La douce saveur du chocolat
Jeudi 3 novembre 2050
Cuisines, Poudlard
@Gareth Knott
Cuisines, Poudlard
@Gareth Knott
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L’appartement sentait encore le thé noir et l'encens. Une odeur douce, maîtrisée dont l'effet presque naturel détendait facilement Hyacinthe. Le rouquin referma derrière lui, les doigts serrés sur la poignée, et descendit les escaliers en colimaçon en direction de son bureau.
La tasse vide qu'il avait oublié sur la table basse, les miettes du biscuit écrasé dans l’assiette... tout paraissait soudain d’un silence pesant. Il soupira, longuement. Plus de cacao. Cela paraissait dérisoire, mais il savait déjà qu’il n’aurait pas le cœur à enchaîner les rendez-vous sans ce rituel. Les jeunes préféraient le chocolat au thé, de toute façon. Il ne suffisait que d'une fois pour briser la certitude d'un réconfort au sein de son bureau, et Hyacinthe ne voulait certainement pas de ça. Le confort déliait la langue, et le chocolat chaud était source de bien-être. Tout était lié, il lui fallait ainsi des réserves de tablettes et de cacao.
C'était un geste simple, rassurant. Le parfum chaud, les volutes brunes, la promesse d’un moment calme, c'était aussi agréable pour lui comme pour ceux qui s’installaient dans son fauteuil. Sauf que ces derniers avaient accès à la douce saveur du chocolat, tandis que le psychomage se cantonnait à un bon mug de tisane bien fumante. Le sucre n'avait jamais vraiment été sa tasse de thé.
Il attrapa sa veste pendue au dossier de la chaise. Le tissu, épais et trop grand, tomba sur ses épaules maigres avec un froissement léger. Devant le miroir, il prit le temps de replacer quelques mèches rebelles, de tirer son col. L'espace d'un court instant, il se regarda avec attention.
Le marron lui allait bien au teint. Ce n'était pas trop vif, ni trop morose. Cela ne faisait pas mal aux yeux. La longueur du tissu retombait avec élégance au niveau de ses hanches, masquant le haut de son pantalon maigrichon. Les cernes étaient d'autant plus présentes que à veille à cause de sa courte nuit, et Hyacinthe espéra compter sur le week-end pour rattraper son manque de sommeil. Il se força à sourire - un de ces sourires d’apparat, séducteurs et étudiés, puis détourna les yeux avec une grimace douloureuse. Sans perdre un instant de plus, il quitta la pièce, ainsi que la salle d'attente.
Le couloir du troisième étage l’accueillit avec un courant d’air froid. Novembre à Poudlard... cela ne changeait jamais. Secouant la tête pour se remettre les idées en place, Hyacinthe fredonna quelques secondes, ses pas résonnant à peine sur la pierre. À cette heure-ci, le château était calme : les cours avaient repris et la plupart des élèves s’étaient éclipsés malgré eux vers les salles de classe. Le psychomage prit son temps pour descendre, appuyant parfois la main sur la rambarde des escaliers tout en saluant les tableaux dont il croisait le regard.
Plus il s’enfonçait, plus la lumière changeait : le doré des couloirs cédait à la lueur chaude des torches. Il aimait cette ambiance feutrée, presque intime. Le sous-sol du château avait quelque chose d’apaisant, d’ancien. Il se souvint de la fois où il avait essayé de se glisser dans les cuisines pour grignoter en pleine nuit. Cela avait été une sacrée épopée, qui tirait encore aujourd'hui un sourire du roux. Il venait y faire la même chose, aujourd'hui. Sauf qu'ils étaient en plein jour, et qu'il ne risquait pas de prendre des heures de retenue, cette fois-ci.
Il hésita devant le tableau.
Ses doigts effleurèrent la coupe de fruits peinte, et Hyacinthe se sentit idiot - chatouiller une poire. À trente-trois ans, cela lui semblait presque puéril. Et pourtant, la peinture rit sous son geste, la poire se tordit et se transforma en poignée. Il sentit une légère angoisse à l'idée d'entrer. Peut-être était-ce parce qu'il était mal à l'aise à l'idée de demander quelque chose aux elfes de maison. Généralement, Hyacinthe n'interagissait pas avec eux. C'est pour cela qu'il a décidé de venir directement afin de prendre contact avec Knott. Il tira la poignée avec confiance, puis s'engouffra dans les cuisines.
