Quand tout s'efface...
Avril 2043,
dans une chambre d'enfant,
à Garsington, près d'Oxford.
dans une chambre d'enfant,
à Garsington, près d'Oxford.
Ce soir-là, un jeune enfant, cinq ans depuis quelques semaines, jouait tranquillement avec ses figurines assis dans son lit, les jambes sous les couvertures.
Ce petit garçon adorait passer du temps à s'inventer des histoires, de grandes histoires d'aventures avec ses dragons, ses super-héros. Le moment avant de se coucher, était pour lui un moment opportun pour faire de beaux rêves.
Pendant qu'il jouait tranquillement, il ne rendit pas compte, qu'une légère brume tel un nuage arrivait dans sa chambre et commençait à recouvrir le sol.
Lorsque le garçon s'en rendit compte, il trouva ça magnifique et commença à s'inventer une nouvelle aventure où le personnage principal vivait dans les nuages. Des nuages tout doux comme du coton où marcher devait être agréable, des nuages tout sucré comme de la barbe à papa qu'il avait envie de manger.
Perdu dans ses pensées, il ne vit pas cette brume s'épaissir et s'assombrir. Le blanc immaculé se transforma en un gris anthracite devenant plus sombre à chaque seconde qui passait. Elle commença à s'enrouler autour de chaque meuble dans cette chambre d'enfants.
L'enfant sentit l'atmosphère changer. Il ne se sentait plus aussi bien, aussi apaisé... Il ne comprit pas cette sensation jusqu'à ce qu'il ne relève la tête. Il vit son coffre à jouet disparaître dans la brume comme si une gomme venait de l'effacer.
Il lâcha ses jouets sur la couverture de son lit et se mit sur ses genoux pour se redresser et regarder la brume gommait maintenant son bureau. Le garçon commençait à s'inquiéter, qu'est-ce qu'il se passait ici ?
Il vit la brume effacer les uns après les autres, son bureau, son tapis, sa chaise. Puis la brume se rapprocha de lui, il se colla à sa tête de lit, la peur prenant place chez ce jeune enfant.
Il vît sa table de nuit disparaître à son tour. Il sortit de son lit en vitesse et se rua vers la porte de sa chambre. Cette même porte qui disparu à son tour au moment où il posa la main dessus. Il se retourna dos à cette porte qui n'était plus, pour voir son lit disparaître. Son regard se dirigea vers sa fenêtre, la seule sortie possible mais à peine ses yeux posés dessus qu'elle disparut aussi.
Il n'y avait plus rien dans cette chambre, le garçon était dans un espace de vide immense, rempli d'obscurité.
Chaque meuble avait été effacé, perdant ses contour avant de devenir flou puis de disparaître.
Le garçon s'écroula sur les genoux dans cette brume devenue presque noire, à mesure qu'elle avalait tout ce qu'elle touchait. Cette noirceur l'entourait, il baissa les yeux vers elle.
Il vit le bout de ses doigts disparaître, puis les doigts complets, les paumes de sa main suivirent. Puis ses poignets. Il voulut crier, hurler qu'on l'aide mais sa voix semblait s'être fait avaler elle aussi.
L'obscurité monta, effaçant doucement ses jambes, ses hanches, ses épaules puis son visage.
Et d'un coup...
Il se réveilla.
La respiration haletant, collé de sueur, son cœur battant trop rapidement.
La chambre était plongée dans le noir total. Un noir identique à celui de son mauvais rêve. Pas la moindre luminosité entrait dans la pièce par sa fenêtre. Rien.
Il se redressa brusquement.
Ce n'était pas un rêve.
Le garçon avait la sensation de ne pas être réveillé, d'être encore enfermé dans un sommeil sans fin, dans un monde obscur.
Il se leva d'un coup de son lit, se prit les pieds dans la couverture, tomba au sol. Des larmes de douleur commencèrent à couler. Il se traîna au mur le plus proche sans chercher à se lever tant que ses mains ne reposait pas sur un mur lisse.
Une fois le mur atteint, il se releva, les yeux remplis de larmes, obscurcissant sa vision. Il longea à droite, à gauche le mur mais la surface semblait infinie, sans porte, sans poignée, sans issue. Exactement comme dans son cauchemar.
- M'man... ? souffla-t-il, la gorge nouée.
Aucune réponse.
L'obscurité semblait l'avaler, lui et sa voix. Sa petite poitrine se soulevait trop vite, ses jambes tremblaient.
Tout bascula d'un coup.
Thomas s'effondra au sol, il se recroquevilla sur lui-même, les genoux contre lui, son visage caché par ses petits bras. Les sanglots se firent entendre, ce n'était plus des larmes silencieuses, mais de vraies sanglots, ce n'était plus la douleur mais la peur.
Il ferma les yeux, les serrant si fort de peur de disparaître. Tandis que sa respiration devenait de plus en plus chaotique.