8 nov. 2025, 16:19
 Wick, Ecosse  La robe  PV Alyona Farrow 
NDLR : Toute incohérence dans le scénario de ce RP n’est que le résultat de la volonté d’Ivanovna que nous n’avons pas su infléchir. Après consultation des spécialistes de Quettathcour, il est clair que l’usage du « tipi » tel qu’il est présenté ici paraît des plus insensés. Mais la magie autorise toutes les fantaisies. Et vous savez… on ne peut refuser certains caprices aux filles Alekhina. Il faut donc accepter la chose comme une élégance stylistique même si c’est au prix de la crédibilité. Ces mots n’ont pas été inspirés par Contesse ou rat-conteur. D’une certaine manière, c’est mauvais signe…


Samedi 25 Décembre 2049
Vana, 20 ans




La fin de l’année civile et toutes se fêtes, moldues, sorcières, païennes… ne signifient plus rien pour Ivanovna depuis bien longtemps. C’est juste un temps de repos comme un autre, sans aucune peine de ne rien avoir à partager. Il en va ainsi dans sa vie depuis des années, elle est habituée et y faire face sans amertume n’est plus un défi. Pourtant, cette fin d’année 2049 en constitue un, bien plus important à ces yeux que toutes les fêtes de la terre. Alyona Farrow est annoncée pour le lendemain. Préparer sa maisonnette pour cette visite incroyable est une gageure. Nettoyer, ça n’a rien de compliqué, c’est juste une action normale, la première des tâches qu’elle s’impose à chaque retour de Newhaven. Faire disparaître les poussières des dernières semaines ne constitue en rien un défi, au sens où elle y parviendra aisément. En revanche, elle s’est fixée d’autres objectifs…

Pour la comprendre, il faut savoir comment est constituée sa maison. Qui devrait plutôt porter le nom de cabanon, tout au plus une maisonnette. Une seule pièce, d’une trentaine de mètres carrés, reconstruite par ses soins ce qui revient à laisser voir des murs loin d’être parfaits en termes d’alignements de matériaux. La magie et une connaissance empirique acquise lors de la reconstruction (devrait-on plutôt parler de… restauration ? Le défi serait-il moindre ?) ont permis à l’ensemble de tenir. Il est évident que sa majorité lui a permis de considérablement améliorer les choses puisque pouvant dès lors user de magie, il n’y avait plus toutes ces contraintes liées à la force physique. Les murs, d’un coup, sont étonnement devenus imperméables…
Une maison ronde, Ivanovna s’est appuyée sur les formes originelles des lieux, eux-mêmes tirés des antiques brochs. Mais une seule épaisseur de mur, une cheminée latérale, à gauche de l’entrée, suivie de son lit et au fond d’un ensemble cuisine salle de bains qui se limite à un évier et une série de sorts plummeresques qu’un sorcier des ponts et chaussées jalouserait… soyons clairs, tout cela relève du bricolage, le seul territoire élevé au rang de réussite technique est la serre mais celle-ci est extérieure à la dite maison. Au centre, une table et trois chaises. De toutes manières combien d’invités peut-elle raisonnablement accueillir ici ? Sur la droite, un bureau qui cache une trappe dessous lui. Et puis… et puis encore plus à droite, une tente, de taille modeste, qui tient debout on ne sait comment. Ni plantée dans le sol, ni fixée au plafond, pas même tendue ce qu’il faudrait, une tente. Si un jour un jeune homme veut se marier avec elle, il pourra lui apprendre les rudiments du camping. Disons en tout cas qu’il tiendrait là un très bon sujet de conversation pour entamer sa parade nuptiale.
Elle l’a choisie verte, très exactement celui d’un autre tissu dans la pièce. Si vous avez l’audace de rentrer à l’intérieur, un tout autre univers s’offre à vous. Deux lits de deux places, équipés en couverture pour résister à un hiver au pôle Nord ; une grande table de réception et six chaises, au centre. Table visible depuis les couches situées chacune dans une petite pièce indépendante. La salle de bains est dans son genre un défi à l’entendement. On peut s’y baigner, prendre une douche, utiliser deux lavabos en même temps. Nous pouvons clairement la nommer « salle de bains modèle royal deluxe outrancier ». Et n’oublions pas… les placards ! Un immense contenant de quoi faire la cuisine pour douze, deux autres au cas où vous seriez en voyage avec du linge pour trois ans. Ivanovna ne lésine pas quant aux détails pratiques. Clarifions. Si la tente est extérieurement peu engageante, car sans doute magiquement maladroitement montée en l’état, l’intérieur est impeccable. C’est étonnant. Car exactement l’inverse de sa maison, très réussie extérieurement, on dirait vraiment un cottage des plus coquets alors qu’inside….
Ivanovna est sensible à l’humidité, elle a ramené de Kara une détestation des environnements moites, dans sa maison, il ne fait pas seulement chaud, l’air est sec, presque trop. C’est en tout cas un havre de paix dans une Ecosse remplie d’eau. Cela explique le fait qu’il n’y ait aucune plante verte dans son intérieur, elles ne supporteraient pas. On peut aussi y lire le besoin d’une atmosphère différente de sa serre. La seule concession à la nature est l’espace dédié à Fleur, sa chatte, qui a sa gamelle et une caissette, que bien évidemment l'animale n'honore pas...