L’odeur fut la première chose à l’atteindre : le pain levé, le chocolat, les épices, des légumes cuits. Le genre de parfums qui donnaient envie de rester. Il entra à pas lents, se tenant un peu à distance de l’agitation. Le trentenaire cuisinait, bien sûr, et savait à quel point une cuisine devait être organisée. Il ne voulait en aucun cas détruire cet ordre en avançant de trop dans la pièce. Quelques elfes de maison étaient là, silencieux, dans leurs coin. Hyacinthe leur adressa un petit signe de tête, sans oser déranger davantage. Il chercha du regard la silhouette qu’il espérait trouver, bien plus grande qu'un elfe, bien plus solide.
Gareth Knott.
Il s’éclaircit doucement la gorge.
- Monsieur Knott ?
Sa voix résonna faiblement, absorbée par la chaleur ambiante. Il avança de quelques pas, ses chaussures glissant presque sans bruit sur le sol dallé. Hyacinthe eut ce petit réflexe de lisser sa manche, de redresser la tête et d'esquisser un sourire.
837 - @Gareth Knott
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
La douce saveur du chocolat
Le couteau continue d’avancer sur la planche, réduisant en rondelles fines l’oignon que je suis en train de découper avec méticulosité. Il m’a fallu plusieurs années pour arriver à ne plus me couper le bout des doigts dans la manœuvre. Je pourrais me servir de ma baguette pour éviter ce genre de bévue, mais ce n’est pas la même sensation. En me servant de mes mains, j’ai l’impression d’y mettre une autre intention. Cuisine et magie ont besoin de trouver un équilibre, et les elfes de maison sont d’excellents enseignants en la matière. J’apprends encore à leur contact à faire davantage confiance en ma magie pour cuisiner.
Ce que je n’ai, en revanche, toujours pas appris, c’est à ne plus pleurer lorsque je m’occupe de la découpe des ces vicieux et toujours plus nombreux, bulbes machiavéliques. J’ai tenu bon, une bonne dizaine de minutes, avant de finalement avoir le nez qui coule et les yeux qui pleurent. Ça doit être tout bonnement glorieux à voir. Je m’estime heureux d’avoir peu de passage dans les cuisines pour être témoin de ça.
Évidemment, il suffit que j’ai l’audace d’effleurer cette pensée pour qu’une voix se fasse entendre à l’entrée des cuisines. Et ce n’est, j’en suis sûr, absolument pas un elfe de maison.
Pris dans une sorte d’élan inexplicable, je m’empresse de lâcher l’ustensile que je tenais. Je me retiens, au dernier moment de commettre une erreur terrible : mes mains s’arrêtent, près de mes yeux. Par réflexe, j’allais tout simplement les frotter pour cacher les preuves du crime commis par les légumes. Et ainsi empirer la situation. Je regarde autour de moi pour m’aider dans ma réflexion. Être pris au dépourvu ne m’aide pas à réfléchir vite. Je parviens tout de même à mettre de l’ordre dans mes priorités : aller me laver les mains, puis aller voir le visiteur. Oui, voilà, c’est bien comme ça.
- Un instant, j’arrive ! je dis plus haut, espérant qu’il ou elle m’entende.
Puis, d’un pas rapide, je me précipite vers l’espace destiné à la vaisselle. Là, j’enfouis mes mains dans l’eau et les frotte, les savonne activement. Histoire de ne pas mettre de l’oignon sur ma baguette, ce serait dommage. Je saisis ensuite cette dernière pour attirer à moi un mouchoir ou n’importe quel objet qui me permettrait de ne pas arriver la crotte au nez près du nouvel arrivant.
Il me faut un petit instant pour me ressaisir et mes yeux sont encore sensibles quand enfin je me redirige vers l’entrée des Cuisines, d’où provenait la voix. Là, je finis par tomber nez-à-nez avec le joli rouquin du troisième étage. Le psychomage de l’école, avec un nom aussi joli que lui. Mais un peu de tenue, Gareth, s’il te plait. Je me racle doucement la gorge avant de saluer la personne face à moi.
- Monsieur Kyros, bonjour. Comment puis-je vous aider ?
