Parade vindicative
Bar sorcier mal éclairé,
Au cœur d'une soirée brumeuse de 2044
@Damon Nikonov
Appuyée contre le comptoir du bar, Adélaïde sirotait un cocktail plutôt coloré, bien que le breuvage perdait de sa jolie teinte rose à mesure qu'il circulait dans sa paille. Elle ne savait plus vraiment le nom de ladite boisson, à vrai dire, l'avait-elle seulement déjà su ? Habituellement, Antonn la commandait pour elle, et tous deux allaient s'asseoir sur une des banquettes rouges qui, actuellement, étaient occupées par une masse de clients dont elle ne connaissait pas le nom. Elle était persuadée que le monde qui peuplait l'enseigne en journée était bien différent de celui qui l'animait le soir, et le contraire aurait été, en vérité, plutôt perturbant.
Seulement voilà, aujourd'hui, Antonn n'était pas là pour la prendre en charge. Sa présence à ses côtés, là, tout près de son épaule, lui aurait presque manqué, en temps normal. Presque. Si elle ressentait une impression de vide autour de sa taille que l'Irlandais avait pour habitude d'entourer de son bras lorsqu'ils discutaient tous deux ici, l'âme et l'esprit de son compagnon n'étaient pas suffisamment belles désormais, pour qu'elle puisse les regretter une minute. Mais pouvait-elle vraiment l'appeler son compagnon ? Cela faisait bien une semaine que les deux scientifiques cohabitaient dans leur appartement commun, sans échanger un seul commentaire. Oh, lui avait bien essayé de lancer un ou deux mots doux à l'adresse de la sorcière, mais des mots qu'elle avait envoyé valser immédiatement, sèchement, lorsqu'elle fit tomber un épais mur de glace entre leurs deux silhouettes ; un mur de glace qui congelait l'ensemble de la résidence, et qui frigorifiait les muscles dès qu'on y entrait, tant l'ambiance était semblable à celle d'une réunion funèbre de fantômes.
Les actes du brun faisaient partie de ces choses que tout être normalement constitué aurait rejeté avec force, jugé sans pitié, et expédié loin, très loin dans l'univers, car même un pardon n'était suffisant à véritablement recoudre une poitrine déchirée. Pourtant, même dans toute la haine qu'elle pouvait, elle, ressentir depuis les confessions, une pointe de compassion, d'espérance aussi, perduraient dans son cœur, comme si, parce qu'elle l'aimait, parce qu'il était celui qu'elle avait choisi, il a plusieurs années, cela faisait de lui un être bon, un être à pardonner. Quelqu'un qui faisait des erreurs, mais qui les faisait de façon inconsciente, sans vraiment vouloir faire le mal, sans vraiment trahir, sans vraiment blesser. Simplement des gestes qui font saigner, qui remettent en question toute une passion qui avait voyagé si loin déjà entre les deux, des actes qui, dans la noirceur accablante de la nuit, s'apparentaient à des météorites, ces étoiles filantes qui pétillaient somptueusement dans l'éternel ciel, au loin, mais qui, quelque part sur cette Terre, s'écrasaient et, inévitablement, causaient d'énormes dégâts.
Alors, elle avait accepté. Accepté que, oui, il s'était trompé. Que, oui, cela faisait mal de l'admettre. Mais qu'il regrettait. Beaucoup. Énormément. Mais surtout, elle avait accepté qu'après tant d'années, elle ne voulait pas être celle qui mettrait fin à une aventure si prenante entre leurs deux personnes, pour une simple jalousie.
Antonn n'était pas conscient. Il était alcoolisé. Rien d'autre. Il ne recommencerait plus. Et il ne voyait plus la femme qui l'avait accompagnée dans ses draps, au creux d'une nuit profonde, là où même les étoiles, si haut dans la voûte, ne pouvait taire une pareille hérésie.
Cependant, s'il y avait bien des choses qu'elle pouvait céder à son amant, Adélaïde savait se respecter. Sa dignité et son orgueil étaient tous deux tellement immenses qu'elle ne pouvait simplement passer à autre chose. Du moins, pour faire la passerelle entre cet épisode tragiquement bouleversant, et une vie à nous plus paisible avec son cher et tendre, il fallait passer par une toute petite étape, très très banale, sans presque aucune signification : la vengeance.
Ce serait un euphémisme que de dire que l'Allemande était un peu rancunière. Littéralement, elle voulait se faire justice, toujours, et encore plus durant cette soirée, pour chasser à jamais les déchets verdâtres et ignobles qu'avait versé Antonn sur sa peau en lui avouant sa tromperie. À la place de l'homme, elle se sentait sale, crasseuse, même. Elle avait l'impression de porter le poids d'une affliction qui n'aurait pas dû être sienne. Mais pourtant la voilà, adossée à ce comptoir, à scruter la venue d'un bel homme -n'importe quel jeune sorcier ferait l'affaire- pour se servir de son joli sourire et se hisser à la hauteur des actions répugnantes de son collègue de travail. Ainsi, elle ne pourra plus le blâmer, l'accuser, et lui, ne pourra même pas essayer de l'affliger, lui, le mage aux mains couvertes de culpabilité et dont les empreintes à elles seules feraient l'objet de toute une enquête policière, tant elles constituaient un motif écœurant qui illustrait ses mouvements. Ses mouvements, qui devraient presque être illégaux, car, comment autoriser à tout homme, à toute femme, d'ainsi enfoncer une dague dans un cœur si aveugle et si amoureux ?