La décoration est le défi que jamais elle ne remportera. Ivanovna y voit une perte de temps. Surtout, elle ne perçoit ce lieu que comme une chambre de bonne destinée aux seules nécessités quotidiennes, le lieu des ablutions en somme. Son unique beauté, la sorcière la cherche dans la serre. Et pas forcément avec de jolies plantes, non… elle veut des alignements, une perfection dans le respect des canons botaniques. Il doit y avoir dans cette bonbonnière un ordre presque surnaturel. C’en est dérangeant même si elle le veut ainsi afin de déceler au premier regard ce qui ne va pas… (notons sur ce plan une contradiction avec sa vision ancienne des jardins... l'effet Newhaven ??).
Là est aussi pour elle un défi, accepter ce qui ne devrait pas tout à fait être ainsi juste parce que c’est plus rationnel ainsi… "Ainsi" !!!... n’y a-t-il même pas un chardon accroché au mur. Aucune fleur séchée, aucun bouquet de blé. Juste un petit miroir au-dessus d’un évier, propres comme s’ils étaient neufs. Ivanovna aime les effets impeccables.

Il est un élément qui tranche avec le reste. Sur un buste mannequin, une robe. Et dessus trône un chapeau. Les deux sont vert anglais, dans un assortiment parfait de couleurs et de texture. On pourrait croire qu’ils sortent du magasin, s’ils ont défié la vie, elle ne les a pas souillés. Ne les regardez pas de trop près, vous offusqueriez Vana. Une chose est claire, l’ensemble n’est pas à sa taille. La robe semble cousue pour une enfant, en tout cas une femme très petite. Mais si l’on exclue dimensions et couleurs, elle ressemble beaucoup à la tenue qu’Ivanovna porte souvent. Personne n’osera aller jusque là mais celui qui toucherait la robe ne le pourrait pas. Elle est protégée par un voile magique qui l’isole de la poussière et des assauts de la lumière. Une housse immortalisante…
Voilà bien l’unique concession à son for intérieur qu’elle ne montre jamais, surtout à elle-même. Le dernier fil vers un passé apostasié.

C’est dans ce lieu pour le moins atypique qu’Ivanovna s’apprête à recevoir la seule personne qui compte vraiment dans sa vie. Elle a prévu un certain nombre de choses, de la nourriture, des thés en quantité et variété suffisantes. Et bien sûr des gâteaux secs, au gingembre… des écorces d’orange enrobées de chocolat… rien ne sera parfait, ce serait indigeste. Mais ce sera vrai.


En parallèle de ces préparatifs, elle a envoyé le 21 décembre un hibou protocolaire à Aly. Voici ce qu’il contient :


Image


Thème à la folie : Défi
Dernière modification par Ivanovna Gunnray le 12 nov. 2025, 14:20, modifié 1 fois.

11 nov. 2025, 16:45
 Wick, Ecosse  La robe  PV Alyona Farrow 
26 DÉCEMBRE 2049, MATIN
WICK, ÉCOSSE,

Alyona, 20 ans,


L'Écosse a une main fraîche. Quand elle me touche la joue, je réalise brutalement à quel point sa douceur m'avait manquée. Pouvoir m'y abandonner, même quelques instants, m'apporte une paix que je ne soupçonnais pas. D'ailleurs, il me faut quelques secondes, immobile dans la campagne, pour aller au-delà de cette pensée, enjamber l'éternelle nostalgie ainsi que l'émerveillement qui en découle et retrouver mon objectif, la raison de ma venue, reprendre ma route vers Wick. C'est comme si la nation tout entière m'avait prise dans ses bras à mon arrivée, alors qu'il n'y a presque que moi au-dessus de ce chemin de terre et que rien n'a bougé. Je serre les pans de ma cape autour de mon corps, bousculant mes sens hébétés, mes yeux se réhabituant aux couleurs, au manque de bâtiments et de maisons, à la solitude et à la lumière avec une facilité à laquelle je ne m'attendais pas. Retrouver l'Écosse, c'est toujours un peu comme retrouver une part de moi que je croyais qu'elle m'était devenue étrangère.