Faire bonne figure s'avère compliqué, et je suis forcé d’admettre que les oignons ont gagné cette bataille. Mais pas la guerre.
Ce que je n’ai, en revanche, toujours pas appris, c’est à ne plus pleurer lorsque je m’occupe de la découpe des ces vicieux et toujours plus nombreux, bulbes machiavéliques. J’ai tenu bon, une bonne dizaine de minutes, avant de finalement avoir le nez qui coule et les yeux qui pleurent. Ça doit être tout bonnement glorieux à voir. Je m’estime heureux d’avoir peu de passage dans les cuisines pour être témoin de ça.
Évidemment, il suffit que j’ai l’audace d’effleurer cette pensée pour qu’une voix se fasse entendre à l’entrée des cuisines. Et ce n’est, j’en suis sûr, absolument pas un elfe de maison.
Pris dans une sorte d’élan inexplicable, je m’empresse de lâcher l’ustensile que je tenais. Je me retiens, au dernier moment de commettre une erreur terrible : mes mains s’arrêtent, près de mes yeux. Par réflexe, j’allais tout simplement les frotter pour cacher les preuves du crime commis par les légumes. Et ainsi empirer la situation. Je regarde autour de moi pour m’aider dans ma réflexion. Être pris au dépourvu ne m’aide pas à réfléchir vite. Je parviens tout de même à mettre de l’ordre dans mes priorités : aller me laver les mains, puis aller voir le visiteur. Oui, voilà, c’est bien comme ça.
- Un instant, j’arrive ! je dis plus haut, espérant qu’il ou elle m’entende.
Puis, d’un pas rapide, je me précipite vers l’espace destiné à la vaisselle. Là, j’enfouis mes mains dans l’eau et les frotte, les savonne activement. Histoire de ne pas mettre de l’oignon sur ma baguette, ce serait dommage. Je saisis ensuite cette dernière pour attirer à moi un mouchoir ou n’importe quel objet qui me permettrait de ne pas arriver la crotte au nez près du nouvel arrivant.
Il me faut un petit instant pour me ressaisir et mes yeux sont encore sensibles quand enfin je me redirige vers l’entrée des Cuisines, d’où provenait la voix. Là, je finis par tomber nez-à-nez avec le joli rouquin du troisième étage. Le psychomage de l’école, avec un nom aussi joli que lui. Mais un peu de tenue, Gareth, s’il te plait. Je me racle doucement la gorge avant de saluer la personne face à moi.
- Monsieur Kyros, bonjour. Comment puis-je vous aider ?
Faire bonne figure s'avère compliqué, et je suis forcé d’admettre que les oignons ont gagné cette bataille. Mais pas la guerre.
503 - @Hyacinthe Kyros
Cuisinier à Poudlard depuis octobre 2050
#333d7b
#333d7b
La douce saveur du chocolat
L’attente n’avait duré qu’un souffle. L’écho d’un couteau sur une planche s’était interrompu, que le roux n'avait pas su entendre avant ce moment, suivi d’une voix grave, un peu étouffée par le bruit des chaudrons. Hyacinthe attendit, patient, observant distraitement la vapeur qui se levait d’un chaudron. L'odeur était agréable, bien plus forte que ce qu'elle était lors des repas.
Hyacinthe s’autorisa un pas de plus dans la pièce, le menton légèrement relevé, les yeux brillants d’une curiosité sincère. Ses doigts s’étaient remis à lisser le revers de sa manche, machinalement, tandis que son autre main se refermait sur le revers de sa poche. Il y avait quelque chose de presque apaisant, dans cette chaleur. Un peu trop, peut-être. Il sentait déjà ses joues s’échauffer, ses mèches rousses coller à ses tempes. Sa veste n'allait pas faire long feu.
Lorsque Gareth apparut enfin, Hyacinthe redressa vivement la tête.
Le contraste entre les deux hommes était saisissant, presque humoristique : la carrure solide, les cheveux sombres, et ce regard gris adouci par une légère rougeur au coin des yeux. Et pourtant, Hyacinthe et lui avaient un point commun évident : ils avaient été dans la même maison, à une époque. Le trentenaire battit des cils, un instant déstabilisé par ce regard embué. Ses lèvres s’entrouvrirent, prêtes à formuler une salutation polie - puis ses yeux accrochèrent ceux de Gareth. Il eut un léger rire, étouffé derrière une main.