818
Au cœur d'une soirée brumeuse de 2044
@Damon Nikonov
Appuyée contre le comptoir du bar, Adélaïde sirotait un cocktail plutôt coloré, bien que le breuvage perdait de sa jolie teinte rose à mesure qu'il circulait dans sa paille. Elle ne savait plus vraiment le nom de ladite boisson, à vrai dire, l'avait-elle seulement déjà su ? Habituellement, Antonn la commandait pour elle, et tous deux allaient s'asseoir sur une des banquettes rouges qui, actuellement, étaient occupées par une masse de clients dont elle ne connaissait pas le nom. Elle était persuadée que le monde qui peuplait l'enseigne en journée était bien différent de celui qui l'animait le soir, et le contraire aurait été, en vérité, plutôt perturbant.
Seulement voilà, aujourd'hui, Antonn n'était pas là pour la prendre en charge. Sa présence à ses côtés, là, tout près de son épaule, lui aurait presque manqué, en temps normal. Presque. Si elle ressentait une impression de vide autour de sa taille que l'Irlandais avait pour habitude d'entourer de son bras lorsqu'ils discutaient tous deux ici, l'âme et l'esprit de son compagnon n'étaient pas suffisamment belles désormais, pour qu'elle puisse les regretter une minute. Mais pouvait-elle vraiment l'appeler son compagnon ? Cela faisait bien une semaine que les deux scientifiques cohabitaient dans leur appartement commun, sans échanger un seul commentaire. Oh, lui avait bien essayé de lancer un ou deux mots doux à l'adresse de la sorcière, mais des mots qu'elle avait envoyé valser immédiatement, sèchement, lorsqu'elle fit tomber un épais mur de glace entre leurs deux silhouettes ; un mur de glace qui congelait l'ensemble de la résidence, et qui frigorifiait les muscles dès qu'on y entrait, tant l'ambiance était semblable à celle d'une réunion funèbre de fantômes.
Les actes du brun faisaient partie de ces choses que tout être normalement constitué aurait rejeté avec force, jugé sans pitié, et expédié loin, très loin dans l'univers, car même un pardon n'était suffisant à véritablement recoudre une poitrine déchirée. Pourtant, même dans toute la haine qu'elle pouvait, elle, ressentir depuis les confessions, une pointe de compassion, d'espérance aussi, perduraient dans son cœur, comme si, parce qu'elle l'aimait, parce qu'il était celui qu'elle avait choisi, il a plusieurs années, cela faisait de lui un être bon, un être à pardonner. Quelqu'un qui faisait des erreurs, mais qui les faisait de façon inconsciente, sans vraiment vouloir faire le mal, sans vraiment trahir, sans vraiment blesser. Simplement des gestes qui font saigner, qui remettent en question toute une passion qui avait voyagé si loin déjà entre les deux, des actes qui, dans la noirceur accablante de la nuit, s'apparentaient à des météorites, ces étoiles filantes qui pétillaient somptueusement dans l'éternel ciel, au loin, mais qui, quelque part sur cette Terre, s'écrasaient et, inévitablement, causaient d'énormes dégâts.
Alors, elle avait accepté. Accepté que, oui, il s'était trompé. Que, oui, cela faisait mal de l'admettre. Mais qu'il regrettait. Beaucoup. Énormément. Mais surtout, elle avait accepté qu'après tant d'années, elle ne voulait pas être celle qui mettrait fin à une aventure si prenante entre leurs deux personnes, pour une simple jalousie.
Antonn n'était pas conscient. Il était alcoolisé. Rien d'autre. Il ne recommencerait plus. Et il ne voyait plus la femme qui l'avait accompagnée dans ses draps, au creux d'une nuit profonde, là où même les étoiles, si haut dans la voûte, ne pouvait taire une pareille hérésie.
Cependant, s'il y avait bien des choses qu'elle pouvait céder à son amant, Adélaïde savait se respecter. Sa dignité et son orgueil étaient tous deux tellement immenses qu'elle ne pouvait simplement passer à autre chose. Du moins, pour faire la passerelle entre cet épisode tragiquement bouleversant, et une vie à nous plus paisible avec son cher et tendre, il fallait passer par une toute petite étape, très très banale, sans presque aucune signification : la vengeance.
