27 oct. 2025, 22:11
Mondes parallèles

Shanklin, mercredi 3 août 2050, 9h30
@Alwenn McNeil

- Charlie a un amoureux ! Charlie a un amoureux !
- N'importe quoi !
- Si ! Tu fais comme Cendrillon quand elle va au bal.
- J'ai pas d'amoureux, Et arrête de jouer avec mes affaires...

Dans le miroir, je regarde ma petite sœur, avec ses boucles blondes et mon pull en laine bleue, qui lui fait une robe.
Et je lui tire la langue gentiment puis l'aide à retirer le pull que je jette sur mon lit, rejoignant le reste de mon armoire.
J'ai tout sorti, tout essayé et... tout balancé sur la couette dont on n'aperçoit même plus les motifs.
Il est presque 09h30 et je ne sais toujours pas comment m'habiller.

Je me jette en étoile de mer sur le tas informe de textile. Désespérée.
Lizzie sort de ma chambre au moment où ma mère y rentre... et découvre la nouvelle déco.
- Et bah...

Elle s'assoit sur le bord de mon lit, en caressant la tête d'Happy, qui n'est absolument pas gêné par tout ce remu ménage.
Je me retourne et m'assoie à côté d'elle.
- Je sais pas quoi mettre.
Ma mère me regarde, avec ses yeux doux et son sourire qui réchauffe le cœur :
- Ma puce, peu importe ce que tu portes, tu seras parfaite. Les vêtements ne définissent pas qui tu es.
C'est bien ça le problème, je ne sais pas qui je suis. Ni qui ils sont...
- Mais si j'ai l'air ridicule ? Et si je suis pas comme eux ? Et comment ils s'habillent eux ?

Je sens les larmes monter, et la peur m'ensevelir.
Mais comme toujours, ma mère a les mots qu'il faut :
- Alors, jamais tu ne seras ridicule. Et puis tu sais, c'est bien d'être différent, ça nous rend unique. Tu auras juste à leur apprendre qui tu es...
Elle se retourne et tend un bras pour attraper un maillot. Puis continue :
- J'ai une idée, tu n'as qu'à choisir un vêtement qui te rappelle un bon souvenir.
Elle se lève en me faisant un bisou sur le front, avant d'ajouter :
- Mais dépêche toi, elle sera là d'une minute à l'autre.

Je regarde ma mère sortir, Happy sur les talons.
Puis je parcours la montagne de vêtements à la recherche d'un souvenir...
J'ai trouvé. La soirée avec Millie, au ballet du lac des cygnes. Ma robe beige.
Je l'attrape, enlève mon peignoir qui tombe en boule par terre et enfile la robe patineuse. Elle m'arrive juste au dessus des genoux. Je passe mes mains sur les manches en plumetis.
Je noue mes cheveux dans un chignon lâche et enfile mes ballerines bleues.
Je me regarde dans le miroir. C'est bien, c'est sobre et décontracté mais pas trop.

Je suis prête. Mon cœur bat vite et j'ai un sentiment d'excitation mêlé de peur. Je me sens comme les matins de rentrée scolaire. Sauf que Millie ne sera pas là. Et que c'est pas la rentrée. Pas encore.
Non aujourd'hui, je fais mes premiers pas dans le monde sorcier. Une broutille quoi. Une journée shopping rien de plus normale, si j'en crois ma liste de fournitures scolaires.

Où est ce que je l'ai mise elle d'ailleurs ? Je parcours ma chambre du regard, à la recherche du parchemin. Je passe mes mains sous la pile de vêtements. Rien. "Grouilles-toi Charlie". Je me souviens, ma table de chevet. Je contourne mon lit et m'emmêle les pieds dans un pull. "Et merde, faudra que je range en rentrant".
Mon cœur loupe un battement quand j'entends les coups sur la porte en bois. C'est l'heure. J'attrape la liste dans le tiroir de la petite table en bois et je descend les escaliers quand la voix de ma mère résonne dans l'entrée.
- Entrez, je vous en prie. Elle arrive...
Charlotte descend !


J'arrive sur la dernière marche, face à la porte d'entrée rouge, face à une sorcière. Le papier dans une main, je lisse ma robe avec l'autre. Je fais encore un pas et en regardant la femme, je balbutie timidement :
- Bonjour madame.

Je reste confuse devant l'inconnue. Je ne m'attendais pas à ça. Elle est belle, avec des cheveux coupés court aux couleurs de feu et des yeux verts intenses. Et elle est jeune. Je pensais pas qu'une sorcière ça ressemblait à ça. Je pensais à une vieille femme avec une verrue sur le nez. Bon d'accord, je suis une sorcière et j'ai pas de verrue sur le nez, mais au moins un chapeau pointu... Bah non, elle porte une robe légère d'été, blanche avec de tout petits motifs bleu clair. En fait elle est comme nous, normale...

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-- Je veux m'envoler --

31 oct. 2025, 23:27
Mondes parallèles
Le vrai problème de travailler à Poudlard, c'étaient les vacances. Les trois semaines éparpillées dans l'année scolaire n'était qu'un mensonge : il y avait toujours des gamins à surveiller qui restaient au château, et puis, il fallait préparer ses cours, corriger des tas de copies, rattraper le retard qu'on avait pris sur toutes ces petites tâches, horriblement chronophages et pas du tout attrayantes. Franchement, qui avait envie de déchiffrer les pattes de mouche d'une copie ? Lorsque c'était bien écrit, elle ne disait pas mais... le fait était que la plupart des copies n'étaient pas parfaitement lisibles. Alors si, en plus, lors des deux mois d'été où on pouvait enfin quitter le château, on nous demandait d'aller voir les familles des nés-moldus et de leur faire faire leurs courses de rentrée, on avait vraiment l'impression de s'être fait arnaquer dans cette histoire. Heureusement qu'elle aimait son métier. Et heureusement que, récompense bien méritée, elle était partie en vacances pendant deux semaines avec ses amies et venait à peine de rentrer des sommets de la Cordillère des Andes. Cependant, l'idée de reprendre le "travail", d'aller voir des familles... Eh bien, ça ne l'enchantait guère.