Je réajuste ma position sur mon Friselune et reprends ma route vers l'ouest. Je ne sais pas si ma valise est légère ou s'il s'agit plutôt de mon cœur. Je souris, pétille, étincelle, flamboyante sous le manteau gris du ciel. J'ai l'impression de partir en voyage, ou d'être invitée dans un lieu d'exception, mystérieux et ouvert à peu de personnes, comme si j'étais la privilégiée d'une journée, l'heureuse élue pour une traversée merveilleuse de la rivière du bonheur. Ma robe verte se fond parmi les herbes et les fourrées comme si elle en venait, elle ondule avec le vent et frôle les nuages. Je suis l'oiseau de paradis ayant retrouvé ses ailes.

Mon balai m'emporte et Ecco se roule un peu plus en boule au fond de la poche de ma cape, inquiet. Il n'a jamais aimé les voyages, qu'ils soient à bord du Poudlard Express ou à balai. Cependant, je crois que j'avais besoin de l'emmener, de lui faire vivre cela avec moi, parce que nous ne nous voyons pas assez, parce qu'il se fait vieux, et parce que sa compagnie m'apaise avant tout, qu'elle me rassure et m'apporte beaucoup. Et puis, pour une telle aventure, je me devais d'avoir un compagnon ! Tous les livres ne sont-ils pas ainsi ? Quand on part à la recherche de soi, n'avons-nous pas toujours un acolyte pour partager nos peines et nos joies ? Ecco l'a longtemps été ; j'aimerais qu'il prenne conscience que je suis heureuse désormais, qu'il n'est plus le seul à qui je peux confier mes déceptions familiales dans le noir de ma chambre à Godric's Hollow, même si ce n'est qu'un animal.

Et puis, Merlin ! Ces quelques jours s'annoncent tellement fantastiques !

Je m'en vais à Wick ! Voir Ivanovna, la rejoindre ! Oh, les vents et les tempêtes peuvent être terribles, rugir et se dresser devant moi, ce n'est rien, cela ne m'arrêtera pas, je passerai au-dessus comme si je ne les avais pas vus, comme s'ils n'existaient pas. Ma joie est telle que nul obstacle ne pourrait l'entraver. Je rayonne, je m'étonne. C'est encore différent du temps que j'ai passé chez Nahele, de ces heures au Pays de Galle à la rencontre de sa famille et de son lieu de vie, cette fois il n'y aura qu'Ivanovna et moi. C'est comme cette après-midi que nous avons passées dans les bains à l'Institut, mais en mieux, en plus approfondi, en plus libre. Nous pourrons marcher, discuter, nous confier des pensées, et surtout nous amuser, rire, expérimenter, nous découvrir, et ce sans aucun regard, sans contrainte, sans barrière ; nous n'aurons que l'horizon pour définir les possibles.

Je ralentis sur mon balai, observant les petites maisons en contrebas, veillant à ce que mon sort me dissimule toujours des yeux moldus. Mon regard parcourt la terre, les espaces, et détaille les toits. Je cherche la girouette en forme de Grouse. Je ne dois plus être très loin de la maison de mon amie. D'ailleurs, c'est comme si je la sentais, mon cœur tonne un peu plus vite, mon instinct montre le chemin à mes iris, et une petite voix me dit que j'approche. Elle n'ose pas parler trop fort, mais je n'entends qu'elle.

Je poursuis encore doucement mon chemin, à une allure tranquille, jusqu'à ce que mon regard s'arrête et contraigne tout mon corps à suspendre ses gestes. Il y a là, en dessous, une maison dont le toit semble porter une girouette, une maison avec des serres.

L'espérance me bouscule et mon balai chute vers le sol, descendant en slalomant jusqu'à la terre. Je pose pieds dans l'ombre d'un arbre, époussetant ma robe et ma cape. Un regard à droite et un autre à gauche me confirment qu'aucun moldu ne semble pointer le bout de son nez dans les environs. Je lève mon sort de couverture et, balai dans une main et valise dans l'autre, m'avance en direction de la maison repérée.