- Vous... allez bien, monsieur Knott ?
Le ton n’était pas moqueur, mais teinté d’un amusement bienveillant. En parallèle, le regard de Hyacinthe glissa vers les planches, les oignons, puis revint vers le visage du cuisinier, un peu rougi, un peu brillant. Oh. Ca expliquait tout. Un sourire doux se dessina sur son visage, discret, un peu fatigué, tandis qu'il faisait un pas de plus.
- Je suis désolé de débarquer ainsi, vraiment. Je n’aurais pas voulu interrompre une découpe aussi... héroïque. Il marqua une pause, puis reprit, plus sincère. Je manquais simplement de cacao. Et comme je sais que vous avez la main sur les réserves, je me suis dit que je pouvais vous en emprunter un peu... si cela ne vous dérange pas, bien sûr.
Il s’arrêta, ses mains fines s’emmêlant légèrement devant lui.
- Je propose fréquemment des chocolats aux jeunes qui viennent me voir. J'avais peut-être sous-estimé leur succès, mon stock s'est écoulé bien plus rapidement que je ne l'avais prévu. Je... hm... vous... voulez-vous un mouchoir ?
Il inspira doucement, observant Gareth du coin de l’œil, comme pour mesurer sa réaction.
Ses doigts cessèrent enfin de trembler, afin de diriger l'une de ses mains vers sa poche intérieure, en fonction de la réponse du sorcier. Son sourire s’adoucit à la pensée du terrible timing dont il avait fait preuve.
Hyacinthe s’autorisa un pas de plus dans la pièce, le menton légèrement relevé, les yeux brillants d’une curiosité sincère. Ses doigts s’étaient remis à lisser le revers de sa manche, machinalement, tandis que son autre main se refermait sur le revers de sa poche. Il y avait quelque chose de presque apaisant, dans cette chaleur. Un peu trop, peut-être. Il sentait déjà ses joues s’échauffer, ses mèches rousses coller à ses tempes. Sa veste n'allait pas faire long feu.
Lorsque Gareth apparut enfin, Hyacinthe redressa vivement la tête.
Le contraste entre les deux hommes était saisissant, presque humoristique : la carrure solide, les cheveux sombres, et ce regard gris adouci par une légère rougeur au coin des yeux. Et pourtant, Hyacinthe et lui avaient un point commun évident : ils avaient été dans la même maison, à une époque. Le trentenaire battit des cils, un instant déstabilisé par ce regard embué. Ses lèvres s’entrouvrirent, prêtes à formuler une salutation polie - puis ses yeux accrochèrent ceux de Gareth. Il eut un léger rire, étouffé derrière une main.
- Vous... allez bien, monsieur Knott ?
Le ton n’était pas moqueur, mais teinté d’un amusement bienveillant. En parallèle, le regard de Hyacinthe glissa vers les planches, les oignons, puis revint vers le visage du cuisinier, un peu rougi, un peu brillant. Oh. Ca expliquait tout. Un sourire doux se dessina sur son visage, discret, un peu fatigué, tandis qu'il faisait un pas de plus.
- Je suis désolé de débarquer ainsi, vraiment. Je n’aurais pas voulu interrompre une découpe aussi... héroïque. Il marqua une pause, puis reprit, plus sincère. Je manquais simplement de cacao. Et comme je sais que vous avez la main sur les réserves, je me suis dit que je pouvais vous en emprunter un peu... si cela ne vous dérange pas, bien sûr.
Il s’arrêta, ses mains fines s’emmêlant légèrement devant lui.
- Je propose fréquemment des chocolats aux jeunes qui viennent me voir. J'avais peut-être sous-estimé leur succès, mon stock s'est écoulé bien plus rapidement que je ne l'avais prévu. Je... hm... vous... voulez-vous un mouchoir ?
Il inspira doucement, observant Gareth du coin de l’œil, comme pour mesurer sa réaction.
Ses doigts cessèrent enfin de trembler, afin de diriger l'une de ses mains vers sa poche intérieure, en fonction de la réponse du sorcier. Son sourire s’adoucit à la pensée du terrible timing dont il avait fait preuve.