Elle aimait bien quand les enfants étaient motivés, qu'ils étaient enthousiastes à l'idée de découvrir la magie et le nouveau monde qui s'ouvrait à eux. Elle aimait beaucoup moins lorsqu'elle avait affaire à des gamins stressés, angoissés, qui n'avait aucune envie de perdre tous leurs repères pour atterrir dans un monde de magie. De magie ! Comment était-il même possible de ne pas vouloir lancer des sorts avec une baguette ? C'était assurément plus ingénieux que tout ce que les moldus pouvaient inventer. Du moins, de son point de vue de parfaite inconnue des technologies moldues, qui aimait assez la magie et les runes pour ne pas se détourner du monde magique.

Elle toqua trois fois sur la porte en bois, en arrivant devant la maison de la fillette qu'elle devait emmener acheter ses fournitures scolaires ce jour-là. Souriant à la femme qui la laissait entrer, Alwenn la salua et la remercia. Puis, la petite Charlotte descendit et lui dit timidement quelques mots. "Bonjour. Est-ce que vous avez bien pris votre liste de fournitures ?" lui demanda-t-elle, tentant de la mettre en confiance avec un sourire. Puis, se tournant vers la mère : "Je pense que nous en avons pour... trois heures si nous sommes efficaces." estima-t-elle. Essayer les uniformes, trouver tous les ouvrages, et surtout, faire la queue pour payer aux boutiques pouvait prendre un certain temps. "Avez-vous des contraintes particulières ou cela vous convient-il si nous sommes de retour aux alentours de midi et demi ?" ajouta-t-elle, toujours parée de son sourire. C'était toujours plus agréable de sourire aux gens.

#463582 - Tutoyez-moi ! (hRP)
Intervenante au club d'AM → Alwenn vient à Poudlard une fois par semaine
inRP : Prof de runes (janv. 2049 à fin avril 2051) & DDM Serdaigle (fin avr. 2050 à fév. 2051)

11 nov. 2025, 15:04
Mondes parallèles
Je regarde la sorcière, la détaillant, presque trop. Mais soit elle ne le remarque pas, soit elle s'en fiche car elle ne dit rien. En tout cas pas à ce sujet. Elle me demande simplement si j'ai pris ma liste de fourniture. Je lui répond d'un sourire légèrement crispé en tendant le bras pour lui montrer le parchemin plié dans ma main.

Alors que je me dirige vers le porte manteau accroché près du miroir dans le couloir, elle interroge ma mère à propos de l'organisation de notre voyage. Je m'arrête un instant, surprise. Trois heures ? On va les faire où les courses ? Ça m'étonnerai qu'ils vendent des baguettes magiques et des capes de sorciers au supermarché de Shanklin... Trois heures, c'est pas possible. Le temps d'aller en voiture jusqu'à Ryde pour prendre le ferry, puis la traversée jusqu'à Portsmouth... Je m'apprête à demander où se trouve le magasin, mais ma mère répond :
- Oui pas de soucis, prenez votre temps, rien ne presse.

Suivie par Happy qui tire la langue, Lizzie arrive en courant, dans l'entrée, des ailes pailletées accrochées dans le dos. Elle regarde la sorcière puis avec son plus beau sourire malicieux, la salue, tout en se trémoussant dans sa robe en tulle :
- Bonjour ! T'as vu, je suis la princesse des fées !
Maman ajoute alors avec un grand sourire chaleureux, caressant les boucles blondes de ma petite sœur :
- On ne bouge pas de la journée.

Je regarde ma mère, étonnée qu'elle ne pose aucune question sur notre destination.
En tout cas, je ne dis rien et attrape mon gilet bleu marine, que je passe par dessus mon bras.
Puis je regarde la sorcière, qui me fait penser à la mère de Millie avec ses cheveux roux et son regard vert éclatant, mais en plus jeune, beaucoup plus jeune. Je luis fais un sourire avant d'annoncer :
- Je suis prête, on peut y aller.

Je fais quelques pas vers la porte d'entrée restée ouverte mais ma mère m'arrête d'une main posée sur mon poignet.
- J'allais oublier.

Je la regarde déambuler jusqu'au pot à cookies posé sur le comptoir de la cuisine. Je lève les yeux aux ciel, franchement j'ai vraiment pas faim là. Mais au lieu de revenir avec des biscuits, elle rapporte une petite pochette en cuir marron foncé, qui tinte à chaque mouvement. Y a quoi là-dedans ? Je n'ai pas l'occasion de le savoir car elle s'adresse à la sorcière, lui tendant le pochon :
- Je vous remets ça, c'est plus prudent. Puis ajoute, en me faisant un clin d'œil : Charlotte est un peu tête en l'air.

Super ! Merci maman... Moi qui voulait faire bonne impression, ça commence bien.
Un peu honteuse, je regarde la rousse, un sourire gêné sur le visage, puis d'un pas hésitant je sors de la maison.
Je m'arrête quelques pas plus loin, sur les marches du perron. Je regarde autour de moi. La voiture de maman est dans l'allée, il y a aussi le petit vélo à roulettes de Lizzie, mais rien d'autre. Je regarde dans la rue. Pas de taxi.
Je me retourne vers la sorcière derrière moi et demande spontanément :
- Elle est où votre voiture ?

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-- Je veux m'envoler --