14 oct. 2025, 14:43
Sharp Bis
1ER SEPTEMBRE 2050
QUATRIEME ANNEE
@Cyrélias Sharp


Mon dernier sourire envoyé à ma mère a du mal de rester, tant je suis concentré sur mon objectif. Je souris donc, hoche la tête face aux recommandations de ma mère que j'ai promis de suivre cette année et veille à ce que la tête de Cyrélias ne soit pas dans notre périmètre. De toute façon, j'ai tout fait pour l'éviter. Notre retard, mes commentaires agaçants ayant obligé ma mère à s'arrêter pour me dire de me calmer, mon besoin irrépressible d'aller aux toilettes de la gare alors qu'elles sont dégoutantes et horriblement chères et ma soudaine envie d'observer la statue en bronze de l'aile gauche de St Pancras. Alors oui, toutes ces lubies m'ont permis de nous faire arriver quelques minutes avant le départ du train et de ne pas le croiser. Bien sûr que je l'aiderai dans le château, bien sûr que je ne laisserai pas manger seul s'il n'a pas d'amis, bien sûr que s'il vient chez les Poufsouffle, je serai là. Oui, maman, promis.

Je monte alors dans le tout premier wagon du train, prêt à faire défiler toutes les cabines s'il le faut pour le trouver, ce Cyrélias Sharp. Cela fait un moment que je ne l'ai pas vu, mais sa tête, j'en suis certain, je la reconnaitrai. Parmi mille. Et bingo. A travers la vitre, je le vois assis face à un autre élève qui n'a pas l'air très âgé. Tant mieux. Je sors ma baguette, jette un petit regard derrière moi pour m'assurer que personne ne me suive et j'entre.

- Toi. Bouge., lui lancé-je en pointant la sortie à l'aide de ma baguette.

L'effet quatrième année fonctionne et le minus se lève presque aussitôt, une fois la surprise passée. Je sens que celui-là, je ne retrouverai ni chez les Serpentard - vu son manque total d'ambition -, ni chez les Gryffondor, vu le peu de courage qu'il semble avoir. Et maintenant place à l'autre minus. Je m'assieds face à lui et plante mon regard sérieux dans le sien, baguette toujours dans ma main, posée sur mon genou gauche.

- Tu te souviens de moi ? Je vérifie un instant dans son regard s'il y a affirmation ou non, et poursuis. Et bien, tu peux oublier. A Poudlard, on n'est ni cousins, ni amis. Tu parles pas de moi, pas de ma mère, pas de ton père, et surtout, tu me parles pas.

Soudain interrompu dans mon discours par mon rat qui gratte ma poche intérieure, je vérifie, lui donne une petite friandise après avoir plongé ma main droite dans mon pantalon et reprends.

- T'as compris ? Ah, et dernière chose. Quand t'auras le Choixpeau sur la tête, demande-lui de ne pas t'envoyer chez les Poufsouffle.

J'ajouterais bien une interdiction de ne pas parler à une certaine professeure, mais je crains qu'il ne le fasse par pure provocation.

Fiche PR - 4e année RP

24 oct. 2025, 11:44
Sharp Bis
Le gamin avait le cœur un peu lourd depuis le matin. Depuis la veille même. Ou l’avant-veille peut-être ? Il ne savait plus bien. Depuis l’annonce de sa nature magique, il oscillait sans arrêt entre impatience et appréhension. Colère aussi quand il lui était apparu qu’il ne pourrait rien dire de ce qu’il vivait à qui que ce soit de son entourage, son père excepté. Alors, au fils des derniers jours de l’été, il avait évité les copains pour ne pas avoir à mentir face à leur questionnement et s’était de plus en plus isolé. Jusqu’à son passage au chemin de traverse pour l’achat de ses fournitures scolaires, il n’avait pas bien appréhendé ce nouvel état de fait et pas compris non plus l’importance du secret qui l’entourait. Allant même jusqu’à souhaiter qu’il disparaître et que lui, le môme, puisse reprendre le cours de sa vie tel qu’elle était car elle lui convenait très bien. Mais depuis ses premiers pas dans son nouveau monde, ses certitudes avaient vacillé et la dualité s’était – pour la première fois – installée durablement en lui. Sensation inconfortable, très inconfortable, qu’il n’appréciait pas du tout. Et, dans l’impossibilité de partager ses sentiments avec Mamou – qui avait jusqu’ici toujours été la solution à tous les types de problème qu’il avait pu rencontrer – le jeune Sharp s’en était finalement ouvert au Marin. C’est de cette conversation qu’avait découlé la seconde surprise de l’été : Il n’était pas le seul sorcier de la famille ! Mazette Popette ! Les yeux ronds comme des billes, le gamin avait écouté son père lui raconter sa propre sœur et toutes les discrétions faites autour d’elle depuis des années. D’elle et de son fils - son cousin – qui serait donc dans le même établissement que lui. Bien. Ok.