Ce serait un euphémisme que de dire que l'Allemande était un peu rancunière. Littéralement, elle voulait se faire justice, toujours, et encore plus durant cette soirée, pour chasser à jamais les déchets verdâtres et ignobles qu'avait versé Antonn sur sa peau en lui avouant sa tromperie. À la place de l'homme, elle se sentait sale, crasseuse, même. Elle avait l'impression de porter le poids d'une affliction qui n'aurait pas dû être sienne. Mais pourtant la voilà, adossée à ce comptoir, à scruter la venue d'un bel homme -n'importe quel jeune sorcier ferait l'affaire- pour se servir de son joli sourire et se hisser à la hauteur des actions répugnantes de son collègue de travail. Ainsi, elle ne pourra plus le blâmer, l'accuser, et lui, ne pourra même pas essayer de l'affliger, lui, le mage aux mains couvertes de culpabilité et dont les empreintes à elles seules feraient l'objet de toute une enquête policière, tant elles constituaient un motif écœurant qui illustrait ses mouvements. Ses mouvements, qui devraient presque être illégaux, car, comment autoriser à tout homme, à toute femme, d'ainsi enfoncer une dague dans un cœur si aveugle et si amoureux ?
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Parade vindicative
Je ne sais même pas ce que je fais ici. Sûrement un autre trou perdu en Irlande. Le genre d’endroit où tout le monde se connaît, est de la même famille, et où les habitants doivent se compter sur les doigts d’une main. Après avoir glissé ma baguette dans la manche de mon manteau, je me dirige vers la lumière que j’aperçois plus loin. C’est flou, juste quelques points dans le noir. Ce n’est pas la première fois que ça arrive. D’atterrir dans des endroits aléatoires dans lesquels je me rappelle seulement avoir fait des missions. Ou parfois pas. J’ai l’impression que tout m’échappe en ce moment, que je fais n’importe quoi pour réussir à m’ancrer et que ça me retombe dessus des semaines plus tard. Le pire, c’est que je sens la chute venir, et je ne fais rien pour l’arrêter. Je... regrette. Trop de choses, que je n’ai pas faites et que je fais mal.
Ça n’aide pas que tout soit nouveau, que je ne puisse parler à personne de ce que je fais. Les mots restent coincés dans ma gorge, lourds et inutiles. Par honte ? Parce que je ne veux pas qu’on me regarde avec des yeux remplis de peur ? De déception ? Peut-être les deux. Ça devient parfois trop compliqué et je me mets à divaguer. Trop. Mes pensées partent dans tous les sens, comme si elles cherchaient à fuir avant moi. Rhys s’amuse à me traiter d’alcoolique mais il y a cette inquiétude à chaque fois dans ses yeux qui me donne envie de faire le pire. Je suis celui qui s’inquiète pour les autres, pas le contraire, pas quand j’ai été obligé de prendre soin de tous mes proches de peur qu’ils finissent comme... lui. Lui que je n’ai même pas pu chérir une seule seconde mais celui pour lequel j’aurais mis le monde à feu et à sang. Parfois, je me demande si c’est pour lui que je continue à respirer, ou juste parce que j’ai oublié comment arrêter.
Je pousse la porte du bar, sûrement le seul à des kilomètres à la ronde, et ajuste mon manteau avant de relever la tête. L’odeur d’alcool bon marché et de bois humide m’accueille comme une vieille habitude. Ça ne devrait pas m’étonner que ce soit aussi vide. Je sens un regard sur moi et je tourne la tête pour trouver une femme. Elle est avec quelqu’un ? Il faudrait que je parte, que je tourne les talons pour rentrer chez moi et dormir, mais voilà que je me dirige vers elle. Mes pas résonnent sur le parquet, bien trop fort dans ce silence. « Une si belle femme seule dans un bar perdu ? » Je hausse légèrement le sourcil gauche une fois arrivée juste en face d’elle, les mains enfoncées dans les poches. « Soit je suis le chanceux qui peut vous offrir un verre, soit votre... ami vient de partir ? » Je me retrouve à espérer que c’est la première option. Pathétique.
Cette femme ne m’apportera sûrement rien de bon, seulement des regrets j’imagine, mais j’ai besoin de compagnie ce soir. Un peu de chaleur, même feinte, même achetée au prix d’un verre. Ici, là-bas, où qu’elle veuille tant qu’elle ne me laisse pas comme tous ces autres. Ou peut-être que c’est moi qui pars ? J’ai comme l’impression que souvent ils ne me laissent pas le choix. Il faut bien que je parte sinon leur pitié finira par me faire faire quelque chose que je regretterai. Et ce soir, j’ai déjà assez de regrets pour remplir tout le bar, alors... un de plus ou de moins ?
Je retire mon manteau sans attendre sa réponse et la plie sur le dossier de la chaise haute juste à côté de la sienne avant de m’asseoir pour faire en sorte que mon coude frôle le sien sur le comptoir. Je fais signe au barman de me servir un whiskey. Même si son copain devait revenir, je ne sais pas si j’aurai envie de m’éloigner. Elle n’est sûrement pas mariée comme elle n’a pas de bague à l’annulaire, mais ça m’étonnerait qu’elle soit venue ici seule.