Elle est petite, davantage peut-être que ce que j'imaginais, mais elle sa simplicité fait tout son charme. Et puis, et c'est peut-être finalement tout ce qui compte, comme si ce détail effaçait le reste : son toit est surmonté d'une girouette en forme de Grouse. Ce n'est peut-être pas grand-chose pour qui l'apercevrait, mais mes yeux en font un trésor et une promesse de merveilles.

Je reste là, immobile à quelques mètres, comme figée sur le pas de la porte, souriante et lumineuse.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet

13 nov. 2025, 17:00
 Wick, Ecosse  La robe  PV Alyona Farrow 
Que faites-vous lorsque vous attendez l’arrivée de quelqu’un qui vous est très cher, que l’impatience est à son maximum, presque autant que le stress d’avoir oublié quelque chose ? Bien sûr, vous scrutez une fois encore la liste des courses, avez-vous tous les ingrédients prévus ? Sont-ils rangés comme il faut dans la réserve ? Et les draps ? La lingerie pour la toilette ? Quels sont les détails qui possiblement vous échappent ? Le ménage est fait depuis longtemps et même Fleur, ordinairement tellement imprévisible, vous aide en n’ayant rien mis à l’envers depuis le début de la journée.

Toutes les cinq minutes,vous sortez dehors pour vérifier si rien ne s’annonce dans le ciel. De toutes manières, vous ne verriez sans doute pas grand-chose mais il faut bien s’occuper. Cinq minutes, puis quatre… puis finalement, vous restez dehors, assise sur le banc. Le temps paraît interminable, l’enfer sur la terre. Longtemps après, vous décidez de rentrer, évidemment, vous n’aviez pas prévu devoir attendre et donc vous avez eu froid. A moins que vous ayez compris que cette attente improductive était vaine.
Assise, vous rêvassez. Les dernières semaines ont été très riches en émotions. Dures même, s’il faut être honnête. Vous n’aviez pas imaginé lui parler de tout ça mais c’est nécessaire. Et une énergie déroutante vous pousse. Ce n’est pas la dernière fois que vous devrez révéler des pans entiers de vous à votre amie. C’est peut-être cela qui vous est le plus dur, cet héritage d’un passé incrusté, impossible à effacer. Il vous poursuit, vous terrorise et pousse en avant un être qui voudrait tant pouvoir s’enraciner. L’impression qu’à chaque fois que vous baissez un peu la garde vous prenez un nouveau coup... vous tanguez.
Ces choses-là se déroulent dans les tréfonds, c’est bien pour ça que c’est insupportable car vous seule les percevez. Et vous n’avez qu’une seule personne au monde pour les partager. La crainte qu’Alyona n’en puisse plus vous paralyse. Des idées sombres vous remplissent la tête, attendre n’est jamais une bonne chose pour votre caractère si impatient. Mais c’est votre faute, tout est prêt, vous êtes désœuvrée. Le robinet à idées noires coule tant et plus quand tout à coup, un bruit anormal ne fait entendre dans le jardin. Cela ne vient pas de la serre, ne ressemble pas à une mise à mort en règle d’un quelconque rongeur par votre fauve chasseresse. Vous bondissez de votre chaise pour regarder par la petite fenêtre côté cheminée. Elle est là, c’est bien elle, avec ses improbables cheveux orangés débordant en tous sens. Ouvrir la porte, courir, lui sauter dans les bras, les vacances débutent enfin, la serrer fort. Ses vêtements sont froids, tant pis pour vous, de toutes façons vous ne sentez rien.

- Je suis tellement contente de te voir.

Si proche, vous n’avez pas besoin de parler fort, au contraire. Juste l’aveu tiré d’un coeur battant. Joue contre joue, la sensation d’un froid revigorant. En guise de bise, vous pressez légèrement la joue contre elle, presque accompagnée d’un mouvement des épaules. Vous l’aidez à porter ce qui l’accompagne et de votre main libre prenez la sienne pour l’emmener à l’intérieur. Elle doit avoir envie d’une boisson chaude, pourquoi un thé n’est-il pas prêt ? Deux mains occupées, pas de préparation à distance possible. Tant pis, trop tard pour cette fois. La porte ! Vous l’avez laissée ouverte dans la précipitation, un mal pour un bien, vous êtes à l’intérieur et tout peut commencer. Il est trop tard pour avoir honte de la couleur des murs, d’une absence coupable de décoration, comme si chez vous ressemblait à une garçonnière dont le seul effet valable serait le lit… la tente en l’occurrence… Une cellule de prison… Kara… quelle ironie… Vous n’y pensez pas mais ce dénuement le rappelle, une impression de ne pas être chez soi mais dans un entre deux. La serre est votre seule maison, et encore…

- Bienvenue Alyona.

