pas inconnu et je sais que je devrais me souvenir de qui il s'agit, car je suis presque sûre que c'est un nom associé à quelque chose qui m'avait marqué, à l'époque où je l'ai entendu, mais impossible de remettre le doigt dessus. Je sais seulement que c'est une personne qui ne m'est pas étrangère, du moins son nom. Je laisse couler sans chercher à me rappeler à tout prix ou à mettre une explication sur ses paroles. Au final, je me fiche un peu de qui est le père même si je me suis évidemment posé la question. Tout cela n'a pas la moindre importance. Et puis Willis reprend rapidement la parole, ce qui m'inspire un rictus moqueur que je ne cherche pas à camoufler.
Cette façon de parler, de répliquer, c'est bien elle. J'émets un bruit de gorge pour seule réponse, sans confirmer ni contredire ce qu'elle vient de dire. Une chose est sûre : je n'ai jamais douté qu'elle puisse se défendre avec ses paroles, c'est le genre de personne qui a toujours quelque chose à répliquer et qui n'a pas sa langue dans sa poche, après tout. C'est peut-être pour cela que je suis encore ici. Et peut-être aussi parce qu'elle vient de m'avouer des choses qui me perturbent encore.
Je la suis du regard quand elle se déplace, mon visage toujours aussi neutre bien que mes yeux soient beaucoup moins froids que tout à l'heure. Bientôt, c'est son dos qu'elle m'offre et bientôt elle commence à s'éloigner parce qu'elle a apparemment des millions de choses à apprendre pour faire quelque chose de ce "nous" qu'elle est en passe de devenir. Puisqu'elle ne peut pas le voir, je laisse mes lèvres s'étirer en un sourire moqueur. Et puis cette dernière phrase qu'elle me lance... Elle part trop vite pour que je lui réponde. Et pourtant, même si elle est déjà loin dans les rayons et même s'il n'y a que les livres pour me répondre, je me surprends à marmonner :
« Nous verrons ça... »
Je la laisse s'en aller et me détourne d'elle pour poursuivre également mon chemin. Comme pour la plupart des gens, je ne pense pas qu'elle pourrait être capable, bientôt, de me prouver que je n'ai pas à la sous-estimer. Mais je sais qu'elle a suffisamment de détermination pour me surprendre un jour, dans plusieurs mois ou plusieurs années, en me ressortant cette phrase ou en me demandant quelque chose d'idiot comme : alors, tu me sous-estimes encore ? Je ne suis pas du genre à croire qu'elle pourrait avoir suffisamment évolué pour que j'arrête de la sous-estimer. Par contre, j'ai cette curiosité au fond de moi, cette curiosité qui me pousse à me demander ce qu'elle deviendra, qui m'encourage à vouloir la recroiser un jour pour voir si effectivement elle a avancé sur le chemin qui, pour moi, est le plus important. Et ce n'est pas celui de la maternité.
C'était un plaisir d'écrire ça avec toi, comme toujours ! Merci beaucoup. J'ai hâte de voir ce que la suite va nous réserver ! À très bientôt !
Cette façon de parler, de répliquer, c'est bien elle. J'émets un bruit de gorge pour seule réponse, sans confirmer ni contredire ce qu'elle vient de dire. Une chose est sûre : je n'ai jamais douté qu'elle puisse se défendre avec ses paroles, c'est le genre de personne qui a toujours quelque chose à répliquer et qui n'a pas sa langue dans sa poche, après tout. C'est peut-être pour cela que je suis encore ici. Et peut-être aussi parce qu'elle vient de m'avouer des choses qui me perturbent encore.
Je la suis du regard quand elle se déplace, mon visage toujours aussi neutre bien que mes yeux soient beaucoup moins froids que tout à l'heure. Bientôt, c'est son dos qu'elle m'offre et bientôt elle commence à s'éloigner parce qu'elle a apparemment des millions de choses à apprendre pour faire quelque chose de ce "nous" qu'elle est en passe de devenir. Puisqu'elle ne peut pas le voir, je laisse mes lèvres s'étirer en un sourire moqueur. Et puis cette dernière phrase qu'elle me lance... Elle part trop vite pour que je lui réponde. Et pourtant, même si elle est déjà loin dans les rayons et même s'il n'y a que les livres pour me répondre, je me surprends à marmonner :
« Nous verrons ça... »
Je la laisse s'en aller et me détourne d'elle pour poursuivre également mon chemin. Comme pour la plupart des gens, je ne pense pas qu'elle pourrait être capable, bientôt, de me prouver que je n'ai pas à la sous-estimer. Mais je sais qu'elle a suffisamment de détermination pour me surprendre un jour, dans plusieurs mois ou plusieurs années, en me ressortant cette phrase ou en me demandant quelque chose d'idiot comme : alors, tu me sous-estimes encore ? Je ne suis pas du genre à croire qu'elle pourrait avoir suffisamment évolué pour que j'arrête de la sous-estimer. Par contre, j'ai cette curiosité au fond de moi, cette curiosité qui me pousse à me demander ce qu'elle deviendra, qui m'encourage à vouloir la recroiser un jour pour voir si effectivement elle a avancé sur le chemin qui, pour moi, est le plus important. Et ce n'est pas celui de la maternité.
— Fin —
C'était un plaisir d'écrire ça avec toi, comme toujours ! Merci beaucoup. J'ai hâte de voir ce que la suite va nous réserver ! À très bientôt !