695 mots
Ça n’aide pas que tout soit nouveau, que je ne puisse parler à personne de ce que je fais. Les mots restent coincés dans ma gorge, lourds et inutiles. Par honte ? Parce que je ne veux pas qu’on me regarde avec des yeux remplis de peur ? De déception ? Peut-être les deux. Ça devient parfois trop compliqué et je me mets à divaguer. Trop. Mes pensées partent dans tous les sens, comme si elles cherchaient à fuir avant moi. Rhys s’amuse à me traiter d’alcoolique mais il y a cette inquiétude à chaque fois dans ses yeux qui me donne envie de faire le pire. Je suis celui qui s’inquiète pour les autres, pas le contraire, pas quand j’ai été obligé de prendre soin de tous mes proches de peur qu’ils finissent comme... lui. Lui que je n’ai même pas pu chérir une seule seconde mais celui pour lequel j’aurais mis le monde à feu et à sang. Parfois, je me demande si c’est pour lui que je continue à respirer, ou juste parce que j’ai oublié comment arrêter.
Je pousse la porte du bar, sûrement le seul à des kilomètres à la ronde, et ajuste mon manteau avant de relever la tête. L’odeur d’alcool bon marché et de bois humide m’accueille comme une vieille habitude. Ça ne devrait pas m’étonner que ce soit aussi vide. Je sens un regard sur moi et je tourne la tête pour trouver une femme. Elle est avec quelqu’un ? Il faudrait que je parte, que je tourne les talons pour rentrer chez moi et dormir, mais voilà que je me dirige vers elle. Mes pas résonnent sur le parquet, bien trop fort dans ce silence. « Une si belle femme seule dans un bar perdu ? » Je hausse légèrement le sourcil gauche une fois arrivée juste en face d’elle, les mains enfoncées dans les poches. « Soit je suis le chanceux qui peut vous offrir un verre, soit votre... ami vient de partir ? » Je me retrouve à espérer que c’est la première option. Pathétique.
Cette femme ne m’apportera sûrement rien de bon, seulement des regrets j’imagine, mais j’ai besoin de compagnie ce soir. Un peu de chaleur, même feinte, même achetée au prix d’un verre. Ici, là-bas, où qu’elle veuille tant qu’elle ne me laisse pas comme tous ces autres. Ou peut-être que c’est moi qui pars ? J’ai comme l’impression que souvent ils ne me laissent pas le choix. Il faut bien que je parte sinon leur pitié finira par me faire faire quelque chose que je regretterai. Et ce soir, j’ai déjà assez de regrets pour remplir tout le bar, alors... un de plus ou de moins ?
Je retire mon manteau sans attendre sa réponse et la plie sur le dossier de la chaise haute juste à côté de la sienne avant de m’asseoir pour faire en sorte que mon coude frôle le sien sur le comptoir. Je fais signe au barman de me servir un whiskey. Même si son copain devait revenir, je ne sais pas si j’aurai envie de m’éloigner. Elle n’est sûrement pas mariée comme elle n’a pas de bague à l’annulaire, mais ça m’étonnerait qu’elle soit venue ici seule.
695 mots
Avatar avec l’indispensable l’insupportable Rahima Ahmadi.
« C'est pas parce que t'as l'air d'un dépressif accro à la caféine probablement emo raté dans ta jeunesse [...] » – C.W.
« C'est pas parce que t'as l'air d'un dépressif accro à la caféine probablement emo raté dans ta jeunesse [...] » – C.W.
Parade vindicative
Adélaïde soupira en reposant son verre vide sur le comptoir. Le contact du matériau contre le bois du bar fit éclater un petit écho sourd qui vint tinter à ses oreilles, comme le font les cloches de la commune, toutes les demi-heures. Cloches incessantes qui, plus le temps passait, plus elles devenaient immondes, insupportables. Si auparavant, elle n'annonçait que les minutes qui s'étaient écoulées après un certain temps, désormais, on aurait cru qu'elles désignaient en toute musicalité l'arrivée de la fureur de l'Allemande. Un son affreux, impossible à surmonter, qui la rapprochait chaque fois un peu plus du bord du gouffre, auprès duquel elle était déjà bien avancée. Oh, comme elle aurait apprécié le silence. Le vide. Juste une bande sonore complètement vierge, blanche, dépourvue de toute parole, toute symphonie, tout bruit parasite. Couper ses tympans de tous ces bavardages inutiles qui ne faisaient qu'augmenter les décibels du lieu dans lesquels les discours étaient livrés, et qui s'agglutinaient aux autres paroles déversées au sein de cette même place, pour former un charabia écœurant, un bourdemment qui dérangeait la paix intérieure de ceux qui voulait juste goûter à la douceur du mutisme commun.