462 - @Gareth Knott
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
La douce saveur du chocolat
Entendre le psychomage m’appeler par mon nom me hérisse un peu, involontairement. Ça sonne faux, comme si ce n’était pas la bonne personne. Directement, je balaye de la main la possibilité qu’il continue de m’interpeller de la sorte, et l’invite à utiliser mon prénom en lui souriant légèrement.
- Vous pouvez m’appeler Gareth.
Je n’ai pas besoin de suivre le regard du rouquin au-dessus de mon épaule pour deviner qu’il a compris la dure lutte à laquelle je viens de me prêter. Son rire, discret, ne me vexe pas. Il y a quelque chose d’apaisant chez Kyros, que je ne m’explique pas. C’est sans peine que j’imagine les gamins se confier à lui, car il inspire assez facilement confiance. C’est sans doute lié à son calme et ses manières mesurées. Chaque geste a l’air soigneusement réfléchi et il se dégage de lui une certaine délicatesse, que cela soit dans ses traits ou dans son attitude, qui n’est pas désagréable.
- Vous n’avez pas idée du combat qui vient d’avoir lieu. Nous venons de perdre une bataille, mais pas la guerre… je dis d'un air faussement solennel avant de rire légèrement.
Lorsque l’homme m’expose la raison de sa venue, je l’écoute avec attention, croisant brièvement les bras sur mon torse et hochant légèrement la tête. Je savais que le chocolat chaud était un remède universel pour les personnes en quête de réconfort, et je suis presque rassuré, voire fier, lorsque mon avis sur la question est confirmé par un professionnel du milieu. Si ce n’était pas vrai, il n’en proposerait à ses patients. Élémentaire.
- Vous ne me dérangez pas du tout. C'est vrai qu'il n’y a rien de tel que le chocolat chaud pour avoir envie de se confier. j’affirme en hochant vigoureusement pour appuyer mes mots. Je vais vous trouver ça.
Je suis sur le point de m’éloigner vers le garde-manger où sont rangées les réserves, y compris celles de cacao, lorsque le visiteur me propose un mouchoir. Et merde, est-ce que j’ai le nez qui coule ? Pourquoi faut-il toujours qu’il se mette à couler lorsque mes yeux pleurent ? A croire qu’il y a un tunnel qui relie directement mes glandes lacrymales à mon pif. Une de mes mains vient se poser devant mon visage, comme pour cacher le risque d’un ONNI : objet nasal non identifié.
- Ah ? Euh, non, merci. Pourtant je vous assure que je viens d’aller me moucher et…
Rapidement, je m’éloigne à grands pas de Monsieur Kyros pour retrouver un de mes propres mouchoirs, trop gêné de devoir accepter celui qui m'est proposé. Loin de lui, près des éviers. Ce n’est qu’une fois que je suis sûr et certain qu’il n’y a rien à signaler, que je reviens enfin près de lui en pressant toujours le pas, les yeux encore légèrement humides et rouge. Un peu gêné, je me racle doucement la gorge et demande :
- Du coup… Vous voulez quoi, comme quantités, pour le…
Ma voix est hasardeuse et je ne prends même pas la peine de finir ma phrase, supposant qu’il comprendra où je veux en venir si je lui pointe du doigt le garde-manger en même temps.
- Vous pouvez m’appeler Gareth.
Je n’ai pas besoin de suivre le regard du rouquin au-dessus de mon épaule pour deviner qu’il a compris la dure lutte à laquelle je viens de me prêter. Son rire, discret, ne me vexe pas. Il y a quelque chose d’apaisant chez Kyros, que je ne m’explique pas. C’est sans peine que j’imagine les gamins se confier à lui, car il inspire assez facilement confiance. C’est sans doute lié à son calme et ses manières mesurées. Chaque geste a l’air soigneusement réfléchi et il se dégage de lui une certaine délicatesse, que cela soit dans ses traits ou dans son attitude, qui n’est pas désagréable.
- Vous n’avez pas idée du combat qui vient d’avoir lieu. Nous venons de perdre une bataille, mais pas la guerre… je dis d'un air faussement solennel avant de rire légèrement.
Lorsque l’homme m’expose la raison de sa venue, je l’écoute avec attention, croisant brièvement les bras sur mon torse et hochant légèrement la tête. Je savais que le chocolat chaud était un remède universel pour les personnes en quête de réconfort, et je suis presque rassuré, voire fier, lorsque mon avis sur la question est confirmé par un professionnel du milieu. Si ce n’était pas vrai, il n’en proposerait à ses patients. Élémentaire.
