PNJ Impulsions sur ondes brouillées Libre

Les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte sur un sourire béat, dressé sur son banc de toute sa taille, Ludwig resplendit de bonheur et il aimerait que le monde entier cesse de tourner pour se concentrer sur la joie folle qu'il ressent. Il aimerait aussi avoir le courage de lever la main pour adresser un salut à sa professeure, au cas où elle ne saurait plus qui il est, faire un geste pour dire : « coucou, c'est moi ! c'est moi la lettre ! c'est moi le courrier ! ». Mais quelque chose le retient. Il ne sait pas trop quoi. Son cœur bat fort dans son torse et lui remonte dans la gorge, ses doigts sont moites et toujours accrochés à l'épaule du Coop National qu'il ignore totalement car il est trop occupé à regarder la Professeure McNeil discuter avec la professeure de vol.

Difficile de continuer d'ignorer le Poufsouffle, cependant, lorsque celui-ci l'attrape par les épaules pour le forcer à le regarder. Ludwig renâcle un peu, essaie de regarder par-dessus les boucles brunes du garçon, sans grande réussite, aussi se résigne-t-il à baisser les yeux vers le visage d'Elijah. En plus, celui-ci insiste ! Il faut que tu m'écoutes ! répète-t-il. Alors Ludwig hoche la tête de bas en haut, un sourire s'épanouissant sur ses lèvres. Ses pommettes sont rouges de joie.

« Oui, j't'écoute, mais dépêche-toi, on va tout manquer ! »

Mais puisque le Coop National a utilisé le mot magique, à savoir mec, Ludwig daigne se concentrer sur lui et être sérieux deux secondes, mais sans se départir de son sourire, tout simplement parce qu'il n'y arrive pas. Comment pourrait-il cesser de sourire alors que pour la première fois de sa vie il a envoyé une lettre d'amour à une fille et qu'elle a bien réagi ? Impossible, le cœur adolescent de Ludwig le sait. Il regarde Elijah avec une grande confiance, persuadé que son ami va aller dans son sens, lui dire sur un ton solennel : mec, elle t'aime aussi.

Ce n'est pas ce qu'il lui dit.

Elle se fout de toi. L'affirmation tombe brutalement dans les oreilles de Ludwig qui arrête d'essayer de se dresser pour regarder vers la table des professeurs. Il jette un regard perdu à Elijah. Son cerveau a du mal à comprendre, mais son cœur s'est déjà tordu, comme s'il savait déjà. Puis Elijah continue : elle lui a montré parce qu'elle trouve ça nul, ou ridicule. Et ça, Ludwig n'a aucun mal à le comprendre. Car ce ne serait pas la première fois que quelqu'un montre quelque chose qui lui appartient ou le montre tout simplement lui à un copain avant de se mettre à rire. Mais cette fois-ci, il pensait que c'était différent. Parce qu'elle a eu un beau sourire, un sourire qui éclaire les yeux. Enfin, la sentence tombe. Elle est clairement pas tombée amoureuse. C'est comme un coup de poing droit dans le cœur. Pendant un instant, Ludwig a du mal à respirer. Le pire, ce n'est pas qu'elle ne soit pas amoureuse de lui, ça il peut s'en accommoder. Non, c'est le « elle se fout de toi » qui ne parvient pas à passer.

Ludwig laisse Elijah lui tapoter l'épaule. Son sourire a dégringolé de ses lèvres. Le rouge sur ses pommettes s'est déplacé sur le haut de ses oreilles, changeant la joie en honte. Il a une boule dans la gorge qui ne veut pas passer et il ne comprend pas pourquoi. Ce n'est pourtant pas la première qu'on se moque de lui. Jack Jevons le fait tous les jours. Et puis il a l'habitude avec ses oreilles décollées. Généralement, ça ne le dérange pas, parce qu'être moqué, c'est toujours mieux qu'être ignoré. Mais pour une fois, Ludwig se dit qu'il aurait préféré être ignoré. Parce qu'être moqué par sa professeure de sortilège, ça fait beaucoup trop mal.