Pour apaiser l'agacement qui commençait à naître dans son âme alors que tous les vieux alcooliques du coin s'étaient regroupés autour d'une table pour écouler un flot de paroles plus bruyant que nécessaire, elle sortit un petit carnet de la sacoche qu'elle portait toujours avec elle et commença à griffonner quelques petites suites de chiffres minuscules dans un coin de la page, chiffres, qu'elle avait affiné dans la semaine, à l'observatoire, avec le groupe de recherche. L'Allemande devait bien l'avouer, elle avait des passe-temps, des hobbies qui pouvaient être remis en question, pris de haut, même, tant ils étaient atypiques. La vérité, pourtant, c'était tout simplement qu'elle ne savait pas quoi faire d'autres. Pour l'astronome, l'univers était sa seule destinée, son unique et fidèle épouse, comme si à sa naissance, elle avait été mariée à la voûte. Elle ne savait quoi aimer d'autres, de la même façon qu'elle aimait et parlait aux étoiles. C'était une passion si infime, si solitaire et pourtant si immense pour une seule et unique personne. Adélaïde peignait, elle tissait, elle jouait de la harpe, mais tout cela, ce n'était rien que des disciplines appris parmi tant d'autres il y a des années, des disciplines travaillées pendant tellement de temps qu'elle les avait poursuivi même après leur apprentissage, car y mettre fin aurait bouleversé sa façon de vivre son quotidien. Cela faisait partie de sa routine, c'est tout.
Mais l'astronomie, c'était bien différent. Ah ça oui. L'intérêt s'était forgé il y a des années, et n'avait cessé de croître avec les décennies, mais surtout, avait grandi de jour en jour, et aujourd'hui encore, elle se revoyait constituer à la main une carte du ciel sur un pauvre morceau de parchemin, chaque soir lorsqu'elle le pouvait. Depuis sa chambre, et, à Durmstrang, aussi. Elle s'étonnait à constater que certains corps y étaient plus visibles, mais paniquait lorsqu'elle ne trouvait plus un éclat lumineux, à l'exact même emplacement qu'il aurait été, depuis la fenêtre de l'aile Est du manoir Brennen. C'était une de ces nuits-là, lorsque tous dormaient à poings fermés, qu'elle avait réalisé, dans le noir, combien l'univers était immense. Et depuis cette fameuse soirée, le ciel, l'univers, l'espace, tous ces mots flous dépourvus de sens précis, furent jeté à la poubelle. Depuis lors, tout ceci ne fut plus appelé que l'Infinité.
Sa plume gratta une dernière fois le morceau de papier avant qu'elle ne remarque une présence dans son dos, puis à côté d'elle, alors qu'une voix avait résonné dans son esprit, et y avait percé la bulle qu'elle s'était construite autour d'elle en attendant la venue de sa proie. La trentenaire referma rapidement son précieux outil et se tourna vers l'homme qui se tenait devant elle. Lui, debout, elle ne leva pas la tête pour croiser ses iris, inconfortable à l'idée qu'il la regarde de haut, de là où il se tenait. Elle se contenta de garder la tête droite, encore préoccupée à ranger son carnet dans sa sacoche, et répondit, toute son attention encore focalisée sur la couverture bleue brodée de fil d'or de l'ouvrage : « Ce bar n'est perdu que pour celui qui ne le trouve jamais. Regardez donc ces gens, elle ne bougea pas plus, n'ont-ils pas l'air de se sentir chez eux, ici ? »
Puis, enfin, lorsqu'elle jugea qu'elle l'avait suffisamment fait attendre, elle leva son menton pour partir à la rencontre du visage du sorcier. Elle s'immobilisa une demi-seconde alors qu'elle parcourait les traits qui détaillaient la beauté de l'autre, et failli laisser sa mâchoire se décrocher en constatant la finesse de son apparence. Mais rapidement, elle poursuivit, pour ne pas laisser entrevoir son état de choc. « Je prends le compliment. »
Un large sourire satisfait se dessina sur ses lèvres.
Portant à présent tout son intérêt sur la chevelure blonde au sommet de son interlocuteur, elle s'enfonça un peu dans sa chaise et croisa les bras sous sa poitrine.
« Oh, mon ami est parti depuis bien longtemps, oui. »
Cela faisait un moment qu'Antonn était parti. Il était toujours là, présent dans l'appartement. Elle voyait sa tête, son corps, son ombre, quotidiennement, mais son esprit n'était pas là. Elle le voyait. Il n'était plus là. Il était ailleurs, complètement, bien loin de l'endroit où ses pieds s'ancrent dans le sol. Et Adélaïde avait appris à vivre avec.