Vous vous tournez vers elle et ajoutez.

- Tu as trouvé facilement ?

16 nov. 2025, 18:10
 Wick, Ecosse  La robe  PV Alyona Farrow 
Une maison dans les bois, à l'abri des regards, des tempêtes et du chahut des villes, où les plantes sont plus à l'aise que soi, s'étalant en soupirs comme des reines dans leur royaume, maisonnette entre les arbres accueillant une sorcière, tels les contes d'autrefois présentant des vieilles femmes terrifiantes, de Baba Yaga à Hansel et Gretel, liberté d'une jeune femme qui s'est reconstruite en rebâtissant sa demeure, surgissant des cendres la volonté en étendard. Je vois chez toi une part de moi que j'ai étouffée dans la fumée et que j'espère pourtant voir renaître.

Je chancelle, sans savoir si c'est à cause de ces bras qui se retrouvent brusquement autour de moi, ou si c'est plutôt parce que l'étonnement me fragilise et le bonheur me bouscule. Mes joues se réchauffent à son contact. Je ris légèrement, apaisée, soulagée d'être arrivée au bon endroit, de retrouver mon amie et de pouvoir entrer dans ces nouveaux lieux en fermant la porte derrière moi, oubliant tout l'extérieur dont elle me sépare.

Voici venue l'heure où les oiseaux s'installent dans leur nid, où les feuilles éclosent au bout des branches, où le vent retrouve les vagues et où la lune adresse un sourire au soleil, comme un croissant feuilleté de lumière. Le nœud dans ma poitrine se dilue au simple contact de mon amie.

« Moi aussi ! » m'exclamé-je simplement en serrant Vana contre moi.

Comme ces plumes dansantes qui m'ont été offertes, je suis chargée de couleurs et habillée d'été. Graine de pissenlit, je voltige et me fonds dans l'hiver. J'ai l'impression que ce jour est le plus beau depuis le début de mes vacances, comme si tous les autres avaient été encombrés de nuages. Je me sens bien, sereine, libérée et joyeuse. Je pourrai presque sautiller de curiosité, pétiller d'impatience, danser de gaieté. Au revoir Godric's Hollow, famille qui m'enferme, qui m'étouffe, devoirs aux dates bien précises, aux rendus menaçants, stage à l'angoisse sournoise et perfide ! Désormais je suis à l'abri dans les bois, cachée de vos regards qui me percent et de vos doigts qui me provoquent ; je suis redevenue une enfant riante et imaginative, celle qui se glisse sous la table, dissimulée par la nappe, un nouveau plafond au-dessus du crâne pour la protéger du monde des grands, j'invente mes histoires et construis mon sourire avec Ivanovna, naïveté et liberté comme bougies, amusement et confiance comme boussoles. Là où je suis, vous ne m'aurez pas. Je vous échappe et j'en suis fière, et j'en ris, légère.

Mon amie m'aide à transporter mes affaires et m'attrape par la main. Ce geste, simple mais évident, affirme mon abandon ; je me laisse aller, me laisse enlever. Je lui fais toute confiance.

C'est de cette manière que je passe la porte et entre chez Ivanovna. Mes grands yeux bleus sont les premiers à parcourir les lieux. Ils observent, s'émerveillent, bande d'enfants à la mâchoire tombante.
L'intérieur est assez différent de ce que j'imaginais. Une cheminée, un lit, une petite cuisine, une table et un bureau, tout cela dans une pièce ronde, également habitée par une tente. Le nécessaire, le rudimentaire, la simplicité. Et une tente. Pourquoi ? Curiosité piquée qui ne s'exprimera sûrement pas tout de suite, redoutant l'indiscrétion. En somme, tout est bien loin de ce dont j'ai l'habitude, des manoirs familiaux, des maisons de maître aux pièces multiples et immenses, aux grandes fenêtres, aux escaliers, aux verrières, vérandas et bow-windows qui ne sont là que pour traduire le confort et la richesse d'espaces souvent inhabités. Il n'y a également pas une plante, ce qui m'étonne sans que je n'ose l'assumer. Je reste un bref instant silencieuse, observant, détaillant, et au bout de quelques secondes, mon visage s'éclaire, mon sourire s'étire ; au fait, ce lieu me convient tout à fait, parce que c'est celui d'Ivanovna. Si elle l'habite, si elle y est, si pour les prochaines heures nous y sommes ensemble, alors que demander de plus ? Qu'exiger ? Que désirer ? Je n'ai jamais eu besoin d'abondance, de grandes pièces, de multiples fauteuils et d'objets inutiles en tout genre. Je peux me satisfaire de peu. Et je crois que j'avais aussi besoin, en venant ici, de changements.