- Vous ne me dérangez pas du tout. C'est vrai qu'il n’y a rien de tel que le chocolat chaud pour avoir envie de se confier. j’affirme en hochant vigoureusement pour appuyer mes mots. Je vais vous trouver ça.
Je suis sur le point de m’éloigner vers le garde-manger où sont rangées les réserves, y compris celles de cacao, lorsque le visiteur me propose un mouchoir. Et merde, est-ce que j’ai le nez qui coule ? Pourquoi faut-il toujours qu’il se mette à couler lorsque mes yeux pleurent ? A croire qu’il y a un tunnel qui relie directement mes glandes lacrymales à mon pif. Une de mes mains vient se poser devant mon visage, comme pour cacher le risque d’un ONNI : objet nasal non identifié.
- Ah ? Euh, non, merci. Pourtant je vous assure que je viens d’aller me moucher et…
Rapidement, je m’éloigne à grands pas de Monsieur Kyros pour retrouver un de mes propres mouchoirs, trop gêné de devoir accepter celui qui m'est proposé. Loin de lui, près des éviers. Ce n’est qu’une fois que je suis sûr et certain qu’il n’y a rien à signaler, que je reviens enfin près de lui en pressant toujours le pas, les yeux encore légèrement humides et rouge. Un peu gêné, je me racle doucement la gorge et demande :
- Du coup… Vous voulez quoi, comme quantités, pour le…
Ma voix est hasardeuse et je ne prends même pas la peine de finir ma phrase, supposant qu’il comprendra où je veux en venir si je lui pointe du doigt le garde-manger en même temps.
532
Cuisinier à Poudlard depuis octobre 2050
#333d7b
#333d7b
La douce saveur du chocolat
L’invitation à délaisser ce "monsieur Knott" trop formel fit cligner Hyacinthe des yeux. C'était rapide, pensa-t-il, mais pas déplaisant. Les prénoms étaient plus simples à adopter dans ce cadre où ils se côtoyaient si régulièrement. Le psychomage laissa son sourire se déplier, plus doux et moins tendu.
- Gareth, répéta-t-il avec précaution. Très bien, vous... vous pouvez m’appeler Hyacinthe, alors.
Les prénoms étaient une chose, le tutoiement, en revanche, en était une autre. Hyacinthe n'y était pas encore, cela était certain. Tout cela n'était qu'une simple histoire de distance, et l'idée de tutoyer un collègue si récent mettait le rouquin mal à l'aise. Quand le cuisinier parla de la bataille contre les oignons, Hyacinthe eut un rire léger, presque muet, à la mention de cette grande bataille que le cuisinier avait perdu. Sa main se glissa un instant contre sa propre joue, comme pour contenir cette expression trop spontanée.
- Je n’en doute pas une seconde, répondit-il avec un amusement sincère. Ils sont féroces. Et vous avez ma sympathie pour cette perte.
Le trentenaire regardait son collègue avec un œil curieux, et redressa machinalement son col, comme pour effacer le bref instant de comparaison qu'il avait eu avec Gareth, puis se recentra sur la scène. La fierté presque enthousiaste du cuisinier à propos du chocolat chaud tira un sourire plus franc de Hyacinthe. Il ne pouvait qu'acquiescer, la valeur du chocolat chaud était évidente, surtout emmitouflé dans une couverture en regardant un film lors d'un hivers froid.
- C’est un ancrage presque immédiat. Le sucre, la chaleur... Les jeunes y réagissent très bien.
Un bref rire. Et moi aussi, même si je l’avoue moins volontiers.
Il n’eut pas le temps d’ajouter quoi que ce soit que Gareth se figea puis s’éloigna d’un bond, sa proposition de mouchoirs semblant avoir mal été accueillie. Hyacinthe resta un instant immobile, le mouchoir suspendu entre ses doigts. Une chaleur confuse envahit ses joues avant qu'il ne se ressaisisse en affichant un visage contrôlé.
- D'accord, aucun... aucun problème, murmura-t-il en sortant sa main de la poche de sa veste.