Ses pupilles plongèrent dans celle du bel inconnu, et, d'un seul haussement de sourcil ainsi que d'un petit éclat provocateur dans ses yeux, elle le défia de poursuivre. De son simple mutisme, elle le laissait prendre le contrôle de la situation. D'une certaine façon, elle le mettait également à l'épreuve de la divertir, de ne point la décevoir et donc, de mériter sa place à ses côtés, maintenant qu'il fut assis. La brune fit semblant de ne pas remarquer le coude masculin qui frôla le sien, et se contenta de maintenir le contact visuel, tout en affirmant un petit peu plus la pression de son propre coude sur celui qui avait touché son corps.
Pourtant, sa curiosité était sans limite, et malgré toute tentative de paraître mystérieuse, son piètre petit jeu d'actrice ne dura bien que quelques secondes. Elle céda à la tentation.
« Et vous alors...un si bel homme, seul dans un bar perdu ? Vous m'en voyez étonnée. »
Elle pouffa.
1077
Pour apaiser l'agacement qui commençait à naître dans son âme alors que tous les vieux alcooliques du coin s'étaient regroupés autour d'une table pour écouler un flot de paroles plus bruyant que nécessaire, elle sortit un petit carnet de la sacoche qu'elle portait toujours avec elle et commença à griffonner quelques petites suites de chiffres minuscules dans un coin de la page, chiffres, qu'elle avait affiné dans la semaine, à l'observatoire, avec le groupe de recherche. L'Allemande devait bien l'avouer, elle avait des passe-temps, des hobbies qui pouvaient être remis en question, pris de haut, même, tant ils étaient atypiques. La vérité, pourtant, c'était tout simplement qu'elle ne savait pas quoi faire d'autres. Pour l'astronome, l'univers était sa seule destinée, son unique et fidèle épouse, comme si à sa naissance, elle avait été mariée à la voûte. Elle ne savait quoi aimer d'autres, de la même façon qu'elle aimait et parlait aux étoiles. C'était une passion si infime, si solitaire et pourtant si immense pour une seule et unique personne. Adélaïde peignait, elle tissait, elle jouait de la harpe, mais tout cela, ce n'était rien que des disciplines appris parmi tant d'autres il y a des années, des disciplines travaillées pendant tellement de temps qu'elle les avait poursuivi même après leur apprentissage, car y mettre fin aurait bouleversé sa façon de vivre son quotidien. Cela faisait partie de sa routine, c'est tout.
Mais l'astronomie, c'était bien différent. Ah ça oui. L'intérêt s'était forgé il y a des années, et n'avait cessé de croître avec les décennies, mais surtout, avait grandi de jour en jour, et aujourd'hui encore, elle se revoyait constituer à la main une carte du ciel sur un pauvre morceau de parchemin, chaque soir lorsqu'elle le pouvait. Depuis sa chambre, et, à Durmstrang, aussi. Elle s'étonnait à constater que certains corps y étaient plus visibles, mais paniquait lorsqu'elle ne trouvait plus un éclat lumineux, à l'exact même emplacement qu'il aurait été, depuis la fenêtre de l'aile Est du manoir Brennen. C'était une de ces nuits-là, lorsque tous dormaient à poings fermés, qu'elle avait réalisé, dans le noir, combien l'univers était immense. Et depuis cette fameuse soirée, le ciel, l'univers, l'espace, tous ces mots flous dépourvus de sens précis, furent jeté à la poubelle. Depuis lors, tout ceci ne fut plus appelé que l'Infinité.
Sa plume gratta une dernière fois le morceau de papier avant qu'elle ne remarque une présence dans son dos, puis à côté d'elle, alors qu'une voix avait résonné dans son esprit, et y avait percé la bulle qu'elle s'était construite autour d'elle en attendant la venue de sa proie. La trentenaire referma rapidement son précieux outil et se tourna vers l'homme qui se tenait devant elle. Lui, debout, elle ne leva pas la tête pour croiser ses iris, inconfortable à l'idée qu'il la regarde de haut, de là où il se tenait. Elle se contenta de garder la tête droite, encore préoccupée à ranger son carnet dans sa sacoche, et répondit, toute son attention encore focalisée sur la couverture bleue brodée de fil d'or de l'ouvrage : « Ce bar n'est perdu que pour celui qui ne le trouve jamais. Regardez donc ces gens, elle ne bougea pas plus, n'ont-ils pas l'air de se sentir chez eux, ici ? »
Puis, enfin, lorsqu'elle jugea qu'elle l'avait suffisamment fait attendre, elle leva son menton pour partir à la rencontre du visage du sorcier. Elle s'immobilisa une demi-seconde alors qu'elle parcourait les traits qui détaillaient la beauté de l'autre, et failli laisser sa mâchoire se décrocher en constatant la finesse de son apparence. Mais rapidement, elle poursuivit, pour ne pas laisser entrevoir son état de choc. « Je prends le compliment. »
Un large sourire satisfait se dessina sur ses lèvres.
Portant à présent tout son intérêt sur la chevelure blonde au sommet de son interlocuteur, elle s'enfonça un peu dans sa chaise et croisa les bras sous sa poitrine.