Le garçon se dérobe doucement des mains d'Elijah pour faire de nouveau face à la table. De l'autre côté de celle-ci, les élèves leur lance des regards insistants. Ludwig connait bien les sourires qui dansent sur leurs lèvres. Il baisse les yeux sur son assiette pour ne plus les voir. À plus grande horreur, il sent ses yeux commencer à lui piquer. Ce serait la honte de pleurer maintenant ! Il prend une grande inspiration pour ravaler les larmes, ce qui le fait renifler, mais il ne sent pas compte que cela n'a rien de discret. Il est trop préoccupé par la dizaine de pensées qui coulent dans son esprit.

Est-ce qu'Elijah le trouve nul, maintenant ? Parce que sa déclaration d'amour n'a pas marché ? Est-ce qu'il va se moquer de lui ? Ludwig lui jette un regard en coin. Maintenant que la pensée est passée dans son esprit, impossible de penser à autre chose. La crainte lui noue l'estomac et le force à se redresser malgré la honte pour se tourner vers le Poufsouffle. Rattraper le coup avant qu'Elijah se moque lui aussi. Elle se fout de toi. Avant qu'il rit avec son voisin en pointant Lud d'un doigt rieur. Dire quelque chose pour garder son attention sur lui. Parce que s'il se retrouve tout seul, il va vraiment se mettre à pleurer comme un bébé et pas sûr qu'il réussisse à tourner les moqueries des autres à son avantage, là.

« C'est pas grave, articule-t-il vaillamment en étirant un sourire tordu qui ne pourrait convaincre personne. J's'rai pas triste trop trop longtemps... »

Il hausse les épaules pour faire comme si tout allait bien. Sauf que tout ne va pas bien. Il aurait peut-être dû miser sur une attitude nonchalante avec Elijah, non ? Sera-t-il touché par sa tristesse au point d'oublier de se moquer de lui ?


Si Alwenn va confronter directement Ludwig, il va MOURIR de honte, le pauvre ! Par contre c'est tellement amusant qu'elle ne sache même pas exactement qui il est, c'est pire que tout, heureusement que Lud ne le sait pas.

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Elijah sentit bien que ses mots auraient une portée quelque peu dévastatrice sur son camarade, mais il se devait de rétablir la vérité. Il serait un bien piètre ami s'il laissait Lud s'enfoncer dans ses désillusions. Et s'il se ridiculisait plus encore lors du cours de runes qu'ils auraient dans la journée ? Non, c'était impossible, il ne pouvait pas le laisser faire ça. Et s'il devait se montrer dur, il le ferait : c'était pour son bien.

Il ne put cependant s'empêcher de ressentir la tristesse de son camarade, devant son air abattu. Les lèvres d'Elijah se tordirent en une grimace empathique et désolée, sans qu'il ne sût que faire d'autre que de continuer à lui tapoter l'épaule d'un air réconfortant. Il lança tout de même un regard noir en direction des deux professeures, qui avaient osé se moquer aussi ouvertement de cette lettre que Lud avait pourtant écrit avec tout son coeur, il le savait. Les adultes avaient tendance à toujours croire que les émotions des adolescents n'avaient pas de valeur, puisqu'ils étaient si jeunes, et donc n'y connaissaient rien à la vie. Pourtant, il était bien placé pour savoir qu'elles étaient bien souvent dévastatrices.

Alors oui, il en voulait à Miss McNeil et Miss Tremblay, de montrer si peu de considération, du haut de leur table des professeurs. Se rendaient-elles seulement compte que leurs rires suffisaient à tout dévoiler de leurs pensées ? Il ne reporta ses yeux sur Ludwig que lorsque sa main rencontra le vide au lieu de son épaule. Et ce qui lui dit brisa le coeur d'Elijah, qui eut soudainement envie de se lever, pour aller crier sur les deux professeures qu'elles, n'en avaient aucun de coeur.

Mais il ne pouvait pas faire ça, et laisser Ludwig tout seul dans sa détresse. Alors il se leva du banc, en tirant légèrement sur le bras de son ami.

- Viens, mon pote, on s'tire. Faut pas leur montrer que ça te touche, ok ? T'façon, elle est naze McNeil, comme sa matière. Tu veux sortir un peu ? Prendre l'air ? lui proposa-t-il, incapable de le laisser comme ça, sans pour autant savoir ce qu'il devait faire pour l'aider.

- On peut te trouver une meuf vachement mieux, t'inquiète ! affirma-t-il en hochant la tête. Laquelle, cela restait encore à trouver.

4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil

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"Il y a quand même des gens qui sont... inventifs ?" répondit-elle en fronçant les sourcils, ne parvenant pas à trouver le mot exact qu'elle cherchait. "T'es sûre que c'est un de ses meilleurs copains qui a fait ça ? Parce que franchement, si on m'avait fait ce coup-là... je n'aurais pas trop apprécié" rebondit-elle, toujours aussi perplexe. Ecrire une lettre d'amour en indiquant un autre auteur, ça pouvait sembler drôle mais pourquoi le faire à ses amis ? Ca avait dû mettre Lukas horriblement mal à l'aise - et Maxine aussi probablement. Alwenn espérait que ce n'était pas une histoire du même genre... ça la mettrait en rogne plus que ça ne l'amuserait pour le coup.

"J'ai cours avec les troisièmes années cet après-midi, je lui glisserai un mot... sur le fond. Et un peu quand même sur la forme, parce que bon... je veux bien avoir une certaine tolérance, mais c'est quand même pas possible de faire des fautes à chaque mot." ajouta-t-elle ; non, elle ne voyait pas comment passer sous silence l'orthographe désastreuse de l'adolescent... Peut-être lui glisserait-elle aussi que le parfum aux bonbons était parfaitement écœurant, après quelques minutes à contempler la lettre. "Bon, je vais y aller" annonça-t-elle, en pliant la lettre en quatre et en la glissant dans la poche de sa cape de sorcière ; elle la déposerait sur son bureau en remontant. "J'ai des choses à préparer pour mes cours de la journée... et faut que je réfléchisse un peu à comment tourner ça." Une petite grimace se peignit sur son visage. "Je te dirai au dîner comment ça s'est passé..." Elle n'avait à vrai dire pas hâte d'aller parler à Ludwig. Néanmoins, elle ne pouvait pas laisser cette lettre sans réponse, surtout que le jeune Poufsouffle savait très certainement qu'elle l'avait reçue. Les hiboux ne se trompaient pas après tout. Ou du moins, pas souvent. Car si la lettre était bien destinée à quelqu'un d'autre, comme elle l'avait pensé au début... elle aurait bien l'air stupide.

Se levant, son regard tomba alors sur la petite pochette de sucreries. Mmh. L'envie de les manger grondait en elle - après tout, elle n'était jamais contre quelques friandises gratuitement - mais sa raison lui soufflait qu'il valait mieux rendre le paquet intact au Serpentard. Sinon, ça la décrédibiliserait totalement. Elle le fourra dans sa poche, se promettant intérieurement de ne plus y toucher avant son cours avec les troisièmes années.

407 mots
Fin pour moi, merci beaucoup pour cette situation très amusante ! Et Aelle, si tu veux écrire le moment où Alwenn ira parler à Ludwig, ce serait avec plaisir :cute:

#463582 - Tutoyez-moi ! (hRP)
Intervenante au club d'AM → Alwenn vient à Poudlard une fois par semaine
inRP : Prof de runes (janv. 2049 à fin avril 2051) & DDM Serdaigle (fin avr. 2050 à fév. 2051)

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- "Certaine. J'ai reconnu l'écriture sur un devoir la emaine suivante. Le gamin n'a pas mauvais fond mais je n'ai pas trouvé comment aller me voir pour lui expliquer ce que ça aurait pu impliquer." Expliqua la châtain à la rousse. "Mais vu ce que j'ai dit à Lukas. Probable qu'il lui en ait déjà parlé, vu les risques..." Continua la quebécoise en se souvenant de tout ce qu'elle avait pu expliquer au jeune brun sur ce que la situation impliquait.

Elle acquiesça à la suite de ce que sa collègue lui annonça. Dans les deux cas c'était particulièrement important. C'était d'ailleurs étrange qu'en tris ans, aucun professeur ne lui ait pas déjà dit quoique ce soit sur ses capacités d'écriture. Même elle qui n'était pas d'une exigence folle s'étonnait qu'elle n'ait rien remarqué. "
Bon courage." Glissa-t-elle en réponse à son amie. "Tu trouveras comment lui expliquer." Chercha-t-elle à la mettre en confiance avant d'avoir un nouveau signe de tête pour marquer son accord quand elle parla du dîner. Elle espérait que ça irait, que le jeune ne se braquerait pas et qu'Alwenn parviendrait à lui délivrer l'intégralité du message sans qu'il ne se retrouve à se morfondre non plus.

Rien n'était facile dans cette situation, ni pour le jeune qui avait eut du courage - si ce n'était pas une mauvaise blague - ni pour la professeur. Maxine laisa s'échapper un soupir. "
Oui tu me diras tout à l'heure." Le sourire suivant dit encourageant plus qu'amusé alors que la rousse se levait pour préparer son après-midi. Elle aussi n'allait pas tarder d'ailleurs!


Merci pour l'opportunité de RP!

Modératrice - Professeur de vol depuis le 17/04/2049 - DDM de Gryffondor (du 17/04/2049 au 26/04/2050) - color=#b07d15.

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Quand Elijah se lève, Ludwig se dit : ça y est, je lui ai foutu la honte et il a décidé de partir. Mais quel idiot, quel idiot ! Il aurait dû miser sur l'attitude nonchalante ! Il aurait dû éclater de rire, faire semblant que rien de tout cela ne le touchait ! Le Coop National l'aurait trouvé bien plus classe, comme ça. Il se serait dit : ouah, ce Ludwig, il est trop fort de pas être triste ! et tout aurait été bien mieux. Incapable de cacher la tristesse que lui inspire le départ de son ami, le Serpentard le suit d'un regard écarquillé et humide, à deux doigts de lui attraper la manche pour supplier de rester, même si ça le fait passer pour un gamin. Mais finalement, c'est Elijah qui lui tire le bras, Elijah qui l'encourage à se lever, Elijah qui veut qu'il le suive.

Comprenant qu'il s'est fourvoyé, le cœur de Ludwig fait un bon incroyable. Il n'aurait pas pu supporter le départ d'Elijah après avoir subit cette défaite avec la professeure McNeil. Le soulagement qu'il ressent prend une place inconcevable, proportionnelle à la tristesse qui lui noue les tripes quand ses yeux se tournent vers la table des professeurs. Et ils le font souvent. Alors pour ne pas que tout cela déborde, Ludwig passe sa jambe par-dessus le banc et se lève à son tour, les yeux levés vers le visage du garçon. Apparemment, il ne faut pas montrer que toute cette histoire le touche, même si ses mamans lui répètent souvent qu'il a le droit de montrer ses émotions et qu'il ne doit pas en avoir honte. Mais si le Coop National dit le contraire, c'est lui qui a raison, après tout c'est lui qui est à la pointe de la mode. Alors Ludwig fronce un peu les sourcils, serre les mâchoires et dresse le menton en se drapant dans une certitude toute mensongère censée hurler à quiconque l'apercevrait de près ou de loin : je vais bien !

Par hasard, ou peut-être parce que la détermination de Ludwig n'était pas assez forte, à peine est-il debout que ses yeux repartent en quête de la table des professeurs. C'est plus fort que lui, c'est impossible de ne pas regarder vers là-bas. Et évidemment, il la voit. Sa jolie professeure, avec sa belle chevelure et son sourire qui met des papillons dans son ventre. Les yeux de Ludwig s'écarquillent lorsqu'il la voit prendre le paquet de sucreries pour le mettre dans sa poche. Ca fait comme une explosion dans son cœur et ses pensées s'emballent à toute vitesse, tellement vite qu'il passe du désespoir au bonheur, avant de repartir vers le désespoir ; au final, ne reste qu'un vague espoir pas très solide. Ludwig se tourne vers Elijah qui lui propose de prendre l'air, la bouche ouverte sur un cri d'espoir : elle a pris le paquet, elle m'aime ! Mais à peine cette pense s'écrit-elle dans son esprit que résonnent de nouveau les mots de garçon : « elle se fout de toi ». Alors il referme la bouche, son espoir dégringole et il hoche piteusement la tête.