Pendant que Gareth se débattait à l’autre bout de la pièce avec son nez, Hyacinthe profita du répit pour inspirer profondément. La cuisine sentait le beurre fondu, le sucre, le feu de bois. Il aimait cet endroit, surtout maintenant qu'il n'avait plus l'impression de faire une bêtise en y étant. Lorsque le brun revint, encore un peu rouge - des oignons ou de la gêne, difficile à dire - Hyacinthe releva la tête.
- Vous n’aviez pas besoin de vous précipiter. Je ne suis pas pressé.
Gareth pointa le garde-manger, et le roux hocha la tête, compréhensif. Il se mordit légèrement la lèvre inférieure, réfléchissant à sa demande.
- Hm... Je dirais... de quoi tenir deux ou trois semaines ? Il leva les doigts comme s’il s’agissait d’une mesure scientifique. Je reçois beaucoup d’élèves en ce moment, je préfère ne pas tomber en manque trop vite. Du cacao, des tablettes de chocolat, un peu de poudre... Ce que vous avez sous la main. Rien d’extravagant.
Ses mains se nouèrent derrière son dos, ses épaules s’arrondissant légèrement. Puis, il termina : "Je vous rembourserai, évidemment."
- Gareth, répéta-t-il avec précaution. Très bien, vous... vous pouvez m’appeler Hyacinthe, alors.
Les prénoms étaient une chose, le tutoiement, en revanche, en était une autre. Hyacinthe n'y était pas encore, cela était certain. Tout cela n'était qu'une simple histoire de distance, et l'idée de tutoyer un collègue si récent mettait le rouquin mal à l'aise. Quand le cuisinier parla de la bataille contre les oignons, Hyacinthe eut un rire léger, presque muet, à la mention de cette grande bataille que le cuisinier avait perdu. Sa main se glissa un instant contre sa propre joue, comme pour contenir cette expression trop spontanée.
- Je n’en doute pas une seconde, répondit-il avec un amusement sincère. Ils sont féroces. Et vous avez ma sympathie pour cette perte.
Le trentenaire regardait son collègue avec un œil curieux, et redressa machinalement son col, comme pour effacer le bref instant de comparaison qu'il avait eu avec Gareth, puis se recentra sur la scène. La fierté presque enthousiaste du cuisinier à propos du chocolat chaud tira un sourire plus franc de Hyacinthe. Il ne pouvait qu'acquiescer, la valeur du chocolat chaud était évidente, surtout emmitouflé dans une couverture en regardant un film lors d'un hivers froid.
- C’est un ancrage presque immédiat. Le sucre, la chaleur... Les jeunes y réagissent très bien.
Un bref rire. Et moi aussi, même si je l’avoue moins volontiers.
Il n’eut pas le temps d’ajouter quoi que ce soit que Gareth se figea puis s’éloigna d’un bond, sa proposition de mouchoirs semblant avoir mal été accueillie. Hyacinthe resta un instant immobile, le mouchoir suspendu entre ses doigts. Une chaleur confuse envahit ses joues avant qu'il ne se ressaisisse en affichant un visage contrôlé.
- D'accord, aucun... aucun problème, murmura-t-il en sortant sa main de la poche de sa veste.
Pendant que Gareth se débattait à l’autre bout de la pièce avec son nez, Hyacinthe profita du répit pour inspirer profondément. La cuisine sentait le beurre fondu, le sucre, le feu de bois. Il aimait cet endroit, surtout maintenant qu'il n'avait plus l'impression de faire une bêtise en y étant. Lorsque le brun revint, encore un peu rouge - des oignons ou de la gêne, difficile à dire - Hyacinthe releva la tête.
- Vous n’aviez pas besoin de vous précipiter. Je ne suis pas pressé.
Gareth pointa le garde-manger, et le roux hocha la tête, compréhensif. Il se mordit légèrement la lèvre inférieure, réfléchissant à sa demande.
- Hm... Je dirais... de quoi tenir deux ou trois semaines ? Il leva les doigts comme s’il s’agissait d’une mesure scientifique. Je reçois beaucoup d’élèves en ce moment, je préfère ne pas tomber en manque trop vite. Du cacao, des tablettes de chocolat, un peu de poudre... Ce que vous avez sous la main. Rien d’extravagant.
Ses mains se nouèrent derrière son dos, ses épaules s’arrondissant légèrement. Puis, il termina : "Je vous rembourserai, évidemment."
530 - @Gareth Knott
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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