« Oh, mon ami est parti depuis bien longtemps, oui. »
Cela faisait un moment qu'Antonn était parti. Il était toujours là, présent dans l'appartement. Elle voyait sa tête, son corps, son ombre, quotidiennement, mais son esprit n'était pas là. Elle le voyait. Il n'était plus là. Il était ailleurs, complètement, bien loin de l'endroit où ses pieds s'ancrent dans le sol. Et Adélaïde avait appris à vivre avec.
Ses pupilles plongèrent dans celle du bel inconnu, et, d'un seul haussement de sourcil ainsi que d'un petit éclat provocateur dans ses yeux, elle le défia de poursuivre. De son simple mutisme, elle le laissait prendre le contrôle de la situation. D'une certaine façon, elle le mettait également à l'épreuve de la divertir, de ne point la décevoir et donc, de mériter sa place à ses côtés, maintenant qu'il fut assis. La brune fit semblant de ne pas remarquer le coude masculin qui frôla le sien, et se contenta de maintenir le contact visuel, tout en affirmant un petit peu plus la pression de son propre coude sur celui qui avait touché son corps.
Pourtant, sa curiosité était sans limite, et malgré toute tentative de paraître mystérieuse, son piètre petit jeu d'actrice ne dura bien que quelques secondes. Elle céda à la tentation.
« Et vous alors...un si bel homme, seul dans un bar perdu ? Vous m'en voyez étonnée. »
Elle pouffa.
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Parade vindicative
Je suis des yeux son mouvement quand elle range ce qu'elle était en train de faire, mais relève bien vite les yeux pour observer plus attentivement l'environnement autour de moi. J'ai vite appris que les femmes n'aimaient pas qu'on s'immisce dans leurs affaires et je ne veux surtout pas qu'elle pense que je suis tout ce qu'il y a de plus indiscret alors qu'en réalité, elle m'intrigue. Énormément. Je n'ai pas encore l'honneur d'avoir ses yeux posés sur moi mais je retiens un sourire quand elle prend la parole, d'une voix à en obséder plus d'un. « Ou bien ce bar est réellement perdu... et tous ces gens sont venus s'y perdre pour qu'on ne les retrouve jamais. » Et pour ne pas avoir à prétendre être quelqu'un qu'ils sont obligés d'être alors qu'ils en ont tout sauf envie.
C'est peut-être son cas, à elle aussi ? J'ai tout le mal du monde à croire qu'elle puisse vouloir fuir quoi que ce soit, si ce n'est les gens qui tombent à ses pieds mais les plus belles personnes sont souvent les plus brisées. La façon dont elle parle de son ami laisse à penser qu'il est responsable de son envie d'oublier tout le reste en s'isolant dans un bar. Entourée d'inconnus. Je ne doute pas une seule seconde de sa capacité à se défendre, de son apparence et de sa façon d'être la plus léthale qui soit, mais cet endroit ne semble pas être le plus sûr pour simplement venir prendre un verre. Ou écrire. Ou peut importe ce qu'elle faisait, il y a des tas d'autres lieux qui sont moins isolés et plus accueillants qu'ici.
« Votre ami a fait la plus grosse erreur de sa vie alors. » Soit il a pris la décision irréfléchie de la laisser, soit il a assez merdé pour qu'elle lui demande de partir... soit elle s'est rendu compte qu'elle valait bien mieux que lui et elle est venue seule pour s'éloigner de lui. Dans tous les cas, j'ai toutes les raisons de penser que c'est sa faute à lui. « Soyons réalistes. Si je n'étais pas venu assez tôt, Merlin en soit loué, pour avoir la chance de vous parler, je suis persuadé que n'importe quel homme de ce bar n'aurait pas raté une si belle occasion de pouvoir ne serait-ce que vous approcher. » Je tourne, dos au comptoir, pour jauger tous les occupants de la salle, avant de la regarder elle, puis de nouveau eux. Une grimace feinte sur le visage, je me penche vers elle pour lui avouer ironiquement : « Pas qu'ils le mériteraient, évidemment. » Ils ne la mériteraient pas, surtout.
Peut-être que moi non plus.
Me laissera-t-elle seulement passer quelques instants en sa compagnie ? Avant de sûrement juger que je suis pire que son ami. La seule différence étant que si elle me laisse en effet cet honneur de la divertir et de profiter de ces instants, jamais je ne la laisserai, ni ne ferai quoi que ce soit qui puisse lui déplaire. Mais elle pourrait finir par se rendre compte de ce que je suis vraiment et décider de partir quand même. Comme elle a pris à l'époque la décision de ne plus me reparler.
Je reprends ma position, jaloux de ce coude qui est le seul à pouvoir la toucher sans paraître inapproprié, à la recherche d'un sujet, n'importe lequel, qui lui plairait suffisamment. Lui demander si elle habite dans le coin est proscrit, elle penserait que je suis ce genre de stalker qui attendra qu'elle sorte d'ici pour l'embarquer je-ne-sais-où. Mais sa question – ou devrait-on l'appeler la mienne ? – met un terme à ma réflexion et je prends le temps d'écouter un moment son rire avant de répondre. « Je prends le compliment. » Il n’y a pas de raison que je ne puisse pas reprendre ses paroles à elle, aussi. Mais pour ce qui est de ce que je fais là…
« Ça vous est déjà arrivé de vouloir changer totalement de vie, à cause d’un choix que vous avez fait il y a longtemps et que vous regrettez désormais ? » Je prends une gorgée de ma boisson, suffisamment pour me donner de la contenance. « J’avais envie d’aller quelque part où personne ne me reconnaîtrait. Et d’oublier. Tout… » ajouté-je à voix basse. « Mais c’était avant de vous voir, figurez-vous. Maintenant je réfléchis à tous les moyens de vous faire rire à nouveau, comme vous l’avez fait avant. »
C'est peut-être son cas, à elle aussi ? J'ai tout le mal du monde à croire qu'elle puisse vouloir fuir quoi que ce soit, si ce n'est les gens qui tombent à ses pieds mais les plus belles personnes sont souvent les plus brisées. La façon dont elle parle de son ami laisse à penser qu'il est responsable de son envie d'oublier tout le reste en s'isolant dans un bar. Entourée d'inconnus. Je ne doute pas une seule seconde de sa capacité à se défendre, de son apparence et de sa façon d'être la plus léthale qui soit, mais cet endroit ne semble pas être le plus sûr pour simplement venir prendre un verre. Ou écrire. Ou peut importe ce qu'elle faisait, il y a des tas d'autres lieux qui sont moins isolés et plus accueillants qu'ici.
« Votre ami a fait la plus grosse erreur de sa vie alors. » Soit il a pris la décision irréfléchie de la laisser, soit il a assez merdé pour qu'elle lui demande de partir... soit elle s'est rendu compte qu'elle valait bien mieux que lui et elle est venue seule pour s'éloigner de lui. Dans tous les cas, j'ai toutes les raisons de penser que c'est sa faute à lui. « Soyons réalistes. Si je n'étais pas venu assez tôt, Merlin en soit loué, pour avoir la chance de vous parler, je suis persuadé que n'importe quel homme de ce bar n'aurait pas raté une si belle occasion de pouvoir ne serait-ce que vous approcher. » Je tourne, dos au comptoir, pour jauger tous les occupants de la salle, avant de la regarder elle, puis de nouveau eux. Une grimace feinte sur le visage, je me penche vers elle pour lui avouer ironiquement : « Pas qu'ils le mériteraient, évidemment. » Ils ne la mériteraient pas, surtout.
Peut-être que moi non plus.
Me laissera-t-elle seulement passer quelques instants en sa compagnie ? Avant de sûrement juger que je suis pire que son ami. La seule différence étant que si elle me laisse en effet cet honneur de la divertir et de profiter de ces instants, jamais je ne la laisserai, ni ne ferai quoi que ce soit qui puisse lui déplaire. Mais elle pourrait finir par se rendre compte de ce que je suis vraiment et décider de partir quand même. Comme elle a pris à l'époque la décision de ne plus me reparler.
Je reprends ma position, jaloux de ce coude qui est le seul à pouvoir la toucher sans paraître inapproprié, à la recherche d'un sujet, n'importe lequel, qui lui plairait suffisamment. Lui demander si elle habite dans le coin est proscrit, elle penserait que je suis ce genre de stalker qui attendra qu'elle sorte d'ici pour l'embarquer je-ne-sais-où. Mais sa question – ou devrait-on l'appeler la mienne ? – met un terme à ma réflexion et je prends le temps d'écouter un moment son rire avant de répondre. « Je prends le compliment. » Il n’y a pas de raison que je ne puisse pas reprendre ses paroles à elle, aussi. Mais pour ce qui est de ce que je fais là…
« Ça vous est déjà arrivé de vouloir changer totalement de vie, à cause d’un choix que vous avez fait il y a longtemps et que vous regrettez désormais ? » Je prends une gorgée de ma boisson, suffisamment pour me donner de la contenance. « J’avais envie d’aller quelque part où personne ne me reconnaîtrait. Et d’oublier. Tout… » ajouté-je à voix basse. « Mais c’était avant de vous voir, figurez-vous. Maintenant je réfléchis à tous les moyens de vous faire rire à nouveau, comme vous l’avez fait avant. »
Avatar avec l’indispensable l’insupportable Rahima Ahmadi.
« C'est pas parce que t'as l'air d'un dépressif accro à la caféine probablement emo raté dans ta jeunesse [...] » – C.W.
« C'est pas parce que t'as l'air d'un dépressif accro à la caféine probablement emo raté dans ta jeunesse [...] » – C.W.