De cette nouvelle, il n’avait pas bien su quoi en faire. Certes, il avait été ravi d’apprendre qu’il n’était pas le seul – toute génération comprise – et n’aurait pas à se taire tout le temps. Qu’en certaines occasions – Que lui seul, Théophane, validerait, il avait bien insisté sur cela ! -, le gamin pourrait parler de sa vie, ses expériences, son monde à quelqu’un d’autre qu’à son paternel. Sa tante entrait donc sur la liste. Mais pas son oncle – récoltant un de ces fameux « C’est compliqué » quand il avait fait part de sa surprise. Son cousin bien sûr mais surtout, leurs grands-parents ! Eux savaient donc à eux, il pourrait tout dire. Oh joie ! Car en soit, Mary, John et Lukas, il le connaissait. De Noël en anniversaires divers, il avait régulièrement eu l’occasion de les voir. Mary, il l’appréciait beaucoup. John, il n’avait pas tellement d’avis. Et Lukas, leur écart d’âge ne leur avait jamais trop permis de nouer des liens allant au-delà de ces quelques heures de repas. Ils n’avaient que trois années d’écart mais à leurs âges, ses trois années étaient des gouffres ! Puis - il commençait à le comprendre - le secret qui avait entouré les deux sorciers n’étaient peut-être pas sans lien avec cette distance.

Alors, en ce jour de rentrée, comprenant que deux membres de sa famille seraient sur le quai, il les avait brièvement cherchés. Du moins, en avait-il eu l’intention, mais la foule environnante – et la vision des parents saluant leur progéniture alors que lui avait dû faire ses aurevoirs plusieurs heures plus tôt – l’avait vite découragé dans cette entreprise et fait gagner le premier compartiment libre trouvé, optant pour le siège côté fenêtre à l’opposé du quai. S’il s’écoutait, il serait bien rentré chez lui à l’instant même le gosse. Soupire.

Cet état de mélancolie n’avait heureusement pas duré. L’arrivé dans ce même espace d’un autre élève semblant tout aussi désorienté que lui, le rasséréna quelque peu. La conversation s’engagea doucement « Et, tu t’appelles comment », « Et en quelle année es-tu », « Ah toi aussi ! » , « Et connaissais-tu déjà l … » mais s’interrompit vite, Lukas venant de faire son entrée. Et Lukas n’était pas dans son bon jour. Le plus jeune des cousins ne connaissait peut-être pas bien son ainé mais assez pour comprendre que son humeur n’était pas semblable à un soleil d’été en Méditerranée. Cela dit, à bien y réfléchir, le gosse n’avait pas tellement de souvenirs du premier des juniors Sharp en train de sourire. Non – tout en observant son nouveau camarade s’éclipser sans demander son reste – le gamin conclu mentalement que – selon lui – la météo naturelle de son cousin était plus semblable aux plafonds brumeux et lourds des ciels du nord. Pas de chance pour lui. L’observant sans mot dire, prendre la place précédemment occupée - se contentant d’acquiescer très brièvement à sa première interrogation -, il l’écouta la moue plissée. Pas de cousins. Pas de lien. Pas de parole. Et pas de Poufsouffle. Très bien.