Je me tourne vers Ivanovna, ravie.

« Oui, j'ai trouvé plutôt facilement ! Tes indications m'ont bien aidée. »

Je me mords un instant les joues avant de laisser couler un flot de paroles enjouées hors de mes lèvres.

« C'est toi qui as reconstruit toute la maison ? Même les murs ? C'est incroyable ! Oh, et souhaites-tu que je retire mes chaussures ? Ou que je pose mon balai à l'extérieur ? Je ne veux pas salir... » Un sourire et une dernière exclamation : « Merlin ! Je suis tellement contente d'être là avec toi ! »

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baisse de présence jusque fin juillet

17 nov. 2025, 17:40
 Wick, Ecosse  La robe  PV Alyona Farrow 
Elle esquissa un léger sourire en entendant que le trajet s’était déroulé sans encombres. Quant au reste…

- Oh, tu sais, ma maison ne craint pas les salissures. C’était encore ouvert aux quatre vents il n’y a pas si longtemps…

Elle eut une pensée pour ces mois passés sous une vieille tante de famille qu’ils utilisaient pour aller à la plage même en hiver. Petite et un peu humide mais suffisante pour vivre à l’abri. Et puis… il lui était arrivé souvent de dormir dans la serre quand vraiment il faisait trop humide. Financée en ponctionnant « l’héritage », cette "extension" s'était révélée très précieuse. Certes au prix d'une certaine gêne, tous ces gallions enfermés à Gringotts lui semblaient illégitimes... En tout cas il lui restait assez pour vivre trois vies à ce rythme mais elle préférait exister sans cette aide.

- Et depuis mes dix-sept ans, c’est allé mieux très vite. On aura beau dire, la magie, c’est pratique !

Elle prit Alyona dans ses bras et cette fois lui fit un bisou dans les règles de l’art entre deux amies chères.

- Ta présence vaut bien plus que toutes ces choses…

Elle eut vite une pensée pour Ecco mais il fallait laisser à Alyona le temps de souffler. Ivanovna fit un signe et ajouta.

- Là, si tu veux, des chaussons en laine, ça peut gratter mais pas de magie, juste une irritation possible en fonction de la sensibilité de ta peau.

Ivanovna repensa alors à sa grand-mère qui ne pouvait les supporter, une peau de bébé disait son mari… Comme une ambiance de famille recomposée.

19 nov. 2025, 17:32
 Wick, Ecosse  La robe  PV Alyona Farrow 
Tu sais Vana, ce n'est pas parce que cette maison vient de loin qu'elle ne peut pas être respectée, considérée désormais comme un lieu plus que convenable, voire estimable. C'est chez-toi. Mais je ne dis rien, je souris, pose mon balai à l'entrée, là où il salira le moins, lui qui a traversé le ciel et les vents avant d'arriver là. Je pends ma cape à son manche pour me sentir plus à l'aise, attrapant Ecco dans le creux de ma main, ne sachant pas si je peux le laisser en toute liberté dans une maison qui est aussi celle de Fleur. Je m'interroge d'ailleurs un instant sur sa présence, mais cela me traverse l'esprit sans y planter de graine. Mes pensées passent à autre chose, surtout grâce à Ivanovna.

Le bisou donné m'apaise, me réconforte, me fait me sentir bien.

« Merci ! m'exclamé-je en me voyant proposer des chaussons en laine. C'est parfait pour moi. »

Je retire mes bottines pour les remplacer par les chaussons proposés. Ecco grimpe sur mon épaule.

C'est drôle tout de même, je me sens presque mieux ici que chez moi, comme si tout était beaucoup plus naturel avec mon amie, beaucoup plus simple. Elle n'a plus sa famille, alors elle m'accueille un peu comme si j'étais la sienne, et je trouve cette place sans problème, parce qu'elle aussi est un peu comme la mienne.

« Fleur se balade ? demandé-je avec curiosité, revenant à mes réflexions précédentes. Est-ce tu penses que je peux laisser Ecco découvrir les lieux ? Il est un peu gourmand, mais il n'ira pas fouiller dans ce qui est fermé. Et puis, je lui ai ramené son petit coussin pour qu'il dorme. Il vieillit, confié-je avec une forme d'amusement, il n'est plus aussi aventurier qu'à Poudlard. »

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baisse de présence jusque fin juillet

20 nov. 2025, 13:31
 Wick, Ecosse  La robe  PV Alyona Farrow 
- Fleur ?