« Je vais rien montrer, oui, mais faut vite qu'on sorte, alors. »

À son tour d'attraper le bras de son ami. Il garde le visage exagérément baissé vers le sol, comme si cela pouvait empêcher quiconque de le reconnaître. Il fait beaucoup d'effort pour ne pas regarder vers la table des professeurs où celle qu'il aime continue de parler avec la professeure de vol. Il en crève d'envie mais il résiste parce qu'Elijah le lui a demandé. Ludwig s'avance dans l'allée en tirant le Poufsouffle derrière lui. La honte lui rougit fortement les oreilles, il n'arrive pas à dire le moindre mot ni à rien penser de concret tant qu'ils sont encore dans la Grande Salle. Alors il accélère, pressé de partir mais en même temps triste de tourner le dos à sa professeure. Une petite voix dans sa tête ne cesse de lui répéter : c'est peut-être pas mort, c'est peut-être pas mort, c'est peut-être pas mort. Et lui, il a envie d'y croire.

Ce n'est qu'une fois hors de la Grande Salle que Ludwig parvient à prendre une grande inspiration. Il a retenu sans en avoir conscience son souffle jusqu'ici. Enfin, il lâche le bras d'Elijah et croise son regard. Ses grands yeux marrons fouillent son visage. Subitement, il réalise ce que le Coop National lui a proposé et ce que cela signifie : prendre l'air ensemble, tous les deux. Il n'est pas parti, il ne l'a pas laissé tout seul parce qu'il lui faisait honte, il ne s'est pas moqué de lui. Au contraire, il a envie de rester avec lui ! Pour lui remonter le moral ? Un sourire maladroit s'étire sur ses lèvres, un sourire qui creuse ses joues, fait briller son regard, mais qui jure un peu avec ses pommettes et ses oreilles rouges, avec l'humidité dans ses yeux. Mais montrer qu'il est trop content qu'Elijah reste avec lui, ce serait vraiment un truc de gros abruti. S'il croit que t'es super triste, il restera avec toi pour te réconforter le moral ! Ludwig est triste, mais de passer un moment avec le Poufsouffle le réjouit suffisamment pour qu'il se remette à rire. Sauf que rire, ça ne fait pas rester les gens, n'est-ce pas ?

« J'ai pas envie d'penser à tout ça, balbutie-t-il en se mordant la lèvre, ça fait trop trop mal. »

Il se frotte le bout du nez et fait mine de renifler en détournant les yeux. La peine qu'il ressent tout au fond de lui, celle qui est rassemblée en une grosse masse compacte et qui lui noue la gorge, celle qui lui pique les yeux et qui lui fait mal au cœur, elle explosera plus tard aujourd'hui, quand il se retrouvera seul et que le silence laissera de la place pour la tristesse. Ou pire, quand il sortira ses devoirs de rune et qu'une horrible appréhension à l'idée du prochain cours à venir lui donnera envie de vomir. Mais pour le moment, il a envie d'aller jouer dans le parc avec Elijah, comme quand il était tout petit et qu'il n'y avait rien d'autre qui comptait que ses aventures avec ses cousins dans le grand champ qui entoure la maison. Alors il embarque Elijah en direction du parc en faisant attention de ne pas paraître trop joyeux.

« Tu crois que ça existe une fille mieux qu'elle ? » demande-il finalement en baissant la voix comme s'il parlait d'un secret de première importance.

Et Ludwig découvrira qu'il n'existe pas d'autre remède à la peine que de faire des plans sur la comète avec une personne que l'on apprécie. Il fera tout pour qu'Elijah reste avec lui le plus longtemps possible, en insistant pour qu'il reste s'il fait mine de partir, en lui proposant de nouveaux jeux, de nouveaux sujets de conversation, jusqu'à ce que le Coop National s'en aille finalement, rattrapé par son emploi du temps. Et lorsque la peine commencera à venir toquer à la porte de son esprit parce que le silence lui aura laissé la place de revenir, Ludwig partira en quête d'un nouveau groupe auquel se greffer, d'une autre personne à laquelle parler, parce qu'il est comme ça. Cette nuit, il pleurera un peu dans son lit. Et dans sa prochaine lettre à ses mères, il se vantera de son premier chagrin d'amour qui les inquiétera plus que de raison. Mais avant cela, il devra bien affronter son prochain cours d'Etude des Runes et la professeure McNeil.