- « Et sinon quoi ? »


Ok. Niveau réponse diplomatique, ce n’était peut-être pas la meilleure qu’il est pu émettre. Mais – malgré la baguette sortie – le môme n’en avait pas trouvé d’autres, inconsciemment persuadé que l’Irascible – il l’appellerait ainsi désormais ! – ne pourrait rien lui faire de réellement grave. Bougeant pour la première fois depuis le changement de voisinage, il replia ses jambes sous lui, en position d’Indien, l’une des plus naturelles chez lui.

- « C’est quoi le Choixpeau ? »


Signe que pour lui, le sujet était presque clos, il fouilla dans le sac posé à côté de lui et en sortit une boite de conservation maison. L’ouvrant sur une série de biscuits de tailles et cuissons diverses, il piocha le premier dedans et la tendit à son cousin ensuite, tout en croquant dans son biscuit.

- « Aller prends ! Ça vient de Grand-Ma, elle me les a envoyés hier. »
Avalant une seconde bouchée, anticipant une possible une réplique du cousin, il ajoute. « Et j’ai compris, à Poudlard, on ne se connaît pas. Mais là, on y ait pas encore alors prends. »

Aller ! Des gâteaux fait par une aïeule commune, ça vaut bien un calumet de la paix non ?

1ère année - Code couleur : #483D8B
Recherche Actuelle : Maman où es-tu ?!

27 oct. 2025, 17:59
Sharp Bis
De tous les cousins que le monde m'avait donnés - et donc le seul -, il avait fallu que celui-ci réponde à une menace par l'insolence. Typiquement ce que j'aurais pu répondre, et c'en était agaçant. Je me mords l'intérieur de la joue, réfrène mes doigts qui tendent à se crisper sur ma baguette et force le ralentissement des sorts qui défilent déjà dans ma tête. Lui faire perdre ses cheveux ? Le coller à son siège ? Le pétrifier ? J'ai l'embarras du choix. Mais alors que les idées fleurissent une à une, c'est sa question idiote qui me donne envie de mettre à exécution un des sortilèges.

Mes sourcils se froncent, je tente de comprendre cette méconnaissance de moldu ou son manque de culture en général. N'a-t-il donc jamais rien lu sur Poudlard, à tel point qu'il ne sache pas même pas comment est faite la répartition des première année ? Je grimace de jugement alors que je l'observe sortir sa boîte à gâteau et m'en tendre un comme s'il ne venait pas de poser la question la plus stupide.

- Comment ça, c'est quoi le Choixpeau ?, demandé-je sans répondre à son biscuit tendu et ses derniers commentaires. Le Choixpeau qu'on va te mettre sur la tête et qui va t'envoyer dans une maison. Tu es si inculte que ça ?

Et c'est en énonçant cette question que je me mets à penser à ma réputation. Je ne suis pas idiot, je sais bien que lorsque ceux qui me connaissent entendront mon nom, l'association évidente se fera - sauf pour les plus simplets. Et je refuse. Je refuse que son manque de connaissances me soit lié d'une quelconque manière.

- Qui est-ce qui est venu chez toi pour te dire que t'étais sorcier ? On t'a pas parlé de ça ?

Et puis soudain, je me mets à craindre que Tremblay ait pu venir chez lui pour l'annonce. Est-ce qu'il la connait ? Est-ce qu'elle sait déjà ? Qu'aura-t-elle pensé de lui ? Et même de moi ?

Fiche PR - 4e année RP

5 nov. 2025, 15:09
Sharp Bis
Une dernière fois, le plus jeune des deux Sharp secoua la boite à biscuit devant l’aîné pour l’inciter à en prendre, haussant finalement les épaules devant son indifférence. Reprenant lui-même un gâteau, il reposa finalement le récipient sur le siège à sa droite, la coinçant entre le dossier et son sac. Il ne s’agirait pas qu’elles se renversent à cause d’un mouvement de rail !

À l’attaque verbale, il répondit par un nouveau haussement d’épaule. Allait-il finir la tête entre ses articulations à force de le faire ? A l’image des menaces que l’on fait aux enfants de rester bloquer si l’on louchait dans un courant d’air.


- « Ah, c’est pour les maisons … »

À dire vrai, le gamin gardait assez peu de souvenir de cette fameuse soirée de révélation. Fin d’après-midi de vacance - comme tous les après-midi - il prenait un goûter chez Mamou débattant avec elle du vol des goélands par rapport à celui des hirondelles. De ça, il s’en souvenait très bien. Avait alors résonnée la voix tonitruante de son père à l’autre bout du jardin, le sommant de rentrer. « Arf, mais qu’as-tu donc encore fait ? » s’était esclaffée la vieille femme. Puis, avant qu’il ne puisse lui faire part de son incompréhension de vive voix – même si celle-ci devait être particulièrement visible à son faciès – elle avait ajouté « Aller file, avant qu’il ne s’agace plus. » Il n’avait donc pas protesté et sautant du banc - tartine de beurre et chocolat en main - avait traversé le jardin séparant les deux maisons.

Il s’était attendu à trouver un Théophane tendu, l’œil dur et la respiration bruyante, signe chez lui d’une colère sommairement contenue. Mais ce ne fut pas du tout le cas. Au contraire. Il découvrit son père debout derrière l’une de leur chaise en bois, les mains serrées sur le dossier, le regard lourd de peine. Cette attitude – très peu habituelle chez son paternel – avait bien plus déconcerté l’enfant qu’une ire – état beaucoup plus costumiers au caractère de Sharp Père – aussi fracassante que rapide. L’instant d’après, il découvrait la présence d’un tiers, quelques pas en face du marin. Une femme. Une inconnue. Les alarmes s’étaient alors déclenchées dans la tête du môme. C’est sûr, c’est elle. Elle est revenue le chercher. Panique à bord ! Voir sa mère revenir l’enlever à son foyer était secrètement l’une de ses plus grandes frayeurs. Un bref instant, il avait envisagé de faire demi-tour – la porte était toujours ouverte – et de prendre ses jambes à son cou. Fuir. Fuir loin d’elle !
« Assieds-toi. » La voix calme mais ferme du père avait coupé – surement volontairement, car il connaissait son descendant – court à toute tentative et intention. C’est à peu près à ce moment-là que l’inconscient du gamin le bascula en automate. Une quasi-dissociation. Un mode survie développé depuis longtemps, qui permettait au môme d’agir, de parler, très sagement, très poliment, très calmement. Mais ne lui laissé que peu de souvenir et sensation. Ce qu’il avait appris de cette soirée venait principalement de ce que Théophane lui avait répété les jours suivants, quand père et fils étaient revenus sur cette découverte.

- « J’ai pas retenu son nom. C’était une femme. Plutôt sympa. »

Ne voulant pas avouer son amnésie partielle à son irritable cousin, il croqua la dernière boucher de son cookie, jetant un regard dehors, cherchant à dévier le sujet.

- « Des maisons si, mais je me rappelais pu du Choixpeau. » Puis, se remémorant les premières paroles de l’aîné, il reporta son attention sur lui. « Si tu veux pas que j’y aille, j’imagine que t’es à Poufsouffle, toi. »

Élémentaire, mon chez Watson.
Et si un part de lui avait particulièrement envie de désobéir à l’ordre familial part pur esprit de contradiction, une autre espérait bien ne pas obtenir les mêmes couleurs. Il pressentait que l’agacement du jaune et noir n’allait pas disparaître de sitôt et n’avait pas particulièrement envie de la subir au quotidien.


- « Dis. Avant l’école, avant tout ça, s’était pas chiant pour toi de ne rien pouvoir dire à personne pour la magie ? A personne d’autre que tes parents, j’veux dire. Moi j’aime pas du tout. »

Non décidément, il ne digérait pas de rien avoir pu dire à Isolde.

1ère année - Code couleur : #483D8B
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