La chatte lui était sortie de l’esprit.

- Rooo, elle doit être dans les parages, à traquer tout ce qui traîne de comestible ici bas…

Elle lança par quelques gestes l’élaboration d’un thé sorcier (au sens confection) tout en poursuivant,

- … elle m’en fait voir de toutes les couleurs mais c’est ainsi…Oui, installe-le là où tu penses que c'est le mieux pour lui. Dans la tente si tu veux, à côté de la porte, ou bien vers le feu... En tout cas, sache que si elle pose le moindre problème à Ecco, elle sera extradée dans la serre pour la durée de ton séjour. Je lui ai déjà dit…

Clairement, cela n’aurait aucun effet si ce n’est de rassurer ceux qui voudraient bien l’être. Dans le coin cuisine, une théière se remplissait d’eau quand dans le même élan un sachet de thé se faisait délester d’un poids précis de matière (soit l’équivalent de trois doses très exactement). Cette fois, elle pointa de sa baguette une des chaises qui se souleva docilement sans le moindre bruit.

- сядь, пожалуйста. (pour les non russes, elle vient de lui proposer de s’asseoir, supposons, comme Aly parle russe, qu’elle a compris).

On ne parlait jamais russe à table en présence de Père ou Mère. Mais durant ses vacances à Irkoutsk, c’était la norme. Et parfois, il lui restait ces moments de politesse surannée. Un jeu entre elles ? La vraie question eut été de savoir dans quelle mesure elle souhaitait créer une ambiance de sanatorium !

- ...enfin tu m’as comprise... Parce que... il faut qu’on s’organise pour faire de chaque instant...

Une main essuya la joue.

- Oh Aly... c’est merveilleux... Un thé aux agrumes, ça te va ?

23 nov. 2025, 12:30
 Wick, Ecosse  La robe  PV Alyona Farrow 
Est-ce que Fleur pourrait s'en prendre à Ecco si elle le découvrait ? Elle ne doit pas être habituée aux rats domestiques, elle est sauvage, ne fait pas la distinction. Mais mon animal est intelligent, méfiant, et reste vif malgré son âge, j'ai confiance en lui et je le garde à l'œil s'il le faut. Il n'ira pas se risquer là où il y a du danger. Et cependant, je préfère le savoir près de moi, alors malgré les paroles rassurantes de mon amie, je caresse doucement Ecco d'une main sans pour autant l'inviter à découvrir les lieux, lui permettant de se rouler en boule sur mon épaule, puis sur mes genoux lorsque je m'assois.

« Merci. »

Entendre et reconnaître du russe me fait un drôle d'effet. Je baisse les yeux, souris, réponds à l'invitation, mais une rougeur brève fait tache sur mon visage, provoquée par une étrange pudeur. Langue de mon sang qui me fascine et m'intimide, sonorités instinctives et douces pour le cœur.

Je souris de plus belle, toute entière tournée vers mon amie.

« Un thé aux agrumes, oui, c'est parfait ! Tu sais que j'adore cela... Mais dis-moi si tu souhaites que je t'aide, que je fasse quelque chose ! »

Ce n'est pas que je supporte mal l'immobilité, vois-tu, mais je préfère que nous bougions ensemble et que nous nous asseyons en même temps. Tu es animée d'une joie que je partage, et que je voudrais t'exprimer en agissant à mon tour pour toi.

« Cela me fait tellement plaisir d'être là tu sais... Godric's Hollow commençait à me rendre grise, comme si je perdais mes feuilles », confié-je avec un léger pouffement, comme si c'était amusant, quand bien même j'avais besoin de prononcer ces mots qui tonnaient si vrais dans mon cœur.

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baisse de présence jusque fin juillet

26 nov. 2025, 09:32
 Wick, Ecosse  La robe  PV Alyona Farrow 
Ivanovna esquissa un grand sourire, à moins que ce ne fut Vana. Ce genre de traits n’était pas commun de la part d’Aly mais il lui arrivait de placer de tels mots, des paroles définitives clouant le bec aux plus arrogants ! Vana adorait, comme si elle retrouvait son innocence perdue à travers Aly.

- On est en hiver, tous les feuillus sont nus en décembre…

La jeune sorcière était en train de préparer le thé, qu’elle servit, s’asseyant dans la foulée. Elle pensa à Godric’s Hollow, le cimetière, sa sœur… mais refusa d’aller dans cette direction. Les heures à venir allaient être précieuses, il fallait les préserver de toute pensée chagrine.

