Le silence d'un regard
2 novembre 2046
@Eleanora Sywell
Le silence d'un regard
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@Eleanora Sywell
Le silence d'un regard
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@Eleanora SywellJe jette un regard à Uklyn, se reposant paresseusement sur mon canapé. Cela fait seulement quelques jours que je l'ai acheté, mais il semble déjà chez lui. Je m'approche, ravie qu'il ne fuit pas à mon contact. Une si petite boule de poils à réussi à refaire ma matinée. Pas que je me sente seule, j'ai mes ex-collègues de la GEAD, Lloyd, ma filleule qui va me rendre visite...
Mais mon quotidien manque souvent de... diversité. Alors, je me suis apporté mon propre chamboulement : un furet. Uklyn. Le nom, je ne l'ai pas choisit. Enfin, pas dans le sens où on l'entendrait. J'ai écrit des lettres sur un bout de papier, avant de regarder vers lesquelles mon furet se tournait. U-K-L-Y-N.
Je regarde l'heure donnée par la Grande horloge moldue qui orne fièrement dans mon salon. Elle ne devrait plus tarder. Rhéa. Qu'elle ai fait le déplacement de l'Ecosse à l'Angleterre, juste pour me voir me touche beaucoup. Je me demande qu'elle sera sa réaction lorsqu'elle verra Uklyn. Si elle l'appréciera, autant que moi je l'ai aimé dès le premier regard.
Plus que quelques minutes. Tout est prêt. Enfin... presque. Mon bandeau ! J'ai complètement oublié de le mettre ! Me précipitant dans ma chambre, j'aggripe le premier qui me tombe sous la main, avant de le fixer sur mon œil aveugle d'une main tremblante.
- Par Merlin, Sao... tu pouvais pas y penser avant ?
DDM de Gryffondor - Octobre 2050 à Juillet 2051
Professeur de DCFM - Janvier 2051 à Juin 2051
Membre de l'UDS (Miel) - Mai 2051 à jamais
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Le silence d'un regard
La fillette trépignait depuis qu'ils avaient quitté Édimbourg, incapable de tenir en place malgré la main ferme de son père autour de la sienne. Chaque pas, chaque virage sur le chemin la rapprochait un peu plus de Tinworth, et son cœur battait trop vite pour son petit corps qui n'arrivait plus à rester immobile.
Tinworth, c'était bien plus qu'une ville. C'était le lieu où sa mère avait grandi, mais surtout l'endroit où vivait sa marraine. Son repère. Saona. Rien que d'y penser, Rhéa sentait une chaleur courir dans sa poitrine. Elle n'y allait pas souvent — parfois lorsqu'ils faisaient escale en revenant de Godric's Hollow, parfois quand sa mère décidait de rendre visite à sa vieille amie — mais chaque fois, elle en gardait un souvenir lumineux.
Comparée à Édimbourg, Tinworth lui paraissait presque enchantée. Pas pour ses rues, ni pour ses maisons, mais pour les gens qui y vivaient. Pour elle, c'était un endroit où l'air semblait plus doux parce qu'on y respirait autre chose que les obligations familiales.
Quand son père la déposa enfin devant la porte, elle bondit presque avant qu'il ne puisse dire un mot. Elle leva le poing et frappa aussi fort qu'elle le pouvait, certaine que Saona devait l'entendre immédiatement. Chaque seconde d'attente lui paraissait trop longue.
La poignée tourna. La porte s'ouvrit.
Et Saona apparut. Inchangée. Les mêmes cheveux d'ébène, si semblables aux siens. Le même bandeau sombre sur son œil gauche.
Rhéa sourit et lui fonça presque dessus, sincèrement heureuse de la revoir.
— Sao, j'suis là ! Tu m'as entendue, hein ? Lança-t-elle, presque fière d'avoir fait vibrer la porte.
"On n'apprend pas à marcher en suivant les traces des autres."
Couleur RP : #4d5f84
Tinworth, c'était bien plus qu'une ville. C'était le lieu où sa mère avait grandi, mais surtout l'endroit où vivait sa marraine. Son repère. Saona. Rien que d'y penser, Rhéa sentait une chaleur courir dans sa poitrine. Elle n'y allait pas souvent — parfois lorsqu'ils faisaient escale en revenant de Godric's Hollow, parfois quand sa mère décidait de rendre visite à sa vieille amie — mais chaque fois, elle en gardait un souvenir lumineux.
Comparée à Édimbourg, Tinworth lui paraissait presque enchantée. Pas pour ses rues, ni pour ses maisons, mais pour les gens qui y vivaient. Pour elle, c'était un endroit où l'air semblait plus doux parce qu'on y respirait autre chose que les obligations familiales.
Quand son père la déposa enfin devant la porte, elle bondit presque avant qu'il ne puisse dire un mot. Elle leva le poing et frappa aussi fort qu'elle le pouvait, certaine que Saona devait l'entendre immédiatement. Chaque seconde d'attente lui paraissait trop longue.
La poignée tourna. La porte s'ouvrit.
Et Saona apparut. Inchangée. Les mêmes cheveux d'ébène, si semblables aux siens. Le même bandeau sombre sur son œil gauche.
Rhéa sourit et lui fonça presque dessus, sincèrement heureuse de la revoir.
— Sao, j'suis là ! Tu m'as entendue, hein ? Lança-t-elle, presque fière d'avoir fait vibrer la porte.
269 mots
@Saona O'Sullivan
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Le silence d'un regard
@Eleanora SywellJe me presse, mes doigts fébriles vérifiant la solidité du bandeau. Une fois certaine que le nœud ne tombera pas, je me précipite vers la porte d'entrée, Uklyn dans mes bras. Un sourire éclaire mon visage lorsque ma filleule se précipite vers moi. Elle, n'a pas changé, malgré la pression familiale, malgré mes craintes. Rhéa à dix ans, mais à mes yeux, elle est toujours la petite de huit ans répondant à mes énigmes dans le labyrinthe de glace. Je la fait entrer, saluant son père d'un mouvement de tête cordial. Il peut me laisser sa fille, et revenir la chercher plus tard.
Si Amelia est une de mes meilleures amies, j'ai toujours eu un peu de mal avec la personnalité si froide de Terence. Pas que ce ne soit sa faute, ou qu'un passif entre nous deux ait existé, mais à mes yeux, c'est en partie sa faute si Eleanora à peur de décevoir.
Je lance un regard à mon furet, trônant sur mon épaule, avant de le saisir, et de le montrer à ma filleule, le plaçant bien en évidence devant ses yeux.
- Rhéa, je te présente Uklyn ! Uklyn, voici Rhéa ! puis, ajoutant pour Eleanora, je l'ai acheté il y a quelques jours... il te plaît ?
J'avance dans le salon, avant de remarquer une photo exposée sur ma table. Celle de Lloyd et moi. Je me dépêche de me placer devant, espérant que Rhéa ne l'aura pas vue. Si que ma filleule s'immisce dans ma vie privée ne me dérange pas trop, le fait est que sur cette photo, mon œil aveugle est découvert. Ce qui signifie que si la jeune fille à vu ce cliché, elle comprendra que ce bandeau n'est pas qu'une "vieille habitude". Et c'est quelque chose que je ne désire pas le moins du monde.
DDM de Gryffondor - Octobre 2050 à Juillet 2051
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Le silence d'un regard
Rhéa entra presque en trébuchant, encore toute vibrante d’énergie, les yeux déjà partout à la fois. Chez Saona, tout lui semblait toujours un peu différent, un peu plus vivant. Elle lâcha enfin la porte, juste assez longtemps pour jeter un regard rapide à son père, avant de se recentrer aussitôt sur sa marraine.
Puis quelque chose bougea.
Ses yeux s’écarquillèrent quand Saona lui montra la petite boule de poils. Rhéa resta figée une seconde, comme si son cerveau avait besoin de rattraper ce qu’elle voyait.
— Oh.
Puis, très vite :
— OH !
Elle s’approcha d’un pas, puis d’un autre, presque sur la pointe des pieds, comme si Uklyn pouvait disparaître si elle allait trop vite. Un sourire immense fendit son visage.
— Il est trop mignon… c’est un furet, hein ?
Elle tendit la main, hésitante, avant de la retirer aussitôt.
— J’peux le toucher ? Il mord pas, dis ?
Son attention était entièrement happée par Uklyn, jusqu’à ce que Saona se déplace dans le salon. Rhéa la suivit naturellement, sans réfléchir, puis s’arrêta net en la voyant se placer devant la table.
Son regard glissa malgré elle, curieux comme toujours. Elle fronça légèrement les sourcils, essayant de voir ce que Saona cachait. Elle aperçut alors un cadre, plutôt simple. Dessus, il y avait sa marraine, avec un homme qu’elle ne connaissait pas. Elle esquissa un sourire, avant de s’approcher pour mieux voir. Elle fixa l’homme un instant, un peu perturbée.
— C’est qui, lui ?
Son doigt se leva, pointant le cliché sans gêne. Les adultes avaient toujours l’air surpris quand elle faisait ça, mais elle ne voyait pas le problème. La photo était là, alors on pouvait bien en parler.
Puis son regard glissa vers sa marraine. Elle la regarda d’abord sans trop d’attention, juste parce qu’elle la trouvait belle.
Puis elle le vit.
Elle cligna des paupières. Une fois. Deux fois.
— Oh.
Ce n’était pas de la peur. Ni du dégoût. Juste de la surprise.
— Sao… t’as pas ton bandeau, là.
Elle pencha la tête sur le côté, comme si ça pouvait l’aider à comprendre. Elle ne s’attarda pas vraiment sur l’œil lui-même. Il était là, c’est tout. Ce qui la dérangeait, c’était autre chose.
— Pourquoi tu le mets toujours, alors ?
Elle fronça légèrement le nez, pensive.
— Et pourquoi tu me l’as jamais montré ?
Sa voix sonna un peu déçue.
Elle ne lui faisait pas confiance ? Pourtant, elle, elle lui confiait tout…
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Puis quelque chose bougea.
Ses yeux s’écarquillèrent quand Saona lui montra la petite boule de poils. Rhéa resta figée une seconde, comme si son cerveau avait besoin de rattraper ce qu’elle voyait.
— Oh.
Puis, très vite :
— OH !
Elle s’approcha d’un pas, puis d’un autre, presque sur la pointe des pieds, comme si Uklyn pouvait disparaître si elle allait trop vite. Un sourire immense fendit son visage.
— Il est trop mignon… c’est un furet, hein ?
Elle tendit la main, hésitante, avant de la retirer aussitôt.
— J’peux le toucher ? Il mord pas, dis ?
Son attention était entièrement happée par Uklyn, jusqu’à ce que Saona se déplace dans le salon. Rhéa la suivit naturellement, sans réfléchir, puis s’arrêta net en la voyant se placer devant la table.
Son regard glissa malgré elle, curieux comme toujours. Elle fronça légèrement les sourcils, essayant de voir ce que Saona cachait. Elle aperçut alors un cadre, plutôt simple. Dessus, il y avait sa marraine, avec un homme qu’elle ne connaissait pas. Elle esquissa un sourire, avant de s’approcher pour mieux voir. Elle fixa l’homme un instant, un peu perturbée.
— C’est qui, lui ?
Son doigt se leva, pointant le cliché sans gêne. Les adultes avaient toujours l’air surpris quand elle faisait ça, mais elle ne voyait pas le problème. La photo était là, alors on pouvait bien en parler.
Puis son regard glissa vers sa marraine. Elle la regarda d’abord sans trop d’attention, juste parce qu’elle la trouvait belle.
Puis elle le vit.
Elle cligna des paupières. Une fois. Deux fois.
— Oh.
Ce n’était pas de la peur. Ni du dégoût. Juste de la surprise.
— Sao… t’as pas ton bandeau, là.
Elle pencha la tête sur le côté, comme si ça pouvait l’aider à comprendre. Elle ne s’attarda pas vraiment sur l’œil lui-même. Il était là, c’est tout. Ce qui la dérangeait, c’était autre chose.
— Pourquoi tu le mets toujours, alors ?
Elle fronça légèrement le nez, pensive.
— Et pourquoi tu me l’as jamais montré ?
Sa voix sonna un peu déçue.
Elle ne lui faisait pas confiance ? Pourtant, elle, elle lui confiait tout…
@Saona O'Sullivan
417 mots
Désolée pour l’attente !
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Désolée pour l’attente !
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@Eleanora SywellJe lâche un éclat de rire face à la stupéfaction de Rhéa. Son innocence fait plaisir à voir. Souriant, je place Uklyn entre les bras de ma filleule.
- Oui, tu peux le toucher ! Ne t'en fais pas, il est presque aussi sage que toi !
Je laisse la jeune fille contempler le furet quelques instants, avant de le reprendre.
***
Mon stress monte, comme le bruit des tambours lors des parades de rue. Elle va remarquer. ELLE VA REMARQUER ! Ma respiration s'accélère, tandis que je la voie ouvrir sa bouche. Merde ! Je ne voulais pas que ça arrive ! Pas si tôt, pas comme ça !
Heureusement, la question de la jeune fille ne se porte que sur Lloyd. Réprimant mal mon soulagement, mais sachant que je ne suis pas encore tirée d'affaire, je réponds doucement :
- Lui, c'est Lloyd. Un... ami.
Un peu plus, en réalité, mais elle n'a pas besoin de le savoir. Tandis que je me mets à espérer qu'elle n'ait rien remarquer, la sentence tombe, impossible à éviter. Je panique, essayant en vain de trouver les bons mots. Sa voix sonne déçue, comme si je l'avais blessée. Et à vrai dire, c'est sans doute le cas.
- Écoute, Rhéa. C'est... compliqué. Très compliqué.
Je me doute que cette réponse ne suffira pas. Mais pour l'instant, elle me permet de souffler, avant de devoir tout lui expliquer. Les excuses, ça n'a jamais fait de mal, si ?
Pas de problèmes !
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Le silence d'un regard
Rhéa resta immobile quelques secondes, les yeux levés vers Saona.
Un ami. Le mot lui resta coincé quelque part dans la tête, sans vraiment s'y poser. Les adultes disaient souvent ça quand ils ne voulaient pas expliquer. Mais ce n'était pas important. Elle s'en fichait un peu, tant que sa marraine n'était pas en danger.
Et puis, il y avait autre chose. Quelque chose de plus important. Quelque chose qu'elle voulait vraiment savoir. Et les adultes, elle l'avait remarqué, donnaient plus facilement une réponse que deux. Alors il fallait choisir.
Elle baissa lentement la main qui pointait encore la photo, puis haussa les épaules, comme si ce n'était pas si grave. Pas grave-grave. Mais un peu quand même.
— Ah.
Elle observa encore le cadre une seconde de trop, puis revint vers Saona. Son regard n'était pas fâché. Juste un peu froissé. Comme quand on promet une surprise et qu'on dit finalement plus tard.
Quand Saona parla de quelque chose de compliqué, Rhéa plissa le nez.
— Les adultes disent toujours ça quand ils veulent pas répondre, murmura-t-elle, sans méchanceté.
Elle réfléchit. Très fort. Ça se voyait à la façon dont elle serrait les lèvres et fronçait les sourcils. Puis elle releva les yeux vers sa marraine.
— C'est pas grave si c'est compliqué, ajouta-t-elle vite. J'suis grande, maintenant. J'ai dix ans.
Ce n'était pas tout à fait vrai, mais ça comptait quand même, non ?
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Un ami. Le mot lui resta coincé quelque part dans la tête, sans vraiment s'y poser. Les adultes disaient souvent ça quand ils ne voulaient pas expliquer. Mais ce n'était pas important. Elle s'en fichait un peu, tant que sa marraine n'était pas en danger.
Et puis, il y avait autre chose. Quelque chose de plus important. Quelque chose qu'elle voulait vraiment savoir. Et les adultes, elle l'avait remarqué, donnaient plus facilement une réponse que deux. Alors il fallait choisir.
Elle baissa lentement la main qui pointait encore la photo, puis haussa les épaules, comme si ce n'était pas si grave. Pas grave-grave. Mais un peu quand même.
— Ah.
Elle observa encore le cadre une seconde de trop, puis revint vers Saona. Son regard n'était pas fâché. Juste un peu froissé. Comme quand on promet une surprise et qu'on dit finalement plus tard.
Quand Saona parla de quelque chose de compliqué, Rhéa plissa le nez.
— Les adultes disent toujours ça quand ils veulent pas répondre, murmura-t-elle, sans méchanceté.
Elle réfléchit. Très fort. Ça se voyait à la façon dont elle serrait les lèvres et fronçait les sourcils. Puis elle releva les yeux vers sa marraine.
— C'est pas grave si c'est compliqué, ajouta-t-elle vite. J'suis grande, maintenant. J'ai dix ans.
Ce n'était pas tout à fait vrai, mais ça comptait quand même, non ?
237 mots
@Saona O'Sullivan
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"On n'apprend pas à marcher en suivant les traces des autres."
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Le silence d'un regard
@Eleanora SywellLa simple syllabe que Rhéa lâche suffit à remplir mon cœur de culpabilité. On dirait presque qu'elle... m'en veut ? J'espère que ce n'est pas le cas. Et pourtant, je pourrais comprendre, si ça l'était. Je lui ai mentit, pendant dix ans. Sauf que... c'était pour la protéger. Pas vrai ? Alors, pourquoi est ce que je m'en veux comme ça ? Je récupère Uklyn, qui se blottit dans mon cou, avant de m'asseoir sur le canapé.
Je n'ai pas du tout envie de prononcer le début de ce qui pourrait s'annoncer être une conversation très difficile. Je ne veux pas que Rhéa m'en veuille. Je ne veux pas la perdre. Je ne veux pas que ces années de mensonge brisent notre confiance. J'aurai dû tout lui dire avant. Tout. Mais maintenant, c'est trop tard. Et je n'ai plus le choix que de lui répondre.
- Je...
Je me tais, retenant presque ma respiration, ayant du mal à formuler les mots qui m'ont tant de fois blessée, menée à mal, à vif. Comme si en faisant l'impasse sur ce qui a bien trop souvent été appelé "handicap", je pouvais oublier. Oublier ces plaies qui m'ont longtemps tourmentée. Je respire une seconde fois, presque tremblante, avant de lâcher.
- Je suis borgne, Rhéa. Un de mes yeux... il ne voit pas. Ça a tendance à faire fuir les gens. Il m'a souvent été proposé de "réparer" mon œil. Mais j'ai toujours refusé, en disant que ce qu'il appelaient un handicap était ma plus grande force. Et bien souvent, je me suis demandée si je n'aurais pas du accepter. Mais désormais... c'est trop tard. Je ne veux plus, je ne peux plus changer mon identité. Alors, pour préserver les gens, pour te préserver, je préfère dire que ce bandeau est une habitude. Pour éviter de repenser à... tout ça. Tu vois ?
Mon dernier mot est presque une supplique, un souffle lâché comme un vœu. Mais je ne sais pas si il sera réalisé. J'en doute fort.
DDM de Gryffondor - Octobre 2050 à Juillet 2051
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Le silence d'un regard
Saona, sa marraine, avait toujours été la femme la plus forte à ses yeux. Bien plus que ses tantes. Bien plus que sa mère.
Elle était un roc. Un de ceux que les vagues frappent sans jamais les faire céder.
Parfois, Rhéa l'imaginait même en pirate — debout face à la tempête, forçant la mer à s'apaiser d'un simple regard.
Mais ce n'était pas un roc. Encore moins un corsaire.
C'était tout un monde qui s'écroulait.
Et Rhéa était juste là, avec ses jambes trop courtes, incapable de fuir les débris.
C'était inconcevable.
La femme devant elle semblait plus vieille que la trentaine qu'elle lui connaissait.
Ses traits étaient tirés. Fatigués. Comme si quelque chose l'avait vidée de l'intérieur.
Et ses yeux...
Rhéa n'arrivait pas à les soutenir longtemps. Il y avait dedans quelque chose de lourd. Quelque chose qui ressemblait à... de la faute.
Mais ça, elle ne savait pas vraiment le nommer.
Elle lui en voulait. Un peu. Elle lui avait menti. Alors qu'elle lui répétait sans cesse que mentir, c'était mal.
Ça n'avait jamais empêché Rhéa de le faire, bien sûr. Mais, pour une fois, elle se sentait presque... autorisée.
Elle la fixait comme on fixe une inconnue. Avec cette gêne étrange, qui serre le ventre. Un peu intimidée. Un peu perdue.
Un mot finit par tomber.
Pas de sa bouche à elle. De celle de Saona.
Puis un autre.
Et encore un.
Très vite, les mots se mirent à couler sans s'arrêter. Trop vite. Trop nombreux. Comme une pluie qu'on ne peut pas éviter.
Rhéa essayait de suivre. Elle attrapait des morceaux, en laissait tomber d'autres.
Elle ne comprenait pas tout.
Des mots, elle en avait compris quelques-uns.
Borgne.
Fuir les gens.
Trop tard.
Le reste s'était mélangé, comme quand les adultes parlent trop longtemps et que tout finit par sonner pareil.
Ses yeux glissèrent vers le bandeau.
Elle l'avait déjà vu des dizaines de fois. Elle n'y avait jamais vraiment pensé. C'était... juste là.
Mais maintenant, elle ne voyait plus que ça.
Un œil qui ne voyait pas.
Quelque chose qui faisait fuir les gens.
Elle fronça légèrement les sourcils.
Moi, je ne fuis pas.
La pensée arriva simplement, sans bruit.
Puis une autre, plus lente.
Alors pourquoi tu as menti ?
Sa gorge se serra, sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi.
Elle releva les yeux vers Saona.
Elle avait l'air... différente. Pas à cause du bandeau. À cause de tout le reste.
Comme si elle s'était cassée quelque part.
Rhéa n'aimait pas ça.
Elle n'aimait pas ne pas comprendre. Elle n'aimait pas cette impression que quelque chose d'important lui échappait.
Mais surtout—
Elle n'aimait pas la voir comme ça.
— ...Moi, ça me dérange pas.
Sa voix était plus petite qu'elle ne l'aurait voulu.
Elle hésita.
— Ton œil.
Un silence.
Puis, presque à contrecœur :
— Mais... t'avais pas le droit de mentir.
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Elle était un roc. Un de ceux que les vagues frappent sans jamais les faire céder.
Parfois, Rhéa l'imaginait même en pirate — debout face à la tempête, forçant la mer à s'apaiser d'un simple regard.
Mais ce n'était pas un roc. Encore moins un corsaire.
C'était tout un monde qui s'écroulait.
Et Rhéa était juste là, avec ses jambes trop courtes, incapable de fuir les débris.
C'était inconcevable.
La femme devant elle semblait plus vieille que la trentaine qu'elle lui connaissait.
Ses traits étaient tirés. Fatigués. Comme si quelque chose l'avait vidée de l'intérieur.
Et ses yeux...
Rhéa n'arrivait pas à les soutenir longtemps. Il y avait dedans quelque chose de lourd. Quelque chose qui ressemblait à... de la faute.
Mais ça, elle ne savait pas vraiment le nommer.
Elle lui en voulait. Un peu. Elle lui avait menti. Alors qu'elle lui répétait sans cesse que mentir, c'était mal.
Ça n'avait jamais empêché Rhéa de le faire, bien sûr. Mais, pour une fois, elle se sentait presque... autorisée.
Elle la fixait comme on fixe une inconnue. Avec cette gêne étrange, qui serre le ventre. Un peu intimidée. Un peu perdue.
Un mot finit par tomber.
Pas de sa bouche à elle. De celle de Saona.
Puis un autre.
Et encore un.
Très vite, les mots se mirent à couler sans s'arrêter. Trop vite. Trop nombreux. Comme une pluie qu'on ne peut pas éviter.
Rhéa essayait de suivre. Elle attrapait des morceaux, en laissait tomber d'autres.
Elle ne comprenait pas tout.
Des mots, elle en avait compris quelques-uns.
Borgne.
Fuir les gens.
Trop tard.
Le reste s'était mélangé, comme quand les adultes parlent trop longtemps et que tout finit par sonner pareil.
Ses yeux glissèrent vers le bandeau.
Elle l'avait déjà vu des dizaines de fois. Elle n'y avait jamais vraiment pensé. C'était... juste là.
Mais maintenant, elle ne voyait plus que ça.
Un œil qui ne voyait pas.
Quelque chose qui faisait fuir les gens.
Elle fronça légèrement les sourcils.
Moi, je ne fuis pas.
La pensée arriva simplement, sans bruit.
Puis une autre, plus lente.
Alors pourquoi tu as menti ?
Sa gorge se serra, sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi.
Elle releva les yeux vers Saona.
Elle avait l'air... différente. Pas à cause du bandeau. À cause de tout le reste.
Comme si elle s'était cassée quelque part.
Rhéa n'aimait pas ça.
Elle n'aimait pas ne pas comprendre. Elle n'aimait pas cette impression que quelque chose d'important lui échappait.
Mais surtout—
Elle n'aimait pas la voir comme ça.
— ...Moi, ça me dérange pas.
Sa voix était plus petite qu'elle ne l'aurait voulu.
Elle hésita.
— Ton œil.
Un silence.
Puis, presque à contrecœur :
— Mais... t'avais pas le droit de mentir.
479 mots
@Saona O'Sullivan
Vraiment, mais vraiment désolée pour cet impardonnable retard !
@Saona O'Sullivan
Vraiment, mais vraiment désolée pour cet impardonnable retard !
"On n'apprend pas à marcher en suivant les traces des autres."
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Le silence d'un regard
Fin pour moi, merci ma belle !Les larmes montent à mes yeux, à mon œil, lorsque je vois cette sorcière, cette gamine que j'aime comme ma propre fille être si blessée, si fragmentée par ce que je lui ai dit. Par mes mensonges. Quand bien même je les ai prononcés pour la protéger, je me rends compte que c'était surtout pour moi. Pour me protéger moi. Et elle avec. Jamais je n'ai autant regretté. Je caresse Uklyn d'une main tremblante, ne sachant pas quoi répondre à l'enfant de mon cœur.
Puis, une larme roule sur ma joue, seule. Rhéa est si forte. Et moi, je viens de la désenchanter. Alors, sans que je ne puisse prononcer le moindre mot, je m'avance, et je la serre contre moi, pour ne pas la lâcher. Plus jamais. Plus jamais. Plus jamais. Mon étreinte, c'est celle d'une adulte qui à peur de tomber. C'est celle d'une mère qui refuse de voir partir sa fille. Celle d'une femme qui s'en veut.
Enfin, lorsque je sens ma poitrine trembler, je murmure, doucement, pour que cette phrase reste gravée en elle. Comme une promesse invisible, un serment inviolable, que je me forcerai d'honorer.
- Je suis désolée, Rhéa. Tellement désolée. Je ne te mentirai plus, d'accord ? Plus jamais. Mais pardonne moi, s'il te plaît... J'en ai besoin.
Ma voix se coupe, et je reste là, dans le silence, à la serrer contre moi. Pour toujours.
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