- Bon, alors voici ce que je te propose. La forêt alentour est non seulement protectrice pour nous mais pleine d’arbres centenaires. Les moldus ont créé une forêt enchantée plus au sud… s’ils savaient…

Aux yeux de Vana, sa forêt, dans une appropriation excessive mais révélatrice… était unique. Des conifères aux allures de séquoïas, une vision très exagérée de la part de la jeune femme, mélangés à quelques essences caduques pour des raisons qu’un ingénieur forestier auraient eu du mal à décrypter sur le plan sylvicole… une chose était avérée, certains endroits constituaient un havre de tranquillité où l’état sauvage des lieux portait bien son nom ; une forêt primaire !

- … Ici je peux te montrer des spécimen incroyablement drôles, tordus par les vents… mais n’en disons pas plus, donc thé, préparation à deux du repas, bottes, baguettes, équipement de randonnée, promenade cet après-midi. Et ce n’est qu’un prologue !

Elles prirent ce thé puis se mirent à cuisiner ce qu’il était possible de faire de mieux dans l’instant.

Communiqué du secrétariat de la préservation de la faune et de la flore magique


Dans le cadre de sa campagne de sensibilisation au respect de la dignité de la nature, animale comme potagère, le secrétariat de la préservation de la faune et de la flore magique assure que dans toutes les scènes qui suivent, aucun légume, morceau de viande, ou autre élément destiné à l’alimentation des sorcières, n’a été maltraité durant la réalisation de ce RP.


Fake grossier, vous l'aurez compris, encore un coup de rat-conteur ??

Reducio
Ajoutons que les mains d’Ivanovna, dans un but d’ouverture à chacun, ne décriront aucun plat, afin de ne pas connoter l’alimentation des sorcières qui demeurent libres de leurs choix sur ce plan.


ou de la contesse...
Le repas fut un temps calme ou les bavardages et silences constituèrent pour les deux femmes une transition idéale. Leurs vacances commençaient maintenant.

Equipées, fières et pleines d’envie, elles avançaient quelques heures plus tard dans un territoire sortant de l’ordinaire du Nord des Highlands. Car si à l’ouest de l’Ecosse, de grandes forêts existaient depuis toujours, ce n’était pas le cas à l’Est. Et plus on "montait" dans ce Nord-Est, moins le couvert végétal perdurait. Mais ici… une intervention inconnue des néophytes avait généré l’exception, comme un refuge au milieu de la lande infinie.

28 nov. 2025, 19:07
 Wick, Ecosse  La robe  PV Alyona Farrow 
Effectivement, quelques arbres sont nus en décembre ; de ce fait, ils s'accordent peut-être avec mon humeur lorsque je suis chez moi, comme si toutes les feuilles tombaient parce que mon regard tourné vers l'extérieur devenait gris. Ce serait triste, et puis mes yeux ne sont pas ouragan, ils ne dévastent pas le monde en le traversant — du moins je l'espère. Peut-être mon feuillage est-il tout simplement caduc, destiné à fléchir sous le poids de l'hiver et à se redresser quand vient le printemps.
Dans ce cas, j'aime à penser que l'hiver n'atteint pas Wick et que c'est plutôt le printemps qui s'y cache.

Les heures qui suivent me confortent dans cette pensée. Les paroles se font claires comme l'eau d'une source, les mots fleurissent au bout des lèvres et les gestes laissent derrière eux des traînées de verdure. Le thé puis le repas et sa préparation sont doux, agréables et lumineux comme des jaunes d'œuf, soleils sans l'éblouissement ou l'aveuglement. Ils mènent inéluctablement vers une après-midi rayonnante, dans laquelle je m'engouffre sans aucune crainte, avec la certitude qu'elle sera merveilleuse.

Cette promesse d'arbres centenaires recueille toute ma curiosité et mon excitation, et je ne peux pas m'empêcher de confier ma hâte de les apercevoir à Vana. Pourtant, c'est calme et sereine que j'entre dans les bois, apaisée par le repas et le délice de ces premières heures avec mon amie.

Je serre ma cape autour de mon corps, appréciant le chemin et le paysage, un peu muette parce qu'agréablement émerveillée. Je finis toutefois par rompre ce silence pour accorder quelques mots légers comme le vent à Ivanovna, trahissant l'envie de lui parler.

« Je crois que suis passée au-dessus de cet endroit à balai, mais la vue est bien plus belle sous les cimes. »

Les yeux se lèvent, parcourent, effleurent sans oser s'accrocher.

« Tu te rends souvent ici pour marcher ? » demandé-je, curieuse.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet